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Transport public-À partir du 12 mai
Le ticket d'autobus coûtera plus cher !
Le ticket d'autobus coûtera plus cher à partir du
lundi 12 mai. Le plus court trajet accusera ainsi une hausse de
Rs 2 alors que le plus long devrait coûter jusqu'à
Rs 4 plus cher. Cette décision a été entérinée
par le gouvernement après avoir tenu compte des représentations
des opérateurs du transport public (qui avaient réclamé
une augmentation de l'ordre de 40 %) et de l'impact du dernier
rapport du National Remuneration Board (NRB), qui préconise
en sus des nouvelles conditions de travail, une hausse salariale
variant entre 26 % et 30 %. Cette majoration ne sera toutefois
pas sans conséquence sur les finances publiques qui, en
dehors des subsides sur le diesel et sur le ticket d'autobus -
plus de Rs 1 milliard -, devrait voir son enveloppe pour le transport
gratuit traverser la barre des Rs 700 millions.
Dans les milieux des opérateurs du transport public on
se garde de commenter le quantum qui sera accordé par le
gouvernement. Depuis la dernière majoration du ticket d'autobus
datant d'octobre 2004, ils ont formulé deux demandes de
révision. Dans leur première demande vers fin 2006,
les opérateurs des compagnies d'autobus et de coopératives
estimaient que la majoration devait être de 25 %. Une année
plus tard, soit en novembre dernier, ils devaient cette fois-ci
réclamer une hausse de 40 % sur les tarifs actuellement
en vigueur. "Il n'y a rien d'officiel pour l'instant.
Il est difficile pour nous de faire une analyse, car il faut d'abord
savoir comment ce sera appliqué sur les différents
stages et surtout de savoir si cela inclut les subsides sur le
diesel ou pas. Donc, il est difficile de dire si c'est acceptable
ou pas, d'autant plus qu'il y a les nouvelles recommandations
du rapport NRB qu'il faudra mettre en application", déclare
un membre de l'Association of Bus Owners (ABO).
Les opérateurs du transport public s'étaient principalement
appuyés sur les recommandations du rapport NRB et la hausse
des coûts d'opération pour soutenir leur demande
de révision des tarifs du ticket d'autobus. Une de leur
principale préoccupation portait sur l'éventuelle
décision du gouvernement d'éliminer les subsides
sur le diesel. Les compagnies d'autobus payent actuellement le
diesel à Rs 11,40 contre Rs 35,60. La différence
est subventionnée par le gouvernement, soit Rs 24,20 par
litre. Les opérateurs individuels, mais regroupés
au sein des sociétés coopératives, bénéficient
par contre d'une subvention de Rs 17,40. Ces subsides sur le diesel
totalisent presque Rs 1 milliard annuellement.
Avec un tel scénario, ils avaient estimé que le
ticket d'autobus aurait coûté deux fois plus cher.
"En attendant une confirmation, nous pensons que le gouvernement
n'éliminera pas les subsides sur les carburants. Ce serait
suicidaire de le faire, car c'est le peuple, le public voyageur
qui paierait les conséquences. De toute façon, il
nous faudra aussi attendre la publication du rapport NRB pour
voir si le quantum proposé par le gouvernement nous permettra
de rester à flot", ajoute un dirigeant de l'association.
Pour les opérateurs, une majoration de 40 % était
tout à fait acceptable. "Nos coûts ont en
général augmenté de plus de 50 % au cours
de ces trois dernières années. Rien que les salaires
ont augmenté d'un peu plus de 20 %, alors que le prix des
lubrifiants, par exemple, a enregistré une hausse de 137
%, les "fees" aux collectivités locales de 100
% et les spare parts de 50 %", indique Sunil Jeewoonarain,
secrétaire de la Mauritius Bus Owners'Cooperative Federation
(MBOCF).
Cette décision du gouvernement vient en même temps
calmer les esprits des travailleurs dans le secteur, qui sont
regroupés au sein de l'Union of Bus Industry Workers (UBIW).
Les syndicalistes avaient menacé d'entamer une grève
le 1er mai si le gouvernement ne publiait pas le rapport NRB.
Dans le communiqué du conseil des ministres de vendredi,
l'on souligne en effet que "le ministre du Travail et
des Relations industrielles promulguera les nouveaux règlements
régissant les salaires et les conditions d'emploi des travailleurs
de l'industrie du transport en commun." "Le nouveau
National Remuneration Order entrera en vigueur à partir
du 5 mai", est-il indiqué. Ce qui laisse supposer
que les fonctionnaires du gouvernement ont considéré
l'impact de ces recommandations sur les coûts d'opération
des compagnies d'autobus.
En attendant, la majoration de 28 %, selon les premières
analyses, devrait occasionner une hausse minimale de Rs 2 sur
le plus court trajet - "stage" 1 - et une hausse maximale
de Rs 4 sur les longs trajets tels que Curepipe - Port-Louis ou
Goodlands - Port-Louis.
Toxicomanie et VIH/Sida
Échange de seringues : Barkly démarre le programme
Un an après l'introduction du programme d'échange
de seringues, c'est au tour de Barkly d'implémenter celui-ci
dans la région. Initié par le Collectif Urgence
Toxida: avec l'appui du gouvernement, ce programme vise à
réduire les risques de propagation du VIH/Sida, touchant
de nombreux toxicomanes. Barkly est la quatrième région,
après Baie-du-Tombeau, Batterie Cassée et Plaine-Verte
à introduire cette action. Depuis un peu plus de deux semaines,
ce sont des jeunes volontaires d'Espoir, Revivre, Barkly
(ERB) qui ont pris le programme en main. Dans un coin retiré,
sous un abri de fortune construit par un toxicomane, ils distribuent
des seringues neuves et des préservatifs aux dépendants
de drogue qui s'y présentent chaque après-midi.
L'objectif n'étant pas d'encourager la consommation de
drogue par voie intraveineuse, mais d'assurer une action préventive
contre le VIH/Sida et une prise de contact avec les toxicomanes
"Enn gro ? Enn tipti ?" A cette question, la
réponse est rapide. "Donn mwa dé gro, dé
tipti". Durant les secondes qui suivent cette brève
conversation, les choses vont aller vite. "Ki laz ?",
demande encore le premier interlocuteur. Et l'autre d'indiquer,
tout aussi rapidement, son âge. Celui-ci n'a même
pas le temps de se rendre compte que le chiffre qu'il vient de
décliner est noté avec attention. Il tend la main.
Son interlocuteur lui remet alors les seringues qu'il avait réclamées
un peu plus tôt, non sans lui avoir demandé de déposer
celles, usagées, dans le gallon posé à même
la terre. L'homme repart très vite. Le nombre de seringues
retournées est alors noté. C'est Vanessa qui a pour
tâche de remplir les casiers vides des feuilles quadrillées
qu'elle tient en main. La jeune fille écrit minutieusement
chaque chiffre que lui indiquent tantôt, Brian Pitchen,
tantôt P. Ce dernier, l'air décontracté, et
le plus âgé du petit groupe - que complètent
Bridget, Kevin et Steven -, raconte qu'il a construit l'abri sous
lequel se trouvent les jeunes de ses propres mains. Et c'est avec
une légitime fierté qu'il explique : "Olié
mo ale asiz anba laboutik kan mo sorti travay, mo'nn préfer
monte sa ti baz la. Li enn zafer pli positif." Et Brian
d'ajouter, "il a été trouver du bois et
de la tôle pour nous construire cet abri." P. est
toxicomane. Il essaye de s'en sortir, avec le soutien de ses jeunes
amis, mais cède souvent à la tentation. Mais il
ne veut pas tromper son monde. Quand il lui arrive d'être
faible face à la drogue, il en parle
La conversation
est interrompue. C'est une jeune femme qui se présente
devant le groupe
Des préservatifs pour soutenir le programme
Le lieu choisi pour concrétiser le programme d'échange
de seringues à Barkly est on ne peut plus retiré.
Loin de la cité, des résidences et "surtout
des enfants". Le groupe a tenu à accorder une
attention particulière à ce dernier aspect. La rue
serpentée qui mène à l'abri de fortune des
volontaires est bordée de longilignes bambous et autres
broussailles. La jeune femme qui accélère ses pas,
s'arrête brusquement devant le gallon. Un peu essoufflée,
elle sourit et explique qu'elle a été envoyée
par ses amis. "Mo pa bizin moi
", dit-elle.
Tendant les seringues usagées, elle confie qu'elle ne connaît
pas les procédures. Tout en les lui expliquant, Brian en
profite pour lui demander si elle souhaite également prendre
des préservatifs : masculins et féminins. Ce à
quoi la jeune femme acquiesce."To koné komen servi
kapot pou fam ?", lui demande-t-il pour s'assurer qu'elle
sache en faire usage. Répondant par l'affirmatif, cette
dernière s'en va aussi vite qu'elle est venue. La distribution
de préservatifs accompagne, parallèlement, le programme
d'échange de seringues. Tout comme celui-ci, elle est appliquée
en tant que mesure préventive pour freiner la propagation
du VIH/Sida dans la communauté des toxicomanes et leur
entourage.
Depuis que le programme a été implémenté,
à Barkly, il y a deux semaines, quelque 40 à 50
seringues usagées sont collectées quotidiennement.
Mais, comme le rappelle, régulièrement Brian Pitchen,
aux toxicomanes qui se présentent sur place, "il
est impératif de retourner les seringues déjà
utilisées pour en avoir d'autres neuves." Comme
le programme est nouveau dans le quartier, le groupe fait preuve
de compréhension et de flexibilité. "Mais,
la prochaine fois, explique encore Brian Pitchen à
un autre toxicomane, si vous n'apportez pas les seringues usagées,
nous ne pourrons vous remettre de nouvelles!" Car, comme
ailleurs- Baie du Tombeau, Batterie-Cassée et Plaine-Verte-,
Barkly reçoit un certain nombre de seringues pour soutenir
ce programme et doit s'en tenir au quota: autour de 1000 mensuellement.
"Si vous vous faites attraper avec vos seringues et
de la drogue, ce sera à vous d'assumer vos responsabilités"
À bicyclette, à pied
Seul ou à deux,
des toxicomanes se présentent au point d'échanges
dès 17 heures, soit à l'heure où débute
la distribution des seringues. "Pa pou gagne trapé?"
demande un d'entre eux, craignant d'être interpellé
en possession de son "matériel" par la police.
"Non!", rassure l'équipe. Un accord a
été conclu avec la police pour que des toxicomanes
puissent récupérer des seringues neuves et propres
à l'heure de la distribution. "Toutefois, si vous
vous faites attraper avec vos seringues et de la drogue, ce sera
à vous d'assumer vos responsabilités et les conséquences!",
prévient Brian Pitchen. Entre 17 et 18 h, l'heure à
laquelle la majorité des bénéficiaires du
programme rentre du travail, la distribution s'enchaîne
rapidement avant que le rythme décélère.
"Nous arrêtons la distribution à 19 h pile.
