é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008



  Denrées alimentaires - Riz : la crise !
  Majoration du tarif d'électricité - Les commerçants revoient leurs prix à la hausse
  APM - Le prix des carburants reste inchangé
  Dans son dernier journal d'entreprise - Huile comestible : "Ne pas augmenter les prix, suicidaire pour MOROIL"
  Compensation salariale - NPC : l'arbitrage du PM recherché par les syndicats
  Depuis le 1er avril - La South East Asian Bank sous contrôle de BA Investment


Denrées alimentaires

Riz : la crise !

Les importateurs locaux de riz sont dans l'expectative. La décision de certains pays producteurs de limiter leurs exportations et d'autres d'augmenter leur taxe à l'exportation, selon eux, pourrait avoir des répercussions graves sur l'approvisionnement sur le moyen terme, d'autant plus que le prix du riz a déjà atteint un niveau incontrôlable sur le marché international. Les hausses brutales enregistrées durant ces dix derniers jours devraient ainsi entraîner une nouvelle augmentation de prix de ce produit de première nécessité dans les jours à venir ; elle devrait varier entre Rs 40 et Rs 60 sur le sachet de 5 kilos, annoncent-ils.

"Difficile de prédire ce qui va se passer. Notre principale préoccupation dans l'immédiat est de maintenir la confiance entre nos fournisseurs et nous afin de pouvoir alimenter le marché local et surtout satisfaire la population", déclarent les importateurs qui, depuis ces deux dernières semaines, suivent de très près la crise qui frappe le marché de riz, avec notamment une hausse de plus de 30 % des prix et la décision des pays producteurs de privilégier le marché intérieur.

Les appréhensions sont beaucoup plus palpables chez ceux s'approvisionnant de l'Inde. Mais les opérateurs tablant sur les produits basmati du Pakistan ne cachent pas non plus leur inquiétude. "Si l'Inde veut bloquer ses exportations, cela aura une conséquence directe sur le prix des produits proposé par le Pakistan. Nous sommes dans une véritable impasse", déclare un importateur s'approvisionnant du marché pakistanais. Il poursuit : "C'est une quasi certitude que les prix vont augmenter, ce de manière continue, avec la situation qui prévaut actuellement. Nous sommes victimes d'une situation qui est totalement hors de notre contrôle."

Chez Innodis par exemple, qui commercialise des marques de grande consommation, son directeur général, Jean How Hong confirme que de nouvelles augmentations sur le marché local sont presque inévitables. "Dans notre cas, nous importons du riz brun de l'Inde, que nous traitons avant de le mettre sur le marché. Nous sommes les seuls à le faire à Maurice. Mais il est presque impossible de contrer les augmentations. Il est clair qu'avec la décision de l'Inde, les prix vont continuer à grimper. Nous ne pouvons malheureusement pas prévoir ce qui va se passer avec le manque enregistré par rapport à la demande. " Et de s'interroger : " Je me demande ce qui se produira dans deux ans ?"

Pourtant, la production mondiale de riz devrait augmenter de 1,8 %, soit de 12 millions de tonnes en 2008, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. "Le marché international du riz est actuellement confronté à une situation particulièrement difficile avec la demande qui dépasse l'offre et les hausses substantielles des prix", indique-t-on à la FAO.

Le prix du riz a atteint encore une fois des niveaux records jeudi dernier, exacerbé par les tentatives des pays producteurs de contrôler les exportations et maintenir les prix plus bas pour le marché intérieur. La Thaïlande est le dernier pays à envisager de ralentir les exportations de riz, selon la presse. Ce qui coïnciderait avec la décision de l'Inde, du Vietnam, du Cambodge et même de l'Égypte visant à alléger la pression sur l'approvisionnement intérieur. Plus récemment, le gouvernement de l'Inde a décidé d'interdire les exportateurs de riz basmati dans une tentative de contrôler la hausse vertigineuse des prix du riz sur le marché intérieur. Le prix à l'exportation de riz basmati parfumé a connu une hausse conséquente, pour atteindre les 1200 USD/tonne. L'approvisionnement en riz est, en moyenne, déjà parvenu au seuil des 1000 USD/tonne.

