o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008



  Faits et effets - La marque des faibles
  Humeur - Qui sème le vent…
  Interrogations - Paroles en l'air…
  Pris sur le vif - L'invitation


Faits et effets...

La marque des faibles
Josie Lebrasse


Les habitants de Mon Goût, village de la circonscription du Premier ministre, sont descendus dans la rue le lendemain de la perte brutale de deux des leurs, Laura Paul et Vinoda Rughoo. Paniqué, le cortège de Navin Ramgoolam a dû emprunter des chemins de traverse pour pouvoir s'y rendre. À Ste Croix, on a manifesté pendant trois jours pour réclamer le départ de Dharam Gokhool. Depuis, il y a quotidiennement eu des protestations publiques ici et là, pour dénoncer l'irresponsabilité du gouvernement dans la gestion de la catastrophe du 26 mars, pour mettre en évidence l'absence de drains ou pour critiquer la lenteur des autorités à débourser les allocations annoncées. Les régions les plus touchées ont été témoin de cette impatience populaire à Poste de Flacq, à Bel Air, à Caroline, à Terre Rouge et à Ste Croix.

C'est parce que toute cette affaire d'inondations et d'allocations a été mal gérée qu'elle a suscité les débordements que l'on sait. Il fut d'abord question du paiement d'une somme de Rs 109 par jour par membre d'une famille pendant trois jours, puis ce n'était plus trois mais un jour seulement. Devant l'ampleur du mécontentement que cela a engendré, c'est un dimanche que le gouvernement est venu annoncer une allocation exceptionnelle de Rs 5 000 aux familles qui ont été affectées par les inondations. Les victimes ont aussitôt pris d'assaut certains bureaux de la sécurité sociale. Et comme la rumeur a voulu que ce soient les agents des partis au pouvoir qui procédaient au tri des personnes qui allaient être payées et que d'autres informations indiquaient aussi qu'il y a eu des bénéficiaires qui ne le méritaient pas, cela n'a fait qu'exacerber la tension au sein des demandeurs.

Or, le Premier ministre a, pour ne pas changer lorsqu'il se sent acculé, sorti son argument favori, le communalisme. Devant un parterre d'adolescents vendredi, il a accusé le MMM de mener une campagne communale sur toute cette question des inondations et des allocations. La première observation qui saute aux yeux est qu'il s'en prend toujours au MMM lorsque la situation échappe à son contrôle. C'est vrai que, pour paraphraser certains vétérans politiques, l'on envoie des pierres que sur des arbres qui rapportent et que c'est probablement cela qui a motivé la sortie de Pamplemousses. Mais il faut aussi savoir que c'est le MSM qui est à la base du walk-out de l'opposition mardi dernier à l'assemblée nationale et c'est ce même parti qui a fait placarder des affiches un peu partout avec les inscriptions suivantes : "Dharam Gokhool criminel, bizin démissionné !". La police a, d'ailleurs, eu fort à faire dans la nuit de mardi à mercredi pour déchirer ces affiches blanc-orange. Le National Security Service, trop occupé peut-être à communiquer avec l'ICAC, a peut-être omis d'inclure ces informations dans le rapport soumis au Premier ministre. Mais pas un mot sur le MSM, comme s'il s'agissait d'un échange de bon procédé, le Sun Trust ne disant jamais rien sur le Premier ministre.

Pourquoi voir des desseins communalistes derrière chaque manifestation ? Lorsque des habitants de Mare Chicose, proches du PTr, avaient saccagé les équipements du centre d'enfouissement de la même localité sous l'ancien gouvernement, personne ne les avait accusés d'avoir été instrumentalisés sur une base sectaire. Il en fut de même pour les autres manifestations, que ce soit pour empêcher la fermeture de l'hôpital de Mahébourg ou pour s'opposer à la déviation de la route de St Félix. Aussi, lorsque le Premier ministre vient dire que cela ne se passait pas ainsi lorsque le PTr était dans l'opposition, il se trompe. Son parti manifestait, mais personne et encore moins les dirigeants d'alors n'imputaient ses mouvements de protestation à des manoeuvres communalement motivées.

