Faits et effets — Three in one
Humeur — Une mauvaise telenovela mauriciennne
Interrogations — Coups d'éclats
Pris sur le vif — Tension docteur
CARNET—Effet boule de neige
Faits et effets...
Three in one
Lorsque notre rédacteur en chef Gérard Cateaux avait
été arrêté le 21 novembre dernier,
certains confrères avaient relégué cette
choquante nouvelle pour nos libertés au statut d'un entrefilet
à la page 4, estimant que puisque "week-end sa",
prononcé souvent sur le ton de la jalousie que suscite
notre très large lectorat, il n'y avait pas lieu de s'en
émouvoir outre mesure. Si certains n'avaient pas encore
compris que ça n'arrive pas qu'aux autres et que l'indifférence
ne fait que conforter les apprentis sorciers dans leur entreprise
d'intimidation, le département d'État des États-Unis
est venu leur rafraîchir la mémoire.
Si ce n'était toujours pas suffisant, il y a eu, depuis
l'arrestation de Gérard Cateaux et de nos deux confrères
de Radio Plus, l'interpellation du journaliste de Samedi Plus,
Rudy Veeramundur qui avait commis un crime de lèse-majesté
pour avoir exposé les failles de l'Independent Commission
against Corruption au grand public et d'avoir révélé
les faiblesses de sa direction. Et vendredi c'était au
tour de Radio One de faire les frais de la politique d'intimidation
du régime. C'est le three in one de ces derniers
cinq mois et avec Gérard Cateaux, Josian Valère,
Anabelle Volbert, Rudy Veeramundur, Karishma Beeharry et Humaira
Ali, cela fait un journaliste qui est inquiété toutes
les trois semaines dans ce pays. De quoi nous faire figurer au
tableau des pays qui restreignent la liberté de la presse.
Des fautes et des erreurs, tout le monde en commet même
le Premier ministre et ses ministres. Mais il y a la bonne foi,
les procédures et les lois. Dans le cas de Radio One, toute
l'affaire tourne autour d'une information diffusée vendredi
matin selon laquelle le Conseil des ministres et la réunion
du bureau politique du PTr n'auraient pas lieu ce jour-là
parce que le Premier ministre serait souffrant. Rien qui trouble
la paix publique et qui est susceptible de provoquer un grand
séisme. La communication de Navin Ramgoolam, celle dont
se plaint même la MBC en raison de son caractère
outrancier - c'est dire! - est intervenue, allons dire, énergiquement,
et la radio a, non seulement, rectifié à la première
occasion mais a aussi présenté des excuses parce
que la com l'a exigé.
Si Navin Ramgoolam gouvernait dans la sérénité,
s'il était quelqu'un qui avait, un tant soit peu, d'humour
et qu'il était capable de rire de lui-même, ce qui
est l'expression d'une forme supérieure de l'intelligence,
il aurait pris son téléphone et emprunté
sa plus belle voix pour demander à parler sur les ondes
de Radio One et montrer qu'il est en parfaite santé et
qu'il a même la pêche. Peut être craignait-il
qu'on lui pose quelques questions. Comme celles qui portent sur
l'agencement de son emploi du temps et les raisons pour lesquelles
il boude la célébration officielle de la Journée
internationale de la Femme le samedi 8 mars et qu'il va le lendemain,
9 mars, à une fonction socioculturelle où il se
perd en insultes en direction des "esprits cabossés".
La communauté et la caste des femmes seraient-elles moins
importantes que d'autres ?
Sur ce qui, au premier chef, est au cur des incidents de
vendredi, le renvoi du Conseil des ministres, une explication
officielle s'imposait avant et non après comme s'il y avait
quelque chose à cacher. On s'en fout éperdument
du calendrier des organes politiques du PTr, qu'ils soit très
organisé, avec ou sans papiers préparés et
visés par le Premier ministre à l'avance mais on
a certainement à l'oeil les délibérations
du Conseil des ministres parce que, payés des fonds publics,
ils ont certainement des comptes à rendre pour une semaine
chômée à un moment où on parle de productivité.
