a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 16 mars 2008



  Interpellations de journalistes — Nouvelles tentatives d'intimidation de la police
  Droits de l'Homme — Washington évoque l'arrestation du rédacteur-en-chef de Week-end et de deux journalistes de Radio-Plus
  Indépendance – 40e anniversaire — Thabo MBeki : le protocole contourné sous l'effet Zuma
  Incidents à Radio One — Paul Bérenger met Navin Ramgoolam au défi d'entamer des poursuites
  Souveraineté territoriale — Diego : Port-Louis exigera des excuses et des garanties
  Affaire Air Mauritius — Derek Taylor s'en sort aussi
  Météo — Fortes pluies et orages sont encore attendus aujourd'hui


Interpellations de journalistes

Nouvelles tentatives d'intimidation de la police

L'interpellation des journalistes de Radio One vendredi est-elle encore une bavure policière ou fait-elle partie d'une stratégie de communication destinée à museler la presse ? C'est la question que l'on pourrait se poser suite à l'interpellation de trois journalistes dont notre rédacteur-en-chef, Gérard Cateaux, en novembre dernier et à la convocation d'un autre confrère aux Casernes centrales quelques semaines plus tard. Ce qui ressemble étrangement à des tentatives, vaines certes, d'intimider la presse.

Comme tous les leaders politiques mauriciens, Navin Ramgoolam aime la presse surtout quand il est dans l'opposition. Dans ces périodes hors du pouvoir, il cajole la presse quoi qu'il lui arrive, généralement devant une grosse foule, il laisse échapper le fond de sa pensée. Mais les exemples sont nombreux pour la période allant de 1995 à 2000 où il accusa la grande presse de faire le jeu de l'opposition en ne couvrant pas suffisamment à son goût ses activités et celles de son parti. C'est pour "mettre au pas" cette presse qui ne répétait pas toujours tout ce qu'il disait et, pire, se permettait même de le critiquer qu'il promit de faire voter le Freedom of Information Act une fois arrivé au pouvoir.

Depuis son retour à l'hôtel du gouvernement, mettre au pas la presse semble un des objectifs prioritaires de Navin Ramgoolam. Son gouvernement a commencé par enlever la publicité gouvernementale à certains titres, puis refusé de communiquer avec d'autres. Au hit parade des journaux avec lesquels les ministres ont ordre de ne pas parler figure bien entendu Week-End. Il est amusant de noter que si Navin Ramgoolam dit ne pas lire Week-End, il semble connaître par cœur certains de nos articles. Le dernier exemple est l'interview de Jyoti Jeetun - ancienne CEO du SIT brutalement révoquée après les élections de 2005 - publiée dans notre dernière édition. Quelques heures seulement après sa parution, Navin Ramgoolam l'a commentée et critiquée lors d'une réunion tenue à Centre de Flacq.

Les "prostitués"

Depuis son retour au pouvoir, Navin Ramgoolam ne rate pas une occasion pour dire son opinion sur la presse. Il est même allé jusqu'à qualifier les journalistes de prostitués puisqu'ils "veulent la liberté sans la responsabilité" et annonce à maintes reprises qu'il allait "faire durcir les lois" et instituer une Media Commission pour réglementer la presse écrite et "nettoyer les radios."

Cette aversion avouée pour la presse - avec une préférence marquée pour certains titres - semble avoir augmenté depuis quelques mois sous l'impulsion de son Senior Adviser Dan Callikan, disent ceux qui fréquentent l'hôtel du gouvernement. Incapable de contrôler tous les titres et les radios comme il le fait avec la MBC, le service de communication du PMO tenterait, à intervalles réguliers, des opérations pour décrédibiliser certains titres et certains journalistes qui refusent de plier l'échine comme d'autres le font si bien.

C'est dans le cadre de cette "stratégie" qu'il faudrait ranger les interpellations de journalistes qui se multiplient depuis ces derniers mois. La première eut lieu le 21 novembre de l'année dernière et les premières victimes furent Gérard Cateaux, rédacteur en chef de Week-End, Anabelle Vaulbert et Josian Valère de Radio Plus. Motif de cette interpellation musclée par une force policière qui semblait avoir eu des instructions précises : un articulet sur la découverte d'un magot dans un locker d'un poste de police. Articulet ne comprenant aucun nom repris par Radio Plus et que la police s'empressa de démentir tout en accusant les journalistes incriminés de diffusion de fausses nouvelles.

Pas nous ça !

Quelques jours plus tard, et le Premier ministre et son Senior Adviser firent savoir qu'ils n'avaient rien à faire dans cette interpellation. Comme si la police pouvait prendre une telle initiative sans que le bureau du ministre de l'Intérieur et son principal conseiller n'aient été consultés sinon tout au moins informés au préalable.

La deuxième opération de ce qui semble une stratégie d'intimidation de la presse eut lieu quelques semaines plus tard et visait Ruddy Veeramundar, le rédacteur en chef de Samedi Plus. Il fut convoqué aux Casernes centrales pour s'expliquer sur une série d'articles mettant en cause une dirigeante de l'ICAC contre qui des allégations d'abus de pouvoir avaient été faites. La même ICAC que le Premier ministre devait couvrir d'éloges quelque temps après.

Comme pour la première interpellation, les policiers avaient mal préparé leur dossier avant de convoquer. À leurs accusations de "publication of false news", Rudy Veeramundar et son avocat opposèrent des photocopies de procès verbaux de l'ICAC qui avaient été à la base des articles publiés dans Samedi Plus, ce qui faisait voler en éclats l'accusation de false news.

Depuis, le directeur de l'ICAC a essayé de trouver "un arrangement" avec le rédacteur en chef de l'hebdomadaire. Ayant échoué dans cette voie, il a fait une déclaration à la police qui, après avoir fait la chasse aux auteurs de false news, est aujourd'hui à la recherche de ceux qui donnent les vraies nouvelles au sein de l'ICAC…

Si dans les deux premières opérations le rôle du Senior Adviser du Premier ministre n'était pas évident, ce n'est plus le cas dans la troisième affaire survenue vendredi : l'interpellation de Karishma Beeharry et Humaira Ali de Radio One. C'est Dan Callikan qui appelle la responsable de la rédaction de la radio pour lui dire que le Premier ministre n'est pas malade et demander une rectification. C'est encore lui qui rappelle la journaliste après la rectification pour exiger cette fois des excuses publiques. Mais les excuses faites à midi ne mettent pas un point final à l'incident puisqu'à 16 heures le CCID entre en action et convoque les journalistes de Radio One aux Casernes Centrales pour un "statement" qui sera finalement donnée "under caution" dans les locaux de Radio One qui commente en direct l'interpellation de deux journalistes coupables d'avoir dit que le Premier ministre était souffrant.