S'il y a toujours des émeutes et des manifestations lorsque le PTr est au pouvoir, comme semble le suggérer Navin Ramgoolam, c'est à lui de se demander pourquoi et s'il n'y a pas lieu de revoir sa méthode de gouvernement. C'est peut-être cela la source de ces multiples frustrations qui poussent les gens à descendre dans la rue. Il y a un malaise social qui s'est accentué ces derniers trois ans, il y a une politique économique ultra-libérale qui écrase ceux qui sont au bas de l'échelle, il y a une MBC dont aucun sociologue n'a encore mesuré jusqu'ici à quel degré elle aliène les Mauriciens, à quel point elle exaspère la population avec les meetings quotidiens du Premier ministre. Même lorsqu'il s'agit des débats parlementaires, rigoureusement régis tant par les Standing Orders de l'assemblée nationale que par le MBC Act lui-même, c'est la même partialité avec un compte rendu qui ne comporte que des réponses live de Navin Ramgoolam à des questions qui, elles, sont muettes. Les gens sont tellement exaspérés qu'à la moindre occasion elles laissent éclater publiquement leur colère et leur ressentiment.

On est passé d'un gouvernement de trop de dialogue, de trop de comités et de gestion préventive et proactive à un autre où le Premier ministre ne communique même pas avec ses ministres dont certains disent devoir attendre un an pour obtenir un rendez-vous. Si les ministres et autres responsables d'organismes para publics se disent frustrés de cette manière de gouverner, on peut facilement imaginer ce que doit être l'état d'esprit du petit peuple. Au lieu de faire sa campagne communale comme en 2005 où le leitmotiv était que "fer attention pouvoir pé sap dans ou lamé" et que SAJ était accusé d'avoir "vann lalit nou bann anset" et de récidiver, comme à Union Park le 10 septembre 2007 avec ses "nou dimoune", il vaudrait mieux qu'il cherche les vraies raisons qui poussent les gens à descendre dans la rue.

Lorsqu'à Roche Bois, à Vallée Pitot, à Palma et à Bel Air on manifeste pour réclamer l'eau, il n'y a rien de communal dedans. C'est pareil pour les inondations. Il ne faut pas que certains arguments fallacieux tournent à l'obsession. Sinon on entendra dire un jour que c'est le MMM qui est responsable des bagarres communales de 1965 et de 1968 alors qu'il n'a vu le jour qu'en 1969 et qu'il n'y en a pas eu depuis, quand bien même certains ont essayé et essayent encore de raviver la division ethnique. L'Histoire est, en effet, plus éloquente que ces dérapages incontrôlés qui sont la marque des faibles.




Humeur

Qui sème le vent…
Jean-Claude Antoine


Amateurisme. C'est le mot qui vient à l'esprit en voyant le gouvernement se débattre depuis les inondations de la semaine d'avant en multipliant les mauvaises initiatives. Manque de professionnalisme criant est l'autre terme qui vient à l'esprit pour qualifier ces hauts fonctionnaires qui au lieu de gérer les situations en recommandant à leurs ministres les décisions nécessaires attendent leurs instructions, pour ne pas dire leurs ordres. Ils ont abandonné depuis belle lurette leurs responsabilités d'administrateurs pour se transformer au mieux en fonctionnaires obéissants, attendant les ordres, au pire à des courtisans prêts à cirer les chaussures des politiques. Dans les deux cas, Maurice découvre l'incapacité de ceux qui ont pour mission d'administrer le pays de faire leur travail et qui improvisent - mal, très mal - au fur et à mesure pour essayer de cacher leur nullité. On sait déjà que c'est dans la crainte de se faire critiquer par la presse que la direction de la météo avait décidé de ne pas faire sortir un avertissement de pluies torrentielles. On ne sait toujours pas pourquoi l'état-major du gouvernement, dont les chefs donnent souvent des causeries pour expliquer à leurs subalternes comment bien travailler, a pris trois heures et demie pour décider d'avertir les Mauriciens, qui savaient depuis la veille au soir que des trombes d'eau se déversaient sur le pays, et ordonner la fermeture des écoles. Il faut espérer que le comité d'enquête établira le rôle des uns et des autres responsables ce mercredi-là et surtout pourquoi il fallut trois heures pour prendre une décision.

