m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008



  Beach Djs Festival à Belle Mare - Da Hool réveille la foule
  Festival Reggae Donn Sa 3, le 26 avril - Le stade Anjalay prêt pour une nuit de vibes
  A propos de Sean Paul… - Les organisateurs du concert dénoncent les caprices des agents de l'artiste
  Le 25 avril au Centre Swami Vivekananda - Yannick Noah revient!
  Du 10 au 19 avril - Crossbreed Supersoul en tournée à La Réunion
  Hip hop - Stage et "Battle" avec Eric Mezino
  Portrait - Rivaltz Quenette, la mémoire de la Loge
  Histoire: Les tribulations et les triomphes d'une cathédrale - L'épopée de la cathédrale Saint-Louis


Beach Djs Festival à Belle Mare

Da Hool réveille la foule

La première soirée du festival des DJs n'a certes pas attiré la grosse foule attendue mais les animateurs internationaux étaient à la hauteur de leur réputation. Lors de la soirée de vendredi, quelque 5 000 clubbers étaient au rendez-vous. C'est le dj français Alex Goss qui a d'abord mixé aux platines, sur le dancefloor monté sur une plateforme dans l'eau à 15 mètres de la plage et auquel avaient accès les VVIP et VIP guests. Après le warm-up de quelques djs locaux et internationaux, le public qui s'est chauffé assez timidement s'est déchaîné sur les notes du dj allemand Da Hool. Sa prestation, électrique, aux alentours de minuit, a suscité le véritable engouement auprès de la foule qui s'était dispersée sur la plage. La piste de danse translucide sur l'eau réservée aux VVIP demeurée pratiquement vide, les VIP y ont été invités, et, du coup, le public a pu accéder librement au dancefloor prévu initialement pour les VIP. En toute simplicité et avec beaucoup d'interaction avec son public, le dj allemand a mis le feu, invitant le public, qui n'en demandait pas mieux, à se déhancher au son de la bonne house music.

Les clubbers, qui sont restés jusqu'aux petites heures du matin, n'ont pas été déçus de cet événement sans précédent dans l'histoire de la nitelife à Maurice, réunissant sur une même plateforme une dizaine de Djs internationaux pour 32 heures de folie. Si l'ambiance générale dépendait surtout de la prestation des Djs pour cette première soirée, du moins, les organisateurs, en l'occurrence Greendots Events, Blue Steel Klubbing Gear et High Level Energy, ont réussi leur pari. De grands moyens ont été déployés pour ces 32 heures de house, sur la plage de Belle Mare, dans un cadre qui change des boîtes de nuit habituelles. Outre la sonorisation grandiose, les jeux de lumière ont impressionné ceux présents. Les agents de sécurité, placés un peu partout sur la plage, n'ont pas failli à leur tâche. Ils été tous à pied d'œuvre, quoi qu'il n'y a pas eu de dérapage.

Toutefois, les activités programmées durant la journée de samedi n'ont pas attiré grand monde. Très de peu de clubbers, soit ceux qui n'avaient pas de transport pour rentrer chez eux ou ceux qui n'ont pu louer un bungalow dans les environs, sont restés sur la plage. Si quelques-uns ont participé aux matches de foot et de beach volley organisés, ou encore aux séances de massage, la plupart ont profité de cette journée pour se reposer à l'ombre des marquises en attendant la suite des 32 heures de house, hier soir…


Festival Reggae Donn Sa 3, le 26 avril

Le stade Anjalay prêt pour une nuit de vibes

Le rendez-vous promet d'être grandiose pour les amateurs de ragga et de reggae jamaïcain. La troisième édition du Festival Reggae Donn Sa qui approche à grand pas, devrait être un des plus grand rendez-vous musical local du moment. En effet, le Stade Anjalay de Belle-Vue, qui accueillera l'événement le 26 prochain, sera transformé en véritable lieu de culte… musical pour l'occasion. Les organisateurs : OSB Co. Ltd. et Live N Direk Entertainment, du festival veulent miser fort cette fois-ci en donnant à ce concept une identité régionale et en s'alignant sur ce qui se fait habituellement en Jamaïque. C'est-à-dire, une longue soirée dédiée au ragga et au reggae. Le 26 prochain, la nuit du reggae débutera à 18 heures avec un sound system animé par DJ Kingdom et DJ Did Steph. Mais en haut de l'affiche, les artistes d'origine jamaïcaine de Morgan Heritage, seront indéniablement les vedettes de la soirée. Cette formation familiale est particulière. Denroy Morgan qui marque son entrée dans les années 80 avec I'll do anything for you, est père de 29 enfants. Huit d'entre eux, suivent les traces de leur père et sortent un premier album, Miracle en 1994. Ayant tous été élevés aux États-Unis, ils ne négligent pas pour autant leurs racines. La formation, réduite à cinq membres, fait un retour aux sources et s'imprègnent de la sonorité jamaïcaine, une fois au pays. Puisant dans différentes influences, Morgan Heritage, donnera un aperçu de sa musique à son nouveau public. Selon les organisateurs, le groupe qui se produira dans des îles de la région, sera à Maurice auparavant, pour participer à la promotion du festival.