Il y a eu un jour férié et les ministres étaient
pris avec les célébrations de l'indépendance.
Or, c'est un événement annuel et il faut se préparer
à l'avance. On a connu des Premier ministres et des gouvernements
qui s'organisaient pour tenir le conseil des ministres un samedi
et un dimanche. Ne pas tenir le Conseil des ministres est une
grosse nouvelle et il faut qu'il y ait force majeure pour qu'il
en soit ainsi et le mieux à faire c'est de dire pourquoi
il n'y en a pas. Le respect de la population le commande.
Au-delà des contingences des tristes incidents de vendredi
dernier, il y a la méthode et un certain état d'esprit
depuis les dernières élections. Les journalistes
ont été comparés aux prostitués, les
radios ont été menacées d'être nettoyées,
les lois plus sévères sont brandies. Cela fait beaucoup
mais il n'y a pas que la presse ou les syndicats que l'on menace
et les journalistes et les syndicalistes que l'on intimide au
moyen d'actions répressives, il y a tout un plan pour museler
ceux qui ne sont pas dans les bons papiers des princes qui oublient
qu'ils ne sont que les puissants d'un moment, qu'ils auront à
faire face non seulement à l'électorat mais à
un jugement qui est encore plus implacable qui est celui de l'Histoire.
Nous parlions de three in one plus haut non pas pour parodier
la tranche du matin de nos confrères de Radio One mais
parce que le terme s'y prête et s'applique aux méthodes
terroristes qui se sont manifestées cette semaine. Pensez-vous
traîner le Chief Legal Adviser de l'ICAC, Manish Gobin aux
Casernes au lieu d'enquêter sur les allégations contre
cette commission, interpeller deux journalistes et saisir le passeport
d'un député pour dire ensuite que l'on s'est trompé.
Three in one and shame on you!
Humeur
Une mauvaise telenovela mauriciennne
Un auditeur de Radio One le disait avec justesse samedi matin
: A Maurice, ce n'est plus à la télévision
qu'on diffuse les telenovelas, mais on peut les suivre en direct
à la radio. C'est ce qui s'est passé vendredi après-midi
où les auditeurs de Radio One d'ici et d'ailleurs ont pu
suivre pratiquement en direct les tentatives d'une équipe
de huit policiers du CCID de faire avouer à deux journalistes
de la station qui leur avait dit que le Premier ministre était
malade. Et que c'est à cause de son état de santé
qu'il avait fait annuler le Conseil des ministres et la réunion
du bureau politique du PTr prévus pour vendredi. Avant
la police, le Special Adviser de Navin Ramgoolam avait exigé
et obtenu une rectification et des excuses. Cet acharnement à
certifier que Navin Ramgoolam est en parfaite santé est
en train de produire l'effet inverse. Les énormes moyens
déployés pour faire dire que le Premier ministre
n'est pas malade sont en train de faire naître toutes sortes
de spéculations. Du coup, chacun essaye de se rappeler
quelle était la mine du Premier ministre lors de sa dernière
apparition à la télévision ou, pour ceux
qui ont eu plus de chance, à la garden party du Réduit,
jeudi dernier. Avec, en tête, la rectification, puis les
excuses exigées suivies de l'opération policière,
les Mauriciens se disent qu'effectivement, Navin Ramgoolam ne
paraissait pas dans son assiette lors de la garden party. A ceux
qui disent que l'image de la MBC n'était peut-être
pas tout à fait nette, les autres, ceux qui étaient
sur place, rétorquent que sous la tente au Réduit,
Navin Ramgoolam avait le teint un peu brouillé comme s'il
avait mal dormi la veille. Ou avait bu le verre de trop qui vous
barbouille l'estomac et vous oblige à boire un soda au
petit déjeuner. Je vous laisse le soin d'imaginer le nombre
de maladies et la description de leurs symboles que l'on attribue
à Navin Ramgoolam depuis vendredi. Sans compter les jokes
de plus ou moins mauvais goût sur ses préférences
en termes de boisson. Sans les excès de zélé
de son conseiller special et "l'initiative" de la police
l'état de santé de Navin Ramgoolam ne serait pas
devenue une question d'actualité nationale. Traitée
sur un ton de mauvaiss telenovella.
