f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 27 avril 2008



  Le suspect Patrick Auguste : - « Li ti fini gagn batté ! Disang ti pe sorti ar li ! »
  A Petit Gamin ce matin - Mike Labelle prend part à la reconstutition des faits du viol
  Brèves - Maltraité, un garçonnet de sept ans dans le coma


Le suspect Patrick Auguste :

" Li ti fini gagn batté ! Disang ti pe sorti ar li ! "

La cité Beau-Séjour, Quatre-Bornes, vit dans un véritable traumatisme depuis le week-end dernier. La règne de terreur, qui y sévit depuis plusieurs années déjà, a atteint un autre palier avec l'exécution de Mike Auguste, alias Bouba, aux mains d'agresseurs armés de machette, de marteau et à coups de crochet de docker. Des témoins de cet acte d'agression hésitent de venir de l'avant pour consigner leur version de peur de représailles. La Major Crime Investigation Team (MCIT), qui a pris le relais des limiers du CUD de Quatre-Bornes, avec l'interrogatoire du principal suspect présumé, Patrick Auguste, alias Gros-Patrick, tente d'établir le mobile de ce meurtre prémédité et commis avec une extrême cruauté.

Le prévenu Patrick Auguste, qui a retenu les services de Me Raouf Gulbul, s'est constitué prisonnier, vendredi matin. Il devra comparaître demain devant le magistrat siégeant au tribunal de Rose-Hill pour son inculpation provisoire de meurtre avant de participer à une reconstitution des faits en début de semaine. Trois autres suspects, soit Philippe Désiré Firmin, alias Bébète Dibwa, 39 ans, Jean Dominique Lamoureux, aussi connu sous le nom de Badoune, 33 ans, et Johan Lagaule, alias Zwazo, 26 ans, sont entendus depuis mercredi par les enquêteurs, qui tentent d'élucider les circonstances de ce drame.

A ce stade, Patrick Auguste, qui était recherché au cours de la semaine par la police, a nié toute participation dans l'agression mortelle de Mike Auguste. Il a rejeté catégoriquement toute responsabilité dans ce meurtre sur les épaules Jean Dominique Lamoureux. C'est ce qu'il a soutenu dans sa version des faits consignée au QG de la MCIT aux Casernes centrales, hier matin. Cet éleveur, qui opère dans la région de Mare-Longue, n'a pas encore été confronté aux versions discriminatoires des autres complices et suspects en attendant qu'un témoin privilégié ne se fasse connaître.

" Létan mo ti arrivé. Bouba (Mike Auguste) ti ine fini tombé. Ti éna disan ti pe sorti partu ar li ! ", n'a cessé de répéter Patrick Auguste aux limiers de la MCIT sous la supervision du surintendant Yousouf Soopun dans la matinée d 'hier. Il a donné des indications sur son emploi du temps dans la matinée du samedi 19 avril.

Le suspect, qui habite Albion, fait actuellement exécuter des travaux au domicile de sa mère à la cité Beau-Séjour en vue de le transformer en un Cold Storage. " Ti éna dimunn, bann mason ek bann élektrisyen, ti pe travay làbas kan mo ti vini et mo pa konne nanyen dan sa zafer batté-là ", a-t-il ajouté en présence de son homme de loi.

C'est à ce stade de son interrogatoire que le suspect Patrick Auguste devait rejeter toute la responsabilité sur Jean Dominique Lamoureux. " Badoune ine dire mwa ki Bouba ine kokin so masin persé. Mo ine dire Badoune ki li pa ti bizin batte li kumsa. Li ine dire mwa ki li pou amène Bouba dan landrwa kot li pou alle regagn so masin persé. Mo ti a kontan dir ki Bouba ti ine fini gagn batté avan mo vini ", a poursuivi en substance le suspect.

