o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 27 avril 2008



  Faits et effets - L'emballement
  Humeur - The same old song
  Interrogations - Rol Parol
  Pris sur le vif - Orange ?


Faits et effets...

L'emballement
Josie Lebrasse


Le 1er mai 2008 s'annonçait comme un autre. Mais non, à mesure que l'on s'approche de la prochaine échéance, le ton monte, les stratégies se dessinent et chacun se positionne. Les rassemblements de la Fête du Travail de cette année devraient, en fait, jeter les bases de la prochaine configuration électorale. Voilà pourquoi c'est si important pour les uns et pour les autres de faire une démonstration de force.

Le MMM qui avait remporté la bataille des foules l'année dernière a, une fois de plus, opté pour une campagne de mobilisation tout à fait transparente avec un calendrier précis et une liste de rassemblements préétablis où chacun était libre de se rendre et où la presse écrite comme parlée était librement admise. Certaines réunions étaient plus réussies que d'autres, mais le fait est que les mauves ont réalisé une bonne campagne qui a démarré à Quatre-Bornes et qui s'achève ce matin à Flacq.

Les thèmes pour démonter le gouvernement n'étaient pas difficiles à trouver et dopés par les résultats du dernier sondage de Taylor Nelson Sofres publié par notre confrère Business Magazine qui place leur leader légèrement devant Navin Ramgoolam comme le Premier ministre préféré des Mauriciens, les dirigeants du MMM ont repris le refrain de Bérenger, PM dans tous les rassemblements, mais le principal intéressé qui n'a pas repoussé ses arguments a, à Sébastopol, vendredi dernier, apportait une nuance en déclarant ne pas avoir particulièrement " soif " de ce poste, d'autres choses dans la vie lui procurant autant de satisfaction. Quoi qu'il en soit, sur la base de sa campagne de mobilisation, le MMM, qui a complètement fait l'impasse sur le MSM, espère, à l'évidence, faire mieux que l'année dernière et c'est tout à fait à sa portée. Ses alliés déclarés, à l'exception du PMSD qui tient un congrès à Curepipe le 1er mai, ont déjà tous tenu leur rassemblement. Dinesh Ramjuttun était à La Louise vendredi, Ashok Jugnauth tient son congrès-anniversaire ce dimanche à La Hindu House. Madan Dulloo a depuis sa célébration du 13 avril, annoncé qu'il serait absent du rendez-vous de la Fête du Travail.

En face du MMM et de ses soutiens, l'Alliance sociale et ses diverses composantes. Le PTr a choisi le thème qui lui semble le plus mobilisateur pour ses partisans, Paul Bérenger. A défaut de meetings et réunions publics, ce sont les animateurs de l'antenne locale des rouges dans les différentes circonscriptions, connues comme le Constituency Labour Party, qui ont battu le rappel des troupes. L'appareil d'État a aussi été utilisé pour essayer de galvaniser ce hardcore fidèle du Labour qui se trouve dans le troisième âge mais un effort est aussi entrepris auprès des femmes en vue d'assurer le nombre à Vacoas jeudi prochain. Navin Ramgoolam ne s'est pas engagé dans cette campagne de mobilisation. Après le sommet sur la pauvreté, il a trouvé que c'était une bonne transition que de se montrer en Porsche. A chacun ses priorités. Il a laissé la responsabilité de mobiliser les troupes non pas au tonitruant James Burty David, mais à Deva Virahsawmy. Reste maintenant à savoir si ce poids lourd fera vraiment le… poids.

Les alliés du PTr ont été extrêmement timides cette année. On n'entend pas parler du MSD de Anil Baichoo qui a eu quelques difficultés à faire oublier ses mauvaises fréquentations politiques. Le PMXD a, disons, fait de son mieux avec une campagne d'affiches et de banderoles pour marquer sa différence comme un parti de "résultats". On ne sait pas si les autres partenaires de l'Alliance sociale ont apprécié, mais les frères Duval ont tenu à montrer qu'ils bossent eux au lieu de s'adonner à des palabres. Le MR de Rama Valayden a attendu la dernière semaine avant de faire coller quelques affiches ici et là mais, sur demande sans doute, il a fallu qu'il se joigne à la croisade anti-Bérenger comme en témoignent ses propos enflammés d'hier. Quant aux Verts Franternels, pas de décision annoncée quant à la stratégie du 1 er mai.