Au-delà de cette heure, nous ne faisons pas d'exception",
précise Brian Pitchen. Les seringues recueillies sont
alors déposées à l'hôpital Brown Sequard
pour être détruites. Auparavant, l'équipe
entre les données (nombre de seringues, aiguilles, type
de seringue, genre des toxicomanes
) dans un fichier informatisé.
Ces données seront utiles pour la première évaluation
du programme.
La plupart des toxicomanes qui se présentent au point de
distribution est originaire de la région. Ces derniers
s'y présentent régulièrement. D'autres sont
moins réguliers où viennent des quartiers avoisinants.
L'équipe, qui adopte une approche informelle et amicale,
en profite pour sensibiliser les bénéficiaires sur
le travail d'accompagnement que propose Espoir, Revivre, Barkly
(ERB) aux dépendants de drogue. L'association, qui regroupe
des jeunes bénévoles, milite en structure et également
sur le terrain, contre la toxicomanie. Aussi par l'intermédiaire
du programme d'échange de seringues, les volontaires ont
l'occasion de recueillir des informations sur l'ampleur du VIH/Sida
auprès de la communauté des toxicomanes. Certains
déclinant volontiers leur séropositivité.
Sans s'attarder sur leur état, ils confient furtivement
dans un langage codé qu'ils ont contracté le virus.
La plupart des toxicomanes qui se présentent a entre
30 et 50 ans
Cheville enflée pour certains, démarche nonchalante
pour d'autres
tous portent le poids et les séquelles
de la dépendance de la drogue dure. "Cela fait
37 ans que je me shoote. Je connais toutes les drogues",
confie F. À 52 ans, il serait le plus ancien toxicomane
de la région. "Impossible de s'en sortir. La dépendance
est plus forte que tout! Comme nous n'avons pas accès à
la méthadone, comment voulez-vous qu'on s'en sorte?",
se demande-t-il. Comme plusieurs usagers de drogue, s'injectant
depuis de longues années, il est contraint de se shooter
ailleurs que dans les veines du bras. Notamment, le sexe, la cheville
et même dans le cou. Montrant un énorme abcès,
à proximité de la pomme d'Adam, F. raconte qu'il
ne s'en injectera plus dans cette partie de son corps. La seringue
neuve de 3 mm, dont il vient de se procurer est habituellement
utilisée par les toxicomanes comme lui, ceux qui sont dépendants
depuis longtemps. "Avec ce programme, je n'ai pas besoin
de dépenser de l'argent pour m'acheter des seringues à
la pharmacie. Même si elles ne devraient pas en vendre,
il n'est pas difficile pour un toxico de trouver des seringues.
Mais avec les seringues neuves qu'on nous donne, nous sommes moins
exposés aux risques." Des quelque 125 toxicomanes
que compterait la région, selon lui, les plus jeunes n'ont
pas encore démontré de l'intérêt au
programme d'échange de seringues. "Zot pensé
sa pa konsernn zot!" lance-t-il. F. n'a pas tout à
fait tort. En effet, selon les données recueillies, la
plupart des toxicomanes qui se sont présentés à
l'équipe, a entre 40 ans et la cinquantaine. D'autres ont
la trentaine. Quant aux femmes toxicomanes, en deux semaines,
seulement trois d'entre elles sont venues récupérer
des seringues neuves. "Péna bokou fam toksikomann
isi", précise F. En cette fin d'après-midi,
ce dernier était déjà à sa deuxième
dose de Subutex. Les deux seringues propres qui lui ont
été remises seront utilisées le lendemain
: à 6h30 et dans l'après-midi, respectivement.
Le programme s'étendra dans d'autres régions
D'autres régions, touchées par la prolifération
de la drogue, ont été identifiées pour l'implémentation
du programme d'échange de seringues. Quelque six régions
en seraient concernées. Par ailleurs, depuis l'introduction
de ce programme dans les régions avoisinantes de Port-Louis,
c'est la première fois que celui-ci est assuré par
une équipe de jeunes volontaires, membres de ERB. Cette
association a aussi lancé son projet agricole à
l'intention des toxicomanes qu'elle encadre. La culture de légumes
a déjà démarré dans le potager, annexé
au Center of Learning de Barkly: lieu de rencontre de ERB. Et
du 1er au 4 mai, l'association accompagnera un petit groupe de
toxicomanes en predetox camp au Morne.
VIH & SIDA
Michel Cundasamy (PILS) :Besoin d'une coordination centrale
efficace
Le lancement de sa nouvelle campagne de prévention, SidaWare,
a été une occasion pour PILS de s'exprimer sur les
faiblesses dans la lutte contre le VIH à Maurice. Alors
que les conditions pour une lutte efficace sont réunies,
des lacunes persistent au niveau de la coordination des actions
sur le plan national. Une responsabilité qui revient au
chef du gouvernement. Le PM est d'ailleurs le président
du National Aids Committee (NAC). Cette instance de coordination
ne s'est pas réunie depuis plusieurs mois.
Avec les avancées qui se sont opérées sur
différents plans et l'arrivée de nouveaux acteurs
dans la lutte, "nous avons, à l'île Maurice,
tous les ingrédients d'une recette nationale efficace",
dit Michel Cundasamy en se référant à la
lutte contre le VIH et la discrimination à l'égard
des malades du SIDA. Mais, même dans cet environnement,
le nouveau président de PILS se dit "triste, angoissé,
en colère, voire au bord de l'écurement."
Parce que, poursuit-il, "il nous manque l'ingrédient
suprême." Et de rappeler une des grandes lacunes
de la lutte à Maurice : "Sans coordination centrale
efficace, nous nous dirigeons droit vers un mur et cela risque
de faire très mal."
Allant dans le même sens, Nicolas Ritter, directeur de l'association,
réclame un engagement réel et soutenu de l'État
mauricien dans la lutte. Sans un NAC "fort et présent",
dit-il, "ce que nous faisons ne servira à rien."
Pour rappel, placé sous la présidence du PM,
le NAC a la responsabilité de définir la stratégie
nationale de lutte et d'assurer la coordination entre les différents
acteurs engagés au niveau du gouvernement, du secteur privé,
des ONG et autres. Toutefois, cela fait plusieurs mois depuis
que le comité ne s'est pas réuni. Sur le terrain,
les répercussions sont ressenties et appellent, en urgence,
à des réactions dans le bon sens.
Récemment, en 15 jours, PILS a perdu trois des patients
qu'elle accompagnait. L'année dernière, une trentaine
avaient trouvé la mort en un mois. Pourtant, avec le traitement,
le SIDA ne devrait plus tuer. Mais le manque d'information, la
stigmatisation, les préjugés conduisent toujours
au drame. Face à cette situation, Nicolas Ritter exprime
"la colère" de l'association. Passant
en revue la situation qui prévaut dans le pays, PILS déplore
qu'il n'y ait que "peu ou pas de stratégie pour
contenir le VIH et le VHC." Le virus d'hépatite
C qui, souligne-t-il, risque de faire encore plus de dégâts
que le VIH.
Prévalence six fois supérieure qu'en Europe
Citant les statistiques, Nicolas Ritter rappelle que le pourcentage
de Mauriciens de 14 à 49 ans vivant avec le VIH est de
1,8%. Pour précision, les estimations parlent de 13 000
à 14 000 individus. La prévalence mauricienne, dit
Nicolas Ritter, est six fois supérieure à celle
de l'Europe. Officiellement, 3 244 cas ont été enregistrés
à Maurice depuis 1987. L'épidémie a touché
4 hommes pour 1 femme. Mais les femmes restent particulièrement
vulnérables. Elles sont d'ailleurs en majorité auprès
des 20 à 24 ans. D'où l'appel à la vigilance
qui est lancé.
À Beaux-Songes, hier, l'occasion a aussi été
pour PILS de saluer le secteur privé de s'être finalement
intéressé à rejoindre la lutte contre le
VIH. Il a aussi remercié ceux qui au sein de l'État
agissent en vrais partenaires. "Il y a des personnes qui
sont soucieuses de faire avancer les choses, même s'il y
a toujours des dysfonctionnements."
Invitée à prendre la parole au rassemblement tenu
au Centre de formation de Médine, le Dr Myriam Timol, du
ministère de la Santé, a rappelé l'approche
multisectorielle encouragée par l'État à
travers le plan stratégique national. Saluant PILS d'avoir
été un des principaux partenaires de l'État
et un "moteur de changements" elle a précisé
qu'il est du devoir de tous de contribuer à la lutte contre
le VIH, "qui peut être fatal."
Lancée hier-SidAware, prévention à domicile
Dans le secteur de la prévention, cette approche est révolutionnaire.
Ici, la rencontre se fait chez des particuliers ou dans des centres
communautaires. Là, un volontaire se chargera d'expliquer
le VIH et le SIDA à ceux présents : voisins, membres
de la famille et autres invités. Ces rencontres sont prévues
au sein de petits groupes dans une ambiance familiale, détendue
et conviviale. Cette formule, imaginée par Audrey D'Hotman
du temps où elle était directrice de PILS, s'inspire
de la stratégie de vente utilisée par les représentants
de Tupperware.
Baptisée SidAware, cette nouvelle approche de PILS a pour
objectif de faire passer l'information à un plus grand
nombre pour aider à combattre l'impact de l'épidémie
à différents niveaux. À ce jour, une vingtaine
de volontaires a été formée pour le projet.
En sus de la connaissance du sujet ces derniers bénéficient
aussi d'un matériel adapté pour animer des sessions
de prévention proactives dans les foyers ou centres où
ils interviendront. Pour SidAware, PILS a convenu d'un langage
simple et clair et d'une approche pouvant toucher tous les membres
de la famille indistinctement. Des brochures, gadgets et outils
de prévention seront par ailleurs distribués auprès
des personnes touchées lors des campagnes.
Pour ce projet, PILS a bénéficié du soutien
de la MCB, de la Fondation Médine Horizons, de la Fondation
Espoir et Développement et du Charles Telfair Institute.
Par ailleurs, un appel est lancé à tous les membres
du public qui souhaiteraient s'engager comme volontaire pour ce
projet. Ils bénéficieront d'une formation et d'un
encadrement s'ils sont retenus. Les intéressés doivent
se faire enregistrer au siège de l'association sur le 210
7075/47.
Compte bancaire gelé
Une mère de famille se dit injustement accusée
de trafic de drogue
C.C., 32 ans et mère de trois enfants scolarisés,
mène un combat depuis lundi dernier pour prouver à
sa banque qu'elle n'est pas une trafiquante de drogue, comme celle-ci
le stipule. Un montant de Rs 1 693, représentant le salaire
de son mari, qu'elle dispose sur leur compte conjoint a été
gelé, suite à une demande du bureau du directeur
des poursuites publiques (DPP). Cependant, le couple, qui disposerait
d'un casier judiciaire vierge, n'a jamais été traduit
en justice pour délit de drogue. Car, selon la procédure
en cours, les biens des trafiquants sont gelés après
leur parution en cour et sur ordre émis du DPP. Le couple,
qui vit dans un logement pour foyer à revenus modestes,
se retrouve sans argent pour subvenir aux besoins de ses trois
enfants en primaire
Entre-temps, la banque, considérant
les plaintes de sa cliente, a initié une enquête.
