p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008



  Sondage Sofres - Bérenger devance légèrement Ramgoolam
  Décision du Bureau politique hier - Le MMM seul le 1er-Mai
  POLITIQUE au Square Guy Rozemont - Selon le Ptr, le MMM s'active à relever le démon communal
  Tragiques inondations du 26 mars - Le MSM n'en démord pas : "Gokhool bizin lev paké alé !"
  Assemblée nationale: Mardi dernier - Walk-out de l'opposition pour protester contre Dharam Gokhool
  Ça va se savoir


Sondage Sofres

Bérenger devance légèrement Ramgoolam

La SOFRES a réalisé un sondage pour le compte de Business Magazine, entre le 26 février et le 3 mars. Cet exercice a été réalisé auprès de 600 personnes de plus de 18 ans représentatives de la population mauricienne. Les observateurs soulignent que le sondage a été réalisé juste avant deux événements qui ont bouleversé le pays et auraient influé sur les résultats : l'interpellation des deux journalistes de Radio One et les pluies diluviennes et leurs conséquences dramatiques. Voici les principaux résultats de ce sondage.

La première question concernait le bilan de l'action gouvernementale. 64% des sondés trouvent l'action gouvernementale négative contre 36% qui la trouvent plutôt positive. En octobre 2007, lors du précédent sondage, les négatifs étaient 62% tandis que les réponses positives étaient de 36%. En ce qui concerne l'évolution de l'économie nationale, 69% de Mauriciens se disent insatisfaits contre 31% de satisfaits. Là aussi on note une augmentation du nombre d'insatisfaits par rapport au dernier exercice réalisé il y a six mois.

En ce qui concerne la situation économique du pays, 54% de sondés pensent qu'elle va se détériorer contre 35% qui soutiennent qu'elle va s'améliorer. Il y a un léger regain d'optimisme sur cette question par rapport au dernier sondage, le nombre d'optimistes étant passé de 33 à 35%. Il est bon de noter que les plus optimistes sur l'avenir économique sont les hommes qui sont 41% contre les femmes à 58%.

Au niveau politique et pour les 54% des sondés qui ont accepté d'être interrogés sur leurs préférences politiques, le PTr arrive en tête avec 24% d'intentions de vote (-1%). Il est suivi du MMM avec 20% (-2%) du MSM avec 7% (-2%) du PMXD et du MR à 1% chacun tandis que le PMSD totalise 0,3%. Les hommes et les Mauriciens âgés de plus de 45 ans préfèrent le PTr, les femmes et les Mauriciens entre 25 et 34 ans soutiennent le MMM. Au niveau ethnique, les hindous disent préférer le PTR à 35% (+6%) loin devant le MMM avec 11% (-3%). Dans cette même catégorie, la population générale préfère le MMM 35% (pourcentage inchangé) loin devant le PTr à 11% (-4%).

Le plus grand glissement dans cette catégorie se situe au niveau des musulmans. Ils étaient 34% à soutenir le PTr lors du dernier sondage, ils ne sont plus que 17% aujourd'hui (-17%) alors que le MMM est crédité de 25% (-3%). En ce qui concerne les intentions de vote, les sondés établissent ainsi leurs préférences : PTr 25% ; le MMM 22%, soit le même résultat qu'au dernier sondage, alors que le MSM enregistre 8% (-2%).

Au niveau général le PTr consolide sa position dans les régions rurales avec 31% (+2%) alors que le MMM ne totalise que 20% des intentions de vote (-4%). La situation est inversée au niveau urbain avec le MMM à 26% (+5%) et le PTr avec 17% (-4%). Au niveau ethnique, les électeurs hindous disent préférer le PTR à 34% (+5%) devant le MMM à 14% tandis que les électeurs de la population générale affichent le contraire : MMM 36% (-1%) et PTr 12% (-3%).

Au niveau des alliances, le duel électoral serait remporté par le MMM/MSM avec 31% (-3%) tandis que l'Alliance Sociale ne remporterait que 25% des suffrages. Le MMM/MSM l'emporterait dans les villes par 31% contre 17%, mais l'Alliance Sociale l'emporterait dans les régions rurales par 32% à 30%. 30% des sondés seraient favorables à une alliance MMM/MSM, ce qui représente un recul de 11% sur cette même question lors du dernier sondage. Une alliance PTr/MSM l'emporterait par 27% contre le MMM qui n'obtiendrait que 23%, mais il est à noter que 33% des sondés se déclarent contre une alliance PTr/MSM alors que 21% la soutiendraient. 38% des sondés sont contre une alliance PTr/MMM et ils sont seulement 18% à la soutenir.