Un fait que confirme le directeur général d'Innodis, qui soutient que le prix des produits non-Basmati a également accusé une augmentation vertigineuse au cours de ces deux dernières semaines. "Le riz non Basmati n'est pas disponible à moins de 1000 US dollars. Le prix doit tourner actuellement autour des 1100 US dollars la tonne si l'on inclut les coûts de fret. Dans certains cas, le prix a déjà atteint les 1400 US $, alors qu'il y a une année, le même produit coûtait autour de 600 US $", indique notre interlocuteur.

Pour sa part, le Vietnam, deuxième plus grand exportateur de riz au monde, hésite toujours entre deux options, soit stimuler les exportations dans un contexte de hausse des prix du riz, ou limiter les exportations pour assurer la sécurité alimentaire et lutter contre l'inflation. Ce qui signifie que les exportations de riz baisseront de 22 % par rapport à la même période de l'année dernière. De son côté, la Chine, premier producteur de riz dans le monde, a imposé un quota sur les exportations de ce produit, tout en augmentant la taxe à l'exportation. Le pays a mis en œuvre plusieurs mesures en vue d'encourager les agriculteurs à produire davantage de nourriture.

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, la production de riz dans l'Union européenne devrait continuer à croître cette année si les conditions météorologiques propices sont réunies. Mais les soucis auxquels font face les agriculteurs aux États-Unis et en Australie pourraient accentuer l'incertitude planant sur le marché international du riz. Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a déclaré dans un discours mercredi dernier que les pays riches doivent essayer de contribuer à promouvoir la production agricole. Cette instance estime que 33 pays doivent faire face à une agitation sociale en raison de la flambée des prix de l'énergie et des produits alimentaires. Une enquête réalisée par le Programme alimentaire mondial (PAM) indique pour sa part qu'à fin 2007, 37 nations du monde sont tombées dans des crises alimentaires, alors que 20 autres pays ont été contraints d'imposer des mesures de contrôle des prix des produits alimentaires.


Majoration du tarif d'électricité

Les commerçants revoient leurs prix à la hausse

Les premiers effets de l'augmentation du tarif d'électricité annoncé par le Central Electricity Board (CEB) samedi dernier n'ont pas tardé à se faire sentir dans les boutiques et les supermarchés. Les commerçants ont été les premiers à réaligner leurs prix sur l'augmentation de 25% imposée par le CEB sur le secteur commercial. Ainsi, depuis mardi, la majorité des produits surgélés enregistré une hausse variant entre Rs 1 et 5. Les produits frigoriés tels que la viande bovine, le poulet, le poisson ou la charcuterie sont les principaux concernés. Dans les réfrigérateurs on note également une augmentation de Rs 1-Rs 2 sur les différentes boissons, allant des boissons gazeuses à l'eau de table en passant par les jus ou cannettes de bière. Les boissons gazeuses en logement de 2 litres coûtent par exemple Rs 35 au lieu de 33. Selon les commerçants regroupés au sein de la Shop Owners Association (SOA), d'autres produits devraient connaître une légère augmentation aussitôt qu'ils auront bouclé leur exercice de réajustement.


APM

Le prix des carburants reste inchangé

Les consommateurs appréhendaient une nouvelle augmentation des produits pétroliers à l'issue de la réunion, mardi, du Certification Committee de l'Automatic Pricing Mechanism (APM). Mais, finalement, le prix des carburants n'accuse aucune hausse. Le statu quo est une nouvelle fois observé pour le litre d'essence qui, après une augmentation enregistrée en octobre dernier, est maintenu à Rs 41,50. Le diesel, qui avait accusé une hausse de Rs 4,05 en janvier, sera vendu pour ces trois prochains mois à Rs 35,60 le litre. Selon la State Trading Corporation (STC), le maintien des prix est principalement dû à l'appréciation de la roupie mauricienne, ce malgré la flambée du prix du pétrole sur le marché mondial. En termes réels, les prix de l'essence et du diesel ont accusé une baisse se situant dans la fourchette de 31 à 48 sous par litre. Selon les règlements sous l'APM, les fluctuations de 2 % ou moins de 2 % ne peuvent être appliquées.

D'autre part, les industriels ont été gâtés cette fois-ci compte tenu de la baisse du prix de l'huile lourde. Le Certification Committee de l'APM a appliqué une baisse de 20 %, ramenant le prix de ce produit à Rs 13,17.