Restent le MSM et Jocelyn Grégoire. Le MSM a bien mené une campagne de mobilisation mais c'est sur le thème Bérenger et à travers des interviews de presse sollicitées et obtenues et des réunions auxquelles la presse était de temps en temps conviée, surtout les vendredis. Pravind Jugnauth a aussi déniché comme thèmes, probablement très mobilisateurs à ses yeux, des critiques contre les " fantasmes " de Lindsay Rivière et Week-End pour un article qui, selon les compte rendus de presse, remonterait à janvier 2007. Pas étonnant qu'avec une telle stratégie, certains et non des moindres se déclarent franchement outrés au point d'annoncer des décisions imminentes.

Quant à Jocelyn Grégoire, ce curé si galvanisateur, si populaire, il est en train de se fourvoyer. Avec son activité consistant à défendre les plus faibles rien qu'à mi-temps puisqu'il est la moitié de l'année aux States, il ne peut être présent lorsque son bon peuple défavorisé est exposé aux intempéries. Pas là non plus lorsque Ste-Croix et Cité la Cure descendent dans la rue pour réclamer leur dû et que le Premier ministre impute ce genre de manifestations à des démarches communales. Il veut de son 1er mai soit, mais il faut aussi qu'il dise avec qu'il était au Domaine Anna vendredi pour une levée de fonds dont les destinataires restent jusqu'ici inconnus. Comme il doit dire au grand public que c'est en compagnie, entre autres, de Mathieu Laclé, conseiller d'Arvin Boolell, celui-là même qui s'était distingué un Jeudi Saint de 2006, qu'il était hier soir à Cité Chebel.

La FCM doit décider de ce qu'elle veut, être un allié de l'un ou l'autre des factions en présence ou ne demeurer qu'une organisation socioculturelle ou socioreligieuse comme d'autres comme le fut le Hizbullah et comme l'est la très contestée - sur le plan interne- , la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation de Somdath Dulthumun. Il y avait l'UC, l'Union Chrétienne montée de toutes pièces par des conseillers du Premier ministre et qui n'ont connu aucun lendemain, aucune existence dans la durée. Faut maintenant savoir sur quoi débouchera l'agitation ponctuelle du moment. Rendez-vous jeudi…




Humeur

The same old song
Jean-Claude Antoine


À la mi-janvier, dès la fin des fêtes de la nouvelle année terminée - sur des périodes de plus en plus courtes eu égard à la baisse du pouvoir d'achat - ils se mettent en branle avant de se mettre en route. Ils, ce sont les politiciens accompagnés de leur staff - s'ils sont au gouvernement - ou de leurs agents-partisans s'ils sont dans l'opposition. Ils vont quadriller leurs circonscriptions, aller voir ceux qui ont voté pour eux aux dernières élections pour les convaincre de venir occuper les bancs des réunions privées et les chaises des congrès nocturnes avant d'aller grossir la foule du 1er-Mai. Ils vont suivre à la lettre un calendrier de réunions établi par les stratèges du parti au cours duquel les leaders viendront se montrer et se faire entendre en fin de meeting. But de l'opération : montrer que le parti est le "mari" des autres en réussissant à réunir la plus grande foule le 1er-Mai. Pour ce faire, les députés vont être obligés de faire du porte-à-porte et aller interfacer avec son électeur. Entendez entendre et subir un chapelet de reproches pour les promesses non tenues de l'année dernière et prendre des engagements qui n'auront aucune suite pour 2008. De toutes les manières, et comme le disait un politicien français, les promesses politiques n'engagent que ceux qui ont la stupidité de croire ceux qui les font.

Ces rencontres débouchent sur des meetings régionaux, organisés comme des fancy-fairs nationaux, à laquelle la presse est invitée et au cours desquels on attaque sévèrement l'adversaire, on couvre d'éloges son parti et son leader - surtout s'il est présent sur l'estrade - et on demande à la foule de partisans de venir en masse au meeting du 1er Mai montrer au pays, à travers les photos du lendemain, " kisannla mari dan sa pei. " Pour atteindre ce résultat, chaque parti doit faire imprimer des affiches et des banderoles, mobiliser ses députés et ses cadres, payer leur essence pour le déplacement, louer la sonorisation, contribuer à l'achat des boissons gazeuses et sandwiches des réunions de préparation, les bières et briyani des après-meetings régionaux. Pour transporter ses partisans afin que ceux-ci puissent montrer " kisannla mari ", il faudra louer des autobus, des camions, des vans et autres 4X4. Faire d'autres affiches, des pubs, acheter de quoi fabriquer des pavillons et des banderoles. Prévoir des pique-niques à la plage - avec briyani et canettes de bière et de boissons gazeuses - après le meeting. Sans compter les " filoires " de pétards pouvant concurrencer ceux de la fête du printemps ainsi que des ballons gonflés a l'hélium. Ce folklore coûte des dizaines de millions aux partis politiques et une impressionnante énergie humaine dans sa préparation et son exécution. Tout ça pour faire faire une photo et des estimations de foule qui seront contestées et démenties, chaque parti étant persuadé - dès le départ - qu'il aura de toutes les façons la plus grande - ou la plus bonne - foule.