Le sondage se termine par trois questions sur les préférences des Mauriciens par rapport aux leaders politiques. Navin Ramgoolam perd un point sur sa performance comme Premier ministre. Le nombre de satisfaits passe à 41% (-1%) et le nombre d'insatisfaits à 57% (-3%). Les satisfaits sont les hommes (14%) âgés de plus de 45 ans (54%) tandis que les insatisfaits sont surtout les femmes (63%) et les personnes âgées de 18 à 44 ans (60%). Paul Bérenger est considéré comme un leader de l'opposition performant à 73% contre 24% d'insatisfaits et recueille une majorité d'opinions favorables dans tous les groupes et même à 85% dans l'électorat travailliste.

La dernière question du sondage concerne le Premier ministre préféré des Mauriciens. Pour la première fois depuis longtemps, Paul Bérenger dépasse légèrement Navin Ramgoolam dans cette catégorie. 27% des sondés plébiscitent Paul Bérenger devant Navin Ramgoolam à 26% tandis que Pravind Jugnauth ne récolte que 8%. Paul Bérenger obtient ce résultat en passant de 23% à 27% en six mois tandis que Navin Ramgoolam recule en passant de 28 % à 26% sur cette même période dans un classement qu'il a toujours dominé. Pravind Jugnauth recule de quatre points en passant de 12% à 8% tandis qu'Ashok Jugnauth reste stable à 4%.

Il est à noter que le nombre de sondés interrogés sur leurs intentions de vote ont refusé de se prononcer ou ont déclaré qu'en cas d'élection ils ne voteraient pas se chiffre à 54%.


Décision du Bureau politique hier

Le MMM seul le 1er-Mai

C'est décidé. À la réunion du Bureau politique, hier, le MMM a décidé qu'il ira seul au rassemblement du 1er- Mai à la rue Edward VII. Pas de plate-forme partagée donc avec les autres formations alliées, à savoir le PMSD, l'Union Nationale d'Ashock Jugnauth, le MMSM de Madan Dulloo et le Front Patriotique Mauricien de Dinesh Ramjuttun.

À l'issue de la réunion d'hier, Paul Bérenger a expliqué à Week-End que des discussions avaient été enclenchées au sein de son parti en vue de savoir s'il y avait lieu d'avoir une plate-forme élargie pour la Fête du travail 2008 ou pas, mais que la base a fortement exprimé le souhait que le MMM aille seul. "Cela ne préjuge rien de ce qui arrivera entre le 1er-Mai et les prochaines élections générales", a-t-il aussi tenu à préciser.

Le MMM a démarré sa campagne de mobilisation jeudi soir à Quatre-Bornes avec un congrès nocturne qui a attiré une nombreuse assistance. Cette première réunion intervenait le lendemain de la publication par Business Magazine de son sondage semestriel qui plaçait pour la première fois depuis très longtemps Paul Bérenger comme le Premier ministre préféré des Mauriciens devant Navin Ramgoolam.

L'intervenant qui aura le plus accroché lors du congrès nocturne de jeudi a été Vishnu Lutchmeenaraidoo qui, dans un discours empreint de conviction et de fermeté, a balayé les prétentions des uns et des autres au poste de Premier ministre en rappelant qu'il y a un seul au MMM et qu'il s'agit de Paul Bérenger. Le président de la commission économie du MMM a rejeté les arguments à caractère communal que l'on y oppose et a dit que tous les Mauriciens ont les mêmes droits et les mêmes responsabilités et qu'il n'y a aucun poste réservé dans ce pays.

Même ton ferme sur les alliances. Le MMM doit aller seul aux élections générales et tous doivent travailler en vue d'élargir l'audience du parti, quitte à accommoder quelques petits partis ensuite. Autre intervention remarquée, celle de Françoise Labelle qui, imitant les intonations de Sheila Bappoo, a dénoncé l'amateurisme qui a consisté à dire que le gouvernement allait payer Rs 109 par jour pendant trois jours aux sinistrés des inondations pour ensuite dire que cela ne s'appliquerait que pour un seul jour et pour finalement venir annoncer l'octroi d'une allocation de Rs 5 000. Elle n'a pas manqué de critiquer le fait que Dharam Gokhool reste en poste alors que sa responsabilité est engagée dans ce qui est arrivé le 26 mars dernier.