On aurait pu croire que les conséquences de ces refus - de cette incapacité - à prendre des décisions auraient poussé les politiques et l'état-major du service civil à se montrer plus rapides dans la prise de décision et surtout à prendre les bonnes. C'est au contraire que nous assistons depuis jeudi de la semaine dernière. Face au bilan du désastre découlant des inondations, le gouvernement a lancé les programmes d'aide traditionnel pour venir en aide aux sinistrés en ne réalisant pas que non seulement la situation sortait de l'ordinaire mais que l'absence de mesures adéquates l'avait compliquée. Après avoir essuyé quelques remarques bien senties sur le montant du " flood allowance " journalier de Rs 109 par sinistré, le gouvernement a voulu jouer au généreux et faire oublier ses bévues. C'est ainsi que dimanche dernier il faisait annoncer par la ministre de la Sécurité sociale qu'une allocation exceptionnelle de Rs 5 000 serait payée, après enquête de la Sécurité sociale et de la police aux familles de " sinistrés méritants ". On croit rêver. Après la division du pays en groupes, ethnies et castes, on est parvenu à diviser les sinistrés en catégories, les méritants et les autres. Il va sans dire qu'aucun plan, aucune politique avec des critères définis n'avaient été mis au point pour identifier ce nouveau type de sinistré avant de lui verser l'allocation exceptionnelle. Cette mesure improvisée, bricolée à la va-vite, ne pouvait que mener à ce que vit Maurice depuis le début de la semaine : une situation chaotique et confuse que personne ne contrôle et qui suscite la colère des sinistrés traînés d'un bureau de la Sécurité sociale à un autre, d'un poste de police à un autre pour essayer de se faire payer cette allocation exceptionnelle. Le nombre de demandeurs - qui, vu le montant de l'allocation ne pouvait que se multiplier - et le fait que les conditions nécessaires ne sont pas réunies pour de vraies enquêtes sont en train de faire de cette opération rapidement décidée une catastrophe. Il n'est pas sûr que l'argent des contribuables ainsi dépensé ira soulager les vrais sinistrés. On raconte ici et là que des petits malins qui, grâce à des contacts savent quels sont les critères pour se faire passer pour un " sinistré méritants ", ont déjà touché la fameuse allocation. Alors que de vrais sinistrés qui ne connaissent pas les combines et ne savent ni s'expliquer ni se défendre continuent à attendre.

Depuis le début de la semaine, la colère gronde chez les sinistrés transportés d'un bureau à un autre pour toucher la fameuse allocation. Le traitement que l'on fait subir à ces Mauriciens ressemble de moins en moins à un acte de solidarité et de plus en plus à de la charité donnée avec mépris. Il n'est pas étonnant que dans ces conditions des démonstrations de colère ont été enregistrées chez ceux qui attendent le paiement de l'allocation qu'on leur a promise. Ces manifestations ne sont que la conséquence tout à fait prévisible de l'annonce du paiement de la compensation exceptionnelle sans que les structures nécessaires aient été mises en place pour le faire. Cette opération montée à la va-vite pour essayer de faire oublier l'incapacité du gouvernement à gérer les conséquences des inondations ne fait que mettre en relief son amateurisme et ses hésitations. Et ce n'est pas en ordonnant à la police d'avertir que les manifestations sur la voie publique sont interdites et passibles d'amende et de peine de prison que l'on va régler les choses. Ce ne sont pas les sinistrés qui ont créé le problème mais ceux qui ont décidé et annoncé le paiement de la compensation exceptionnelle. Ils en subissent actuellement les conséquences. Qui sème le vent finit toujours par récolter la tempête.




Interrogations

Paroles en l'air…
Shenaz Patel


Quoi qu'on en soit venu à penser, quel que soit le degré de désintérêt, voire de cynisme, avec lequel nous accueillons ce que disent nos politiciens, la parole en politique est une chose très importante, dont on ne devrait pas accepter la démonétisation avec passivité, comme une fatalité. Plus que dans tout autre genre au contraire, nous devrions attendre de ceux qui l'utilisent qu'ils le fassent de façon sinon intelligente, du moins consciencieuse, réfléchie, en faisant sens. Car la parole, les mots utilisés ou pas dans des circonstances particulières, les discours prononcés, servent autant à donner des orientations et façonner une nation que toute action concrète engagée pour la construction physique de ce pays. Et si nos hommes et femmes politiques en viennent trop souvent à dire tout et son contraire, quand ce n'est n'importe quoi, c'est peut-être aussi parce que nous ne les rendons pas suffisamment comptables de cette "désinvolture" avec laquelle ils utilisent le langage…