C.C. ne dispose que de Rs 1 693 sur son compte bancaire. Le 19
dernier, après maintes tentatives pour effectuer un retrait
de Rs 500 au guichet automatique en vue d'acheter le matériel
scolaire de ses trois enfants pour la rentrée, la transaction
lui est interdite. À la banque où elle est cliente
depuis quelques années seulement, C.C., 32 ans, apprend
qu'elle est accusée de trafic de drogue. De ce fait, l'a-t-on
informée, le compte conjoint dont elle dispose a été
gelé depuis le 11 avril dernier. Et ce, sur ordre d'une
lettre émanant du bureau du DPP.
Cependant, clamant son innocence et brandissant son certificat
de moralité émis en 2006 par le bureau du DPP, C.C.
estime avoir été victime d'une erreur judiciaire.
D'autant qu'elle n'a jamais fait l'objet d'une enquête policière.
Elle n'a ni été arrêtée et traduite
en cour pour un quelconque délit. Aux postes de police
de Rose-Hill et de Beau-Bassin, où elle s'est rendue en
début de semaine, la garantie lui a été donnée
à l'effet qu'aucune déposition n'a été
logée à son encontre, ni contre son mari. En clair,
leur casier judiciaire serait vierge. De plus, depuis le gel de
son compte, le couple n'aurait reçu aucune communication
officielle de la banque, lui informant la décision en cours.
Du côté de la State Bank of Mauritius, cette affaire,
affirme un de ses porte-parole, fait actuellement l'objet de "further
enquiries". Me Ajay Daby, ancien commissaire du Narcotics
Bureau - instance mise en place pour enquêter sur les avoirs
et biens des trafiquants de drogue - est catégorique :
"Tant que la personne n'a pas été traduite
en cour (
) et que celle-ci, au moment de la parution de
cette personne sous le Drugs Act, n'autorise le gel des avoirs
de cette dernière, la banque ne peut geler le compte de
son client." Et ce suivant une recommandation du bureau
du DPP.
Cette explication, soutenue par le service de presse des Casernes
centrales, laisserait croire "qu'il y aurait eu erreur
quelque part
" Entre-temps, C.C, traumatisée
par, dit-elle, l'approche des préposés de la banque
et bouleversée par les accusations portées contre
son couple, ne peut subvenir aux besoins de sa famille. Mercredi
dernier, ne pouvant plus supporter le stress, la jeune femme a
dû se rendre à l'hôpital psychiatrique.
Aucune trace de délit
C.C. est cleaner dans une école primaire gouvernementale.
Récemment, après quatre mois au chômage, son
époux trouve de l'emploi sur un chantier à Port-Louis.
"Mo mari gagne Rs 1 500 par kinzenn", explique-t-elle.
C'est la compagnie qui verse directement le salaire de celui-ci
sur le compte du couple. Quant à C.C., elle reçoit
son salaire par chèque directement de son employeur. Le
19 avril dernier, le mini relevé indique que le compte
du couple a été crédité du premier
salaire de son mari. Au total, le montant dont dispose le couple
est de Rs 1 693.
"Lundi dernier, lorsque je me suis rendue à la
succursale de Beau-Bassin, une préposée m'a grossièrement
annoncé que mon compte avait été bloqué
parce que je suis une trafiquante de drogue." Le même
jour C.C. se rend à la magistrature de Rose-Hill où
elle est assurée qu'il n'y a aucune charge enregistrée
à son nom. Idem aux postes de police de la même ville
et celui de Beau-Bassin respectivement. Au siège de la
banque, à Port-Louis, la jeune mère explique qu'un
préposé chargé de la clientèle l'aurait
reçu à l'accueil.
"Sans me montrer de document officiel, il m'a affirmé
que mes données correspondaient à celles qu'aurait
soumises le bureau du DPP à la banque. Lorsqu'il m'expliquait
que j'étais impliquée dans une affaire de drogue,
il me donnait l'impression de faire mon procès. Qui plus
est, il parlait à voix haute devant les clients. C'était
une véritable humiliation
", raconte C.C.
Ne sachant que faire depuis, cette dernière ne cesse de
frapper à différentes portes, dont la branche mauricienne
d'Amnesty International. "Comme je sentais qu'il y avait
une injustice, j'ai voulu consigner un statement à
la police. Ce qui m'a été refusé quand je
me suis rendue aux postes de Rose-Hill et de Beau-Bassin",
explique C.C. Si cette dernière, n'a pu reprendre son travail
pour faire les démarches nécessaires, son époux,
en revanche, a même dû se rendre sur son lieu de travail
à Port-Louis à pied, faute d'argent pour payer son
transport !
"Je n'ai pas d'argent ! Je dois compter sur les volontaires
pour nourrir mes enfants. Je n'ai pu les envoyer à l'école
parce que je n'ai pu leur acheter leurs effets. Zordi mo pé
bizin kwi manzé lor dibwa ! À cause de cette
affaire, j'ai dû, pour la première fois de ma vie,
me rendre à l'hôpital psychiatrique parce que je
ne tiens plus moralement ! J'ai peur que cette fois-ci la police
ne débarque chez moi pour m'arrêter !" confie
C.C. Cette dernière réfute aussi une possibilité
que lui aurait avancée la banque. "On m'a dit que
j'avais peut-être des proches qui sont dans le trafic de
la drogue. Ce qui n'est pas le cas", insiste la jeune
femme.
Vendredi prochain, jour de paye, le salaire de son mari sera à
nouveau versé sur ce même compte. Mais, tant que
l'enquête initiée par la banque ne détermine
s'il y a eu erreur, le couple ne pourra effectuer de retrait.
"Mais, ironiquement, on m'a expliqué que je pouvais
continuer à faire des versements !" relate encore
la jeune femme.
Enquête de la banque
À la banque, cette affaire a été prise au
sérieux, nous affirme un porte-parole du département
des doléances. "Lorsque cette personne nous a affirmé
qu'elle s'est sentie lésée, nous avons pris contact
avec notre conseiller légal. D'ailleurs, nous sommes en
présence d'une correspondance de celui-ci qui nous informe
que nous allons procéder à une enquête dans
ce sens", déclare-t-il. Concédant que toutes
les données de sa cliente correspondent à celles
envoyées par le bureau du DPP, il précise qu'en
cas d'erreur la banque n'est pas tenue à indemniser celle-ci.
L'on procédera tout bonnement au dégel de son compte.
C'est la première fois que cette banque traite un cas du
genre, laisse comprendre le porte-parole avant d'assurer que C.C.
avait été reçue au siège, à
l'accueil, en toute discrétion.
Selon Me Ajay Daby, au cas où les biens de C.C. avaient
été gelés dans le cadre d'une affaire de
drogue, son nom aurait dû figurer sur la liste des trafiquants
accusés du même délit émise par le
communiqué de presse en provenance du bureau du DPP. Comme
une erreur n'est pas à écarter dans cette affaire,
une enquête devrait être initiée pour remonter
à sa source. Pour cela, toute personne se sentant lésée
et victime d'une erreur doit jurer un affidavit demandant à
la cour de suspendre l'ordre mis en pratique par la banque. Dans
ce cas, la justice déterminera s'il y a eu erreur ou pas
En marge du 1er-Mai
L'OIT réitère l'urgente nécessité
du droit de grève !
En marge des délibérations à l'Organisation
Mondiale du Commerce (OMC) au cours de la semaine écoulée,
portant sur la Trade Policy Review, Maurice a essuyé
de sévères critiques quant au respect des droits
fondamentaux des travailleurs. Trois problèmes majeurs
en particulier, soit l'absence de droit de grève, le traitement
subi par des travailleurs étrangers employés dans
la zone franche et la nécessité de renforcer le
concept de Collective Bargaining en faveur des employés.
Ces critiques ont été soulevées dans le rapport
soumis par l'International Trade Union Confederation sous le chapitre
de la Declaration of the ILO on Fundamental Principles and
Rights at Work. Ce document, qui passe en revue l'état
des lois du Travail et des Relations industrielles, a été
déposé officiellement à Genève, mercredi.
Mention est faite que le taux de syndicalisation est de 10 %.
Le leitmotiv : " en tant que membre actif de l'Organisation
internationale du Travail (OIT), Maurice doit respecter et mettre
en vigueur les recommandations des organes de surveillance de
l'OIT ".
Au chapitre du droit de grève, l'ITUC ne passe pas par
quatre chemins pour réitérer l'urgence nécessité
d'un toilettage complet des contraintes et obstacles d'ordre légal
sur la voie d'une grève. Ainsi, l'une des recommandations
est que " la loi doit être amendée afin de
retirer au Premier ministre la possibilité de déclarer
une grève illégale si celui-ci considère
que la grève peut mettre en péril l'économie
du pays ".
Dans son analyse, l'ITUC souligne que " les syndicats
ont demandé que le droit de grève soit garanti par
la Constitution. L'Organisation internationale du Travail a rappelé
au gouvernement que la limitation du droit de grève devrait
s'accompagner de procédures de conciliation et d'arbitrage
appropriées, impartiales et expéditives ".
La participation d'un employé à un mouvement de
grève ne doit plus être considérée
comme une justification à un licenciement car une telle
démarche est assimilée à " de graves
risques d'abus et une violation de la liberté syndicale
".
Plus loin, mention est faite que " les raisons pour déclarer
une grève illégale sont trop ambiguës, ce qui
a amené les organes de surveillance de l'OIT à demander
au gouvernement des amendements de la législation en vigueur
".
L'ITUC maintient que les autorités doivent mettre fin à
la pratique d'avoir recours à des interventions musclées
des forces de l'ordre pour mettre un terme à des mouvements
de revendication des travailleurs. Le rapport cite les exemples
de la détérioration de la situation dans l'enceinte
de la Novel Garments en mai 2006 ou encore à l'usine Firemount.
" Le 23 mai 2006, des policiers armés de boucliers
et de matraques ont battu un groupe de travailleuses qui participaient
à un sit-in pacifique dans la cour d'une usine de confection
à Coromandel ", souligne cette confédération
syndicale internationale, qui souhaite voir " les autorités
avoir recours en dernière instance à l'utilisation
des forces de sécurité de l'Etat pour mettre fin
à l'exercice démocratique du droit de grève
et uniquement dans les cas prévus par la loi et qui comportent
notamment un danger réel et imminent de la sécurité
de l'Etat ou de l'ordre public ".
Le sort des travailleurs étrangers à Maurice demeure
une des préoccupations majeures dans la conjoncture. "
Pour certains, les conditions de vie sont insupportables : ils
dorment dans des dortoirs sur des couchettes sans matelas, dans
des chambres minuscules où ils s'entassent parfois à
douze personnes ", s'appesantissent les responsables
de l'ITUC, qui font état du fait que ces ressortissants
étrangers doivent fournir de très longues heures
de travail alors que les possibilités d'adhérer
à des syndicats sont inexistantes.