Paul Bérenger, qui était avec Kavi Ramano, Reza Uteem, Veda Baloomoody, Vijay Makhan et Rajesh Bhagwan les intervenants à ce rassemblement, a traité Dharam Gokhool de "world class fatras" après les tristes événements du 26 mars et pour n'avoir pas eu la décence de présenter sa démission comme ministre. Il a aussi dénoncé l'incompétence du gouvernement sur plusieurs dossiers et l'étendue de la corruption qui ronge le pays, soulignant au passage que "l'on n'entend plus parler de l'affaire des Rs 50 millions impliquant le ministre Dulull ou de celle des étals de Quatre-Bornes ou encore les allégations qui ont été formulées contre Mme Indira Manrakhan".

Au cœur de Cité Vallijee vendredi, où le MMM tenait sa deuxième réunion vendredi soir, ce sont les propos tenus par le Premier ministre plus tôt devant des collégiens à Pamplemousses qui ont été commentés par tous les orateurs, Jean-Claude Barbier, Arianne Navarre-Marie, Deven Nagalingum, Bernard Marie, Ahmad Jeewah et Rajesh Bhagwan.

Ahmad Jeewah a été le premier à lancer la salve en déplorant que le Premier ministre en vienne à "relever le démon communal" en venant accuser les mauves de ce dont il est lui-même coupable, alors que le MMM est né en 1969 pour combattre le communalisme. "Li boulonné ek so fauteuil PM et li pé rod mette sa pei-là à feu et à sang", a-t-il déclaré en soutenant que "so léker fer mal parski sondaz ine montré ki population pli kontan Paul Bérenger". Jeewah a dit qu'il faudrait à l'avenir songer à introduire des lois plus sévères contre ceux qui menacent l'harmonie communale.

Rajesh Bhagwan a, dans sa verve habituelle, observé que le Premier ministre n'est "fort qu'au Parlement et à la MBC". Pour lui aussi, c'est le récent sondage publié par Business Magazine indiquant que Paul Bérenger est devant lui en tant que Premier ministre préféré des Mauriciens et qu'il y a une majorité de Mauriciens insatisfaits du gouvernement qu'il dirige qui a provoqué le courroux de Navin Ramgoolam, d'où sa sortie contre le MMM à Pamplemousses. Il n'a pas écarté la possibilité qu'un droit de réponse soit exigé de la MBC pour avoir passé les propos de Navin Ramgoolam critiquant le MMM.

Manifestants de toutes les communautés

Quant au leader du MMM, il a tenu pour autant coupable Navin Ramgoolam que Dharam Gokhool ce qui est arrivé mercredi d'avant. "Zamé pa fine éna autant incompétence kouma ine éna sa jour-là. Fodé péna sentiman pou zanfan pou ine laisse zot alle lékol dans enn létan pareil et après largue zot létan la pli la pé tapé", a déploré un Paul Bérenger exaspéré.

Il s'est ensuite appesanti sur les propos du Premier ministre tenus un peu plus tôt à Pamplemousses. "Zordi pé rod fer kominal, li alle dan lékol ek ti zenfan li al fer kominal", a observé le leader du MMM qui a attribué à une mauvaise planification la pagaille qui entoure le paiement de l'allocation de Rs 5 000. "Ine fer sa san préparation pou sap dans problème !". Il a aussi qualifié de "fausse" la déclaration de Navin Ramgoolam selon laquelle un ancien député du MMM mènerait une campagne communale autour de cette allocation.

Il a dit que les gens qui manifestent pour obtenir leur allocation sont de toutes les communautés mais qu'avec "son esprit machiavélique" le Premier ministre veut donner une autre orientation à ce mouvement. Le MMM est né pour empêcher qu'il y ait d'autres 65 et 68 et pour être un rempart contre le communalisme, a-t-il poursuivi. "Zordi mo dégoûté kan no tann Navin Ramgoolam fer kominal kan dimoune ine perdi la vie par so la faute. Péna pli kominal ki li. Kan li dans difficulté, li servi cyniquement communalisme et l'histoire ine déjà condamné li pou çà !" a déclaré Paul Bérenger.

