KING, AU CIMETIÈRE DE L'HISTOIRE !
Lorsque le Dr. Martin Luther King succomba sous les balles de
James Earl Ray, en ce 14 avril 1968, à 6h01 du matin, sur
le balcon du Lorraine Hotel de Memphis, dans le Tennessee, c'est
tout un rêve qui devait s'écrouler. Le militant pour
la cause des Noirs aux Etats-Unis, Prix Nobel de la Paix, le pasteur
modéré qui s'était opposé aux militants
des Black Panthers, initiés, eux, à la lutte armée,
voire à la guérilla urbaine, Martin Luther King
ne pouvait pas échapper à son destin, comme s'il
était écrit quelque part qu'il devait rejoindre
la cohorte des martyrs réunis au cimetière de l'histoire.
En ce temps-là, nous étions des jeunes épris
des grands bouleversements de cette année 68. Le 22 mars
de cette année-là, des étudiants français
occupaient la faculté de Nanterre, ce qui devait être
le coup d'envoi de Mai 68, événement suivi aux Etats-Unis
par les marches de protestations contre la guerre du Viet-nâm,
pour les droits civiques des Noirs, non sans oublier que dans
les satellites de l'Union soviétique des mouvements, dits
libertaires, s'érigeaient contre le totalitarisme, d'où
qu'il vienne. C'est dans cette mouvance qu'il faille situer l'action
de Martin Luther King. Parce qu'il se savait dans le collimateur
des opposants à la cause des Noirs aux Etats-Unis. Donc,
la cible privilégiée des antiprogressistes !
Le 3 avril donc, King et son entourage décidèrent
d'occuper le Lorraine Hotel et, lui, choisit la chambre 306 parce
que c'est là que lui-même et le pasteur Ralph Abernathy
avaient l'habitude de partager lorsqu'ils descendaient à
Memphis. La balle qui lui était adressée et qui
parvenait de l'arme de James Earl Ray transperça sa joue,
broya sa mâchoire pour atteindre, enfin, sa gorge. Ses derniers
mots furent adressés au musicien Ben Branch : "Ben,
make sure you play
Take my hand, Precious Lord in the meeting tonight. Play it
real pretty..."
Sur ce fameux balcon du Lorraine Hotel, il y avait Jesse Jackson,
Ralph Abrrnathy, bien sûr, mais aussi Andrew Young qui devint
par la suite représentant des Etats-Unis à l'ONU,
sous Jimmy Carter, puis maire d'Atlanta. On se souviendra de cette
image d'Epinal prise du balcon du Lorraine Hotel, où Andrew
Young pointait du doigt de là où partit le coup
fatal à Martin Luther King.
40 ans se sont écoulés depuis ce triste événement.
Mais que reste-t-il de l'uvre de Martin Luther King, sinon
quelques chrysanthèmes que ses proches déposent,
chaque année, sur sa tombe à Atlanta ? Les Noirs
demeurent, à coup sûr, à la traîne du
développement. C'est dans cette communauté où
l'on rencontre davantage de chômeurs et de drogués,
quand ils ne sont pas candidats aux délits criminels
Mais, parmi les références de King les plus citées,
figuraient Howard Thurman, un militant des Droits Civiques, Bayard
Rustin, lui-même militant pour la même cause. Mais,
surtout, le Mahatma Gandhi, l'apôtre de la non-violence.
Tous deux ont connu le même sort, pour avoir milité
pour la paix
Je me souviens d'un séjour à Washington et mon guide
se nommait Peter Craig. Après une visite au port de Baltimore,
Peter me dit : "Je vais te montrer le back-yard
de Washington
" Un ensemble d'immeubles délabrés,
une région en état de siège où, à
chaque feu rouge, vous pouviez être victime de "car
jacking" (lorsque vous vous arrêtez au feu, il y a
une carabine qui vous pointe au nez : "Débarrassez
de votre voiture, sinon, on vous tue... !")
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008
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