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Incidents à Radio One
Paul Bérenger met Navin Ramgoolam au défi d'entamer
des poursuites
Le leader de l'opposition et du MMM a mis le Premier ministre
au défi d'entamer des poursuites contre Radio One suite
à l'interpellation, vendredi, de sa rédactrice en
chef, Karishma Beeharry et de la journaliste Humaira Ali. C'est
ce qu'il a déclaré à une conférence
de presse hier, au cours de laquelle il a soutenu que, d'après
des renseignements, "le premier responsable si la rumeur
d'une indisposition du PM s'est propagée est Rashid Beebeejaun
lui-même". Il a aussi tenu à dire que Navin
Ramgoolam a démontré ces temps derniers, notamment,
lors de la lecture de son message du 12 mars que "si pa
so lasanté ki pas bon, c'est so moral ki pa bon !"
?
Il a dénoncé "la tentative d'intimidation"
contre cette radio en affirmant que "li clair ki c'est
Navin Ramgoolam ki derrière ça !" Paul
Bérenger a estimé que ce n'est pas un "cas
isolé et qu'il y a eu ces derniers temps des tentatives
du Premier ministre d'intimider la pressé" non
sans avoir dénoncé les incidents de vendredi dernier
à Radio One.
Autre dénonciation du leader de l'opposition, hier, le
boycott par Navin Ramgoolam du rassemblement officiel des femmes
le 8 mars dernier à l'Auditorium Octave Wiehe. C'est la
première fois qu'un Premier ministre agisse de cette manière
vis-à-vis des femmes et des jeunes filles de Maurice, de
Rodrigues et d'Agaléga, a-t-il déclaré. Quant
au 12 mars, Paul Bérenger a observé que certains
des décorés de la liste recommandée par le
Premier ministre "ne font pas honneur au pays".
Le leader du MMM a aussi déploré que Navin Ramgoolam
ait avancé que son parti était contre l 'éducation
gratuite. "C'est totalement faux et mo mette li au défi,
là aussi, d'apporter la moindre preuve à cet effet".
Également qualifié de faux ce que dit le chef
du gouvernement sur la destruction des archives de la MBC par
le MMM en 82.
Relevé, par contre, dans le message du Premier ministre,
les propos selon lesquels il souhaite une réforme électorale
cette année. Paul Bérenger n'a toutefois pas manqué
de rappeler que le 15 novembre 2005, quelques mois après
les élections générales, il avait, en sa
qualité de leader de l'opposition, demandé au Premier
ministre au Parlement s'il allait remettre sur pied un Select
Committee pour terminer le travail commencé entre 2000
et 2005 et qu'il avait répondu que cela prendrait trop
de temps, qu'il voulait aller vite et qu'il présiderait
lui-même un High Powered Committee à cette
fin.
BLS : le situer dans son contexte
"Nous sommes en mars 2008 et il n'y a jamais eu de comité,
c'est dire le sérieux avec lequel Navin Ramgoolam doit
être pris", a déclaré Paul Bérenger
réaffirmant entretenir de forts doutes quant à l'intention
du Premier ministre de venir de l'avant avec cette réforme
électorale. Il a estimé que, pour commencer, le
Premier ministre devrait dès à présent communiquer
copie du document à cet effet que Rama Sithanen lui a remis
depuis des mois, ce qui serait un signe solennel et important
de sa volonté de procéder à cette réforme,
a dit le leader de l'opposition qui dit, par ailleurs, s'attendre
à ce que Navin Ramgoolam fasse une déclaration sur
la réforme électorale dès la rentrée
parlementaire du 25 mars prochain.
A des questions de la presse, Paul Bérenger a dit que le
MMM est prêt, si la volonté politique est là,
à participer à "toutes les tables, rondes,
carrées, ovales" qui seraient éventuellement
mises sur pied pour arriver à une bonne réforme
électorale, que son parti, comme d'autres à travers
le monde, comme au Senegal, aux Seychelles et en Allemagne, est
en faveur du système, de plus en plus adopté de
par le monde des deux tiers à majorité par circonscription
et un tiers à la proportionnelle sur la base d'une liste
de partis et qu'il souhaite que le seuil des suffrages obtenus
pour être éligible à la représentation
soit de 10% s'il n'est pas bloqué sur ce chiffre.