Toute tentative de réclamer le respect de leurs droits
est sanctionnée par des déportations sans aucune
autre forme de procès. Les différents cas de déportation
vers la République populaire de Chine et le Sri Lanka survenus
en 2006 sont catalogués. " Les syndicats dénoncent
qu'il s'avère difficile d'avoir accès aux travailleurs
migrants et de syndiquer cette main-d'uvre, en particulier
les migrants venus de l'Asie du Sud-Est et de Madagascar. Ceux
qui ont tenté de s'organiser ont été sommairement
déportés ", poursuit le document, qui a
été répercuté dans la presse internationale
en fin de semaine.
" Many migrant workers are not informed of the laws that
provide them with the same level of protection as Mauritian nationals
and hence they often earn between Rs 2 000 and Rs 2 500 (70 to
90 dollars) less per month in companies located in the country's
EPZ ", note encore l'ITUC dans son rapport officiel sur
la situation syndicale à Maurice. De ce fait, l'une des
recommandations soumises est que " le gouvernement doit
assurer que les travailleurs migrants reçoivent un salaire
égal à celui des travailleurs nationaux ; le gouvernement
doit aussi assurer que les travailleurs migrants soient complètement
au courant de leurs droits fondamentaux ".
La situation syndicale dans la zone franche a été
défavorablement commentée par l'ITUC où le
taux de syndicalisation n'avoisine que 12 %. " Généralement,
les représentants des organisations syndicales doivent
attendre à la grille de l'usine la sortie qu'ils ne connaissent
pas pour la plupart, en outre, la majorité des travailleurs
sont des femmes pressées de rentrer chez elles pour remplir
leurs responsabilités familiales ".
L'ITUC dénonce la discrimination entre hommes et femmes
dans le domaine du travail et fait un appel au gouvernement en
vue de revoir la situation. " La Commission d'experts
pour l'application des conventions et des recommandations (CEACR)
de l'OIT continue à demander au gouvernement (mauricien)
de consacrer juridiquement et effectivement le principe d'égalité
de rémunération entre les hommes et les femmes pour
un travail de valeur égale ".
La lutte contre la discrimination sexuelle sur les sites de travail
et pour éliminer les cas de harcèlement reste une
des priorités de l'heure. La CEACR s'intéresse aux
pouvoirs et au bilan de la Commission nationale des Droits de
l'Homme à ce chapitre. " Le harcèlement
sexuel est une pratique courante dans les lieux de travail. Cependant,
le niveau de dénonciation auprès des organes juridictionnels
compétents reste bas. La CEACR demande également
des informations sur la nature et le nombre de plaintes pour discrimination
dont la Cour suprême et la Cour industrielle ont été
saisies. Elle prie également d'indiquer comment les services
de l'inspection du Travail garantissent l'application de la législation
nationale et des dispositions de la Convention ".
L'Organisation internationale du Travail est également
inquiète devant le recrutement des enfants. " La
CEACR continue à prier instamment le gouvernement de prendre
sans délai les mesures nécessaires pour élever
à 16 ans l'âge minimum à partir duquel les
jeunes personnes peuvent être autorisées à
travailler sur des machines dangereuses à condition que
leur santé et leur sécurité soient pleinement
protégées et qu'elles reçoivent la formation
adéquate dans la branche d'activité correspondante.
"
Avant d'aborder les risques d'exploitation sexuelle des enfants,
l'ITUC souligne l'incapacité du gouvernement de faire respecter
les lois protégeant les enfants. " Le gouvernement
n'est pas capable de faire respecter la loi. Le nombre d'inspecteurs
en charge de la lutte contre le travail des enfants reste bas,
ce qui empêche une lutte effective contre cette pratique.
Des enfants travaillent dans l'économie informelle comme
des vendeurs dans les rues, dans des ateliers, dans des restaurants
ou dans des petites entreprises. La prostitution des enfants est
également un problème ", ajoute cette organisation
syndicale internationale.
La CEACR réitère les dispositions de la Convention
82 au sujet de l'utilisation, le recrutement ou l'offre d'un enfant
à des fins de prostitution, de production de matériel
pornographique ou des spectacles pornographiques. " Des
rapports dénonçant la prostitution forcée
des enfants dans le pays existent. Ainsi, il y a des rapports
qui dénoncent que des filles exercent la prostitution,
forcées par leurs familles, et également de manière
volontaire dans des maisons de prostitution. La CEACR rappelle
qu'aux termes de la Convention la traite et la vente d'enfants
figurent parmi les pires formes de travail des enfants "
;
" The CEACR has renewed its request to the government
of Mauritius to step up its efforts to improve the situation and
immediately take the measures needed to ban the sexual exploitation
of people under 18 for commercial purposes. The Commission has
called for adoption of the measures needed for ensuring that people
who use, procure and offer children for sexual exploitation face
legal proceedings and that sufficiently effective and dissuassive
sanctions are applied ".
Un autre point fort du rapport : la demande pour une consolidation
de la Collective Bargaining. " The government must
do more to promote collective bargaining in enterprises in the
Export Processing Zone and ensure that the rights contained in
ratified conventions 87 and 98 are observed in the production
centre there ", trouve l'ITUC.
Dans cette perspective, les tractations en cours pour la présentation
de deux lois-cadres régissant le monde du travail sont
évoquées. " Le gouvernement et les syndicats
ne sont toujours pas parvenus à un accord concernant le
projet de réforme de la loi sur les relations industrielles.
Les syndicats craignent que l'amendement à la loi relative
à la négociation collective ne porte atteint au
tripartisme ".
L'Option Form du PRB et le NPC
L'Option Form imposé aux fonctionnaires en prévision
de la prochaine publication du rapport du Pay Research Bureau
(PRB) et le litige sur l'institution du National Pay Council (NPC)
ont aussi été commentés dans le rapport de
l'ITUC.
Au chapitre de l'Option Form, le document soumis à Genève
avance que " la loi amendée a introduit un formulaire
optionnel que les employés du gouvernement doivent signer
et par lequel ils s'engagent à respecter les recommandations
du PRB.S'ils ne sont pas d'accord avec ces recommandations, ils
peuvent décider de conserver les salaires et autres conditions
de travail antérieures, mais les salaires seront forcément
inférieurs. Toutefois, une fois le formulaire signé,
un différend salarial ne pourra plus être déclaré
dans le même secteur ".
Le NPC est considéré comme une " nouvelle
tentative du gouvernement de démanteler les tripartites
et de laisser le soin au secteur privé de décider
s'il convient ou non de s'engager dans des négociations
sectorielles ".
Les tribulations de Toolsyraj Benydin
Les démêlés du président de la Fédération
des Syndicats du Service Civil (FSSC), Toolsyraj Benydin avec
la direction générale de la Mauritius Revenue Authority
(MRA) ont aussi fait l'objet de commentaires de la part de l'ITUC.
" En avril 2006, le directeur de l'Autorité mauricienne
chargée des recettes (MRA) a menacé d'imposer une
réduction salariale drastique à Toolsyraj Benydin,
président de la FSSC, pour s´être absenté
du travail afin d'assister à une activité syndicale.
Le droit à l´absence rémunérée
pour assister à des activités syndicales fait pourtant
partie intégrante de la législation mauricienne
et de la jurisprudence de l´OIT. Lorsque le gouvernement
a empêché le directeur de la MRA d´exécuter
sa décision, ce dernier a proposé soit de limiter
le temps accordé à M. Benydin pour l´exercice
d´activités syndicales soit de lui accorder des absences
non rémunérées ", note la Confédération
syndicale internationale.
3e Trade Policy Review-L'OMC prône l'ouverture du secteur
des services
La " Third Policy Review " de Maurice devant l'Organisation
Mondiale du Commerce au cours de la semaine écoulée
a débouché sur deux principales conclusions, soit
la nécessité d'une plus grande libéralisation
du secteur des services et l'incompatibilité du projet
visant à faire de Maurice une " Duty Free Island
", et l'appartenance à des blocs régionaux.
L'OMC encourage Maurice, dont la délégation à
Genève était dirigée par Anand Priye Neewoor,
Secretary for Foreign Affairs, à renforcer son engagement
dans la voie de la libéralisation économique car
" continued reforms should allow the economy to grow about
4 percent a year in real terms in the medium term ".
La principale recommandation de l'OMC après ce troisième
exercice est que les autorités doivent passer à
la vitesse supérieure par rapport à la libéralisation
du secteur des services, qui représente quelque 70 % de
l'Economic Output. " Mauritius should modify its legal
commitments in the services sector to reflect its more liberal
regime. This is particularly the case for professional services,
given Mauritius'increased use of imported labour and attempt to
attract professionals, " rappelle l'OMC.
" Clarification was sought on the investment regime for
foreigners in the tourism services ", souligne le président
du panel dans ses Concluding Remarks. De ce fait, l'on
constate que l'OMC pousse vers une plus grande ouverture du secteur
des services touristiques.
Dressant une liste des contraintes et barrières à
l'ouverture de ce créneau d'activités économiques,
l'OMC note que " certain limitations have been maintained
on market access and/or national treatment in the case of cross-border
provision of tourism services and commercial presence. Foreign
travel agencies, arranging for services in Mauritius, must work
through an agent established in Mauritius. Foreign hotel and restaurant
operators must be staffed predominantly by Mauritians. "
D'autre part, les Tour-Operating Services sont réservés
à des investissements purement mauriciens même si
une présence étrangère est possible avec
le feu vert du Prime Minister's Office et du ministère
du Tourisme. " Tourist guide services are restricted to
Mauritian nationals while an exception is made for languages not
officially spoken in Mauritius ", note le document de
l'OMC disponible sur son Website.
Les autres restrictions identifiées par l'OMC sont les
suivantes : participation étrangère restreinte dans
des projets de restaurant d'au moins Rs 10 millions ou des projets
hôteliers de moins de 100 chambres, dans les opérations
de bateaux de plaisance, dans des agences de voyage, Tour Operator
Services ou encore la location de voitures, sauf pour ceux
engagés dans les Niche Markets.
L'OMC a relevé la contradiction entre les mesures envisagées
pour faire de Maurice une " Duty Free Island "
et son appartenance à des blocs économiques régionaux.
Lors des discussions de Genève, cette question avait été
soulevée avec pertinence.
" Mauritius considers its participation in regional agreements
as a step towards building resilience for full integration into
the world economy. Nevertheless, membership of various regional
agreements, with differences in geographical coverage, trade liberalization
agenda, provisions on rules of origin, and in goals (such as building
a customs union) is difficult to manage. Furthermore, Mauritius'plans
to become a duty-free island would be difficult to reconcile with
its participation in these regional agreements ", souligne
l'OMC.
En conclusion, le président de Third Policy Review
affirme que " WTO members are appreciative of Mauritius
trade reforms and of its active participation in the multilateral
trading system. They urged Mauritius to pursue its reforms and
take further steps to enhance the predictibility of its trade
regime, mainly through the extension and improvement of its multilateral
binding commitments on goods and services ".
