m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 2 mars 2008



  Histoire - L'hommage de la colonie aux héros du sauvetage du Chrysolite (1875)
  Lancement d'un double CD - Voix lyriques mauriciennes pour aider le Plaza
  Chant patriotique - La voix d'Amélia pour exprimer l'amour du pays
  - Taare Zameen Par (Les blessures de l'enfance)
  Musique - Lancement du Prix Découvertes RF1 2008
  Santé-L'histiocytose langerhansienne - Une maladie rare et peu connue
  A l'initiative de Stefan Hart de Keating - Finale le 19 mars du premier slam interscolaire
  Le 25 mars - Pierrette Dupoyet présente Sarah Bernhardt... au Plaza
  Patrimoine culturel intangible - Spirit Faces : une culture de masques
  Poésie pour la cause des handicapés - L'hippocampe et la souffrance surmontée
  Littérature - Ben Jelloun ne viendra pas
  Spectacle d'humour, le 15 mars - L'humoriste Tomer Sisley à l'auditorium Octave Wiehe
  Les images de la guerre - Boule de Suif et autres récits de guerre
  - La souffrance source de création
  Cinéma, Oscars 2008 - Cotillard, Day-Lewis, Bardem: le sacre des Européens
  Dance Fever 2008 - Début des quarts de finale
  Cuisine - Charlotte: délicieusement royale
  A Grand-Bassin - Des dignitaires religieux indiens participent à la cérémonie de consécration
  Chevrolet Silverado - Premier gros pick-up US sans essence ni CO2
  Filmfare Awards - Taare Zameen Par, meilleur film
  On s'amuse avec la carte bancaire de Shah Rukh Khan


Histoire

L'hommage de la colonie aux héros du sauvetage du Chrysolite (1875)

Le 4 février 1875, dans l'île Maurice sous colonisation britannique, la ville de Mahébourg, toute ornée de fleurs, d'oriflammes et drapeaux a déployé le tapis rouge pour accueillir le gouverneur Sir Arthur .P. Phayre. Après une pétition, les résidents, toutes classes confondues, ont, en effet, réussi à obtenir que Sir Phayre et sa suite se déplacent en train de Port-Louis pour venir exprimer la reconnaissance de la Couronne envers de braves pêcheurs dont certains avaient péri, une année plus tôt, en essayant de sauver l'équipage du Chrysolite. Le gouverneur britannique va ainsi dévoiler un simple monument (coût 100 livres sterlings) érigé à la mémoire de ces pêcheurs Place du Bazar (mais où est-il donc passé ce monument ?) et procéder à des remises de médailles et décorations.

Week-End a délibérément choisi, aujourd'hui, de remémorer cet événement passé de l'histoire de Mahébourg surtout après que la Cour suprême a, mercredi dernier, déclaré officiellement mort le constable Judex Spéville. Le corps de ce policier affecté au Coast Guards de Rodrigues n'a jamais été retrouvé après que lui aussi et ses collègues Stéphan, Agathe, Legentil, Augustin, Genave et Philippe avaient tenté de secourir trois pêcheurs emportés par les grosses houles du 13 mai de l'année dernier. Les trois pêcheurs furent retrouvés morts tandis que seule une partie du corps du constable Philippe, probablement dévoré par des requins, fut récupérée ...

Nous souhaitons qu'après la publication de notre chronique, la République de Maurice saura se rendre compte que ces deux officiers, Spéville et Philippe, méritent, tout au moins, une reconnaissance officielle pour avoir, dans l'exercice de leur devoir, sacrifié ce qu'ils avaient certainement de plus précieux : leur vie ! Nous espérons, à ce sujet, que le gouvernement n'a pas encore, à ce stade, complété la liste des décorés à l'occasion du 40ème anniversaire de l'accession du pays à l'Indépendance...

Le Chrysolide, une barge transportant 285 bœufs, avait fait naufrage sur les récifs au même moment où le pays était dévasté par un très violent cyclone du 27 au 28 mars 1874. La mer était phénoménale dans la Baie du Grand-Port, mais, n'écoutant que leur courage et leurs bons sentiments, quelques braves pêcheurs de la région d'Anse Jonchée mirent une frêle embarcation à l'eau pour aller secourir l'équipage. Le bilan de l'opération fut terrible. Outre onze membres de l'équipage, cinq pêcheurs-sauveteurs, volontaires eux-mêmes, périront.

Institution d'un Relief Fund

Le tout Mahébourg, profondément admiratif de pareille acte de bravoure, fit des représentations pour que cet acte ne tomba jamais dans l'oubli et que, surtout, pour que du soutien soit apporté aux familles des victimes. L'autorité britannique réagit en mettant sur pied un Chrysolite Memorial and Relief Fund. Présidé par le Magistrat du district, M. J.A. Daly, avec comme trésorier, M. A. Courrège, ce Relief Fund collecte 2648 shillings qu'il répartit de la façon suivante : 519,10 shillings pour l'érection du monument, l'achat de chaînes, de pierres et une plaque d'inscription, 236,60 à remettre au Poor Law Guardian afin d'être redistribués aux familles nécessiteuses des pêcheurs-sauveteurs disparus et, enfin, 1880 shillings à être gardés dans un dépôt fixe de l'Oriental Bank afin d'assurer l'instruction des enfants des pêcheurs-sauveteurs à partir de l'âge de neuf ans. De plus, le Relief Fund voulut transférer les tombes des pêcheurs d'un obscure petit cimetière de Grand-Port à celui de Mahébourg, beaucoup plus fréquenté, afin de les mettre plus en évidence. Le comité du Fund se heurta toutefois aux objections des familles des pêcheurs qui insistèrent pour que les âmes de leurs proches reposent en paix. Devant ce refus, la décision d'ériger le monument avec le noms gravés à la Place du Bazar est prise.