Pendant ce temps, le même Premier ministre siroptait son jus de tomate au mariage des enfants d'Ivan Collendavelloo et de Jayen Cuttaree en expliquant que, comme d'habitude, il n'était pour rien dans l'interpellation des deux journalistes et que c'est son Senior Adviser qui l'avait informé de la diffusion de la "fausse nouvelle". Selon ceux qui lui ont parlé lors du mariage, Navin Ramgoolam avait un ton conciliant et avait annoncé qu'il allait faire une déclaration dans ce sens après le spectacle auquel il allait assister au Indira Gandhi Cultural Centre.

Un laps de temps record

Mais, après le spectacle folklorique bihari et un aparté avec son Senior Adviser, c'est un Navin Ramgoolam en colère qui s'adresse à la presse en reprenant son couplet sur la nécessité de modifier la loi sur les false news. Il fait une déclaration musclée pour justifier l'interpellation des journalistes en mettant la responsabilité de l'ouverture de l'enquête sur... l'Independant Broadcasting Authority. C'est donc cette autorité, connue pour les affrontements entre ses membres et les voyages de son président, qui aurait initié cette enquête qui a conduit huit policiers à aller interpeller les deux journalistes de Radio One dans un laps de temps qui interpelle quand on sait que des ministres mis en cause dans des affaires de corruption attendant des mois avant d'être convoqués. Qui va croire que la police est capable de lancer une telle opération sans en référer au ministère de l'Intérieur au préalable ?

Bavure de policiers qui veulent se faire bien voir ou stratégie élaborée par le Senior Adviser pour "nettoyer la presse" qui refuse d'être aux ordres comme la MBC ? Si les interpellations musclées font peut-être croire à Navin Ramgoolam qu'elles lui donnent l'image d'un dur, elles choquent profondément les Mauriciens. Pire, elles commencent à donner de Maurice dans les agences de presse internationales l'image d'une république bananière où le pouvoir traque les journalistes.


Droits de l'Homme

Washington évoque l'arrestation du rédacteur-en-chef de Week-end et de deux journalistes de Radio-Plus

La situation de la presse mauricienne a fait l'objet de commentaires dans le dernier Country Report on Human Rights Practices - 2007 publié le 11 mars par le Bureau of Democracy, Human Rights and Labor des Etats-Unis. Le coup de force de la police en date du 21 novembre dernier contre la presse avec l'arrestation du rédacteur-en-chef de Week-End, Gérard Cateaux, et de deux journalistes de Radio-Plus, Josian Valère et Annabelle Volbert, suite à l'affaire du magot présumé découvert dans un poste de police et la couverture partiale des activités politiques pratiquée par la station de radio et de télévision nationale, la MBCTv, figurent en bonne place dans ce document disponible sur internet.

Le rapport sur les Droits de l'Homme revient sur ces arrestations de journalistes pour avoir fait état de détails sur la présence d'une importante somme d'argent dans un locker dans un poste de police. " Although the country has strict libel laws in place, these were rarely used against the media. However, on November 21, police arrested and charged two radio reporters ands a newspaper editor, after they revealed that a large sum of money was discovered in a police station locker ", note le rapport des Américains.

Dans le sillage de cette opération policière musclée, le rédacteur-en-chef de Week-End et les deux journalistes de la presse parlée, qui avaient échappé de justesse à passer la nuit en détention policière, ont été inculpés provisoirement du délit de diffusion de fausses nouvelles. Ils ont eu à fournir des cautions pour retrouver la liberté suite à leur comparution devant le tribunal de troisième instance de Port-Louis.

Toujours au chapitre de la presse, la MBCTV s'est fait taper sur les doigts dans le rapport des Droits de l'Homme des Américains pour sa partialité dans le traitement des informations avec un " bias " favorable au gouvernement et pour les ingérences des officiels du gouvernement dans la gestion rédactionelle. Le rapport des Droits de l'Homme dénonce le fait que même la couverture des travaux de l'assemblée nationale n'est pas assurée de manière impartiale par la MBCTv.

" Opposition parties and media experts regularly criticized the government-owned national television for its partiality and denounced interference from government officials in its news coverage policy. Television news covered mainly the Prime Minister and his cabinet members'daily activities. Opposition parties complained that reports of National Assembly debates were unfairly reported ", note encore le rapport au chapitre de la liberté d'expression et de la presse.

La Major Crime Investigation Team (MCIT) de l'ancienne direction a eu une nouvelle fois les "honneurs" du rapport sur les Droits de l'Homme des Américains. Cette section de la police est citée officiellement dans le cadre des dénonciations de racket, dont l'enquête a été confiée à l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) suite à une décision du commissaire de police. " On November 26, the media reported allegations of racketeering activities by members of the MCIT, formerly headed by late Prem Raddhoa. The investigation was still underway at year's end ", lit-on au chapitre du rôle de la police. Alors que le Police Complaints Investigation Bureau n'est en présence que d'un cas de dénonciation de corruption au sein de la force policière, l'ICAC se retrouve avec pas moins de 70 dossiers de dénonciations contre des policiers.

La situation dans les prisons demeure encore préoccupante pour les Américains. Le rapport confirme que la période de détention provisoire dure jusqu'à quatre ans. La conséquence directe est que " pretrial detainees comprised approximately 30 percent of the prison population and could potentially await trial for an average of more than three years. "

La prostitution infantile est aussi mentionnée dans le rapport, qui fait état du démantèlement d'un important réseau dans le Nord de l'île. " Child prostitution was a problem, and the government targeted the practice as a law enforcement and prevention priority. "

En général, Washington souligne que " the government generally respected the human rights of its citizen. " " The following human rights problems were reported : police abuse of suspects and detainees, allegations of corruption in the police force, prison overcrowding, violence and discrimination against women, abuse of children in prostitution and child labour, some restrictions on workers in the EPZ. "


Indépendance - 40e anniversaire

Thabo MBeki : le protocole contourné sous l'effet Zuma

L'ombre du président de l'African National Congress (ANC), Jacob Zuma, a plané sur la visite officielle du Chief Guest pour les célébrations marquant le 40e anniversaire de l'indépendance, le président d'Afrique du Sud, Thabo MBeki. L'une des principales retombées de cette situation est que le protocole établi pour les visites d'État a dû être contourné pour éviter toute spéculation d'ingérence dans le judiciaire par rapport à l'affaire Zuma, qui a été logée en Cour suprême. De son côté, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a confirmé l'information publiée dans l'édition de Week-End du 24 février dernier au sujet de sa rencontre avec Jacob Zuma en apportant des précisions sur la teneur des échanges.

