f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008



  Caisse noire d'Air Mauritius - Robert Rivalland : six mois de prison pour l'exemple
  Saisie de 1,2 kg d'héroïne - L'ADSU sur la piste d'Asraf Mohamed Ali
  Allégations contre un magistrat - La victime fait état de menaces et de pressions
  La Tour Kœnig - Rapport de l'UoM "bias", selon le député Barbier
  Justice - Judicial Review gratuit dans l'affaire des Health Care Assistants v/s l'État
  Brèves


Caisse noire d'Air Mauritius

Robert Rivalland : six mois de prison pour l'exemple

Sept ans après la révélation des scandales financiers massifs chez Air Mauritius par le syndicaliste et animateur du Mouvement Premier Mai, Jack Bizlall, le rideau est tombé, tard vendredi dernier. L'affaire de la caisse noire, système qui avait permis de détourner des fonds de la compagnie nationale d'aviation à travers un paiement de commissions fictives à Rogers Aviation qui ensuite retournaient vers un fonds secret entretenu chez Air Mauritius dans le but d'enrichir certains et de corrompre des personnalités et autres partis politiques. Toutefois, seules deux personnes, sur cinq accusés, en l'occurrence Gérard Tyack et Robert Rivalland, ont finalement été condamnées pour leur participation à la fraude avérée.

L'avocate Me. Yanilla Moonshiram, qui assurait la défense de Robert Rivalland en l'absence du pays de Me Guy Ollivry, une fois mise devant l'inévitable condamnation de son client, aura presque tout plaider en sa faveur : son âge avancé (72 ans), son casier judiciaire sans tâche, sa contribution énorme et son dévouement au succès du secteur de l'aviation à Maurice pendant toute sa carrière professionnelle, sa totale collaboration à l'enquête policière, le fait - reconnu par tous - qu'il n'a pas bénéficié "du moindre sou" de la caisse noire et, surtout, le fait qu'une peine d'emprisonnement qui peut, selon le code criminel, être substituée par une amende ne dépassant pas Rs 10 000.

Mais, les magistrats de la Cour intermédiaire n'ont rien voulu entendre de tout ça. Robert Rivalland, qui était le dernier des cinq accusés dans le procès intenté pour détournement de fonds de Rs 85 millions au détriment de la compagnie d'aviation nationale via la caisse noire et des commissions fictives, a écopé de six mois de prison vendredi dernier. Malgré sa condamnation pour le principe, il va contester ce jugement en cour d'appel de la Cour suprême.

R. Rivalland : "Je suis déçu !"

Robert Rivalland, d'un naturel jovial, aura beau garder le sourire jusqu'à la fin de son épreuve judiciaire et affirmer sa sérénité jusqu'au bout, il n'en a pas moins nerveusement cligné des paupières au moment où le magistrat Oshan-Bellepeau lisait sa sentence. Depuis la veille, lorsque le même magistrat avait prononcé le jugement le déclarant coupable, Robert Rivalland s'attendait au pire. Il encourait, à ce moment-là, entre trois et cinq années d'emprisonnement.

Vendredi matin, il affirmait à la presse : "Je suis déçu ! Après 24 ans de carrière, je ne méritais pas ça. Je vais continuer à me battre. Ce n'est pas juste ce qui m'arrive. Je n'étais qu'un salesman à l'époque des fautes qu'on me reproche. Croyez-vous que j'aurais pu influencer mes directeurs ? Et, en plus, je n'ai pas touché un seul sou de toute cette affaire. Je n'ai jamais discuté avec Tyack de financement d'Advance."

Dans ce procès, commencé en 2001, il y avait au départ cinq accusés, nommément l'ancien président directeur général d'Air Mauritius sir Harry Tirvengadum, Gérard Tyack (ex-secrétaire financier de la compagnie d'aviation nationale), Joseph Yip Tong (cadre de Rogers), Derek Taylor (Chief Executive de Rogers) et Robert Rivalland (cadre directeur de Rogers). Harry Tirvengadum et Joseph Yip Tong ont échappé à la justice en raison de leur état de santé qui, selon les magistrats, les ont rendus inaptes à rendre des comptes. Derek Taylor a été mis hors de cause. Gérard Tyack avait lui déjà tout avoué de son forfait, avait remboursé à Air Mauritius Rs 27 millions qu'il avait personnellement détournées sur son compte, a purgé une peine d'emprisonnement de trois ans pour ensuite servir de témoin à charge.

