L'interview qui suit et qui, son titre l'indique, ne peut manquer
de provoquer de nombreuses réactions, a été
réalisée vendredi matin. Le lendemain de la présentation
par Cassam Uteem de son livret sur la réforme électorale
à l'université de Réduit.
Pour quelle raison, un ancien président de la république
qui ne fait partie d'aucune formation politique fait publier,
à ses frais, un livret sur la réforme électorale
?
Pour la simple raison que la réforme électorale
ne concerne pas uniquement les partis politiques mais directement
chaque Mauricien. Il faut qu'on explique le pourquoi de la réforme
à la population. Elle doit être partie prenante de
la réforme qui ne peut être imposée d'en haut.
Je pense qu'il faut une très grande diffusion de tout ce
qui concerne cette réforme.'ai fait publier mon opinion
sur la question que je souhaite faire connaître aux Mauriciens.
Tous les mouvements importants d'un pays commencent avec sa jeunesse
et je suis heureux que les jeunes de l'université de Maurice
aient souhaité patronner le lancement de cet ouvrage.
Quelle est votre position sur les quatre points principaux
de la réforme : le financement des partis politique, le
best loser, la place des femmes dans le système
et la proportionnelle ?
Je tiens tout d'abord à dire que je suis pour une réforme
électorale, car le système first past the post est
une perversion de la démocratie. Elle empêche l'opposition,
et ceux qui ont voté pour elle, d'être correctement
représentée au Parlement. Il est arrivé que
plus de 30% de l'électorat ne soient pas représentés
au Parlement. Il est arrivé qu'un parti ayant remporté
le maximum de sièges perde la majorité au profit
de deux partis perdants ayant contractés une alliance,
comme ce fut le cas pour le MMM en 1976. Il faut donc un système
dans lequel tous les Mauriciens soient représentés
au Parlement. Je suis pour une dose de représentation proportionnelle
qui peut permettre de pallier les manquements du first past the
post system, avec une liste de candidats qui permettra à
l'électeur de faire son choix en connaissance de cause.
Une dose de proportionnelle, c'est ce que propose d'ailleurs la
commission Sach.
Sur le financement des partis politiques ?
Le système actuel est aberrant. J'en parle en connaissance
de cause, car j'ai déjà occupé le poste de
trésorier d'un parti politique. Je sais quels sont les
efforts qu'il faut faire pour aller ramasser des sous à
gauche et à droite.
Ouvrons une parenthèse, Cassam Uteem. Est-ce que les
partis politiques "ramassent" beaucoup d'argent ?
Absolument. Beaucoup d'argent. Dans le temps, une élection
coûtait quelques millions, aujourd'hui je pense qu'on a
dû dépasser la centaine de millions. Voila une institution
vitale pour la démocratie qu'est un parti politique qui
n'a aucune transparence sur la manière dont elle est financée,
les montants qui lui sont donnés et la manières
dont ils sont dépensés. C'est une autre perversion
de la démocratie parce que les sommes autorisées
par la loi sont bien en deçà de ce que les partis
reçoivent en termes de dons et dépensent pour les
élections. Ce qui fait que les partis politiques riches
ont plus de "chances" de faire élire leurs candidats.
D'autant plus qu'il est de notoriété publique que
les votes peuvent être, malheureusement, de plus en plus
monnayés.
Et quelle est votre opinion sur la sous- représentation
des femmes dans les instances politiques du pays ?
Voyons d'abord les faits : il est incroyable que les Mauriciennes
qui représentent plus de 51% de la population soient représentées
au Parlement par à peine 15% des députés.
Nous sommes à la traîne des pays africains de notre
région sur cette question et il est impérieux que
les femmes soient mieux représentées au niveau des
partis politiques et plus particulièrement à l'Assemblée
législative.
Et le best loser system ?