Il a aussi évoque le système de la proportionnelle
pure en vigueur à Rodrigues dans le cadre d'une démocratie
régionale et a dit qu'il n'a jamais été question
que le même soit appliqué au pays tout entier et
que l'on peut arriver à une bonne réforme qui consolide
la démocratie, qui assure la stabilité gouvernementale
et qui rassure toutes les composantes de la nation mauricienne.
Sur le Best Loser System, le leader de l'opposition et du MMM
a rappelé le contexte dans lequel il a été
adopté, celui des frictions communales de 65 et de 68 et
de ce qui s'était passé aux élections de
48 lorsque deux communautés avaient été totalement
exclues, que tous les partis, indistinctement, étaient
pour au moment des pourparlers constitutionnels menant à
l'indépendance, le PTr, le CAM, l'IFB et le Parti Mauricien,
qu'il a aidé en son temps, qu'il est maintenant dépassé
et qu'il s'agit de l'appréhender dans le cadre d'une réforme
qui satisfait tout le monde.
Précisant sa pensée sur les dénominations
communales, il a rappelé avoir dit n'avoir aucune objection
à la demande de la Fédération des Créoles
Mauriciens pour que l'appellation créole soit incluse dans
la constitution en attendant que le système de BLS soit
aboli. Le leader de l'opposition a aussi ajouté que le
terme utilisé pourrait être "fine tuned"
et être connu comme "créoles et population générale"
afin de ne pas exclure les athées, les bouddhistes et autres
bahai's.
MT : mise en garde à la direction
Évoquant le tamtam autour de l'appréciation de la
roupie, Paul Bérenger a dit que cela n'empêche pas
les prix de prendre l'ascenseur comme cela est la ces jours-ci
pour les barres de fer, l'huile comestible et les fertilisants.
Il a aussi rappelé que, dans l'opposition, l'Alliance sociale
avait encouragé la population à ne pas payer les
tarifs des eaux usées et elle avait même pris l'engagement
de les abolir. Or, non seulement ils n'ont pas été
abolis mais il y a eu depuis le début du moins une augmentation
de ces tarifs.
Il en a été de même, a-t-il rappelé,
pour la campagne de l'alliance sociale qui a consisté à
encourager les habitants de la NHDC à ne payer les mensualités.
Aujourd'hui, ces habitants sont traduits devant les tribunaux
et sont le coup d'une expulsion de leurs demeures, comme à
Camp Levieux, où Rama Valayden avait, au nom de l'Alliance
sociale, été de ceux qui avaient poussé les
gens à ne pas payer. Il a, une fois de plus, dénoncé
"l'hypocrisie et l'irresponsabilité de ceux concernés".
Autre dossier évoqué, Manupan, pour critiquer l'attitude
révoltante du gouvernement qui, après un appel d'offres
en janvier pour un repreneur assortie d'une garantie que les emplois
seront maintenus, a bien reçu une offre dans ce sens. La
transaction n'a pas abouti parce que le gouvernement a refusé
les exemptions de Land Transfer Tax et de Registration Duties.
Il y a ensuite eu l'idée d'une participation de l'Employment
Welfare Fund qui n'a pas eu de suite parce que le Parquet
a statué que tel n'était pas la vocation de ce fonds.
Et cette fois, le gouvernement est venu de l'avant pour dire qu'il
est d'accord pour les exemptions, saut, a dénoncé
Paul Bérenger, qu'il y a eu beaucoup de temps perdu et
300 travailleurs dans l'angoisse.
Le MMM est totalement solidaire des enseignants et employés
des trois collèges privés sous le coup d'une fermeture,
a déclaré le leader du MMM qui a profité
pour dénoncer la volte-face subite du ministre par rapport
aux engagements qui existent depuis 1983, qui ont été
confirmés en 2003, appliqués l'année dernière
dans le cadre de la fermeture de la Pamplemousses High School
sur le redéploiement. Il a aussi relevé le fait
que le ministre a, à plusieurs reprises, menacé
les syndicats.
