Les importateurs locaux de riz sont dans l'expectative. La décision
de certains pays producteurs de limiter leurs exportations et
d'autres d'augmenter leur taxe à l'exportation, selon eux,
pourrait avoir des répercussions graves sur l'approvisionnement
sur le moyen terme, d'autant plus que le prix du riz a déjà
atteint un niveau incontrôlable sur le marché international.
Les hausses brutales enregistrées durant ces dix derniers
jours devraient ainsi entraîner une nouvelle augmentation
de prix de ce produit de première nécessité
dans les jours à venir ; elle devrait varier entre Rs 40
et Rs 60 sur le sachet de 5 kilos, annoncent-ils.
"Difficile de prédire ce qui va se passer. Notre
principale préoccupation dans l'immédiat est de
maintenir la confiance entre nos fournisseurs et nous afin de
pouvoir alimenter le marché local et surtout satisfaire
la population", déclarent les importateurs qui,
depuis ces deux dernières semaines, suivent de très
près la crise qui frappe le marché de riz, avec
notamment une hausse de plus de 30 % des prix et la décision
des pays producteurs de privilégier le marché intérieur.
Les appréhensions sont beaucoup plus palpables chez ceux
s'approvisionnant de l'Inde. Mais les opérateurs tablant
sur les produits basmati du Pakistan ne cachent pas non plus leur
inquiétude. "Si l'Inde veut bloquer ses exportations,
cela aura une conséquence directe sur le prix des produits
proposé par le Pakistan. Nous sommes dans une véritable
impasse", déclare un importateur s'approvisionnant
du marché pakistanais. Il poursuit : "C'est une
quasi certitude que les prix vont augmenter, ce de manière
continue, avec la situation qui prévaut actuellement. Nous
sommes victimes d'une situation qui est totalement hors de notre
contrôle."
Chez Innodis par exemple, qui commercialise des marques de grande
consommation, son directeur général, Jean How Hong
confirme que de nouvelles augmentations sur le marché local
sont presque inévitables. "Dans notre cas, nous
importons du riz brun de l'Inde, que nous traitons avant de le
mettre sur le marché. Nous sommes les seuls à le
faire à Maurice. Mais il est presque impossible de contrer
les augmentations. Il est clair qu'avec la décision de
l'Inde, les prix vont continuer à grimper. Nous ne pouvons
malheureusement pas prévoir ce qui va se passer avec le
manque enregistré par rapport à la demande. "
Et de s'interroger : " Je me demande ce qui se produira
dans deux ans ?"
Pourtant, la production mondiale de riz devrait augmenter de 1,8
%, soit de 12 millions de tonnes en 2008, selon l'Organisation
des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. "Le
marché international du riz est actuellement confronté
à une situation particulièrement difficile avec
la demande qui dépasse l'offre et les hausses substantielles
des prix", indique-t-on à la FAO.
Le prix du riz a atteint encore une fois des niveaux records jeudi
dernier, exacerbé par les tentatives des pays producteurs
de contrôler les exportations et maintenir les prix plus
bas pour le marché intérieur. La Thaïlande
est le dernier pays à envisager de ralentir les exportations
de riz, selon la presse. Ce qui coïnciderait avec la décision
de l'Inde, du Vietnam, du Cambodge et même de l'Égypte
visant à alléger la pression sur l'approvisionnement
intérieur. Plus récemment, le gouvernement de l'Inde
a décidé d'interdire les exportateurs de riz basmati
dans une tentative de contrôler la hausse vertigineuse des
prix du riz sur le marché intérieur. Le prix à
l'exportation de riz basmati parfumé a connu une hausse
conséquente, pour atteindre les 1200 USD/tonne. L'approvisionnement
en riz est, en moyenne, déjà parvenu au seuil des
1000 USD/tonne.
Un fait que confirme le directeur général d'Innodis,
qui soutient que le prix des produits non-Basmati a également
accusé une augmentation vertigineuse au cours de ces deux
dernières semaines. "Le riz non Basmati n'est pas
disponible à moins de 1000 US dollars. Le prix doit tourner
actuellement autour des 1100 US dollars la tonne si l'on inclut
les coûts de fret. Dans certains cas, le prix a déjà
atteint les 1400 US $, alors qu'il y a une année, le même
produit coûtait autour de 600 US $", indique notre
interlocuteur.