J'aborde cette question dans la première partie du livret,
tout en soulignant qu'il ne faut pas faire de cette question une
obsession. Il ne faut pas que l'obsession sur le best loser system
devienne un obstacle à la réforme électorale.
Faut-il abolir ou améliorer le best loser system ?
Il faudra l'abolir. Mais comme vous le savez, le good ou le best
loser system n'est pas venu dans un vaccum. Il a été
mis au point dans un moment très précis dans l'histoire
du pays et peut être que s'il n'avait pas été
imaginé, Maurice n'aurait pas obtenu son indépendance
en 1968. Cette formule a permis aux leaders politiques de rassurer
leurs électorats aux élections de 1967. Mais aujourd'hui
après 40 ans, ce système n'a plus sa raison d'être.
Quelle est votre proposition sur ce point précis ?
Je pense qu'avec l'inclusion d'une dose de proportionnelle, toutes
les composantes de la communauté mauricienne seront représentées
au Parlement. Mais on peut maintenir ce système et tester
la réforme aux prochaines élections. Si les Mauriciens
ne sont pas satisfaits de la représentativité de
toutes les composantes de la population au Parlement, nous garderons
le good loser system. Je suis personnellement convaincu que le
best loser system a fait son temps et qu'aujourd'hui, nous sommes
suffisamment adultes pour nous en séparer pour un système
électoral plus adapté.
Lequel de ces quatre points de la réforme que vous venez
de définir sera le plus difficile à faire accepter
?
Sans conteste la représentation proportionnelle. Sir Seewoosagur
Ramgoolam était un anti-représentation proportionnelle
convaincu. Parce qu'à l'époque la classe politique
mauricienne souffrait du Guyana syndrome. En Guyane, en effet,
la majorité d'origine hindoue avait perdu le pouvoir par
le biais de la proportionnelle ce qui devait traumatiser la classe
politique mauricienne pendant des décennies. Aujourd'hui,
la proportionnelle a été adaptée et adoptée
dans de nombreux pays, il est plus juste que le first past
the post et il n'y a aucune raison pour que nous ne l'adoptions
pas. Selon mes informations, un consensus est en train de se dégager
autour de cette question au niveau de tous les partis politiques
quand au pourcentage de base de votes pour être comptabilisé
dans le système.
J'ai lu que tous les partis politiques sont d'accords en principe
avec la réforme. Mais aucun représentant des grands
partis politiques et aucun député n'a assisté
au lancement de votre livret sur la réforme, hier. Cette
absence massive ne donne-t-elle pas une indication du manque d'intérêt
des partis politiques mauriciens pour la réforme électorale
?
Je ne peux pas répondre à votre question. Les invitations
ont été lancées par l'Union des Étudiants
et le Political Studies Society de l'Université de Maurice.
D'après mes renseignements, le Premier ministre et le leader
de l'Opposition ont fait savoir qu'ils n'étaient pas disponibles.
C'est tout ce que je peux dire.
Avez-vous espoir que la réforme aura lieu avant la prochaine
consultation électorale, prévue pour 2010 ?
Oui, si le débat national et les discussions entre les
partis politiques commencent sérieusement. Depuis l'indépendance,
chaque parti politique s'est exprimé séparément
sur le sujet. Il y a eu des déclarations et même
un Select committee qui n'est pas parvenu à un consensus.
Il est temps qu'il se réunissent autour d'une table pour
commencer les discussions et trouver une solution sur cette importante
question. Le Premier ministre a annoncé au Parlement qu'il
était d'accord pour commencer les discussions sur la réforme.
Je pense que si chacun y met de la bonne volonté, un consensus
peut être trouvé avant les prochaines élections.
Passons à des questions d'actualité. Pour la
première fois dans l'histoire, on risque d'avoir une grève
d'autobus pour le 1er-Mai. Votre commentaire ?
