Faits et effets
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La marque des faibles
Humeur
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Qui sème le vent…
Interrogations
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Paroles en l'air…
Pris sur le vif
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L'invitation
Faits et effets...
La marque des faibles
Les habitants de Mon Goût, village de la circonscription
du Premier ministre, sont descendus dans la rue le lendemain de
la perte brutale de deux des leurs, Laura Paul et Vinoda Rughoo.
Paniqué, le cortège de Navin Ramgoolam a dû
emprunter des chemins de traverse pour pouvoir s'y rendre. À
Ste Croix, on a manifesté pendant trois jours pour réclamer
le départ de Dharam Gokhool. Depuis, il y a quotidiennement
eu des protestations publiques ici et là, pour dénoncer
l'irresponsabilité du gouvernement dans la gestion de la
catastrophe du 26 mars, pour mettre en évidence l'absence
de drains ou pour critiquer la lenteur des autorités à
débourser les allocations annoncées. Les régions
les plus touchées ont été témoin de
cette impatience populaire à Poste de Flacq, à Bel
Air, à Caroline, à Terre Rouge et à Ste Croix.
C'est parce que toute cette affaire d'inondations et d'allocations
a été mal gérée qu'elle a suscité
les débordements que l'on sait. Il fut d'abord question
du paiement d'une somme de Rs 109 par jour par membre d'une famille
pendant trois jours, puis ce n'était plus trois mais un
jour seulement. Devant l'ampleur du mécontentement que
cela a engendré, c'est un dimanche que le gouvernement
est venu annoncer une allocation exceptionnelle de Rs 5 000 aux
familles qui ont été affectées par les inondations.
Les victimes ont aussitôt pris d'assaut certains bureaux
de la sécurité sociale. Et comme la rumeur a voulu
que ce soient les agents des partis au pouvoir qui procédaient
au tri des personnes qui allaient être payées et
que d'autres informations indiquaient aussi qu'il y a eu des bénéficiaires
qui ne le méritaient pas, cela n'a fait qu'exacerber la
tension au sein des demandeurs.
Or, le Premier ministre a, pour ne pas changer lorsqu'il se sent
acculé, sorti son argument favori, le communalisme. Devant
un parterre d'adolescents vendredi, il a accusé le MMM
de mener une campagne communale sur toute cette question des inondations
et des allocations. La première observation qui saute aux
yeux est qu'il s'en prend toujours au MMM lorsque la situation
échappe à son contrôle. C'est vrai que, pour
paraphraser certains vétérans politiques, l'on envoie
des pierres que sur des arbres qui rapportent et que c'est probablement
cela qui a motivé la sortie de Pamplemousses. Mais il faut
aussi savoir que c'est le MSM qui est à la base du walk-out
de l'opposition mardi dernier à l'assemblée nationale
et c'est ce même parti qui a fait placarder des affiches
un peu partout avec les inscriptions suivantes : "Dharam
Gokhool criminel, bizin démissionné !".
La police a, d'ailleurs, eu fort à faire dans la nuit de
mardi à mercredi pour déchirer ces affiches blanc-orange.
Le National Security Service, trop occupé peut-être
à communiquer avec l'ICAC, a peut-être omis d'inclure
ces informations dans le rapport soumis au Premier ministre. Mais
pas un mot sur le MSM, comme s'il s'agissait d'un échange
de bon procédé, le Sun Trust ne disant jamais rien
sur le Premier ministre.
Pourquoi voir des desseins communalistes derrière chaque
manifestation ? Lorsque des habitants de Mare Chicose, proches
du PTr, avaient saccagé les équipements du centre
d'enfouissement de la même localité sous l'ancien
gouvernement, personne ne les avait accusés d'avoir été
instrumentalisés sur une base sectaire. Il en fut de même
pour les autres manifestations, que ce soit pour empêcher
la fermeture de l'hôpital de Mahébourg ou pour s'opposer
à la déviation de la route de St Félix. Aussi,
lorsque le Premier ministre vient dire que cela ne se passait
pas ainsi lorsque le PTr était dans l'opposition, il se
trompe. Son parti manifestait, mais personne et encore moins les
dirigeants d'alors n'imputaient ses mouvements de protestation
à des manoeuvres communalement motivées.