La bouteille de rhum, avec moins d'alcool et de contenu, vendue
au même prix !
Aux consommateurs bien avertis de leurs droits, certains producteurs
ont intérêt à ne rien cacher. Surtout pas
aux consommateurs de rhum qui remarquent toujours quand ils sont
leurrés. Depuis deux mois, nombreux étaient des
consommateurs du rhum de la marque Goodwill, produit par la firme
New Goodwill Limited de Baie du Tombeau, sous un label exclusif,
signalaient que leur boisson alcoolisée préférée
avait perdu quelque peu de sa saveur au point où il leur
fallait prendre une dose supplémentaire afin d'atteindre
l'effet enivrant recherché. Et pour cause, le degré
d'alcool du rhum a été ramené de 40 à
37° sans qu'aucune communication n'ait été
faite à cet effet. Qu'à cela ne tienne, selon certains
protestataires, ce n'était pas bien grave jusqu'ici. Ce
qui, toutefois, a intrigué les connoisseurs, c'est qu'en
sus de cette diminution de degré, la bouteille de rhum
contient 50 millilitres de moins, soit l'équivalent d'une
précieuse topette...
Effectivement, ceux qui se sont donnés la peine de vérifier
le contenu de cette bouteille ont aussi remarquer qu'au lieu de
750 millilitres, elle ne contient plus maintenant que... 700 millilitres.
En fait, nul besoin était de mesurer puisque c'était
inscrit sur la bouteille elle-même. Or, cinquante millilitres,
c'est beaucoup pour un buveur - nous ne parlons pas ici de soulards
- et, le prix du produit est resté inchangé à
Rs 86.50 l'unité. Les calculatrices se sont vite mises
en branle pour conclure que si la distillerie concernée
produit et met sur le marché environ 1 millions de bouteilles
de rhum par an (vendus localement ou exportées) le profit
ainsi réalisé se monterait à 50 millions
de millilitres à la fin de l'année. En somme, un
très joli pactole sous forme de windfall gains il est vrai
reversés, en partie, à l'État sous forme
de duties, mais néanmoins sur la tête des clients...
Interrogé, M. Ram Appanah, le directeur de ventes de la
New Goodwill Limited, soutient que la réduction du degré
d'alcool "fait suite à une requête du gouvernement
qui s'est plaint que la consommation de l'alcool soit trop source
de problèmes dans le pays". Pour ce qui a trait à
la diminution de 50 millilitres par bouteille, selon M. Appanah,
"New Goodwill Limited a du se conformer aux exigences des
services des douanes qui refusent l'exportation de bouteille de
750 millilitres surtout vers l'Europe en conformité avec
les normes en vigueur dans l'Union européenne". Pourquoi
donc malgré les deux réductions pratiquées
(degré et contenu), le prix de la bouteille soit resté
le même et ce sans que les consommateurs en soit avertis.
M. Appanah s'est lancé dans une longue tirade que l'on
peut, finalement, résumer à ceci : "New Goodwill
Limited ne réalise pas de gros profits et travaille pou
gouvernma en alimentant les caisses de l'État. De plus,
si cela ne dépendait que de la compagnie la bouteille de
rhum devait coûter encore plus chère. Mais le prix
a été gardé à 86.50 parce que l'on
veut qu'il soit à la portée de tous".
Il n'y a pas à dire, le droit des consommateurs sont bien
protégés dans ce pays et les consommateurs ne devraient,
semble-t-il, que boire et se taire !
Secondaire privé
Pourquoi la grève n'aura pas lieu ?
La grève du 29, dans le secteur privé, n'a aucune
raison d'avoir lieu. Le ministère de l'Éducation
s'est retrouvé à la même table que l'UPSEE
et la Fédération des managers des collèges
privés respectivement pour relancer le dialogue. La grève
annulée, les préparatifs non sans divergences ont
entre-temps refroidi la relation entre les deux syndicats qui
avaient pourtant décidé de se serrer les coudes.
La décision de la Union of Private Secondary Education
Employees (UPSEE) d'annuler la grève annoncée pour
mardi prochain et celle de la Fédération des Managers
des Collèges Privée de ne plus envisager toute "action
ferme" visant à "encourager le ministre de l'Éducation
vers la démission", ne peuvent que soulager les parents.
Les deux syndicats ont pendant plusieurs semaines tenu la population
en suspens en brandissant une mobilisation qui paralyserait le
secteur du secondaire privé en ce début de deuxième
trimestre. Au final, tout
ou presque est rentré dans
l'ordre. Entre le ministère de l'Éducation et les
deux syndicats, le dialogue a été relancé
à la table de négociation. Des accords ont été
signés. Des engagements ont été pris. Car,
il ne faut pas oublier que si les deux syndicats souhaitaient
le départ du ministre Gokhool, en revanche, ils défendaient
des causes différentes. Et si à mercredi dernier,
l'UPSEE et la Fédération des managers du privé,
donnaient encore l'impression d'être des partenaires soudés,
décidés à aller ensemble sur le front, aujourd'hui
le ton entre les deux parties s'est durci. Chacun a réglé
ses problèmes respectifs de son côté. Des
reproches fusent. L'UPSEE déplore la démarche tâtonnante
de la fédération à la dernière minute.
Et celle-ci - rétorque son président à notre
confrère Le Mauricien - en maintenant qu'aucune promesse
n'avait été faite quant à l'entrée
des collèges confessionnels catholiques dans la grève
du 29. Au milieu de ce désaccord, la Secondary & Prepatory
School Teachers and other Staff Union (SPSTSU). En effet, si la
fédération regrette que ce syndicat l'a "fait
faux bond", l'UPSEE regrette le "flou qu'il laissait
planer" sur sa participation durant les préparatifs
de la grève. Indéniablement, partenaire de poids,
la SPSTSU, par la voix de sa présidente, Lysie Ribot, déplore
la position des deux syndicats à son égard. "La
déclaration de la fédération, se passe de
commentaires. Si nous n'étions pas dans le domaine de l'éducation,
le secteur le plus sérieux de la vie, nous serions tentés
de rigoler. Quant à l'UPSEE, je ne sais pas à quel
moment elle a compris que nous allions entrer en grève.
Nous n'avions jamais eu de contact", déclare Lysie
Ribot. De plus, comme elle le précise, la SPSTSU pouvait
difficilement s'engager dans une grève, puisque le syndicat
n'avait pas déclaré litige.
Fédération des managers du privé :
"Plus de flexibilité dans notre ton"
"Nous avons, en effet, démontré plus de flexibilité
dans notre ton parce qu'il y a eu une intention du ministère
de nous écouter", nous déclare Haris Bachwa,
porte-parole de la fédération. Peu avant les vacances
de Pâques, la fédération qui rencontrait la
presse, laissait éclater sa colère. Sans langue
de bois, elle hausse le ton. Et arguments à l'appui, ses
membres exécutifs réclament la démission
de Dharam Gokhool. Ils lui accordent même un "délai
moral", faute de quoi des "actions fermes" seront
entreprises pour le pousser vers la porte de sortie. La fédération
avait alors annoncé d'importantes mobilisations. Un éventuel
lock-out avait été évoqué à
la rentrée du deuxième trimestre. Cependant, il
nous revient que des divergences d'opinion autour de la mobilisation
du côté des managers ont ralenti la mise en chantier
des stratégies en vue. Qui plus est, la participation de
l'UPSEE, laquelle affirme avoir été contactée
par la fédération, ne fait pas l'unanimité
auprès des recteurs des collèges. Entre-temps, l'UPSEE
qui déclare la guerre au ministère de l'Éducation,
sur le redéploiement des employés des trois collèges
privés fermés cette année, maintient son
intention de grève et réaffirme avoir déclaré
litige au ministère. Toutefois, la quasi totalité
des employés de ces collèges redéployés,
l'UPSEE, avance son président Yahya Paraouty, était
décidée à "foncer coûte que coûte
dans une grève avec le soutien de la fédération
et la SPSTSU, après la réponse parlementaire du
ministre Gokhool à l'effet qu'il n'y aurait aucun redéploiement
en cas de fermeture".
UPSEE : "Fédération manager pé plis
ankoler avek minister. Zot pé plis anvi sa lagrev la"
Durant les vacances scolaires, la fédération qui
ne dévoile toujours pas ses batteries à la presse,
affirme cependant, préparer la mobilisation de la rentrée.
"C'est vrai ! La fédération consultait les
associations de parents et organisait des réunions dans
ses collèges", soutient Yahya Paraouty, qui était
en contact quasi permanent avec ses partenaires. Il confirme qu'avec
"la garantie de la participation des collèges catholique,
donnée par Serge Ng Tat Chung", l'UPSEE se sentait
en confiance. Puis, tandis que l'UPSEE continue sa campagne médiatique,
la fédération garde ses distances et se fait discrète
sur le sujet. Elle annonce qu'elle préfère soutenir
l'UPSEE dans sa grève, sans pour autant définir
la forme du support qu'elle lui accorderait. La fédération
avait-elle envisagé des scenarii ? A cette question Haris
Bachwa répond, "nous pensions faire un lock out, si
la grève ne donnait pas les résultats escomptés".
Il est aussi dit que la fédération, comptait, en
parallèle, avec la grève, organiser un floating
holiday et une mobilisation dans la rue. Mais la collaboration
entre les managers et le syndicat allait prendre une autre tournure
en milieu de semaine. Mercredi alors que dans sa conférence
de presse l'UPSEE déclare : Fédération manager
pé plis ankoler avek minister. Zot pé plis anvi
sa lagrev la", la fédération des managers devait,
toujours selon Yahya Paraouty, couper momentanément toute
communication avec lui. "Un fax du ministère de l'Éducation,
adressé à la fédération est parvenu
à l'UPSEE par inadvertance, dans l'après-midi de
jeudi. J'ai essayé d'entrer en contact avec M. Ng Tat Chung
en vain. Entre-temps, le ministère nous a convoqués.
Lorsque M. Ng Tat Chung m'a appelé à 20h30 pour
m'informer qu'il avait reçu le fax du ministère,
je lui ai mis au courant que l'UPSEE rencontrait le PS du ministère.
Le ministère avait déjà préparé
l'accord et nous n'avions pas d'autre choix que de faire preuve
de responsabilité en le signant", déclare le
président de l'UPSEE. Cet accord se porte sur trois points
: le respect de l'accord de 1983 et 2000 sur la sécurité
d'emploi, la nomination d'un comité comprenant le syndicat,
la PSSA et l'Éducation pour planifier les fermetures de
collège et le fonctionnement de la PSSA. À jeudi
soir, les requêtes de l'UPSEE, étant accédées
par le ministère, la grève ne tenait plus
Vendredi matin, c'était au tour de la fédération
de rencontrer le Permanent Secretary, M. Ragan, de l'Éducation.
"Les négociations sont rouvertes !", déclare
satisfait Haris Bachwa. Au ministère, des promesses ont
été formulées. "Nos revendications seront
toutes revues et le ministère nous a promis de nous donner
les premiers résultats au 30 avril", ajoute-t-il.
