s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 27 avril 2008



  Pollution industrielle à La Tour Kœnig - La petite Luciana Athion vomi du sang et des particules noires
  Transport public—À partir du 12 mai - Le ticket d'autobus coûtera plus cher !
  Toxicomanie et VIH/Sida - Échange de seringues : Barkly démarre le programme
  VIH & SIDA - Michel Cundasamy (PILS) :Besoin d'une coordination centrale efficace
  Compte bancaire gelé - Une mère de famille se dit injustement accusée de trafic de drogue
  En marge du 1er-Mai - L'OIT réitère l'urgente nécessité du droit de grève !
  La bouteille de rhum, avec moins d'alcool et de contenu, vendue au même prix !
  Secondaire privé - Pourquoi la grève n'aura pas lieu ?
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Pollution industrielle à La Tour Kœnig

La petite Luciana Athion vomi du sang et des particules noires

Une année depuis que les Athion ont emménagé aux Résidences Les Tourelles, La Tour Kœnig, et depuis, ils ne comptent plus le nombre de visites aux médecins pour faire soigner leur petite Luciana. Depuis novembre dernier, la petite, chez qui les médecins ont diagnostiqué des poumons d'"un gros fumeur", a été hospitalisée en urgence deux fois. Elle se trouve actuellement dans un état critique à l'hôpital SSR.

Elle est pâle comme la mort. Âgée de quatre ans et demi, Luciana Athion ne pèse que 12,7 kg. Un poids largement en dessous de la normale, soulignent les médecins. La semaine dernière, ses parents ont cru au pire. Souffrant d'atroces douleurs abdominales, Luciana Athion a vomi du sang et des particules noires. Ses parents n'en démordent pas : il s'agit de particules de carbone que la petite aurait inhumé quotidiennement émanant des cinq cheminées de la Compagnie Mauricienne de Textile (CMT) de La Tour Kœnig, située derrière leur domicile dans le complexe NHDC. Las d'attendre que les autorités agissent en conséquence, comme l'avait assuré le coordinateur du comité interministériel qui s'occupe de ce cas de pollution industrielle à La Tour Kœnig, sir Bhinod Bacha, les Athion ont enclenché des démarches pour qu'une plainte soit logée contre la CMT et éventuellement contre le gouvernement.

Depuis novembre 2007, l'état de santé de la petite fille va s'aggravant, et depuis la semaine dernière elle est au plus mal. Admise d'urgence dans une clinique de la capitale lundi dernier, elle a, suivant l'aggravation de son cas et à la demande de ses parents, été transférée à l'hôpital du Nord depuis jeudi.

Le pédiatre indique que Luciana Athion a été admise pour "déshydratation sévère, diarrhée et vomissements, douleur abdominale diffuse, sans précision, fatigue généralisée et surtout infection pulmonaire". Il fait ressortir dans son diagnostic que la petite a été admise dans le passé pour infection pulmonaire sévère, dont la cause demeure inconnue et a été soignée à plusieurs reprises.

À l'hôpital SSR, Luciana, qui a vomi du sang et des particules noires, éjecte les résidus de carbone à travers un tube infiltré dans son nez. Un panel de spécialistes médicaux se penche sur son cas que les médecins estiment "très grave". Montrant la cuvette de vomissures de leur fillette, Lindsay et Glovina Athion affirment qu'il s'agit de particules de carbone qu'ils attribuent à la fumée émanant de la CMT. D'ailleurs, ils rappellent un rapport d'un médecin, spécialiste de la médecine du travail, le 24 mars 2008, après que la petite fille soit tombée malade à plusieurs reprises, qui attribuait ses maux à une inhalation de particules de carbone.

"Kindly find hereunder a report concerning the health of Ms Luciana Athion, aged 4 years old. I have listened to her parents, perused the medical reports of the paediatrician and examined her and I am of opinion that she is suffering from a recurrent chest problem which is being caused by an Environmental Air Pollution situation due to fine carbon dust particles…", écrit le médecin.

Ce dernier, qui a effectué une visite du domicile des Athion, souligne également que "the accumulation of carbon dust particles on various items of furniture and in her room (Ndlr : Luciana Athion) was obvious", ajoutant que "close to the residence of the Athion family is a textile factory from which I could see 5 stacks emerging from the roof and I would suppose that they are the sources of this environmental pollution problem".

Certificat médical que Lindsay Athion avait fait circuler lors de la réunion de suivi qui s'est tenue le mardi 26 mars dernier au ministère du Logement avec les représentants des forces vives des complexes résidentiels de la NHDC Les Coquillages et Les Tourelles, en présence de sir Binod Bacha, des représentants du ministère de la Santé, de l'Environnement, des Administrations régionales, et ceux de la CMT.

Outre ce document qui révèle que les problèmes respiratoires dont souffre la petite Luciana sont très probablement causés par les particules de poussière noire, dans son rapport, le secrétaire permanent du ministère de l'Environnement, P. Kallee, confirme également les données à l'effet que des particules noires sont visibles dans la maison des Athion. Le rapport souligne que le 10 mars 2008, aux alentours de 12h, "in the presence of Mr Lindsay Athion, his house was visited for proof of black soot deposits." "The toilet area, laundry & washing area were filled with black soot". Le rapport fait également ressortir que, "further, the children's room, located on the first floor, was visited and black soot deposits were clearly visible on the bed blanket. The stacks from CMT were also apparenty from the children's room". Des photos de ces lieux-dits attestent des particules retrouvées chez les Athion, et qui nuiraient très probablement à la santé de la famille et principalement à celle des enfants.

"Nous devons déménager", soupire Lindsay Athion. Il indique qu'il s'était mis à la recherche d'un autre domicile mais, après contact avec sir Bhinod Bacha, il espérait que, comme l'avait signifié le coordinateur du comité interministériel, "les autorités se pencheraient sur ce cas". "Nous avons vainement attendu et, aujourd'hui, nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Il y va de la santé de nos enfants. Les autorités parlent toujours de rapports, mais Luciana est la preuve la plus flagrante de pollution à La Tour Kœnig. Qu'attendent-ils pour prendre des décisions ?", s'interroge Glovina Athion.

Elle indique qu'elle a eu une conversation téléphonique avec sir Bhinod pour l'informer de l'état de santé de sa fillette et que ce dernier lui aurait une nouvelle fois fait comprendre que les autorités se penchent sur ce cas particulier. "Combien de temps devrons nous attendre encore ? Faut-il que notre bébé meure ? Faut-il que nos autres enfants soient aussi gravement atteints ?", s'indigne cette mère.

Son mari déplore, lui, l'attitude de la CMT. "Par le biais de notre homme de loi, nous avons sollicité le soutien de la CMT pour nous aider, à payer les frais de cliniques, mais l'avocat de la CMT a fait comprendre qu'il faut enclencher plusieurs démarches qui risquent de prendre du temps, et qu'il fallait attendre le rapport médical attestant la pollution au carbone", indique Lindsay Athion.

Furieux, désespéré et las de voir que le sort de leur enfant n'intéresse pas les autorités, les Athion ont décidé d'avoir recours à la justice. Ils envisagent de loger une plainte la semaine prochaine contre la CMT et très probablement contre le gouvernement. Lindsay et Glovina Athion font ressortir qu'ils ne peuvent plus des discussions qui ne mènent à rien et des promesses dans le vague.

"Nous n'avons plus le choix. Notre enfant est au plus mal. À sa sortie de l'hôpital, où irons-nous ? Nous ne pouvons pas la ramener dans le lieu de la mort", expliquent-ils.


Sir Bhinod Bacha : "À la lumière des rapports, on va prendre les décisions qui s'imposent"

Mis au courant de la détérioration de l'état de santé de la petite Luciana Athion, sir Bhinod Bacha indique une nouvelle fois que "le comité interministériel se penche sur ce cas particulier". Il exprime son soutien à la famille Athion, indiquant que depuis qu'il est en connaissance de l'aggravation de la santé de la fillette, il a demandé un rapport complet des médecins de l'hôpital SSR. Rapport attendu d'ici demain, fait-il ressortir, ajoutant que d'autres, notamment celui des Forces vives des NHDC Les Tourelles et Les Coquillages et celui de la Police de l'Environnement sont attendus.

Sir Binod rappelle qu'il avait pris contact avec la famille Athion suivant une lettre que Lindsay Athion lui avait fait parvenir pour lui expliquer son cas et des difficultés auxquelles il doit faire face. "Nous sommes très conscients du problème. La petite est très malade et c'est triste", dit-il. Toutefois, il y a un comité qui se penche dessus, nous devons avoir toutes les données en main. "À la lumière des différents rapports, on va prendre les décisions qui s'imposent".

Une décision devrait vraisemblablement être prise lors d'une nouvelle réunion de suivi, programmée le 22 avril dernier, mais qui aura finalement lieu le 29 avril. "Nous avons dû repousser la réunion parce que les forces vives n'ont pas encore soumis leur rapport. On veut donner à toutes les parties concernées l'occasion de s'exprimer", explique sir Bhinod.

Rappelons que les conclusions des techniciens de l'Université de Maurice (UoM), à la suite d'un stack monitoring exercice conduit entre les 11 et 17 janvier dernier, exonèrent la Compagnie Mauricienne de Textile de polluer l'environnement comme allégué par les habitants des complexes résidentiels Les Coquillages et Les Tourelles. Ce rapport laisse sceptiques les habitants de la région pour qui "la pollution existe bel et bien". "Nous n'inventons rien. La CMT pollue notre environnement", disent-ils, estimant que l'étude conduite par l'UoM "ne reflète pas la réalité". D'ailleurs, font ressortir les habitants de La Tour Kœnig, il semblerait que les techniciens de la faculté d'ingénierie, responsables du stack monitoring exercice, n'auraient pas pris toutes les données en considération.

Ils soutiennent leurs propos en faisant référence à un contre-rapport effectué par un consultant en la matière, à la demande du député mauve de la circonscription n°1 Jean-Claude Barbier. Les habitants de la NHDC font également ressortir qu'ils sont "découragés des réunions qui n'aboutissent à rien". Ils espèrent quand même qu'une solution sera trouvée quant au problème de pollution à La Tour Kœnig.


Transport public-À partir du 12 mai

Le ticket d'autobus coûtera plus cher !

Le ticket d'autobus coûtera plus cher à partir du lundi 12 mai. Le plus court trajet accusera ainsi une hausse de Rs 2 alors que le plus long devrait coûter jusqu'à Rs 4 plus cher. Cette décision a été entérinée par le gouvernement après avoir tenu compte des représentations des opérateurs du transport public (qui avaient réclamé une augmentation de l'ordre de 40 %) et de l'impact du dernier rapport du National Remuneration Board (NRB), qui préconise en sus des nouvelles conditions de travail, une hausse salariale variant entre 26 % et 30 %. Cette majoration ne sera toutefois pas sans conséquence sur les finances publiques qui, en dehors des subsides sur le diesel et sur le ticket d'autobus - plus de Rs 1 milliard -, devrait voir son enveloppe pour le transport gratuit traverser la barre des Rs 700 millions.

Dans les milieux des opérateurs du transport public on se garde de commenter le quantum qui sera accordé par le gouvernement. Depuis la dernière majoration du ticket d'autobus datant d'octobre 2004, ils ont formulé deux demandes de révision. Dans leur première demande vers fin 2006, les opérateurs des compagnies d'autobus et de coopératives estimaient que la majoration devait être de 25 %. Une année plus tard, soit en novembre dernier, ils devaient cette fois-ci réclamer une hausse de 40 % sur les tarifs actuellement en vigueur. "Il n'y a rien d'officiel pour l'instant. Il est difficile pour nous de faire une analyse, car il faut d'abord savoir comment ce sera appliqué sur les différents stages et surtout de savoir si cela inclut les subsides sur le diesel ou pas. Donc, il est difficile de dire si c'est acceptable ou pas, d'autant plus qu'il y a les nouvelles recommandations du rapport NRB qu'il faudra mettre en application", déclare un membre de l'Association of Bus Owners (ABO).

