Faits et effets
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La preuve est faite…
Humeur
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Réactions et rêves d'étudiants
Interrogations
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Cette pauvreté-là
Faits et effets...
La preuve est faite
Nous sommes vraiment un pays de paradoxes et nous ne savons pas
toujours de quoi nous parlons. Les 300 travailleurs de Manupan
voient leur gagne-pain menacé par une décision administrative,
le refus d'une exemption de Rs 4 millions qui aurait facilité
la reprise de l'usine par un promoteur français. Une somme
de Rs 4 millions, c'est quoi, c'est une soirée à
Davos en 98 ou le montant d'une exemption sur une grosse cylindrée.
Refus de Rs 4 millions ici, participation étatique là
dans des projets dont on ne voit pas l'utilité comme la
création d'une sur jumelle, un clone pour la STC.
On pourrait citer des tonnes d'exemples, comme celles-là,
de nos contradictions et de nos paradoxes
Jean-Claude de l'Estrac en a relevé un autre mirage. S'exprimant
d'une position privilégiée, lui qui côtoie
l'administration publique à la tête de l'Empowerment
Programme, il est, sans aucun doute, bien placé pour
décréter, comme il l'a fait, que deux millions de
touristes en 2015, c'est une "fiction". Nous ajoutons
que c'est devenu un slogan visant à projeter les Mauriciens
dans le futur, dans une perspective plus reluisante que son vécu
du jour, fait d'acrobaties pour survivre.
Et les arguments auxquels il a recouru pour étayer sa thèse
sont tout à fait valables. Si nous prenons aujourd'hui
deux ans pour approuver un projet d'hôtel, si le pays continue
à s'enlaidir au rythme auquel nous nous habituons depuis
peu, si nous maintenons notre destination comme unique par sa
qualité, nous ne pouvons, dans sept ans, voir se déferler
sur notre sol un nombre annuel de touristes presque à égalité
avec celui de la population autochtone.
On a bien progressé ces dernières années,
c'est vrai, c'est l'industrie touristique qui a tiré la
croissance, c'est encore vrai, mais c'est au prix d'une ouverture
du ciel à un certain tourisme moyen de gamme dont le pouvoir
d'achat a permis qu'il se déplace facilement. Un rmiste
du pays voisin pouvait jusqu'ici, avec ses 900 euros (près
de Rs 40 000 à l'époque de la dégringolade
de la roupie) venir en touriste ici. Le pouvoir d'achat de nos
principaux fournisseurs de touristes se rétrécit
alors qu'on laisse, dans le même temps, s'apprécier
la roupie pour juguler une inflation qui n'arrête pas de
galoper. Ce qui n'aide pas lorsqu'on sait que la destination n'est
pas forcément bon marché
Même le ministre du Tourisme, qui a été jusqu'ici
d'une euphorie à tout crin, laisse entendre que 2008 pourrait
ne pas être aussi brillant que 2007. Ce qu'il ne dit pas,
c'est que la progression de 2007 est plus conséquente parce
que les chiffres de 2006 avaient été littéralement
plombés par le Chikungunya. Il y a aussi l'infrastructure
qui ne suit pas, un aéroport dont les prestations n'ont
pas suivi l'augmentation des arrivées, aucun nouvel hôtel,
pas de projet qui puisse répondre aux pressions constantes
de la demande sur l'eau et l'électricité au point
où certains font, curieusement, du "unsolicited bid"
de CT Power, une affaire de vie et de mort. En tout cas, il n'y
a rien qui laisse voir ces 2 millions de touristes de 2015.
On a beaucoup reproché au précédent gouvernement
son agitation. Il y a même un syndicaliste qui a ironisé
en disant que certains se voyaient comme des "nouveaux
Labourdonnais". Peut être, mais c'était,
en tout cas, un activisme fécond. Aux résultats
très visibles. C'est l'équipe qui a facilité
l'achèvement et la construction de nouveaux hôtels,
le Taj Exotica, l'ex-Voile d'Or devenu depuis Movenpick, Heritage,
Telfair, le Shanti Ananda, Tamassa, le Club Med sans compter la
réfection du Legends et les projets IRS de Tamarina et
de Anahita dont la réalisation a pris un peu plus de temps
que prévu en raison de la complexité de leur montage
financier. Et pendant ce temps, il y avait une opposition qui
mettait des bâtons dans les roues avec des manifestations
faussement motivées par des préoccupations environnementales
et pas moins de 22 contestations logées devant le Environment
Appeal Tribunal dans le seul dessein de saboter tout nouveau projet
de développement.