Le ministre de l'Education, Dharam Gokhool, pourrait d'ailleurs se servir de sa récente expérience pour écrire un jour un petit traité témoignant du danger de ne pas suffisamment peser ses mots face à une situation donnée. Car il aura beau affirmer ne pas avoir voulu établir une proportion froidement statistique entre le fait que le pays compte 350 000 étudiants et qu'une jeune étudiante soit morte dans les récentes inondations, le fait demeure que la juxtaposition de ces deux assertions dans une même phrase a entraîné une perception de cynisme et d'abjection. Sans qu'il ait été prononcé, appelé par la formulation maladroite du ministre, le mot " seulement " est venu, de lui-même, se greffer sur son discours ; donnant le sentiment qu'il avait dit qu'une élève seulement était morte, alors que le pays en compte 350 000. Et le ministre aura beau s'expliquer par la suite, parfois, contrairement à ce que dit l'adage, il en est des paroles comme de l'écrit : elles restent, d'autant plus fortement qu'elles sont souvent prononcées à chaud et n'offrent pas le recul de l'écrit.

Dans le registre des déclarations qui méritent de nous interpeller, et de faire que nous interpellions en retour ceux qui les ont prononcées, deux autres cas sont, à notre sens, à relever au cours de ces derniers jours.

En premier lieu viennent des propos tenus par Paul Bérenger, au lendemain des inondations, fustigeant les " pseudo-environnementalistes " ayant empêché la concrétisation de l'autoroute du sud-est à travers la Vallée de Ferney. On croit rêver. Combien de catastrophes encore faudra-t-il pour que nous comprenions ? Que nous prenions pleinement conscience que si la nature se dérègle aujourd'hui au point de nous infliger des épisodes de plus en plus imprévisibles, violents et meurtriers, ce n'est pas par un de ses " caprices ", mais parce que nous l'avons surexploitée, parce que nous avons omis, dans notre volonté de " développement " tous azimuts, de respecter ses équilibres les plus élémentaires et fondamentaux ? Les rapports les plus officiels et scientifiques l'établissent : il ne reste plus, à Maurice, que 2 % des forêts originelles. La Commission Environnementale des Nations unies nous classe au rang des pays dont la flore est gravement en danger. Et cet organisme, composé d'experts environnementaux aux compétences reconnues internationalement, avait abondé dans le sens d'experts locaux pour affirmer que faire passer une autoroute au cœur de la biodiversité unique de la Vallée de Ferney serait une catastrophe écologique. Aujourd'hui, le leader de l'Opposition, toujours furieux d'avoir vu échouer ce projet qu'il avait soutenu à l'époque où il était Premier ministre, vient s'en prendre à ceux qui y ont fait obstacle, comme par hasard au lendemain des inondations qui ont durement frappé l'Est. Alors que la déforestation est, à travers le monde, reconnue comme un facteur aggravant dans les cas d'inondations. Alors que l'on ose à peine imaginer l'effet d'entraînement d'eau qu'aurait provoqué ce ruban de bitume coulant au milieu de la vallée, le projet impliquant de découper des rampes à très forte déclivité au cœur de la vallée. Alors que la forêt ainsi préservée a sans doute pu maintenir un pouvoir d'absorption des fortes pluies tombées sur l'Est qui aurait probablement connu une situation plus grave le cas échéant.

Que le leader de l'opposition nous éclaire donc sur ce qu'il entend par l'expression " pseudo-environnementalistes ", et en quoi il considère que lui, homme politique, est plus habilité sur ce terrain que les experts des Nations unies, dûment formés, diplômés et expérimentés en la matière. Le reste n'est que pseudo-procès…

Autre fait à relever : la crainte exprimée par certains, dont le Premier ministre, que l'utilisation du créole à l'Assemblée nationale n'incite les parlementaires à se montrer grossiers et à jurer. On croit encore rêver. Tous les jours, plus de 80 % des Mauriciens (selon les derniers sondages), utilisent le créole pour s'exprimer. Donc, aussi, pour déclarer à des personnes que nous les aimons, pour converser avec nos aînés et câliner nos enfants, pour décrire nos espoirs et nos rêves, pour échanger de bons mots et raconter des histoires, pour composer des poèmes émouvants et forts, pour traduire Shakespeare, pour donner voix à nos aspirations, pour refaire le monde. Réduire la langue créole à la grivoiserie et à la grossièreté, c'est aussi insulter tous ces Mauriciens. Et c'est nous dire beaucoup sur le niveau de ces parlementaires apparemment incapables de s'élever dans la langue maternelle du peuple qu'ils sont censés représenter…




Pris sur le vif

L'invitation
Jean-Claude Antoine


- Allo, c'est bien le numéro x...?