Il a, par ailleurs, adressé une mise en garde au Premier
ministre, au président du conseil d'administration et au
directeur de Mauritius Telecom pour que rien ne soit signé,
sans aucune transparence avec Orange, le MT faisant partie de
notre patrimoine national. C'est ce qu'il a dit après avoir
exprimé ses inquiétudes sur les tractations en cours
entre MT et Orange et sur lesquelles il compte revenir à
l'occasion d'une prochaine rencontre avec la presse.
Un Select Committee sur la Banque de Maurice
Rappelant que la banque centrale d'un pays est une de ses plus
importantes institutions du pays et qu'elle doit inspirer le respect,
le leader de l'opposition et du MMM a évoqué les
récentes allégations de passe droits et d'irrégularités
formulées contre cette organisation, auxquelles est venue
s'ajouter, cette fois, une lettre de quatre des six membres indépendants
du conseil d'administration au Premier ministre pour se plaindre
du "comportement arrogant et le manque de respect du gouverneur
Manou Bheenick". Pour Paul Bérenger, toute cette situation
fait du tort à l'image de Maurice à l'étranger.
Le leader du MMM a aussi estimé que Manour Bheenick "patauge
dans le ridicule" lorsqu'il vient dire qu'il ne perçoit
pas ses salaires alors que les gouverneurs du monde entier ont
les yeux sur nous. "Mo demande moi si li pa pé puise
de ce fameux trou du passé", a ironisé le leader
de l'opposition qui a réclamé les détails
des dépenses encourues pour ses voyages, les frais des
billets d'avion et le montant des allocations quotidiennes. "C'est
dégoûtant qu'un Premier ministre ait nommé
un tel gouverneur à la Banque de Maurice et qu'il se comporte
ainsi", a-t-il déploré avant de demander un
Select Committee de l'Assemblée nationale pour se pencher
sur les allégations d'irrégularités contre
le gouverneur et son comportement vis-à-vis des membres
indépendants du conseil d'administration de la Banque de
Maurice.
Reza Issack, Madan Dulloo et les autres
Paul Bérenger a confirmé avoir rencontré
Reza Issack à deux reprises ces dernières semaines
et a dit vouloir savoir s'il compte prendre ses distances de l'Alliance
sociale et a dit souhaité qu'il donne un coup de main pour
aider son pays. Il a tenu à préciser qu'il n'a jamais
suggéré qu'il quitte l'AS et qu'il adhère
tout de suite au MMM. "Ce n'est pas mon style, ce n'est pas
ma façon de faire. C'est à lui de prendre ses responsabilités
et sa décision", a-t-il dit.
A une question de la presse, il dit que "mo koné ki
Reza Issack pas tout seul" et qu'il y a un bon nombre au
sein de l'Alliance sociale qui en amarre pour deux raisons, la
performance du gouvernement et la "façon de faire
de Navin ramgoolam". "Li pa ine changé, li parey
couma entre 95 et 2000 et mi, nisters bizin attande des mois avant
gagne rendez-vous".
Quant aux affirmations selon lesquelles il aurait été
vu en train de bavarder avec Madan Dulloo, Paul Bérenger
a expliqué cela est dû au fait que "protocole
ine mette nou kosté et dans enn cas, Xavier Duval ti entre
nous", et, poursuivant sur le ton de la plaisanterie, il
a dit que ce dernier "ti pé demande moi rendez-vous".
C'est aussi le protocole, explique-t-il qui l'a placé,
au déjeuner de la State House, "à la même
table que Madan Dulloo, Mme Indira Seebun, le Chef ministre de
l'Haryana, le président du comité des Affaires Étrangères
du Parlement français, Axel Poniatovsky et la très
belle Baronesse Valérie Amos". Sarcastique toujours,
il en rajoute une couche et dit que "nou pa ti ena toujours
la bouche pleine pendant sa déjeuner là et nou fine
koze banne kozé bien intéressant sur les Comores
et le Zimbabwe".
