s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008



  Pollution industrielle à La Tour Kœnig - Les Athion forcés à déménager
  Manupan - Une nouvelle manif envisagée cette semaine à Port-Louis
  NHDC, Camp-Levieux - 50 familles expulsées de leurs appartements
  Quête nationale de T1 Diams du 6 au 8 avril - Appel à la générosité mauricienne pour soutenir les diabétiques
  Plan d'action de l'AHRIM - Les hôteliers mobilisent Rs 40 M pour la communauté
  Combat - Une Mauricienne, dépossédée, livre bataille au système judiciaire français
  A l'initiative de l'IIFS Ltd - Le financement islamique décortiqué par des experts malaisiens


Pollution industrielle à La Tour Kœnig

Les Athion forcés à déménager

"Luciana, 4 ans, des poumons de gros fumeur", écrivait Week-End dans son édition du 1er décembre 2007. Un diagnostic des médecins qui l'avaient admise en urgence alors qu'elle souffrait d'une bronchite aiguë, que confirme un médecin, spécialiste de la médecine du travail, le 24 mars 2008, après que la petite fille soit tombée malade à plusieurs reprises depuis, présentant les mêmes symptômes.

"Kindly find hereunder a report concerning the health of Ms Luciana Athion, aged 4 years old. I have listened to her parents, perused the medical reports of the paediatrician and examined her and I am of opinion that she is suffering from a recurrent chest problem which is being caused by an Environmental Air Pollution situation due to fine carbon dust particles…", écrit le médecin. Certificat médical que Lindsay Athion, le père de la petite Luciana, a fait circuler lors de la réunion de suivi qui s'est tenue le mardi 26 mars dernier au ministère du Logement avec les représentants des Forces vives des complexes résidentiels de la NHDC Les Coquillages et Les Tourelles, en présence de sir Binod Bacha, responsable du comité interministériel travaillant sur ce dossier, des représentants du ministère de la Santé, de l'Environnement, des Administrations régionales, et ceux de la CMT. Face aux problèmes de santé récurrents de sa fille, Lindsay Athion se dit contraint de déménager.

"Depuis que nous habitons Les Tourelles (depuis mars 2007), notre fille ne cesse de tomber malade. Nous avons dû à maintes reprises l'emmener chez le médecin. Elle a des problèmes respiratoires. Comme ses frères d'ailleurs", explique Lindsay Athion. En décembre dernier, sur les conseils du pédiatre de leur fille, à la suite de son hospitalisation, la famille Athion a abandonné sa résidence à Les Tourelles. "Pendant un mois, nous sommes restés chez ma belle-mère. Nous sommes revenus le 31 décembre", explique Lindsay Athion, déplorant que, depuis, les problèmes de santé de la petite Luciana se sont répétés.

Désespérée, la famille Athion est à la recherche d'un autre domicile pour préserver la santé de ses enfants. Ainsi, lors de la réunion de suivi qui a eu lieu au ministère du Logement, Lindsay Athion, a fait circuler le certificat médical sur l'état de santé de sa petite fille de quatre ans, établi par le Dr V. Veeraragoo. Si ce document révèle que les problèmes respiratoires dont souffre la petite Luciana, très probablement causés par les particules de poussière noire, dans son rapport, le secrétaire permanent du ministère de l'Environnement, P. Kallee, confirme également les données à l'effet que des particules noires sont visibles dans la maison des Athion.

Le rapport souligne que le 10 mars 2008, aux alentours de 12h, "in the presence of Mr Lindsay Athion, his house was visited for proof of black soot deposits. The toilet area, laundry & washing area were filled with black soot". Le rapport fait également ressortir que, "further, the children's room, located on the first floor, was visited and black soot deposits were clearly visible on the bed blanket. The stacks from CMT were also apparenty from the children's room". Des photos de ces lieux-dits attestent des particules retrouvées chez les Athion, et qui nuisent très probablement à la santé de la famille et principalement des enfants.

Les autorités se penchent sur ce cas

"Après avoir investi autant dans ma maison, je suis obligé de partir. Je n'ai pas d'autre choix. Il nous est déconseillé de rester ici. Nou zanfan kapav mor", dit-il.