Du côté du Prime Minister's Office (PMO), l'on soutenait en fin de semaine que le tête-à-tête entre le président MBeki et le chef juge, Bernard Sik Yuen, qui faisait partie du programme officiel, a été annulé pour éviter toute confusion et des conjectures politiques. " Nous avions soulevé la question avec le chef juge car notre but était d'éviter l'éventualité de spéculations d'ingérence dans le judiciaire à Maurice d'autant plus que le président de l'ANC, Jacob Zuma, a saisi la Cour suprême de Maurice d'une contestation de la Letter of Request pour transmettre les 13 Mauritian Documents saisis ", indiquait-on en fin de semaine dans les milieux bien informés à l'Hôtel du gouvernement.

Un autre écart de dernière minute au protocole a vu l'Attorney General, Rama Valayden, être remplacé par le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, pour accompagner le président M'Beki lors de ses déplacements pour les célébrations du 40e anniversaire. Le programme officiel avait prévu que Rama Valayden allait voyager en compagnie du président sud-africain du Royal Palm au jardin botanique de Pamplemousses dans la matinée du 12 mars. Mais l'affaire Zuma oblige et pour les mêmes raisons que dans le cas du chef juge, l'Attorney General a été éloigné du président sud-africain.

La presse sud-africaine, notamment le quotidien Mail and Guardian dans son édition d'hier, commente les changements dans le protocole et le programme de visite du président Thabo MBeki. Elle avance que la décision d'annuler cette rencontre avec le chef juge revient aux autorités sud-africaines. " MBeki was also scheduled to meet Mauritian Chief Justice, but the meeting was cancelled after the South African government decided that it could be misinterpreted as interference in the justice system of Mauritius in the light of Jacob Zuma's application, " note le journaliste Adrian Basson du Mail & Guardian.

À la fin de la visite officielle du président MBeki, le Premier ministre, répondant à une question de la South African Broadcasting Corporation (SABC), devait apporter des précisions au sujet de sa rencontre avec Jacob Zuma à la mi-février. " No, Jacob Zuma didn't ask me to assist him in his case. We can't assist him even if he asked ", devait-il faire comprendre.

" Jacob Zuma came to see me, to call on me when he was here (in Mauritius) to say, just to tell me… what he was doing, that he wanted to challenge in Court and I explained to him that in Mauritius we have a very independent judiciary, that he has to go through the Court system and the Courts will decide. Nothing more than that, " avait ajouté Navin Ramgoolam en guise de précision et dans une tentative de couper court aux spéculations.

Appelé par le Mail & Guardian à apporter des éclaircissements sur les éléments de réponse du Premier ministre, Dan Callikan, le directeur des Communications au PMO, a répété que " Mr Zuma spoke about his legal problems and the Prime Minister told him that the Courts are independent and when matter are before Court, the Court deals with them. Our system is clear. There is a separation of powers ".

Toujours en ce qui concerne les démarches de Jacob Zuma en vue de bloquer la soumission des " Mauritian Documents " incriminatoires, l'Attorney General, Rama Valayden, s'apprête à jurer en début de semaine un affidavit à être déposé en Cour suprême. C'est ce qu'a appris Week-End de sources bien informées au State Law Office (SLO). L'affaire devra être appelée de nouveau vendredi prochain devant la juge Rehana Mungly-Gulbul siégeant en référé.

La National Prosecuting Authority (NPA) d'Afrique du Sud fait état de satisfaction par rapport à la coopération obtenue de l'Attorney General's Office à Maurice face à Jacob Zuma. " We confirmed that Rama Valayden was strongly opposed to the applications by Zuma dn Thint, the French company. In so doing, the Attorney General (of Mauritius) consults with us almost daily, as they handle all Mutual Legal Assistance requests between Prosecuting Authorities. We are grateful to them and the NPA will do the same for other countries, " a fait comprendre le porte-parole de la National Prosecuting Authority sud-africaine, Tlali Tlali.

L'importance des " Mauritian Documents " est telle qu'ils pourront déterminer si Jacob Zuma pourra briguer les suffrages lors des élections présidentielles en Afrique du Sud en 2009, et succéder éventuellement à Thabo MBeki. En cas de condamnation lors de son procès en août prochain devant la Pietmaritzburg High Court pour des délits de trafic d'influence, de rackteering et de blanchiment de fonds, Jacob Zuma pourra voir son rêve présidentiel s'envoler.


Le Premier ministre : " MBeki, ardent défenseur de l'African Renaissance "

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a rendu un vibrant hommage au président sud-africain, Thabo MBeki, à l'occasion du State Banquet, qui s'est déroulé dans la soirée du 11 mars à Pailles, au Swami Vivekananda International Convention Centre. Il devait également dresser un parallèle entre la situation qui prévalait à Maurice au lendemain du 12 mars 1968 et les développements intervenus 40 ans plus tard.

Lors de son séjour d'un peu plus de 24 heures en tant que " Chief Guest " pour les célébrations du 40e anniversaire de l'indépendance, Thabo MBeki s'est entretenu en tête-à-tête avec son homologue mauricien, sir Anerood Jugnauth, et le Premier ministre. Il a participé à la cérémonie officielle du lever du drapeau au Champ-de-Mars en fin de journée du 12 mars après les visites de courtoisie du leader de l'opposition, Paul Bérenger, et du Speaker de l'Assemblée nationale, Kailash Purryag.

" You are an ardent proponent of the African Renaissance, a trusted lieutenant of the illustrious men who brought freedom to your people, a bulwark against injustice and inequality, " a soutenu Navin Ramgoolam à l'adresse de Thabo MBeki au moment du toast. Il devait ajouter que le progrès ne peut s'accomplir aux dépens de la liberté et de la dignité humaine.

" Mr President, I am like you, a firm believer in the rights and freedom of the individual, exercised with responsibility, and I strongly reject the contention that progress can be achieved at the cost of human freedom and dignity, " devait poursuivre le Premier ministre en retraçant le parcours politique de Thabo MBeki.

L'autre volet de son intervention était axé sur le développement intervenu au cours de ces quarante dernières années. " It is difficult, if not impossible, to measure, especially for the younger generations, the distance we have travelled. Many perhaps have little appreciation of the effort, foresight and the courage this patient, painstaking construction entailed, " s'est appesanti Navin Ramgoolam.

Le Premier ministre s'est félicité des progrès dans le domaine de l'éducation. " At the time of independence, the horizon of a child born in the countryside was restricted by the wall of sugarcane that hemmed in his village. It was a barrier to the advancement as formidable as an iron curtain, as were also illiteracy and ignorance ", a-t-il fait ressortir, ajoutant qu'aujourd'hui au moins un jeune sur deux entreprend des études tertiaires.