Sur le volet international, Paul Bérenger a parlé
de ses entretiens avec Thabo M'Beki sur les Colores où
une intervention militaire se prépare et a salué
la position courageuse du président sud-africain qui prône
le dialogue en vue d'un règlement de la crise.
S'agissant de la déclaration de Olivier Bancoult devant
un comité de la Chambre des Communes, le leader de l'opposition
dit avoir évoqué la question et les propos de l'avocat
des Chagossiens en particulier avec le Premier ministre.
Souveraineté territoriale
Diego : Port-Louis exigera des excuses et des garanties
Le dossier des Chagos monopolise actuellement l'attention au Attorney
General's Office en attendant que le ministre des Affaires
étrangères, Madan Dulloo, soit appelé au
cours des prochains jours à engager des initiatives diplomatiques
pour réitérer la souveraineté de Maurice
sur cet archipel. Ce développement fait suite à
une conjugaison d'événements projetant Diego Garcia
au premier plan, dont la confirmation en date du 21 février
dernier du Foreign Secretary britannique, David Miliband,
de l'utilisation de la base militaire de Diego Garcia dans le
programme de torture de détenus par la Central Intelligence
Agency (CIA). Mais l'arraisonnement le week-end dernier
du yacht Musichana et l'arrestation de deux activistes
de Peoplesnavy et d'anciens membres du mouvement Greenpeace,
Peter Bouquet et Jon Castle, sont venus se greffer à
une situation déjà compromettante entre Port-Louis
et Londres.
Selon les recoupements d'informations effectués par Week-End
de sources concordantes, le gouvernement exigera de Londres
et de Washington des excuses et des " firm commitments
" que l'archipel des Chagos et plus particulièrement
Diego Garcia ne vont pas être utilisés dans des "
rendition programmes " (torture de terroristes allégués)
des Américains. Cette démarche ferait suite à
la convocation initiale des représentants diplomatiques
de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis au ministère des
Affaires étrangères à la fin de février
dernier.
Le State Law Office sollicité
Le State Law Office a été sollicité
en fin de semaine en vue d'examiner de près la teneur
des Notes Verbales qui devraient être adressées à
Londres et à Washington dans les jours à venir par
le ministère des Affaires étrangères. Le
gouvernement, en réclamant des excuses et des garanties
fermes de ces deux capitales, veut réitérer sa revendication
de souveraineté sur les Chagos de manière formelle.
Mais l'arrestation de deux activistes pacifiques alors qu'ils
se trouvaient dans les eaux territoriales des Chagos le week-end
dernier et la condamnation de l'un d'eux à une peine de
six mois de prison avec sursis et une amende de £ 3 000 et
des frais de £ 200 sont contestées par le gouvernement.
C'est du moins que l'a laissé entendre l'Attorney General,
Rama Valayden, en l'absence de tout commentaire officiel émanant
du ministère des Affaires étrangères au lendemain
du jugement prononcé sur la base militaire de Diego Garcia.
" Nous suivons de près les événements
autour de l'arraisonnement du yacht Musichana et l'arrestation
des deux membres d'équipage par des autorités britanniques
à Diego Garcia. Cette affaire constitue un aspect très
fondamental qui va au cur de la souveraineté de Maurice
sur l'archipel des Chagos. Est-ce qu'une tierce partie, en l'occurrence
Londres, peut condamner des personnes pour avoir infringed
un territoire qui ne lui appartient pas ? Nous étudions
les différentes options pour faire valoir notre position
sur la question ", a déclaré l'Attorney
General.
" Comme l'a déclaré le Premier ministre,
Navin Ramgoolam, à la tribune des Nations unies, la souveraineté
est an issue que nous ne pouvons pas concéder.
Il y va de notre honneur national. Nous allons procéder
avec tact et discrétion à cet effet ",
a-t-il ajouté en confirmant que des consultations sont
en cours au sein du gouvernement, notamment entre le ministère
des Affaires étrangères et le State Law Office.