Pour sa part, le Vietnam, deuxième plus grand exportateur
de riz au monde, hésite toujours entre deux options, soit
stimuler les exportations dans un contexte de hausse des prix
du riz, ou limiter les exportations pour assurer la sécurité
alimentaire et lutter contre l'inflation. Ce qui signifie que
les exportations de riz baisseront de 22 % par rapport à
la même période de l'année dernière.
De son côté, la Chine, premier producteur de riz
dans le monde, a imposé un quota sur les exportations de
ce produit, tout en augmentant la taxe à l'exportation.
Le pays a mis en uvre plusieurs mesures en vue d'encourager
les agriculteurs à produire davantage de nourriture.
Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et
l'agriculture, la production de riz dans l'Union européenne
devrait continuer à croître cette année si
les conditions météorologiques propices sont réunies.
Mais les soucis auxquels font face les agriculteurs aux États-Unis
et en Australie pourraient accentuer l'incertitude planant sur
le marché international du riz. Le président de
la Banque mondiale, Robert Zoellick, a déclaré dans
un discours mercredi dernier que les pays riches doivent essayer
de contribuer à promouvoir la production agricole. Cette
instance estime que 33 pays doivent faire face à une agitation
sociale en raison de la flambée des prix de l'énergie
et des produits alimentaires. Une enquête réalisée
par le Programme alimentaire mondial (PAM) indique pour sa part
qu'à fin 2007, 37 nations du monde sont tombées
dans des crises alimentaires, alors que 20 autres pays ont été
contraints d'imposer des mesures de contrôle des prix des
produits alimentaires.
Majoration du tarif d'électricité
Les commerçants revoient leurs prix à la hausse
Les premiers effets de l'augmentation du tarif d'électricité
annoncé par le Central Electricity Board (CEB) samedi dernier
n'ont pas tardé à se faire sentir dans les boutiques
et les supermarchés. Les commerçants ont été
les premiers à réaligner leurs prix sur l'augmentation
de 25% imposée par le CEB sur le secteur commercial. Ainsi,
depuis mardi, la majorité des produits surgélés
enregistré une hausse variant entre Rs 1 et 5. Les produits
frigoriés tels que la viande bovine, le poulet, le poisson
ou la charcuterie sont les principaux concernés. Dans les
réfrigérateurs on note également une augmentation
de Rs 1-Rs 2 sur les différentes boissons, allant des boissons
gazeuses à l'eau de table en passant par les jus ou cannettes
de bière. Les boissons gazeuses en logement de 2 litres
coûtent par exemple Rs 35 au lieu de 33. Selon les commerçants
regroupés au sein de la Shop Owners Association (SOA),
d'autres produits devraient connaître une légère
augmentation aussitôt qu'ils auront bouclé leur exercice
de réajustement.
APM
Le prix des carburants reste inchangé
Les consommateurs appréhendaient une nouvelle augmentation
des produits pétroliers à l'issue de la réunion,
mardi, du Certification Committee de l'Automatic Pricing Mechanism
(APM). Mais, finalement, le prix des carburants n'accuse aucune
hausse. Le statu quo est une nouvelle fois observé pour
le litre d'essence qui, après une augmentation enregistrée
en octobre dernier, est maintenu à Rs 41,50. Le diesel,
qui avait accusé une hausse de Rs 4,05 en janvier, sera
vendu pour ces trois prochains mois à Rs 35,60 le litre.
Selon la State Trading Corporation (STC), le maintien des prix
est principalement dû à l'appréciation de
la roupie mauricienne, ce malgré la flambée du prix
du pétrole sur le marché mondial. En termes réels,
les prix de l'essence et du diesel ont accusé une baisse
se situant dans la fourchette de 31 à 48 sous par litre.