A l'ouverture de la cérémonie précédant le dévoilement du monument, le magistrat de district Daly et les notables de la région de Mahebourg présentèrent au gouverneur Phayre les survivants de l'opération de sauvetage. Ce sont Donald Nadal et ses compagnons pour lesquels ils demandent au gouverneur de leur remettre des médailles et décorations offertes par la Royal Humane Society et le Board of Trade. Les notables en profitent pour faire, sur-le-champ, un plaidoyer auprès du gouverneur pour que ces médailles soient également attribuées à de deux pêcheurs indiens, Ganess et Seetahal, dont les noms avaient été, malencontreusement, omis de la liste des décorés.

La "compensation généreuse" de Sir Phayre

Le gouverneur, qui avait longtemps servi auparavant dans Inde coloniale, profite de la présence de ces deux indiens (en fait de bon natifs mauriciens de descendance indienne) pour prononcer une partie de son discours en hindustani, langue qu'il maîtrisait parfaitement bien. Il va sans dire que le représentant de sa Majesté ne rata pas non plus l'occasion pour affirmer l'appréciation du gouvernement britannique de la bravoure dont pouvaient faire preuve ses bons sujets Mauriciens. La mère de Donald Nadal saisit elle l'opportunité pour solliciter de sir Phayre que le gouvernement accède à une pétition qu'elle a longtemps soumise en vue d'obtenir un lopin de terre. Le gouverneur, quelque peu embarrassé, fit courtoisement comprendre à Mme Nadal que sa pétition était rejetée. Mais, beau joueur, Sir Phayre chercha à la consoler en lui ouvrant publiquement son porte-monnaie pour lui offrir ce que les commentateurs de l'époque qualifièrent "une généreuse compensation".

Tous les invités à la cérémonie furent ensuite reçus à ce qui était à l'époque la vieille école de Mahébourg pour déguster de bons petits fours et des rafraîchissements préparés par les soins de La Flore Mauricienne.

Ce qu'on peut déduire de cet épisode du Chrysolide, c'est que, en fin de compte, l'histoire maritime de l'île Maurice serait jalonnée de beaucoup de ces preuves d'abnégation, principalement de la part de pêcheurs généralement très pauvres socialement, mais toujours mus par un grand sens de la solidarité envers des gens qui se retrouvent en difficultés en mer et dont ils sont seuls capables de comprendre la détresse au point d'exposer leurs propre vies pour essayer de les sauver. Malheureusement, la société mauricienne moderne ne prend pas toujours le temps de mesurer de tels sacrifices. A part le drame survenu aux constables Philippe et Spéville, on a, nous, en souvenir celui également de la démarche de cinq pêcheurs de Pointe-aux-Sables qui moururent en essayant d'aider un propriétaire d'un bateau à récupérer son bien qui dérivait après le passage du cyclone Dina. Il n'y a même pas une petite plaque à Pointe-aux-Sables pour qu'on se rappelle de ce drame.


Précision-Le Trésorier Général Hook fut condamné en Angleterre

La chronique historique de Week-End sous le titre "Les mystères de la chambre forte du Trésor Mauricien", publiée le dimanche 17 février dernier, comportait

un hors-texte concernant un certain M. Hook, Trésorier Général en 1815 sur lequel pesa de forts soupçons qu'il était à l'origine de la disparition de 180 000 roupies indiennes de la caisse publique. Sur la base de premières recherches, nous affirmions que, selon les renseignements fournis aux autorités de l'époque par la famille de ce monsieur Hook lui-même, ce dernier s'était suicidé mais qu'on n'avait jamais retrouvé son corps. Or, il semblerait que l'historien Léon Huët de Froberville, auteur de "La Grande-Rivière de Port -Louis", détient une autre version des faits .

De Froberville raconte que, pendant qu'il visitait "l'asile des fous de Grande- Rivière", il vint à s'attendrir sur le nombre de personnes qui ont dû passer par ce genre d'institution uniquement que pour n'avoir pu supporter les chagrins causés par des affections trompées, où des espérances déçues. "Soudain, poursuit l'historien, me revient le souvenir du malheureux William Allan, l'ancien chef clerc du Trésor. Ne serait-ce pas dans une de ces vieilles cellules qu'il a trouvé une mort si mystérieuse, il y a plus d'un siècle? "

Selon de Froberville, on sait qu'injustement soupçonné lors de la découverte, en 1818, d'un déficit de 40 000 shillings dans la caisse du Trésor, cet employé (William Allan) fut suspendu de ses fonctions, en même temps que le Trésorier Général, qui n'était autre que Théodore Edward Hook, romancier et humoriste distingué, protégé du Prince Régent et ami de nombreux hauts personnages d'Angleterre.

"N'était-ce pas à ce Trésorier Général que le déficit avait profité ? ", s'interrogea de Froberville. L'historien soutient que "quelques jours après une première enquête, et à la suite d'une querelle étrangère à l'affaire, Allan, soupçonné d'être devenu subitement fou, est enlevé de force de chez lui, au milieu de sa famille, par des agents de police et dirigé, malgré ses protestations, à l'hôpital des fous de Grande-Rivière, où il meurt peu après, dans des circonstances les plus extraordinaires".