La police a dépêché huit de ses officiers
pour aller recueillir la déposition des deux journalistes
de Radio One et l'opération a duré plus de trois
heures. Est-ce que ce déploiement de forces policières
n'aurait pas été utile dans des cas policiers beaucoup
plus "genuines" ? Tenez, prenons l'exemple du vol de
l'école Étoile de Mer à Roches Noires. Cette
école fait partie de la Fédération ANFEN
qui s'occupe des rejetés du CPE. Elle a soixante élèves
venant des milieux défavorisés de la région
qui apprennent ce que l'école primaire n'a pas pu leur
enseigner en sept ans d'études : lire, écrire, compter.
Comme toutes les écoles ANFEN, l'Étoile de Mer vit
de dons, de volontariat et d'un projet pédagogique de Rs
340 000 financé en grande partie par l'Union Européenne.
Avec le concours d'un établissement hôtelier de la
région, ce projet permet d'offrir aux soixante élèves
un petit déjeuner, un déjeuner chaud et des fruits
et des yaourts chaque jour. La première tranche du financement
a permis d'acheter les marchandises nécessaires pour la
préparation des repas. Dans la nuit du 11 au 12 Mars, des
voleurs ont enfoncé la porte et ont fait main basse sur
tout ce qui pouvait avoir de la valeur dans l'école. Tous
les ordinateurs, le matériel scolaire, la bonbonne de gaz,
les conserves, les épices etc., ont été emportés.
Même le riz déjà cuit et gardé au froid
pour le repas du 12 Mars a été volé. Les
voleurs connaissaient les lieux puisqu'ils ont laissé derrière
eux uniquement les choses sans valeur. Ce sont les plus pauvres
d'entre les pauvres qui ont été volés, des
enfants qui sont rejetés par le système et qui n'ont
même pas droit à un verre de limonade et un massepain
offert par la République le jour de la fête de l'Indépendance.
Au lieu de déployer huit policiers interroger les deux
journalistes de Radio One sur la bonne ou la mauvaise santé
de Navin Ramgoolam, est-ce que la police n'aurait pas été
mieux inspirée d'envoyer ses hommes enquêter sur
le vol de l'école Étoile de Mer de Roches Noires
? Est-ce que cette action ne correspond pas mieux à la
mission de la police que l'opération de vendredi qui ressemblait
plus à une séquence de mauvaise telenovela qu'à
autre chose ?
*
Depuis des années, le Premier ministre affirme ne pas lire
Week-End qui, selon son analyse, serait contre lui, son
gouvernement et son parti et encourage ses ministres et ses partisans
à suivre son exemple. Dimanche dernier, lors d'une fonction
à Centre de Flacq, Navin Ramgoolam a répondu à
l'interview accordée à Week-End par Mme Joyti
Jeetun en citant plusieurs extraits des propos de l'ancienne responsable
du SIT. Ces citations permettent d'établir qu'en dépit
de ses affirmations, Navin Ramgoolam lit Week-End, comme
la majorité des Mauriciens. Cela méritait d'être
souligné.
Interrogations
Coups d'éclats
Vers qui se tourne-t-on à chaque fois qu'il est question
de marquer un événement, commémorer une date
importante, organiser une célébration? Vers les
artistes. Le 40ème anniversaire de l'indépendance
fêté mercredi dernier n'a pas échappé
à la règle. Pas plus qu'à celle qui consiste
à traiter ces mêmes artistes comme de la merde. Et
le terme n'est pas trop fort.