Avec le soutien de ses hommes de loi, il envisage des poursuites légales. Lindsay Athion fait néanmoins ressortir que sir Binod Bacha a repris contact avec la famille après la réunion de suivi. Cela suite à la lettre qu'il lui a fait parvenir et dans laquelle il fait état de la santé de la petite Luciana et des difficultés auxquelles il doit faire face. Sir Binod Bacha lui aurait assuré que "le ministère se penche sur ce cas et que les données sont alarmantes". Le premier nommé indique néanmoins que le certificat médical de Luciana Athion comprend deux volets. "En premier lieu, il y a le historical report. Ensuite, vient le medical report", souligne-t-il. "Mais il y a un grave problème de santé et les autorités y sont très sensibles. Nous nous penchons sur ce cas et nous allons voir dans quelle mesure on peut venir en aide à la famille", dit-il.


Nouvelle réunion prévue le 22 avril au ministère du Logement: L'UoM fournira des explications concernant les normes de pollution

Par ailleurs, les conclusions du rapport des techniciens de l'Université de Maurice (UoM), à la suite d'un stack monitoring exercice conduit entre le 11 et 17 janvier dernier, exonérant la Compagnie Mauricienne de Textile de polluer l'environnement comme allégué par les habitants des complexes résidentiels Les Coquillages et Les Tourelles, La Tour Koenig, laissent ces derniers sceptiques. Pour ces habitants "la pollution existe bel et bien. Nous n'inventons rien. La CMT pollue notre environnement". C'est ce qu'ils ont une nouvelle fois fait comprendre au comité interministériel qui s'occupe de ce dossier, lors d'une réunion de suivi. Pour dissiper les doutes, une réunion a été organisée vendredi dernier, avec les techniciens de l'UoM, en vue d'expliquer aux habitants de la NHDC, les "normes", que respecterait la CMT, certifiant ainsi qu'elle ne pollue pas l'environnement. Néanmoins, si les officiers des différents ministères, ainsi que ceux de la NHDC étaient présents à la réunion, les membres des Forces Vives, par contrainte de temps, n'ont pu s'y rendre. Une nouvelle réunion est prévue pour le 22 avril. De même, si cette rencontre est très attendue par les habitants de la NHDC, ces derniers, réclament une contre-expertise du 'stack monitoring'effectuée. Affectés par des émanations de particules de poussière provenant de la chaudière de la CMT, les résident de Les Tourelles et de Les Coquillages comptent bien demander des explications aux techniciens de l'UoM. Ils soulèvent plusieurs interrogations, faisant ressortir qu'ils ne comprennent pas "quelles sont ces normes ?". D'ailleurs, disent-ils, est-ce que même si cette fumée est nocive à la santé de la population, parce qu'elle est aux normes nous devons nous taire ? Ces habitants déplorent également que l'étude conduite par l'UoM "ne reflète pas la réalité". Ils soutiennent que le stack monitoring exercice a été effectué sur une semaine, alors que l'usine avait effectuée un nettoyage complet de sa chaudière, une semaine plus tôt. "Nous, nous sommes là tous les jours et nous sommes victimes de ces fumées noirâtres et de l'odeur nauséabonde qui se dégage de l'usine", disent-ils. Qui plus est, font ressortir ces habitants, la CMT était parfaitement au courant des tests effectués, les résultats de ces tests effectués sont peut-être erronés.

C'est pourquoi, ils estiment qu'une contre-expertise devrait être effectuée. Les représentants des habitants de la NHDC ont ainsi fait savoir au comité interministériel que la situation ne s'est pas améliorée. Ils continuent à être incommodés par les particules de carbone émises par les cheminées de la chaudière de la CMT, ainsi que l'odeur nauséabonde qui se dégage des cinq cheminées de l'usine. Le comité interministériel a pris bonne note des doléances, assure sir Binod Bacha, soutenant que "nous avons noté le rapport du ministère de l'Environnement surtout, ainsi que celui de la Police de l'Environnement, les photos en particulier, démontrent des particules noires dans les plus proches résidences de Les Tourelles. Tout le monde s'en est rendu compte, surtout avec les photos". Toutefois, souligne-t-il, "personne n'a dit qu'il n'y avait pas de pollution. La CMT opère simplement selon les normes. Mais il se pourrait qu'il y ait d'autres sources de pollution". Il espère une plus grande coopération des habitants de la NHDC pour faire progresser le dossier. "Nous devons trouver des solutions et nous demandons aux forces vives de ne pas hésiter à nous contacter pour leurs doléances." De même, ajoute-t-il, le ministère de la Santé est disposé à conduire des examens médicaux approfondis pour tous les cas qui lui seront présentés. D'où la requête du comité interministériel aux habitants de la NHDC ainsi qu'à la CMT ; pour soumettre d'ici à une semaine maintenant un rapport sur la situation. Par ailleurs, concernant un contre-rapport que le député mauve de la circonscription n° 1, Jean-Claude Barbier, aurait en sa possession, Sir Binod Bacha indique que "nous avons eu vent de ce rapport, mais nous n'avons pas de détails". Il fait ressortir que le comité interministériel est intéressé à prendre note de ce-dit rapport.