La fédération n'a donc aucune raison de hausser
le ton !
L'UPSEE réclame le départ du PAS de l'Éducation
Lors de son assemblée générale, hier, l'UPSEE
a adopté une motion votée à l'unanimité
par ses membres. Le syndicat réclame la révocation
du PAS, Rangan, du ministère de l'Éducation. "Ce
dernier a induit le ministre de l'Éducation en erreur avec
cette réponse parlementaire à l'effet que les employés
des collèges privés ne seront plus déployés
en cas de fermeture. Il est à l'origine de plusieurs cafouillages",
déclare Yahya Paraouty, président de l'UPSEE. Une
lettre dans ce sens, sera soumise au ministre de tutelle, Dharam
Gokhool, demain matin.
GTU : mobilisation des enseignants le 1er mai
La Government Teachers' Union (GTU), qui conteste toujours les
critères combinés sélection et ancienneté
pour la promotion des enseignants au poste de Deputy Head Teachers,
préconisé par le PRB, sera présente à
la marche syndicale du 1er mai. Le syndicat des enseignants demande
à ces derniers de se joindre à la plate-forme pour
faire entendre leur voix. La marche débutera à St-Jean
à partir de 9h30 pour converger vers Belle-Rose.
Page d'histoire
Sir John Pope Hennessy, un progressiste ami de l'île
Maurice
Le 23 décembre 1908 (soit cent ans cette année),
selon le journal Le Progrès Colonial d'Elmour Hitié,
a lieu une grande manifestation populaire et anti-oligarques lors
du dévoilement, à la Place d'Armes, de la Statue
de l'ancien gouverneur britannique, Sir John Pope Hennessy. Plusieurs
députés de l'époque, dont Sir Henry Leclézio
se font huer par la foule. Les meneurs ont distribué à
l'assistance des centaines de petits pamphlets flétrissant
les Oligarques dans leur tentative de glorifier le libéralisme
de Sir Pope alors même qu'ils laissent la population mourir
de faim en refusant l'envoi par l'Angleterre d'une commission
pour enquêter sur la gestion des affaires du pays.
Le pamphlet pose la question à la population mauricienne
: "Allons-nous assister impassibles à cette comédie
lamentable ? Ce n'est pas aux membres de l'Oligarchie et à
leurs défenseurs à venir ériger une statue
à l'homme (Pope Hennessy) qui nous accorda notre commencement
de liberté politique. Ce n'est point aux membres de la
législature, qui, après avoir voté contre
l'enquête que la population désire, vont, avant la
fin de la journée, voter une loi inique jusqu'à
dénoncer les turpitudes et de crier notre souffrance...
Le mot a dans leur bouche quelque chose de cynique et de révoltant
et nous n'accepterons pas que l'on se moque de nous. Que les applaudissements
nourris récompensent Laurent, Duclos et Gébert de
leur fière attitude, mais accueillons les autres comme
ils le méritent. Qu'ils comprennent enfin, aujourd'hui,
que la vase est pleine et qu'ils feraient mieux de se retirer
avant qu'il déborde. Qu'à leur vue, de toutes nos
poitrine nous crions : Démission ! et que le représentant
du roi n'entende aujourd'hui qu'une seule phrase : Nouvelles Elections
!"
Le Progrès Colonial souligne que "celui
qui distribuait ces bouts de papiers a été arrêté
et conduit à la police. Un instant après, sur l'instigation
du fils d'un député et sur l'ordre d'un conseiller
municipal, M.E. de Rosnay, M. Mérandon, le docteur Guibert
et plusieurs autres personnes ont été arrêtés
et conduits en prison. Ils manifestaient, mais pas contre l'inauguration
de la statue de Sir John. Ils accomplissaient un devoir, celui
d'hommes libres et indépendants, indignés de la
comédie qui se jouait. Au moment où nous écrivons
- 3 h - ces messieurs n'ont pas été relâchés".
Toujours selon le Progrès Colonial, "il paraît
que le gouvernement donne une importance exagérée
à la manifestation. Sur un ordre du chef du pays (le Gouverneur),
deux bataillons composés chacun de 50 hommes, sont descendus
de Vacoas et ont ordre de se tenir prêts en cas d'éventualité.
Voilà où nous en sommes avec le système de
tyrannie qui nous opprime !"
En fait, la guerre pacifique menée par René Mérandon
et autres au nom du gouverneur Hennessy contre les Oligarques
mais qui débouchera trois ans plus tard sur des affrontements
violents à Port-Louis et à Curepipe est une manifestation
contre l'hypocrisie dont font preuve Sir Henry Leclézio
et ses pairs parce que les manifestants ne sont pas prêts
d'oublier les mille misères que les Oligarques avait fait
subir à Hennessy durant son mandat de 1984 à 1887.
D'ailleurs, ces Oligarques, alliés à des officiels
Anglais également opposés à Sir Pope allaient
revenir à la charge pour obtenir sa suspension en 1886
grâce à un commissaire, Sir Hercules Anderson, qui
produisit contre lui un rapport d'enquête tout à
fait injuste. Effectivement, trop pressé à prendre
un bateau qui devait l'emmener à Cape Town, ce commissaire
Anderson procéda de manière expéditive en
recommandant au Bureau Colonial de Londres de se débarrasser
de John Pope Hennessy. Sans donner à ce dernier le temps
nécessaire pour qu'il soumette sa défense contre
des accusations graves portées contre lui. Les manifestants
de la Place d'Armes, parmi lesquels se retrouvèrent Eugène
Laurent et Duclos, fondateur plus tard de l'Action Libérale,
dont l'engagement combiné à celui de Manilall Doctor,
donna lieu à l'émancipation des petits planteurs
et des classes pauvres et moyennes, s'étaient, en plus
souvenu que, entre 1884 à 1886, Pope Hennessy eut à
livrer bataille à ces mêmes gros bourgeois qui s'opposèrent
au Cens démocratique que réclamait Onésipho
Beaugeard et qui introduisit un tant soit peu de démocratie
dans le système électoral en vigueur dans la colonie.
On comprendra, à partir de cette succession d'événements
de l'époque pourquoi s'il est un gouverneur britannique
qui soit définitivement entré dans le cur
des Mauriciens, c'est bien Pope Hennessy !
L'uvre de Pope Hennessy
Irlandais sensible à l'injustice et catholique romain,
Pope Hennessy devint gouverneur de colonies à partir de
1867 à l'âge de 33 ans seulement après avoir
été longtemps député conservateur
à la Chambre des Communes où il s'était distingué
par la qualité de ses discours. Il servit d'abord notamment
à La Jamaïque, aux îles Barbabe et à
Hong-Kong. Dans toutes ces colonies qu'il avait administrées
- Maurice n'en sera que la sixième - Pope Hennessy avait
causé une véritable révolution en s'attirant,
bien entendu, l'hostilité de cliques d'officiels britanniques
bien installées dans leurs privilèges. A Hong-Kong
particulièrement il força, contre vents et marées,
la reconnaissance du fait qu'on devrait traiter les Chinois comme
des sujets britanniques à part entière. Cette position
lui valut ainsi toute la reconnaissance de l'Aborigines Protection
Society de cette colonie britannique du Sud-Est asiatique.
Aussitôt débarqué à Maurice où
sa réputation l'avait précédé, Pope
Hennessy s'attira tout naturellement la sympathie des résidents
de notre pays eux-mêmes en lutte pour de nouveaux droits
civiques. Les gens de toutes classes et races l'accueillent lorsqu'il
descend de son bateau. Douze jours plus tard, il donne aux Mauriciens
des raisons d'être enthousiastes et lors d'un banquet à
la Municipalité de Port Louis, il ose comparer l'île
Maurice au Canada où les sujets de sa Majesté bénéficiaient
déjà d'une certaine autonomie de gestion de leurs
propres affaires. Passant de la parole aux actes, Pope Hennessy
obtint d'abord du secrétaire d'Etat à la colonie,
Lord Derby, qu'il fasse un geste de justice et de réconciliation
politique envers la colonie mauricienne en nommant Eugène
Leclézio comme Chef juge. Puis, toujours sur ses recommandations,
il poussa Lord Derby à prendre d'autres mesures en faveur
du progrès de la colonie ; abolition des taxes sur les
petites industries, dépenses additionnelles d'un million
de roupies en faveur de la reforestation de l'île avec pour
but d'améliorer la santé publique et d'assister
les classes pauvres qui en dépendaient, la mise en place
d'adductions d'eau à partir de la Mare-aux -Vacoas pour
booster les industries et fournir l'eau potable à plus
de 50 000 familles, une avance lourde de 600 000 roupies pour
aider à payer les frais de l'importation dans le pays de
travailleurs engagés de l'Inde dont avaient grand besoin
les sucriers et autres planteurs locaux.
Victime d'injustice lui-même
Mais tout comptes faits, ces mesures précitées ne
furent que menus détails de tout le progressisme dont le
gouverneur John Pope Hennessy fit preuve durant son mandat. Reste
encore à conter son énorme contribution à
doter l'île Maurice d'une Constitution démocratique
semblable à celle qu'il imposa, au péril de sa vie,
à La Jamaïque. Avant son arrivée à Maurice,
la colonie avait vécu pendant plus de soixante-dix ans
sous un régime que Sir Virgil Naz devait qualifier de "despotique".
Durant cette longue période, la grande majorité
des classes locales éduquées avaient adressé
en vain des pétitions au roi britannique pour réclamer
une participation directe dans le gouvernement du pays. En quatorze
mois d'administration seulement, en prenant partie pour les pétitionnaires
dont Beaugeard, Virgil Naz et William Newton et le peuple Mauricien,
le gouverneur parvint à obtenir que le Conseil Législatif
soit composé de moitié de membres officiels nommés
(des Britanniques) et moitié de membres inofficiels, dont
six, des Mauriciens capables, seront élus. Cet exploit
de Pope Hennessy fut loué dans les termes suivants, et
sous un tonnerre d'applaudissements, par Sir Virgil Naz lors d'un
célèbre banquet donné au Collège Royal
et auxquels souscrivirent plus de 600 Mauriciens de toutes origines
ethniques confondues :
"Loyal subjects of the Empire, Mauritians will at last
enjoy that constitutional liberty which belongs to them by right
af birth and which has long been denied to them. By virtue of
the axiom that political power belongs, in the last resort, to
those who hold the strings of the public purse, they will have
hereafter a direct and preponderating voice in the affairs of
their country". Selon Sir Virgil Naz, sans diminuer les
mérites des propres fils du sol mauricien qui avaient contribué
à cette avancée démocratique, il fallait
reconnaître que cette grande victoire avait été
le fait de la volonté personnelle de Sir John Pope Hennessy.