Dans cette réunion avec les habitants de Cité Vallijee, le leader du MMM a aussi dénoncé l'incompétence de certains ministres, le cafouillage au niveau de l'approvisionnement en denrées alimentaires de base, la hausse des prix, dont les 21% des tarifs d'électricité, et la corruption. Comme il était dans la circonscription qui a désigné James Burty David comme député correctif, il n'a pas manqué de dire quelques mots sur ses manuels scolaires que l'on a voulu imposer aux collégiens.

Le MMM sera à Roche Bois le mardi 8 avril, à Bambous Virieux et à Trou d'Eau Douce mercredi, à Rose Hill et à Cap Malheureux jeudi et à Chemin Grenier vendredi pour un meeting cette fois.


POLITIQUE au Square Guy Rozemont

Selon le Ptr, le MMM s'active à relever le démon communal

Le Parti travailliste dit constater que le MMM entend profiter de la tragédie humaine que le pays a connue lors des récentes calamités naturelles pour attiser et relever le démon communal. Aussi, le parti compte alerter l'opinion nationale afin que la population ne tombe pas sous ce piège communal que veut lui tendre cette opposition avec Paul Bérenger à sa tête. C'est ce qu'a déclaré, hier matin, au Square Guy Rozemont, Devah Virahsawmy et James Burty David, respectivement secrétaire-général et directeur de communication.

Selon M. Virahsawmy, il est vraiment déplorable que le MMM ait voulu se servir d'un événement malheureux où il y a eu pertes de vies humaines dont celle d'une écolière de 13 ans pour essayer de relever le démon communal et espérer ainsi gagner la faveur population. Ici, il devait déplorer et dénoncer à la fois une remarque qui aurait été faite, selon lui, sur les ondes d'une radio, où le député du PMSD aurait déclaré qu'un seul groupe économique précis serait en train de bénéficier de l'aide provenant du gouvernement à la suite de la récente calamité qui s'est abattue sur certaines parties de l'île. " Li kler ki éna pé rod servi kominal pu gagne popilarité. Ena osi ki for lor met tchoule " dit-il.

Accusant le MMM de vouloir se lancer dans une campagne de démagogie et dans une démarche à relent communal après ce qui s'est passé lors des récentes pluies torrentielles, James Burty David a déclaré que le Premier ministre Navin Ramgoolam a eu pleinement raison de qualifier les dirigeants de ce parti de vautours " ki pe atann bann cadav pu zot kapav fer tamtam. "

On réclame la démission du ministre de l'Education, Dharam Gokhool, en raison de la mort de la petite collégienne de 13 ans balayée par les eaux. Mais, a rappelé M. David, dans le passé également on a connu des situations où on a eu à déplorer des drames semblables. Tel a été le cas en 1992, par exemple, quand une fille du QEC a été transportée par les eaux d'un canal qui traversait la cour de l'institution. Elle a trouvé la mort. C'était bien triste et regrettable. Mais ce n'est pas pour autant que le leader de l'Opposition d'alors, Navin Ramgoolam, s'était laissé tenter par des cheap politics en se lançant dans une vaste campagne de démagogie pour demander la démission du ministre de l'Education d'alors, Armoogum Parsuramen.

Parlant du walk-out effectué mardi dernier à l'Assemblée nationale, M. David a déclaré que l'Opposition avait choisi d'agir ainsi faute d'argument et cela notamment après les explications fournies par le Premier ministre, le matin à la PNQ du leader de l'Opposition, relative aux douloureux événements de la semaine écoulée. Sur ce, il a lancé un appel au MMM pour qu'à partir de là, il n'aille pas " tourner un drame humain en résonance politique ". Pour le directeur de communication du Ptr, il est plus qu'évident, ces jours-ci, le MMM se retrouverait de plus en plus dans " difé " notamment avec l'arrivée d'Ashock Jugnauth, de Vishnu Lutchmeenaraidoo, de Dinesh Ramjuttun et de Madan Dulloo.

M. David s'est d'ailleurs longuement interrogé sur la raison pour laquelle, jeudi dernier, au congrès nocturne du MMM à Quatre-Bornes, il est revenu à M. Lutchmeenaraidoo de faire le point sur la question d'alliance (qui ne serait pas d'actualité pour le MMM, dit-il) et sur la question du candidat des mauves au poste de Premier ministre aux prochaines élections générales. Ce candidat des mauves, devait-il préciser n'est nul autre que Paul Bérenger.