Les améliorations dans la longévité, la réduction du taux de mortalité infantile et l'éradication de la malnutrition sont citées par le Premier ministre au chapitre des réalisations. Sur le plan économique, le chef du gouvernement a mis en exergue le tourisme dans le sens que " we have come a long way since then, to be one of the world's top long-haul destinations from every continent with an international reputation for our hospitality and our culinary skills ", affirme-t-il.

En conclusion, le Premier ministre a mis l'accent sur la nécessité de combattre la pauvreté tout en insufflant un nouvel élan à la Southern African Development Community (SADC). " In April next, Mauritius will host the SADC International Conference on Poverty and Development. This conference will provide a Platform for member states, civil society, the private sector and the international community to engage in an action oriented and focussed strategy with particular emphasis on development and poverty eradication in our region, " a-t-il déclaré en réitérant l'invitation au président d'Afrique du Sud pour cette conférence au sommet de la SADC.


Le 12-Mars célébré à Maputo

L'ambassadeur mauricien au Mozambique, Alain Laridon, a organisé une réception officielle à Maputo pour marquer le 40e anniversaire de l'indépendance et le 16e de la République de Maurice. Le corps diplomatique accrédité à Maputo était présent à cette occasion de même que les dignitaires mozambicains. Les ressortissants mauriciens travaillant au Mozambique ont également eu l'occasion de célébrer dans un élan patriotique cette étape majeure dans la vie politique de leur pays natal.

L'invité d'honneur de l'ambassade mauricienne au Mozambique était le ministre du Tourisme, Fernando Sumbana. Dans une intervention prononcée à cette occasion, le ministre du Tourisme du Mozambique a fait état des liens communs entre les deux pays, que ce soit sur le plan économique ou culturel. Il a plaidé pour une intensification de la coopération économique. Il a ajouté que la présence et l'engagement des entrepreneurs mauriciens au Mozambique représentent un élément majeur dans la croissance et le processus de création d'emplois.


Incidents à Radio One

Paul Bérenger met Navin Ramgoolam au défi d'entamer des poursuites

Le leader de l'opposition et du MMM a mis le Premier ministre au défi d'entamer des poursuites contre Radio One suite à l'interpellation, vendredi, de sa rédactrice en chef, Karishma Beeharry et de la journaliste Humaira Ali. C'est ce qu'il a déclaré à une conférence de presse hier, au cours de laquelle il a soutenu que, d'après des renseignements, "le premier responsable si la rumeur d'une indisposition du PM s'est propagée est Rashid Beebeejaun lui-même". Il a aussi tenu à dire que Navin Ramgoolam a démontré ces temps derniers, notamment, lors de la lecture de son message du 12 mars que "si pa so lasanté ki pas bon, c'est so moral ki pa bon !" ?

Il a dénoncé "la tentative d'intimidation" contre cette radio en affirmant que "li clair ki c'est Navin Ramgoolam ki derrière ça !" Paul Bérenger a estimé que ce n'est pas un "cas isolé et qu'il y a eu ces derniers temps des tentatives du Premier ministre d'intimider la pressé" non sans avoir dénoncé les incidents de vendredi dernier à Radio One.

Autre dénonciation du leader de l'opposition, hier, le boycott par Navin Ramgoolam du rassemblement officiel des femmes le 8 mars dernier à l'Auditorium Octave Wiehe. C'est la première fois qu'un Premier ministre agisse de cette manière vis-à-vis des femmes et des jeunes filles de Maurice, de Rodrigues et d'Agaléga, a-t-il déclaré. Quant au 12 mars, Paul Bérenger a observé que certains des décorés de la liste recommandée par le Premier ministre "ne font pas honneur au pays".

Le leader du MMM a aussi déploré que Navin Ramgoolam ait avancé que son parti était contre l 'éducation gratuite. "C'est totalement faux et mo mette li au défi, là aussi, d'apporter la moindre preuve à cet effet". Également qualifié de faux ce que dit le chef du gouvernement sur la destruction des archives de la MBC par le MMM en 82.

Relevé, par contre, dans le message du Premier ministre, les propos selon lesquels il souhaite une réforme électorale cette année. Paul Bérenger n'a toutefois pas manqué de rappeler que le 15 novembre 2005, quelques mois après les élections générales, il avait, en sa qualité de leader de l'opposition, demandé au Premier ministre au Parlement s'il allait remettre sur pied un Select Committee pour terminer le travail commencé entre 2000 et 2005 et qu'il avait répondu que cela prendrait trop de temps, qu'il voulait aller vite et qu'il présiderait lui-même un High Powered Committee à cette fin.

BLS : le situer dans son contexte

"Nous sommes en mars 2008 et il n'y a jamais eu de comité, c'est dire le sérieux avec lequel Navin Ramgoolam doit être pris", a déclaré Paul Bérenger réaffirmant entretenir de forts doutes quant à l'intention du Premier ministre de venir de l'avant avec cette réforme électorale. Il a estimé que, pour commencer, le Premier ministre devrait dès à présent communiquer copie du document à cet effet que Rama Sithanen lui a remis depuis des mois, ce qui serait un signe solennel et important de sa volonté de procéder à cette réforme, a dit le leader de l'opposition qui dit, par ailleurs, s'attendre à ce que Navin Ramgoolam fasse une déclaration sur la réforme électorale dès la rentrée parlementaire du 25 mars prochain.

A des questions de la presse, Paul Bérenger a dit que le MMM est prêt, si la volonté politique est là, à participer à "toutes les tables, rondes, carrées, ovales" qui seraient éventuellement mises sur pied pour arriver à une bonne réforme électorale, que son parti, comme d'autres à travers le monde, comme au Senegal, aux Seychelles et en Allemagne, est en faveur du système, de plus en plus adopté de par le monde des deux tiers à majorité par circonscription et un tiers à la proportionnelle sur la base d'une liste de partis et qu'il souhaite que le seuil des suffrages obtenus pour être éligible à la représentation soit de 10% s'il n'est pas bloqué sur ce chiffre.

Il a aussi évoque le système de la proportionnelle pure en vigueur à Rodrigues dans le cadre d'une démocratie régionale et a dit qu'il n'a jamais été question que le même soit appliqué au pays tout entier et que l'on peut arriver à une bonne réforme qui consolide la démocratie, qui assure la stabilité gouvernementale et qui rassure toutes les composantes de la nation mauricienne.