En ce qui concernait directement Robert Rivalland, la police lui reprochait d'avoir conspiré "to do an act which was wrongful to Air Mauritius" en opérant en collaboration avec Gérard Tyack, entre 1982 et 1997, un "scheme" comportant des paiements fictifs d'une commission spéciale par Air Mauritius à Rogers & Co. alors qu'une telle commission n'était pas due à Rogers, et ce faisant d'avoir causé préjudice à Air Mauritius, une compagnie publique. Selon la police, c'est Robert Rivalland et Gérard Tyack qui manipulaient les chèques échangés entre Air Mauritius et Rogers & Co.

"Rivalland a facilité une fraude massive"

La Cour intermédiaire a pris note de l'argument de Me. Moonshiram, que la section 109 (1) du Criminal Code (Supplementary) Act prévoit effectivement une peine maximale de cinq années de servitude pénale et une amende ne dépassant pas Rs 10 000 pour le type de délit commis. L'avocate de la défense s'est battue pour que la cour renonce à envoyer Robert Rivalland en prison. Sa position a été cependant fortement combattue par les représentants du State Law Office menés par Me. Gatree Manna, Senior Counsel. Selon cette dernière, il y a d'abord le fait que Robert Rivalland a toujours nié avoir fauté et qu'il a toujours contribué aux multiples démarches, entreprises par les autres accusés Tirvengadum, Yip Tong et Taylor, visant à faire traîner en longueur le procès.

Pour Me. Manna, "comme a pu le prouver Gérard Tyack, c'est bien Robert Rivalland qui a donné l'idée de mettre en place la caisse noire." "Dès lors, on ne peut pas minimiser son rôle uniquement parce qu'il n'a pas financièrement profité du scheme. Il fallait, au minimum, qu'il recueille trois ans de prison. Commençons d'abord par envisager la peine maximale prévue de cinq ans. Ensuite, s'il faut accorder un discount, la cour décidera", a déclaré l'avocate du SLO.

Les magistrats ont affirmé avoir pris en considération les circonstances dans lesquelles le délit a été commis. En deux occasions, les magistrats ont souligné que "Robert Rivalland n'a pas tiré un avantage personnel du scheme qui a nui à Air Mauritius". Mais, ont-ils souligné, "bien qu'il n'était qu'employé de Rogers & Co., on ne peut pas facilement ignorer que de par la position (the Senior post) qu'il occupait dans cette compagnie, il (Rivalland) a abusé de sa position durant une période considérablement longue pour faciliter une fraude massive au préjudice d'une compagnie publique qui joue un rôle majeur dans l'économie du pays".

Toujours selon les magistrats, "bien que l'accusé Rivalland n'a pas personnellement profité financièrement des fonds, il a donné assistance à un scheme illégal et nous trouvons qu'une clémence excessive "on that score alone" n'aidera pas à décourager ceux engagés dans de telles fraudes d'une telle ampleur dans le pays".

En conséquence, et en affirmant garder en tête la nature sérieuse du délit, la cour a considéré qu'une peine d'emprisonnement se devait d'être imposée. En sus de ses six mois - qu'il contestera en appel - Robert Rivalland s'est vu infliger des frais de l'affaire que la cour a estimé à Rs 500.

La Cour intermédiaire était composée des magistrats Benjamin Marie-Joseph (président), Nicolas Ohsan-Bellepeau et Renuka Dabee-Bhunjun.


Jack Bizlall revient à la charge

Réagissant au jugement de la Cour intermédiaire, Jack Bizlall se déclare "encore très insatisfait" de la manière dont les autorités se comportent vis-à-vis de ces scandales. Il compte revenir sur tous les dossiers scandaleux dans les prochains jours.