Je ne sais si la grève aura lieu oui ou non. Il ne faut
pas oublier que le 1er-Mai est un excellent jour de travail pour
les compagnies d'autobus en termes de recettes et a une énorme
importance pour les partis politiques. Dans ce cas précis,
les travailleurs ont choisi le bon moment pour faire leur revendication
puisqu'ils ne prennent pas la population en otage, n'empêchent
pas les gens d'aller travailler, ni les étudiants d'aller
à l'école. Ils revendiquent une amélioration
de leurs conditions d'emploi. Pour moi, c'est de bonne guerre.
Que pensez-vous de la guerre des oppositions ?
J'ai entendu beaucoup de discours sur la nécessité
d'une alliance de l'opposition pour faire face au gouvernement.
Selon moi, il ne devrait avoir aucune alliance avant les élections.
Que chaque parti se présente avec son programme pour sortir
le pays de la crise et ses candidats. A ce moment, le débat
sera sur le programme et les propositions et non pas sur les avantages
de telle ou telle alliance. Avec un mélange de first the
post et une dose de proportionnelle, il n'y a aucune raison pour
qu'une majorité claire ne soit dégagée à
l'issue des élections. Cela mettra fin au mythe selon lequel
seule une alliance peut remporter une élection générale
à Maurice.
Le dernier sondage de la SOFRES indique que l'électorat
est en train de se scinder en deux blocs distincts : la ville
et la campagne. Cette démarcation fait craindre que Maurice
ne se retrouve en 2010 dans la situation électorale de
1983. Votre commentaire ?
Ce n'est pas une situation nouvelle. Malheureusement les Mauriciens
réagissent de plus en plus par rapport à leur appartenance
communale et rien n'est fait pour ramener le débat politique
sur des questions importantes, fondamentales, comme la crise alimentaire
ou le réchauffement de la planète et ses conséquences
et tant d'autres sujets. Ici, le débat est centré
sur une seule question : qui sera présenté au poste
de Premier ministre aux prochaines élections. Tout est
centré sur cette question qui est la seule "issue"
politique du pays. On ne se demande pas qui va régler le
problème du chômage, qui va trouver la solution au
problème alimentaire, comment solutionner le problème
des embouteillages à Port- Louis ou faire augmenter le
taux de réussite aux examens. Ces questions ne sont pas
prioritaires pour les politiques. La priorité des priorités
pour eux est de savoir qui sera le prochain premier ministre.
Si nous parvenons à enlever ce sujet du débat national
nous aurons le temps de nous occuper de vrais problèmes
fondamentaux.
Pensez-vous vraiment qu'on peut enlever cette question du débat
national, Cassam Uteem ?
Je le crois. Il faudrait que l'on ait à Maurice le courage
de suivre l'exemple de Madame Sonia Gandhi qui a su, à
un moment crucial de son histoire, prendre la décision
qui s'imposait.
Soyons clairs, Cassam Uteem. Vous êtes en train de dire
que quelqu'un à Maurice devrait faire comme Mme Sonia Gandhi
en Inde et dire : je ne suis pas candidat au poste de Premier
ministre ?
Je le pense sincèrement. Je crois que cela doit être
fait dans l'intérêt de la nation mauricienne. C'est
en quelque sorte reculer pour mieux sauter en ce qui touche à
la création de la nation mauricienne. La nation mauricienne
ne pourra se créer que si certains font preuve de suffisamment
de sagesse. Autrement, nous allons tourner et virer et chaque
élection tournera autour de la même question : qui
sera Premier ministre ?
Soyons encore plus clairs, Cassam Uteem. La personne à
qui vous faites allusion ne peut être que Paul Bérenger.
Soyons clairs, comme vous dites. Je ne sais si Paul Bérenger
se présentera comme candidat au poste de Premier ministre
aux prochaines élections bien que j'aie entendu beaucoup
d'orateurs le proclamer. Jusqu'à présent, Paul Bérenger
n'a fait aucune déclaration dans ce sens et je pense qu'il
y a toutes les chances pour qu'il ne le fasse pas...