Les opérateurs du transport public s'étaient principalement appuyés sur les recommandations du rapport NRB et la hausse des coûts d'opération pour soutenir leur demande de révision des tarifs du ticket d'autobus. Une de leur principale préoccupation portait sur l'éventuelle décision du gouvernement d'éliminer les subsides sur le diesel. Les compagnies d'autobus payent actuellement le diesel à Rs 11,40 contre Rs 35,60. La différence est subventionnée par le gouvernement, soit Rs 24,20 par litre. Les opérateurs individuels, mais regroupés au sein des sociétés coopératives, bénéficient par contre d'une subvention de Rs 17,40. Ces subsides sur le diesel totalisent presque Rs 1 milliard annuellement.

Avec un tel scénario, ils avaient estimé que le ticket d'autobus aurait coûté deux fois plus cher. "En attendant une confirmation, nous pensons que le gouvernement n'éliminera pas les subsides sur les carburants. Ce serait suicidaire de le faire, car c'est le peuple, le public voyageur qui paierait les conséquences. De toute façon, il nous faudra aussi attendre la publication du rapport NRB pour voir si le quantum proposé par le gouvernement nous permettra de rester à flot", ajoute un dirigeant de l'association.

Pour les opérateurs, une majoration de 40 % était tout à fait acceptable. "Nos coûts ont en général augmenté de plus de 50 % au cours de ces trois dernières années. Rien que les salaires ont augmenté d'un peu plus de 20 %, alors que le prix des lubrifiants, par exemple, a enregistré une hausse de 137 %, les "fees" aux collectivités locales de 100 % et les spare parts de 50 %", indique Sunil Jeewoonarain, secrétaire de la Mauritius Bus Owners'Cooperative Federation (MBOCF).

Cette décision du gouvernement vient en même temps calmer les esprits des travailleurs dans le secteur, qui sont regroupés au sein de l'Union of Bus Industry Workers (UBIW). Les syndicalistes avaient menacé d'entamer une grève le 1er mai si le gouvernement ne publiait pas le rapport NRB. Dans le communiqué du conseil des ministres de vendredi, l'on souligne en effet que "le ministre du Travail et des Relations industrielles promulguera les nouveaux règlements régissant les salaires et les conditions d'emploi des travailleurs de l'industrie du transport en commun." "Le nouveau National Remuneration Order entrera en vigueur à partir du 5 mai", est-il indiqué. Ce qui laisse supposer que les fonctionnaires du gouvernement ont considéré l'impact de ces recommandations sur les coûts d'opération des compagnies d'autobus.

En attendant, la majoration de 28 %, selon les premières analyses, devrait occasionner une hausse minimale de Rs 2 sur le plus court trajet - "stage" 1 - et une hausse maximale de Rs 4 sur les longs trajets tels que Curepipe - Port-Louis ou Goodlands - Port-Louis.


Toxicomanie et VIH/Sida

Échange de seringues : Barkly démarre le programme

Un an après l'introduction du programme d'échange de seringues, c'est au tour de Barkly d'implémenter celui-ci dans la région. Initié par le Collectif Urgence Toxida: avec l'appui du gouvernement, ce programme vise à réduire les risques de propagation du VIH/Sida, touchant de nombreux toxicomanes. Barkly est la quatrième région, après Baie-du-Tombeau, Batterie Cassée et Plaine-Verte à introduire cette action. Depuis un peu plus de deux semaines, ce sont des jeunes volontaires d'Espoir, Revivre, Barkly (ERB) qui ont pris le programme en main. Dans un coin retiré, sous un abri de fortune construit par un toxicomane, ils distribuent des seringues neuves et des préservatifs aux dépendants de drogue qui s'y présentent chaque après-midi. L'objectif n'étant pas d'encourager la consommation de drogue par voie intraveineuse, mais d'assurer une action préventive contre le VIH/Sida et une prise de contact avec les toxicomanes…

"Enn gro ? Enn tipti ?" A cette question, la réponse est rapide. "Donn mwa dé gro, dé tipti". Durant les secondes qui suivent cette brève conversation, les choses vont aller vite. "Ki laz ?", demande encore le premier interlocuteur. Et l'autre d'indiquer, tout aussi rapidement, son âge. Celui-ci n'a même pas le temps de se rendre compte que le chiffre qu'il vient de décliner est noté avec attention. Il tend la main. Son interlocuteur lui remet alors les seringues qu'il avait réclamées un peu plus tôt, non sans lui avoir demandé de déposer celles, usagées, dans le gallon posé à même la terre. L'homme repart très vite. Le nombre de seringues retournées est alors noté. C'est Vanessa qui a pour tâche de remplir les casiers vides des feuilles quadrillées qu'elle tient en main. La jeune fille écrit minutieusement chaque chiffre que lui indiquent tantôt, Brian Pitchen, tantôt P. Ce dernier, l'air décontracté, et le plus âgé du petit groupe - que complètent Bridget, Kevin et Steven -, raconte qu'il a construit l'abri sous lequel se trouvent les jeunes de ses propres mains. Et c'est avec une légitime fierté qu'il explique : "Olié mo ale asiz anba laboutik kan mo sorti travay, mo'nn préfer monte sa ti baz la. Li enn zafer pli positif." Et Brian d'ajouter, "il a été trouver du bois et de la tôle pour nous construire cet abri." P. est toxicomane. Il essaye de s'en sortir, avec le soutien de ses jeunes amis, mais cède souvent à la tentation. Mais il ne veut pas tromper son monde. Quand il lui arrive d'être faible face à la drogue, il en parle… La conversation est interrompue. C'est une jeune femme qui se présente devant le groupe…

Des préservatifs pour soutenir le programme

Le lieu choisi pour concrétiser le programme d'échange de seringues à Barkly est on ne peut plus retiré. Loin de la cité, des résidences et "surtout des enfants". Le groupe a tenu à accorder une attention particulière à ce dernier aspect. La rue serpentée qui mène à l'abri de fortune des volontaires est bordée de longilignes bambous et autres broussailles. La jeune femme qui accélère ses pas, s'arrête brusquement devant le gallon. Un peu essoufflée, elle sourit et explique qu'elle a été envoyée par ses amis. "Mo pa bizin moi… ", dit-elle. Tendant les seringues usagées, elle confie qu'elle ne connaît pas les procédures. Tout en les lui expliquant, Brian en profite pour lui demander si elle souhaite également prendre des préservatifs : masculins et féminins. Ce à quoi la jeune femme acquiesce."To koné komen servi kapot pou fam ?", lui demande-t-il pour s'assurer qu'elle sache en faire usage. Répondant par l'affirmatif, cette dernière s'en va aussi vite qu'elle est venue. La distribution de préservatifs accompagne, parallèlement, le programme d'échange de seringues. Tout comme celui-ci, elle est appliquée en tant que mesure préventive pour freiner la propagation du VIH/Sida dans la communauté des toxicomanes et leur entourage.

Depuis que le programme a été implémenté, à Barkly, il y a deux semaines, quelque 40 à 50 seringues usagées sont collectées quotidiennement. Mais, comme le rappelle, régulièrement Brian Pitchen, aux toxicomanes qui se présentent sur place, "il est impératif de retourner les seringues déjà utilisées pour en avoir d'autres neuves." Comme le programme est nouveau dans le quartier, le groupe fait preuve de compréhension et de flexibilité. "Mais, la prochaine fois, explique encore Brian Pitchen à un autre toxicomane, si vous n'apportez pas les seringues usagées, nous ne pourrons vous remettre de nouvelles!" Car, comme ailleurs- Baie du Tombeau, Batterie-Cassée et Plaine-Verte-, Barkly reçoit un certain nombre de seringues pour soutenir ce programme et doit s'en tenir au quota: autour de 1000 mensuellement.

"Si vous vous faites attraper avec vos seringues et de la drogue, ce sera à vous d'assumer vos responsabilités"

À bicyclette, à pied… Seul ou à deux, des toxicomanes se présentent au point d'échanges dès 17 heures, soit à l'heure où débute la distribution des seringues. "Pa pou gagne trapé?" demande un d'entre eux, craignant d'être interpellé en possession de son "matériel" par la police. "Non!", rassure l'équipe. Un accord a été conclu avec la police pour que des toxicomanes puissent récupérer des seringues neuves et propres à l'heure de la distribution. "Toutefois, si vous vous faites attraper avec vos seringues et de la drogue, ce sera à vous d'assumer vos responsabilités et les conséquences!", prévient Brian Pitchen. Entre 17 et 18 h, l'heure à laquelle la majorité des bénéficiaires du programme rentre du travail, la distribution s'enchaîne rapidement avant que le rythme décélère. "Nous arrêtons la distribution à 19 h pile. Au-delà de cette heure, nous ne faisons pas d'exception", précise Brian Pitchen. Les seringues recueillies sont alors déposées à l'hôpital Brown Sequard pour être détruites. Auparavant, l'équipe entre les données (nombre de seringues, aiguilles, type de seringue, genre des toxicomanes…) dans un fichier informatisé. Ces données seront utiles pour la première évaluation du programme.

La plupart des toxicomanes qui se présentent au point de distribution est originaire de la région. Ces derniers s'y présentent régulièrement. D'autres sont moins réguliers où viennent des quartiers avoisinants. L'équipe, qui adopte une approche informelle et amicale, en profite pour sensibiliser les bénéficiaires sur le travail d'accompagnement que propose Espoir, Revivre, Barkly (ERB) aux dépendants de drogue. L'association, qui regroupe des jeunes bénévoles, milite en structure et également sur le terrain, contre la toxicomanie. Aussi par l'intermédiaire du programme d'échange de seringues, les volontaires ont l'occasion de recueillir des informations sur l'ampleur du VIH/Sida auprès de la communauté des toxicomanes. Certains déclinant volontiers leur séropositivité. Sans s'attarder sur leur état, ils confient furtivement dans un langage codé qu'ils ont contracté le virus.

La plupart des toxicomanes qui se présentent a entre 30 et 50 ans

Cheville enflée pour certains, démarche nonchalante pour d'autres… tous portent le poids et les séquelles de la dépendance de la drogue dure. "Cela fait 37 ans que je me shoote. Je connais toutes les drogues", confie F. À 52 ans, il serait le plus ancien toxicomane de la région. "Impossible de s'en sortir. La dépendance est plus forte que tout! Comme nous n'avons pas accès à la méthadone, comment voulez-vous qu'on s'en sorte?", se demande-t-il. Comme plusieurs usagers de drogue, s'injectant depuis de longues années, il est contraint de se shooter ailleurs que dans les veines du bras. Notamment, le sexe, la cheville et même dans le cou. Montrant un énorme abcès, à proximité de la pomme d'Adam, F. raconte qu'il ne s'en injectera plus dans cette partie de son corps. La seringue neuve de 3 mm, dont il vient de se procurer est habituellement utilisée par les toxicomanes comme lui, ceux qui sont dépendants depuis longtemps. "Avec ce programme, je n'ai pas besoin de dépenser de l'argent pour m'acheter des seringues à la pharmacie. Même si elles ne devraient pas en vendre, il n'est pas difficile pour un toxico de trouver des seringues. Mais avec les seringues neuves qu'on nous donne, nous sommes moins exposés aux risques." Des quelque 125 toxicomanes que compterait la région, selon lui, les plus jeunes n'ont pas encore démontré de l'intérêt au programme d'échange de seringues. "Zot pensé sa pa konsernn zot!" lance-t-il. F. n'a pas tout à fait tort. En effet, selon les données recueillies, la plupart des toxicomanes qui se sont présentés à l'équipe, a entre 40 ans et la cinquantaine. D'autres ont la trentaine. Quant aux femmes toxicomanes, en deux semaines, seulement trois d'entre elles sont venues récupérer des seringues neuves. "Péna bokou fam toksikomann isi", précise F. En cette fin d'après-midi, ce dernier était déjà à sa deuxième dose de Subutex. Les deux seringues propres qui lui ont été remises seront utilisées le lendemain : à 6h30 et dans l'après-midi, respectivement.