N'y aurait-il pas moyen d'utiliser ces sommes et ces énergies gaspillées pour quelques heures le 1er-Mai de manière plus utile par les partis politiques ? Alors que ces partis politiques investissent des millions dans une opération qui ne rapporte rien à personne, sauf aux prestataires de service, des centaines de Mauriciens mangent mal, sont dans une situation précaire et ont besoin d'un coup de main. Sait-on qu'une affiche pour le meeting du 1er-Mai - qui défigure nos villes et nos villages pendant des semaines - équivaut au prix de plusieurs milliers de pains maison ? Est-ce qu'il n'y a rien à faire pour canaliser les folles dépenses du 1er-Mai dans des actions concrètes qui peuvent, pour de vrai, apporter un peu de soulagement à ceux qui en ont besoin et dont tous les partis politiques se disent, sur les estrades, les champions ? Est- il possible d'espérer qu'au lieu de reprendre le 1er-Mai 2009 the same old song, les partis politiques mauriciens vont inventer une manière responsable de célébrer la fête du Travail ? En donnant par exemple les sommes qu'ils dépensent pour le 1er-Mai aux ONG engagées dans l'action sociale et qui ont toutes les peines du monde à trouver les financements nécessaires à leurs engagements ?

Il n'est pas encore interdit de rêver.




Interrogations

Rol Parol
Shenaz Patel


À l'approche du 1er-Mai, on ne peut manquer, une fois de plus, d'être frappé par la vacuité de certains discours. Au gré des configurations politiques du jour, on nous promet qui des révélations fracassantes, qui des dénonciations chocs. Alors que, plus que jamais, nous nous retrouvons dans une conjoncture difficile au présent et angoissante pour l'avenir, où les partis politiques devraient s'adresser à la population de façon adulte, honnête et constructive. Au lieu de s'en servir pour venir faire du nombre à leurs meetings et renforcer la légitimité chancelante de l'une ou l'autre faction.

Et pourtant. L'actualité nous fournit malgré tout, cette semaine, deux exemples de paroles fortes et convaincues, qui préfigurent et entraînent l'action constructive. Qui montrent qu'une autre vois est possible.

Ainsi, dans l'édition du 25 avril dernier du magazine Le Monde 2, Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank et Prix Nobel de la Paix en 2006 pour avoir mis à l'honneur le micro crédit, tient ces propos édifiants.

" Le problème central du capitalisme "unidimensionnel" est qu'il ne laisse place qu'à une seule manière de faire : rentrer des profits immédiats. Le système financier est aveugle à toute autre considération que le profit.

Pourquoi n'intègre-t-on pas la dimension sociale dans la théorie économique? Pourquoi ne pas construire des entreprises ayant pour objectif de payer décemment leurs salariés et d'améliorer la situation sociale plutôt que chercher à ce que dirigeants et actionnaires réalisent des bénéfices ? Tout le monde espère gagner de l'argent en faisant des affaires. Mais l'homme peut réaliser tellement d'autres choses en faisant des affaires. Pourquoi ne pourrait-on pas se donner des objectifs sociaux, écologiques, humanistes ? "

Propos d'un doux rêveur idéaliste et déconnecté de " la réalité du terrain "? Pas du tout. L'expérience réussie de la Grameen Bank prouve au contraire son réalisme et le bien-fondé et la viabilité de sa conviction. Lancée en 1983, cette banque d'un genre inédit s'oppose résolument au système instauré par les banques traditionnelles, qui demandent aux gens d'être solvables avant même de leur prêter de l'argent. "Nous avons inversé le principe même du crédit. Chez nous, moins vous avez, plus vous nous intéressez. Si vous n'avez rien, alors vous êtes prioritaires", explique Muhammad Yunus.