... et pour quelle raison ?
Parce que Paul Bérenger ne peut pas ne pas avoir fait le
raisonnement que je viens de vous exposer.
Restons dans la clarté la plus absolue. Vous êtes
en train de dire, Cassam Uteem, que pour le bien du pays et la
construction de la nation mauricienne, Paul Bérenger ne
devrait pas se présenter comme candidat au poste de Premier
ministre aux prochaines élections ?
Absolument. S'il le fait, il met fin automatiquement à
la polarisation malsaine qui bloque le débat à Maurice
depuis des années. Ceci dit, je tiens à préciser
une chose : je ne suis pas en train de dire que Paul Bérenger
ne mérite pas d'être Premier ministre, ni qu'il n'a
pas les compétences et les qualités pour assumer
cette responsabilité. C'est le contraire que je suis en
train d'affirmer : en dépit du fait qu'il possède
toutes les qualités nécessaires pour occuper le
poste de Premier ministre, je pense que son renoncement assainirait
le débat national. Je ne suis pas en train de donner un
conseil ni au MMM ni à Paul Bérenger, je suis en
train de partager la réflexion d'un observateur de la société
mauricienne en répondant à vos questions.
Vous êtes en train de dire que Paul Bérenger devrait
se sacrifier pour la mise en place d'un nouveau système
politique et électoral ?
Paul Bérenger a été Premier ministre et sait
qu'elles ont été les réactions à cela.
Je dis que pour assainir le débat politique et créer
la société mauricienne - que nous avions presque
réussi à faire en 1982, mais qui depuis passe de
recul en recul - cette renonciation serait extraordinaire. Elle
démontrerait que tous les politiciens ne font pas de la
politique uniquement pour réaliser leur ambition, mais
pour construire le pays. Si aujourd'hui au nom de l'émergence
de la nation mauricienne il en vient avec cette proposition, il
dédramatisera la politique à Maurice et permettra
au pays de faire au niveau de la construction de la nation mauricienne,
un immense bond en avant.
Terminons sur ce sujet avec la question suivante : demandez-vous
à Paul Bérenger de "step down" par patriotisme...
... je n'ai pas utilisé ces termes...
... c'est moi qui les utilise. Mais vous semblez oublier que
votre fils est membre du MMM et que, si je ne me trompe, il a
fait des déclarations pour affirmer que Paul Bérenger
doit être le prochain Premier ministre..
C'est sa position. Il me semble que je vous ai déjà
dit que dans ma famille, tous les adultes ont droit à leurs
opinions. Permettez-moi d'ajouter, pour être tout à
fait clair, que si demain Paul Bérenger se présentait
au poste de Premier ministre, il n'est pas dit qu'il n'y aura
pas une majorité de Mauriciens qui votera pour lui. Mais
je vous dis que s'il se présente, il va aider à
la continuation de la situation sociale et politique malsaine
dont nous avons parlé.
Vous imaginez les réactions que ce que vous venez de
dire vont susciter des la parution de Week-End dimanche
prochain ?
Vous êtes bien placé pour savoir que je n'ai jamais
pratiqué la langue de bois et que j'ai toujours assumé
mes propos. Certaines personnes sont venues me voir pour me demander
de me porter candidat au poste de Premier ministre. Mais en tant
qu'observateur de la société, je sais pertinemment
que si je suis accepté comme président de la République,
je ne le serais pas en tant que Premier ministre. Je le sens dans
le contact avec les Mauriciens. Nous sommes arrivés à
cette situation à cause des leaders des partis politiques.
Ils sont indistinctement responsables de ce que la société
est devenue aujourd'hui, c'est-à-dire un pays où
l'on pense encore en 2008 que le poste de Premier ministre doit
automatiquement revenir à une personne d'une communauté
précise. Ce sont les calculs et les arrangements des politiciens
qui nous ont menés à cette situation malsaine.