Le programme s'étendra dans d'autres régions

D'autres régions, touchées par la prolifération de la drogue, ont été identifiées pour l'implémentation du programme d'échange de seringues. Quelque six régions en seraient concernées. Par ailleurs, depuis l'introduction de ce programme dans les régions avoisinantes de Port-Louis, c'est la première fois que celui-ci est assuré par une équipe de jeunes volontaires, membres de ERB. Cette association a aussi lancé son projet agricole à l'intention des toxicomanes qu'elle encadre. La culture de légumes a déjà démarré dans le potager, annexé au Center of Learning de Barkly: lieu de rencontre de ERB. Et du 1er au 4 mai, l'association accompagnera un petit groupe de toxicomanes en predetox camp au Morne.


VIH & SIDA

Michel Cundasamy (PILS) :Besoin d'une coordination centrale efficace

Le lancement de sa nouvelle campagne de prévention, SidaWare, a été une occasion pour PILS de s'exprimer sur les faiblesses dans la lutte contre le VIH à Maurice. Alors que les conditions pour une lutte efficace sont réunies, des lacunes persistent au niveau de la coordination des actions sur le plan national. Une responsabilité qui revient au chef du gouvernement. Le PM est d'ailleurs le président du National Aids Committee (NAC). Cette instance de coordination ne s'est pas réunie depuis plusieurs mois.

Avec les avancées qui se sont opérées sur différents plans et l'arrivée de nouveaux acteurs dans la lutte, "nous avons, à l'île Maurice, tous les ingrédients d'une recette nationale efficace", dit Michel Cundasamy en se référant à la lutte contre le VIH et la discrimination à l'égard des malades du SIDA. Mais, même dans cet environnement, le nouveau président de PILS se dit "triste, angoissé, en colère, voire au bord de l'écœurement." Parce que, poursuit-il, "il nous manque l'ingrédient suprême." Et de rappeler une des grandes lacunes de la lutte à Maurice : "Sans coordination centrale efficace, nous nous dirigeons droit vers un mur et cela risque de faire très mal."

Allant dans le même sens, Nicolas Ritter, directeur de l'association, réclame un engagement réel et soutenu de l'État mauricien dans la lutte. Sans un NAC "fort et présent", dit-il, "ce que nous faisons ne servira à rien." Pour rappel, placé sous la présidence du PM, le NAC a la responsabilité de définir la stratégie nationale de lutte et d'assurer la coordination entre les différents acteurs engagés au niveau du gouvernement, du secteur privé, des ONG et autres. Toutefois, cela fait plusieurs mois depuis que le comité ne s'est pas réuni. Sur le terrain, les répercussions sont ressenties et appellent, en urgence, à des réactions dans le bon sens.

Récemment, en 15 jours, PILS a perdu trois des patients qu'elle accompagnait. L'année dernière, une trentaine avaient trouvé la mort en un mois. Pourtant, avec le traitement, le SIDA ne devrait plus tuer. Mais le manque d'information, la stigmatisation, les préjugés conduisent toujours au drame. Face à cette situation, Nicolas Ritter exprime "la colère" de l'association. Passant en revue la situation qui prévaut dans le pays, PILS déplore qu'il n'y ait que "peu ou pas de stratégie pour contenir le VIH et le VHC." Le virus d'hépatite C qui, souligne-t-il, risque de faire encore plus de dégâts que le VIH.

Prévalence six fois supérieure qu'en Europe

Citant les statistiques, Nicolas Ritter rappelle que le pourcentage de Mauriciens de 14 à 49 ans vivant avec le VIH est de 1,8%. Pour précision, les estimations parlent de 13 000 à 14 000 individus. La prévalence mauricienne, dit Nicolas Ritter, est six fois supérieure à celle de l'Europe. Officiellement, 3 244 cas ont été enregistrés à Maurice depuis 1987. L'épidémie a touché 4 hommes pour 1 femme. Mais les femmes restent particulièrement vulnérables. Elles sont d'ailleurs en majorité auprès des 20 à 24 ans. D'où l'appel à la vigilance qui est lancé.

À Beaux-Songes, hier, l'occasion a aussi été pour PILS de saluer le secteur privé de s'être finalement intéressé à rejoindre la lutte contre le VIH. Il a aussi remercié ceux qui au sein de l'État agissent en vrais partenaires. "Il y a des personnes qui sont soucieuses de faire avancer les choses, même s'il y a toujours des dysfonctionnements."

Invitée à prendre la parole au rassemblement tenu au Centre de formation de Médine, le Dr Myriam Timol, du ministère de la Santé, a rappelé l'approche multisectorielle encouragée par l'État à travers le plan stratégique national. Saluant PILS d'avoir été un des principaux partenaires de l'État et un "moteur de changements" elle a précisé qu'il est du devoir de tous de contribuer à la lutte contre le VIH, "qui peut être fatal."


Lancée hier-SidAware, prévention à domicile

Dans le secteur de la prévention, cette approche est révolutionnaire. Ici, la rencontre se fait chez des particuliers ou dans des centres communautaires. Là, un volontaire se chargera d'expliquer le VIH et le SIDA à ceux présents : voisins, membres de la famille et autres invités. Ces rencontres sont prévues au sein de petits groupes dans une ambiance familiale, détendue et conviviale. Cette formule, imaginée par Audrey D'Hotman du temps où elle était directrice de PILS, s'inspire de la stratégie de vente utilisée par les représentants de Tupperware.

Baptisée SidAware, cette nouvelle approche de PILS a pour objectif de faire passer l'information à un plus grand nombre pour aider à combattre l'impact de l'épidémie à différents niveaux. À ce jour, une vingtaine de volontaires a été formée pour le projet. En sus de la connaissance du sujet ces derniers bénéficient aussi d'un matériel adapté pour animer des sessions de prévention proactives dans les foyers ou centres où ils interviendront. Pour SidAware, PILS a convenu d'un langage simple et clair et d'une approche pouvant toucher tous les membres de la famille indistinctement. Des brochures, gadgets et outils de prévention seront par ailleurs distribués auprès des personnes touchées lors des campagnes.

Pour ce projet, PILS a bénéficié du soutien de la MCB, de la Fondation Médine Horizons, de la Fondation Espoir et Développement et du Charles Telfair Institute.

Par ailleurs, un appel est lancé à tous les membres du public qui souhaiteraient s'engager comme volontaire pour ce projet. Ils bénéficieront d'une formation et d'un encadrement s'ils sont retenus. Les intéressés doivent se faire enregistrer au siège de l'association sur le 210 7075/47.


Compte bancaire gelé

Une mère de famille se dit injustement accusée de trafic de drogue

C.C., 32 ans et mère de trois enfants scolarisés, mène un combat depuis lundi dernier pour prouver à sa banque qu'elle n'est pas une trafiquante de drogue, comme celle-ci le stipule. Un montant de Rs 1 693, représentant le salaire de son mari, qu'elle dispose sur leur compte conjoint a été gelé, suite à une demande du bureau du directeur des poursuites publiques (DPP). Cependant, le couple, qui disposerait d'un casier judiciaire vierge, n'a jamais été traduit en justice pour délit de drogue. Car, selon la procédure en cours, les biens des trafiquants sont gelés après leur parution en cour et sur ordre émis du DPP. Le couple, qui vit dans un logement pour foyer à revenus modestes, se retrouve sans argent pour subvenir aux besoins de ses trois enfants en primaire… Entre-temps, la banque, considérant les plaintes de sa cliente, a initié une enquête.

C.C. ne dispose que de Rs 1 693 sur son compte bancaire. Le 19 dernier, après maintes tentatives pour effectuer un retrait de Rs 500 au guichet automatique en vue d'acheter le matériel scolaire de ses trois enfants pour la rentrée, la transaction lui est interdite. À la banque où elle est cliente depuis quelques années seulement, C.C., 32 ans, apprend qu'elle est accusée de trafic de drogue. De ce fait, l'a-t-on informée, le compte conjoint dont elle dispose a été gelé depuis le 11 avril dernier. Et ce, sur ordre d'une lettre émanant du bureau du DPP.

Cependant, clamant son innocence et brandissant son certificat de moralité émis en 2006 par le bureau du DPP, C.C. estime avoir été victime d'une erreur judiciaire. D'autant qu'elle n'a jamais fait l'objet d'une enquête policière. Elle n'a ni été arrêtée et traduite en cour pour un quelconque délit. Aux postes de police de Rose-Hill et de Beau-Bassin, où elle s'est rendue en début de semaine, la garantie lui a été donnée à l'effet qu'aucune déposition n'a été logée à son encontre, ni contre son mari. En clair, leur casier judiciaire serait vierge. De plus, depuis le gel de son compte, le couple n'aurait reçu aucune communication officielle de la banque, lui informant la décision en cours.

Du côté de la State Bank of Mauritius, cette affaire, affirme un de ses porte-parole, fait actuellement l'objet de "further enquiries". Me Ajay Daby, ancien commissaire du Narcotics Bureau - instance mise en place pour enquêter sur les avoirs et biens des trafiquants de drogue - est catégorique : "Tant que la personne n'a pas été traduite en cour (…) et que celle-ci, au moment de la parution de cette personne sous le Drugs Act, n'autorise le gel des avoirs de cette dernière, la banque ne peut geler le compte de son client." Et ce suivant une recommandation du bureau du DPP.

Cette explication, soutenue par le service de presse des Casernes centrales, laisserait croire "qu'il y aurait eu erreur quelque part…" Entre-temps, C.C, traumatisée par, dit-elle, l'approche des préposés de la banque et bouleversée par les accusations portées contre son couple, ne peut subvenir aux besoins de sa famille. Mercredi dernier, ne pouvant plus supporter le stress, la jeune femme a dû se rendre à l'hôpital psychiatrique.

Aucune trace de délit

C.C. est cleaner dans une école primaire gouvernementale. Récemment, après quatre mois au chômage, son époux trouve de l'emploi sur un chantier à Port-Louis. "Mo mari gagne Rs 1 500 par kinzenn", explique-t-elle. C'est la compagnie qui verse directement le salaire de celui-ci sur le compte du couple. Quant à C.C., elle reçoit son salaire par chèque directement de son employeur. Le 19 avril dernier, le mini relevé indique que le compte du couple a été crédité du premier salaire de son mari. Au total, le montant dont dispose le couple est de Rs 1 693.

"Lundi dernier, lorsque je me suis rendue à la succursale de Beau-Bassin, une préposée m'a grossièrement annoncé que mon compte avait été bloqué parce que je suis une trafiquante de drogue." Le même jour C.C. se rend à la magistrature de Rose-Hill où elle est assurée qu'il n'y a aucune charge enregistrée à son nom. Idem aux postes de police de la même ville et celui de Beau-Bassin respectivement. Au siège de la banque, à Port-Louis, la jeune mère explique qu'un préposé chargé de la clientèle l'aurait reçu à l'accueil.

"Sans me montrer de document officiel, il m'a affirmé que mes données correspondaient à celles qu'aurait soumises le bureau du DPP à la banque. Lorsqu'il m'expliquait que j'étais impliquée dans une affaire de drogue, il me donnait l'impression de faire mon procès. Qui plus est, il parlait à voix haute devant les clients. C'était une véritable humiliation…", raconte C.C.