Compensation salariale

NPC : l'arbitrage du PM recherché par les syndicats

Le National Trade Union Council (NTUC) sollicite l'arbitrage du Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans l'affaire du National Pay Council, qui a fait l'objet de critiques de la part du Bureau international du travail (BIT) suite à une démarche initiée par la General Workers Federation depuis le mois de juin de l'année dernière. En effet, dans un ruling formel, le BIT demande au gouvernement de revoir sa copie par rapport au fonctionnement de cette instance, qui est venue remplacer les tripartites après plus de 30 ans d'existence. D'autre part, le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, a annoncé que la première réunion du NPC au sujet de la compensation salariale effective à partir du 1er juillet prochain est prévue mercredi.

Ashok Subron et Clency Bibi, conseiller technique et trésorier de la GWF respectivement, soutiennent la décision du NTUC en vue de réclamer une réunion avec le Premier ministre pour revoir la situation après les commentaires défavorables du BIT sur le NPC. " Le ministre Bunwaree ne fait qu'induire le Premier ministre en erreur. Il ne respecte pas le droit des syndicalistes, encore moins celui des travailleurs. Il fait fi des instances internationales auxquelles Maurice a adhéré. C'est une véritable ironie de témoigner une telle situation à la veille du 70e anniversaire de la Fête du Travail à Maurice ", affirment les représentants de la GWF.

Commentant les observations du BIT au sujet du NPC, la GWF trouve que le gouvernement n'a d'autre choix que de dissoudre le NPC pour tourner une nouvelle page du tripartisme à Maurice. La recommandation du BIT porte sur une " renewed initiative aimed at full and frank consultations with representatives of the social partners whose representativity has been objectively proved, with a view to holding in-depth discussions on ways and means to improve the functioning, composition and objectives of the NPC so as to arrive at a conclusion in this regard, which is satisfactory to all parties concerned. " " The Committee requests to be kept informed of developments in this respect ".

Le mouvement syndical est très remonté contre l'attitude du ministre Bunwaree, qui n'aura trouvé mieux dans la conjoncture que d'annoncer la prochaine réunion du NPC pour discuter de la compensation salariale payable à partir du 1er juillet 2008. La GWF s'appuie également sur les critiques du BIT au sujet du choix des représentants des salariés sur le NPC pour faire état du mécontentement à ce sujet.

" Apar so 5 pseudo-sindikalist ki syez lor NPC, personn pa satisfe ni ek NPC, ni ek konpansasyon saler 2006-2007. Laprev se lefe ki kazi-totalite mouvman sindikal opoz NPC. Laprev se dernye sondaz ki fek deor ki demontre, ki valer di zour 69% popilasyon pa satisfe avek performans gouvernman. Ogmantasyon lamizer, ki NPC inn agrave, enn bann rezon fondamantal pou sa insatisfaksyon-la. Fe markan sa sondaz-la, se bann fam ki roul lakwizinn, ki plis pa satisfe ar politik gouvernman ", déclarent Ashok Subron et Clency Bibi.

La GWF prévoit une manifestation syndicale le samedi 19 avril pour réclamer la dissolution du NPC et le paiement d'une compensation salariale de Rs 800 au minimum.


Conditions de service: Rodrigues s'indigne de l'oubli du PRB

La Rodrigues Government Employees Association (RGEA) s'élève officiellement contre les promesses non tenues du Pay Research Bureau (PRB) à l'égard des fonctionnaires de Rodrigues. Dans une lettre de protestations adressée au directeur du PRB, Alain Tolbize, président de la RGEA, souligne que les fonctionnaires de l'île attendent toujours la venue de la mission du PRB pour des consultations et également le début de l'exercice du Central Statistical Office au sujet du paiement d'une Outer Island Supplement Allowance.