Rs 30 millions pour célébrer cet anniversaire, certains
ont d'emblée trouvé que c'était trop. Pas
forcément, à notre sens, si cet argent devait servir,
pour une fois, à assurer un traitement correct aux artistes
chargés de faire que la fête soit, une nuit durant.
Créer demande de l'énergie, de la disponibilité,
de longues heures de recherche, de répétitions,
de retouches. Et implique souvent, au bout de tout cela, de se
retrouver livré au bon vouloir des princes et autres décideurs
du jour. Qui semblent penser qu'ils font presque une faveur aux
artistes en leur donnant l'occasion de s'exprimer, et que ces
derniers devraient sans doute en éprouver une satisfaction,
une gratification qui se suffisent à elles-mêmes.
Personne n'envisagerait de demander à un plombier, un maçon
ou un comptable de travailler gratuitement. Alors pourquoi semble-t-on
estimer, trois fois sur quatre, que les artistes doivent se produire
bénévolement ? Tout travail mérite salaire.
Alors Rs 30 millions pour, enfin, rétribuer les artistes
à leur juste valeur et leur permettre de partager, dans
les meilleures conditions possibles, ce qu'ils ont eux aussi apporté
au développement de ce pays au cours de ces quarante dernières
années, pourquoi pas ? Rs 30 millions pour montrer que
nous avons finalement pris conscience qu'un pays, ce n'est pas
seulement sa politique et son économie mais aussi sa culture,
pourquoi pas ? On était toutefois loin de ces considérations
le 12 mars dernier. Deux scènes minables recouvertes de
prélarts approximatifs, une sono défectueuse, des
groupes invités qui ont dû patienter des heures au-delà
de l'horaire initialement prévu, dans la pluie et le vent,
pour se produire à 3 ou 4h du matin devant une centaine
de rescapés. Un budget de Rs 30 millions et pas un minimum
de considération, de respect pour ceux tout juste bons
à " amiz lepep "
Personne ne se souvient aujourd'hui de qui fut le Premier ministre
ou le leader de l'opposition ou encore de ce qu'était le
prix du pétrole ou du pain à telle ou telle époque
en France, en Italie, en Inde, ou ailleurs, mais les trésors
du Musée du Louvre, les peintures de Léonard de
Vinci au Vatican, les chefs d'uvre de la littérature
grecque ou le Taj Mahal réalisé par des artistes
et artisans de premier plan continueront à traverser le
temps. Des siècles plus tard, c'est à travers le
travail d'artistes que nous parvient la grandeur de certains Etats,
de certaines civilisations et cultures. Pas à travers le
coup d'éclat, éphémère, d'un grand
feu d'artifice, aussi beau fût-il
******
Autre coup d'éclat d'un même pouvoir : l'interrogatoire
auquel ont été soumises deux journalistes de Radio
One vendredi. Pour avoir dit à l'antenne le matin que deux
rendez-vous, dont la réunion du Conseil des ministres,
avaient été annulés car le Premier ministre
était souffrant, information rectifiée à
la mi-journée, nos deux consurs ont donc été
interrogées pendant trois heures par la CCID sous la présomption
de publishing false news et de diffamation.
Est-il diffamatoire de dire qu'une personne est malade ? Difficilement.
Est-il diffamatoire de dire que des activités ont été
renvoyées à cause de l'indisposition d'une personne
? On voit mal comment. Le fait que la nouvelle de la maladie était
erronée justifie-t-elle la poursuite sous l'accusation
de publishing false news ? Me Michel Ahnee, conseiller
légal de Rado One, nous rappelle que ce qui est un délit,
c'est le publishing of false news avec l'intention de nuire,
ou si cela est susceptible de créer une instabilité
ou une menace à la sécurité du pays. Était-ce
le cas ici ? Certains auront beau penser que le monde entier s'enrhume
lorsqu'ils éternuent, on voit mal comment on pourrait arriver
à une telle conclusion dans ce cas.