Dilemme du GM
D'autre part, le gouvernement se retrouve en face d'un nouveau
dilemme par rapport aux prises de positions adoptées par
les Chagossiens lors de leurs revendications. Ce problème
a été confirmé avec la déclaration
d'Olivier Bancoult le 23 janvier dernier devant la Commission
parlementire du Foreign and Commonwealth Office sur les
territoires d'ourte-mer à l'effet que les Chagossiens préfèrent
demeurer des ressortissants britanniques s'ils avaient le choix.
" Le gouvernement se sent plus à l'aise avec les
prises de positions sur les Chagos adoptées par Me Hervé
Lassémillante ou encore Fernand Mandarin que celles épousées
par Olivier Bancoult du Groupement Réfugiés Chagos
", a fait comprendre à Week-End une
source haut placée à l'hôtel du gouvernement
voulant garder l'anonymat.
Par ailleurs, depuis le week-end dernier, Londres s'est retrouvé
avec un problème délicat à gérer au
niveau de Diego Garcia. Les autorités britanniques affectées
à la base militaire ont procédé à
l'arraisonnement d'un yacht, qui ne voulait pas quitter le lagon
de Diego Gracia malgré les sommations. Le yacht avait obtenu
au préalable l'autorisation officielle d'accoster les îles
Peros Banhos et Salomon. Les deux membres d'équipage du
yacht, d'anciens skippers du Rainbow Warrior de Greenpeace,
ont été placés en détention sur la
base militaire en l'attendant le déroulement d'un procès
devant ce qui est considérée comme une " Kangaroo
Court. "
Des deux, seul Jon Castle, le skipper désigné du
bateau, a été condamné lors d'un procès
instruit à la hâte en fin de semaine. Jon Castle
a été condamné à six mois de prison
avec sursis et une amende de £ 3000 et des frais de £
200. Les activistes pacifiques, qui ont jusqu'à cette semaine
pour payer l'amende, ont signifié leur intention de ne
pas se plier aux directives de ce tribunal. Jon Castle a contesté
les accusations de " Violation of Immigration Laws "
retenues contre lui.
Entre-temps, Jon Castle et Peter Bouquet sont maintenus en détention.
Au cas où ils refusent de payer l'amende, ils courent le
risque d'être déportés et de voir leur yacht
saisi.
Une façon de sensibliser
Ils sont encouragés dans cette voie par leurs partisans
à travers le monde, qui voient dans cette démarche
une façon de sensibiliser l'opinion internationale sur
ce qui se passe à Diego Garcia et sur le sort des Chagossiens.
Faisant état du procès sur Diego Garcia, le site
internet dédicacé à ce voyage du Musichana
note : " In true style Jon gave them a lecture on the
plight of the Chagossians, the rendition flights and the offensive
nature of the base. He finished his speech with " You
better examine your conscience. " The Chagossian have
to return to their rightful homelands and have to have a sustainable
economy to base their lives on. They are the rightful inhabitants
of the islands. "
Plus loin, Jon Castle devait dénoncer la démarche
de Londres et de Washington en transformant Diego Garcia en "
an island of lies, deception and aggressive violent behaviour.
" " The time for secret activities on Diego Garcia is
gone, we all have to have the duty to expose the hypocracy of
Diego Garcia ", a-t-il ajouté.
Le but initial de la mission pacifique du Musichana était
d'établir un constat de la situation dans l'archipel des
Chagos et de remettre un message aux autorités à
l'effet que : " We have sailed our boat Musichana
over 2000 miles to demonstrate to you the serious nature of our
concerns about the plight of the Chagossians and about your military
activities on Diego Garcia. It is our duty as British citizens
to challenge and expose these activities in a peaceful and responsible
manner. We represent a growing proportion of the world's population
who disagree with the treatment of the Chagossians and demand
their right to return. "
Après l'escale de Diego Gracia, le Musichana devait
mettre le cap sur Maurice en vue de soumettre un rapport aux représentants
des Chagossiens. " We would also like the opportunities
to talk to the Mauritian gouvernement and present our report to
them ", soulignent les organisateurs. Cette étape
devait être franchie à la fin de ce mois. Mais le
plan risque d'être modifié avec une éventuelle
déportation vers Singapour.