Ne sachant que faire depuis, cette dernière ne cesse de frapper à différentes portes, dont la branche mauricienne d'Amnesty International. "Comme je sentais qu'il y avait une injustice, j'ai voulu consigner un statement à la police. Ce qui m'a été refusé quand je me suis rendue aux postes de Rose-Hill et de Beau-Bassin", explique C.C. Si cette dernière, n'a pu reprendre son travail pour faire les démarches nécessaires, son époux, en revanche, a même dû se rendre sur son lieu de travail à Port-Louis à pied, faute d'argent pour payer son transport !

"Je n'ai pas d'argent ! Je dois compter sur les volontaires pour nourrir mes enfants. Je n'ai pu les envoyer à l'école parce que je n'ai pu leur acheter leurs effets. Zordi mo pé bizin kwi manzé lor dibwa ! À cause de cette affaire, j'ai dû, pour la première fois de ma vie, me rendre à l'hôpital psychiatrique parce que je ne tiens plus moralement ! J'ai peur que cette fois-ci la police ne débarque chez moi pour m'arrêter !" confie C.C. Cette dernière réfute aussi une possibilité que lui aurait avancée la banque. "On m'a dit que j'avais peut-être des proches qui sont dans le trafic de la drogue. Ce qui n'est pas le cas", insiste la jeune femme.

Vendredi prochain, jour de paye, le salaire de son mari sera à nouveau versé sur ce même compte. Mais, tant que l'enquête initiée par la banque ne détermine s'il y a eu erreur, le couple ne pourra effectuer de retrait. "Mais, ironiquement, on m'a expliqué que je pouvais continuer à faire des versements !" relate encore la jeune femme.

Enquête de la banque

À la banque, cette affaire a été prise au sérieux, nous affirme un porte-parole du département des doléances. "Lorsque cette personne nous a affirmé qu'elle s'est sentie lésée, nous avons pris contact avec notre conseiller légal. D'ailleurs, nous sommes en présence d'une correspondance de celui-ci qui nous informe que nous allons procéder à une enquête dans ce sens", déclare-t-il. Concédant que toutes les données de sa cliente correspondent à celles envoyées par le bureau du DPP, il précise qu'en cas d'erreur la banque n'est pas tenue à indemniser celle-ci. L'on procédera tout bonnement au dégel de son compte. C'est la première fois que cette banque traite un cas du genre, laisse comprendre le porte-parole avant d'assurer que C.C. avait été reçue au siège, à l'accueil, en toute discrétion.

Selon Me Ajay Daby, au cas où les biens de C.C. avaient été gelés dans le cadre d'une affaire de drogue, son nom aurait dû figurer sur la liste des trafiquants accusés du même délit émise par le communiqué de presse en provenance du bureau du DPP. Comme une erreur n'est pas à écarter dans cette affaire, une enquête devrait être initiée pour remonter à sa source. Pour cela, toute personne se sentant lésée et victime d'une erreur doit jurer un affidavit demandant à la cour de suspendre l'ordre mis en pratique par la banque. Dans ce cas, la justice déterminera s'il y a eu erreur ou pas…


En marge du 1er-Mai

L'OIT réitère l'urgente nécessité du droit de grève !

En marge des délibérations à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) au cours de la semaine écoulée, portant sur la Trade Policy Review, Maurice a essuyé de sévères critiques quant au respect des droits fondamentaux des travailleurs. Trois problèmes majeurs en particulier, soit l'absence de droit de grève, le traitement subi par des travailleurs étrangers employés dans la zone franche et la nécessité de renforcer le concept de Collective Bargaining en faveur des employés. Ces critiques ont été soulevées dans le rapport soumis par l'International Trade Union Confederation sous le chapitre de la Declaration of the ILO on Fundamental Principles and Rights at Work. Ce document, qui passe en revue l'état des lois du Travail et des Relations industrielles, a été déposé officiellement à Genève, mercredi. Mention est faite que le taux de syndicalisation est de 10 %. Le leitmotiv : " en tant que membre actif de l'Organisation internationale du Travail (OIT), Maurice doit respecter et mettre en vigueur les recommandations des organes de surveillance de l'OIT ".

Au chapitre du droit de grève, l'ITUC ne passe pas par quatre chemins pour réitérer l'urgence nécessité d'un toilettage complet des contraintes et obstacles d'ordre légal sur la voie d'une grève. Ainsi, l'une des recommandations est que " la loi doit être amendée afin de retirer au Premier ministre la possibilité de déclarer une grève illégale si celui-ci considère que la grève peut mettre en péril l'économie du pays ".

Dans son analyse, l'ITUC souligne que " les syndicats ont demandé que le droit de grève soit garanti par la Constitution. L'Organisation internationale du Travail a rappelé au gouvernement que la limitation du droit de grève devrait s'accompagner de procédures de conciliation et d'arbitrage appropriées, impartiales et expéditives ". La participation d'un employé à un mouvement de grève ne doit plus être considérée comme une justification à un licenciement car une telle démarche est assimilée à " de graves risques d'abus et une violation de la liberté syndicale ".

Plus loin, mention est faite que " les raisons pour déclarer une grève illégale sont trop ambiguës, ce qui a amené les organes de surveillance de l'OIT à demander au gouvernement des amendements de la législation en vigueur ".

L'ITUC maintient que les autorités doivent mettre fin à la pratique d'avoir recours à des interventions musclées des forces de l'ordre pour mettre un terme à des mouvements de revendication des travailleurs. Le rapport cite les exemples de la détérioration de la situation dans l'enceinte de la Novel Garments en mai 2006 ou encore à l'usine Firemount.

" Le 23 mai 2006, des policiers armés de boucliers et de matraques ont battu un groupe de travailleuses qui participaient à un sit-in pacifique dans la cour d'une usine de confection à Coromandel ", souligne cette confédération syndicale internationale, qui souhaite voir " les autorités avoir recours en dernière instance à l'utilisation des forces de sécurité de l'Etat pour mettre fin à l'exercice démocratique du droit de grève et uniquement dans les cas prévus par la loi et qui comportent notamment un danger réel et imminent de la sécurité de l'Etat ou de l'ordre public ".

Le sort des travailleurs étrangers à Maurice demeure une des préoccupations majeures dans la conjoncture. " Pour certains, les conditions de vie sont insupportables : ils dorment dans des dortoirs sur des couchettes sans matelas, dans des chambres minuscules où ils s'entassent parfois à douze personnes ", s'appesantissent les responsables de l'ITUC, qui font état du fait que ces ressortissants étrangers doivent fournir de très longues heures de travail alors que les possibilités d'adhérer à des syndicats sont inexistantes.

Toute tentative de réclamer le respect de leurs droits est sanctionnée par des déportations sans aucune autre forme de procès. Les différents cas de déportation vers la République populaire de Chine et le Sri Lanka survenus en 2006 sont catalogués. " Les syndicats dénoncent qu'il s'avère difficile d'avoir accès aux travailleurs migrants et de syndiquer cette main-d'œuvre, en particulier les migrants venus de l'Asie du Sud-Est et de Madagascar. Ceux qui ont tenté de s'organiser ont été sommairement déportés ", poursuit le document, qui a été répercuté dans la presse internationale en fin de semaine.

" Many migrant workers are not informed of the laws that provide them with the same level of protection as Mauritian nationals and hence they often earn between Rs 2 000 and Rs 2 500 (70 to 90 dollars) less per month in companies located in the country's EPZ ", note encore l'ITUC dans son rapport officiel sur la situation syndicale à Maurice. De ce fait, l'une des recommandations soumises est que " le gouvernement doit assurer que les travailleurs migrants reçoivent un salaire égal à celui des travailleurs nationaux ; le gouvernement doit aussi assurer que les travailleurs migrants soient complètement au courant de leurs droits fondamentaux ".

La situation syndicale dans la zone franche a été défavorablement commentée par l'ITUC où le taux de syndicalisation n'avoisine que 12 %. " Généralement, les représentants des organisations syndicales doivent attendre à la grille de l'usine la sortie qu'ils ne connaissent pas pour la plupart, en outre, la majorité des travailleurs sont des femmes pressées de rentrer chez elles pour remplir leurs responsabilités familiales ".

L'ITUC dénonce la discrimination entre hommes et femmes dans le domaine du travail et fait un appel au gouvernement en vue de revoir la situation. " La Commission d'experts pour l'application des conventions et des recommandations (CEACR) de l'OIT continue à demander au gouvernement (mauricien) de consacrer juridiquement et effectivement le principe d'égalité de rémunération entre les hommes et les femmes pour un travail de valeur égale ".

La lutte contre la discrimination sexuelle sur les sites de travail et pour éliminer les cas de harcèlement reste une des priorités de l'heure. La CEACR s'intéresse aux pouvoirs et au bilan de la Commission nationale des Droits de l'Homme à ce chapitre. " Le harcèlement sexuel est une pratique courante dans les lieux de travail. Cependant, le niveau de dénonciation auprès des organes juridictionnels compétents reste bas. La CEACR demande également des informations sur la nature et le nombre de plaintes pour discrimination dont la Cour suprême et la Cour industrielle ont été saisies. Elle prie également d'indiquer comment les services de l'inspection du Travail garantissent l'application de la législation nationale et des dispositions de la Convention ".

L'Organisation internationale du Travail est également inquiète devant le recrutement des enfants. " La CEACR continue à prier instamment le gouvernement de prendre sans délai les mesures nécessaires pour élever à 16 ans l'âge minimum à partir duquel les jeunes personnes peuvent être autorisées à travailler sur des machines dangereuses à condition que leur santé et leur sécurité soient pleinement protégées et qu'elles reçoivent la formation adéquate dans la branche d'activité correspondante. "

Avant d'aborder les risques d'exploitation sexuelle des enfants, l'ITUC souligne l'incapacité du gouvernement de faire respecter les lois protégeant les enfants. " Le gouvernement n'est pas capable de faire respecter la loi. Le nombre d'inspecteurs en charge de la lutte contre le travail des enfants reste bas, ce qui empêche une lutte effective contre cette pratique. Des enfants travaillent dans l'économie informelle comme des vendeurs dans les rues, dans des ateliers, dans des restaurants ou dans des petites entreprises. La prostitution des enfants est également un problème ", ajoute cette organisation syndicale internationale.

La CEACR réitère les dispositions de la Convention 82 au sujet de l'utilisation, le recrutement ou l'offre d'un enfant à des fins de prostitution, de production de matériel pornographique ou des spectacles pornographiques. " Des rapports dénonçant la prostitution forcée des enfants dans le pays existent. Ainsi, il y a des rapports qui dénoncent que des filles exercent la prostitution, forcées par leurs familles, et également de manière volontaire dans des maisons de prostitution. La CEACR rappelle qu'aux termes de la Convention la traite et la vente d'enfants figurent parmi les pires formes de travail des enfants " ;

" The CEACR has renewed its request to the government of Mauritius to step up its efforts to improve the situation and immediately take the measures needed to ban the sexual exploitation of people under 18 for commercial purposes. The Commission has called for adoption of the measures needed for ensuring that people who use, procure and offer children for sexual exploitation face legal proceedings and that sufficiently effective and dissuassive sanctions are applied ".

Un autre point fort du rapport : la demande pour une consolidation de la Collective Bargaining. " The government must do more to promote collective bargaining in enterprises in the Export Processing Zone and ensure that the rights contained in ratified conventions 87 and 98 are observed in the production centre there ", trouve l'ITUC.

Dans cette perspective, les tractations en cours pour la présentation de deux lois-cadres régissant le monde du travail sont évoquées. " Le gouvernement et les syndicats ne sont toujours pas parvenus à un accord concernant le projet de réforme de la loi sur les relations industrielles. Les syndicats craignent que l'amendement à la loi relative à la négociation collective ne porte atteint au tripartisme ".