Nouvelle parenthèse : si la situation sociale était
différente, vous auriez été intéressé
par une candidature au poste de Premier ministre ?
J'ai eu l'occasion de beaucoup réfléchir sur la
politique mauricienne. Cela m'amène à dire qu'une
des erreurs monumentales faites par les leaders politiques indo-mauriciens,
avant l'indépendance, a été de saucissonner
la communauté indo-mauricienne sur la base des religions
en mettant d'un côté, les musulmans et de l'autre,
les hindous. C'est un des premiers crimes commis contre la création
de la nation mauricienne. Maurice est un des seuls pays de peuplement
où la population émigrante d'origine indienne a
été divisée entre musulmans et hindous. Les
dirigeants politiques de l'époque sont responsables et
coupables d'avoir accepté cette division qui a créé
les antagonismes artificiels mais profonds que vous savez. Alors
connaissant tout ça, comment voulez-vous que je puisse
envisager une candidature au poste de Premier ministre...
Changeons de sujet pour un autre qui n'en est pas moins brûlant.
Trois jours après le sommet de la SADC sur la pauvreté,
le Premier ministre assistait à la présentation
d'un des modèles de voiture symbolisant la richesse : la
Porche. Un commentaire ?
Les conférences internationales sont organisées
selon des normes et des critères établis. Les pays
qui n'ont pas les moyens de les accueillir devraient s'en abstenir.
Je suis un peu déçu de la déclaration finale
de la conférence tenue à Maurice sur la pauvreté.
J'ai eu le sentiment que la priorité de cette conférence
n'était pas la pauvreté mais quelque chose d'autre.
L'énergie déployée pour faire la SADC, faire
une déclaration sur la situation au Zimbabwe a fait que
le sommet sur la pauvreté a été une conférence
ratée. Elle aurait pu apporter des solutions au problème
de la pauvreté qui affecte les pays de cette partie du
monde. Cela n'a pas été la cas. Savez-vous que la
pauvreté diminue lentement sur l'ensemble de la planète
sauf en Afrique, plus précisément en Afrique subsaharienne
? Nous avions pris l'engagement de diminuer par deux le taux de
la grande pauvreté d'ici 2015. Avec la crise alimentaire,
la hausse du prix du pétrole, le réchauffement de
la planète, cela ne sera pas possible.
Avez-vous le sentiment que la lutte contre la pauvreté
est bien engagée à Maurice ?
On ne peut pas avoir une "piece meal approach" pour
combattre la pauvreté. On ne peut pas confier cette tâche
à un corps para-étatique, il faut une approche globale
et le gouvernement doit prendre position en faveur des pauvres,
pas des nantis. Il faut commencer par le logement, mais on n'a
pas construit de logement sociaux depuis ces dernières
années. Les chiffres démontrent qu'il y a eu entre
2001 et 2007 un appauvrissement de la population, ceux qui gagnaient
moins sont moins payés encore tandis que ceux qui gagnent
plus ont vu leur salaire augmenter à Maurice. C'est ce
qui explique la présence de Porsche à Maurice. Parce
qu'il y a une demande pour cette voiture de très grande
luxe, même si les routes sont embouteillées. Les
riches ont besoin de montrer leur richesses et ils le font même
si autour d'eux les poches de misères se multiplient et
sont de plus en plus visibles. Mais cela ne se fait pas sans réactions
: demandez aux propriétaires des grosses bagnoles combien
de fois leurs voitures ont été rayées sur
la voie publique. Il y sans doute une part de vandalisme dans
cela, mais également une réaction contre les riches
qui, passez-moi l'expression, se foutent de la misère des
pauvres. C'est pour cette raison que Maurice a besoin d'une politique
"pro poor" au lieu d'envoyer ses dirigeants se faire
photographier dans des bolides dont le prix dépassent les
revenus à vie de plusieurs dizaines familles nombreuses.