S'il y a toujours des émeutes et des manifestations lorsque
le PTr est au pouvoir, comme semble le suggérer Navin Ramgoolam,
c'est à lui de se demander pourquoi et s'il n'y a pas lieu
de revoir sa méthode de gouvernement. C'est peut-être
cela la source de ces multiples frustrations qui poussent les
gens à descendre dans la rue. Il y a un malaise social
qui s'est accentué ces derniers trois ans, il y a une politique
économique ultra-libérale qui écrase ceux
qui sont au bas de l'échelle, il y a une MBC dont aucun
sociologue n'a encore mesuré jusqu'ici à quel degré
elle aliène les Mauriciens, à quel point elle exaspère
la population avec les meetings quotidiens du Premier ministre.
Même lorsqu'il s'agit des débats parlementaires,
rigoureusement régis tant par les Standing Orders de l'assemblée
nationale que par le MBC Act lui-même, c'est la même
partialité avec un compte rendu qui ne comporte que des
réponses live de Navin Ramgoolam à des questions
qui, elles, sont muettes. Les gens sont tellement exaspérés
qu'à la moindre occasion elles laissent éclater
publiquement leur colère et leur ressentiment.
On est passé d'un gouvernement de trop de dialogue, de
trop de comités et de gestion préventive et proactive
à un autre où le Premier ministre ne communique
même pas avec ses ministres dont certains disent devoir
attendre un an pour obtenir un rendez-vous. Si les ministres et
autres responsables d'organismes para publics se disent frustrés
de cette manière de gouverner, on peut facilement imaginer
ce que doit être l'état d'esprit du petit peuple.
Au lieu de faire sa campagne communale comme en 2005 où
le leitmotiv était que "fer attention pouvoir pé
sap dans ou lamé" et que SAJ était accusé
d'avoir "vann lalit nou bann anset" et de récidiver,
comme à Union Park le 10 septembre 2007 avec ses "nou
dimoune", il vaudrait mieux qu'il cherche les vraies
raisons qui poussent les gens à descendre dans la rue.
Lorsqu'à Roche Bois, à Vallée Pitot, à
Palma et à Bel Air on manifeste pour réclamer l'eau,
il n'y a rien de communal dedans. C'est pareil pour les inondations.
Il ne faut pas que certains arguments fallacieux tournent à
l'obsession. Sinon on entendra dire un jour que c'est le MMM qui
est responsable des bagarres communales de 1965 et de 1968 alors
qu'il n'a vu le jour qu'en 1969 et qu'il n'y en a pas eu depuis,
quand bien même certains ont essayé et essayent encore
de raviver la division ethnique. L'Histoire est, en effet, plus
éloquente que ces dérapages incontrôlés
qui sont la marque des faibles.
Humeur
Qui sème le vent
Amateurisme. C'est le mot qui vient à l'esprit en voyant
le gouvernement se débattre depuis les inondations de la
semaine d'avant en multipliant les mauvaises initiatives. Manque
de professionnalisme criant est l'autre terme qui vient à
l'esprit pour qualifier ces hauts fonctionnaires qui au lieu de
gérer les situations en recommandant à leurs ministres
les décisions nécessaires attendent leurs instructions,
pour ne pas dire leurs ordres. Ils ont abandonné depuis
belle lurette leurs responsabilités d'administrateurs pour
se transformer au mieux en fonctionnaires obéissants, attendant
les ordres, au pire à des courtisans prêts à
cirer les chaussures des politiques. Dans les deux cas, Maurice
découvre l'incapacité de ceux qui ont pour mission
d'administrer le pays de faire leur travail et qui improvisent
- mal, très mal - au fur et à mesure pour essayer
de cacher leur nullité. On sait déjà que
c'est dans la crainte de se faire critiquer par la presse que
la direction de la météo avait décidé
de ne pas faire sortir un avertissement de pluies torrentielles.
On ne sait toujours pas pourquoi l'état-major du gouvernement,
dont les chefs donnent souvent des causeries pour expliquer à
leurs subalternes comment bien travailler, a pris trois heures
et demie pour décider d'avertir les Mauriciens, qui savaient
depuis la veille au soir que des trombes d'eau se déversaient
sur le pays, et ordonner la fermeture des écoles. Il faut
espérer que le comité d'enquête établira
le rôle des uns et des autres responsables ce mercredi-là
et surtout pourquoi il fallut trois heures pour prendre une décision.
On aurait pu croire que les conséquences de ces refus -
de cette incapacité - à prendre des décisions
auraient poussé les politiques et l'état-major du
service civil à se montrer plus rapides dans la prise de
décision et surtout à prendre les bonnes. C'est
au contraire que nous assistons depuis jeudi de la semaine dernière.