"Quand nous avons commencé, les banques nous disaient: "Vous gaspillez votre argent. Vous ne serez jamais remboursé. Votre système va s'écrouler." Mais c'est leur système qui s'écroule aujourd'hui ", fait-il ressortir. Du côté de la Grameen, par contre, les résultats sont là : depuis vingt-cinq ans, elle a distribué 6 milliards de dollars à 150 millions de familles, sans demander de garantie. Et le taux de remboursement enregistré est supérieur à 95%! La Grameen n'a pas eu recours à des dons depuis 1995 et, comme toute banque bien gérée, elle réalise des profits. Selon une récente enquête, 64 % de ceux qui lui ont emprunté pendant cinq ans sont sortis de la pauvreté chronique. " Notre initiative constitue une opportunité pour ajuster l'ensemble du système financier. Il devrait permettre de penser un nouveau genre de crédit qui ne laisse personne de côté ", déclare Muhammad Yunus.

Pour lui, cette expérience montre aussi la possibilité d'instaurer un " capitalisme social ". Il met ainsi en avant des exemples concrets d'entreprises qui ressemblent à des sociétés capitalistes classiques, qui emploient des travailleurs, produisent des biens et des services, proposent à leurs clients un prix unique et cohérent, couvrent leurs coûts sans rien attendre des dons ou d'une aide gouvernementale, bref des affaires qui tournent. Avec une particularité toutefois, résidant dans le fait qu'elles se destinent à créer un bénéfice social pour une catégorie de population.

" Cela peut être, par exemple, produire une alimentation de qualité destinée aux enfants pauvres en se débarrassant de tous les coûts d'emballage luxueux et la publicité des aliments classiques. Ou encore commercialiser des polices d'assurance-maladie permettant aux plus démunis d'accéder à des soins médicaux. Ou bien se consacrer au recyclage des ordures et des eaux usées qui polluent un quartier où vivent les laissés-pour-compte ".

Pour Muhammad Yunus, il suffit de regarder autour de soi, les idées et les possibilités pour monter ce qu'il appelle un "social business" sont partout.

Paroles et expériences qu'on souhaite entendues. Et pourquoi pas émulées…

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Césaire Aimé. Parole due.

Résonnent les textes et les mots du magnifique hommage orchestré par le poète et écrivain Daniel Maximin à celui qui nous a quitté la semaine dernière à l'âge de 94 ans. Il fut somptueux, pour ces funérailles nationales, de voir la ferveur et la joie avec laquelle un pays tout entier, la Martinique, mais aussi le reste du monde, a honoré Aimé Césaire, cet homme ayant forgé, à travers une parole poétique exigeante, profonde et forte, un combat pour la reconnaissance, l'approfondissement et le respect de l'identité noire mais aussi, au-delà, de l'identité humaine dans sa globalité. Parole qui s'est prolongée dans une action politique ayant permis aux Martiniquais, concrètement, d'aspirer à la matérialisation d'un idéal de justice sociale et d'avancement humain.

Ce qui devrait peut-être faire réfléchir nos harangueurs à la petite semaine, qui n'en finissent pas d'ôter toute pertinence et respect au mot politique...




Pris sur le vif

Orange ?
Jean-Claude Antoine


- Alors toi aussi tu as viré Orange ?

- C'est parce qu'on t'a donné un tee-shirt et un ballon que tu pipe pour eux !?

- Pourquoi tu es mouche jaune comme ça. Mo fine pose toi ene simple ti question.

- Si tu savais ce qu'orange m'a fait subir to napa ti va poz sa question la.

- Qu'est-ce qui t'es encore arrivé. Tu as bloqué ton mobile avec un faux sim code ?

- Pire que ça… un sim tu peux toujours faire débloquer. Aujourd'hui, il y des boutiques qui peuvent activate tout ce que tu veux …

- Mais ki fine arrive toi, toi ?

- J'ai le malheur d'habiter Rose-Hill : voilà ce qui m'arrive !

- Mais qu'est-ce que tu racontes-là. Pas toi-même qui disait que c'était mari bon d'habiter dans le centre de la plus belle ville à côté du Plaza et des magasins.

- En général oui, mais pas dimanche dernier.

- Ki faire ?