Toujours selon la version de de Froberville, "Hook dut quitter la colonie et se rendre à Londres pour être jugé. En route, il s'arrêta au Cap (en Afrique du Sud ) où il rencontra Lord Charles Somerset qu'il avait bien connu à Londres. Le Lord, étonné de le voir retourner si tôt en Angleterre, voulut en savoir la raison. Avec sa finesse d'esprit habituelle, Hook lui répondit : "I believe they think there is something wrong in my chest. Ce dernier mot à double entente signifiant son estomac aussi bien que sa caisse de trésorier. Jugé en Angleterre, cinq ans après sa mise en accusation, Theodore Edward Hook fut reconnu responsable de 12,000 livres sterlings envers le gouvernement ".

La version de l'épisode Hook avait été elle-même puisée dans deux ouvrages publiés au cours des années fin 1800, soient "Originaux et Beaux Esprits de l'Angleterre contemporaine", par E.D. Forgues et "Les Mémoires du Dr. Bergstein" qu'on peut consulter dans la Revue Historique et Littéraire de l île Maurice du 6 octobre 1894.


Lancement d'un double CD

Voix lyriques mauriciennes pour aider le Plaza

C'est une belle émotion qui a présidé, mardi dernier, au Plaza, au lancement du double CD Belles voix mauriciennes d'hier et d'aujourd'hui. Double CD pour un double objectif : d'une part, rendre hommage et laisser une trace du goût local pour l'art lyrique; de l'autre, contribuer à l'effort de rénovation de l'édifice théâtral rosehilien, qui semble cette fois en bonne voie.

Ils étaient nombreux, les amateurs d'art lyrique, à s'être fait le plaisir d'être présents mardi après-midi au Plaza, pour la présentation publique du CD Belles voix mauriciennes réalisé à l'inititiative de la Fondation Spectacle et Culture. L'occasion, il faut le dire, était de choix. Car cette production, regroupant quinze voix locales, offre un panorama inédit et de qualité de ce qu'ont pu être et de ce qu'atteignent aujourd'hui les artistes mauriciens ayant choisi l'exigeante mais belle voie du chant lyrique.

Entre gloires d'hier et voix montantes

Ainsi, si l'on entend souvent parler de Max Moutia comme d'une référence dans ce domaine, ceux n'ayant pas eu la possibilité de le voir sur scène avaient jusqu'ici peu de moyens de prendre la mesure réelle de son talent. Lacune désormais comblée, ce double CD permettant de l'entendre dans O! ma colombe extrait des Jolies Viennoises de Johann Strauss. De fait, cette prodution offre de faire connaissance avec pas moins de trois à quatre générations d'artistes lyriques mauriciens, interprétant de grands classiques du lyrique. On y retrouve ainsi les voix d'artistes décédés comme Paul Courtois, André Luciani, Louis Espitalier-Noël (aussi connu comme Bouzic Noël), Philippe Boullé et Philippe Lebreton. Ou encore celles de May Bax-Mayer, Alain Maigrot et Betty Espitalier-Noël, qui ne chantent plus mais peuvent toujours témoigner du temps où la scène lyrique locale était très animée. Et puis, il y a encore la génération intermédiaire incarnée par Elizabeth Forget, et enfin la jeune génération qui se fait aujourd'hui entendre au-delà de nos frontières, incarnée par Véronique Zuël Bungaroo, Sophie Némorin, Danielle Halbwachs et Natacha Finette-Constantin. Avec, comme passerelle entre ces diverses composantes, nul autre que Henri Wilden, qui a travaillé avec Max Moutia avant de mener une riche carrière à l'Opéra de Sydney en Australie de 1972 à 1986. Et si des problèmes cardiaques l'ont depuis contraint à mettre un terme à sa carrière, on ne peut qu'être admiratif de la qualité de voix qu'il a conservé, dont témoigne la jolie "surprise" offerte mardi après-midi à ceux présents pour le lancement du CD, lorsque Henri Wilden entonne, avec Véronique Zuël, un air de La Traviata.

Entre hier et aujourd'hui, un flou "artistique"

Seul regret : que les vingt morceaux figurant sur ce CD ne soient pas réellement identifiés dans leur provenance et chronologie. Cela n'est, de toute évidence, pas toujours possible, dans la mesure où bon nombre des morceaux anciens proviennent d'archives privées qui n'offrent pas d'indication sur le moment et le lieu où ils ont été enregistrés. Mais quelques indications auraient sans doute été bienvenues, par exemple pour dater l'enregistrement de Max Moutia vers 1937 ou 1938, ou pour faire savoir que Natacha Finette-Constantin a été enregistrée l'an dernier en France ou Danielle Halbwachs en Allemagne où elle mène carrière auprès de l'Opéra de Francfort.

Quoi qu'il en soit, ce double CD servira autant à faire le plaisir des mélomanes, qu'à aider au financement des travaux de rénovation du Plaza. Dans leurs discours de circonstance mardi, tant le président de l'Amicale Ile Maurice France, Armand Maudave, que le président de la Fondation Plaza, Gérard Maujean, et le maire des villes soeurs, Ramalingum Maistry, ont mis l'accent sur la nécessité absolue de rénover le Plaza, structure essentielle pour le développement futur de l'expression artistique et culturelle en général. Les discussions en ce sens, nous assure-t-on, sont en bonne voie, et les appels d'offres pour la rénovation de la toiture devraient être lancés d'ici la fin du mois. Un air de renouveau qu'il plaît à entendre...

Le double CD Belles Voix mauriciennes est en vente à Rs 600 chez Otayo (tel: 466-9999)


Chant patriotique

La voix d'Amélia pour exprimer l'amour du pays

Des paroles en créole pour exprimer l'amour de notre langue, un texte parlant de la lutte menée pour l'Indépendance sur fond des instruments musicaux de Maurice et lu par une fillette, vient apporter une touche originale dans le florilège de la chanson patriotique. 40 ans, 40 lignes est une façon de célébrer les 40 ans de l'indépendance, mais aussi d'aider à consolider la nation mauricienne. Ce CD a été présenté jeudi dernier lors d'une conférence de presse au bureau de la Barclays à Port-Louis.