Toiut en demandant au PRB de préciser si cet organisme entretient toujours l'idée de ces dernières consultations ,Alain Tolbize note : " The RGEA strongly apprehends the fact that your Bureau has still not fixed a date to finalise its consultations with concerned parties in Rodrigues. You will recall that during consultative interchanges conducted last year in Rodrigues, it had been agreed that consultations with management and trade unions in Rodrigues would be finalised at the beginning of this year. "

La RGEA revient également sur les engagements pris au sujet du paiement d'une Outer Island Supplement Allowance aux fonctionnaires sous l'égide de l'Assemblée Régionale de Rodrigues. " Moreover, you had also undertaken that the Central Statistical Office would be required to conduct a survey with a view to evaluating the difference in cost of living in the Island of Mauritius and in the Island of Rodrigues. This undertaking was taken further to representations the RGEA had made for the payment of an Outer Island Supplement Allowance to civil servants on the Establishment of the Rodrigues Regional Assembly ", ajoute Alain Tolbize. En conclusion, la RGEA fait état de ses appréhensions par rapport au fait que " we are already on the eve of the publication of the next PRB Report, yet there is no indication that the promised consultations will be held. " " In addition, there is no sign of any survey that has been conducted by the Central Statistical Office. The RGEA strongly fears that Government employees working for the Rodrigues Regional Assembly are being taken for a ride by your bureau and they will be again be treated as second class officers in comparison to their Mauritian counterparts in your next report. "


Depuis le 1er avril

La South East Asian Bank sous contrôle de BA Investment

La British American Investment Co (Mtius) Ltd a finalisé, depuis le mardi 1er avril dernier, l'acquisition de la South East Asian Bank Ltd. Le nouveau Chief Executive Officer de cette banque est M. Chris Underwood, un ressortissant britannique alors que le Comité de direction a été placé sous la responsabilité de M. Hassam Vayid.

Pour M. Underwood, l'acquisition de la SEAB par BA Investment constitue une étape importante pour le groupe déjà fortement présent dans le secteur des services financiers. "Nous avons, dit-il, acquis une institution financière fondée sur de solides fondations. Ce qui devrait faciliter son développement à un palier supérieur".

La SEAB qui a démarré ses opérations en 1989 dispose de six succursales et d'un personnel de plus d'une centaines de salariés. Son nouveau CEO est un banquier d'expérience qui compte une trentaine d'années de métier et qui a assumé des postes de responsabilités au sein de HSBC Holdings plc, notamment, aux États-Unis, en Asie, dans le Golfe et le Pacifique.

Quant au président du Comité de direction, M. Vayid, il a travaillé pendant plus d'une quarantaine d'années au sein de la Mauritius Commercial Bank (MCB). Il s'est retiré de cette banque à l'âge de la retraite en 2004 en tant que Chief Manager et Head of Corporate Finance M. Vayid sera assisté de M. Yatemani Gujadhur, autre banquier de carrière qui a pris sa retraite de la Barclays Bank en 2002 en qualité de Corporate Affairs Director.


Dans son dernier journal d'entreprise

Huile comestible : "Ne pas augmenter les prix, suicidaire pour MOROIL"

"Dans cette conjoncture difficile, nous voulons pouvoir maintenir notre engagement d'approvisionner la population mauricienne en huile de qualité à des prix raisonnables. C'est dans cet esprit que nous pratiquons une révision des prix régulièrement afin que toute augmentation ne soit pas trop pénalisante pour le public. Agir en entreprise citoyenne consciente des difficultés des plus démunis de notre société et pratiquer une politique des prix qui garantit un juste équilibre entre les intérêts des actionnaires et des consommateurs ; voilà précisément deux de nos objectifs pour l'année en cours - année du 40ème anniversaire de MOROIL."

C'est en ces termes que le directeur général de la Mauritius Oil Refineries Ltd (MOROIL), Paul Clarenc, conclut son éditorial dans la dernière édition de son journal d'entreprise, soulignant l'impact des changements du marché agricole international sur les économies. Moroil News publie également un article sur l'augmentation des matières premières sur le marché mondial et les répercussions sur le prix de l'huile sur le marché local. De février à ce jour, est-il indiqué, le prix de l'huile brute de soja a augmenté de 145 % ; l'huile de tournesol a subi une hausse de 174 % et l'oléine de palme 120 %. "L'appréciation de la roupie, environ 17 % sur cette période, est certes d'un certain réconfort, mais nettement insuffisante pour atténuer l'envolée des matières premières (…) Ne pas augmenter les prix dans de telles circonstances serait suicidaire pour MOROIL", est-il mis en avant. Notons que le prix de l'huile comestible a enregistré une nouvelle hausse moyenne de 15 % le mois dernier après celle intervenue décembre de l'année dernière.



é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 6 avril 2008