L'Option Form du PRB et le NPC

L'Option Form imposé aux fonctionnaires en prévision de la prochaine publication du rapport du Pay Research Bureau (PRB) et le litige sur l'institution du National Pay Council (NPC) ont aussi été commentés dans le rapport de l'ITUC.

Au chapitre de l'Option Form, le document soumis à Genève avance que " la loi amendée a introduit un formulaire optionnel que les employés du gouvernement doivent signer et par lequel ils s'engagent à respecter les recommandations du PRB.S'ils ne sont pas d'accord avec ces recommandations, ils peuvent décider de conserver les salaires et autres conditions de travail antérieures, mais les salaires seront forcément inférieurs. Toutefois, une fois le formulaire signé, un différend salarial ne pourra plus être déclaré dans le même secteur ".

Le NPC est considéré comme une " nouvelle tentative du gouvernement de démanteler les tripartites et de laisser le soin au secteur privé de décider s'il convient ou non de s'engager dans des négociations sectorielles ".


Les tribulations de Toolsyraj Benydin

Les démêlés du président de la Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSC), Toolsyraj Benydin avec la direction générale de la Mauritius Revenue Authority (MRA) ont aussi fait l'objet de commentaires de la part de l'ITUC.

" En avril 2006, le directeur de l'Autorité mauricienne chargée des recettes (MRA) a menacé d'imposer une réduction salariale drastique à Toolsyraj Benydin, président de la FSSC, pour s´être absenté du travail afin d'assister à une activité syndicale. Le droit à l´absence rémunérée pour assister à des activités syndicales fait pourtant partie intégrante de la législation mauricienne et de la jurisprudence de l´OIT. Lorsque le gouvernement a empêché le directeur de la MRA d´exécuter sa décision, ce dernier a proposé soit de limiter le temps accordé à M. Benydin pour l´exercice d´activités syndicales soit de lui accorder des absences non rémunérées ", note la Confédération syndicale internationale.


3e Trade Policy Review-L'OMC prône l'ouverture du secteur des services

La " Third Policy Review " de Maurice devant l'Organisation Mondiale du Commerce au cours de la semaine écoulée a débouché sur deux principales conclusions, soit la nécessité d'une plus grande libéralisation du secteur des services et l'incompatibilité du projet visant à faire de Maurice une " Duty Free Island ", et l'appartenance à des blocs régionaux. L'OMC encourage Maurice, dont la délégation à Genève était dirigée par Anand Priye Neewoor, Secretary for Foreign Affairs, à renforcer son engagement dans la voie de la libéralisation économique car " continued reforms should allow the economy to grow about 4 percent a year in real terms in the medium term ".

La principale recommandation de l'OMC après ce troisième exercice est que les autorités doivent passer à la vitesse supérieure par rapport à la libéralisation du secteur des services, qui représente quelque 70 % de l'Economic Output. " Mauritius should modify its legal commitments in the services sector to reflect its more liberal regime. This is particularly the case for professional services, given Mauritius'increased use of imported labour and attempt to attract professionals, " rappelle l'OMC.

" Clarification was sought on the investment regime for foreigners in the tourism services ", souligne le président du panel dans ses Concluding Remarks. De ce fait, l'on constate que l'OMC pousse vers une plus grande ouverture du secteur des services touristiques.

Dressant une liste des contraintes et barrières à l'ouverture de ce créneau d'activités économiques, l'OMC note que " certain limitations have been maintained on market access and/or national treatment in the case of cross-border provision of tourism services and commercial presence. Foreign travel agencies, arranging for services in Mauritius, must work through an agent established in Mauritius. Foreign hotel and restaurant operators must be staffed predominantly by Mauritians. "

D'autre part, les Tour-Operating Services sont réservés à des investissements purement mauriciens même si une présence étrangère est possible avec le feu vert du Prime Minister's Office et du ministère du Tourisme. " Tourist guide services are restricted to Mauritian nationals while an exception is made for languages not officially spoken in Mauritius ", note le document de l'OMC disponible sur son Website.

Les autres restrictions identifiées par l'OMC sont les suivantes : participation étrangère restreinte dans des projets de restaurant d'au moins Rs 10 millions ou des projets hôteliers de moins de 100 chambres, dans les opérations de bateaux de plaisance, dans des agences de voyage, Tour Operator Services ou encore la location de voitures, sauf pour ceux engagés dans les Niche Markets.

L'OMC a relevé la contradiction entre les mesures envisagées pour faire de Maurice une " Duty Free Island " et son appartenance à des blocs économiques régionaux. Lors des discussions de Genève, cette question avait été soulevée avec pertinence.

" Mauritius considers its participation in regional agreements as a step towards building resilience for full integration into the world economy. Nevertheless, membership of various regional agreements, with differences in geographical coverage, trade liberalization agenda, provisions on rules of origin, and in goals (such as building a customs union) is difficult to manage. Furthermore, Mauritius'plans to become a duty-free island would be difficult to reconcile with its participation in these regional agreements ", souligne l'OMC.

En conclusion, le président de Third Policy Review affirme que " WTO members are appreciative of Mauritius trade reforms and of its active participation in the multilateral trading system. They urged Mauritius to pursue its reforms and take further steps to enhance the predictibility of its trade regime, mainly through the extension and improvement of its multilateral binding commitments on goods and services ".


La bouteille de rhum, avec moins d'alcool et de contenu, vendue au même prix !

Aux consommateurs bien avertis de leurs droits, certains producteurs ont intérêt à ne rien cacher. Surtout pas aux consommateurs de rhum qui remarquent toujours quand ils sont leurrés. Depuis deux mois, nombreux étaient des consommateurs du rhum de la marque Goodwill, produit par la firme New Goodwill Limited de Baie du Tombeau, sous un label exclusif, signalaient que leur boisson alcoolisée préférée avait perdu quelque peu de sa saveur au point où il leur fallait prendre une dose supplémentaire afin d'atteindre l'effet enivrant recherché. Et pour cause, le degré d'alcool du rhum a été ramené de 40 à 37° sans qu'aucune communication n'ait été faite à cet effet. Qu'à cela ne tienne, selon certains protestataires, ce n'était pas bien grave jusqu'ici. Ce qui, toutefois, a intrigué les connoisseurs, c'est qu'en sus de cette diminution de degré, la bouteille de rhum contient 50 millilitres de moins, soit l'équivalent d'une précieuse topette...

Effectivement, ceux qui se sont donnés la peine de vérifier le contenu de cette bouteille ont aussi remarquer qu'au lieu de 750 millilitres, elle ne contient plus maintenant que... 700 millilitres. En fait, nul besoin était de mesurer puisque c'était inscrit sur la bouteille elle-même. Or, cinquante millilitres, c'est beaucoup pour un buveur - nous ne parlons pas ici de soulards - et, le prix du produit est resté inchangé à Rs 86.50 l'unité. Les calculatrices se sont vite mises en branle pour conclure que si la distillerie concernée produit et met sur le marché environ 1 millions de bouteilles de rhum par an (vendus localement ou exportées) le profit ainsi réalisé se monterait à 50 millions de millilitres à la fin de l'année. En somme, un très joli pactole sous forme de windfall gains il est vrai reversés, en partie, à l'État sous forme de duties, mais néanmoins sur la tête des clients...

Interrogé, M. Ram Appanah, le directeur de ventes de la New Goodwill Limited, soutient que la réduction du degré d'alcool "fait suite à une requête du gouvernement qui s'est plaint que la consommation de l'alcool soit trop source de problèmes dans le pays". Pour ce qui a trait à la diminution de 50 millilitres par bouteille, selon M. Appanah, "New Goodwill Limited a du se conformer aux exigences des services des douanes qui refusent l'exportation de bouteille de 750 millilitres surtout vers l'Europe en conformité avec les normes en vigueur dans l'Union européenne". Pourquoi donc malgré les deux réductions pratiquées (degré et contenu), le prix de la bouteille soit resté le même et ce sans que les consommateurs en soit avertis. M. Appanah s'est lancé dans une longue tirade que l'on peut, finalement, résumer à ceci : "New Goodwill Limited ne réalise pas de gros profits et travaille pou gouvernma en alimentant les caisses de l'État. De plus, si cela ne dépendait que de la compagnie la bouteille de rhum devait coûter encore plus chère. Mais le prix a été gardé à 86.50 parce que l'on veut qu'il soit à la portée de tous".

Il n'y a pas à dire, le droit des consommateurs sont bien protégés dans ce pays et les consommateurs ne devraient, semble-t-il, que boire et se taire !


Secondaire privé

Pourquoi la grève n'aura pas lieu ?

La grève du 29, dans le secteur privé, n'a aucune raison d'avoir lieu. Le ministère de l'Éducation s'est retrouvé à la même table que l'UPSEE et la Fédération des managers des collèges privés respectivement pour relancer le dialogue. La grève annulée, les préparatifs non sans divergences ont entre-temps refroidi la relation entre les deux syndicats qui avaient pourtant décidé de se serrer les coudes.

La décision de la Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) d'annuler la grève annoncée pour mardi prochain et celle de la Fédération des Managers des Collèges Privée de ne plus envisager toute "action ferme" visant à "encourager le ministre de l'Éducation vers la démission", ne peuvent que soulager les parents. Les deux syndicats ont pendant plusieurs semaines tenu la population en suspens en brandissant une mobilisation qui paralyserait le secteur du secondaire privé en ce début de deuxième trimestre. Au final, tout… ou presque est rentré dans l'ordre. Entre le ministère de l'Éducation et les deux syndicats, le dialogue a été relancé à la table de négociation. Des accords ont été signés. Des engagements ont été pris. Car, il ne faut pas oublier que si les deux syndicats souhaitaient le départ du ministre Gokhool, en revanche, ils défendaient des causes différentes. Et si à mercredi dernier, l'UPSEE et la Fédération des managers du privé, donnaient encore l'impression d'être des partenaires soudés, décidés à aller ensemble sur le front, aujourd'hui le ton entre les deux parties s'est durci. Chacun a réglé ses problèmes respectifs de son côté. Des reproches fusent. L'UPSEE déplore la démarche tâtonnante de la fédération à la dernière minute. Et celle-ci - rétorque son président à notre confrère Le Mauricien - en maintenant qu'aucune promesse n'avait été faite quant à l'entrée des collèges confessionnels catholiques dans la grève du 29. Au milieu de ce désaccord, la Secondary & Prepatory School Teachers and other Staff Union (SPSTSU). En effet, si la fédération regrette que ce syndicat l'a "fait faux bond", l'UPSEE regrette le "flou qu'il laissait planer" sur sa participation durant les préparatifs de la grève. Indéniablement, partenaire de poids, la SPSTSU, par la voix de sa présidente, Lysie Ribot, déplore la position des deux syndicats à son égard. "La déclaration de la fédération, se passe de commentaires. Si nous n'étions pas dans le domaine de l'éducation, le secteur le plus sérieux de la vie, nous serions tentés de rigoler. Quant à l'UPSEE, je ne sais pas à quel moment elle a compris que nous allions entrer en grève. Nous n'avions jamais eu de contact", déclare Lysie Ribot. De plus, comme elle le précise, la SPSTSU pouvait difficilement s'engager dans une grève, puisque le syndicat n'avait pas déclaré litige.