Et c'est bien là que se situe le nud du problème.
Rien ne dit que la presse peut publier et diffuser toutes les
faussetés qui lui passent par la tête. Mais on peut
s'étonner et s'inquiéter, ici, de la disproportion
de la réaction par rapport à l'information en soi.
Les responsables de ce mauvais scénario savent fort bien
qu'aucune cour de justice ne les suivra sur ce terrain. D'où
le coup de force, le coup d'éclat, les trois heures d'interrogatoire
dans le but, supposé, d'intimider. Ce qui semble bien être
le désir de ce gouvernement décidément bien
insecure pour en arriver à de telles extrémités,
selon une tendance déjà amorcée il y a quelques
semaine avec l'arrestation du rédacteur en chef de Week-End
et de deux journalistes de Radio Plus.
En soi, cette action aurait tendance à montrer une chose
: si on peut soumettre des journalistes à ce genre de traitement
policier pour une nouvelle, somme toute, aussi peu conséquente,
cela prouve bien qu'il existe déjà un arsenal légal
important et suffisant régissant les activités de
la presse. Or, le Premier ministre s'est servi de cette affaire
pour réitérer, hier, sa volonté de renforcer
les lois sur la presse. Que peut-on faire de plus que ce qui a
été fait là sinon se donner les moyens d'arrêter
et d'incarcérer d'emblée des journalistes pour des
affaires aussi vénielles?
Paradoxalement, le résultat de cette " brillante "
opération ne peut être qu'une défiance accrue
vis-à-vis d'un pouvoir qui semble décidément
craindre quelque chose de la libre expression
Pris sur le vif
Tension docteur
- Toi tu as ta figure des mauvais jours. Qu'est-ce qui t'est arrivé
? C'est encore ton chef qui a voulu déclarer mari avec
toi ?
- Mais pas du tout. Ça fait un bout de temps que je lui
fait savoir qu'il était peut être un mari chef -
et encore
- mais certainement pas au bureau.
- Mais alors ki faire tu as une figure constipée comme
ça ?
- Parce que je suis malade, ça même tout
-
qu'est-ce que tu as ? C'est grave ? Ça s'est déclenché
d'un coup ?
-
non, je ne me sentais pas bien je suis allé voir
le docteur et il m'a dit que j'avais la tension forte
-
la tension forte ou l'hypertension ?
- Ça même.
-
.aie
aie
aie
ça c'est pas bon du
tout ça
dire moi un peu làs tu n'as pas de
tracas, des ennuis de couple, d'argent
je ne sais pas moi
des affaires qui auraient pu te faire avoir un stress
-
mo croire que c'est to bane questions insignifiants ki
pou faire mo tension et mo stress monté. Tu sais bien que
je n'ai pas de problème particulier, ce qui semble déranger
certains
-
il ne faut surtout pas faire de colère, c'est pas
bon. Moi je ne cherche qu'à t'aider, c'est tout. Tu sais,
j'ai une tante qui a tension forte et qu'il faut forcer à
faire un régime. Pour commencer, tu vas avaler une cuillère
à bouche de vinaigre tous les matins à jeun
-
quelle horeur, je ne vais jamais pouvoir avaler ça.
Une cuillère de vinaigre ça va peut-être faire
baisser ma tension mais en fouillant un trou dans mon estomac
!! On m'a dit de percer un citron
-
De presser, pas de percer
c'est bon, mais c'est pas
assez radical. Moi, je préconise le vinaigre.
-
Mais dis-moi, tu as de l'hypertension, toi?
- Pas du tout. Laisse-moi toucher du bois. Ne fane pas ton lapipi
sur moi la, hein, je te dis. Je n'ai pas de l'hypertension, Dieu
merci, mais ma tante l'a et je connais pleins de gens qui l'ont.
Il faut que tu fasses des exercices, de longues marches, du footing
tout ça
-
mais je fais du footing tous les jours.