Manupan

Une nouvelle manif envisagée cette semaine à Port-Louis

Les 297 employés de Manupan s'impatientent. Même si un repreneur a déjà été désigné pour relancer les activités de l'usine de textile de Plaine Lauzun, placée sous administration judiciaire en janvier dernier, les choses ne semblent pas avoir évolué par rapport au sort des travailleurs.

"Nou touzour pas koné ki pou arrive nous plis ki dix jours après ki fine annoncé officiellement ki International Blueberry Ltd pé repran l'usine avec tous so travayers", déclarent les employés concernés. Leur inquiétude s'est agrandie cette semaine lorsqu'ils ont reçu leur salaire pour le mois de mars. "Nous fine gagne six jours salaire. Li pa faire même Rs 1000 pou enn mois ! Kouma nou pou faire pou honore nou bann langazman ?" se demandent-ils.

Une rencontre est ainsi prévue ce mercredi au siège de la Federation des travailleurs unis (FTU), Port-Louis. Atma Shanto, négociateur pour le compte de la Export Entreprise Employees Union (EEEU), ajoute que depuis l'arrêt des activités de l'usine, les travailleurs se sont rassemblés à trois reprises dans la capitale pour faire entendre leur voix, notamment devant la Victoria House, immeuble abritant le ministère du Travail et des Relations industrielles, et devant le Parlement.

"Quinze jour fine passé et tou séki nous fine tendé pa fine traduire dans réalité. Receiver Manager pas ankor rencontre bann travayers ziska ler. Nous demand enn rencontre avec minis travay, Vasant Bunwaree, pou exprime nou bann inquiétudes. Mercredi, nou pas pou énan le choix. Si bizin desann dans lari, nou ava refaire li pou bann dirigeants sa péi-là konpran soufrans bann travayers", déclare-t-il.

Le syndicaliste dénonce également l'attitude de certaines personnes qui faisaient partie de la direction de Manupan. Il soutient que ces personnes tenteraient d'influencer les travailleurs à manifester devant la Mauritius Commercial Bank (MCB). "Je tiens à faire ressortir que nous n'avons jamais pris une décision dans ce sens au niveau du syndicat", soutient Atma Shanto.


NHDC, Camp-Levieux

50 familles expulsées de leurs appartements

Une cinquantaine de familles, habitant les appartements de la NHDC de Camp-Levieux, à Rose-Hill, ont été sommées, par le biais d'un Eviction Order, de quitter leur logement respectif. Cet ordre qui a été émis il y a quelques jours, stipule que les familles doivent évacuer les lieux le plus tôt. Propriétaires de leur logement depuis de nombreuses années, pour certaines, celles-ci ne se sont plus acquittées de leur mensualité. Après plusieurs avertissements, elles ont été invitées à s'en aller. "Elles reconnaissent leur tort. Elles acceptent le fait qu'elles n'ont pas payé leur mensualité et cela pour différentes raisons. Mais, elles se disent disposées à s'acquitter de leurs dettes. C'est pour cette raison que nous demandons au gouvernement de considérer chaque cas selon sa situation. Le gouvernement devrait dans ce contexte, faire preuve d'humanité. Plusieurs familles comprennent des mères célibataires, des femmes dont leurs conjoints sont en prison…", explique Shamirah Malleck, présidente de l'aile féminine de l'Union Nationale. Cette dernière qui visitait les familles concernées, vendredi soir, précise également que son parti donne un ultimatum d'une semaine au gouvernement pour régler le problème de ces familles. "Si passé ce délai, rien n'est fait, ces familles manifesteront", ajoute Shamirah Malleck.