- Figure-toi que la veille j'avais réussi à éviter la catastrophe de l'année. C'est-à-dire passer la journée de dimanche chez ma belle-sœur dans son campement. Tu sais comment c'est. Elle passe son temps à faire son étalage grâce à l'argent qu'elle a soutiré en héritage de sa belle-mère en Australie. Sa belle-mère qu'elle ne pouvait même pas voir en peinture ! Quand tu vas dans son campement, elle passe la journée à te monter son électroménager, sa vaisselle, ses nappes, ses robots, ses chaises de Bali en te demandant mais quand vous allez avoir votre campement, hein ? Sur un ton, je te dis ça !!! D'autant plus qu'elle sait que jamais on ne pourra !!! Alors moi, je préfère éviter d'aller là-bas pour ne pas avoir à faire des infusions d'Eferalgan en rentrant chez moi.

- Comment to fine réussi convaincre to mari. Je sais qu'il aime bien aller là-bas, lui. C'est sa sœur après tout.

- Je lui ai dit qu'il y avait une fête dans l'hôtel d'à côté du campement et qu'il y allait avoir du tapage toute la journée. Je lui ai promis une journée en tête à tête, juste nous deux, pour faire un petit gâté. D'ailleurs, je t'avoue qu'on a un peu commencé la veille et on a dit qu'on allait reprendre tout le matin après une longue grasse matinée…

- … je trouve que tu ne sais pas profiter de ce que tu as. Tu est toujours en train de roder plus… ce n'est pas sain, ça… tu devrais aller voir un psy…

- … mais au lieu de jump to conclusion comme toujours et de donner des conseils laisse moi finir de te raconter, foutour !!

- … sorry, bonnefemme… je croyais que…

- … tu es toujours à essayer de me couler… heureusement que tu es ma meilleure amie…

- … alors la, permets-moi de te dire que je n'apprécie pas, mais alors pas du tout…

- … tu vois ce qu'on ressent avec les petites phrases ?... allons mettre ça de côté, toi. Alors dimanche matin à six heures et demi on est réveillé par un boucan ça. Qu'est-ce que je peux te dire. To ti capav croire ki Manchester United et Liverpool pé faire finale FA Cup dans le salon. Un tapage ça qu'est ce que je peux te dire. Il y avait un animateur qui ne parlait pas, mais qui braillait tellement fort qu'on ne comprenait pas un mot de ce qu'il disait, de la musique, des hurlements. Un vrai wachi waya, je te dis.

- Qu'est-ce que c'était ?

- On ne savait pas du tout. Il y avait tellement de tapage qu'on ne pouvait pas s'entendre dans la chambre. Pas besoin de te dire que face à cette situation le p'tit gâté de la veille qu'on devait finir le matin fine monte lor pied…

- … mais alors ki zotte fine faire ? Vous avez téléphoné à la police de l'environnement ?

- … je ne te dis qu'on ne pouvait s'entendre dans une même pièce de la maison … alors téléphoner ! On s'est habillé en vitesse pour aller se rendre un compte. D'abord on n'a pas dû sortir de la cour pour aller sur la rue. Puis quand on est enfin arrivé à sortir, on est entré dans un défilé. Quand on est enfin arrivé devant le Plaza mon mari a poussé un hurlement…

- … pourquoi ?

- … ma chère toute la route royale et la cour du Plaza était de couleur orange…

- … mais évidemment toi. C'était le lancement d'Orange par Mauritius Telecoms. Ca a été annoncé à la télévision samedi soir…

- … permets-moi de te rappeler que je viens de t'expliquer que moi et mon mari on avait autre chose à faire qu'à regarder la télévision samedi soir…

- … aio, c'est vrai, excuse moi, toi. Mais pourquoi il a hurlé alors.

- … tu sais il venait de se réveiller en sursaut avec le wachi wala et quand il a vu cette foule orage il a hurlé : baizé Paul a cédé à Pravind le poste de premier ministre pour 5 ans et le MSM est en train dé célébrer. C'est un cauchemar.

- Il a réalisé après que ce n'était que la manifestation d'Orange, quand même.

- … oui, mais il disait qu'il était choqué par ce cauchemar que nous allés directement chez ma belle sœur pour passer la journée dans son campement. Sans même passer chez nous pour mettre un linge convenable. Je ne te dis pas la journée. Alors tu comprends : depuis dimanche quand on me parle d'Orange, moi je vois rouge !!!!!





o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 27 avril 2008