Selon les règlements sous l'APM, les fluctuations de 2
% ou moins de 2 % ne peuvent être appliquées.
D'autre part, les industriels ont été gâtés
cette fois-ci compte tenu de la baisse du prix de l'huile lourde.
Le Certification Committee de l'APM a appliqué une baisse
de 20 %, ramenant le prix de ce produit à Rs 13,17.
Compensation salariale
NPC : l'arbitrage du PM recherché par les syndicats
Le National Trade Union Council (NTUC) sollicite l'arbitrage du
Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans l'affaire du National
Pay Council, qui a fait l'objet de critiques de la part du Bureau
international du travail (BIT) suite à une démarche
initiée par la General Workers Federation depuis le mois
de juin de l'année dernière. En effet, dans un ruling
formel, le BIT demande au gouvernement de revoir sa copie
par rapport au fonctionnement de cette instance, qui est venue
remplacer les tripartites après plus de 30 ans d'existence.
D'autre part, le ministre du Travail et des Relations industrielles,
Vasant Bunwaree, a annoncé que la première réunion
du NPC au sujet de la compensation salariale effective à
partir du 1er juillet prochain est prévue mercredi.
Ashok Subron et Clency Bibi, conseiller technique et trésorier
de la GWF respectivement, soutiennent la décision du NTUC
en vue de réclamer une réunion avec le Premier ministre
pour revoir la situation après les commentaires défavorables
du BIT sur le NPC. " Le ministre Bunwaree ne fait qu'induire
le Premier ministre en erreur. Il ne respecte pas le droit des
syndicalistes, encore moins celui des travailleurs. Il fait fi
des instances internationales auxquelles Maurice a adhéré.
C'est une véritable ironie de témoigner une telle
situation à la veille du 70e anniversaire de la Fête
du Travail à Maurice ", affirment les représentants
de la GWF.
Commentant les observations du BIT au sujet du NPC, la GWF trouve
que le gouvernement n'a d'autre choix que de dissoudre le NPC
pour tourner une nouvelle page du tripartisme à Maurice.
La recommandation du BIT porte sur une " renewed initiative
aimed at full and frank consultations with representatives of
the social partners whose representativity has been objectively
proved, with a view to holding in-depth discussions on ways and
means to improve the functioning, composition and objectives of
the NPC so as to arrive at a conclusion in this regard, which
is satisfactory to all parties concerned. " " The Committee
requests to be kept informed of developments in this respect ".
Le mouvement syndical est très remonté contre l'attitude
du ministre Bunwaree, qui n'aura trouvé mieux dans la conjoncture
que d'annoncer la prochaine réunion du NPC pour discuter
de la compensation salariale payable à partir du 1er juillet
2008. La GWF s'appuie également sur les critiques du BIT
au sujet du choix des représentants des salariés
sur le NPC pour faire état du mécontentement à
ce sujet.
" Apar so 5 pseudo-sindikalist ki syez lor NPC, personn
pa satisfe ni ek NPC, ni ek konpansasyon saler 2006-2007. Laprev
se lefe ki kazi-totalite mouvman sindikal opoz NPC. Laprev se
dernye sondaz ki fek deor ki demontre, ki valer di zour 69% popilasyon
pa satisfe avek performans gouvernman. Ogmantasyon lamizer, ki
NPC inn agrave, enn bann rezon fondamantal pou sa insatisfaksyon-la.
Fe markan sa sondaz-la, se bann fam ki roul lakwizinn, ki plis
pa satisfe ar politik gouvernman ", déclarent
Ashok Subron et Clency Bibi.
La GWF prévoit une manifestation syndicale le samedi 19
avril pour réclamer la dissolution du NPC et le paiement
d'une compensation salariale de Rs 800 au minimum.
Conditions de service: Rodrigues s'indigne de l'oubli du PRB