Quête nationale de T1 Diams du 6 au 8 avril

Appel à la générosité mauricienne pour soutenir les diabétiques

En vue de récolter des fonds pour que T1 Diams, association qui lutte en faveur des personnes (principalement les enfants) atteintes du diabète de type 1, puissent poursuivre ses activités, l'association organise du 6 au 8 avril, son Flag Day annuel. L'organisation fait ainsi appel à la générosité des mauriciens pour soutenir les diabétiques. L'argent recueilli servira à acheter du matériel nécessaire aux diabétiques, notamment des bandelettes pour les tests de glycémie, de l'insuline et les seringues… Les fonds récoltés serviront également pour le maintien de l'encadrement mis en place par T1 Diams pour ses membres, ainsi que pour l'organisation de différentes activités d'éducation et d'information. En effet, mis sur pied depuis août 2005, T1 Diams ne perçoit aucun soutien financier de l'État. Pour mener à bien ses actions, elle dépend directement de levées de fonds et sur la générosité de diverses entreprises. L'association en est à sa deuxième quête nationale annuelle. Soulignons que suivant sa première quête nationale en avril 2007, l'argent récolté par T1 Diams a contribué à compléter le budget qui a permis à l'association d'ouvrir des locaux à Vacoas où un centre pour diabétique de type 1, ouvert du lundi au samedi, a été aménagé avec un personnel à plein temps (comprenant du personnel administratif ainsi qu'une éducatrice spécialisée en diabète). Grâce au soutien de la population, T1 Diams a ainsi atteint certains de ses objectifs, dont l'occasion pour ses membres de participer à des activités éducatives à travers l'île, la provision pour plus de 20 000 tests de glycémie et de 10 000 seringues à insuline, quelque 500 consultations gratuites à ses membres chez des endocrinologues, nutritionnistes, optométristes, pédiatres et psychologues, ainsi que le soutien aux familles à domicile, à l'école et dans les hôpitaux. Néanmoins, l'association se destine à proposer un projet en ligne avec ce qui se fait déjà à l'étranger. Motivée pour offrir les meilleurs soins possibles aux diabétiques de type 1 à Maurice, T1 Diams compte sur la contribution de la population mauricienne. Ainsi, dans le cadre de ce Flag Day, les volontaires de T1 Diams pour la quête seront présents dans les cinq différentes villes, ainsi que dans les villages suivant : Mahébourg, Grand-Baie, Tamarin, Goodlands et Flic-en-Flac. D'autres volontaires seront dans les centres commerciaux suivants à Ruisseau Créole, au Centre Commercial d'Ébène, au Jumbo de Phœnix et de Riche Terre et à l'hypermarché de Shoprite. Ceux qui veulent contribuer financièrement à améliorer la vie des diabétiques de type 1 peuvent également le faire par virement bancaire sur le numéro de compte : 01 49 42 615 de la MCB.


Plan d'action de l'AHRIM

Les hôteliers mobilisent Rs 40 M pour la communauté

Rs 40 M pour mieux intégrer les hôtels dans leur environnement et contribuer à l'amélioration du cadre de vie à Maurice. C'est ce que propose l'AHRIM, qui a lancé, jeudi dernier son plan d'action citoyenne. Élaboré sur une base commune avec tous les partenaires du secteur, ce plan vise à optimiser les ressources tout en apportant un impact plus significatif. En effet, si l'action citoyenne est déjà en pratique dans la plupart des hôtels membres de l'AHRIM depuis de longues années, l'association a décidé d'opter pour un plan d'action commun et structuré. Les axes prioritaires de ce plan d'action s'orientent autour du développement communautaire, de l'amélioration de l'environnement ainsi que de l'échange et du partage.