Grâce à Gaëtan Abel - connu pour ses chansons à textes - et au financement de la banque Barclays, Christophe Leroux, concepteur, a pu réaliser un projet qu'il avait en tête depuis longtemps.

Cet homme, qui chaque année essaie d'offrir sa contribution dans le volontariat, a voulu à l'occasion de la fête de l'indépendance, réveiller l'esprit patriotique des Mauriciens en proposant 40 ans, 40 lignes, une autre façon de saluer notre attachement à notre pays. Cette chanson patriotique qui est un produit de la lutte menée pour l'Indépendance, de l'évolution du statut de pays colonial à celui de pays en voie de développement est accompagnée de tous les instruments de musique de notre pays. "La voix d'un enfant a été choisie pour rendre le texte plus émouvant", explique Christophe Leroux, père de la petite Amélia âgée de 10 ans. Pour Gaëtan Abel, habitué des chansons à texte (il est l'auteur d'Anonymous, chanson interprétée par Mary-Ann Both Jones pour La Gamme d'Or mais aussi interprète de Galé galé - 1980), "c'est une façon originale de faire passer un message patriotique".

Selon Anil Gujjalu, Chief Operating Officer, la Barclays qui a contribué à la réalisation de ce projet, injecte 1% de leurs profits avant taxes dans les divers projets communautaires, notamment dans le secteur de la Santé, de l'Education, de l'Environnement et le développement des capacités des groupes vulnérables. "Notre collaboration avec M. Leroux s'inscrit dans cette volonté de contribuer au bien-être de nos concitoyens et c'est un honneur pour la Barclays de célébrer ainsi le 40ème anniversaire de l'indépendance de Maurice", dit-il.


Taare Zameen Par

(Les blessures de l'enfance)

Rarement voit-on un film faire preuve d'une telle densité émotionnelle, d'une si évidente maîtrise et d'une si bouleversante originalité. Tous les artistes du film sont bouleversants de naturel. Véritable tour de force pour Aamir Khan qui pour sa première réalisation a remporté la palme de meilleur réalisateur. C'est une oeuvre atypique sur les blessures de l'enfance, de l'incompréhension d'une famille qui souhaite que leur enfant réussisse académiquement sans prendre en considération ses autres aptitudes et de la difficulté de vivre au-delà de ses parents. Cette belle et triste chronique d'une enfance malheureuse vue à travers les yeux d'un enfant séduit par ses scènes courtes et sa façon de saisir les choses sur le vif.

Ishaan Awasthi (Darsheel Safary) est un dyslexique de huit ans, souvent perdu dans ses pensées et qui n'arrive pas à s'épanouir comme les autres élèves de sa classe. Il est constamment ridiculisé par ses camarades et battu par ses professeurs. Il ne comprend pas trop comment tout le monde veut massacrer son imagination et son identité. L'enfant a un penchant pour les poissons, les papillons et la nature mais il n'arrive pas à assimiler ses leçons. Son père rustre et bourru décide de l'envoyer dans un pensionnat. Ce changement brusque l'affecte profondément et il ne peut accepter la séparation avec ses parents. Ram Shankar Nikumbh (Aamir Khan), le nouveau professeur d'art, arrive à l'école et sa méthode d'enseignement est vite adoptée par les élèves. L'enseignant libère les enfants de la pédagogie routinière et les encourage à donner libre cours à leurs émotions. Sa pédagogie vise à l'épanouissement de l'individu et les élèves arrivent sans difficulté à suivre ses leçons, sauf Ishaan, qui semble coupé du monde. Ram décide de prendre en charge le gamin en lui aidant à regagner confiance en soi et le respect de ses camarades.

Aamir Khan donne à chaque scène, une épaisseur rare. La fin de l'enfance s'exprime à travers des petits signes du quotidien. Le film est un réquisitoire contre les parents qui n'ont à cœur que la réussite académique de leurs enfants. Ils négligent souvent les autres capacités ou les besoins de leurs protégés.

L'amitié entre un enfant malade et son enseignant fournit une belle occasion de découvrir les sentiments enfouis de deux âmes à la recherche du bonheur intérieur. Darsheel Sarfary est sublime. Aamir Khan qui apparaît dans la deuxième partie du film est transcendant. Tisca Chopra incarne avec beaucoup de brio, le mère de l'enfant. La musique du trio Shankar-Ehsaan-Loy est également très mélodieuse.

Le gouvernement doit envisager de projeter ce film à l'intention des enfants et leurs parents.


Musique

Lancement du Prix Découvertes RF1 2008

L'édition 2008 du Prix RFI est lancée. Les artistes musicaux d'Afrique, des Caraïbes et de l'Océan Indien ont jusqu'au 1er juillet 2008 pour s'y inscrire. A la clé, un prix de 7 000 euros, des concerts et une tournée.

Depuis sa création en 1981, le Prix Découvertes RFI, dont le but est de favoriser le développement de la carrière des artistes ou groupes musicaux professionnels, a servi de tremplin à de nombreux artistes. Parmi ceux-là, on peut citer notamment Tiken Jah Fakoly, Rokia Traoré ou Sally Nyolo, qui mènent depuis de belles carrières internationales.

Pour l'édition de cette année, les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 1er juillet 2008. Il est spécifié que les groupes ne doivent pas dépasser huit membres et que les divers artistes devront être majeurs.

