c o u r r i e r WEEK-END --- dimanche 20 avril 2008



  Polémique ? - La "réponse" de Rajesh Jeetah
  Vol de sculpture à Ferney - Un signe des temps ?


Polémique ?

La "réponse" de Rajesh Jeetah

Mécontent de mon billet d'humeur de dimanche dernier, le ministre Rajesh Jeetah a pris contact par téléphone avec moi mardi soir. Au cours d'une conversation assez décousue, il m'a reproché de commenter son action de manière négative alors qu'il a "de gros succès a son actif". Parmi lesquels, selon le ministre Jeetah, l'opération du lait Amul. Il m'a également expliqué que c'est parce que les Moulins de la Concorde ont menacé de mettre la clé sous le paillasson qu'il avait redonné le contrat de la farine à cet organisme. Et que le leader de l'opposition avait mené une campagne contre la farine chinoise qui avait dégoûté les Chinois. A ce stade de la conversation, j'ai invité le ministre du Commerce à faire parvenir à Week-End une mise au point à mon billet d'humeur dans laquelle il ferait la démonstration de ses gros succès. Il a alors exigé que sa mise au point soit publié à la même place que la rubrique Humeur. J'ai essayé de faire comprendre à Rajesh Jeetah que la place d'un texte dans un journal ne dépendait pas des exigences d'un ministre. Il a terminé la conversation en disant qu'il allait me faire parvenir une réponse pour rétablir les erreurs et les omissions de mon billet d'humeur de dimanche dernier. Le lendemain de cette conversation téléphonique, un employé du ministère du Commerce est venu déposer à la rédaction de Week-End deux cartons de lait Amul dans un sac en plastique à mon intention. Le colis n'étant pas accompagné d'un mot d'explication, je suppose qu'il s'agit de la réponse de Rajesh Jeetah à mon article de dimanche dernier. J'avoue ne pas comprendre le message de cet envoi. Si message il y a...

Jean-Claude Antoine


Vol de sculpture à Ferney

Un signe des temps ?

Le vol de la sculpture en bronze sur le "Dutch Landing Monument" à Ferney pourrait s'inscrire dans la série de vols de métal qui afflige notre pays en ce moment. Pourtant, ce délit-ci est sensiblement différent du saccage des fils téléphoniques et des parapets des ponts. Il s'agit d'un monument emblématique de Maurice, qui figurait sur l'ancien billet de banque de cinq roupies, et un symbole de la côte sud-est de l'île, site de la première colonisation. Ne pas réagir confirmerait que le pays est résolu à l'amnésie, et à la destruction systématique de sa culture.

Le monument, qui est inscrit sur la liste des monuments nationaux protégés par la loi, fut construit par la Société de l'Histoire de l'île Maurice en 1948. En 1998, pour le 400e anniversaire du premier débarquement humain répertorié sur un territoire encore vierge, la Société fixa sur la stèle, une sculpture en bronze, relief de la tête du prince Maurice de Nassau. La plaque disait :

"On the 20th of September 1998 in presence of their Highnesses Prince Maurits and Princess Marilène of Oranje-Nassau was commemorated here the first landing of the Dutch on the island."

Sculpture et plaque ont maintenant lamentablement disparu, résultat des activités de voleurs de métal qui font ce qu'ils veulent dans notre pays. L'œuvre de Szussana Szemok, sculptrice hongroise, n'est plus. Comme lors des vols répétés aux cimetières historiques contre lesquels rien n'est fait, nous sommes en train d'assister sans que rien ne se fasse à la disparition accélérée de notre patrimoine national.

Philippe la Hausse de Lalouvière



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