La cité Beau-Séjour, Quatre-Bornes, vit dans un
véritable traumatisme depuis le week-end dernier. La règne
de terreur, qui y sévit depuis plusieurs années
déjà, a atteint un autre palier avec l'exécution
de Mike Auguste, alias Bouba, aux mains d'agresseurs armés
de machette, de marteau et à coups de crochet de docker.
Des témoins de cet acte d'agression hésitent de
venir de l'avant pour consigner leur version de peur de représailles.
La Major Crime Investigation Team (MCIT), qui a pris le relais
des limiers du CUD de Quatre-Bornes, avec l'interrogatoire du
principal suspect présumé, Patrick Auguste, alias
Gros-Patrick, tente d'établir le mobile de ce meurtre prémédité
et commis avec une extrême cruauté.
Le prévenu Patrick Auguste, qui a retenu les services de
Me Raouf Gulbul, s'est constitué prisonnier, vendredi matin.
Il devra comparaître demain devant le magistrat siégeant
au tribunal de Rose-Hill pour son inculpation provisoire de meurtre
avant de participer à une reconstitution des faits en début
de semaine. Trois autres suspects, soit Philippe Désiré
Firmin, alias Bébète Dibwa, 39 ans, Jean Dominique
Lamoureux, aussi connu sous le nom de Badoune, 33 ans, et Johan
Lagaule, alias Zwazo, 26 ans, sont entendus depuis mercredi par
les enquêteurs, qui tentent d'élucider les circonstances
de ce drame.
A ce stade, Patrick Auguste, qui était recherché
au cours de la semaine par la police, a nié toute participation
dans l'agression mortelle de Mike Auguste. Il a rejeté
catégoriquement toute responsabilité dans ce meurtre
sur les épaules Jean Dominique Lamoureux. C'est ce qu'il
a soutenu dans sa version des faits consignée au QG de
la MCIT aux Casernes centrales, hier matin. Cet éleveur,
qui opère dans la région de Mare-Longue, n'a pas
encore été confronté aux versions discriminatoires
des autres complices et suspects en attendant qu'un témoin
privilégié ne se fasse connaître.
" Létan mo ti arrivé. Bouba (Mike Auguste)
ti ine fini tombé. Ti éna disan ti pe sorti partu
ar li ! ", n'a cessé de répéter
Patrick Auguste aux limiers de la MCIT sous la supervision du
surintendant Yousouf Soopun dans la matinée d 'hier. Il
a donné des indications sur son emploi du temps dans la
matinée du samedi 19 avril.
Le suspect, qui habite Albion, fait actuellement exécuter
des travaux au domicile de sa mère à la cité
Beau-Séjour en vue de le transformer en un Cold Storage.
" Ti éna dimunn, bann mason ek bann élektrisyen,
ti pe travay làbas kan mo ti vini et mo pa konne nanyen
dan sa zafer batté-là ", a-t-il ajouté
en présence de son homme de loi.
C'est à ce stade de son interrogatoire que le suspect Patrick
Auguste devait rejeter toute la responsabilité sur Jean
Dominique Lamoureux. " Badoune ine dire mwa ki Bouba ine
kokin so masin persé. Mo ine dire Badoune ki li pa ti bizin
batte li kumsa. Li ine dire mwa ki li pou amène Bouba dan
landrwa kot li pou alle regagn so masin persé. Mo ti a
kontan dir ki Bouba ti ine fini gagn batté avan mo vini
", a poursuivi en substance le suspect.
Toujours selon les détails fournis par le principal suspect,
Jean Dominique Lamoureux devait embarquer Mike Auguste dans son
véhicule utilitaire en vue d'aller récupérer
les outils volés. Il devait retourner à cité
Beau-Séjour une vingtaine de minutes après. "
Kan Badoune (Dominique Lamoureux) ti returné ti éna
ène bwat dan so lamain. Mo pas fine retruv Bouba ditout
après ", s'est-il appesanti en rappelant qu'il
devait rentrer chez lui après à bord de son véhicule
utilitaire.