- ..ah bon, tu fais du footing, toi ? Tu ne m'as jamais dit ça.
Où ça, hein ?
-
mais tous les jours pendant le lunch time je vais
marcher dans la ville
-
aio tu es comique même toi !! Tu est en train de
confondre entre shopping et footing, pas meme zafaire ça.
Il faut marcher sans s'arrêter et il faut surtout avoir
un contrôle strict sur ce que tu manges. Terminé
le sel, terminé. Fini tout ce qui s'appelle poisson salé,
ourite et chevrette secs
lentilles noire, conserves, fruits
de mer, tout ça. Tu ne touche plus. Tu ne regardes même
plus
-
pourquoi le sel rentre dans le corps par le regard ?
-
fais to foutan même toi! Quand to la veine li cou
pou raidi avec tension tu me diras. Écoute je te connais,
si tu cuis ces zafaires la même si ne manges pas tu vas
vouloir goûter. Il faut pas.
- Mais le docteur a dit que je pouvais manger de temps en temps.
- Il a dit ça ? Quel docteur c'est hein ?
- Le Dr X.
- Jamais entendu parler. Pourquoi tu as été le voir?
Qui t'a envoyé là-bas ? Tu n'aurais pas pu me demander.
Je t'aurais envoyé chez un bon docteur.
- Parce que celui que j'ai vu est un mauvais docteur ? Tu viens
de me dire que tu n'as jamais entendu parler de lui
-
c'est ça le problème. Un docteur dont personne
ne parle, on ne sait pas ce qu'il vaut.
- Mais enfin, il exerce dans la clinique
ils n'emploient
tout même pas de mauvais médecins là-bas
-
en principe
en principe
encore qu'avec la vie
d'aujourd'hui on ne peut jurer de rien. Dis-moi qu'est-ce qu'il
t'a donné comme médicaments ?
- Des comprimés de X.
- Ça même tout ?
- Oui, pourquoi ?
- Hum
que je n'aime pas ça. Il ne t'a donné
qu'un seul médicament ?
- Oui.
- Et il sait que tu as une assurance médicale qui rembourse
tes frais ?
- Oui.
- Alors là je suis catégorique : un médecin
qui fait faire des économies de médicaments à
un patient, c'est louche. A ta place, je demanderais un deuxième
avis médical avant de suivre son traitement. Je connais
justement un bon docteur, pas du tout avare en médicaments
qui devrait te convenir
Carnet
Effet boule de neige
Le problème avec les phénomènes déprimants,
c'est qu'ils peuvent finir par déboucher sur d'autres plus
déprimants encore. Comme indiqué dans notre édition
de la semaine dernière et ce en exclusivité, le
ministre des Sports viendra avec des amendements au Sports
Act. Vu que pour l'heure aucun calendrier n'a été
établi par Sylvio Tang, on peut ainsi présumer,
sans trop de risque de se tromper que le mouvement sportif aura
à attendre au moins trois mois avant que le ministère
de la Jeunesse et des Sports ne commence à circuler les
amendements. Mais ce qui est certain dans la démarche actuelle
de Sylvio Tang, c'est qu'il va devoir s'activer afin de présenter
au parlement les changements avant août 2008 s'il est déterminé
à ce que toutes les fédérations soient au
diapason avec le cycle olympique.
Déjà, c'est une autre paire de manches qui s'annonce
pour le ministre dans la mesure où les " lobbyistes
" se sont déjà mis en uvre en utilisant
comme argument la " thèse antidémocratique
" pour convaincre. Dans cette guerre de pouvoir et surtout
en prévision du renouvellement de l'exécutif du
Comité National Olympique Mauricien (CNOM) en 2009, il
ne serait guère étonnant que les ennemis d'hier
deviennent les amis d'aujourd'hui ou que la parade des fédérations
internationales soit mise en avant pour continuer à diriger
lorsque sonneront les cloches de l'AG du CNOM.