Selon Jack Bizlall, "les deux exécutants de l'affaire de la caisse noire, Tyack et Rivalland, ont été condamnés, soit !" "Mais les vrais décideurs ont eux échappés à la justice. Il faudra, pour une vraie justice, reprendre tout à zéro maintenant pour remonter aux autres et assainir la situation en général dans le pays en ce qu'il s'agit de fraudes et de pratiques corruptives.".

Jack Bizlall dit avoir, à ce stade, deux regrets. "D'abord, rien n'a été fait pour que les scandales chez Air Mauritius soient traités dans leur globalité, de façon que les fraudes, les pratiques corruptives, les abus de pouvoirs qui les ont caractérisés puissent être élucidés en identifiant les rôles et rapports impliquant Air Mauritius, Rogers & Co., la Mauritius Commercial Bank et la firme de comptables De Chazal Du Mée (DCDM). Or, il est important de savoir que ce sont les mêmes directeurs qui se sont retrouvés à la tête de Rogers, de la compagnie d'aviation nationale et la MCB et que c'est DCDM qui a audité les comptes de ces trois compagnies en réussissant l'exploit de n'avoir jamais décelé la moindre irrégularité tout le temps qu'ont duré les fraudes".

Ensuite, toujours selon Jack Bizlall, "la Cour intermédiaire n'a été mise qu'en présence de l'unique cas de caisse noire et de commissions spéciales payées sur les dessertes Maurice-Londres-Maurice et Maurice-Afrique du Sud-Maurice. Or, les scandales, c'étaient, entre autres, également les billets gratuits qui ont été distribués à des personnalités, le paiement d'une commission spéciale pour le mois d'août 1999, ainsi qu'un emprunt fictif contracté par Air Mauritius auprès de Rogers & Co.".


Saisie de 1,2 kg d'héroïne

L'ADSU sur la piste d'Asraf Mohamed Ali

Une escouade spéciale de l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) traque les mouvements du présumé trafiquant de drogue Asraf Mohamed Ali depuis dimanche dernier. Les dernières indications disponibles sont que le suspect tenterait une évasion par yacht pour échapper à une nouvelle arrestation pour des délits de trafic de drogue.

Asraf Mohamed Ali a été positivement identifié par des limiers de l'ADSU engagés dans une opération de control delivery de 1,2 kilo d'héroïne dans la région de Bain-des-Dames à Port-Louis dans la soirée de dimanche dernier. À ce stade, quatre suspects sont en détention policière, un consultant militaire américain, Scott Bradley Mertz, qui a débarqué à l'aéroport avec de l'héroïne dans ses bagages, un complice, Ajay Kumar Sawoo-Balgobin, un sergent de police du Enquiry Pool de Terre-Rouge, Sanjay Khugputh, et Suraiya Mohamed Ali, la mère du suspect en fuite.

Jusqu'ici, le suspect Asraf Mohamed Ali a pu échapper à la justice dans au moins deux cas majeurs de trafic de drogue. Dans le dernier cas en date avec la saisie de 3,5 kg d'héroïne en date du 25 novembre 2006, la passeuse étrangère Suzan Dalziel écopa de 28 ans de prison en décembre dernier.

Asraf Mohamed Ali, qui avait été interpellé par l'ADSU lors d'une opération de control delivery, retrouva la liberté alors que le procès se déroulait aux assises devant le juge Paul Lam Shang Leen. Cette affaire devait jeter un véritable froid entre l'ADSU et le State Law Office, l'ADSU ne digérant pas les prises de position du Parquet au sujet de preuves qualifiées d'irréfutables versées dans le dossier à charge contre le suspect.

Mais, depuis dimanche dernier, l'étau se resserre autour d'Asraf Mohamed Ali, un présumé caïd de la drogue dans la capitale. Des officiers de police ont confirmé avoir vu le suspect au volant de la voiture immatriculée 1092 ZE 92, qui avait été endommagée et abandonnée lors de l'opération de dimanche dernier. D'autres preuves de sa présence dans la voiture se retrouvent dans les quatre téléphones cellulaires laissés sur le siège de la voiture. Sur l'un des téléphones se trouvent des photos du récent voyage en Inde entrepris par Asraf Mohamed Ali après sa remise en liberté à la fin de l'année dernière.