Sur le Best Loser System, le leader de l'opposition et du MMM a rappelé le contexte dans lequel il a été adopté, celui des frictions communales de 65 et de 68 et de ce qui s'était passé aux élections de 48 lorsque deux communautés avaient été totalement exclues, que tous les partis, indistinctement, étaient pour au moment des pourparlers constitutionnels menant à l'indépendance, le PTr, le CAM, l'IFB et le Parti Mauricien, qu'il a aidé en son temps, qu'il est maintenant dépassé et qu'il s'agit de l'appréhender dans le cadre d'une réforme qui satisfait tout le monde.

Précisant sa pensée sur les dénominations communales, il a rappelé avoir dit n'avoir aucune objection à la demande de la Fédération des Créoles Mauriciens pour que l'appellation créole soit incluse dans la constitution en attendant que le système de BLS soit aboli. Le leader de l'opposition a aussi ajouté que le terme utilisé pourrait être "fine tuned" et être connu comme "créoles et population générale" afin de ne pas exclure les athées, les bouddhistes et autres bahai's.

MT : mise en garde à la direction

Évoquant le tamtam autour de l'appréciation de la roupie, Paul Bérenger a dit que cela n'empêche pas les prix de prendre l'ascenseur comme cela est la ces jours-ci pour les barres de fer, l'huile comestible et les fertilisants. Il a aussi rappelé que, dans l'opposition, l'Alliance sociale avait encouragé la population à ne pas payer les tarifs des eaux usées et elle avait même pris l'engagement de les abolir. Or, non seulement ils n'ont pas été abolis mais il y a eu depuis le début du moins une augmentation de ces tarifs.

Il en a été de même, a-t-il rappelé, pour la campagne de l'alliance sociale qui a consisté à encourager les habitants de la NHDC à ne payer les mensualités. Aujourd'hui, ces habitants sont traduits devant les tribunaux et sont le coup d'une expulsion de leurs demeures, comme à Camp Levieux, où Rama Valayden avait, au nom de l'Alliance sociale, été de ceux qui avaient poussé les gens à ne pas payer. Il a, une fois de plus, dénoncé "l'hypocrisie et l'irresponsabilité de ceux concernés".

Autre dossier évoqué, Manupan, pour critiquer l'attitude révoltante du gouvernement qui, après un appel d'offres en janvier pour un repreneur assortie d'une garantie que les emplois seront maintenus, a bien reçu une offre dans ce sens. La transaction n'a pas abouti parce que le gouvernement a refusé les exemptions de Land Transfer Tax et de Registration Duties. Il y a ensuite eu l'idée d'une participation de l'Employment Welfare Fund qui n'a pas eu de suite parce que le Parquet a statué que tel n'était pas la vocation de ce fonds. Et cette fois, le gouvernement est venu de l'avant pour dire qu'il est d'accord pour les exemptions, saut, a dénoncé Paul Bérenger, qu'il y a eu beaucoup de temps perdu et 300 travailleurs dans l'angoisse.

Le MMM est totalement solidaire des enseignants et employés des trois collèges privés sous le coup d'une fermeture, a déclaré le leader du MMM qui a profité pour dénoncer la volte-face subite du ministre par rapport aux engagements qui existent depuis 1983, qui ont été confirmés en 2003, appliqués l'année dernière dans le cadre de la fermeture de la Pamplemousses High School sur le redéploiement. Il a aussi relevé le fait que le ministre a, à plusieurs reprises, menacé les syndicats.

Il a, par ailleurs, adressé une mise en garde au Premier ministre, au président du conseil d'administration et au directeur de Mauritius Telecom pour que rien ne soit signé, sans aucune transparence avec Orange, le MT faisant partie de notre patrimoine national. C'est ce qu'il a dit après avoir exprimé ses inquiétudes sur les tractations en cours entre MT et Orange et sur lesquelles il compte revenir à l'occasion d'une prochaine rencontre avec la presse.


Un Select Committee sur la Banque de Maurice

Rappelant que la banque centrale d'un pays est une de ses plus importantes institutions du pays et qu'elle doit inspirer le respect, le leader de l'opposition et du MMM a évoqué les récentes allégations de passe droits et d'irrégularités formulées contre cette organisation, auxquelles est venue s'ajouter, cette fois, une lettre de quatre des six membres indépendants du conseil d'administration au Premier ministre pour se plaindre du "comportement arrogant et le manque de respect du gouverneur Manou Bheenick". Pour Paul Bérenger, toute cette situation fait du tort à l'image de Maurice à l'étranger.

Le leader du MMM a aussi estimé que Manour Bheenick "patauge dans le ridicule" lorsqu'il vient dire qu'il ne perçoit pas ses salaires alors que les gouverneurs du monde entier ont les yeux sur nous. "Mo demande moi si li pa pé puise de ce fameux trou du passé", a ironisé le leader de l'opposition qui a réclamé les détails des dépenses encourues pour ses voyages, les frais des billets d'avion et le montant des allocations quotidiennes. "C'est dégoûtant qu'un Premier ministre ait nommé un tel gouverneur à la Banque de Maurice et qu'il se comporte ainsi", a-t-il déploré avant de demander un Select Committee de l'Assemblée nationale pour se pencher sur les allégations d'irrégularités contre le gouverneur et son comportement vis-à-vis des membres indépendants du conseil d'administration de la Banque de Maurice.


Reza Issack, Madan Dulloo et les autres…

Paul Bérenger a confirmé avoir rencontré Reza Issack à deux reprises ces dernières semaines et a dit vouloir savoir s'il compte prendre ses distances de l'Alliance sociale et a dit souhaité qu'il donne un coup de main pour aider son pays. Il a tenu à préciser qu'il n'a jamais suggéré qu'il quitte l'AS et qu'il adhère tout de suite au MMM. "Ce n'est pas mon style, ce n'est pas ma façon de faire. C'est à lui de prendre ses responsabilités et sa décision", a-t-il dit.

A une question de la presse, il dit que "mo koné ki Reza Issack pas tout seul" et qu'il y a un bon nombre au sein de l'Alliance sociale qui en amarre pour deux raisons, la performance du gouvernement et la "façon de faire de Navin ramgoolam". "Li pa ine changé, li parey couma entre 95 et 2000 et mi, nisters bizin attande des mois avant gagne rendez-vous".

Quant aux affirmations selon lesquelles il aurait été vu en train de bavarder avec Madan Dulloo, Paul Bérenger a expliqué cela est dû au fait que "protocole ine mette nou kosté et dans enn cas, Xavier Duval ti entre nous", et, poursuivant sur le ton de la plaisanterie, il a dit que ce dernier "ti pé demande moi rendez-vous".

C'est aussi le protocole, explique-t-il qui l'a placé, au déjeuner de la State House, "à la même table que Madan Dulloo, Mme Indira Seebun, le Chef ministre de l'Haryana, le président du comité des Affaires Étrangères du Parlement français, Axel Poniatovsky et la très belle Baronesse Valérie Amos". Sarcastique toujours, il en rajoute une couche et dit que "nou pa ti ena toujours la bouche pleine pendant sa déjeuner là et nou fine koze banne kozé bien intéressant sur les Comores et le Zimbabwe".