Partageront également cette affiche, deux invités des Seychelles, en l'occurrence Jahrimba et Ras Ricky. Et aux côtés de ces derniers, Blackowes, Ras Nininn, Linzy Bacbotte, Tian Corentin et les OSB seront également de la partie.

Pour rappel, la première édition de ce festival remonte à 2005. Pierpoljak, alors attendu au stade Maryse Justin, devait moins briller que Daddy Mory. Ce dernier, qui avait d'emblée séduit son public, devait mettre carrément le feu au stade. Cette édition devait aussi confirmer le flair des OSB pour l'organisation de concerts d'envergure. En 2006, c'est au stade SGD que s'est tenue la deuxième édition du festival, avec pour invités vedettes, les Steel Pulse, venus directement de Grande-Bretagne.

Les billets pour le festival sont déjà en vente à Rs 350 l'unité dans les points suivants : Otentikk Paradize Burning (Rose-Hill, Flacq, Port-Louis, Pointe-aux-Sables & Goodlands), One Drop (Chemin Grenier), Harbour Music Shop (Rose-Hill & Port-Louis), Dodo Music Shop (Mahébourg), Master Sound (Bambous), Magasin

Symphony (Curepipe), Magasin Lotus (Quatre-Bornes), Ghetto Boutik (Roche-Bois), Hard Rock Music (Port-Louis) et dans tous les magasins de Solid Gold, Habit et Power Music. Les guichets au stade seront opérationnels à partir de midi et le prix du billet passera à Rs 400.


A propos de Sean Paul…

Les organisateurs du concert dénoncent les caprices des agents de l'artiste

Quatre jours après le concert de Sean Paul, le 29 mars dernier à Rose-Hill, les organisateurs de l'événement ont dénoncé les caprices des agents de la star, à l'origine, selon eux des couacs qui ont surgi durant l'organisation. Jeudi dernier, ils ont levé le voile sur des détails qui auraient induit le chanteur et son manager en erreur…

Le moins qu'on puisse dire, Sean Paul, vedette internationale du ragga dance hall est passé quasiment inaperçu à Maurice ! Son passage au stade SGD à Rose-Hill, le 29 mars dernier, n'a pas connu d'écho résonnant. Si Week-End n'y était pas - et ce malgré les rappels réguliers de la venue du chanteur jamaïcain -, ne pouvant du coup faire un compte rendu à ses lecteurs, c'est tout simplement parce que les organisateurs du concert n'ont pas pris de disposition pour médiatiser le spectacle de Sean Paul. Aussi, parce que quelques jours plus tôt, Sharis Sumputh, directeur de 3 Events et organisateur principal avec OSB Co. Ltd, Live n Direk Entertainment, Gial Evénement International et Hippies Ltée, devait déclarer à Week-End qu'il n'était pas disposé à faire venir l'artiste pour une rencontre avec la presse (comme prévue initialement) avant que celui-ci ne parte pour La Réunion, où il était attendu, par la presse locale et par le public pour un concert. Se sont greffés à cette déclaration des bruits de couloir, laissant comprendre que Sean Paul, star capricieuse haussait les épaules et relevait le menton à l'idée de se produire sur la scène mauricienne. En quelque sorte, petits mépris à l'égard d'un petit pays perdu dans l'océan Indien. Aussi, jamais l'organisation d'un concert qui se voulait être dans la même lignée - ou presque - que celui d'Alpha Blondy, Pierpoljak, Steel Pulse ou encore les Wailers, n'a connu de changements relevant souvent de l'amateurisme !

Cependant, à son arrivée chez nous, le 29 mars, Sean Paul, selon Bruno Raya, membre de l'organisation, devait laisser voir son étonnement lorsqu'il a appris "tout ce qui se passait autour de son concert". Il était "aussi surpris d'apprendre que la presse voulait le rencontrer mais croyait qu'elle ne faisait pas partie de son programme à son arrivée à Maurice." En d'autres mots, Sean Paul "qui était totalement d'accord pour venir à Maurice, le 27 mars, pour une conférence de presse", aurait, en même temps que les organisateurs, découvert que ses agents qui étaient sur place bien avant son concert, l'aurait mené en bateau ! Donnant des explications sur ce qui s'est réellement passé durant les jours précédant le concert de Sean Paul, OSB Co Ltd, avance que les agents du chanteur ont berné les organisateurs, le manager de l'artiste et celui-ci. Il revient même que Sean Paul, "convaincu qu'il devait chanter à 22 heures a fait l'objet d'un chantage par ses agents." Bruno Raya, explique que le programme stipulait que Sean Paul devait fouler la scène du stade SGD peu après le passage des DJs locaux, mais "ses agents ont exigé que l'organisation mauricienne débourse une grosse somme pour assurer les frais, encourus par le chanteur, à l'extérieur de Maurice, faute de quoi celui-ci ne se produirait pas." Cédant à la pression des agents, les organisateurs ont réuni une partie de la somme demandée, avant que Sean Paul ne monte sur scène. "Mais, Sean Paul n'était pas au courant de cette magouille !" précise Bruno Raya. Toutefois, les organisateurs ont eu à faire appel aux autorités pour que la somme déboursée leur soit rendue. "Si Sean Paul finit mal dans le show business, ce sera à cause de son entourage !" devait constater Bruno Raya. Malheureusement, cette précision pour dénoncer les caprices des agents du chanteur, est arrivée après le départ de ces derniers !