Face au bilan du désastre découlant des inondations,
le gouvernement a lancé les programmes d'aide traditionnel
pour venir en aide aux sinistrés en ne réalisant
pas que non seulement la situation sortait de l'ordinaire mais
que l'absence de mesures adéquates l'avait compliquée.
Après avoir essuyé quelques remarques bien senties
sur le montant du " flood allowance " journalier de
Rs 109 par sinistré, le gouvernement a voulu jouer au généreux
et faire oublier ses bévues. C'est ainsi que dimanche dernier
il faisait annoncer par la ministre de la Sécurité
sociale qu'une allocation exceptionnelle de Rs 5 000 serait payée,
après enquête de la Sécurité sociale
et de la police aux familles de " sinistrés méritants
". On croit rêver. Après la division du pays
en groupes, ethnies et castes, on est parvenu à diviser
les sinistrés en catégories, les méritants
et les autres. Il va sans dire qu'aucun plan, aucune politique
avec des critères définis n'avaient été
mis au point pour identifier ce nouveau type de sinistré
avant de lui verser l'allocation exceptionnelle. Cette mesure
improvisée, bricolée à la va-vite, ne pouvait
que mener à ce que vit Maurice depuis le début de
la semaine : une situation chaotique et confuse que personne ne
contrôle et qui suscite la colère des sinistrés
traînés d'un bureau de la Sécurité
sociale à un autre, d'un poste de police à un autre
pour essayer de se faire payer cette allocation exceptionnelle.
Le nombre de demandeurs - qui, vu le montant de l'allocation ne
pouvait que se multiplier - et le fait que les conditions nécessaires
ne sont pas réunies pour de vraies enquêtes sont
en train de faire de cette opération rapidement décidée
une catastrophe. Il n'est pas sûr que l'argent des contribuables
ainsi dépensé ira soulager les vrais sinistrés.
On raconte ici et là que des petits malins qui, grâce
à des contacts savent quels sont les critères pour
se faire passer pour un " sinistré méritants
", ont déjà touché la fameuse allocation.
Alors que de vrais sinistrés qui ne connaissent pas les
combines et ne savent ni s'expliquer ni se défendre continuent
à attendre.
Depuis le début de la semaine, la colère gronde
chez les sinistrés transportés d'un bureau à
un autre pour toucher la fameuse allocation. Le traitement que
l'on fait subir à ces Mauriciens ressemble de moins en
moins à un acte de solidarité et de plus en plus
à de la charité donnée avec mépris.
Il n'est pas étonnant que dans ces conditions des démonstrations
de colère ont été enregistrées chez
ceux qui attendent le paiement de l'allocation qu'on leur a promise.
Ces manifestations ne sont que la conséquence tout à
fait prévisible de l'annonce du paiement de la compensation
exceptionnelle sans que les structures nécessaires aient
été mises en place pour le faire. Cette opération
montée à la va-vite pour essayer de faire oublier
l'incapacité du gouvernement à gérer les
conséquences des inondations ne fait que mettre en relief
son amateurisme et ses hésitations. Et ce n'est pas en
ordonnant à la police d'avertir que les manifestations
sur la voie publique sont interdites et passibles d'amende et
de peine de prison que l'on va régler les choses. Ce ne
sont pas les sinistrés qui ont créé le problème
mais ceux qui ont décidé et annoncé le paiement
de la compensation exceptionnelle. Ils en subissent actuellement
les conséquences. Qui sème le vent finit toujours
par récolter la tempête.
Interrogations
Paroles en l'air
Quoi qu'on en soit venu à penser, quel que soit le degré
de désintérêt, voire de cynisme, avec lequel
nous accueillons ce que disent nos politiciens, la parole en politique
est une chose très importante, dont on ne devrait pas accepter
la démonétisation avec passivité, comme une
fatalité. Plus que dans tout autre genre au contraire,
nous devrions attendre de ceux qui l'utilisent qu'ils le fassent
de façon sinon intelligente, du moins consciencieuse, réfléchie,
en faisant sens. Car la parole, les mots utilisés ou pas
dans des circonstances particulières, les discours prononcés,
servent autant à donner des orientations et façonner
une nation que toute action concrète engagée pour
la construction physique de ce pays. Et si nos hommes et femmes
politiques en viennent trop souvent à dire tout et son
contraire, quand ce n'est n'importe quoi, c'est peut-être
aussi parce que nous ne les rendons pas suffisamment comptables
de cette "désinvolture" avec laquelle ils utilisent
le langage
Le ministre de l'Education, Dharam Gokhool, pourrait d'ailleurs
se servir de sa récente expérience pour écrire
un jour un petit traité témoignant du danger de
ne pas suffisamment peser ses mots face à une situation
donnée. Car il aura beau affirmer ne pas avoir voulu établir
une proportion froidement statistique entre le fait que le pays
compte 350 000 étudiants et qu'une jeune étudiante
soit morte dans les récentes inondations, le fait demeure
que la juxtaposition de ces deux assertions dans une même
phrase a entraîné une perception de cynisme et d'abjection.