Au niveau du développement de la communauté, l'AHRIM souhaite renforcer le soutien accorder pour la formation, l'éducation, la lutte contre l'absentéisme et l'échec scolaire. Outre la lutte contre les fléaux sociaux, l'amélioration des logements, la contribution à la construction de centres polyvalents, les membres accorderont également leur soutien aux éleveurs de porcs et aux familles des disparus. À travers l'aménagement de plages publiques, la mise en terre d'arbres, l'éclairage de routes, nettoyages…, l'AHRIM soutiendra les projets visant l'embellissement de certaines régions touristiques. Au niveau échange et partage, ce plan d'action vise ainsi l'organisation de concerts régionaux, de parrainage, de compétitions sportives, ainsi que l'organisation de journées portes ouvertes au sein des hôtels pour sensibiliser les jeunes aux métiers de l'hôtellerie. Les hôteliers envisagent par ailleurs de partager le savoir-faire de certains métiers avec les commerçants des villages, notamment en termes de cours de pâtisserie, boulangerie, décoration, jardinage… Pour mener à bien ce plan d'action, qui mobilisera un budget de Rs 40 M, une personne a été spécialement recrutée pour identifier les projets en fonction des priorités sociales, environnementales et d'échanges. Ce sont les hôtels, de manière individuelle ou régionale, qui, dans la plupart des cas, soutiendront ou participeront aux projets et initiatives identifiés. L'AHRIM ne le fera que pour certains projets. Notons que le Conseil de l'AHRIM a par ailleurs recommandé aux membres profitables de contribuer sur une base volontaire à hauteur de 2 % de leurs profits à ce plan d'action et aux autres de participer à certaines activités sur une base ad hoc. Par ailleurs, l'AHRIM entreprend actuellement la publication d'un annuaire des fournisseurs. L'objectif derrière cette publication est de donner aux fournisseurs existants et potentiels une plateforme professionnelle en vue de se faire connaître. Cet annuaire servira également d'outil de travail aux hôteliers existants et futurs.


Combat

Une Mauricienne, dépossédée, livre bataille au système judiciaire français

Le président Français, M. Nicolas Sarkozy, est en présence d'une requête d'une citoyenne française, d'origine mauricienne, lui enjoignant à réformer l'Ordre des Avocats et la Chambre des Notaires français par la création d'organismes neutres aptes à résoudre les problèmes du citoyen lésé par ce type de professionnels. Pour faire aboutir son action, madame May Dupe, la femme à la base de cette initiative, vient de faire un premier livre rédigé sous forme d'une lettre ouverte à Monsieur Sarkozy intitulée Plaidoyer pour une Nouvelle Justice en France. Dans un même élan, elle a mis sur pied une ONG, dénommée Nouvelle Justice, à laquelle elle invite les citoyens victimes de magouilles judiciaires à se joindre en masse.

Le combat de May Dupe est gigantesque. Dans une France qui se veut la patrie des Droits de l'homme, elle n'entend, semble-t-il, ni plus ni moins, corriger les lacunes de la fameuse Théorie de la Séparation des trois Pouvoirs de Locke et Montesquieu. Cette théorie, socle de toutes les sociétés démocratiques de la planète, a, selon May Dupe, "sans le vouloir, organisé l'impunité des avocats et notaires en l'absence de contrôle véritable de ces professionnels du droit".

Dans son premier livre (qui sera suivi d'un deuxième sous le titre C'est arrivé à Cannes) May Dupe, relate son propre vécu et dénonce l'Ordre des Avocats et La Chambres des Notaires Français, lesquels constituent à ses yeux, "de vrais leurres offerts aux Français en guise de recours contre les abus de pouvoir de certains avocats et notaires dans l'exercice de leurs fonctions". L'auteur dit mettre en évidence, avec force détails, "les failles du système judiciaire français, nées de la théorie de John Locke et Montesquieu". Elle expose les dérives, la mauvaise foi, ainsi que les simulacres de mises en œuvre de défense et les procédés inadmissibles conseillés par ses propres avocats et notaires, qui selon elle, ont abusé de sa confiance.

"Une vie aspirée vers le bas !"

May Dupe, une Mahébourgeoise établie à Cannes depuis la fin des années 70 se décrit "de souche espagnole (descendant du poète castillan Garcilaso de la Véga), mais anglaise née à l'île Maurice, peu familiarisée avec le Droit et les rouages du système judiciaire français". Elle raconte comment, avec la complicité de ses propres avocats et de son notaire, elle a été dépossédée d'un bien immobilier estimé à 6 millions 800,000 francs par les enfants nés du premier lit de son mari décédé.