À la Citadelle: Boom Fiesta 2, le 31 mai

C'est reparti pour une nouvelle édition de Boom Fiesta! En effet, la deuxième édition de ce rendez-vous musical qui réunira des artistes de la région est annoncée pour le 31 mai prochain. Des groupes de Maurice, de La Réunion… sont attendus à la Citadelle. Les artistes de chez nous qui seront à l'affiche sont entre autres, Sandra Mayotte, Rennel Trapu, Nas T Black, Kassava entre autres. Ils partageront la scène avec des artistes populaires de la région. À ce propos, une liste dans ce sens est en passe d'être finalisée. Boom Fiesta 2 marquera le grand retour des artistes locaux-excellant dans le séga notamment- à la Citadelle.


Le 25 avril au Centre Swami Vivekananda

Yannick Noah revient!

Alignant les concerts depuis le mois de Mars, Yannick Noah, chanteur-athlète très apprécié en France et ailleurs, donne rendez-vous à ses fans mauriciens pour un concert qui se tiendra le 25 Avril à 20h au Centre Swami Vivekananda à Pailles. Invité par l'agence Immedia, le chanteur franco-camerounais, qui s'est imposé comme l'un des valeurs sûres de la chanson française interprétera à l'occasion plusieurs titres dont ceux de son dernier album Charango.

Yannick Noah, qui entame une série de concerts depuis le mois de Mars en France, poursuit sa tournée dans l'océan Indien. Trois ans après avoir conquis le cœur des Mauriciens à la Citadelle, Yannick Noah est de retour à Maurice pour le plus grand bonheur de ses fans. Dans l'ambiance intimiste du Centre Swami Vivekananda à Pailles, l'interprète de Destination ailleurs offrira deux heures de ballades, de secousses et de rythmes exotiques. Rama Poonoosamy, le directeur de l'agence Immedia a, lors d'une conférence de presse mercredi dernier, annoncé que le chanteur arrivera à Maurice le mardi 22 avril, soit après s'être produit le samedi 19 pour la première fois à Madagascar. L'ex-tennisman qui fêtera ses 48 ans le 18 mai prochain séjournera avec sa femme, ses enfants ainsi que tous ses musiciens, techniciens et choristes à l'hôtel Beau Rivage avant de faire un saut à l'île de la Réunion pour deux représentations et regagner la France où de nombreuses escales dans bon nombre de villes sont prévues.

Fils d'un père camerounais et d'une mère française, Yannick Noah passe son enfance à Yaoundé. Sa victoire à Roland Garros en 1983 contre Mats Willander l'impose dans le cœur du public. Son allure détendue, ses tresses et son humour en font le chouchou des français. Après 23 titres internationaux, il met un terme à sa carrière pour devenir capitaine de l'équipe de France en 1991. La France remporte alors sa première victoire de la Coupe Davis depuis 1932, et tout le public reprend en cœur sa chanson Saga Africa.

Le joueur s'est en effet reconverti dans la chanson. Peu à peu, sa musique s'améliore : l'album au titre éponyme qui sort en 2000 est coproduit par Goldman et son album Pokhara, en 2003, remporte un succès qu'on peut vérifier sur scène. Engagé dans des œuvres humanitaires, il crée plusieurs associations comme les Enfants de la Terre ou Fête le Mur, et organise des tennis-concerts pour les jeunes défavorisés. En juin 2005, paraît le disque intitulé Métisse(s) et en 2006, il sort Charango, troisième album studio paru en octobre chez Columbia, et qui a déjà généré trois hits et singles : Donne-moi une vie, Aux arbres citoyens et Destination ailleurs. Avec Charango, il offre un métissage de musiques sur une base naturelle de reggae, utilisant un instrument traditionnel d'Amérique Latine, le charango.

Les billets places debout (Rs 900 et Rs 500), sièges réservés gradins (Rs 1200 et Rs 650), en vente depuis jeudi dernier sont disponibles à travers le Rézo Otayô sur le 466 99 99.


Du 10 au 19 avril

Crossbreed Supersoul en tournée à La Réunion

Le groupe de rock mauricien Crossbreed Supersoul sera en tournée à La Réunion du 10 au 19 avril. Huit concerts sont prévus. Sur le site L'Azenda qui annonce leur venue, on peut lire que CrossBreed SuperSoul devrait séduire le public rock réunionnais "grâce à ses prestations hyper vitaminées qui font la part belle aux mélodies et à la voix de son charismatique chanteur, Vincent Brasse".

Du chemin parcouru donc par ce groupe de potes qui démarre en 2004 avec Armand (basse), Guylain (batterie) Roro (guitare solo) Laurent (guitare rythmique et chœur) et Vincent (guitare acoustique et chant), et qui gagnera une reconnaissance locale qui ne cessera de croître grâce à son album Live at the BBC enregistré en 2005 au Banana Beach Club de Grand Baie. Leur deuxième album, A Letter to G, sorti en novembre 2007, confirme et approfondit leur potentiel.