Sans qu'il ait été prononcé, appelé
par la formulation maladroite du ministre, le mot " seulement
" est venu, de lui-même, se greffer sur son discours
; donnant le sentiment qu'il avait dit qu'une élève
seulement était morte, alors que le pays en compte 350
000. Et le ministre aura beau s'expliquer par la suite, parfois,
contrairement à ce que dit l'adage, il en est des paroles
comme de l'écrit : elles restent, d'autant plus fortement
qu'elles sont souvent prononcées à chaud et n'offrent
pas le recul de l'écrit.
Dans le registre des déclarations qui méritent de
nous interpeller, et de faire que nous interpellions en retour
ceux qui les ont prononcées, deux autres cas sont, à
notre sens, à relever au cours de ces derniers jours.
En premier lieu viennent des propos tenus par Paul Bérenger,
au lendemain des inondations, fustigeant les " pseudo-environnementalistes
" ayant empêché la concrétisation de
l'autoroute du sud-est à travers la Vallée de Ferney.
On croit rêver. Combien de catastrophes encore faudra-t-il
pour que nous comprenions ? Que nous prenions pleinement conscience
que si la nature se dérègle aujourd'hui au point
de nous infliger des épisodes de plus en plus imprévisibles,
violents et meurtriers, ce n'est pas par un de ses " caprices
", mais parce que nous l'avons surexploitée, parce
que nous avons omis, dans notre volonté de " développement
" tous azimuts, de respecter ses équilibres les plus
élémentaires et fondamentaux ? Les rapports les
plus officiels et scientifiques l'établissent : il ne reste
plus, à Maurice, que 2 % des forêts originelles.
La Commission Environnementale des Nations unies nous classe au
rang des pays dont la flore est gravement en danger. Et cet organisme,
composé d'experts environnementaux aux compétences
reconnues internationalement, avait abondé dans le sens
d'experts locaux pour affirmer que faire passer une autoroute
au cur de la biodiversité unique de la Vallée
de Ferney serait une catastrophe écologique. Aujourd'hui,
le leader de l'Opposition, toujours furieux d'avoir vu échouer
ce projet qu'il avait soutenu à l'époque où
il était Premier ministre, vient s'en prendre à
ceux qui y ont fait obstacle, comme par hasard au lendemain des
inondations qui ont durement frappé l'Est. Alors que la
déforestation est, à travers le monde, reconnue
comme un facteur aggravant dans les cas d'inondations. Alors que
l'on ose à peine imaginer l'effet d'entraînement
d'eau qu'aurait provoqué ce ruban de bitume coulant au
milieu de la vallée, le projet impliquant de découper
des rampes à très forte déclivité
au cur de la vallée. Alors que la forêt ainsi
préservée a sans doute pu maintenir un pouvoir d'absorption
des fortes pluies tombées sur l'Est qui aurait probablement
connu une situation plus grave le cas échéant.
Que le leader de l'opposition nous éclaire donc sur ce
qu'il entend par l'expression " pseudo-environnementalistes
", et en quoi il considère que lui, homme politique,
est plus habilité sur ce terrain que les experts des Nations
unies, dûment formés, diplômés et expérimentés
en la matière. Le reste n'est que pseudo-procès
Autre fait à relever : la crainte exprimée par certains,
dont le Premier ministre, que l'utilisation du créole à
l'Assemblée nationale n'incite les parlementaires à
se montrer grossiers et à jurer. On croit encore rêver.
Tous les jours, plus de 80 % des Mauriciens (selon les derniers
sondages), utilisent le créole pour s'exprimer. Donc, aussi,
pour déclarer à des personnes que nous les aimons,
pour converser avec nos aînés et câliner nos
enfants, pour décrire nos espoirs et nos rêves, pour
échanger de bons mots et raconter des histoires, pour composer
des poèmes émouvants et forts, pour traduire Shakespeare,
pour donner voix à nos aspirations, pour refaire le monde.