Bancoult : " La justice doit triompher ! "
Olivier Bancoult, le leader du Groupement Réfugiés
Chagos, soutient que la démonstration pacifique des deux
membres d'équipage du Musichana au large de Diego
Garcia est une preuve que le monde a soif de justice dans cette
affaire. Il prévoit d'animer un point de presse en début
de semaine pour commenter différents aspects du dossier
Chagos.
" L'affaire Musichana est la preuve que dans le
monde on veut que la justice triomphe dans le drame des Chagossiens.
À trois reprises les plus hautes instances de la justice
britannique ont décidé que les Chagossiens ont le
droit de retourner dans leur archipel natal. À trois reprises
ce droit leur a été refusé par des gymnastiques
politiques ", a déclaré Olivier
Bancoult en se félicitant de l'initiative de des militants
des Droits de l'Homme, même si le Groupement Réfugiés
Chagos ne partage pas toutes leurs prises de position sur les
Chagos et Diego Garcia.
Olivier Bancoult compte également faire le point sur ce
qu'il considère " les agissements d'Allen Vinkatassin
" qui avait réclamé des excuses du gouvernement
au nom des Chagossiens à l'occasion du 40e anniversaire
de l'indépendance.
Affaire Air Mauritius
Derek Taylor s'en sort aussi
Après Sir Harry Tirvengadum (ancien P. d. g de la compagnie
d'aviation nationale) et M. Joseph Yip Tong, tous deux déclarés
"inaptes" à faire face à la justice en
raison de leurs états de santé "précaires"
(selon leurs médecins traitants), M. Derek Taylor est le
troisième accusé qui s'en sort dans ce procès
intenté dans le cadre de l'affaire Air Mauritius, aux multiples
facettes et délits d'ententes délictueuses graves,
qu'avait éclaté le syndicaliste Jack Bizlall en
l'an 2000.
Jack Bizlall, rappelons-le, avait mené une enquête
de fourmi à partir d'aveux de malversations obtenus de
Gérard Tyack, l'ancien administrateur - financier d'Air
Mauritius et que l'ancien Directeur général de la
compagnie d'aviation nationale, M. Vijay Poonoosamy, enregistrés
sur une cassette. Ce dernier avait été par la suite
dégradé de son poste avant d'être poussé
vers la sortie. Mais sa démarche, soutenue par l'engagement
de Jack Bizlall, avait permis à la compagnie d'aviation
nationale de récupérer plus de Rs 27 millions de
roupies volontairement restituées par Gérard Tyack
avant que celui-ci ne reconnaisse sa culpabilité et d'être
condamné à trois années de prison. Il faut
aussi compter de nombreux remboursements de billets d'avion non
payés par des dizaines de personnalités - et non
des moindres - que Bizlall avaient montrés du doigt...
Contraint de déclencher une enquête
En portant plainte personnellement à la police en sa qualité
de citoyen contribuant aux deniers publics investis chez Air Mauritius
et également comme membre de l'Anti-corruption Action Group,
Jack Bizlall avait contraint les autorités à déclencher
une enquête. Celle-ci avait abouti à l'inculpation
de sir Harry et de MM. Yip Tong, Derek Taylor et Robert Rivalland
(ce dernier un haut cadre de Rogers) pour avoir opéré
un système de paiements de commissions spéciales
frauduleuses à partir d'une caisse noire. Selon l'enquête
de Bizlall mais aussi des conclusions de la State Law Office,
ce système fonctionnait de 1981 à septembre 2000.
Chaque mois Air Mauritius soumettait les statistiques de ses ventes
sur les dessertes Maurice-Londres et Maurice-l'Afrique du Sud.
Des commissions de 3 % et de 1% étaient perçues
sur ces ventes et ensuite adressées à Robert Rivalland
de Rogers Aviation. Des chèques non barrés furent
chaque mois tirés par G. Tyack et H. Tirvengadum sur Rogers.