Pour la suite de cette enquête, les membres de la MCIT seront
appelés à interroger Patrick Auguste sur des détails
contradictoires versés dans le dossier à charge
suite à la déposition des trois autres suspects
en détention policière. Les informations révélées
par un des trois prévenus, en l'occurrence Désiré
Firmiun, alias Bébète Dibwa, sont considérées
comme étant d'une importance capitale sur le déroulement
de cette dispute et de cette agression mortelle.
Selon les recoupements d'informations, la victime circulait à
motocyclette en compagnie de Bébète Dibwa à
cité Beau-Séjour, samedi matin, quand elle aurait
été prise littéralement en otage par Patrick
Auguste. Celui-ci devait barrer la route à la motocyclette
avant de le tirer vers le Cold Storage en voie d'être aménagé.
Une fois à l'intérieur, Mike Auguste devait subir
les pires supplices aux mains de ses agresseurs sans que personne
ne puisse lever le petit doigt.
Mike Bouba fut agressé violemment à coups de marteau
et de machette sur les rotules et les chevilles, qui avaient été
fracturées. Il fut roué de coups sur tout son corps
et principalement au visage au point de devenir méconnaissable.
Les cris de douleurs et les appels au secours de Bouba ne devaient
servir à rien tant la réputation de Gros-Patrick
faisait peur aux voisins et habitants de cité Beau-Séjour.
Dans un deuxième temps, les agresseurs de Bouba devaient
accrocher un crochet de docker à sa main droite. Après
avoir ligoté les pieds de leur victime tout en reliant
la corde avec le crochet, ils devaient l'amarrer à l'arrière
du 4 x 4 Mitsubishi Strada de couleur rouge en vue de le tirer
dans les rues avoisinantes au vu et au su de tout un chacun.
Après cette exécution, les agresseurs devaient prendre
la fuite dans le véhicule, qui fut retrouvé abandonné
dans la région d'Albion par la police. Mike Auguste a été
transféré au Princess Margaret Orthopaedic Centre
(PMOC) dans un état comateux avec de multiples blessures
sur le corps. Il ne devait pas reprendre connaissance jusqu'à
mardi quand les médecins traitants devaient constater le
décès. L'autopsie fut pratiquée par le Chief
Police Medical Officer (CPMO), le Dr Satish Boolell.
Mais le véritable point noir dans cette sinistre affaire
dans un quartier des Plaines-Wilhems, jugé difficile et
à risques, demeure le mobile de cette " mission d'exécution
". Du côté de la police, l'on accepte difficilement
d'accréditer la thèse que Bouba a succombé
à de multiples et graves blessures pour un simple vol de
perceuse ou de grinder de construction. Les limiers de
la MCIT n'écartent pas la possibilité de pouvoir
établir de liens avec une affaire de drogue en toile de
fond. Affaire à suivre
A Petit Gamin ce matin
Mike Labelle prend part à la reconstutition des faits
du viol
Mike Labelle, un aide-chauffeur de 30 ans, principal accusé
dans l'affaire du viol commis à Petit-Gamin, Baie-du-Tombeau,
lundi soir, a pris part hier matin à une reconstitution
des faits sur les lieux où le forfait a été
commis. Encadré d'une forte escorte policière, menée
par le surintendant Reekoye et le principal enquêteur dans
cette affaire, l'inspecteur Bhojesh Domun, le suspect a également
indiqué l'endroit où le complot visant à
attaquer le couple de veilleurs de nuit a été ourdi.