Sur le volet international, Paul Bérenger a parlé de ses entretiens avec Thabo M'Beki sur les Colores où une intervention militaire se prépare et a salué la position courageuse du président sud-africain qui prône le dialogue en vue d'un règlement de la crise.

S'agissant de la déclaration de Olivier Bancoult devant un comité de la Chambre des Communes, le leader de l'opposition dit avoir évoqué la question et les propos de l'avocat des Chagossiens en particulier avec le Premier ministre.


Souveraineté territoriale

Diego : Port-Louis exigera des excuses et des garanties

Le dossier des Chagos monopolise actuellement l'attention au Attorney General's Office en attendant que le ministre des Affaires étrangères, Madan Dulloo, soit appelé au cours des prochains jours à engager des initiatives diplomatiques pour réitérer la souveraineté de Maurice sur cet archipel. Ce développement fait suite à une conjugaison d'événements projetant Diego Garcia au premier plan, dont la confirmation en date du 21 février dernier du Foreign Secretary britannique, David Miliband, de l'utilisation de la base militaire de Diego Garcia dans le programme de torture de détenus par la Central Intelligence Agency (CIA). Mais l'arraisonnement le week-end dernier du yacht Musichana et l'arrestation de deux activistes de Peoplesnavy et d'anciens membres du mouvement Greenpeace, Peter Bouquet et Jon Castle, sont venus se greffer à une situation déjà compromettante entre Port-Louis et Londres.

Selon les recoupements d'informations effectués par Week-End de sources concordantes, le gouvernement exigera de Londres et de Washington des excuses et des " firm commitments " que l'archipel des Chagos et plus particulièrement Diego Garcia ne vont pas être utilisés dans des " rendition programmes " (torture de terroristes allégués) des Américains. Cette démarche ferait suite à la convocation initiale des représentants diplomatiques de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis au ministère des Affaires étrangères à la fin de février dernier.

Le State Law Office sollicité

Le State Law Office a été sollicité en fin de semaine en vue d'examiner de près la teneur des Notes Verbales qui devraient être adressées à Londres et à Washington dans les jours à venir par le ministère des Affaires étrangères. Le gouvernement, en réclamant des excuses et des garanties fermes de ces deux capitales, veut réitérer sa revendication de souveraineté sur les Chagos de manière formelle.

Mais l'arrestation de deux activistes pacifiques alors qu'ils se trouvaient dans les eaux territoriales des Chagos le week-end dernier et la condamnation de l'un d'eux à une peine de six mois de prison avec sursis et une amende de £ 3 000 et des frais de £ 200 sont contestées par le gouvernement. C'est du moins que l'a laissé entendre l'Attorney General, Rama Valayden, en l'absence de tout commentaire officiel émanant du ministère des Affaires étrangères au lendemain du jugement prononcé sur la base militaire de Diego Garcia.

" Nous suivons de près les événements autour de l'arraisonnement du yacht Musichana et l'arrestation des deux membres d'équipage par des autorités britanniques à Diego Garcia. Cette affaire constitue un aspect très fondamental qui va au cœur de la souveraineté de Maurice sur l'archipel des Chagos. Est-ce qu'une tierce partie, en l'occurrence Londres, peut condamner des personnes pour avoir infringed un territoire qui ne lui appartient pas ? Nous étudions les différentes options pour faire valoir notre position sur la question ", a déclaré l'Attorney General.

" Comme l'a déclaré le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à la tribune des Nations unies, la souveraineté est an issue que nous ne pouvons pas concéder. Il y va de notre honneur national. Nous allons procéder avec tact et discrétion à cet effet ", a-t-il ajouté en confirmant que des consultations sont en cours au sein du gouvernement, notamment entre le ministère des Affaires étrangères et le State Law Office.

Dilemme du GM

D'autre part, le gouvernement se retrouve en face d'un nouveau dilemme par rapport aux prises de positions adoptées par les Chagossiens lors de leurs revendications. Ce problème a été confirmé avec la déclaration d'Olivier Bancoult le 23 janvier dernier devant la Commission parlementire du Foreign and Commonwealth Office sur les territoires d'ourte-mer à l'effet que les Chagossiens préfèrent demeurer des ressortissants britanniques s'ils avaient le choix.

" Le gouvernement se sent plus à l'aise avec les prises de positions sur les Chagos adoptées par Me Hervé Lassémillante ou encore Fernand Mandarin que celles épousées par Olivier Bancoult du Groupement Réfugiés Chagos ", a fait comprendre à Week-End une source haut placée à l'hôtel du gouvernement voulant garder l'anonymat.

Par ailleurs, depuis le week-end dernier, Londres s'est retrouvé avec un problème délicat à gérer au niveau de Diego Garcia. Les autorités britanniques affectées à la base militaire ont procédé à l'arraisonnement d'un yacht, qui ne voulait pas quitter le lagon de Diego Gracia malgré les sommations. Le yacht avait obtenu au préalable l'autorisation officielle d'accoster les îles Peros Banhos et Salomon. Les deux membres d'équipage du yacht, d'anciens skippers du Rainbow Warrior de Greenpeace, ont été placés en détention sur la base militaire en l'attendant le déroulement d'un procès devant ce qui est considérée comme une " Kangaroo Court. "

Des deux, seul Jon Castle, le skipper désigné du bateau, a été condamné lors d'un procès instruit à la hâte en fin de semaine. Jon Castle a été condamné à six mois de prison avec sursis et une amende de £ 3000 et des frais de £ 200. Les activistes pacifiques, qui ont jusqu'à cette semaine pour payer l'amende, ont signifié leur intention de ne pas se plier aux directives de ce tribunal. Jon Castle a contesté les accusations de " Violation of Immigration Laws " retenues contre lui.

Entre-temps, Jon Castle et Peter Bouquet sont maintenus en détention. Au cas où ils refusent de payer l'amende, ils courent le risque d'être déportés et de voir leur yacht saisi.

Une façon de sensibliser

Ils sont encouragés dans cette voie par leurs partisans à travers le monde, qui voient dans cette démarche une façon de sensibiliser l'opinion internationale sur ce qui se passe à Diego Garcia et sur le sort des Chagossiens.

