Mai 68 !
Nous allons nous remémorer, dans quelques jours, les événements
qui ont marqué notre génération, voilà
40 ans. Martin Luther King jr a été assassiné.
La guerre du Vietnam, avec l'offensive du Têt, bat son plein
avec ces coriaces Viêt-cong qui défient la plus grande
armée du monde, celle des États-Unis. Les troupes
du général Westmoreland sont aux abois. Et, pendant
ce temps, les enfants de Marx et de Coca-Cola occupent, à
Paris, la Sorbonne avec à leur tête un certain Daniel
Cohn-Bendit qui nargue d'un sourire goguenard un policier masqué
au Quartier Latin.
Pendant ce temps-là, aussi, Léo Ferré chante
sur un air de rumba : "Comme une fille / La rue se déshabille
/ Les pavés s'entassent / Et les flics qui passent, les
prennent sur la gueule..." La "fête" est
totale !
Mon ami et frère, Hervé Masson jr, dit Tivé,
traverse, de la rue des Amandiers, Paris, pour se rendre dans
une loge maçonnique où il devait être initié.
En cours de route, me confia-t-il, il se retrouva en plein cur
de l'insurrection estudiantine. Il décida, sur-le-champ,
de ne pas rejoindre la loge et se joignit aux manifestants du
Quartier Latin. Et il me dira qu'il avait été initié
sur les barricades... Sacré Tivé !
Face à la réaction musclée de la police,
les étudiants parisiens, rejoints par les forces syndicales,
vont forcer le pouvoir politique français à davantage
de retenue. Acculé, le général De Gaulle
se rend à Baden-Baden, en Allemagne, pour rechercher auprès
du général Massu un certain soutien militaire au
cas où "la chienlit" - l'expression est de De
Gaulle - entraînerait la France vers le chaos.
Et pourtant, au cours de ces événements de 68, des
individus d'âges et de conditions divers, touchés
par un certain réveil d'une conscience politique collective,
voulaient témoigner de leur révolte. Ces baby-boomers
de la Seconde Guerre mondiale souhaitaient faire table rase d'un
passé révolu. Et il se sont exprimés à
travers des slogans devenus célèbres. A savoir :
"Cours camarade, le vieux monde est derrière toi !"
Ou encore : "Il est interdit d'interdire !" Et le fameux
: "Sous les pavés, la plage !" Et puis ce poster
montrant un De Gaulle sous la forme d'une ombre chinoise, la main
sur la bouche d'un jeune avec ce slogan : "Sois jeune et
tais-toi !"
Ces jeunes-là s'étaient inspirés des paroles
du dieu Wotan - ou Odin - grand dieu du panthéon nord-germanique,
dieu de la Guerre et du Savoir, qui, dans l'Or du Rhin, déclamait
: "Tout ce qui vit aime le perpétuel changement.
Ce jeu-là m'est nécessaire..."
Il faut aussi voir dans ce mouvement de Mai 68 autre chose qu'une
simple manifestation résultant du conflit de générations.
Mai 68 a mis en lumière le phénomène de la
contre-culture, une culture nouvelle, souvent parallèle
ou souterraine, et qui entre en rébellion avec la culture
officielle, celle-ci, aux mains de l'économie et du pouvoir,
était jugée aliénante, statique, sclérosée,
dépassée ou inutile.
A l'instar d'un François Truffaut, d'un Claude Chabrol
ou d'un Jean-Luc Godard qui, pour le cinéma français,
d'abord, puis international avec l'avènement des cinéastes
"indépendants" américains, qui militèrent
pour une cinématographie révolutionnaire. John Dos
Passos ou encore Henry Miller, pour la littérature, avaient
déjà "doublé" nos jeunes révolutionnaires
"frenchies" sur leur gauche...
A ce moment précis, Louis Aragon s'écrie : "On
a fait des lois, des morales, des esthétiques pour vous
donner le respect des choses fragiles. CE QUI EST FRAGILE EST
À CASSER..."
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 27 avril 2008
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