A l'item infrastructure économique, il y a aussi eu la
cybercité et le centre de conférence international
Swami Vivekananda, deux bijoux sortis de terres en quelques mois
seulement. Mais il n'y a pas eu que l'économique, il y
a aussi eu le social. Plus de trente écoles de qualité
en trois ans, la rénovation de cet édifice historique
qu'est le collège Royal de Curepipe, deux hôpitaux
neufs à Brown Sequard et à Souillac, 3 000 logements
sociaux, la concrétisation du projet tant attendu du Dockers
Village, le parcours de Kewal Nagar et la nouvelle génération
de centres communautaires polyvalents sans compter les travaux
d'aménagement et d'embellissement entrepris par le ministère
de Rajesh Bhagwan. Jean-Claude de l'Estrac déplorait que
l'on prenne deux ans pour approuver un projet d'hôtel. On
conseille à cet ancien maire de Beau-Bassin/ Rose-Hill
d'aller faire un tour à Plaisance, Rose-Hill. Il y a un
joli marché réalisé à 90% en juin
2005 et qui, trois ans après presque, est toujours dans
le même état.
A Port Louis, il y avait un réel désir, avec la
construction du Hawkers Palace, de mettre fin à l'anarchie
des marchands ambulants qui défigurent Port-Louis et qui
fait de notre capitale l'une des plus ignorées du monde
par les touristes qui, on peut le comprendre, préfèrent
le confort du Caudan. Le projet a été tronqué
et il est devenu un banal édifice commercial connu comme
le Garden Tower dont les travaux évoluent au pas de tortue
comme tout ce qui se fait depuis juillet 2005. Rien en trois ans,
un pays qui s'enlaidit grave, pas une seule nouvelle route, même
pas - si on n'excepte les rues Monseigneurs Leen et Labourdonnais,
pour lesquels Reza Issack s'est beaucoup battu pendant son mandat
de Lord-Maire - un réasphaltage adéquat de nos artères
les plus utilisées comme le rond-point du Caudan et les
rues d'Entrecasteaux et Deschartes pour ne citer que celles-là,
pas un seul nouvel hôpital alors qu'on croyait que Jeetoo
démarrait au lendemain des élections générales,
pas un seul logement social. Rien, rien, rien!
C'est bien à la comparaison qu'on peut établir la
différence! Ni capacité, ni compétences gestionnaires,
a dit Jean-Claude de l'Estrac. La preuve est faite
Humeur
Réactions et rêves d'étudiants
L'internet est sans conteste une des plus belles inventions de
l'homme. Même quand, comme c'est le cas à Maurice,
il coûte trop cher et est d'une lenteur désespérante.
En Grande-Bretagne, par exemple, un abonnement mensuel pour un
package télévision, téléphone et internet
à haut débit, ne coûte que £18 (environ
Rs 990). Là-bas, les chaînes de télévision
se comptent par dizaine, les appels téléphoniques
sont illimités et le haut débit n'est pas qu'un
argument de vente. A Londres, il suffit d'un clic et de quelques
secondes pour télécharger un clip sur Youtube.
A Maurice, le même exercice peut prendre plusieurs dizaines
de minutes, voire plusieurs quarts d'heure, sans compter, les
interruptions même si on est abonné à un package
ADSL, dont le moins cher - sans téléphone et sans
télévision et limité à un certain
nombre d'heures - coûte quand même quelques centaines
de roupies par mois. Mais en dépit des lenteurs du web,
notre pays qui après s'être rêvé tigre
ensommeillé de l'océan Indien, se prétend
aujourd'hui cyber île, je vous invite à faire une
incursion sur quelques sites fréquentés par les
étudiants mauriciens à l'étranger, plus particulièrement
ceux qui se trouvent en Grande-Bretagne. Il doit exister des centaines
de sites fréquentés par les étudiants mauriciens,
mais les plus populaires se trouvent dans Youtube (www.
youtube. com) et Facebook (www. facebook. com). Le nom
du dernier site doit forcément vous dire quelque chose.