Toujours selon les détails fournis par le principal suspect, Jean Dominique Lamoureux devait embarquer Mike Auguste dans son véhicule utilitaire en vue d'aller récupérer les outils volés. Il devait retourner à cité Beau-Séjour une vingtaine de minutes après. " Kan Badoune (Dominique Lamoureux) ti returné ti éna ène bwat dan so lamain. Mo pas fine retruv Bouba ditout après ", s'est-il appesanti en rappelant qu'il devait rentrer chez lui après à bord de son véhicule utilitaire.

Pour la suite de cette enquête, les membres de la MCIT seront appelés à interroger Patrick Auguste sur des détails contradictoires versés dans le dossier à charge suite à la déposition des trois autres suspects en détention policière. Les informations révélées par un des trois prévenus, en l'occurrence Désiré Firmiun, alias Bébète Dibwa, sont considérées comme étant d'une importance capitale sur le déroulement de cette dispute et de cette agression mortelle.

Selon les recoupements d'informations, la victime circulait à motocyclette en compagnie de Bébète Dibwa à cité Beau-Séjour, samedi matin, quand elle aurait été prise littéralement en otage par Patrick Auguste. Celui-ci devait barrer la route à la motocyclette avant de le tirer vers le Cold Storage en voie d'être aménagé. Une fois à l'intérieur, Mike Auguste devait subir les pires supplices aux mains de ses agresseurs sans que personne ne puisse lever le petit doigt.

Mike Bouba fut agressé violemment à coups de marteau et de machette sur les rotules et les chevilles, qui avaient été fracturées. Il fut roué de coups sur tout son corps et principalement au visage au point de devenir méconnaissable. Les cris de douleurs et les appels au secours de Bouba ne devaient servir à rien tant la réputation de Gros-Patrick faisait peur aux voisins et habitants de cité Beau-Séjour.

Dans un deuxième temps, les agresseurs de Bouba devaient accrocher un crochet de docker à sa main droite. Après avoir ligoté les pieds de leur victime tout en reliant la corde avec le crochet, ils devaient l'amarrer à l'arrière du 4 x 4 Mitsubishi Strada de couleur rouge en vue de le tirer dans les rues avoisinantes au vu et au su de tout un chacun.

Après cette exécution, les agresseurs devaient prendre la fuite dans le véhicule, qui fut retrouvé abandonné dans la région d'Albion par la police. Mike Auguste a été transféré au Princess Margaret Orthopaedic Centre (PMOC) dans un état comateux avec de multiples blessures sur le corps. Il ne devait pas reprendre connaissance jusqu'à mardi quand les médecins traitants devaient constater le décès. L'autopsie fut pratiquée par le Chief Police Medical Officer (CPMO), le Dr Satish Boolell.

Mais le véritable point noir dans cette sinistre affaire dans un quartier des Plaines-Wilhems, jugé difficile et à risques, demeure le mobile de cette " mission d'exécution ". Du côté de la police, l'on accepte difficilement d'accréditer la thèse que Bouba a succombé à de multiples et graves blessures pour un simple vol de perceuse ou de grinder de construction. Les limiers de la MCIT n'écartent pas la possibilité de pouvoir établir de liens avec une affaire de drogue en toile de fond. Affaire à suivre…


A Petit Gamin ce matin

Mike Labelle prend part à la reconstutition des faits du viol

Mike Labelle, un aide-chauffeur de 30 ans, principal accusé dans l'affaire du viol commis à Petit-Gamin, Baie-du-Tombeau, lundi soir, a pris part hier matin à une reconstitution des faits sur les lieux où le forfait a été commis. Encadré d'une forte escorte policière, menée par le surintendant Reekoye et le principal enquêteur dans cette affaire, l'inspecteur Bhojesh Domun, le suspect a également indiqué l'endroit où le complot visant à attaquer le couple de veilleurs de nuit a été ourdi.