Faisant état du procès sur Diego Garcia, le site internet dédicacé à ce voyage du Musichana note : " In true style Jon gave them a lecture on the plight of the Chagossians, the rendition flights and the offensive nature of the base. He finished his speech with " You better examine your conscience. " The Chagossian have to return to their rightful homelands and have to have a sustainable economy to base their lives on. They are the rightful inhabitants of the islands. "

Plus loin, Jon Castle devait dénoncer la démarche de Londres et de Washington en transformant Diego Garcia en " an island of lies, deception and aggressive violent behaviour. " " The time for secret activities on Diego Garcia is gone, we all have to have the duty to expose the hypocracy of Diego Garcia ", a-t-il ajouté.

Le but initial de la mission pacifique du Musichana était d'établir un constat de la situation dans l'archipel des Chagos et de remettre un message aux autorités à l'effet que : " We have sailed our boat Musichana over 2000 miles to demonstrate to you the serious nature of our concerns about the plight of the Chagossians and about your military activities on Diego Garcia. It is our duty as British citizens to challenge and expose these activities in a peaceful and responsible manner. We represent a growing proportion of the world's population who disagree with the treatment of the Chagossians and demand their right to return. "

Après l'escale de Diego Gracia, le Musichana devait mettre le cap sur Maurice en vue de soumettre un rapport aux représentants des Chagossiens. " We would also like the opportunities to talk to the Mauritian gouvernement and present our report to them ", soulignent les organisateurs. Cette étape devait être franchie à la fin de ce mois. Mais le plan risque d'être modifié avec une éventuelle déportation vers Singapour.


Bancoult : " La justice doit triompher ! "

Olivier Bancoult, le leader du Groupement Réfugiés Chagos, soutient que la démonstration pacifique des deux membres d'équipage du Musichana au large de Diego Garcia est une preuve que le monde a soif de justice dans cette affaire. Il prévoit d'animer un point de presse en début de semaine pour commenter différents aspects du dossier Chagos.

" L'affaire Musichana est la preuve que dans le monde on veut que la justice triomphe dans le drame des Chagossiens. À trois reprises les plus hautes instances de la justice britannique ont décidé que les Chagossiens ont le droit de retourner dans leur archipel natal. À trois reprises ce droit leur a été refusé par des gymnastiques politiques ", a déclaré Olivier Bancoult en se félicitant de l'initiative de des militants des Droits de l'Homme, même si le Groupement Réfugiés Chagos ne partage pas toutes leurs prises de position sur les Chagos et Diego Garcia.

Olivier Bancoult compte également faire le point sur ce qu'il considère " les agissements d'Allen Vinkatassin " qui avait réclamé des excuses du gouvernement au nom des Chagossiens à l'occasion du 40e anniversaire de l'indépendance.


Affaire Air Mauritius

Derek Taylor s'en sort aussi

M. Derek Taylor, l'ancien Chief Executive de Rogers and Co, un des plus gros conglomérats du pays, a pu rentrer chez lui, mardi après-midi l'esprit tranquille. Il n'avait plus cette petite mine qu'il affichait ces derniers temps dans le box des accusées de la Cour intermédiaire. Les magistrats de cette instance judiciaire, MM. Benjamin Marie-Joseph (président), Nicolas Ohsan-Bellepeau et Mme Renuka Dabee-Bhunjun ont, en effet, rayé, l'accusation de complot en vue de détourner 85 millions de roupies au préjudice d'Air Mauritius qui pesait sur lui.

Après Sir Harry Tirvengadum (ancien P. d. g de la compagnie d'aviation nationale) et M. Joseph Yip Tong, tous deux déclarés "inaptes" à faire face à la justice en raison de leurs états de santé "précaires" (selon leurs médecins traitants), M. Derek Taylor est le troisième accusé qui s'en sort dans ce procès intenté dans le cadre de l'affaire Air Mauritius, aux multiples facettes et délits d'ententes délictueuses graves, qu'avait éclaté le syndicaliste Jack Bizlall en l'an 2000.

Jack Bizlall, rappelons-le, avait mené une enquête de fourmi à partir d'aveux de malversations obtenus de Gérard Tyack, l'ancien administrateur - financier d'Air Mauritius et que l'ancien Directeur général de la compagnie d'aviation nationale, M. Vijay Poonoosamy, enregistrés sur une cassette. Ce dernier avait été par la suite dégradé de son poste avant d'être poussé vers la sortie. Mais sa démarche, soutenue par l'engagement de Jack Bizlall, avait permis à la compagnie d'aviation nationale de récupérer plus de Rs 27 millions de roupies volontairement restituées par Gérard Tyack avant que celui-ci ne reconnaisse sa culpabilité et d'être condamné à trois années de prison. Il faut aussi compter de nombreux remboursements de billets d'avion non payés par des dizaines de personnalités - et non des moindres - que Bizlall avaient montrés du doigt...

Contraint de déclencher une enquête

En portant plainte personnellement à la police en sa qualité de citoyen contribuant aux deniers publics investis chez Air Mauritius et également comme membre de l'Anti-corruption Action Group, Jack Bizlall avait contraint les autorités à déclencher une enquête. Celle-ci avait abouti à l'inculpation de sir Harry et de MM. Yip Tong, Derek Taylor et Robert Rivalland (ce dernier un haut cadre de Rogers) pour avoir opéré un système de paiements de commissions spéciales frauduleuses à partir d'une caisse noire. Selon l'enquête de Bizlall mais aussi des conclusions de la State Law Office, ce système fonctionnait de 1981 à septembre 2000. Chaque mois Air Mauritius soumettait les statistiques de ses ventes sur les dessertes Maurice-Londres et Maurice-l'Afrique du Sud. Des commissions de 3 % et de 1% étaient perçues sur ces ventes et ensuite adressées à Robert Rivalland de Rogers Aviation. Des chèques non barrés furent chaque mois tirés par G. Tyack et H. Tirvengadum sur Rogers. Ces chèques, après avoir été endossés par des directeurs de Rogers (D. Taylor, R. Rivalland et J. Yip Tong) étaient retournés au tandem Tyack-Tirvengadum et touchés par ces derniers à la Mauritius Commercial Bank. Selon Gérard Tyack, l'argent de la caisse noire a servi à "arroser" des personnalités hauts placées, des partis politiques quand il n'allait pas grossir des comptes personnels de certains au sein la compagnie d'aviation nationale elle-même.