Ces chèques, après avoir été endossés
par des directeurs de Rogers (D. Taylor, R. Rivalland et J. Yip
Tong) étaient retournés au tandem Tyack-Tirvengadum
et touchés par ces derniers à la Mauritius Commercial
Bank. Selon Gérard Tyack, l'argent de la caisse noire a
servi à "arroser" des personnalités hauts
placées, des partis politiques quand il n'allait pas grossir
des comptes personnels de certains au sein la compagnie d'aviation
nationale elle-même.
Après plus de deux années de procès pleines
de rebondissements qui ont démontré tout le talent
de Me. Yousouf Mohamed - dont l'arrivée en cour de son
client Sir Harry impotant sur une civière - voilà
qu'en ce qui concerne Derek Taylor, les magistrats ont conclu
que la State Law Office n'a pu réunir "de preuves
solides" pouvant prouver qu'il avait effectivement comploté
pour détrousser Air Mauritius. Certes, en utilisant une
déclaration de Sir Derek lui - même aux enquêteurs
de la Police et sur le témoignage à charge de Gérard
Tyack, la State Law Office avait signalé à l'attention
des magistrats que l'ancien C.E.O de Rogers avaient signé
au moins trois chèques compromettant en lien direct avec
les commissions spéciales frauduleuses. Mais les magistrats
se sont laissés convaincre par l'avocat de Derek Taylor,
Me. Maxime Sauzier, que l'ancien Chief Executive de Rogers n'a
jamais été partie prenante de quelque fraude, habitué
qu'il était à endosser, de manière routinière,
des centaines de chèques que lui présentaient chaque
jour des membres de son personnel au nom d'autant de compagnies
et filiales que compte le conglomérat qu'il (Derek Taylor)
dirigeait. Pour sa défense, Derk Taylor avait également
plaidé qu'il n'était absolument pas au courant de
l'existence d'une quelconque caisse noire entre Rogers et Air
Mauritius, d'autant que cette caisse aurait été
mise en place avant qu'il ne soit nommé à son poste
chez Rogers. Le fait que Gérard Tyack a affirmé
en cour qu'il avait informé Derek Taylor de l'existence
d'un fond spécial "sans toutefois lui expliquer
la façon dont fonctionnait ce fonds et comment l'argent
de ce fonds spécial était disposé",
a également amené les magistrats à la conclusion
qu'il n'y a pas eu entente délictueuse entre eux au détriment
d'Air Mauritius.
"Accusation de complot trop vague"
Sir Harry Tirvengadum, Joseph Yip Tong et Derek Taylor tirés
d'affaire et Gérard Tyack, ayant déjà payé
son forfait avoué, il ne reste maintenant qu'à Robert
Rivalland à se sortir de son embarras. Celui-ci, que Gérard
Tyack a accusé d'avoir été celui qui avait
donné l'idée d'instituer la caisse noire et qui
l'a opéré en connivence avec Sir Harry Tirvengadum,
nie toujours avoir commis quelque offense et évoque une
"vengeance" entretenue par son accusateur. Selon la
ligne de défense qu'a adoptée son avocat, Me. Guy
Ollivry, l'accusation de complot porté contre Rivalland
"est trop vague". La Cour intermédiaire a rejeté
cet argument en première instance et a argué que
les commissions spéciales incriminées découlaient
d'un arrangement, d'une pratique tout à fait normale dégagée
vers la fin des années 80 afin d'encourager les agents
d'Air Mauritius à soutenir la compagnie d'aviation nationale
qui avait, à cette période, à faire face
à une rude concurrence de la part de la British Airways.
Mais il restera encore à Robert Rivalland à justifier
pourquoi les commissions qui étaient versées à
la régulière à Rogers and Co. devraient alors
être retournées à la caisse spéciale
d'Air Mauritius ? Et, l'état de santé "précaire"
de Sir Harry Tirvengadum l'homme qui selon Me. Guy Ollivry, "aurait
pu tout expliquer à la cour" - ne facilitera pas la
tâche à Robert Rivalland...