Ensuite, Suraiya Mohamed Ali, qui a été interpellée par l'ADSU lundi après-midi, a confirmé dans sa déposition que son fils conduisait la Toyota de couleur blanche appartenant au sergent Khugputh, qui a déjà effectué un passage dans les rangs de l'ADSU. Elle aurait soutenu à la police qu'elle avait demandé au sergent de police de lui remettre la clé de sa voiture en vue de permettre à Asraf Mohamed Ali de se rendre chez une connaissance à Bain-des-Dames dans la soirée de dimanche.

Pourquoi Asraf Mohamed Ali devait se rendre en voiture à Bain-des-Dames ce dimanche soir ? Les recoupements d'informations effectués par Week-End auprès de sources concordantes indiquent que le suspect avait pour mission de récupérer un colis de 1,2 kilo d'héroïne, qui était arrivé de Nairobi depuis le samedi 29 avril.

En effet, l'Américain Scott Bradley Mertz, qui a retenu les services de Me Veda Baloomoody des Collendavelloo Chambers, avait pu déjouer le contrôle à l'aéroport de par son statut professionnel de consultant militaire au sein de la société américaine MPRI. Venant d'Ouganda en transitant à Nairobi, il descendit dans un des hôtels de la capitale après avoir cherché vainement un hôtel à Curepipe.

Dans la matinée de dimanche, deux tentatives de remettre les Rs 13 millions d'héroïne à des contacts mauriciens devaient échouer. La première prévue à Flic-en-Flac fut annulée en raison d'une forte présence de policiers en uniforme et en civil sur le terrain suite au viol collectif d'une jeune de 17 ans sur la plage publique alors que la seconde devait en principe se dérouler à Rivière-Noire.

Le consultant militaire américain, qui affirme avoir entrepris cette livraison de drogue comme une " faveur pour le boss mauricien ", fut ordonné de rentrer à son hôtel en attendant de nouvelles directives. Dans la soirée de dimanche, il reçut un appel téléphonique l'ordonnant d'aller déposer le colis dans une cour à Bain-des-Dames. Mais il se trompa d'adresse.

Entre-temps, l'héroïne atterrit dans une autre cour et les occupants avertirent l'escouade de l'ASP Azima et de l'inspecteur Ruhomutally de la présence de ce colis suspect. La drogue se trouvant dans le sac fut substituée et le sac remis à sa place. L'opération était supervisée par le surintendant Pierre Murugan.

Les contacts mauriciens s'affolèrent en constatant que la drogue ne se trouvait pas à l'endroit indiqué. Ajay Kumar Sawoo-Balgobin fut sollicité pour accompagner le passeur américain de nouveau sur les lieux. Ce duo, qui retrouva le sac intact, appela Asraf Mohamed Ali au téléphone pour l'informer des nouveaux développements.

Le piège allait se refermer irrémédiablement sur ces deux suspects avec leur arrestation par l'ADSU.

Mais quand Asraf Mohamed Ali se pointa sur les lieux au volant de la voiture appartenant au sergent Khugduth, il ne put que faire machine arrière sur une distance de 75 mètres pour s'enfuir. La partie arrière de la voiture fut endommagée en heurtant un mur et les deux occupants prirent la fuite en direction du rivage. Depuis cette soirée-là, l'ADSU tente de retrouver les traces de ce suspect qui est parvenu jusqu'ici à lui échapper…


Allégations contre un magistrat

La victime fait état de menaces et de pressions

Depuis le week-end dernier, le Senior District Magistrate Joy Ramphul, siégeant au tribunal de Pamplemousses, se retrouve au centre d'un véritable tourbillon suite à de graves allégations portées contre lui par une Curepipienne, comparaissant devant lui en tant qu'accusé. Les derniers développements font état de menaces et de pressions exercées sur la victime pour qu'elle abandonne les procédures policières engagées contre le magistrat dans cette affaire de marchandage autour d'un jugement.