Chaque dossier devra comporter un exemplaire de la production la plus récente de chaque artiste ou du groupe sous forme de disque numérique ou cassette. Les albums des candidats dont les dossiers auront été retenus seront écoutés par un comité d'écoute composé de collaborateurs qualifiés de RFI et de ses partenaires, qui sera chargé de sélectionner trois artistes ou groupes finalistes du concours. Ceux-ci seront invités à se produire sur scène lors d'un concert organisé par RFI en Afrique au cours duquel sera désigné le lauréat.

Concerts à Paris et en Afrique

Le lauréat recevra un prix de 7 000 euros, et sera invité à se produire en concert à Paris et dans une grande ville de la zone Afrique - Caraïbes - Océan Indien. Il bénéficiera aussi, avec le soutien de la SACEM, d'une programmation au Festival Musiques Métisses d'Angoulême et d'une campagne médiatique.

Est également prévue une bourse de 12 500 euros offerte par le ministère français des Affaires étrangères, comme subvention d'appui à son développement de carrière par une participation à ses frais de tournée. Ce qui pourrait donner lieu, l'année suivante, à une tournée en Afrique de l'Ouest ou en Afrique Centrale proposée dans le cadre de la programmation régionale des établissements culturels français en Afrique.

Rappelons que l'édition 2007 de Découvertes RFI a été remportée, le 8 décembre dernier par la chanteuse tchadienne Mounira Mitchala. Le jury, présidé par l'artiste Salif Keita, a annoncé, à l'issue d'un concert donné devant plusieurs milliers de personnes à Conakry en Guinée que ce prix avait été attribué à l'unanimité à cette jeune chanteuse de 28 ans, que l'on surnomme "la panthère douce" et qui a déjà un album à son actif.

En savoir plus

Les intéressés peuvent se renseigner ou retirer des dossiers auprès de l'Alliance Française et du CCB, ou en se connectant sur www.rfi.fr (rubrique Concours) ou encore

sur demande par courrier à :

RFI - Direction de la communication

Département Opérations culturelles

104 avenue du Président Kennedy BP 9616

75762 Paris cedex 16 - France

tél : + 33 1 44 30 89 50

fax : + 33 1 44 30 89 89

e-mail : operations.culturelles@rfi.fr


Santé-L'histiocytose langerhansienne

Une maladie rare et peu connue

L'histiocytose langerhansienne est une maladie rare, se caractérisant par la multiplication d'histiocytes de grand volume appelés cellules de Langerhans. Normalement, les histiocytes assurent la défense de l'organisme, mais en cas d'histiocytose, leur multiplication anormale provoque l'invasion des viscères et des os. On sait que dans la maladie, les cellules de Langerhans, qui participent ordinairement à la défense de l'organisme se mettent à s'accumuler voire proliférer, entraînant des dysfonctionnements au sein de différents organes. La cause de cette prolifération demeure jusqu'ici inconnue même si on sait aujourd'hui que l'histiocytose langerhansienne n'est pas une maladie génétique héréditaire et n'est pas contagieuse.

La maladie prend de très nombreuses formes. Elle peut atteindre tous les organes du corps même si la cellule de départ est, à l'état normal, localisée au niveau de la peau. À l'état de maladie, on la retrouve dans de nombreux organes. La localisation la plus fréquente est osseuse. Dans les os, le symptôme qui conduit à découvrir cette maladie est la douleur, ou parfois des fractures dites pathologiques parce que survenant sans effort particulier. Dans ce cas, la maladie au niveau des os est caractérisée par une image radiologique très particulière qu'on appelle une lacune osseuse et qui ressemble à un trou dans l'os. C'est la première localisation par la fréquence. La localisation qui vient au deuxième rang, par la fréquence, se situe au niveau de la peau. L'atteinte cutanée peut présenter plusieurs aspects. Le plus fréquent est constitué par des croûtes de lait sur le cuir chevelu des nouveau-nés. Elle peut aussi prendre la forme d'une éruption parfois dite pétéchiale : de petits points violacés sont répandus sur la peau. Dans les autres organes, la maladie s'exprime de façon tout à fait différente. Par exemple, au niveau du poumon, elle peut se manifester par une gêne respiratoire. Si elle atteint le foie, elle entraîne des dysfonctionnements de cet organe, et son grossissement décelable à la palpation. Elle peut se manifester au niveau de la moelle des os. Elle peut se localiser au niveau du système endocrinien, avec en particulier une entité appelée diabète insipide. Il s'agit d'un manque de contrôle de la perte urinaire d'eau avec compensation par des boissons abondantes, ou, en jargon médical une polyurie-polydipsie, n'ayant rien à voir avec le diabète sucré dû à un manque d'insuline. Globalement, la plupart des localisations sont uniques (celles de l'os et de la peau en particulier).

Mais pour chaque personne impliquée, cela peut être différent. Il y a quelques formes où la maladie atteint plusieurs organes. On les dit multisystémiques. Ces formes posent avec le plus d'acuité le problème du traitement, car la maladie peut alors être dangereuse pour la santé de l'enfant, et parfois même pour sa vie. Notons que cette maladie peut aussi atteindre les adultes qui déclenchent une pathologie en tout point similaire à celle de l'enfant. Par ailleurs, il y a enfin une forme de cette maladie chez l'adulte qui est tout à fait remarquable parce que très liée au tabac. En effet, la forme pulmonaire de cette maladie, appelée granulome éosinophilique du poumon, touche l'adulte jeune et les individus d'âge moyen, particulièrement les hommes, et surtout les personnes consommant de grandes quantités de tabac. Cette forme survient parfois dans le contexte d'une forme osseuse ou diffuse. Le patient présente des lacunes du tissu osseux. Les symptômes de cette pathologie sont proches de ceux de la pneumopathie interstitielle chronique.