Noël Victorien est le premier suspect à avoir été arrêté dans cette affaire, des suites des dépositions consignées par le couple, à l'effet qu'ils avaient identifié sa voix comme étant celui d'un de ceux qui étaient venus frapper à la porte du bungalow dans la soirée de lundi. La police le soupçonne comme étant l'un des complices du commanditaire du viol, à savoir Ignace Jacksony, 55 ans. Ce dernier travaillait au bungalow en question comme veilleur de nuit, mais le propriétaire des lieux, un infirmier de profession, avait décidé de le remplacer par le couple. Le soir où le couple a été attaqué, c'était, du reste, le premier soir qu'ils surveillaient le campement.

Mike Labelle, qui est le deuxième suspect dans cette affaire, a été appréhendé aux aurores hier matin en son domicile par une équipe conduite par le sergent Beekhoo, de la CID de Terre-Rouge. Labelle, qui est déjà connu des services de police pour divers délits, n'a rien pu faire que de passer aux aveux, après que les limiers ont découvert des objets volés dans le campement où le viol s'est produit. Les enquêteurs ont découvert sur le toit de la maison un jean, un T-shirt, un slip, une cagoule, à savoir les vêtements qu'auraient portés le principal suspect, et une paire de chaussures.

Noël Victorien, lui, nie en bloc les faits qui lui sont reprochés par la police. Mais lors de l'enquête conduite par l'inspecteur Domun et ses hommes, il a été établi que, peu de temps avant l'agression et le viol, Noël Victorien se trouvait en compagnie de... Ignace Jacksony et de Mike Labelle sur la plage de Le Goulet. C'est là que le complot aurait été ourdi. Selon la teneur des aveux de Mike Labelle, il aurait été décidé dans un premier temps de passer à tabac le couple. Ignace Jacksony lui aurait dit : "Donne zot enn koreksyon". Mais Jacksony aurait été encore plus loin en lui demandant de violer la femme, de façon à ce que le couple vide les lieux et n'y revienne plus jamais.

Pour rappel, dans la soirée de lundi, le couple de gardiens a été attaqué vers 23 h 30. Le gardien devait être agressé à coups de tuyau d'arrosage et ligoté. Son épouse, 56 ans, devait être violée sous ses yeux.


Brèves

Maltraité, un garçonnet de sept ans dans le coma

Un gamin de sept ans, brutalisé, tabassé et torturé, se trouve dans le coma depuis le 14 avril dernier. Le présumé auteur des sévices, Mamode Soobhan, a été arrêté par les éléments de la CID de Port-Louis, conduits par l'assistant surintendant de Police, Reshad Deelwarally. Dans un premier temps, lorsque le gamin avait été conduit à l'hôpital Dr Jeetoo le 14 avril dernier, les proches avaient fait ressortir qu'il avait fait une chute dans la salle de bains. Mais après un examen approfondi, il ressort qu'il portait aussi des blessures antérieures sur tout le corps. L'enquête policière se poursuit dans cette affaire.

Procès intenté à l'ex-ministre Deerpalsingh-Le Dr Gujadhur débouté

Le Dr Vasantrao Gujadhur, qui intentait un procès à l'ex-ministre de la Santé, Kishore Deerpalsingh, a été débouté en Cour suprême. Le médecin réclamait des dommages de Rs 25 millions à l'ancien ministre. Il affirmait que celui-ci l'a malmené verbalement et l'avait diffamé dans la presse en 1999.

Le ministre avait convoqué le médecin à son bureau le 4 février 1999. Lors de cette rencontre, selon le médecin, le ministre l'aurait insulté. Lors du procès, Me Joy Beeharry, qui paraissait pour l'ancien ministre, avait fait soulevé que le Dr Gujadhur n'avait pas respecté l'article 4 du Public Officers Protection Act (POPA). Selon cette clause, aucune action civile ou pénale ne peut être entrée contre un fonctionnaire sans une mise en demeure au préalable. Ce que le Dr Gujadhur n'avait point fait. Le juge Paul Lam Shang Leen a retenu ce point de droit et a débouté le Dr Gujadhur.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 27 avril 2008