- Oui, c'est bien ici même.

- Ici c'est le numéro… J'ai un mis call avec votre numéro sur mon portable. Et puis j'ai eu un message me demandant de rappeler votre numéro le plus vite possible. Je téléphone pour savoir qui m'a appelé ?

- C'est moi-même qui ai fait le call. Comment allez-vous ?

- Bien merci. Je vous connais ?

- Oui...non… c'est à dire que je connais votre nom et votre numéro de téléphone…

- … Mais qui êtes-vous ?

- Je suis M…

-… Ah bon vous êtes M…et qui vous a donné mon nom et mon numéro de téléphone ?

- Vous êtes sur ma liste…

- Votre liste… mais quelle liste ?

- Vous êtes sur la liste des clients à qui je dois téléphoner ?

- Ah bon. Et pourquoi?... Je suis sur quelle liste…

- Il faut pas être nerveux monsieur…c'est pas bon, vous savez…ça même qui donne le stress et toutes les complications vasculaires ça… j'ai entendu un docteur dire ça à la radio l'autre jour...

- … mais je ne suis pas nerveux du tout…écoutez, je ne comprends plus rien là…je ne vous connais pas… vous avez téléphoné sur mon numéro…

- … j'ai téléphoné pour savoir si vous allez venir ?

-… mais ou ça ?

-… mais au cocktail sur le bateau ?

-… mais quel cocktail et quel bateau ?

-… le cocktail sur le bateau pour lancer le produit… vous n'avez pas reçu l'invitation ?

-…mais non… qu'est-ce que c'est que cette histoire d'invitation là ?

-…mais je ne sais pas moi… il ne faut pas crier avec moi…non seulement c'est pas bon pour le cardio-vasculaire comme je vous l'ai dit… mais j'ai un écouteur et ça fait mal dans mon oreille… comme ça même qu'on attrape des maladies dans le tympan…

-…excusez moi… mais c'est une histoire de fou… essayons de comprendre: vous m'avez envoyé une invitation que je n'ai pas reçu pour un cocktail… c'est ça ?

-… voila … c'est ça. Moi je dois téléphoner pour vous demander si vous allez venir. Il faut savoir pour boissons et les gajacks…il faut organiser tout ça … vous comprenez?…. Alors, vous allez venir… moi je vous conseille de dire oui… j'ai vu la liste des gadjacks… c'est mari top… vous allez vous régaler je vous dis… Et puis on m'a dit de tout faire pour vous faire venir…il parait que vous êtes un bon client. Alors c'est oui, vous venez au cocktail ?

- … écoutez mademoiselle je ne peux dire oui, je ne peux accepter une invitation que je n'ai pas reçu…

-… c'est vrai… c'est embêtant… on ne m'a pas dit ce qu'il faut faire dans ce cas là… qu'est-ce qu'on peut faire, hein ?

- … écoutez… je ne sais pas moi… envoyez moi l'invitation par mail tout de suite...

-… ah non…

-… pardon ?

- Aio.. le email la c'est trop compliqué ça.. et puis moi je suis téléphoniste et il faut aller demander à la secrétaire… je ne la connais pas…….et puis elle me regarde d'un air je vous dis… je préfère ne pas lui parler…Vous n'avez pas un fax dans votre bureau ? Vous savez c'est plus pratique qu'un computer, on n'a pas besoin de scanner tout ça… vous n'avez pas de fax dans votre bureau… vous savez ça ne coûte pas cher…

-…dites moi…depuis combien de temps est-ce que vous travaillez comme téléphoniste ?

-…Aio… j'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? On m'a pourtant dit qu'il fallait que je sois sympa et que je fasse la conversation avec les clients…

-...vous êtes téléphoniste depuis combien de temps?

-… je viens de commencer ce matin… pour faire un remplacement… si je suis bonne on va me garder… comment vous trouvez que je me débrouille ? Ça peut aller , non ?





o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008