"Crossbreed SuperSoul affiche des influences à l'image du nom du groupe (littéralement " croisement des races " et "grande force spirituelle "), c'est-à-dire mélangées. Avec des breaks impeccables, un poumon basse-batterie particulièrement bien en place et des mélodies efficaces, le groupe est prêt à passer à la vitesse supérieure et à exporter sa musique à La Réunion puis en Europe. De jeune groupe confidentiel en 2004, CrossBreed SuperSoul est d'ailleurs passé en quelques années au stade de véritable locomotive du renouveau musical mauricien", écrit L'Azenda.

"Les musiciens de CrossBreed SuperSoul sont très motivés à l'idée de se produire devant le public réunionnais et d'avoir l'opportunité de conquérir de nouvelles oreilles. Un public qu'ils savent plus réceptif et plus exigeant qu'à Maurice, en raison d'une offre musicale bien plus étendue. Un public devant lequel tout reste à faire. Nous leur souhaitons bonne chance dans cette entreprise", conclut l'Azenda. Nous aussi.


Hip hop

Stage et "Battle" avec Eric Mezino

Le chorégraphe Eric Mezino de la compagnie E.GO revient à Maurice pour poursuivre son atelier de danse hip hop, initié au mois de septembre 2007.

La Compagnie E. go a été créée en janvier 2003 à Niort par Eric Mezino, au terme de dix années de travail comme chorégraphe et co-directeur artistique au sein des Compagnies Accrorap et Malka, et d'accompagnement d'amateurs et de professionnels. A travers trois axes de travail que sont l'action artistique, l'action pédagogique et l'action internationale, la Cie E. go initie et mène des projets culturels dans le monde entier. Elle s'efforce de toucher un très large public d'initiés et de néophytes. Elle tend surtout à mélanger les publics les plus divers pour échanger et partager autour de la culture hip hop. Avec un réseau d'une trentaine de danseurs professionnels et trois créations qui tournent actuellement, l'action artistique constitue une grande part de l'activité de la compagnie.

Chez nous, Eric Mezino proposera donc un nouvel atelier qui se déroulera du lundi 21 au mercredi 30 avril de 10h à 14h 30 au CCB à Rose Hill. L'atelier est ouvert à tous les danseurs et en particulier à ceux pratiquant le hip hop. Les inscriptions peuvent se faire au centre culturel.

Entre compétition sportive et performance

A l'issue de ces ateliers, un "battle" est prévu le samedi 26 avril à 16h au M.G.I. à Moka. A mi-chemin entre compétition sportive et performance, un battle de hip hop est avant tout, expliquent les adeptes du genre, une rencontre de danse organisée dans un esprit festif. Les " crews " (ou compagnies de danse) se mesurent les unes aux autres dans différentes catégories de hip hop : b. boying (danse au sol), popping, locking, expérimental...

L'exploit physique est mis en avant dans une conception populaire du défi, de l'affrontement et de la virtuosité technique des gestes chorégraphiques. Le jury, composé de danseurs confirmés, classe les équipes suivant des critères précis, ayant trait notamment à l'interprétation de la musique par le/ les danseurs, le degré de difficulté des enchaînements chorégraphiques, l'originalité, la créativité et le style du/des danseurs et la répartition des passages de chaque danseur dans son équipe.

A voir donc le 26 avril au MGI. Le droit d'entrée est à Rs 250 et Rs 50 pour les moins de 25 ans.

Les billets seront en vente à partir du mardi 8 avril au CCB à Rose-Hill, au CCEF à Curepipe, chez Campus France (ex CIFOD) à Port-Louis et à travers le Rézo Otayo.


Portrait

Rivaltz Quenette, la mémoire de la Loge

Rivaltz Quenette vient de publier le deuxième et dernier tome de l'histoire de "La Franc maçonnerie à l'île Maurice". Un ouvrage très documenté, comme les précédents de l'auteur, qui nous fournit l'occasion de brosser le portrait de ce natif du mythique ward IV de Port-Louis dont le long passage au Parlement comme Clerc contribua au prestige de l'institution.