Ces deux questions qui sont d'une grande importance et qui sont les sujets de diverses spéculations au sein des partis politiques ainsi qu'au sein de la population ont été soulevées en présence du leader du parti, a tenu à souligner M. David.. " Si MMM pa ti dan difé zamé li ti pou les enn lot dimounn ki so lider koz alians ! ", dit-il. Et d'ajouter que justement c'est parce que M. Lutchmeenaraidoo " pé konport li kom enn lider viss du MMM ki la frustrasyon é la frond finn instal li dan parti avek enn seri magouy ". Et c'est pourquoi " zordi nu dir ki MMM dan difé ", a M. David.


Tragiques inondations du 26 mars

Le MSM n'en démord pas : "Gokhool bizin lev paké alé !"

Le MSM n'en démord pas : le ministre de l'Education, Dharam Gokhool, doit "lev paké alé". Ce parti qui considère le ministre coupable de négligence dans les tragiques inondations du mercredi 26 mars dernier notamment marqués par la disparition d'une jeune étudiante de 13 ans organise, mercredi à midi, devant l'Assemblée nationale, une manifestation pour réclamer son départ.

Si le MSM, déclare son leader, souhaitait que la dernière PNQ du leader de l'Opposition soit adressée directement au ministre de l'Education plutôt qu'au Premier ministre, c'était en vue d'acculer et de mettre M. Gokhool au pied du mur plutôt que dans un esprit de vouloir "faire la leçon à M. Bérenger".

Pour ce parti, en effet, il est clair que le ministre de l'Education est coupable de négligence dans les tragiques événements du mercredi 26 mars dernier et ayant, notamment, conduit à la disparition d'une jeune étudiante de 13 ans.

"Le ministre Gokhool qui n'a même pas eu encore la décence de rendre une visite de sympathie aux parents de la jeune étudiante", soutient Pravind Jugnauth, doit "le paké alé". Il compare son attitude lors de ce mercredi noir à celle de l'ancien ministre MSM de l'Education, Armoorgum Parsuramen qui, affirme M. Jugnauth, "prenait ses responsabilités envers les étudiants en période de mauvaises intempéries". Pour le leader du MSM, le "coupable" est tout trouvé et il convient qu'il soit sanctionné avant que l'on envisage d'aller plus loin, notamment, de situer d'autres responsabilités, entre autres, au niveau de la météo, du PMO et des autorités policières. Ainsi, ce parti ne compte pas en démordre et prévoyant l'organisation d'une manifestation, mercredi prochain, devant l'Assemblée nationale entre midi et 13h00 pour réclamer la démission du ministre de l'Education. Une initiative qui suit la campagne d'affichage anti-Gokhool du MSM.

Invité à commenter la déclaration de vendredi après-midi du Premier ministre à propos des manifestations autour du paiement de la compensation aux sinistrés des inondations, Pravind Jugnauth explique, en substance, que celle-ci tend à embraser la colère alors que, dit-il, la "première chose à faire était de révoquer Gokhool".

Le leader du MSM soutient qu'à travers les 20 circonscriptions, la population, toutes communautés confondues, après avoir accumulé des frustrations, est en colère contre le gouvernement, en raison, notamment, de la politique économique du ministre des Finances.

M. Jugnauth qualifie, par ailleurs, de "véritable claque à Bunwaree et à Sithanen", le ruling du Bureau International du Travail (BIT) à propos du mode de fonctionnement du National Pay Council (NPC). Une claque qui, dit-il, fait suite aux observations négatives du BIT en novembre dernier au sujet des dispositions de l'Employment Rights Bill et de l'Employment Relations Bill jugées non conformes aux Conventions du Travail. Pour le MSM, si la population continue de s'appauvrir comme le confirme, déclare ce parti, les rapports du Central Statistics Office (CSO), cela est largement dû à l'abolition des négociations salariales tripartites et leur remplacement par le NPC.

Le MSM prévient qu'il dénoncera toute tentative de faire que l'Etat perde le contrôle majoritaire des actions de Mauritius Telecom dans le cadre de la mise en bourse de 25% des actions de la compagnie. Le MSM, affirme, de nouveau, son leader n'a rien à faire avec aucune des composantes du gouvernement de l'Alliance sociale, "encore moins le PTr que nous dénonçons".

Quant au dernier sondage de Nelson Taylor/Sofres, M. Jugnauth dit vivement souhaiter que le peuple ait quelque occasion, cette année même, de s'exprimer. "Ce sera, là alors, le véritable sondage et nous aurons l'occasion de voir qui sont ceux qui ont, réellement, le courage se s'aventurer sur le champ de bataille".