Diagnostic

De très nombreux symptômes conduisent à poser la question du diagnostic d'histiocytose, selon les organes atteints. Dans tous ces cas, le diagnostic repose sur l'analyse au microscope d'un fragment du tissu malade (examen anatomo-pathologique), par exemple l'os dans le cas d'une lacune osseuse. Une fois le diagnostic affirmé sur un tissu, la prise en charge dépend des symptômes qui sont au premier plan et qui conduisent le patient, l'enfant, à consulter un médecin. De très nombreux spécialistes peuvent être impliqués pour le diagnostic ; ces derniers peuvent parfois prendre en charge complètement le patient selon la situation : par exemple, les dermatologues (spécialisés dans les problèmes de peau), les orthopédistes (chirurgiens spécialisés dans les maladies osseuses), les endocrinologues (qui peuvent être conduits à découvrir un diabète insipide) sont différents spécialistes qui peuvent être impliqués complètement ou en partie dans la prise en charge de cette maladie. La difficulté suivante est de décider d'un traitement particulier. Souvent on a recours surtout à la chimiothérapie. Mais la maladie étant très hétérogène (pouvant atteindre de très nombreux organes), avec une évolution très variable d'une personne à une autre(d'un enfant à un autre), la première considération importante, c'est que le traitement doit être adapté à la sévérité de la maladie et à son profil évolutif.


Atteint de l'histiocytose langerhansienne-Sauvez le petit Curtiano

Âgé de neuf mois, Jean Curtiano Meunier s'est rendu, depuis le 30 janvier dernier, au centre hospitalier départemental Félix Guyon, Bellepierre à La Réunion, pour des traitements visant à le guérir de sa maladie. A Maurice, les traitements n'existent pas. Ce bébé, originaire de Cité Argy, Flacq, est atteint d'histiocytose langerhansienne. C'est en octobre 2007 que ses parents notent une anomalie chez l'enfant. Il souffrait de fortes fièvres et soudain, des ganglions sont apparus au niveau de sa gorge. Une grosseur a également pris forme sur son petit ventre. A l'hôpital de Flacq où ses parents l'ont transporté, les médecins ont suspecté mais n'ont pu établir un diagnostic précis. Suspectant une histiocytose, ils ont préféré que le cas soit traité à l'étranger. Si les traitements existent à La Réunion, ils sont onéreux. Le pédiatre Al Shighri, qui assure avec d'autres praticiens le suivi du traitement, indique que le suivi de cette pathologie lourde dont Curtiano est atteinte nécessite une prise en charge hospitalière de longue durée d'une période d'environ deux mois. Les frais s'élèvent à environ 38 940 euros, soit plus de Rs 1.6 M. La famille Meunier ne disposent pas de moyens financiers pour assurer cette prise en charge visant à guérir le petit Curtiano. Et les Rs 200 000 remis par l'État ne suffisent pas pour que le bébé continue son traitement. Dans cette optique, la famille a fait une demande et obtenu l'aval du commissaire de police pour une collecte de fonds. Mais jusqu'ici, uniquement Rs 18 000 ont pu être récoltées affirme Linda Lecerf, la tante de Curtiano. La famille sollicite l'aide de la population pour sauver ce bébé. Un compte a été ouvert à cet effet. Tout don peut être versé sur le compte 06 27 63 96 2 à la MCB. Ayez un geste généreux. Sauvez un vie.


Dormir sans mal de dos

C'est bien connu, on passe environ un tiers de sa vie à dormir, autrement dit en position allongée. Une mauvaise position de sommeil, un matelas hors d'usage, un sommier inadapté ou un oreiller qui ne respecte pas l'anatomie cervicale peuvent se traduire au réveil par des douleurs du dos ou du cou qui peuvent persister tout au long de la journée. D'où l'intérêt de bien choisir sa literie et son oreiller.

Pour bien dormir, un matelas et un sommier de bonne qualité sont essentiels. Lors du choix de votre matelas, n'optez ni pour un matelas trop dur ou au contraire trop mou. Retournez-le souvent afin d'éviter un creusement définitif. Changez-en tous les 10 ans. Enfin, optez plutôt pour les sommiers à lattes, nombreuses et réglables en fonction de votre poids et de votre morphologie.

Pour éviter les douleurs cervicales ou les maux de tête occipitaux lorsque la tête n'est pas bien alignée avec le cou, n'hésitez pas à investir dans un oreiller anatomique qui respecte les courbures naturelles de la colonne cervicale, qu'il s'agisse d'un sommeil sur le côté, sur le dos ou encore sur le ventre. Dernier conseil, évitez les traversins qui occasionnent une flexion cervicale excessive.

Par ailleurs, on peut se faire très mal en se levant de son lit…ou accentuer des douleurs chroniques. Au réveil, la musculature est froide et risque de souffrir lors des mouvements excessifs ou trop brutaux. Pour se lever, il faut d'abord se coucher sur le côté, puis basculer les jambes au dehors tout en s'asseyant sur le rebord du lit, en s'aidant de ses bras si nécessaire. Il faut ensuite attendre quelques secondes avant de se mettre debout afin d'éviter une petite chute de la tension artérielle.


A l'initiative de Stefan Hart de Keating

Finale le 19 mars du premier slam interscolaire

Adepte du slam, art de la parole et joute oratoire qu'il a largement oeuvré à populariser à Maurice, Stephan Hart de Keating a cette fois travaillé à l'organisation du premier Slam Interscolaire de Maurice. Sur huit semaines, des ateliers de slam se sont ainsi déroulés dans huit établissements scolaires de l'île, nommément les Ecoles du Centre et du Nord, les Lycées La Bourdonnais et des Mascareignes, les collèges Lorette de Mahebourg et de Port Louis, et les Collèges La Confiance et Saint Joseph.