May Dupe, comme l'atteste son état civil, était effectivement marié à Gilbert Dupe. Membre de l'Académie d'histoire, Officier de l'Ordre national du mérite, Chevalier de la Légion d'honneur, Gilbert Dupé, qui dirigea notamment pendant trente-cinq ans le Théâtre des nouveautés à Paris, était considéré comme un homme de lettres et romancier de premier plan selon un hommage que lui avait rendu à sa mort le journaliste Paul Westphal dans un article publié dans la presse française le 3 octobre 1986. Ecrivain prolifique, Gilbert Dupe avait été l'auteur de trois œuvres qui avaient permis au talentueux acteur que fut Charles Vanel, Breton comme lui et dont il était un proche, de connaître la célébrité au cinéma (La ferme du pendu, Le bateau à soupe et les Mauvents).

Selon May Dupe, c'est ainsi, qu'à la disparition de son mari en 1985, dont elle était la dernière épouse, elle et son unique fils, dernier né de Gilbert Dupe, alors âgé seulement de neuf ans, ont hérité d'un appartement sis au rez-de-jardin de la Résidence Camille Amélie, au 139, avenue du Maréchal Juin, à Cannes, le tout estimé à 6 800 000 francs. Toutefois, suite au décès de Gilbert Dupe, des enfants d'un premier lit firent pratiquer une saisie-arrêt de l'ensemble de ses avoirs bancaires et assignèrent May Dupe à l'effet d'obtenir le rapport à la succession d'une somme d'un million de francs. May Dupe affirme avoir fait entièrement confiance à ses avocats et notaires pour faire respecter ses droits et ceux de son fils, mais, qu'en fin de compte, ces professionnels, "de véritables imposteurs qui ont fait primer leurs propres intérêts", selon elle, l'ont menée en bateau au point de lui faire tout perdre. "J'aimais la musique et le chant lyrique. J'avais étudié et ne m'intéressais qu'aux poètes et à la littérature française. C'était un univers plein d'insouciance. Par les manquements de mes avocats à leurs devoirs, je me suis retrouvée asphyxiée financièrement, privée de support juridique. Je restais suspendue au-dessus du grand vide qui venait de se creuser sous mes pieds aspirant ma vie vers le bas", affirme-t-elle.

Face à cette situation, selon May Dupe, elle a essayé d'obtenir l'intervention de l'Ordre des Avocats et celle de la Chambre des Notaires pour que ces institutions s'assurent que les avocats et notaires s'acquittent correctement de leurs devoirs envers leurs clients, mais en vain. Elle affirme aussi que "le flot de plaintes adressé au Ministère de la Justice durant toutes ces années, voire des décennies, cherchant à attirer son attention sur les abus des avocats et notaires, est resté sans effet. Les Ministres de la Justice qui se sont succédés ces vingt dernières années ont tous déclaré, par écrit, leur incompétence". Mais, pour May Dupe, "l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernants. Il conviendrait que ceux-ci se rappellent leurs droits et leurs devoirs afin que les réclamations du citoyen fondées sur des principes simples et incontestables aboutissent. A l'évidence, ces lois édictées par la morale dans un souci de justice ne sont pas toujours respectées par tel ou tel avocat et notaire, qui les bafouent purement et simplement. L'esprit même de la loi inspirée de l'humanisme est constamment déformé !"

Le chargé des questions de Justice de l'UMP se dit "scandalisé !"

S'il n'est pas échaudé déjà par les difficultés que rencontre, ces jours-ci, son actuel Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Mme Rachida Dadi avec sa loi de rétention de criminels après la purge de leurs peines et, surtout, si le Président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, est un homme de parole - comme d'ailleurs il le revendique souvent - il devrait, d'ici la fin de son mandat, accorder l'attention qu'il a promis à la requête de May Dupe.

M. Sarkozy a reçu jusqu'ici deux correspondances de May Dupe que celle-ci a reproduit dans son livre. Mais, c'était avant que M. Sarkozy n'accède à l'Elysée. Mais, déjà aussi dans sa réponse à une lettre du 13 septembre 2005, Nicolas Sarkozy a indiqué à Mme May Dupe que son combat n'est pas sans pertinence.