Assemblée nationale: Mardi dernier

Walk-out de l'opposition pour protester contre Dharam Gokhool

Question 102. L'assemblée nationale vient tout juste de reprendre ses travaux après le déjeuner. Il est 14 h 35. C'était au tour de Showkutally Soodhun d'adresser une question au ministre de l'Éducation, Dharam Gokhool. Elle portait sur les résultats du CPE pour l'année 2007. Le député se met debout et déclare : "As it is the wish of the population, the Minister of Education should have resigned instead of coming here." Le Speaker, visiblement mécontent de cette attitude, le rappelle à l'ordre tout en l'interrogeant en ces termes : "Why is the honourable Member excited ?" Mais, ne voulant rien entendre, le député continue de plus belle et insiste : "He sould have resigned." Kailash Purryag l'invite à s'asseoir et le menace même de l'expulser. C'est alors que les membres de l'opposition MSM et MMM décident de se retirer de l'hémicycle.

Et c'est avec force remarques qu'ils partiront, les uns criant "criminel, touy zanfan dimoune", les autres lançant "shame, péna l'amour propre, lev paké allé do ta !" tandis que certains membres de la majorité ricanaient et tapaient sur la table. Dans des déclarations de presse séparées, le MMM et le MSM dénonceront par la suite l'attitude du ministre de l'Éducation. Le leader de l'opposition et du MMM est revenu sur le fait que, pour les cyclones, l'on n'attend pas que l'on soit en classe 4 pour décider de la fermeture des écoles et que les institutions sont closes dès la classe 2.

Paul Bérenger dira aussi, après avoir écouté les réponses du Premier ministre à sa PNQ, qu'il le tenait autant que Dharam Gokhool pour responsable des événements du mercredi 26 mars dernier. "La performance de Navin Ramgoolam aura été en dessous de tout !" a-t-il observé. Quant au MSM, il a échu à son chef de file au Parlement, Nando Bodha, de dénoncer la "désinvolture" du ministre de l'Éducation dont il a aussi condamné "l'irresponsabilité". Il a expliqué que la démarche du MSM était ponctuelle, "zis pou zordi", et que son parti participerait normalement aux travaux de mardi prochain.

La Private Notice Question a porté tant sur les avertissements retirés du cyclone Gula qui avaient occasionné une belle pagaille le 31 janvier 2008 que sur les pluies torrentielles de la semaine du mercredi 26 mars. S'il a repris les explications du service météorologique sur les avertissements de classe 3 qui devaient passer à classe 4 pour être complètement enlevés ensuite, Navin Ramgoolam a révélé que c'est bien à 5 h 45, ce 26 mars, que la météo a émis son communiqué indiquant qu'il y aura de grosses pluies et que les étudiants devraient prendre les précautions nécessaires et que ces informations "were brought to the attention of senior officials of the Ministry of Education and Human Resources a few minutes before the issue of the bulletin" mais que la situation de pluies torrentielles n'ayant pas été atteinte le ministère a décidé de ne pas fermer les écoles.

"You open the window…"

Paul Bérenger a beacoup insisté sur le fait que la décision de fermer les écoles, telle que prise dans le passé, n'était pas forcément liée aux pluies torrentielles et que les pluies continues des jours précédents et du mardi en particulier auraient dû avoir amené le Premier ministre lui-même à demander à son ministre de prendre la décision de fermer les écoles. Malgré l'insistance du leader de l'opposition, Navin Ramgoolam a répondu : "It is not a personal decision, there are criteria which you have to abide to."

Au leader de l'opposition qui suggérait que "common sense should have made both the Prime minister and the minister of Education move" et qu'il n'y a pas lieu d'attendre un avis de pluies torrentielles pour agir, le Premier ministre, qui commençait à s'énerver, a demandé sur quels critères décider avant d'ajouter : "You open the window and you say it is raining, then you close the schools !" Paul Bérenger insistait que c'est le bon sens qui aurait dû prévaloir.

Quant aux informations selon lesquelles c'est le fait d'avoir ouvert les vannes de la Nicolière qui ont provoqué la brusque montée des eaux dans la région de Mon Goût, le chef du gouvernement a dit qu'elles ne sont pas fondées et qu'il laissait le soin au Fact Finding Committee (FFC) de se pencher là-dessus. Il a aussi justifié l'absence de tout nouveau projet de construction de drains depuis 2005 par le fait que l'ancien gouvernement n'avait que partiellement utilisé les sommes budgétées à cette fin.