Suite à la publication des premiers détails de cette sinistre affaire affectant le judiciaire, le Senior District Magistrate a préféré prendre les devants et soumettre une demande de congé pendant le déroulement de l'enquête auprès du chef juge, Bernard Sik Yuen. Vu la gravité de la situation, les services du chef juge et ceux du Directeur des Poursuites publiques (DPP) ont donné des directives à la police pour que cette enquête soit menée avec célérité. Les indications sont qu'en début de semaine les responsables de la Cour suprême devraient être en présence d'un premier rapport détaillé en vue de décider de la marche à suivre.

Selon la version des faits de la victime alléguée, une habitante de Curepipe - version consignée samedi dernier et confirmée de nouveau jeudi - tout aurait commencé aux Magistrate Chambers du tribunal de Pamplemousses le mardi 25 mars dernier. Elle s'y était rendue en vue de prendre connaissance du jugement dans son procès où elle est accusée dans une affaire de détournement de fonds aux dépens de son ancien employeur de Triolet.

À un certain moment, le magistrat et l'accusée se seraient retrouvés seuls. Joy Ramphul aurait alors fait des propositions indécentes alléguées. Il devait être vers les 10 h 30, ce mercredi. " Sa case-là li bien difisil. Mo pé envi aide ou mem ! Mé mo pa pé truv enn simin pou fer sa. Donne moi enn lidé pou fer sa ! " aurait déclaré le magistrat à l'accusé. Au fil de la conversation, les deux auraient échangé des numéros de téléphone. " Mazistra ine dir moi attan dehors. Li pou téléfon moi lor mo portab ", affirme la victime, qui a retenu les services de Me Goolshan Jorai.

À la mi-journée, la Curepipienne reçut un appel du magistrat lui demandant de le rejoindre dans une des ruelles dans les parages de la magistrature. Le magistrat s'y serait amené au volant d'une BMW. Avec la victime à bord, il se serait dirigé vers le parking du centre commercial de Forbach.

La victime devait soutenir dans ses deux dépositions que les propositions du magistrat furent des plus précises à ce stade. Tenant sa plume à la main, le magistrat aurait déclaré : " Ar sa plim-là pou décide sa case-là. Si mo anvi mo avoy toi ène semaine Beau-Bassin kot to pou alle fer bann nouvo kamarad. Sa plim-là oussi kapav tir toi san gagn oken problème. " " Ek li fin trap mo lamain droite ek li fine embrasse moi lor mo lalev ", avance la présumé victime.

La Curepipienne ajoute qu'elle avait pu résister à une invitation du magistrat de se rendre en compagnie de ce dernier dans une chambre d'hôtel de Grand-Baie et également un autre rendez-vous à Port-Louis pour le vendredi 28. Mais devant l'insistance du magistrat, elle concéda d'aller le rejoindre le samedi 29 sur le parking de Shoprite à Trianon.

La victime devait prendre des précautions en se faisant accompagner par un témoin, qui avait fixé sur pellicule la présence du Senior District Magistrate sur le parking, samedi matin. Mais cette rencontre fut de courte durée car Joy Ramphul avait réalisé qu'un témoin assistait à la scène. " À peine dé minit, mo ine rant dan loto, li dire moi désann, désann et après li allé ", poursuit la victime dans sa déposition.

Ce fut à la suite de cet épisode que la victime décida de porter plainte contre le magistrat. Entre-temps, elle reçut plusieurs appels téléphoniques lui demandant de ne pas donner des suites policières à cette affaire. Alors qu'elle consignait sa déposition initiale au poste de police de Pamplemousses dans la soirée de samedi, elle reçut au moins trois appels téléphoniques sur son cellulaire. " Arrête tou lamem. Nou zwen ek nou trouv enn solisyon ", aurait proposé son interlocuteur. Ce détail a été révélé dans la déposition de samedi dernier.