Après plus de deux années de procès pleines de rebondissements qui ont démontré tout le talent de Me. Yousouf Mohamed - dont l'arrivée en cour de son client Sir Harry impotant sur une civière - voilà qu'en ce qui concerne Derek Taylor, les magistrats ont conclu que la State Law Office n'a pu réunir "de preuves solides" pouvant prouver qu'il avait effectivement comploté pour détrousser Air Mauritius. Certes, en utilisant une déclaration de Sir Derek lui - même aux enquêteurs de la Police et sur le témoignage à charge de Gérard Tyack, la State Law Office avait signalé à l'attention des magistrats que l'ancien C.E.O de Rogers avaient signé au moins trois chèques compromettant en lien direct avec les commissions spéciales frauduleuses. Mais les magistrats se sont laissés convaincre par l'avocat de Derek Taylor, Me. Maxime Sauzier, que l'ancien Chief Executive de Rogers n'a jamais été partie prenante de quelque fraude, habitué qu'il était à endosser, de manière routinière, des centaines de chèques que lui présentaient chaque jour des membres de son personnel au nom d'autant de compagnies et filiales que compte le conglomérat qu'il (Derek Taylor) dirigeait. Pour sa défense, Derk Taylor avait également plaidé qu'il n'était absolument pas au courant de l'existence d'une quelconque caisse noire entre Rogers et Air Mauritius, d'autant que cette caisse aurait été mise en place avant qu'il ne soit nommé à son poste chez Rogers. Le fait que Gérard Tyack a affirmé en cour qu'il avait informé Derek Taylor de l'existence d'un fond spécial "sans toutefois lui expliquer la façon dont fonctionnait ce fonds et comment l'argent de ce fonds spécial était disposé", a également amené les magistrats à la conclusion qu'il n'y a pas eu entente délictueuse entre eux au détriment d'Air Mauritius.

"Accusation de complot trop vague"

Sir Harry Tirvengadum, Joseph Yip Tong et Derek Taylor tirés d'affaire et Gérard Tyack, ayant déjà payé son forfait avoué, il ne reste maintenant qu'à Robert Rivalland à se sortir de son embarras. Celui-ci, que Gérard Tyack a accusé d'avoir été celui qui avait donné l'idée d'instituer la caisse noire et qui l'a opéré en connivence avec Sir Harry Tirvengadum, nie toujours avoir commis quelque offense et évoque une "vengeance" entretenue par son accusateur. Selon la ligne de défense qu'a adoptée son avocat, Me. Guy Ollivry, l'accusation de complot porté contre Rivalland "est trop vague". La Cour intermédiaire a rejeté cet argument en première instance et a argué que les commissions spéciales incriminées découlaient d'un arrangement, d'une pratique tout à fait normale dégagée vers la fin des années 80 afin d'encourager les agents d'Air Mauritius à soutenir la compagnie d'aviation nationale qui avait, à cette période, à faire face à une rude concurrence de la part de la British Airways. Mais il restera encore à Robert Rivalland à justifier pourquoi les commissions qui étaient versées à la régulière à Rogers and Co. devraient alors être retournées à la caisse spéciale d'Air Mauritius ? Et, l'état de santé "précaire" de Sir Harry Tirvengadum l'homme qui selon Me. Guy Ollivry, "aurait pu tout expliquer à la cour" - ne facilitera pas la tâche à Robert Rivalland...

Le procès contre Robert Rivalland a repris jeudi dernier même et il sera fixé sur son sort le 1er février prochain. Mais, de son côté, Jack Bizlall a fait savoir qu'il n'a pas dit son dernier mot parce que, selon lui, les scandales qu'il a dénoncés chez Air Mauritius ne se limitaient pas qu'aux commissions spéciales de la caisse noire...


Météo

Fortes pluies et orages sont encore attendus aujourd'hui

La région de Domaine Les Pailles / Guibies avec 110. 0 millimètres et Grand Bassin avec 103.4 millimètres ont été les deux endroits du pays à avoir reçu les plus fortes averses tombées entre 16h vendredi et 16h hier.

La distribution de la pluie a toutefois été très inégale. Albion, dans l'ouest, n'a eu qu'à peine 0.2 millimètres tandis que la pluviométrie a indiqué néant à Agaléga et seulement de 1.7 millimètres à Rodrigues.

Selon les météorologues, dans l'ensemble, la situation au niveau climatologique est assez encourageante. Malgré leurs succession et leurs intensification très rapide, les cyclones ne s'approchent pas encore dangereusement de Maurice et de Rodrigues. Depuis le début de la saison cyclonique, en novembre dernier, des systèmes de haute pression qui évoluent dans le sud de l'océan Indien agissent comme un rempart et détournent les cyclones. Au mieux, ceux-ci vont se désintégrer dans les mers du Grand sud en passant très loin à l'est de Rodrigues, comme Hondo et Kamba, mais, malheureusement, des cyclones intenses type Ivan et Jokwe vont aussi atterrir chez nos voisins malgaches.

En ce qui concerne Maurice, après une période de sécheresse qui a suivi le passage manqué du cyclone Gula, le temps s'est effectivement brusquement gâté ces derniers jours en raison de conditions atmosphériques instables qui se sont développées sur nos régions et celles de la Réunion sans toutefois que ces conditions aient été associées aux cyclones intenses Jokwe et Kamba. Ces conditions instables dans la nuit de vendredi à samedi à l'île Maurice ont provoqué des orages, des inondations et même de la grêle tombée dans l'est du pays.

Ces conditions extrêmes n'ont pas été sans créer des inconvénients surtout à la circulation. Vendredi, après seulement deux heures de fortes précipitations entre 6h et 8h, toute la région flacquoise de Bramsthan s'est retrouvée paralysée par des débordements notés sur le pont dit de Sarcelles. Selon un correspondant de la région, M. Deeraj, la circulation a été complètement immobilisée, il y a eu des accidents et des pannes de véhicules inondés et la route menant à Centre de Flacq était impraticable jusqu'à 14h . Selon M. Deeraj, plusieurs entreprises ont dû suspendre leurs activités durant toute la journée. Il dit craindre qu'en raison de l'état du pont, d'autres inondations ne surviennent et plaide pour un entretien d'urgence du lit de la rivière Bramstan où s'entassent en ce moment une forte quantité de boue, de plantes déracinées et d'autres objets hétéroclites.

La station de météorologie nationale prévoit que les averses localisées risquent d'être encore d'intensité modérée accompagnées d'orages aujourd'hui (surtout dans la matinée). Les automobilistes sont mis en garde contre des poches de brouillards sur les terrains élevés. Il y aura également des accumulations d'eaux dans des endroits inondables. Une amélioration du temps pourrait se manifester au cours de la journée particulièrement au nord, à l'ouest et sur les régions côtières.

Le vent de l'est soufflera de 15 à 20 kilomètres/heure avec une tendance à se renforcer sous les averses. La mer sera agitée au-delà des récifs. La température restera inconfortable avec une minimale d'environ 20° Celsius et une maximale de 27° Celsius sur les hauteurs. La température minimale sur les régions côtières sera d'environ 24 ° Celsuis et la maximale oscillera 29 et 31° Celsius.

Parapluies et imperméables sont de rigueur !



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 16 mars 2008