Au contraire de ceux qui n'ont pas grand-chose a dire et multiplient les déclarations, Rivaltz Quenette fait partie des lettrés qui privilégient la discrétion. Et pourtant cet enfant du Ward IV de Port-Louis en aurait des choses à raconter. Tout d'abord sur ce mythique Ward IV, qui fut longtemps la capitale culturelle de l'île Maurice, puisque réunissant au pied de la montagne des Signaux plusieurs générations de Mauriciens qui allaient faire honneur au pays dans divers domaines. C'est dans cette région, qui deviendra plus tard le dernier des quatre wards municipaux, que sont venus habiter les premiers créoles libres après l'abolition de l'esclavage. Plus tard, l'ouverture de plusieurs établissements scolaires contribuera à la réputation culturelle de ce coin de Port-Louis. Tout d'abord celle du collège Royal, qui admettra les premiers élèves de couleur, ce qui provoquera un frottement - d'abord forcé - avec les fils des élites blanches. Ensuite l'ouverture de quelques ti lékol célèbres, ensuite celle de la School, puis du collège Bhujoharry, qui devait pendant des années former l'élite du pays et faire jeu égal - au niveau pédagogique - avec le collège Royal. Les habitants, les institutions et sans doute l'air de la montagne firent naître dans ce ward "une affirmation sociale culturelle et même sportive" qui allait en faire la capitale culturelle de l'île. Il existait également une solidarité exemplaire dans le ward dont Rivaltz Quenette fut un des heureux bénéficiaires. Élève brillant né dans une famille modeste, il put faire ses études secondaires grâce à la générosité de deux hommes : le bonhomme Bhujohurry, qui ne fit pas payer ses frais d'écolage et Sookdeo Bissoondoyal qui lui donna pendant des années des leçons deux fois par semaine. Durant ses études, Rivaltz Quenette fait la connaissance d'un autre habitant du ward qui allait jouer un rôle déterminant dans sa formation : Marcel Cabon, journaliste, poète et écrivain et fondateur du Cercle Rémy Ollier. Il confie à l'étudiant les recherches historiques aux archives dont il avait besoin pour écrire les biographies de Rémy Ollier, puis d'Edgar Laurent. C'est cette recherche aux archives qui donnera à Rivaltz Quenette le goût du travail sur l'histoire et l'écriture ainsi que la collaboration que Marcel Cabon lui offrit à Advance dont il était alors le rédacteur en chef.

Clerc et biographe

Après ses études secondaires, Rivaltz Quenette obtient un poste au secrétariat du service civil en 1948. C'est le point de départ d'une carrière qui va le faire voyager dans les différents secteurs du gouvernement colonial, ce qui va lui permettre de faire de belles rencontres qui le marqueront : Marcelle Lagesse, Kissoonsingh Hazareesing et Raymond Philogène à l'Assistance Publique ; Arthur Jessops aux chemins de Fer, puis, à la fermeture du réseau ferroviaire, à la toute nouvelle RTLA qui allait gérer le transport par autobus. La RTLA avait son bureau à la gare Victoria et pour voisin la Widows, le bureau des pensions des veuves et des orphelins, dont le secrétaire était M. Luc Ahnee, amateur de littérature et jeu de mots dont le joke favori était "je ne suis pas un animal, je suis le mâle Ahnee." En Juin 1961, Rivaltz Quenette sur l'insistance de son ami Bala Soopramanien entre comme assistant Clerc à l'Assemblée Législative alors présidée par celui qui deviendra sir Harilall Vaghjee, le premier Speaker du Parlement mauricien et - pour beaucoup de parlementaires - le meilleur qu'ait connu Maurice à ce poste. Il passera de grands moments aux côtés du Speaker, par ailleurs auteur de pièces de théâtre et de marches musicales, qui lui donnera le goût de la lecture des débats parlementaires locaux et de ceux de la Grande-Bretagne. Une manière de le préparer à occuper le poste de Clerc du Parlement, fonction que Rivaltz Quenette occupera pendant de longues années avec efficacité et discrétion. Il assistera aux toutes premières loges - sans jeu de mots - aux débats parlementaires, dont celui qui précéda le vote pour l'indépendance au cours duquel les députés PMSD St Guillaume et Narainen votèrent contre leur parti et avec le gouvernement. Sans vouloir faire de comparaison avec les parlementaires d'après l'indépendance, l'ancien Clerc dit regretter les grands tribuns et les grands débats d'autrefois qui étaient âpres et mouvementés, mais marqués par beaucoup d'élégance. Tout en veillant à la transcription des discours des parlementaires du vingtième siècle, Rivaltz Quenette écrira les biographiques de trois grands tribuns mauriciens : Emmanuel Anquetil, le Révérend Lebrun et Onésipho Beaugeard. Il publiera également l'Appel aux urnes et cinq volumes sur l'histoire de la Corporation municipale de Port-Louis.

"le franc maçon était un suppôt de Satan dont la fréquentation menait directement à la damnation éternelle"