Noël Victorien est le premier suspect à avoir été
arrêté dans cette affaire, des suites des dépositions
consignées par le couple, à l'effet qu'ils avaient
identifié sa voix comme étant celui d'un de ceux
qui étaient venus frapper à la porte du bungalow
dans la soirée de lundi. La police le soupçonne
comme étant l'un des complices du commanditaire du viol,
à savoir Ignace Jacksony, 55 ans. Ce dernier travaillait
au bungalow en question comme veilleur de nuit, mais le propriétaire
des lieux, un infirmier de profession, avait décidé
de le remplacer par le couple. Le soir où le couple a été
attaqué, c'était, du reste, le premier soir qu'ils
surveillaient le campement.
Mike Labelle, qui est le deuxième suspect dans cette affaire,
a été appréhendé aux aurores hier
matin en son domicile par une équipe conduite par le sergent
Beekhoo, de la CID de Terre-Rouge. Labelle, qui est déjà
connu des services de police pour divers délits, n'a rien
pu faire que de passer aux aveux, après que les limiers
ont découvert des objets volés dans le campement
où le viol s'est produit. Les enquêteurs ont découvert
sur le toit de la maison un jean, un T-shirt, un slip, une cagoule,
à savoir les vêtements qu'auraient portés
le principal suspect, et une paire de chaussures.
Noël Victorien, lui, nie en bloc les faits qui lui sont reprochés
par la police. Mais lors de l'enquête conduite par l'inspecteur
Domun et ses hommes, il a été établi que,
peu de temps avant l'agression et le viol, Noël Victorien
se trouvait en compagnie de... Ignace Jacksony et de Mike Labelle
sur la plage de Le Goulet. C'est là que le complot aurait
été ourdi. Selon la teneur des aveux de Mike Labelle,
il aurait été décidé dans un premier
temps de passer à tabac le couple. Ignace Jacksony lui
aurait dit : "Donne zot enn koreksyon". Mais
Jacksony aurait été encore plus loin en lui demandant
de violer la femme, de façon à ce que le couple
vide les lieux et n'y revienne plus jamais.
Pour rappel, dans la soirée de lundi, le couple de gardiens
a été attaqué vers 23 h 30. Le gardien devait
être agressé à coups de tuyau d'arrosage et
ligoté. Son épouse, 56 ans, devait être violée
sous ses yeux.
Brèves
Maltraité, un garçonnet de sept ans dans le coma
Un gamin de sept ans, brutalisé, tabassé et torturé,
se trouve dans le coma depuis le 14 avril dernier. Le présumé
auteur des sévices, Mamode Soobhan, a été
arrêté par les éléments de la CID de
Port-Louis, conduits par l'assistant surintendant de Police, Reshad
Deelwarally. Dans un premier temps, lorsque le gamin avait été
conduit à l'hôpital Dr Jeetoo le 14 avril dernier,
les proches avaient fait ressortir qu'il avait fait une chute
dans la salle de bains. Mais après un examen approfondi,
il ressort qu'il portait aussi des blessures antérieures
sur tout le corps. L'enquête policière se poursuit
dans cette affaire.
Procès intenté à l'ex-ministre Deerpalsingh-Le
Dr Gujadhur débouté
Le Dr Vasantrao Gujadhur, qui intentait un procès à
l'ex-ministre de la Santé, Kishore Deerpalsingh, a été
débouté en Cour suprême. Le médecin
réclamait des dommages de Rs 25 millions à l'ancien
ministre. Il affirmait que celui-ci l'a malmené verbalement
et l'avait diffamé dans la presse en 1999.
Le ministre avait convoqué le médecin à son
bureau le 4 février 1999. Lors de cette rencontre, selon
le médecin, le ministre l'aurait insulté. Lors du
procès, Me Joy Beeharry, qui paraissait pour l'ancien ministre,
avait fait soulevé que le Dr Gujadhur n'avait pas respecté
l'article 4 du Public Officers Protection Act (POPA). Selon
cette clause, aucune action civile ou pénale ne peut être
entrée contre un fonctionnaire sans une mise en demeure
au préalable. Ce que le Dr Gujadhur n'avait point fait.
Le juge Paul Lam Shang Leen a retenu ce point de droit et a débouté
le Dr Gujadhur.