Par la suite, la victime reçut plusieurs autres appels téléphoniques avec des propositions pour annuler cette affaire référée à la police. " Li pou rann zizman en ou faver. Pa alle de lavant ", lui aurait-on promis en communiquant un numéro de téléphone de contact pour tout développement. Ces menaces et pressions ont fait partie de la déposition de confirmation de jeudi dernier.

Le témoin oculaire du rendez-vous de samedi dernier à Shoprite a déjà été entendu par les enquêteurs du CID de Terre-Rouge, responsables de l'enquête. Ces derniers sont actuellement dans l'attente d'un relevé officiel des appels à partir des numéros de téléphone soumis à la police par la victime pour établir le bien-fondé de la version de cette dernière.

D'autre part, Me Jorai fait état de pressions contre lui pour avoir assisté la victime dans sa déposition. " Je n'ai rien à me reprocher. Je ne fais qu'aider au respect du code d'éthique en vigueur. Je n'ai aucun autre intérêt à défendre. Néanmoins, je ne peux taire les agissements d'une de mes consœurs convertie en intermédiaire pour essayer d'étouffer cette affaire. Je dois aussi dire que sans la solidarité de certains de mes camarades j'aurais pu me retrouver sans bureau au cours de la semaine écoulée ", a-t-il déclaré.

Week-End n'a pas été en mesure d'obtenir confirmation officielle que le Senior District Magistrate Ramphul aurait été interrogé au poste de police de Pamplemousses vendredi. Des sources dignes de foi affirment avoir constaté la présence du magistrat à Pamplemousses en fin de semaine. Officiellement, il aurait déjà écrit au chef juge pour donner sa version tout en niant les allégations portées contre lui.


La Tour Kœnig

Rapport de l'UoM "bias", selon le député Barbier

Les techniciens de la faculté d'ingénierie, responsables du stack monitoring exercice effectué à La Tour Kœnig, suite aux allégations de pollution industrielle des habitants des appartements Les Tourelles et Les Coquillages, n'auraient pas pris toutes les données en considération. Le rapport de l'UoM serait donc bias et en faveur de la CMT, avance le député mauve de la circonscription n°1 Jean-Claude Barbier, qui a entrepris des démarches et obtenu un contre-rapport conduit par un consultant en la matière.

Selon les conclusions de l'UoM, l'usine opère selon les normes. Toutefois, les habitants de la région, témoins quotidiens de la pollution, demeurent sceptiques. Suivant le dossier depuis le début des protestations, avec plusieurs questions parlementaires à ce sujet, Jean-Claude Barbier est d'avis qu'il y a eu plusieurs manquements au moment où l'exercice a été conduit par les techniciens de l'UoM. Par exemple, fait-il ressortir, "on note qu'il a des excès d'air dans la cheminée car les analyses révèlent que le nombre d'oxygène est supérieur à la normale".

La mention du diesel mélangé au lieu de l'huile lourde rend le rapport de l'UoM suspect, ajoute notre interlocuteur. "Ceux qui vont lire le contre-rapport vont voir qu'il a été fait de façon professionnelle", dit-il. Plusieurs autres points suspects remontent à la surface dans le contre-rapport, souligne le député mauve, indiquant qu'il compte remettre une copie aux forces vives de la région. "Ce sera aux habitants de voir quelle marche ils souhaitent suivre", dit-il.

Il fait également ressortir qu'outre le problème de pollution causé vraisemblablement par la CMT, il existe d'autres problèmes à la Tour Kœnig. "Je me bats pour que la CMT élève correctement sa cheminée et que la pollution ne soit pas nocive aux habitants de la région", soutient le député mauve.


Justice

Judicial Review gratuit dans l'affaire des Health Care Assistants v/s l'État

Les citoyens mauriciens, pour lesquels le Conseil Privé de la reine est le dernier recours en matière de justice, ont toujours été amenés à croire qu'accéder à cette instance londonienne coûte très cher. Or, un jeune avocat, Me Kailash Trilochun, considère que "c'est là un mythe qu'il faut détruire". "Si quelqu'un a besoin d'une intervention des Law lords britanniques pour redresser une injustice dont il estime avoir été victime, si son cas est défendable mais qu'il est trop pauvre, il peut obtenir une Judicial Review pro-bono, c'est-à-dire gratuitement", affirme l'avocat.