Mais oui, c'est le site que Mauritius Telecom avait bloqué
après la découverte d'un mail pas tout à
fait élogieux à l'encontre de Navin Ramgoolam. Comme
il fallait s'y attendre, cet acte de censure stupide - comme celle
que pratique la MBC - a suscité de vives réactions
et a multiplié les messages critiques. Sur leurs blogs
signés de pseudonymes éloquents, les étudiants
mauriciens se lâchent sur tous les sujets qui les préoccupent
ou les irritent. Et ils sont souvent irrités, ces étudiants,
par ce qui se passe dans leur pays dont ils suivent attentivement
l'actualité qu'ils commentent avec humour, impertinence
et parfois virulence. Rien à voir avec ces étudiants
coincés, "politically correct", n'ayant
pas grand-chose de stimulant ou d'original à dire et qui
récitent leur leçon et que l'on voit dans certains
"débats" de la MBC. Sur les blogs, non seulement
tous les sujets sont abordés mais ils sont surtout âprement
défendus ou attaqués, parfois avec un peu d'outrance
dans les réponses et quelques attaques personnelles pour
tenter de défendre une prise de position et faire taire
un adversaire. Mais tout cela est stimulant et démontre
qu'au lieu d'être des machines à passer les examens
fabriqués par notre système - vous savez le world
class education - les étudiants mauriciens à
l'étranger sont curieux, éveillés, intéressés
et intéressants, n'ont pas peur de s'exprimer ou de prendre
position. Ils sont vivants avec les certitudes et leurs contradictions
! Ils sont aussi bourrés d'humour nos étudiants
et savent se moquer des déclarations ridicules de ceux
qui nous dirigent. A ce sujet, je vous invite vivement à
taper Navin Ramgoolam sur Youtube. Vous tomberez sur un
clip fait d'une des longues déclarations du Premier ministre
et retransmises intégralement par la MBC. Il s'agit de
la déclaration faite en 2006 par Navin Ramgoolam pour justifier
l'acquisition de son Aston Martin alors que le ministre des Finances
commençait à abolir les mesures sociales pour mener
Maurice vers un "early harvest". Ce discours-clip,
un des plus regardés de Youtube, est suivi d'une
série de réactions dans lesquelles on peut découvrir
ce que pensent les étudiants mauriciens de la déclaration
de leur Premier ministre. Parmi lesquelles, je vous recommande
le montage audiovisuel sur le thème du "Sanzment".
Mais il n'y a pas que des critiques acerbes - quoique justifiées
- des étudiants mauriciens sur le net. Il existe des messages
d'espoir comme on aimerait en lire plus souvent. Sur le net et
ailleurs. Voici un très bel exemple, qui mérite
d'être lu et "forwarded" le plus possible :
"Mo pou raconte zot mo ti reve pou moris...
mo rever ene zour pas pou ena ene dimoune misere dans moris...
pas pou ena la caze tole... ki tou dimoune pou manzer avant li
alle dormi... ki persone pas pou bizin bouillante so banne zenfants
parceki pas capave done zot ene bouchee manger... pas dire moi
impossible...
mo rever tous cultures pou melanger... religion pou touzours
la... mais nous tous pou fete divali, nous tout pou fete bananer
chinois...
mo rever ki ene zour nous pou capave faire elir ene creole
dans plaine verte, ene musulman dans triolet, ene chinois dans
riviere noir...
mo rever ene zour ki to pas bizin hindou pou guide nous pays....
mo rever ene zour ki ministres pou touches ene salaire normal...
ene salaire bien bas...
mo rever ene zour ki minis pas pou roule dans bm...
mo rever ene zour ki tous sa banne hypocrites ki pe faire politik
la retourne dans lannonimat.... mo bien chagrin mo conner foler
pa generaliser, capave, ki ena 1 ou ene la moitier ki ena bon
lintention.... mais sa 1 ou 2 la, bien stupide pou mele zot a
sa kaliter politik la....
mo conner li ene reve, mais croire moi, mo sire ki nous ena
potentiel faire sa reve la vine ene realiter... si nous tous mette
la tete ensam...
mone raconte zot mo reve.... raconte pou zot aster...."
Ceux qui souhaitent raconter et partager leurs rêves n'ont
qu'à aller sur le groupe zenesmauriciens
kot nu
pe aller sur Facebook. C'est là que j'ai découvert
le rêve de Dayalen Parapen qui précède.
Interrogations
Cette pauvreté-là
Sommes-nous en train de poser le problème dans le bon
sens ? C'est ce qu'on peut se demander autour de la question de
pauvreté dont on parle en ce moment beaucoup. Au-delà
des accusations personnelles lancées ici et là,
une chose frappe : à aucun moment, nous ne parlons de tenter
d'éradiquer la pauvreté. Nous parlons seulement,
en quelque sorte, de la façon de trouver les moyens de
la " subventionner ". Comme si la pauvreté était
une fatalité à laquelle on ne pouvait échapper.
Et qu'il fallait juste tenter de l'alléger un peu, dans
la mesure du possible.
Peut-être serait-il temps de cesser de tourner autour
du pot. Et de poser quelques questions fondamentales, en oeuvrant
à trouver des réponses précises à
ces questions.
On pourrait ainsi commencer par le seuil de pauvreté.
Seraient considérés comme pauvres ceux qui disposent
de moins de $2 (environ Rs 56) par jour. À ce titre, il
y aurait 26 000 familles pauvres à Maurice. Mais cela tient-il
en compte le contexte local, le coût d'un loyer, le prix
du pain, du gaz, du transport ? À Rs 1700 par mois, est-on,
à Maurice, en état de pauvreté ou d'extrême
pauvreté ?