Maçon discret depuis 1971, Rivaltz Quenette a participé à la préparation des célébrations du bi centenaire de la franc maçonnerie à Maurice. C'est à l'occasion de ces célébrations qu'il décide de consacrer un livre à l'histoire mouvementée des loges à Maurice, plus pour le grand public que pour les frères qui sont censés connaître leur histoire. Publié en deux volumes, cet ouvrage raconte dans quelle mesure l'évolution de la franc maçonnerie a été liée aux mutations sociales, politiques et culturelles du pays. Il remonte aux origines de la franc maçonnerie où les loges étaient réservées à l'élite du gouvernement colonial et aux planteurs ; puis la passation de pouvoir des mains de l'oligarchie blanche, qui cède - pour ne pas dire abandonne - la place aux représentants de la bourgeoisie créoles ; le refus d'accepter des mauriciens d'origine hindoue pendant longtemps, et enfin la transformation de la franc maçonnerie avec l'entrée dans les loges des premiers frères d'origine hindoue. Une large part du deuxième volume est consacrée à la violente campagne lancée par l'église catholique contre la franc maçonnerie par la voix de certains évêques à la fin du dix neuvième siècle. Pour ces représentants du Vatican, le franc maçon était un suppôt de Satan dont la fréquentation menait directement à la damnation éternelle en enfer, il fallait donc s'en débarrasser. Cette partie du livre fourmille de détails sur la campagne de l'église allant de l'intimidation au boycott des manifestations avec des menaces d'ex communion. Mais au lieu de faire disparaître la franc maçonnerie, cette campagne hystérique n'a fait que consolider sa réputation de société secrète redoutable qui inquiète tout en attisant la curiosité. Un sentiment mitigé qui perdure de nos jours et explique sans doute le fait qu'il existe aujourd'hui autant de livres sur la maçonnerie que sur la religion catholique sur les étages de certaines librairies locales. C'est l'histoire de la franc maçonnerie avec ses grands moments de gloire, l'obligation de se défendre des attaques de l'église catholique, les querelles d'obédiences - qui ont poussé des loges et des frères à adopter des comportements et des tactiques n'ayant rien de fraternels - que raconte le deuxième livre de Rivaltz Quenette. Un livre qui s'arrête volontairement au début des années quarante, au siècle dernier parce que l'auteur ne veut pas publier les noms des frères qui veulent peut être garder leur appartenance secrète pour des raisons qui leurs sont propres.

Ceux qui veulent en savoir un peu plus sur l'histoire de la franc maçonnerie à Maurice et comprendre l'origine de certains clichés contre cette organisation et son rôle dans l'évolution du pays doivent lire le livre de Rivaltz Quenette. En attendant qu'il se décide, enfin, à écrire ses mémoires de témoin privilégié qui a suivi aux premières loges, les travaux parlementaires qui ont conduit Maurice de la période coloniale à l'indépendance et finalement à la République.


Histoire: Les tribulations et les triomphes d'une cathédrale

L'épopée de la cathédrale Saint-Louis

La Cathédrale Saint-Louis, précieux héritage du diocèse de Port-Louis et fière occupante de la vaste Place de la Cathédrale, se dresse sur un site qui a été identifié dans les années 1750, des années après le départ de Mahé de La Bourdonnais. Lors de son administration, ce dernier avait choisi un site différent pour la future cathédrale, celui qu'occupe, plus ou moins, la Cour Suprême, l'ancien Palais de Justice. Le choix de La Bourdonnais ne fut pas retenu pour la bonne et simple raison que l'espace en était restreint, toute extension à venir étant, d'ores et déjà, compromise, d'une part, par le passage tout près de la rivière de la Butte-à-Thonnier, et, d'autre part, par l'alignement qui avait déjà été tracé de la rue du Champ de Mars, aujourd'hui rue Pope Hennessy.

La construction de la cathédrale, qui devait épouser les contours d'une croix latine, se conformait aux plans dressés dans les années 1736-1739 par l'ingénieur en chef de la Colonie, Charpentier de Cossigny. (1) La pose de la pierre angulaire eut lieu en 1752, exercice auquel se prêta de bonne grâce le gouverneur d'alors Pierre-Félix Barthélemy David. Le curé et vice-préfet apostolique Gabriel Igou bénit la pierre qui présentait les dimensions suivantes : deux pieds (pieds français) quatre pouces de long, deux pieds un pouce et quart de large et dix pouces et demi d'épaisseur. (2) Elle portait l'inscription suivante en latin :

IN NOMINE PATRIS, ET

FILII ET SPIRITUS

SANCTI

ANNO 1752, GUBERN.

ILLUS.D.PETRO DAVID

LAPIS ISTE POSITUS EST

NECNON GABRIELLE

IGOU, RECTORE ET PRE

FECTO APOSTOLICO

qui signifie en français :

Au nom du Père et du Fils et du

Saint-Esprit

En l'année 1752, sous le

Très illustre Sieur Pierre David,

gouverneur,

cette pierre a été posée,

Gabriel Igou étant Curé et

Préfet Apostolique

Edifice inutilisé pour le culte jusqu'à reconstruction

Les travaux de construction ont commencé sous la supervision de l'ingénieur militaire, le lieutenant Dulac. Au départ de ce dernier en congé, Charpentier de Cossigny - de nouveau dans l'île du 5 juin 1753 à juillet 1759 - le remplaça et termina l'église. (Idem) Cependant, l'édifice terminé ne servit guère au culte. Réquisitionné pour des besoins militaires le temps que dura la Guerre de Sept Ans (1756-1763), un malheur ne venant pas seul, l'église fut sérieusement endommagée par deux violents cyclones qui frappèrent l'île le 27 janvier 1760 et dans la nuit du 9-10 avril 1773. Les dommages causés à l'édifice par l'ouragan de 1760 s'étendaient à une des faces latérales "fendue et ouverte depuis l'entablement jusqu'à la fondation, en plusieurs endroits sur la longueur de quinze toises" (1), soit une longueur de quatre-vingt-dix pieds. Bernardin de Saint-Pierre, écrivain, également ingénieur de formation, attribuait la cause du désastre au fait que "le comble était trop élevé". (Idem)