Fédération des managers du privé :

"Plus de flexibilité dans notre ton"

"Nous avons, en effet, démontré plus de flexibilité dans notre ton parce qu'il y a eu une intention du ministère de nous écouter", nous déclare Haris Bachwa, porte-parole de la fédération. Peu avant les vacances de Pâques, la fédération qui rencontrait la presse, laissait éclater sa colère. Sans langue de bois, elle hausse le ton. Et arguments à l'appui, ses membres exécutifs réclament la démission de Dharam Gokhool. Ils lui accordent même un "délai moral", faute de quoi des "actions fermes" seront entreprises pour le pousser vers la porte de sortie. La fédération avait alors annoncé d'importantes mobilisations. Un éventuel lock-out avait été évoqué à la rentrée du deuxième trimestre. Cependant, il nous revient que des divergences d'opinion autour de la mobilisation du côté des managers ont ralenti la mise en chantier des stratégies en vue. Qui plus est, la participation de l'UPSEE, laquelle affirme avoir été contactée par la fédération, ne fait pas l'unanimité auprès des recteurs des collèges. Entre-temps, l'UPSEE qui déclare la guerre au ministère de l'Éducation, sur le redéploiement des employés des trois collèges privés fermés cette année, maintient son intention de grève et réaffirme avoir déclaré litige au ministère. Toutefois, la quasi totalité des employés de ces collèges redéployés, l'UPSEE, avance son président Yahya Paraouty, était décidée à "foncer coûte que coûte dans une grève avec le soutien de la fédération et la SPSTSU, après la réponse parlementaire du ministre Gokhool à l'effet qu'il n'y aurait aucun redéploiement en cas de fermeture".

UPSEE : "Fédération manager pé plis ankoler avek minister. Zot pé plis anvi sa lagrev la"

Durant les vacances scolaires, la fédération qui ne dévoile toujours pas ses batteries à la presse, affirme cependant, préparer la mobilisation de la rentrée. "C'est vrai ! La fédération consultait les associations de parents et organisait des réunions dans ses collèges", soutient Yahya Paraouty, qui était en contact quasi permanent avec ses partenaires. Il confirme qu'avec "la garantie de la participation des collèges catholique, donnée par Serge Ng Tat Chung", l'UPSEE se sentait en confiance. Puis, tandis que l'UPSEE continue sa campagne médiatique, la fédération garde ses distances et se fait discrète sur le sujet. Elle annonce qu'elle préfère soutenir l'UPSEE dans sa grève, sans pour autant définir la forme du support qu'elle lui accorderait. La fédération avait-elle envisagé des scenarii ? A cette question Haris Bachwa répond, "nous pensions faire un lock out, si la grève ne donnait pas les résultats escomptés". Il est aussi dit que la fédération, comptait, en parallèle, avec la grève, organiser un floating holiday et une mobilisation dans la rue. Mais la collaboration entre les managers et le syndicat allait prendre une autre tournure en milieu de semaine. Mercredi alors que dans sa conférence de presse l'UPSEE déclare : Fédération manager pé plis ankoler avek minister. Zot pé plis anvi sa lagrev la", la fédération des managers devait, toujours selon Yahya Paraouty, couper momentanément toute communication avec lui. "Un fax du ministère de l'Éducation, adressé à la fédération est parvenu à l'UPSEE par inadvertance, dans l'après-midi de jeudi. J'ai essayé d'entrer en contact avec M. Ng Tat Chung en vain. Entre-temps, le ministère nous a convoqués. Lorsque M. Ng Tat Chung m'a appelé à 20h30 pour m'informer qu'il avait reçu le fax du ministère, je lui ai mis au courant que l'UPSEE rencontrait le PS du ministère. Le ministère avait déjà préparé l'accord et nous n'avions pas d'autre choix que de faire preuve de responsabilité en le signant", déclare le président de l'UPSEE. Cet accord se porte sur trois points : le respect de l'accord de 1983 et 2000 sur la sécurité d'emploi, la nomination d'un comité comprenant le syndicat, la PSSA et l'Éducation pour planifier les fermetures de collège et le fonctionnement de la PSSA. À jeudi soir, les requêtes de l'UPSEE, étant accédées par le ministère, la grève ne tenait plus… Vendredi matin, c'était au tour de la fédération de rencontrer le Permanent Secretary, M. Ragan, de l'Éducation. "Les négociations sont rouvertes !", déclare satisfait Haris Bachwa. Au ministère, des promesses ont été formulées. "Nos revendications seront toutes revues et le ministère nous a promis de nous donner les premiers résultats au 30 avril", ajoute-t-il. La fédération n'a donc aucune raison de hausser le ton !


L'UPSEE réclame le départ du PAS de l'Éducation

Lors de son assemblée générale, hier, l'UPSEE a adopté une motion votée à l'unanimité par ses membres. Le syndicat réclame la révocation du PAS, Rangan, du ministère de l'Éducation. "Ce dernier a induit le ministre de l'Éducation en erreur avec cette réponse parlementaire à l'effet que les employés des collèges privés ne seront plus déployés en cas de fermeture. Il est à l'origine de plusieurs cafouillages", déclare Yahya Paraouty, président de l'UPSEE. Une lettre dans ce sens, sera soumise au ministre de tutelle, Dharam Gokhool, demain matin.


GTU : mobilisation des enseignants le 1er mai

La Government Teachers' Union (GTU), qui conteste toujours les critères combinés sélection et ancienneté pour la promotion des enseignants au poste de Deputy Head Teachers, préconisé par le PRB, sera présente à la marche syndicale du 1er mai. Le syndicat des enseignants demande à ces derniers de se joindre à la plate-forme pour faire entendre leur voix. La marche débutera à St-Jean à partir de 9h30 pour converger vers Belle-Rose.


Page d'histoire

Sir John Pope Hennessy, un progressiste ami de l'île Maurice

Le 23 décembre 1908 (soit cent ans cette année), selon le journal Le Progrès Colonial d'Elmour Hitié, a lieu une grande manifestation populaire et anti-oligarques lors du dévoilement, à la Place d'Armes, de la Statue de l'ancien gouverneur britannique, Sir John Pope Hennessy. Plusieurs députés de l'époque, dont Sir Henry Leclézio se font huer par la foule. Les meneurs ont distribué à l'assistance des centaines de petits pamphlets flétrissant les Oligarques dans leur tentative de glorifier le libéralisme de Sir Pope alors même qu'ils laissent la population mourir de faim en refusant l'envoi par l'Angleterre d'une commission pour enquêter sur la gestion des affaires du pays.

Le pamphlet pose la question à la population mauricienne : "Allons-nous assister impassibles à cette comédie lamentable ? Ce n'est pas aux membres de l'Oligarchie et à leurs défenseurs à venir ériger une statue à l'homme (Pope Hennessy) qui nous accorda notre commencement de liberté politique. Ce n'est point aux membres de la législature, qui, après avoir voté contre l'enquête que la population désire, vont, avant la fin de la journée, voter une loi inique jusqu'à dénoncer les turpitudes et de crier notre souffrance... Le mot a dans leur bouche quelque chose de cynique et de révoltant et nous n'accepterons pas que l'on se moque de nous. Que les applaudissements nourris récompensent Laurent, Duclos et Gébert de leur fière attitude, mais accueillons les autres comme ils le méritent. Qu'ils comprennent enfin, aujourd'hui, que la vase est pleine et qu'ils feraient mieux de se retirer avant qu'il déborde. Qu'à leur vue, de toutes nos poitrine nous crions : Démission ! et que le représentant du roi n'entende aujourd'hui qu'une seule phrase : Nouvelles Elections !"

Le Progrès Colonial souligne que "celui qui distribuait ces bouts de papiers a été arrêté et conduit à la police. Un instant après, sur l'instigation du fils d'un député et sur l'ordre d'un conseiller municipal, M.E. de Rosnay, M. Mérandon, le docteur Guibert et plusieurs autres personnes ont été arrêtés et conduits en prison. Ils manifestaient, mais pas contre l'inauguration de la statue de Sir John. Ils accomplissaient un devoir, celui d'hommes libres et indépendants, indignés de la comédie qui se jouait. Au moment où nous écrivons - 3 h - ces messieurs n'ont pas été relâchés".

Toujours selon le Progrès Colonial, "il paraît que le gouvernement donne une importance exagérée à la manifestation. Sur un ordre du chef du pays (le Gouverneur), deux bataillons composés chacun de 50 hommes, sont descendus de Vacoas et ont ordre de se tenir prêts en cas d'éventualité. Voilà où nous en sommes avec le système de tyrannie qui nous opprime !"

En fait, la guerre pacifique menée par René Mérandon et autres au nom du gouverneur Hennessy contre les Oligarques mais qui débouchera trois ans plus tard sur des affrontements violents à Port-Louis et à Curepipe est une manifestation contre l'hypocrisie dont font preuve Sir Henry Leclézio et ses pairs parce que les manifestants ne sont pas prêts d'oublier les mille misères que les Oligarques avait fait subir à Hennessy durant son mandat de 1984 à 1887. D'ailleurs, ces Oligarques, alliés à des officiels Anglais également opposés à Sir Pope allaient revenir à la charge pour obtenir sa suspension en 1886 grâce à un commissaire, Sir Hercules Anderson, qui produisit contre lui un rapport d'enquête tout à fait injuste. Effectivement, trop pressé à prendre un bateau qui devait l'emmener à Cape Town, ce commissaire Anderson procéda de manière expéditive en recommandant au Bureau Colonial de Londres de se débarrasser de John Pope Hennessy. Sans donner à ce dernier le temps nécessaire pour qu'il soumette sa défense contre des accusations graves portées contre lui. Les manifestants de la Place d'Armes, parmi lesquels se retrouvèrent Eugène Laurent et Duclos, fondateur plus tard de l'Action Libérale, dont l'engagement combiné à celui de Manilall Doctor, donna lieu à l'émancipation des petits planteurs et des classes pauvres et moyennes, s'étaient, en plus souvenu que, entre 1884 à 1886, Pope Hennessy eut à livrer bataille à ces mêmes gros bourgeois qui s'opposèrent au Cens démocratique que réclamait Onésipho Beaugeard et qui introduisit un tant soit peu de démocratie dans le système électoral en vigueur dans la colonie. On comprendra, à partir de cette succession d'événements de l'époque pourquoi s'il est un gouverneur britannique qui soit définitivement entré dans le cœur des Mauriciens, c'est bien Pope Hennessy !

L'œuvre de Pope Hennessy

Irlandais sensible à l'injustice et catholique romain, Pope Hennessy devint gouverneur de colonies à partir de 1867 à l'âge de 33 ans seulement après avoir été longtemps député conservateur à la Chambre des Communes où il s'était distingué par la qualité de ses discours. Il servit d'abord notamment à La Jamaïque, aux îles Barbabe et à Hong-Kong. Dans toutes ces colonies qu'il avait administrées - Maurice n'en sera que la sixième - Pope Hennessy avait causé une véritable révolution en s'attirant, bien entendu, l'hostilité de cliques d'officiels britanniques bien installées dans leurs privilèges. A Hong-Kong particulièrement il força, contre vents et marées, la reconnaissance du fait qu'on devrait traiter les Chinois comme des sujets britanniques à part entière. Cette position lui valut ainsi toute la reconnaissance de l'Aborigines Protection Society de cette colonie britannique du Sud-Est asiatique.

Aussitôt débarqué à Maurice où sa réputation l'avait précédé, Pope Hennessy s'attira tout naturellement la sympathie des résidents de notre pays eux-mêmes en lutte pour de nouveaux droits civiques. Les gens de toutes classes et races l'accueillent lorsqu'il descend de son bateau. Douze jours plus tard, il donne aux Mauriciens des raisons d'être enthousiastes et lors d'un banquet à la Municipalité de Port Louis, il ose comparer l'île Maurice au Canada où les sujets de sa Majesté bénéficiaient déjà d'une certaine autonomie de gestion de leurs propres affaires. Passant de la parole aux actes, Pope Hennessy obtint d'abord du secrétaire d'Etat à la colonie, Lord Derby, qu'il fasse un geste de justice et de réconciliation politique envers la colonie mauricienne en nommant Eugène Leclézio comme Chef juge. Puis, toujours sur ses recommandations, il poussa Lord Derby à prendre d'autres mesures en faveur du progrès de la colonie ; abolition des taxes sur les petites industries, dépenses additionnelles d'un million de roupies en faveur de la reforestation de l'île avec pour but d'améliorer la santé publique et d'assister les classes pauvres qui en dépendaient, la mise en place d'adductions d'eau à partir de la Mare-aux -Vacoas pour booster les industries et fournir l'eau potable à plus de 50 000 familles, une avance lourde de 600 000 roupies pour aider à payer les frais de l'importation dans le pays de travailleurs engagés de l'Inde dont avaient grand besoin les sucriers et autres planteurs locaux.