"J'ai bien noté aussi votre volonté de dénoncer le dysfonctionnement du système judiciaire actuel au moyen d'une publication mais aussi d'une plus grande implication sur les débats qui entourent ce sujet", affirmait Nicolas Sarkozy avant de, finalement, transmettre la lettre de Mme May Dupe à monsieur Jean-René Lecerf, Sénateur du Nord et Secrétaire National de l'UMP en charge des questions de justice. En moins d'une semaine, soit le 26 septembre 2005, M. Lecerf a déclaré avoir "examiné avec grande attention le contenu d'une lettre transmise par Nicolas Sarkozy". "Je ne puis qu'être scandalisé devant l'avalanche de dérives et de mauvaise foi dont vous avez été victime et devant les procédés inadmissibles qui vous ont été conseillés abusant ainsi de votre légitime confiance. Je ne puis en revanche critiquer les différents Gardes des Sceaux que vous avez sollicité. Ils ne pouvaient que prendre acte de leur totale impossibilité d'intervenir dans un litige ayant fait l'objet de décisions de justices définitives" assurait M. Lecerf. Le sénateur devait informer Mme Dupe qu'il saisissait "le groupe de travail de l'UMP de votre proposition de réforme et vous assure de l'attention qui sera portée aux différentes suggestions que votre malheureuse expérience vous ont amené à vous exprimer afin d'éviter le renouvellement de pareils errements".

Convaincue que les abus de pouvoirs et escroqueries de certains avocats et notaires constituent de nos jours un véritable phénomène de société qui broient et brisent impunément des vies humaines, Mme Dupé a lancé son organisation Nouvelle Justice en battant le rappel de tous ceux qui en ont été victimes comme elle. "Une voix devait s'élever de la foule pour faire constater ces dysfonctionnements qu'il importe de corriger par la création d'organismes neutres aptes à résoudre les problèmes du citoyen lésé par son avocat ou notaire. Un contrôle doit sauvegarder les droits de l'homme et du citoyen quelque peu négligés par Locke et Montesquieu. Ainsi sera, enfin, protégé le citoyen Lambda et appliquée, en France, cette fameuse Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789 que tout le monde envie à ce pays". Parole d'une combattante...


A l'initiative de l'IIFS Ltd

Le financement islamique décortiqué par des experts malaisiens

Éclaircir, à l'intention de l'ensemble des Mauriciens, tout le mystère qui entoure le financement islamique en expliquant son mode d'application : c'est, en substance, l'objectif de l'Islamic Finance Week qu'organise l'International Islamic Financial Services Ltd (IIFS Ltd) (Mauritius) et l'Islamic Finance Consulting (Malaysia) en collaboration avec le Learning Centre du CIM Financial Group du 15 au 18 avril prochains au Domaine Les Pailles.

Selon M. Hussein Rassool, Chief Executive de l'IIFS Ltd, le financement islamique basé sur la charia (Loi canonique de l'Islam) a pour fondement principal la proscription résolue des pratiques usuraires en matière de prêts.

Ce mode de financement, explique-t-il encore, basé sur une éthique d'équité couvre tout un éventail de financements allant du microcrédit au marché des capitaux en passant par le Retail Banking et le crédit-bail.

Généralement perçu par les banquiers occidentaux comme une curiosité, selon l'IIFS, l'Islamic Finance, plutôt que d'être considéré comme une menace, est susceptible de permettre le dialogue entre occidentaux et musulmans.

D'ailleurs, explique M. Rassool, alors qu'il était longtemps limité qu'aux seuls États à prédominance islamique, ce mode de financement prend, depuis ces dernières années, de l'essor ailleurs, dans le monde, notamment, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en Suisse, au Japon, en Chine et en Inde.

Dans le cas de Maurice où l'idée fait son chemin et où la Banque centrale a, déjà, préparé le cadre indicatif pour sa mise en application, l'objectif, notamment, visé par les autorités, est de capter une partie des capitaux du Conseil de coopération du Golfe persique où, selon les estimations, plus de 50% du service financier sera Shariah compliant d'ici à 2015.

L'IIFS Ltd qui s'est fixé pour objectif de promouvoir le financement islamique à Maurice, dans l'Océan indien et en Afrique australe par le biais de séminaires, de conférences, d'ateliers de travail et en assurant l'expertise nécessaire en la matière auprès d'opérateurs économiques s'est adjoint de l'expertise de l'Islamic Finance Consulting de la Malaisie, cabinet d'experts-conseil dans ce domaine.

Ce sont, d'ailleurs, des experts de ce cabinet malaisien qui assureront l'animation à l'Islamic Finance Week prévue du 15 au 18 avril à Pailles. Les responsables du Learning Centre de CIM Financial Group sont, eux, les partenaires dans les activités de formation.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008