Toutefois, comme l'édifice n'était pas irrémédiablement perdu, les autorités envisagèrent de le réhabiliter. Les travaux furent confiés à l'ingénieur en chef Jevigny qui "dessina l'édifice sur le même plan de croix latine que celui de Cossigny" (2), mais en faisant disparaître la tour carrée avoisinant la sacristie, et la dressant derrière la façade style jésuite pour servir de beffroi. Mais aussitôt l'église réhabilitée, elle est utilisée pour caserner une partie du régiment du Royal-Cambrésis qui débarquait à Port-Louis le 11 juillet 1760. Et treize ans plus tard, en 1773, l'édifice est jeté à terre par un violent ouragan et transformé en un "amas de décombres informes". (Idem) Le plus attristant, c'est qu'elle n'avait pu servir au culte. "Cet édifice fonctionnel qui devait combler une indigence religieuse ne servit jamais de lieu de culte." (Idem) Pauvres paroissiens de Saint-Louis !

La chapelle Saint Louis en attendant la future cathédrale

Heureusement pour les paroissiens de Saint Louis, faute de pouvoir prier et se réunir pour la messe et les autres solennités dans la nouvelle église (parce que réquisitionnée à des fins militaires, d'une part, et abattue par des ouragans, d'autre part), ils peuvent le faire dans une chapelle en pierre, portant le même nom, à la rue Royale… en attendant mieux ! En fait, la chapelle de la rue Royale a desservi la population catholique port-louisienne pendant presque un demi-siècle, de 1737 à 1782. A quoi ressemblait cette chapelle ou église ? "Son chevet s'orientait… vers l'est, comme le recommande la liturgie. Construite en maçonnerie, couverte en bardeaux, elle mesurait soixante-quatre pieds de long, vingt de large et dix de haut. Des carreaux de terre cuite la pavaient. Six fenêtres l'éclairaient et une porte y donnait accès. L'autel, le marchepied et la balustrade qui ferme le chœur, en menuiserie. La sacristie, longue de vingt pieds, large de dix, s'étendait derrière le sanctuaire". (1) Le dimanche 6 octobre 1737, le curé de Port-Louis, Gabriel Igou, prit possession solennelle du nouvel édifice.

Il est évident que la nouvelle chapelle, en pierre et en bois, marquait un progrès par rapport aux premiers édifices qui servaient d'église avant 1737, soit pendant les quinze premières années de la colonisation française. Ces édifices étaient, d'abord, une "hutte en palissades couverte de feuilles de palmistes", ensuite, une "baraque en planches" occupant "avec la case du clergé, le carré formé aujourd'hui par les rues Royale, Sir William Newton, de la reine et Bourbon". (Idem) Cependant, même s'ils convenaient au nombre très modeste de paroissiens, lequel s'élevait à "cent soixante âmes, dont trente esclaves", ni leur architecture, ni leurs dimensions "ne convenaient au temple principal de l'île de France." (Idem) Aussi, cela n'étonne guère que Bernardin de Saint-Pierre ait qualifié la chapelle de la rue Royale de "petite église de village", et qu'aux yeux du gouverneur La Brillane, elle n'était qu'"une masure, indécente à tous égards". (Idem) Mais, l'ironie dans tout cela, c'est que, lorsque les paroissiens ont eu, en 1756, une église convenable à la rue du Champ de Mars, ils ont dû en laisser l'usufruit aux autorités militaires franciliennes et se contenter de la "masure".

Renaissant de ses cendres tel le phénix pour devenir cathédrale

C'est au chevalier de Guiran-La Brillane, gouverneur de l'île de 1776 à 1779, qui avait qualifié la chapelle de la rue Royale de "masure, indécente à tous les égards", que revient l'honneur d'avoir donné le momentum décisif au projet de construction d'une nouvelle église digne de ce nom "où le service pût se faire avec décence". (Idem) Il obtenait l'aval de la métropole via le ministre, M. de Sartine, au cours du second semestre de 1777 et au second semestre de 1778 les travaux ont démarré sous la houlette de l'ingénieur Thomas Dayot (celui-là même à qui fut confié, en 1782, la tâche de construire le célèbre canal portant son nom, destiné à approvisionner en eau potable la région longeant la rue du Rempart, aujourd'hui rue Edith Cavell) pour s'achever sous l'administration du gouverneur Vicomte de Souillac en 1782. Les coûts du nouvel édifice atteignaient les 275 000 livres. La nouvelle église Saint Louis ouvrait ses portes aux fidèles la même année alors que la chapelle de la rue Royale tombait en désuétude.