Venant directement au ministre de l'Éducation, le leader de l'opposition a dit qu'il n'a non seulement pas assumé ses responsabilités mais qu'il a été plus loin en déclarant qu'il y a un étudiant qui a perdu la vie alors qu'il y en a 350 000 et a demandé au Premier ministre s'il avait invité son ministre à débarrasser le plancher. Navin Ramgoolam a dit que son ministre ne s'est pas exprimé ainsi et alors que Dharam Gokhool était debout et qu'il tentait de s'expliquer, Paul Bérenger a dit : "I will not give way". Le Speaker invita le ministre à venir plus tard avec une déclaration d'explication personnelle. Navin Ramgoolam n'a finalement pas répondu à la question.

Invité à dire s'il compte convertir le FFC en commission d'enquête compte tenu du fait qu'un comité ne peut appeler des témoins ou des documents pour un travail en profondeur, le Premier ministre a dit que le FFC a des attributions étendues et que c'est la solution qu'il juge la plus rapide. À une question d'Alan Ganoo, Navin Ramgoolam répétera que "at 4.16 in the morning the Ministry of Education was in touch with the Meteorological Services" mais que ce n'est qu'après l'avis de pluies torrentielles, soit à 12 h 15, qu'il a parlé à Dharam Gokhool.

Plusieurs autres parlementaires des deux côtés de la chambre ont posé des questions supplémentaires au Premier ministre pour n'obtenir que des réponses déjà connues, comme le fait que le programme de construction de drains soit accéléré.

Le kreol = gros mots, selon le PM

À noter ce brusque mouvement d'humeur du Speaker à l'égard de Rajesh Bhgawan alors qu'il posait une question sur les problèmes de transport rencontrés par les étudiants après la fermeture des écoles

au point où le député lui a lancé : "Don't shout at me." Ce qui n'a fait qu'énerver davantage la présidence qui a alors répondu : "I am not shouting at you. I have said that I have understood the question", ajoutant aussi que "if you continue like this, I will take action against you !"

À relever lors de la demi-heure consacrée aux questions au Premier ministre, ce dernier - répondant à Eric Guimbeau et à une question supplémentaire de Paul Bérenger rappelant que lors des campagnes électorales tout le monde s'exprime en kreol et même à la télévision - a dit que si le kreol est introduit au Parlement, ce sera encore plus de gros mots lancés et que le niveau descendra encore plus. Ce qui a poussé Dany Perrier à demander à Navin Ramgoolam s'il veut dire que le kreol est "une langue vulgaire et roturière".

Un Select Committee sera mis sur pied en vue de définir les modalités d'une retransmission en direct des travaux de l'Assemblée nationale à la télévision, a par ailleurs indiqué Navin Ramgoolam en réponse à une question en ce sens de Rajesh Bhgwan qui voulait aussi que cette facilité soit étendue aux radios privées.

À l'heure des déclarations, le ministre Gokhool s'est expliqué sur ses propos concernant le décès de Laura Paul, rassurant n'avoir pas minimisé le drame, tandis que Sheila Bappoo a fait le point sur les allocations versées aux victimes des inondations. La ministre avait eu une prise de bec avec son collègue, le whip du gouvernement, Lormesh Bundhoo, à ce sujet en début de séance.

En l'absence des élus de l'opposition, les trois textes inscrits, The Private Security (Amendment) Bill, The Tourism Authority (Amendment) Bill et The Environment (Amendment) Bill, ont été votés sans débat, les élus de la majorité n'ayant rien à dire sur ces textes. Nita Deerpalsing a, à l'ajournement, évoqué certains problèmes à la SSS Régis Chaperon, comme l'éclairage des classes et le service de nettoyage, problèmes que Dharam Gokhool affirme être en voie d'être réglés.


Mardi prochain: Pleins feux sur les inondations

Ce sont les récentes inondations meurtrières qui ont coûté la vie à quatre personnes qui seront au coeur des interpellations mardi prochain. Une question est aussi inscrite au nom d'Alan Ganoo au Premier ministre sur le Tibet. Le Notaries Bill sera débattu en deuxième lecture alors que le Law Practitioners (Amendment) Bill, qui prévoit la venue de cabinets étrangers, ne sera présenté qu'en première lecture seulement.