Au terme de ces ateliers, auxquels ont participé 2 100 élèves de 8 à 18 ans, des tournois de présélection ont été tenus et quatre élèves choisis par établissement.

Ces derniers bénéficieront d'ateliers de préparation au CCB les samedis 8 et 15 mars, avant de participer, en équipe, à la Grande Finale Slam Interscolaire qui se tiendra le mercredi 19 mars de 9h à 14h30 au Lycée des Mascareignes à Saint Pierre, dans le cadre de la Semaine de la Francophonie. "Ce sera l'occasion pour les slameurs écoliers de Maurice de s'affronter dans un esprit bon enfant et d'offrir un spectacle artistique de qualité", font ressortir les organisateurs.

Ce même jour verra le lancement, par Stefan Hart de Keating, de la "version slamastérisée" de son recueil Pages d'une vie.


Le 25 mars

Pierrette Dupoyet présente Sarah Bernhardt... au Plaza

Retrouver Pierrette Dupoyet sur scène est toujours une expérience d'une grande force, inoubliable. Après nous avoir subjugué avec des créations telles Sand, prénommée George, Les parias chez Hugo, Colette la chatoyante ou Le Petit Prince, elle sera de retour pour nous présenter, le 25 mars, sa toute dernière création, consacrée à la grande Sarah Bernhardt. Un des particularités de cette représentation, à mettre au crédit de l'Amicale Maurice France et de la Fondation Spectacle et Culture, est qu'elle aura lieu au Plaza, dans le cadre de la levée de fonds pour sa rénovation.

Pierrette Dupoyet, c'est une force créatrice exceptionnelle. En 25 années de présence et de succès au Festival d'Avignon et à travers le monde, elle a fait vivre, avec une puissance, une subtilité et une générosité exceptionnelles, une galerie de personnages allant de George Sand à Dreyfus, en passant par Rimbaud, Giono, Joséphine Baker, Maupassant ou Don Quichotte pour n'en citer que quelques uns. Homme comme femme, Pierrette Dupoyet est ces personnages, avec une vérité confondante.

Cette fois, après l'étonnant Petit Prince présenté il y a deux ans, elle nous revient avec sa toute dernière création présentée à Avignon en juillet 2007: Sarah Bernhardt.

Personnalité extravagante, à la fois adulée et contestée, incapable de " marcher dans le rang ", Sarah Bernhardt, surnommée " Délirante Sarah ", s'est lancée dans toutes les batailles. Avec une incroyable audace elle n'a pas craint de choquer en interprétant des rôles d'hommes (L'Aiglon, Hamlet, Lorenzaccio…) ou des rôles d'ingénues (alors qu'elle était déjà grand-mère). Sarah Bernhardt était toujours là où on ne l'attendait pas. Elle a parlé de ses concitoyens avec un humour ravageur, aimé en balayant toutes les conventions, fait preuve de courage en soutenant Zola dans l'Affaire Dreyfus et est allée, à 72 ans, amputée d'une jambe, jouer pour les soldats sur le front…Elle a affronté avec brio la maladie et la mort et mélangé subtilement son amour de la Vie et celui du Théâtre.

Un personnage qui ne pouvait que passionner Pierrette Dupoyet et qui nous promet de beaux moments de théâtre et de vie.

A découvrir donc sur scène le 25 mars. Avec le plaisir supplémentaire de retrouver, pour un soir, l'ambiance du Plaza. Et de contribuer à la levée de fonds au profit de la Fondation Plaza, visant à assurer la rénovation de cet édifice, pour que nous puissions en jouir de façon pérenne et non épisodique...


Patrimoine culturel intangible

Spirit Faces : une culture de masques

Palmesh T. Cuttaree révèle les secrets du Spathodea Campanulata (African Tulip tree), son arbre à masques. Le contact direct avec ses fruits, sa texture et ses possibilités de fabrication lui ouvrent la voie d'une nouvelle inventivité plastique. Naissent Masque Fantasme tropical, Masque Maha Kali, Masque d'une mariée hindoue, figures traduites dans un langage très personnel. Présentés récemment, ces objets décoratifs, ovales pointus, dévoilent une étonnante complexité et fragilité. Palmesh, concepteur du Musée des masques du Monde (World Wide Mask Collection) mêle héritage culturel et langage artistique, et vient combler un manque avec cinq masques uniques, de fabrication artisanale à partir de la flore locale.

Ce sont de véritables symboles d'inventivité. Grâce à la seule confrontation de cinq masques pertinemment conçus et fabriqués, Palmesh T. Cuttaree renoue avec une tradition que Maurice a héritée de son peuplement issu de pays possédant une culture de masques (Inde, Chine, Afrique, entre autres). La force des objets qu'il vient de créer réside dans leur complexité et leur capacité à transcender les intentions de l'artiste : fabriquer des masques avec une dimension artistique et symbolique plus que rituel. En donnant une interprétation artistique libre à ses masques mauriciens, Palmesh Cuttaree fait preuve d'inventivité et montre la capacité d'un art à dépasser ses limites culturelles, à voir plus loin.

Il y a eu au départ cet événement déterminant : une enfance marquée par le graphisme puissant des divinités hindoues. Après des études artistiques et des recherches sur le langage des signes, Palmesh revient aux faces en leur donnant une interprétation nouvelle. Il dit qu'il se sert du symbolisme pour représenter autre chose que des divinités.