Me Trilochun a lui-même obtenu la preuve que ce système pro-bono, prévu dans le set-up judiciaire britannique fonctionne après avoir, avec l'aide d'avocats et avoués anglais, déposé une demande de Judicial Review auprès du Conseil Privé au nom de 192 des 388 Health Care Assistants (HCAs) limogés par le gouvernement de l'Alliance sociale au lendemain des dernières élections générales. Ces travailleurs de la santé furent recrutés par le précédent régime MSM/MMM, mais renvoyés avec seulement un mois de salaire in lieu of notice. Ayant ensuite été déboutés par la Cour suprême, le 23 février 2006, dans un procès intenté en vue d'obtenir leur réintégration, ils se sont adressés directement à la cour londonienne tout en faisant ressortir leur incapacité d'encourir les frais.

Le Privy Council a agréé à cette requête et a demandé aux parties concernées par ce Judicial Review de fixer un calendrier pour l'échange rapide des documents afin que les cinq Law Lords, qui viendront siéger à Maurice même en septembre dans le cadre des arrangements faits par l'Attorney General, Rama Valayden, puissent entendre le procès. Me Jeffrey Cox, qui a représenté l'État mauricien et la Public Service Commission, laquelle avait avalisé le renvoi des HCAs, s'est engagé pour que l'échange soit complété vers la fin de juillet prochain.

Me Trilochun, très fier d'avoir "fait tomber le mythe", a insisté pour que l'avoué Pritviraj Roopun, les avocates Trilochun-Ramdanee et Roubina Jaddoo (qui l'ont aidé à Maurice) et les avocats Michael Powers (QC), Robert Strang et le Privy Council Agent, l'avoué Clive Woolf (en Angleterre), soient associés à la réussite de sa démarche.


Brèves

Force policière: Nominations de dix nouveaux ACP

Depuis la semaine écoulée, la force policière compte dix nouveaux assistants commissaires de police, 45 nouveaux surintendants, 68 nouveaux assistants surintendants et 108 chefs inspecteurs. Dans l'ensemble, cette série de promotions a été bien accueillie au sein de la police, même si certains des promus n'ont pas manqué de rappeler qu'ils ont dû attendre plus de 12 ans.

Les dix surintendants de police qui ont été confirmés au grade d'assistant commissaire de police (ACP) sont Soopaya Padiachy de l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), Aroon Somar à l'aéroport, Clifford Parsad (CCID), Suthchidanand Lollbeeharry (CCID), Angad Ramchandar (Central Division), Naraindutt Ghoorah (Eastern Division), Satyadev Bhoyroo (Northern Division), Patrick Octave Randamy (Port-Louis Nord), Kishore Sobhee (Rodrigues), et Mahadeo Ramchurn (Southern Division).

Parmi les nouveaux surintendants de police, l'on note Vijay Kumar Sonarane (VIPSU), Jean-Claude Gungah (Sud), Roger Noël (Western Division CID), Karl Gébert (Rodrigues), Max Louison du Police Press Office, Deoraj Ramasawmy, Pierre Murugan, Mario Larue et Dipchand Mutty (ADSU), Vivekanand Choramun (CCID), Yoosoof Soopun (MCIT), Devanand Reekoye (Nord) et Jokhoo Nundkularsingh ((Port-Louis Sud).

La joie des nouveaux promus est teintée par des sentiments mitigés au sujet de transferts vers d'autres nouvelles affectations. Le commissaire de police part intérim, Iswur Dunn Rampersad, a tenu à rencontrer aux Police Headquarters tous les nouveaux promus pour les féliciter mardi et mercredi derniers.

Flic-en-Flac: Deux présumés violeurs toujours en fuite

Deux des quatre présumés violeurs de la jeune fille de 17 ans sur la plage de Flic-en-Flac de dimanche dernier couraient toujours en fin de semaine. L'escouade de limiers de la CID enquêtant dans cette sinistre affaire de viol collectif affirme qu'elle est consciente qu'elle attrapera ces deux suspects dans les meilleurs délais, d'autant plus que leur identité est connue.