Cependant, de nouvelles tragédies allaient s'abattre sur l'église Saint Louis sous le gouvernement révolutionnaire. Des fissures menaçantes apparurent en plusieurs endroits de l'édifice, et précipitèrent sa fermeture fin 1795. Au moment de son passage sous autorité britannique en décembre 1810, l'église n'était que ruines, mais plus pour longtemps car Sir Robert Farquhar, premier gouverneur anglais de l'île, s'enthousiasma pour la reconstruction du lieu de prière qu'il orna lui-même et dota d'un harmonium venu tout droit d'Europe. Il fit davantage en rendant la fête de Saint-Louis plus colorée, et allant jusqu'à proclamer un jour férié pour cette solennité. Les travaux de reconstruction confiés à l'architecte Pierre Poujade et Joseph Marie Dayot, démarrèrent en 1814. L'édifice, élevé d'après les plans de 1778, en mesure d'accueillir 1 200 personnes, s'ouvrit au culte peu après le grand incendie de 1816. Les cœurs des Catholiques ont vibré de gratitude pour ce que l'administrateur britannique avait fait afin de leur offrir un lieu de prière digne de ce nom et promouvoir leur religion.

C'est parée dans la nouvelle splendeur dont on l'avait revêtue, que l'église paroissiale Saint Louis obtenait le statut de cathédrale le 7 décembre 1847 au moment de l'élévation de Port-Louis au rang de diocèse. Ainsi, la majestueuse cathédrale a passé l'épreuve du temps et des intempéries pendant plus d'un siècle, mais les nombreux cyclones (près d'une centaine depuis 1816) qui visitèrent l'île ainsi que l'âge eurent manifestement le dessus sur la santé du centenaire. Les travaux de démolition débutèrent le 10 décembre 1928. Cinq années plus tard, le 25 août 1933, la nouvelle cathédrale flambant neuve était inaugurée par Mgr. James Leen, évêque de Port-Louis. Trois-quart de siècle plus tard, elle trône toujours sur l'immense place, guettant en face la plus que bicentenaire fontaine aux têtes de lions posée sur l'initiative du Vicomte de Souillac (3) et la statue de Saint-Louis (celle-là date des années 1950 et n'a rien de celle érigée initialement en 1896), et ayant au dos l'imposant palais épiscopal (4) qui, lui-même, a 155 ans cette année.


Bibliographie

1. L'Eglise Saint Louis (1722-1930), Mgr Joseph Mamet, General Printing & Stationery, Port-Louis, 1933

2. Cathédrale Saint-Louis, Ile Maurice, Amédée Nagapen, Editions Diocèse de Port-Louis, 2008

3. National Monuments of Mauritius - Volume 1, Port-Louis District, Editions de l'Océan Indien/ Mauritius Institute, 1988

4. Histoire de l'Eglise Isel de France-Ile Maurice, 1721-1968, Amédée Nagapen, Editions Diocèse de Port-Louis, 1996


"Cathédrale Saint-Louis - Ile Maurice" d'Amédée Nagapen

Trois-quart de siècle après l'ouvrage de Joseph Mamet "L'Eglise Saint-Louis, 1722-1930", paraît "Cathédrale Saint-Louis - Ile Maurice" d'Amédée Nagapen. Il va sans dire que ce dernier ouvrage, lancé durant la Semaine Sainte, qui retrace l'histoire pathétique et palpitante de la cathédrale Saint-Louis (avant et après obtention de ce prestigieux statut), complète le premier, en y apportant, en plus, rigueur et science du point de vue de l'historiographie.

En effet, l'ouvrage d'Amédée Nagapen (284 pages) prend soin de citer les sources utilisées, ce que ne fait pas Joseph Mamet qui a l'élégance, toutefois, de faire savoir par les signes appropriés ce qu'il emprunte à d'autres auteurs. D'autre part, comme dans ses précédents ouvrages, l'historien Nagapen gratifie ses lecteurs de deux index - un index des noms propres et un index thématique. Est forcément inélégant, voire mauvais, un ouvrage d'histoire qui est dépourvu d'index. Cela peut relever du bâclé !

"Cathédrale Saint-Louis - Ile Maurice" fait défiler, par-delà l'histoire paroissiale, les périodes charnières dans lesquelles les événements locaux et paroissiaux dont ceux liés à l'Eglise cathédrale sont incrustés. Rien ne résume mieux l'ouvrage que cette note en quatrième de couverture :

"Dans Cathédrale Saint-Louis - Ile Maurice, l'auteur fait défiler les périodes charnières de l'occupation française et de la colonisation anglaise qui ont abouti à l'indépendance de 1968. En s'appuyant sur les documents d'archives, en interrogeant les chroniqueurs, en expliquent les événements, tout en s'efforçant de connaître les motifs des hommes qui sont passés à l'action, l'historien Amédée Nagapen introduit sur le devant de la scène paroissiale le peuple portlouisien, avec ses "figures de proue" - pasteurs, colons et autres citadins de toutes classes et couleurs. L'itinéraire de la cathédrale Saint-Louis accompagne pas à pas celui du chef-lieu, dépeint une Eglise plongeant ses racines dans la Cité de Port-Louis et expose la trame des relations Eglise-Etat, avec ses ombres et ses lumières, du 18e au 21e siècle.

Dans le même souffle se déroule le parcours effectué par les pèlerins de la paroisse qui avec fierté et ferveur ont bâti successivement, sur le même périmètre, les quatre temples de basalte en 1752,1777,1816 et 1933…"

"Cathédrale Saint-Louis - Ile Maurice" est en vente en librairie à Rs 300 l'exemplaire.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008