Malgré cette contribution de Hennessy, cela n'empêchera
pas des privilégiés Mauriciens de s'encanailler
avec des officiels britanniques qui lui étaient franchement
hostiles pour le faire suspendre de ses fonctions en 1886. La
condamnation prononcée par Sir Robinson fut qualifiée
de "acte of unparalleled injustice" par Sir William
Newton, en sa qualité d'avocat, de Président de
la Chambre d'Agriculture et de délégué de
la colonie, dans un plaidoyer publié en 1887 sous le titre
: "The Truth about Sir John Pope Hennessy's Case and the
present position of affairs in Mauritius".
Portrait
Raida Peer Mohamed, future politicienne
Je vous propose cette semaine de faire la connaissance d'une jeune
londonienne pas comme les autres. Une jeune fille qui a des idées
bien arrêtées et de solides convictions. Courant
sur ses quinze ans, Raida Peer Mohamed est née à
Londres de parents mauriciens. Son père, Muslim, a été
pendant des années un activiste politique avant d'être
nommé chauffeur du haut commissaire de Maurice à
Londres. C'est dans une famille où on ne parlait et ne
vivait que de ce qui se passait au niveau politique à Maurice
que Raida a été élevée. C'est ce qui
explique sans doute son attachement à Maurice et son engagement
contre le projet de l'incinérateur aux pieds de la montagne
du Corps-de-Garde. Sa montagne a elle.
La pièce où la famille Peer Mohamed a vécu
à Londres a été pendant longtemps le lieu
de rendez-vous des Mauriciens "venus tenter leur chance"
ou faire des études universitaires à Londres. "J'ai
été élevée dans une ambiance de discussions
passionnées qui finissaient toujours par des bagarres et
de grandes réconciliations. Certains de ceux qui venaient
chez nous, surtout les étudiants, sont aujourd'hui entrés
en politiques, sont membres du Parlement mauricien, mais certains
ont fait le contraire de ce qu'ils disaient, quand ils étaient
étudiants, et défendent aujourd'hui des idées
et des partis qu'ils ne supportaient pas autrefois. "Dad
call that political evolution in the mauritian way with a sad
smile." En sus de cet environnement, Raida est venue très
souvent passer ses vacances à Maurice ce qui a établi
des liens très forts avec l'île natale et plus particulièrement
la montagne du Corps-de-Garde, qu'elle appelle sa montagne. Elle
suit à travers des conversations téléphoniques
et des incursions régulières sur internet l'actualité
mauricienne. Raida est par ailleurs très concernée
par la protection de l'environnement et se dit choquée
par ce qui se passe à ce niveau à Maurice. "On
détruit trop facilement ici les historical places
qui sont à l'inverse soigneusement préservées
en Angleterre et font l'objet non seulement de protection, mais
d'une politique d'information qui permet à chacun de comprendre
l'histoire du lieu ou du bâtiment, son importance et les
raisons pour lesquelles il doit être préservé
et protégé. Ici, il y a peu d'informations sur l'histoire
d'un lieu ou d'un bâtiment qui sont en train de diminuer.
Je crois que la préservation des sites historiques et une
bonne information sur la question pourraient être un atout
touristique, comme c'est le cas dans tous les pays européens
et plus particulièrement à Londres. A l'école,
on nous fait faire régulièrement des visites de
bâtiments historiques et de musées pour nous inculquer
cette culture de la préservation. Je trouve que cela manque
à Maurice." Raida a fait lors de ses dernières
vacances qui viennent de se terminer une autre découverte
qui l'a bouleversée. "Je vis toujours à
Camp Levieux, au pied de la montagne du Corps-de-Garde, dans la
maison familiale quand je viens en vacances. Je considère
que cette montagne m'appartient, comme elle appartient à
tous les Mauriciens. J'ai été choquée d'apprendre
qu'on était en train de préparer un grand projet
d'incinérateur avec l'utilisation de la dioxine à
la Chaumière qui se trouve sous la montagne du Corps-de-Garde...
Je suis environment friendly et j'avais déjà
entendu ce nom (dioxine) quelque part. J'en ai fait une recherche
sur internet. J'ai appris que la dioxine avait été
utilisée comme arme pendant la guerre au Vietnam. J'ai
découvert que ce produit est en fait composé de
plusieurs produits chimiques dont l'usage peut être dangereux
pour l'environnement et l'être humain. Si ce projet va de
l'avant, Rose-Hill pou demolished dans peu
de temps. Les vapeurs des radiations des produits chimiques vont
recouvrir la montagne et modifier le climat autour de la montagne
et affecter non seulement les habitants, mais également
les plantations, les élevages d'animaux et les eaux du
réservoir de la Ferme qui alimentent toute la région.
La vie de cette région et du pays sera affectée
negatively for ever. Il faut que les gens se mobilisent
contre ce projet. Il faut leur dire les dangers qui les menacent.
Il faut inclure les communautés qui vivent autour des endroits
où on veut créer de grands projets de développement.
Ils faut qu'ils aient leur mot à dire au lieu d'avoir juste
à subir."
"Si ce projet va de l'avant Rose-Hill pou
demolished dans peu de temps"
Raida n'a-t-elle pas le sentiment de crier dans le désert
alors que les jeunes Mauriciens ne semblent pas affectés
par le projet ? "Les jeunes Mauriciens ne sont pas informés.
Le système d'éducation ne les pousse pas à
s'intéresser à ces questions-là. Ils sont
tellement occupés à prendre des leçons qu'ils
n'ont pas le temps de s'occuper des ces questions. Ce n'est pas
l'envie qui leur manque, mais le temps d'étude est organisé
de telle manière qu'ils n'ont pas le temps. J'ai la chance
de vivre dans un système où la question de la préservation
de l'environnement est très importante. Elle est même
vitale pour notre avenir. En Angleterre, depuis la petite école,
on nous parle de l'environnement, de la nécessité
de sa préservation pour une vie meilleure pour tous, pour
le devenir de l'humanité. J'ai appris qu'on a pu faire
changer des choses, que de grands mouvements sont nés parce
que quelqu'un quelque part a commencé à poser des
questions et à prendre des initiatives. Je pense que si
les jeunes Mauriciens étaient bien informés sur
le projet de la montagne du Corps-de-Garde, ils réagiraient
comme moi. Ils veulent eux aussi vivre dans un monde sans risques
et sans dangers causés par des produits chimiques. Mais
ils ne sont pas informés." Pour mener le combat
contre le projet, Raida a mis au point un plan commencé
ici et qu'elle va développer à Londres où
elle est rentrée cette semaine pour reprendre l'école.
"Je suis sûr que les étudiants de ma classe
à Londres vont réagir tout de suite quand ils seront
informés de ce qui se prépare ici. C'est pour cette
raison que j'ai commencé à faire un dossier sur
le projet de la montagne du Corps-de-Garde. Ce dossier comprend
tous les aspects du projet et souligne ses points noirs, dont
la menace que représente la dioxine. Je vais présenter
ce projet à ma classe, puis je vais demander aux élèves
qui seront intéressés à me donner un coup
de main pour faire un dossier complet, ensuite je vais demander
l'autorisation à l'école d'exposer le dossier dans
le hall afin de conscientiser tous les élèves du
projet et leur demander de parler de la menace qui pèse
sur le Corps-de-Garde à Maurice. Après, on va mettre
le dossier sur internet pour alerter le maximum de personnes possibles.
Il faut que les autorités veillent à ce que les
décisions prises aujourd'hui ne se retournent pas demain
contre le pays, surtout dans le domaine de l'énergie et
de la préservation de l'environnement. On ne peut pas laisser
installer à Maurice une usine qui va utiliser de la dioxine.
By himself the name dioxine means killer." Est-ce que
Raida pense réellement que des investisseurs et des décideurs
politiques vont se laisser influencer par un dossier préparé
par une étudiante de Londres ? "Je sais que tout
cela doit vous paraître idealistic un peu childish
même. Mais si je ne rêve pas de manière
idealistic aujourd'hui quand est-ce que je vais le faire
? Si des investisseurs américains sont disposés
à mettre de l'argent dans un projet avec de la dioxine,
ce qu'ils ne font pas dans leur pays, ils peuvent tout aussi bien
mettre cet argent dans un projet d'énergie solaire. Si
les gens s'organisent, on peut faire reculer les investisseurs.
Ca s'est déjà passé ailleurs dans le monde."
"Je me sens plus safe, plus at home ici
qu'à Londres"
Qu'est-ce qui pousse une teenager de bientôt quinze ans
qui normalement devrait s'intéresser à ce que fait
le prince Harry, ce que dit et fait Britney Spears ou chante le
groupe Tokio Hotel, à aller sur internet passer des heures
pour étudier les effets de la dioxine sur l'environnement
? "Le fait que je veux vivre dans un monde safe.
On dit que je suis une petite vieille pour me chicaner quand je
commence à discuter de ce dossier. Mais s'intéresser
à la défense de l'environnement ne veut pas dire
qu'on est coupé de la vie. Cela ne veut pas dire que je
n'aime pas sortir avec mes amis, aller au cinéma, écouter
de la musique, faire du sport. Mais s'amuser comme les filles
de mon âge n'empêche pas de s'intéresser à
des questions importantes qui concernent l'avenir du monde et
de mon pays." Un pays natal où Raida a bien l'intention
de venir vivre après ses études. "Malgré
ce que j'entends dire autour de moi, quand je suis à Maurice,
sur la violence, je me sens plus safe, plus at home ici
qu'à Londres. Maurice est beaucoup plus hospitalière
que Londres même si on vit matériellement mieux,
avec beaucoup plus de facilités. Ici tout est plus petit,
mais plus humain. Et ensuite il y a le soleil. Vous ne pouvez
pas comprendre ce que représente le soleil et le beau temps
pour une personne qui vit en Angleterre. C'est pour ces raisons
que j'ai l'intention de revenir à Maurice après
mes études. J'aimerais étudier la loi pour devenir
une avocate spécialisée dans les questions ayant
trait à l'environnement avant de venir m'installer à
Maurice." Elle à l'intention de faire de
la politique active "quand j'aurais 25 ans et suffisamment
d'expérience." Pour quelle raison ? "Je
crois que la politique permet de contribuer à la bonne
marche du pays. Il est trop facile de laisser cette responsabilité
au gouvernement et aux politiciens et de se contenter de critiquer
de loin." Sait-elle le nombre d'obstacles à surmonter
à Maurice pour faire de la politique quand on est femme
et de surcroît musulmane ? "On me dit tout ça
tout de suite quand je parle de mon intention de faire de la politique.
Mais j'espère bien que dans dix ans les choses auront changées
sur toutes ces questions et que les mentalités auront évoluées."
En parlant d'évolution, les convictions de Raida concernant
le retour à Maurice peuvent également évoluer
avec le temps." Je ne le crois pas. Depuis que je suis
née, je préfère Maurice à l'Angleterre
et ça n'a pas changé. Au contraire, au fur et à
mesure que je grandis ce désir augmente, devient plus fort."
Et le mot de la fin ? "J'espère que mon appel ici
sera entendu et que d'autres jeunes vont s'intéresser à
ce qu'on veut faire de la montagne Corps-de-Garde et feront circuler
l'information. Si le projet aboutit malgré tout, ce n'est
pas seulement la Chaumière et Rose-Hill qui seront affectées
mais l'ensemble de l'île Maurice."