Victime d'injustice lui-même

Mais tout comptes faits, ces mesures précitées ne furent que menus détails de tout le progressisme dont le gouverneur John Pope Hennessy fit preuve durant son mandat. Reste encore à conter son énorme contribution à doter l'île Maurice d'une Constitution démocratique semblable à celle qu'il imposa, au péril de sa vie, à La Jamaïque. Avant son arrivée à Maurice, la colonie avait vécu pendant plus de soixante-dix ans sous un régime que Sir Virgil Naz devait qualifier de "despotique". Durant cette longue période, la grande majorité des classes locales éduquées avaient adressé en vain des pétitions au roi britannique pour réclamer une participation directe dans le gouvernement du pays. En quatorze mois d'administration seulement, en prenant partie pour les pétitionnaires dont Beaugeard, Virgil Naz et William Newton et le peuple Mauricien, le gouverneur parvint à obtenir que le Conseil Législatif soit composé de moitié de membres officiels nommés (des Britanniques) et moitié de membres inofficiels, dont six, des Mauriciens capables, seront élus. Cet exploit de Pope Hennessy fut loué dans les termes suivants, et sous un tonnerre d'applaudissements, par Sir Virgil Naz lors d'un célèbre banquet donné au Collège Royal et auxquels souscrivirent plus de 600 Mauriciens de toutes origines ethniques confondues :

"Loyal subjects of the Empire, Mauritians will at last enjoy that constitutional liberty which belongs to them by right af birth and which has long been denied to them. By virtue of the axiom that political power belongs, in the last resort, to those who hold the strings of the public purse, they will have hereafter a direct and preponderating voice in the affairs of their country". Selon Sir Virgil Naz, sans diminuer les mérites des propres fils du sol mauricien qui avaient contribué à cette avancée démocratique, il fallait reconnaître que cette grande victoire avait été le fait de la volonté personnelle de Sir John Pope Hennessy.

Malgré cette contribution de Hennessy, cela n'empêchera pas des privilégiés Mauriciens de s'encanailler avec des officiels britanniques qui lui étaient franchement hostiles pour le faire suspendre de ses fonctions en 1886. La condamnation prononcée par Sir Robinson fut qualifiée de "acte of unparalleled injustice" par Sir William Newton, en sa qualité d'avocat, de Président de la Chambre d'Agriculture et de délégué de la colonie, dans un plaidoyer publié en 1887 sous le titre : "The Truth about Sir John Pope Hennessy's Case and the present position of affairs in Mauritius".


Portrait

Raida Peer Mohamed, future politicienne

Je vous propose cette semaine de faire la connaissance d'une jeune londonienne pas comme les autres. Une jeune fille qui a des idées bien arrêtées et de solides convictions. Courant sur ses quinze ans, Raida Peer Mohamed est née à Londres de parents mauriciens. Son père, Muslim, a été pendant des années un activiste politique avant d'être nommé chauffeur du haut commissaire de Maurice à Londres. C'est dans une famille où on ne parlait et ne vivait que de ce qui se passait au niveau politique à Maurice que Raida a été élevée. C'est ce qui explique sans doute son attachement à Maurice et son engagement contre le projet de l'incinérateur aux pieds de la montagne du Corps-de-Garde. Sa montagne a elle.

La pièce où la famille Peer Mohamed a vécu à Londres a été pendant longtemps le lieu de rendez-vous des Mauriciens "venus tenter leur chance" ou faire des études universitaires à Londres. "J'ai été élevée dans une ambiance de discussions passionnées qui finissaient toujours par des bagarres et de grandes réconciliations. Certains de ceux qui venaient chez nous, surtout les étudiants, sont aujourd'hui entrés en politiques, sont membres du Parlement mauricien, mais certains ont fait le contraire de ce qu'ils disaient, quand ils étaient étudiants, et défendent aujourd'hui des idées et des partis qu'ils ne supportaient pas autrefois. "Dad call that political evolution in the mauritian way with a sad smile." En sus de cet environnement, Raida est venue très souvent passer ses vacances à Maurice ce qui a établi des liens très forts avec l'île natale et plus particulièrement la montagne du Corps-de-Garde, qu'elle appelle sa montagne. Elle suit à travers des conversations téléphoniques et des incursions régulières sur internet l'actualité mauricienne. Raida est par ailleurs très concernée par la protection de l'environnement et se dit choquée par ce qui se passe à ce niveau à Maurice. "On détruit trop facilement ici les historical places qui sont à l'inverse soigneusement préservées en Angleterre et font l'objet non seulement de protection, mais d'une politique d'information qui permet à chacun de comprendre l'histoire du lieu ou du bâtiment, son importance et les raisons pour lesquelles il doit être préservé et protégé. Ici, il y a peu d'informations sur l'histoire d'un lieu ou d'un bâtiment qui sont en train de diminuer. Je crois que la préservation des sites historiques et une bonne information sur la question pourraient être un atout touristique, comme c'est le cas dans tous les pays européens et plus particulièrement à Londres. A l'école, on nous fait faire régulièrement des visites de bâtiments historiques et de musées pour nous inculquer cette culture de la préservation. Je trouve que cela manque à Maurice." Raida a fait lors de ses dernières vacances qui viennent de se terminer une autre découverte qui l'a bouleversée. "Je vis toujours à Camp Levieux, au pied de la montagne du Corps-de-Garde, dans la maison familiale quand je viens en vacances. Je considère que cette montagne m'appartient, comme elle appartient à tous les Mauriciens. J'ai été choquée d'apprendre qu'on était en train de préparer un grand projet d'incinérateur avec l'utilisation de la dioxine à la Chaumière qui se trouve sous la montagne du Corps-de-Garde... Je suis environment friendly et j'avais déjà entendu ce nom (dioxine) quelque part. J'en ai fait une recherche sur internet. J'ai appris que la dioxine avait été utilisée comme arme pendant la guerre au Vietnam. J'ai découvert que ce produit est en fait composé de plusieurs produits chimiques dont l'usage peut être dangereux pour l'environnement et l'être humain. Si ce projet va de l'avant, Rose-Hill pou demolished dans peu de temps. Les vapeurs des radiations des produits chimiques vont recouvrir la montagne et modifier le climat autour de la montagne et affecter non seulement les habitants, mais également les plantations, les élevages d'animaux et les eaux du réservoir de la Ferme qui alimentent toute la région. La vie de cette région et du pays sera affectée negatively for ever. Il faut que les gens se mobilisent contre ce projet. Il faut leur dire les dangers qui les menacent. Il faut inclure les communautés qui vivent autour des endroits où on veut créer de grands projets de développement. Ils faut qu'ils aient leur mot à dire au lieu d'avoir juste à subir."

"Si ce projet va de l'avant Rose-Hill pou demolished dans peu de temps"

Raida n'a-t-elle pas le sentiment de crier dans le désert alors que les jeunes Mauriciens ne semblent pas affectés par le projet ? "Les jeunes Mauriciens ne sont pas informés. Le système d'éducation ne les pousse pas à s'intéresser à ces questions-là. Ils sont tellement occupés à prendre des leçons qu'ils n'ont pas le temps de s'occuper des ces questions. Ce n'est pas l'envie qui leur manque, mais le temps d'étude est organisé de telle manière qu'ils n'ont pas le temps. J'ai la chance de vivre dans un système où la question de la préservation de l'environnement est très importante. Elle est même vitale pour notre avenir. En Angleterre, depuis la petite école, on nous parle de l'environnement, de la nécessité de sa préservation pour une vie meilleure pour tous, pour le devenir de l'humanité. J'ai appris qu'on a pu faire changer des choses, que de grands mouvements sont nés parce que quelqu'un quelque part a commencé à poser des questions et à prendre des initiatives. Je pense que si les jeunes Mauriciens étaient bien informés sur le projet de la montagne du Corps-de-Garde, ils réagiraient comme moi. Ils veulent eux aussi vivre dans un monde sans risques et sans dangers causés par des produits chimiques. Mais ils ne sont pas informés." Pour mener le combat contre le projet, Raida a mis au point un plan commencé ici et qu'elle va développer à Londres où elle est rentrée cette semaine pour reprendre l'école. "Je suis sûr que les étudiants de ma classe à Londres vont réagir tout de suite quand ils seront informés de ce qui se prépare ici. C'est pour cette raison que j'ai commencé à faire un dossier sur le projet de la montagne du Corps-de-Garde. Ce dossier comprend tous les aspects du projet et souligne ses points noirs, dont la menace que représente la dioxine. Je vais présenter ce projet à ma classe, puis je vais demander aux élèves qui seront intéressés à me donner un coup de main pour faire un dossier complet, ensuite je vais demander l'autorisation à l'école d'exposer le dossier dans le hall afin de conscientiser tous les élèves du projet et leur demander de parler de la menace qui pèse sur le Corps-de-Garde à Maurice. Après, on va mettre le dossier sur internet pour alerter le maximum de personnes possibles. Il faut que les autorités veillent à ce que les décisions prises aujourd'hui ne se retournent pas demain contre le pays, surtout dans le domaine de l'énergie et de la préservation de l'environnement. On ne peut pas laisser installer à Maurice une usine qui va utiliser de la dioxine. By himself the name dioxine means killer." Est-ce que Raida pense réellement que des investisseurs et des décideurs politiques vont se laisser influencer par un dossier préparé par une étudiante de Londres ? "Je sais que tout cela doit vous paraître idealistic un peu childish même. Mais si je ne rêve pas de manière idealistic aujourd'hui quand est-ce que je vais le faire ? Si des investisseurs américains sont disposés à mettre de l'argent dans un projet avec de la dioxine, ce qu'ils ne font pas dans leur pays, ils peuvent tout aussi bien mettre cet argent dans un projet d'énergie solaire. Si les gens s'organisent, on peut faire reculer les investisseurs. Ca s'est déjà passé ailleurs dans le monde."

"Je me sens plus safe, plus at home ici qu'à Londres"

Qu'est-ce qui pousse une teenager de bientôt quinze ans qui normalement devrait s'intéresser à ce que fait le prince Harry, ce que dit et fait Britney Spears ou chante le groupe Tokio Hotel, à aller sur internet passer des heures pour étudier les effets de la dioxine sur l'environnement ? "Le fait que je veux vivre dans un monde safe. On dit que je suis une petite vieille pour me chicaner quand je commence à discuter de ce dossier. Mais s'intéresser à la défense de l'environnement ne veut pas dire qu'on est coupé de la vie. Cela ne veut pas dire que je n'aime pas sortir avec mes amis, aller au cinéma, écouter de la musique, faire du sport. Mais s'amuser comme les filles de mon âge n'empêche pas de s'intéresser à des questions importantes qui concernent l'avenir du monde et de mon pays." Un pays natal où Raida a bien l'intention de venir vivre après ses études. "Malgré ce que j'entends dire autour de moi, quand je suis à Maurice, sur la violence, je me sens plus safe, plus at home ici qu'à Londres. Maurice est beaucoup plus hospitalière que Londres même si on vit matériellement mieux, avec beaucoup plus de facilités. Ici tout est plus petit, mais plus humain. Et ensuite il y a le soleil. Vous ne pouvez pas comprendre ce que représente le soleil et le beau temps pour une personne qui vit en Angleterre. C'est pour ces raisons que j'ai l'intention de revenir à Maurice après mes études. J'aimerais étudier la loi pour devenir une avocate spécialisée dans les questions ayant trait à l'environnement avant de venir m'installer à Maurice." Elle à l'intention de faire de… la politique active "quand j'aurais 25 ans et suffisamment d'expérience." Pour quelle raison ? "Je crois que la politique permet de contribuer à la bonne marche du pays. Il est trop facile de laisser cette responsabilité au gouvernement et aux politiciens et de se contenter de critiquer de loin." Sait-elle le nombre d'obstacles à surmonter à Maurice pour faire de la politique quand on est femme et de surcroît musulmane ? "On me dit tout ça tout de suite quand je parle de mon intention de faire de la politique. Mais j'espère bien que dans dix ans les choses auront changées sur toutes ces questions et que les mentalités auront évoluées." En parlant d'évolution, les convictions de Raida concernant le retour à Maurice peuvent également évoluer avec le temps." Je ne le crois pas. Depuis que je suis née, je préfère Maurice à l'Angleterre et ça n'a pas changé. Au contraire, au fur et à mesure que je grandis ce désir augmente, devient plus fort." Et le mot de la fin ? "J'espère que mon appel ici sera entendu et que d'autres jeunes vont s'intéresser à ce qu'on veut faire de la montagne Corps-de-Garde et feront circuler l'information. Si le projet aboutit malgré tout, ce n'est pas seulement la Chaumière et Rose-Hill qui seront affectées mais l'ensemble de l'île Maurice."