Ce qui nous pousse à dire que le dossier des amendements
à être apportés au Sports Act sera,
deux ans et demi après sa prise de pouvoir, le premier
vrai test de Sylvio Tang pour démontrer qu'il n'est pas
un ministre sous influence et qu'il est déterminé
à apporter ne serait-ce qu'une petite pierre à l'édifice
du sport mauricien. Même si dans le fond comme dans la forme,
il y a beaucoup choses à redire sur les amendements de
Sylvio Tang. Une parenthèse pour dire notre étonnement
sur le silence actuel du MMM et de sa commission des sports sur
les intentions du ministre Tang. Pourtant, les mauves en avaient
fait de 2008 l'année lors de laquelle ils " accorderont
une attention particulière au sport. " La ministre
des Sports " in waiting " au MSM semble, de son
côté, avoir perdu sa voix. Le mouvement sportif en
tiendra compte.
Ce dernier par contre a déjà tenu compte de l'inconstance
qui existe dans la politique de Sylvio Tang. Au risque de nous
répéter et c'est là où la situation
devient déprimante, l'on risque de déboucher sur
une autre déprime en 2011, semblable à celle dont
nous en avons été témoins en août dernier
à Madagascar. Car c'est une évidence que les amendements
de Sylvio Tang n'auront aucune incidence sur le niveau de notre
sport. Même s'il est vrai que mettre de l'ordre dans le
calendrier d'organisation des élections dans les fédérations
ou imposer que les comités régionaux soient une
entité légale, vise dans une très large mesure
à apporter de la discipline dans le management du
sport. Mais qu'en est-il des actions pour hausser le niveau de
notre sport en perte de vitesse depuis une décennie ? Rien.
La seule clause dans le Sports Act qui pouvait aider à
relancer le sport à la base a été déjà
éliminée d'un trait de plume pour satisfaire le
hidden agenda de certains dirigeants de la Mauritius
Football Association (MFA). En éliminant la formule
75-25% pour les sports d'équipe et 100 % pour les sports
individuels, Sylvio Tang ne s'est probablement pas rendu compte
de l'effet boule de neige que son action aura sur le sport à
Maurice dans quelques années.
N'oublions pas que la décision d'obliger les équipes
à se structurer sur une base régionale a été
prise par un ministre Travailliste qui a ainsi sacrifié
la vie du football à Maurice. Comme toute formule, celle
de Marie-Claude Arouff-Parfait - jamais contestée et encore
moins éliminée par le gouvernement MSM-MMM entre
2000 et 2005 - méritait d'être revue et corrigée
comme toute formule, mais certainement pas éliminée
du jour au lendemain sans justification aucune. Car n'oublions
pas que cette formule a eu le mérite d'introduire certaines
disciplines dans des régions et de forcer certaines administrations
régionales à s'ouvrir sur des disciplines autre
que le football.
Doit-on aujourd'hui comprendre que la politique sportive du Parti
Travailliste n'est pas de développer le sport dans les
12 régions de Maurice ? Si tel est le cas, une clarification
dans les plus brefs délais du Premier ministre ou même
de son ministre des Sports, serait la bienvenue. Car pour l'heure,
nous ne pouvons que constater que seule l'administration des fédérations
intéresse le ministre, mais pas l'épanouissement
du sport dans les régions ni le niveau du sport pratiqué
à Maurice.
Week-End n'est, heureusement, pas le seul à le dire. La
situation du sport à Maurice donne froid dans le dos avec
des dirigeants qui, au lieu de favoriser l'émergence des
clubs, font tout pour les éliminer. Car ils ont un objectif
inavoué de conserver le pouvoir. Ceux-là féliciteront
certainement Sylvio Tang pour ses amendements, car le niveau du
sport ne figure pas parmi leurs préoccupations. D'où
l'imminence d'autres moments plus déprimants.
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 16 mars 2008
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