Le procès contre Robert Rivalland a repris jeudi dernier
même et il sera fixé sur son sort le 1er février
prochain. Mais, de son côté, Jack Bizlall a fait
savoir qu'il n'a pas dit son dernier mot parce que, selon lui,
les scandales qu'il a dénoncés chez Air Mauritius
ne se limitaient pas qu'aux commissions spéciales de la
caisse noire...
Météo
Fortes pluies et orages sont encore attendus aujourd'hui
La région de Domaine Les Pailles / Guibies avec 110. 0
millimètres et Grand Bassin avec 103.4 millimètres
ont été les deux endroits du pays à avoir
reçu les plus fortes averses tombées entre 16h vendredi
et 16h hier.
La distribution de la pluie a toutefois été très
inégale. Albion, dans l'ouest, n'a eu qu'à peine
0.2 millimètres tandis que la pluviométrie a indiqué
néant à Agaléga et seulement de 1.7 millimètres
à Rodrigues.
Selon les météorologues, dans l'ensemble, la situation
au niveau climatologique est assez encourageante. Malgré
leurs succession et leurs intensification très rapide,
les cyclones ne s'approchent pas encore dangereusement de Maurice
et de Rodrigues. Depuis le début de la saison cyclonique,
en novembre dernier, des systèmes de haute pression qui
évoluent dans le sud de l'océan Indien agissent
comme un rempart et détournent les cyclones. Au mieux,
ceux-ci vont se désintégrer dans les mers du Grand
sud en passant très loin à l'est de Rodrigues, comme
Hondo et Kamba, mais, malheureusement, des cyclones intenses type
Ivan et Jokwe vont aussi atterrir chez nos voisins malgaches.
En ce qui concerne Maurice, après une période de
sécheresse qui a suivi le passage manqué du cyclone
Gula, le temps s'est effectivement brusquement gâté
ces derniers jours en raison de conditions atmosphériques
instables qui se sont développées sur nos régions
et celles de la Réunion sans toutefois que ces conditions
aient été associées aux cyclones intenses
Jokwe et Kamba. Ces conditions instables dans la nuit de vendredi
à samedi à l'île Maurice ont provoqué
des orages, des inondations et même de la grêle tombée
dans l'est du pays.
Ces conditions extrêmes n'ont pas été sans
créer des inconvénients surtout à la circulation.
Vendredi, après seulement deux heures de fortes précipitations
entre 6h et 8h, toute la région flacquoise de Bramsthan
s'est retrouvée paralysée par des débordements
notés sur le pont dit de Sarcelles. Selon un correspondant
de la région, M. Deeraj, la circulation a été
complètement immobilisée, il y a eu des accidents
et des pannes de véhicules inondés et la route menant
à Centre de Flacq était impraticable jusqu'à
14h . Selon M. Deeraj, plusieurs entreprises ont dû suspendre
leurs activités durant toute la journée. Il dit
craindre qu'en raison de l'état du pont, d'autres inondations
ne surviennent et plaide pour un entretien d'urgence du lit de
la rivière Bramstan où s'entassent en ce moment
une forte quantité de boue, de plantes déracinées
et d'autres objets hétéroclites.
La station de météorologie nationale prévoit
que les averses localisées risquent d'être encore
d'intensité modérée accompagnées d'orages
aujourd'hui (surtout dans la matinée). Les automobilistes
sont mis en garde contre des poches de brouillards sur les terrains
élevés. Il y aura également des accumulations
d'eaux dans des endroits inondables. Une amélioration du
temps pourrait se manifester au cours de la journée particulièrement
au nord, à l'ouest et sur les régions côtières.
Le vent de l'est soufflera de 15 à 20 kilomètres/heure
avec une tendance à se renforcer sous les averses. La mer
sera agitée au-delà des récifs. La température
restera inconfortable avec une minimale d'environ 20° Celsius
et une maximale de 27° Celsius sur les hauteurs. La température
minimale sur les régions côtières sera d'environ
24 ° Celsuis et la maximale oscillera 29 et 31° Celsius.
Parapluies et imperméables sont de rigueur !
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