Ces quatre violeurs, qui avaient attaqué leur victime et son petit copain à 3 heures dimanche matin, ont été trahis par des caméras de surveillance qui avaient enregistré leurs mouvements suspects alors qu'ils prenaient la fuite après leur forfait. Les deux participants à ce viol collectif qui sont actuellement en détention policière habitent cité Florida, Baie-du-Tombeau.

Johnson Edouard, 42 ans, et Andy Carré, 20 ans, sont passés aux aveux. Ils affirment qu'ils s'étaient rendus à Flic-en-Flac dans la soirée de samedi dernier " pou alle rode ène lavi ". Ils ont déjà comparu devant le magistrat siégeant au tribunal de Bambous avant d'être reconduits en cellule policière. Tout en abusant sexuellement de la jeune fille, ils avaient placé un cutter sous la gorge du petit ami de celle-ci.

Un SP des prisons agressé par deux inconnus vendredi

Un surintendant de la prison, qui se trouvait le long de la rue Pope Hennessy à Beau-Bassin, a été attaqué par deux hommes, dont un ancien détenu de la prison centrale, dans la journée de vendredi. Tout en l'agressant physiquement, les deux suspects devaient arracher son téléphone cellulaire. L'identité d'un des agresseurs a été communiquée à la police.

Une sexagénaire attaquée à sa descente de bus

Une habitante d'Alma, âgée de 65 ans, a été agressée alors qu'elle venait de descendre de l'autobus dans son village. Cela s'est passé vers 16h30, vendredi. Deux hommes coiffés de casques intégraux avaient accosté la victime en la menaçant avec un couteau. Ils devaient arracher son sac contenant une certaine somme d'argent avant de prendre la fuite.

Trois inconnus volent sa voiture à la route St Jean

Un Beau-Bassinois a été victime d'un cas de carjacking dans la nuit de vendredi à samedi le long de la route Saint Jean à Quatre-Bornes. Cet ancien entraîneur d'une des anciennes équipes de première division regagnait sa voiture quand il a été agressé par trois suspects. L'un de ces derniers l'attaqua à coup de cutter alors que les deux autres lui arrachèrent la clé de contact avant de prendre la fuite à bord de la voiture. Blessée, la victime a été admise au Princess Margaret Orthopaeduic Centre.

Un coiffeur grièvement blessé suite à une dispute à Blue-Bay

Un coiffeur de 23 ans, Naser Lalloo, a été grièvement blessé avec une arme tranchante suite à une dispute à Blue-Bay, vendredi soir. Cet habitant de Grand Bel-Air, a été blessé à l'estomac et à la joue. Il a été admis à l'hôpital de Rose-Belle où son état est jugé inquiétant. L'agresseur, Julio Laboucherie, 50 ans, a été interpellé par la police, qui tente d'établir les circonstances de cette affaire.

Cinq habitants de Piton recherchés pour avoir endommagé une voiture

Cinq habitants de Piton, Praviden Mooken, Jessen Mooken, Tikalooa Moogum, Nallan et "Zulu" Mooken, étaient recherchés par la police depuis vendredi suite à une déposition consignée contre eux au poste de police de la localité. Thookeswar Ramchurn, 28 ans, déclare qu'il était en compagnie d'un ami à bord de sa voiture dans la soirée de vendredi. Il s'était arrêté à la jonction de Petit-Comptoir quand les suspects s'en prirent à sa voiture tout en l'insultant. Il chercha refuge au poste de police de Piton. Son véhicule a été endommagé.

Hold-up dans une pharmacie de Vacoas jeudi après-midi

Une pharmacie de Vacoas a été la cible d'un braquage jeudi après-midi. Deux hommes portant des casques intégraux et armés de couteaux se sont introduits dans la pharmacie alors qu'il n'y avait pas de client. Sous la menace de leurs armes, ils exigèrent de l'employé toutes les recettes du jour. Ils prirent la fuite en enfourchant une motocyclette, dont le propriétaire est officiellement un habitant de Triolet.



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