La prestigieuse Porsche à Maurice

Dans la soirée de mercredi dernier, au Centre de Conférence International Swami Vivekananda, au Domaine Les Pailles, le Groupe ABC a présenté des voitures Porsche, fabriquées à Stuttgart, en Allemagne. La société ABC ajoute ainsi cette prestigieuse marque de voiture à sa liste des autres marques qu'elle représente à l'île Maurice.

C'est devant le Président de la République, sir Anerood Jugnauth, Lady Jugnauth, le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, son épouse Veena et d'autres personnalités politiques et du monde des affaires que les membres de la famille Ah-Chuen, directeurs de la société ABC, ont dévoilé aux invités les nouvelles voitures. Le Groupe ABC assurera aux éventuels acquéreurs tous les services offerts par Porsche, en Allemagne. Un personnel qualifié est déjà prêt pour donner satisfaction aux clients. Les invités ont pu assister à une projection sur la voiture allemande suivie d'un spectacle de danse. Parmi les invités de la société ABC, étaient présents M. Abdul Cadjee et son fils Hassen, le premier nommé est le directeur du Centre Porsche de l'île de la Réunion et responsable du Pole Porsche dans la région océan Indien, qui comprend Madagascar et Maurice.

Les Cadjee ont déclaré qu'il n'y a pas moins de 300 voitures de la marque Porsche qui sillonnent les routes à l'île sœur.

C'est dans les années 30 que Ferdinand Porsche, un apprenti plombier, devenu ingénieur, a fabriqué la première Porsche. Cette marque depuis, n'a connu que croissance et récompenses mondiales dans le domaine de l'automobile.


SHIVAJI & MAHARASHTRA DAY 2008

Shivaji : une figure historique et héroïque

( En marge du 48e anniversaire de la création de l'Etat indien du Maharashtra qui est sera célébré le 1er mai, Maratha Force, une organisation socioculturelle marathie, dont le siège est à Palma, rappelle l'importance de cet événement et fait le récit d'une figure historique et héroïque, Shivaji, qui a combattu, dès le 17e siècle pour la liberté et l'intégrité du peuple marathi.)

The Maratha Force highlights the importance of the annual celebration of the Shivaji & Maharashtra day for the Marathi community of Mauritius, hoping that it will help to develop a better understanding of the reasons for this yearly celebration on 1st May and the 48th anniversary of the existence of the Maharashtra State and of Shivaji day by the Marathi community.

Shivaji, was born on 19 feb 1627 at Fort Shivneri, in Maharashtra at the time when the Moghul emperors were trying to conquer the independent Mohameddan kingdoms of the Deccan. He was the son of a maratha chieftain , Shahji Bhosle, who had married Jijabai, a lady superior rank to him .Like many Maratha nobles, Shahji Bhosle had taken service in the Muslim Kingdom of Bijapur. Being away for the war, he left the training of his son to his wife .Jijabai was a very capable and strong-minded woman, and was the most powerful influence in Shivaji's life. Proud, bigoted and deeply religious, she brought up her son as a strictly orthodox Hindu. He early learnt to hate Moghuls as national and religious enemies, to reverence the Hindu religion and the Brahmins, and to glory in the legends and traditions of his Maratha forefathers.

Determined to free his land and people

When he grew up, he determined to free his land and people from the oppression of the Muhammadan kingdom of Bijapur, which at time was weakened by wars with the Moghuls.

With his devoted followers the Mawles, or Maratha highlanders, he captured forts and annexed territory, until he established himself in the impregnable fortress of Pratap Gad. At last, in 1659, Bijapur sent a powerful army under Afzal khan to crush rebel:but Afzal Khan was slain and the army routed.

Shivaji was intelligent and to establish his position firmly, he visited the Moghul Emperor at Delhi to secure his protection. Aurangzeb, however, was suspicious and kept him a prisoner until Shivaji escaped by a clever trick. Thenceforward he became the avowed enemy of the Moghuls and by successful campaigns he finally established his independence and was crowned king at Raigad in 1674.

Shivaji, a national hero for Marathis worldwide

For the Marathis worldwide, Shivaji may be regarded as a national hero because, by his genius courage and enthusiastic leadership, he welded the Marathas into a nation (Maharashtra) and then gave an independent national existence.

Shivaji has been a source of inspiration and pride and will continue to inspire future generations.

On that occasion, the Maratha Force wish all brothers and sisters of the Marathi community a happy Maharashtra and Shivaji day.


Obituaire

Sir R. Ghurburrun, ancien vice-président de la République, est décédé

Sir Rabindranath Ghurburrun, l'ancien vice-Président de la République de 1992 à 1997 est décédé, lundi dernier, à Paris (France) où il était en traitement pour des complications cardiaques. Ses funérailles ont eu lieu, vendredi, dans son village natal de St. Julien, Flacq, en présence du Président de la République, Sir Anerood Jugnauth et son épouse, du Premier ministre, Navin Ramgoolam, du leader de l'opposition Paul Bérenger, des anciens présidents de la République Cassam Uteem et Karl Offmann, de l'ancien Vice-Président Raouf Bundhun, des ministres et parlementaires auxquels s'étaient joints de nombreux proches et amis.

M. Rabindranath Ghurburrun, qui aurait eu 80 ans en septembre prochain, plus connu sous le prénom de Robin, a eu un engagement d'homme publique très réussi. Après avoir fréquenté l'école primaire gouvernementale de St. Julien, il poursuivit ses études secondaires au Collège New Eton. Il intégra ensuite le Keble College, à Oxford (Angleterre) pour suivre des études en administrations publiques avant de finalement s'orienter vers le Droit. Il obtint son diplôme d'avocat au Middle Temple et pratiqua au barreau mauricien de 1959 à 1968.

Fervent militant du Parti travailliste, dont il fut un des conseillers juridiques, à l'accession du pays à l'Indépendance, Robin Ghurburrun se vit récompensé en devenant le premier haut-commissaire mauricien à New Delhi. Il resta à ce poste jusqu'en avril 1976. Il rentra, ensuite, au pays pour occuper le poste d'Attorney General temporairement tout en travaillant politiquement le terrain à Triolet-Pamplemousses. Aux élections générales du 20 décembre de la même année, sa cohabitation aux côtés de SSR fut déterminante dans la circonscription, principalement due au fait de sa grande influence auprès de certaines sociétés socioculturelles. Élu en deuxième position, il devint ministre du Plan et du développement économique. Ce qui l'amena à coprésider des commissions mixtes franco- mauricienne et indo-mauricienne. Il fut fait chevalier par la reine d'Angleterre en 1981. Sir Ghurburrun mit fin à sa carrière politique après la débâcle travailliste de 1982 (premières élections 60-0). Après cette période, il ne cacha pas une certaine amertume envers le Parti travailliste dont il fut écarté de la direction tout comme l'avait été ses contemporains à l'instar de Sir Harold Walter. C'est ainsi que son rapprochement avec Sir Anerood Jugnauth lui ouvrit les portes de la vice-

présidence après la proclamation de la République en 1992. Mais cela ne n'empêcha pas Sir Robin de donner un coup de main à son fils Sanjeev dans la tentative ratée de ce dernier de faire également une percée politique, en tant que candidat travailliste à Triolet-Pamplemousses aux élections générales de l'an 2000.

Sir Robin laisse le souvenir d'un homme cultivé et affable comme en témoigne volontiers Cassam Uteem qui affirme avoir eu le plaisir de l'avoir comme suppléant au Château du Réduit. A ses proches, Week-End présentes ses sympathies.


OBITUAIRE

Nari Dastur, tel que je l'ai connu

Avec Air India comme 5e actionnaire, après le Gouvernement Mauricien, Rogers, Air France et BOAC, commence la belle histoire entre Nari Dastur et l'île Maurice.

Sir Seewoosagur Ramgoolam avait cru en Amédée Maingard, comme Indira Gandhi avait cru en Nari Dastur. Tous deux ont bravé tous les obstacles et sont arrivés à obtenir la bénédiction de ces deux personnalités.

Nari Dastur a été longtemps aux commandes d'Air Mauritius en Europe. Il a jeté les jalons d'une base solide de notre compagnie aérienne et a toujours veillé sur elle. Il voulait qu'elle aille loin, encore plus loin, toujours plus loin…

Sa famille a été très courageuse. Elle est restée aux côtés de M. Dastur comme toujours, depuis le début de sa maladie en février et nous nous disions qu'il s'en tirerait. Mais cette fois, il nous préparait sa sortie.

Nari Dastur a écouté ses morceaux préférés lui faisant revivre les belles années passées auprès de Kathy, son épouse. Quand sa fille, Gulserene (GS) lui lisait les messages des amis qui pensaient et priaient pour lui, il acquiesçait par un signe de la main.

Quelques amis et moi n'avons cesse de dire qu'avec le départ de Nari Dastur, c'est une page de l'histoire qui est tournée.

Généreux, à l'aise avec tous, petits et grands, Nari Dastur ne manquait jamais une occasion de rencontrer des amis lors de leurs passages à Genève et, comme toujours, il prenait plaisir de faire, une petite promenade mais, ces dernières années, ses pas se ralentissaient.

Nombreux sont ceux qui l'auront côtoyé dans le temps où il a été Directeur Général d'Air Mauritius pour l'Europe. Sa porte était ouverte à tous, il était d'une simplicité inouïe. Jamais avare de ses conseils qu'il prodiguait à tout un chacun. Toujours présent au pied de l'avion pour accueillir des personnalités mauriciennes. A Maurice, les employés de MK retiennent sa simplicité et sa gentillesse.

Il avait une fille unique, GS, qu'il adorait, mais à ses yeux nous étions tous ses enfants…

Nalanda, à qui il a donné le goût de la photographie, Nalini l'espoir de lutter, Priyanka, la joie de ses premiers pas et ses premiers écrits et bien d'autres.

Il y a 3 semaines, de passage à Paris, je feuilletais le dernier No. de Islander No 51, Avril - Juin 2008 et je montrais à des proposés de MK au sol à Roissy, la photo ci-jointe en leur disant que je ferai parvenir ce numéro à GS pour montrer à son père, car il est le seul qui soit encore en vie sur cette photo, entouré de tant de personnalités… Il aurait pu nous conter une si belle histoire, mais je suis sûre qu'il nous la réserve dans l'au-delà.

Depuis samedi 12 avril, Nari Dastur repose sur une colline fleurie dans une petite tour appelée la Tour du Silence,

C'est tout lui, la simplicité, la beauté et le calme.

Fatima Chuttoo