Pouvons-nous nier que certains pensent que beaucoup de pauvres
le sont " parce qu'ils ne veulent pas faire d'efforts, parce
qu'ils s'attendent à ce qu'on leur donne tout sur un plateau
" ? Cela peut-il être vrai, de manière générale
et non isolée, dans un pays qui, en dépit de sa
petite taille et de son absence de ressources naturelles, n'en
arrive pas moins à sortir la tête de l'eau de façon
globalement positive comme le fait Maurice ? Un pays qui se retrouve
gravement " embouteillé " parce que sitôt
levée une alerte cyclonique de classe 3, les Mauriciens
se sont précipités sur les routes et arrêts
d'autobus pour rallier leur lieu de travail ? Va-t-on nous faire
croire que le succès enregistré dans les secteurs
sucrier, puis textile et touristique peuvent être le fait
d'un pays à la population paresseuse ?
Autre question : y a-t-il oui ou non une réalité
ethnique à la pauvreté dans ce pays ? Pour dire
les choses clairement : est-il fondé le sentiment, partagé
par un certain nombre, que la pauvreté touche davantage
les créoles ? Si c'est le cas, pourquoi refuser de se pencher
sur les raisons de cet état de fait? Est-il juste de continuer
à avancer, comme le font certains, que cela est dû
à une mentalité (le fameux " amizé kréol
") ou fait-il aller chercher plus loin les conditions qui,
partant de l'esclavage, ont laissé une population sans
repères, sans acquis, sans projet ? Comment faire aujourd'hui
pour changer cela ?
En attendant de trouver des réponses à ces questions,
il nous revient de cesser de stigmatiser la pauvreté. Car
de quoi naît la pauvreté ? Qui sont les pauvres ?
Admettons une frange de personnes qui sont pauvres parce qu'elles
ne veulent pas travailler. À cela ajoutons une part de
personnes qui voudraient travailler mais qui n'ont pas les compétences
requises pour le faire. Et enfin, rajoutons une troisième
catégorie de personnes qui travaillent, mais qui touchent
des salaires ne leur permettant pas de joindre les deux bouts.
Une catégorie qui serait en constante augmentation.
Tant que nous accepterons comme " normal " que l'Etat
finance un système éducatif qui rejette plus de
la moitié de nos enfants à la fin du cycle primaire
sans qu'ils sachent lire, écrire ou compter, donc pas à
même de trouver un emploi rémunérateur par
la suite, nous serons responsables de la pauvreté. Tant
que nous accepterons comme normal qu'une employée de maison,
un ouvrier d'usine, un pêcheur ou un employé aux
champs, accomplisse de longues et dures journées de travail
sans que cela lui offre un salaire à même d'assurer
ses besoins élémentaires, ce qui est de plus en
plus le cas, nous serons responsables de la pauvreté.
C'est dire si nous aimerions, aujourd'hui, entendre parler
de ce que nous prévoyons de faire pour tenter de réduire
de façon significative la pauvreté. Ce qui, du même
coup, ne nous obligerait pas à nous demander si nous allons
" target " ou non les aides sociales, puisque leur nécessité
serait de facto réduite, et permettrait à un plus
grand nombre d'êtres humains de vivre dans la dignité.
Mais est-il possible de réduire la pauvreté,
demanderont certains ? Des hommes y croient et, proposent même
des solutions en ce sens. C'est le cas notamment de Muhammad Yunnus,
le créateur de la Grameen Bank, Prix Nobel de la Paix en
2006 pour avoir fait avancer le concept de micro-crédit,
avec des résultats concrets extrêmement intéressants.
Et qui vient de signer un nouvel ouvrage plein de pistes et d'expériences
porteuses, intitulé Creating a world without poverty
: social business and the future of capitalism. C'est aussi
le cas de Paul Polak, fondateur de l'International Development
Enterprises, qui se fait entendre à travers Out of Poverty
: What works when traditional approaches fail (Berrett-Koehler).
Et si les approches des deux hommes ne sont pas tout à
fait les mêmes, ils se retrouvent en tout cas sur une chose
: ce que peuvent notamment apporter les expériences agricoles
dans la lutte contre la pauvreté, et dans un monde où
la sécurité alimentaire sera de plus en plus menacée.
Que nous proposons-nous de faire ici pour réformer un
système d'éducation qui crée exclusion, et
partant pauvreté ? Que nous proposons-nous de faire par
rapport à une réforme agraire qui pourrait nous
être extrêmement bénéfique ? Voilà,
entre autres, ce que nous aimerions voir discuté. Pour
échapper à la pauvreté du débat, sachant
que plus il y a aura de pauvreté, plus nous serons, tous,
collectivement, en danger
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 2 mars 2008
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