La prestigieuse Porsche à Maurice
Dans la soirée de mercredi dernier, au Centre de Conférence
International Swami Vivekananda, au Domaine Les Pailles, le Groupe
ABC a présenté des voitures Porsche, fabriquées
à Stuttgart, en Allemagne. La société ABC
ajoute ainsi cette prestigieuse marque de voiture à sa
liste des autres marques qu'elle représente à l'île
Maurice.
C'est devant le Président de la République, sir
Anerood Jugnauth, Lady Jugnauth, le Premier ministre, le Dr Navin
Ramgoolam, son épouse Veena et d'autres personnalités
politiques et du monde des affaires que les membres de la famille
Ah-Chuen, directeurs de la société ABC, ont dévoilé
aux invités les nouvelles voitures. Le Groupe ABC assurera
aux éventuels acquéreurs tous les services offerts
par Porsche, en Allemagne. Un personnel qualifié est déjà
prêt pour donner satisfaction aux clients. Les invités
ont pu assister à une projection sur la voiture allemande
suivie d'un spectacle de danse. Parmi les invités de la
société ABC, étaient présents M. Abdul
Cadjee et son fils Hassen, le premier nommé est le directeur
du Centre Porsche de l'île de la Réunion et responsable
du Pole Porsche dans la région océan Indien, qui
comprend Madagascar et Maurice.
Les Cadjee ont déclaré qu'il n'y a pas moins de
300 voitures de la marque Porsche qui sillonnent les routes à
l'île sur.
C'est dans les années 30 que Ferdinand Porsche, un apprenti
plombier, devenu ingénieur, a fabriqué la première
Porsche. Cette marque depuis, n'a connu que croissance et récompenses
mondiales dans le domaine de l'automobile.
SHIVAJI & MAHARASHTRA DAY 2008
Shivaji : une figure historique et héroïque
( En marge du 48e anniversaire de la création de l'Etat
indien du Maharashtra qui est sera célébré
le 1er mai, Maratha Force, une organisation socioculturelle marathie,
dont le siège est à Palma, rappelle l'importance
de cet événement et fait le récit d'une figure
historique et héroïque, Shivaji, qui a combattu, dès
le 17e siècle pour la liberté et l'intégrité
du peuple marathi.)
The Maratha Force highlights the importance of the annual celebration
of the Shivaji & Maharashtra day for the Marathi community
of Mauritius, hoping that it will help to develop a better understanding
of the reasons for this yearly celebration on 1st May and the
48th anniversary of the existence of the Maharashtra State and
of Shivaji day by the Marathi community.
Shivaji, was born on 19 feb 1627 at Fort Shivneri, in Maharashtra
at the time when the Moghul emperors were trying to conquer the
independent Mohameddan kingdoms of the Deccan. He was the son
of a maratha chieftain , Shahji Bhosle, who had married Jijabai,
a lady superior rank to him .Like many Maratha nobles, Shahji
Bhosle had taken service in the Muslim Kingdom of Bijapur. Being
away for the war, he left the training of his son to his wife
.Jijabai was a very capable and strong-minded woman, and was the
most powerful influence in Shivaji's life. Proud, bigoted and
deeply religious, she brought up her son as a strictly orthodox
Hindu. He early learnt to hate Moghuls as national and religious
enemies, to reverence the Hindu religion and the Brahmins, and
to glory in the legends and traditions of his Maratha forefathers.
Determined to free his land and people
When he grew up, he determined to free his land and people from
the oppression of the Muhammadan kingdom of Bijapur, which at
time was weakened by wars with the Moghuls.
With his devoted followers the Mawles, or Maratha highlanders,
he captured forts and annexed territory, until he established
himself in the impregnable fortress of Pratap Gad. At last, in
1659, Bijapur sent a powerful army under Afzal khan to crush rebel:but
Afzal Khan was slain and the army routed.
Shivaji was intelligent and to establish his position firmly,
he visited the Moghul Emperor at Delhi to secure his protection.
Aurangzeb, however, was suspicious and kept him a prisoner until
Shivaji escaped by a clever trick. Thenceforward he became the
avowed enemy of the Moghuls and by successful campaigns he finally
established his independence and was crowned king at Raigad in
1674.
Shivaji, a national hero for Marathis worldwide
For the Marathis worldwide, Shivaji may be regarded as a national
hero because, by his genius courage and enthusiastic leadership,
he welded the Marathas into a nation (Maharashtra) and then gave
an independent national existence.
Shivaji has been a source of inspiration and pride and will continue
to inspire future generations.
On that occasion, the Maratha Force wish all brothers and sisters
of the Marathi community a happy Maharashtra and Shivaji day.
Obituaire
Sir R. Ghurburrun, ancien vice-président de la République,
est décédé
Sir Rabindranath Ghurburrun, l'ancien vice-Président de
la République de 1992 à 1997 est décédé,
lundi dernier, à Paris (France) où il était
en traitement pour des complications cardiaques. Ses funérailles
ont eu lieu, vendredi, dans son village natal de St. Julien, Flacq,
en présence du Président de la République,
Sir Anerood Jugnauth et son épouse, du Premier ministre,
Navin Ramgoolam, du leader de l'opposition Paul Bérenger,
des anciens présidents de la République Cassam Uteem
et Karl Offmann, de l'ancien Vice-Président Raouf Bundhun,
des ministres et parlementaires auxquels s'étaient joints
de nombreux proches et amis.
M. Rabindranath Ghurburrun, qui aurait eu 80 ans en septembre
prochain, plus connu sous le prénom de Robin, a eu un engagement
d'homme publique très réussi. Après avoir
fréquenté l'école primaire gouvernementale
de St. Julien, il poursuivit ses études secondaires au
Collège New Eton. Il intégra ensuite le Keble College,
à Oxford (Angleterre) pour suivre des études en
administrations publiques avant de finalement s'orienter vers
le Droit. Il obtint son diplôme d'avocat au Middle Temple
et pratiqua au barreau mauricien de 1959 à 1968.
Fervent militant du Parti travailliste, dont il fut un des conseillers
juridiques, à l'accession du pays à l'Indépendance,
Robin Ghurburrun se vit récompensé en devenant le
premier haut-commissaire mauricien à New Delhi. Il resta
à ce poste jusqu'en avril 1976. Il rentra, ensuite, au
pays pour occuper le poste d'Attorney General temporairement tout
en travaillant politiquement le terrain à Triolet-Pamplemousses.
Aux élections générales du 20 décembre
de la même année, sa cohabitation aux côtés
de SSR fut déterminante dans la circonscription, principalement
due au fait de sa grande influence auprès de certaines
sociétés socioculturelles. Élu en deuxième
position, il devint ministre du Plan et du développement
économique. Ce qui l'amena à coprésider des
commissions mixtes franco- mauricienne et indo-mauricienne. Il
fut fait chevalier par la reine d'Angleterre en 1981. Sir Ghurburrun
mit fin à sa carrière politique après la
débâcle travailliste de 1982 (premières élections
60-0). Après cette période, il ne cacha pas une
certaine amertume envers le Parti travailliste dont il fut écarté
de la direction tout comme l'avait été ses contemporains
à l'instar de Sir Harold Walter. C'est ainsi que son rapprochement
avec Sir Anerood Jugnauth lui ouvrit les portes de la vice-
présidence après la proclamation de la République
en 1992. Mais cela ne n'empêcha pas Sir Robin de donner
un coup de main à son fils Sanjeev dans la tentative ratée
de ce dernier de faire également une percée politique,
en tant que candidat travailliste à Triolet-Pamplemousses
aux élections générales de l'an 2000.
Sir Robin laisse le souvenir d'un homme cultivé et affable
comme en témoigne volontiers Cassam Uteem qui affirme avoir
eu le plaisir de l'avoir comme suppléant au Château
du Réduit. A ses proches, Week-End présentes
ses sympathies.
OBITUAIRE
Nari Dastur, tel que je l'ai connu
Avec Air India comme 5e actionnaire, après le Gouvernement
Mauricien, Rogers, Air France et BOAC, commence la belle histoire
entre Nari Dastur et l'île Maurice.
Sir Seewoosagur Ramgoolam avait cru en Amédée Maingard,
comme Indira Gandhi avait cru en Nari Dastur. Tous deux ont bravé
tous les obstacles et sont arrivés à obtenir la
bénédiction de ces deux personnalités.
Nari Dastur a été longtemps aux commandes d'Air
Mauritius en Europe. Il a jeté les jalons d'une base solide
de notre compagnie aérienne et a toujours veillé
sur elle. Il voulait qu'elle aille loin, encore plus loin, toujours
plus loin
Sa famille a été très courageuse. Elle est
restée aux côtés de M. Dastur comme toujours,
depuis le début de sa maladie en février et nous
nous disions qu'il s'en tirerait. Mais cette fois, il nous préparait
sa sortie.
Nari Dastur a écouté ses morceaux préférés
lui faisant revivre les belles années passées auprès
de Kathy, son épouse. Quand sa fille, Gulserene (GS) lui
lisait les messages des amis qui pensaient et priaient pour lui,
il acquiesçait par un signe de la main.
Quelques amis et moi n'avons cesse de dire qu'avec le départ
de Nari Dastur, c'est une page de l'histoire qui est tournée.
Généreux, à l'aise avec tous, petits et grands,
Nari Dastur ne manquait jamais une occasion de rencontrer des
amis lors de leurs passages à Genève et, comme toujours,
il prenait plaisir de faire, une petite promenade mais, ces dernières
années, ses pas se ralentissaient.
Nombreux sont ceux qui l'auront côtoyé dans le temps
où il a été Directeur Général
d'Air Mauritius pour l'Europe. Sa porte était ouverte à
tous, il était d'une simplicité inouïe. Jamais
avare de ses conseils qu'il prodiguait à tout un chacun.
Toujours présent au pied de l'avion pour accueillir des
personnalités mauriciennes. A Maurice, les employés
de MK retiennent sa simplicité et sa gentillesse.
Il avait une fille unique, GS, qu'il adorait, mais à ses
yeux nous étions tous ses enfants
Nalanda, à qui il a donné le goût de la photographie,
Nalini l'espoir de lutter, Priyanka, la joie de ses premiers pas
et ses premiers écrits et bien d'autres.
Il y a 3 semaines, de passage à Paris, je feuilletais le
dernier No. de Islander No 51, Avril - Juin 2008 et je montrais
à des proposés de MK au sol à Roissy, la
photo ci-jointe en leur disant que je ferai parvenir ce numéro
à GS pour montrer à son père, car il est
le seul qui soit encore en vie sur cette photo, entouré
de tant de personnalités
Il aurait pu nous conter
une si belle histoire, mais je suis sûre qu'il nous la réserve
dans l'au-delà.
Depuis samedi 12 avril, Nari Dastur repose sur une colline fleurie
dans une petite tour appelée la Tour du Silence,
C'est tout lui, la simplicité, la beauté et le calme.
Fatima Chuttoo
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