C'est Mahen Jhugroo qui donnera le coup d'envoi des questions liées aux récentes inondations avec une interpellation pour le Premier ministre concernant les attributions ainsi que la composition du Cyclone and Natural Disasters Committee, les noms de ceux qui y siègent et celui qui a la responsabilité de convoquer ce comité. Il demandera aussi à Navin Ramgoolam le nombre d'étudiants qui ont été tués ou blessés lors des inondations, leurs noms et adresses et les écoles concernées.

Son collègue Showkutally Soodhun s'intéresse aux changements climatiques et à l'institution d'un comité de haut niveau pour s'y pencher et à la dernière réunion de la National Environment Commission. Les mesures de précaution à l'intention des collégiens fait aussi l'objet d'une question de Sheila Grenade. Le Dr Mungur aura, lui, une question sur les alertes au tsunami.

Pour le ministre de l'Éducation, une question de Mahen Jhugroo sur les dispositions qui existent à son ministère lorsqu'il y a des conditions cycloniques ou de mauvais temps, alors que Sam Lauthan veut savoir si le passage après des rivières sera rehaussé pour prévenir les cas de noyade. Sur le même sujet des rivières, il y a aussi cette question de Leela Devi Dookun-Luchoomun concernant la rivière Mesnil à Eau Coulée et sur les régions qui ont été les plus affectées par les inondations du 26 mars dernier.

Dans le même registre, Suren Dayal veut connaître les détails de l'entretien du Pont Colville et de Grande Rivière Nord Ouest ainsi que les drains qui doivent être construits dans sa circonscription. Son collègue, le Dr Mungur veut la préparation d'une carte des régions inondées. Au chapitre des drains toujours, il y a aussi cette question de Mireille Martin sur la région de Curepipe.

Parmi les autres questions d'actualité, la redevance télé, l'affaire de lanatte à la prison, la télévision privée, les terres de l'État et les Pas Géométriques, l'accès à l'îlot Gabriel, la RDA, le CEB, les maisons de jeux, les dépenses pour les fêtes de l'indépendance, les contrats alloués à Trio Development Ltd, la guerre à la tête de Enterprise Mauritius, l'affectation de Zul Ramiah à la haute commission mauricienne à Londres, le NPC qui a été désavoué par le BIT, les frais d'examen et les projets d'hôtel dans le nord.


Ça va se savoir

BBRH : Ranjan Soondron s'en prend aux conseillers PMXD

Ça a chauffé à la réunion du Bills Committee du conseil municipal de Beau Bassin/Rose Hill jeudi dernier, 3 avril. La raison étant que le maire Ramalingum Maistry a proposé que la municipalité mette 8 bus à la disposition du ministère du Tourisme pour le transport du public afin qu'il se rende à la Family Fun Day qu'organise aujourd'hui ce ministère à Anse Laraie.

Le conseiller travailliste Ranjan Soondron a voulu savoir s'il y avait une demande officielle faite dans ce sens mais n'a pu obtenir une copie de la lettre, bien que le président du Bills Committee, Thierry Henry, ait annoncé qu'une telle correspondance existe.

Devant l'insistance du conseiller, le maire est intervenu pour demander au président de séance d'expulser Ranjan Soonbdron qui a finalement effectué un walk-out tout en promettant de revenir à la charge pour dénoncer une situation intolérable de conflit d'intérêts dans cette affaire impliquant un maire PMXD qui est le président du Tourism Fund, un président du Bills Committee qui n'est autre que Thierry Henry, fils de Fifi Henry, ambassadeur en Allemagne, et un des directeurs de la compagnie Discover Mauritius qui gère l'île Plate, et Jean Maurice Jean Pierre qui, lui, est employé à La Citadelle. Ils sont tous au service de Xavier Duval et de son ministère. Ils ont tout fait pour que des bus municipaux aillent grossir les effectifs à Anse Laraie aujourd'hui. Ils devraient peut-être aller relire la section 23 des Standing Orders !

Interview revue et corrigée en public

Accoudé au balcon de la Pamplemousses State Secondary School, inaugurée vendredi après-midi par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, le Senior Advisor du PM s'adonnait à la correction de l'interview de Navin Ramgoolam parue hier dans la presse. En présence de la journaliste qui a réalisé l'interview, le conseiller principal de Navin Ramgoolam, stylo à la main, ne s'est pas gené pour revoir les propos tenus par son supérieur, en public…



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008