Réduire la langue créole à la grivoiserie
et à la grossièreté, c'est aussi insulter
tous ces Mauriciens. Et c'est nous dire beaucoup sur le niveau
de ces parlementaires apparemment incapables de s'élever
dans la langue maternelle du peuple qu'ils sont censés
représenter
Pris sur le vif
L'invitation
- Allo, c'est bien le numéro x...?
- Oui, c'est bien ici même.
- Ici c'est le numéro
J'ai un mis call avec
votre numéro sur mon portable. Et puis j'ai eu un message
me demandant de rappeler votre numéro le plus vite possible.
Je téléphone pour savoir qui m'a appelé ?
- C'est moi-même qui ai fait le call. Comment allez-vous
?
- Bien merci. Je vous connais ?
- Oui...non
c'est à dire que je connais votre nom
et votre numéro de téléphone
-
Mais qui êtes-vous ?
- Je suis M
-
Ah bon vous êtes M
et qui vous a donné
mon nom et mon numéro de téléphone ?
- Vous êtes sur ma liste
- Votre liste
mais quelle liste ?
- Vous êtes sur la liste des clients à qui je dois
téléphoner ?
- Ah bon. Et pourquoi?... Je suis sur quelle liste
- Il faut pas être nerveux monsieur
c'est pas bon,
vous savez
ça même qui donne le stress et toutes
les complications vasculaires ça
j'ai entendu un
docteur dire ça à la radio l'autre jour...
-
mais je ne suis pas nerveux du tout
écoutez,
je ne comprends plus rien là
je ne vous connais pas
vous avez téléphoné sur mon numéro
-
j'ai téléphoné pour savoir si vous
allez venir ?
-
mais ou ça ?
-
mais au cocktail sur le bateau ?
-
mais quel cocktail et quel bateau ?
-
le cocktail sur le bateau pour lancer le produit
vous n'avez pas reçu l'invitation ?
-
mais non
qu'est-ce que c'est que cette histoire d'invitation
là ?
-
mais je ne sais pas moi
il ne faut pas crier avec
moi
non seulement c'est pas bon pour le cardio-vasculaire
comme je vous l'ai dit
mais j'ai un écouteur et ça
fait mal dans mon oreille
comme ça même qu'on
attrape des maladies dans le tympan
-
excusez moi
mais c'est une histoire de fou
essayons de comprendre: vous m'avez envoyé une invitation
que je n'ai pas reçu pour un cocktail
c'est ça
?
-
voila
c'est ça. Moi je dois téléphoner
pour vous demander si vous allez venir. Il faut savoir pour boissons
et les gajacks
il faut organiser tout ça
vous
comprenez?
. Alors, vous allez venir
moi je vous conseille
de dire oui
j'ai vu la liste des gadjacks
c'est mari
top
vous allez vous régaler je vous dis
Et
puis on m'a dit de tout faire pour vous faire venir
il parait
que vous êtes un bon client. Alors c'est oui, vous venez
au cocktail ?
-
écoutez mademoiselle je ne peux dire oui, je
ne peux accepter une invitation que je n'ai pas reçu
-
c'est vrai
c'est embêtant
on ne m'a
pas dit ce qu'il faut faire dans ce cas là
qu'est-ce
qu'on peut faire, hein ?
-
écoutez
je ne sais pas moi
envoyez
moi l'invitation par mail tout de suite...
-
ah non
-
pardon ?
- Aio.. le email la c'est trop compliqué ça.. et
puis moi je suis téléphoniste et il faut aller demander
à la secrétaire
je ne la connais pas
.et
puis elle me regarde d'un air je vous dis
je préfère
ne pas lui parler
Vous n'avez pas un fax dans votre bureau
? Vous savez c'est plus pratique qu'un computer, on n'a pas besoin
de scanner tout ça
vous n'avez pas de fax dans votre
bureau
vous savez ça ne coûte pas cher
-
dites moi
depuis combien de temps est-ce que vous
travaillez comme téléphoniste ?
-
Aio
j'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?
On m'a pourtant dit qu'il fallait que je sois sympa et que je
fasse la conversation avec les clients
-...vous êtes téléphoniste depuis combien
de temps?
-
je viens de commencer ce matin
pour faire un remplacement
si je suis bonne on va me garder
comment vous trouvez que
je me débrouille ? Ça peut aller , non ?
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008
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