A l'origine de toute pièce il y a une étude approfondie de dessin. C'est la coque du fruit de l'arbre African Tulip qui sert de support aux masques. Elle est divisée en deux, nettoyée et traitée selon les normes sanitaires requises. L'artiste définit des détails qu'il transfère sur cette coque. Il retrace le dessin, ajoute de la couleur et des accessoires (aiguilles en argent, tresses, rubans, bijoux, pierres de couleur). De fait, le travail de stylisation est très prononcé. Mais ce n'est pas seulement une œuvre plastique, nous dit Palmesh. "Tout a une résonance, un sens... j'ai voulu transcender le côté religieux pour raconter une histoire à travers mes masques." Résultat: une inspiration locale, une matière à partir d'un arbre dont le rôle est important dans notre habitat (ses fleurs procurent du nectar aux oiseaux). Les faciès des figures de divinités se conforment à un ovale pointu. Le signe distinctif est un assemblage de pierres, de plumes, de fibres. Les cinq masques possèdent chacun une individualité extraordinaire au regard du thème choisi. Cela s'explique par le fait que Palmesh Cuttaree a puisé à plusieurs sources d'inspiration. Il a fallu près de deux années de recherches et sept mois de fabrication pour ces symboles d'inventivité. L'artiste compte approcher Enterprise Mauritius pour vulgariser sa marque Spirit Faces. Le village touristique en gestation pourra peut être aider la création locale.

Palmesh Cuttaree n'est pas à ses premières créations d'inspiration locale. On se souvient des billets de banque de Rs 100 et Rs 50 qu'il avait dessinés en 1986. Ces billets représentaient la flore et la faune de Maurice de même que des objets culturels en argile. C'est encore un aspect de la flore locale qui est valorisé dans la fabrication de ces masques uniques, véritables écorces du rêve.

1. Masque Fantasme Tropical

Ciel, soleil, Mer

2. Masque Shiva

Le Seigneur Shiva représente les aspects de l'Etre Suprême (Le Brahman des Upanishads) qui de façon continue dissout, pour recréer l'univers. Il fait partie de la triade hindoue avec les seigneurs Brahma et Vishnu. Les trois enroulements du serpent symbolisent le cycle du temps, le passé, le présent et le futur. La présence du croissant de lune conforte le concept de l'au-delà - la réalité éternelle. Le jet émanant des cheveux de Shiva représente le Gange, rivière sacrée de l'Inde, détruisant l'ignorance pour privilégier la connaissance, la pureté et la sérénité.

Shiva, en méditation, les yeux à demi fermés sur la présente ère. Complètement clos à la fin de celle-ci, ils s'ouvriront pour accueillir la nouvelle ère.

Le cycle constant.

3. Masque Maha kali

Maha Kali, avatar de la déesse-mère, prend sa forme la plus terrifiante pour vaincre le mal. Échevelée et parée de crânes de démons vaincus, Maha Kali utilise sa langue pour empêcher le sang du démon Raktabija de tomber sur le sol pour éviter son clonage.

Le troisième œil symbolise la force spirituelle.

4. Masque Dévot du Dieu Muruga

Les dévots de Muruga, fils de Shiva, lui montrent allégeance en portant le Cavadee, petite arche fleurie sur laquelle sont attachées deux cruches de lait qu'ils versent sur sa statue dans le temple. Certains dévots se font piquer la langue et parfois le corps avec des aiguilles en argent. Les trois traits représentent la triade hindoue.

Le point rouge est le troisième œil.

5. Masque d'une mariée hindoue avec ornements traditionnels

Le Bindi est un long bijou en pierres précieuses, placé entre les sourcils là où est situé le Chakra du troisième œil, centre du pouvoir spirituel.

Le Bindi attire ainsi la force divine pour libérer l'illumination spirituelle de la mariée. Les autres accessoires ornementaux ne font qu'embellir la mariée.


L'Homme et les Masques

Palmesh T. Cuttaree a suivi des cours à l'Ecole Nationale des Arts Appliqués et des Métiers d'Arts à Paris. Il détient une maîtrise. Il s'est aussi spécialisé en Arts graphiques et communication audiovisuelle. Inspiré récemment par une troupe indienne qui s'est produite au Indira Gandhi Centre for Indian Culture, il nourrit un projet de spectacle musical inspiré de ses propres créations (personnages et masques). Il est aussi le directeur artistique du World Wide Mask Collection (WWMCM) à Pailles. Ce musée est reconnu pour son caractère unique par le International Council of Museums à l'UNESCO. Le musée vient de faire acquisition de six nouveaux masques de la Tanzanie, de la Colombie, du Zaire, entre autres.


Poésie pour la cause des handicapés

L'hippocampe et la souffrance surmontée

S'ils font moins directement allusion à un malheur personnel, les poèmes contenus dans L'hippocampe a deux visages (2008) de Khal Torabully, témoignent cependant que pour un être "fondé en poésie" chaque minute de la vie est une souffrance surmontée. L'Hippocampe, cette petite créature des mers qui surmonte les obstacles des océans, a inspiré le poète Khal pour dire la douleur d'un père de jumelles handicapées.

Le texte poétique de Khal Torabully a un ton chaud qui touche directement. Aucune éloquence, aucun hermétisme mais une leçon des êtres, de leur vie secrète, de leur lutte. C'est à cette veine qu'appartient L'hippocampe a deux visages, un recueil de poèmes des plus réussis sur le combat des handicapés et leurs parents. Un hommage pour ceux et celles qui, comme l'hippocampe, sont capables autrement, nous dit l'auteur.

Le titre fait-il allusion à ces vers "... Cheval de mer, / Sans mains ni pieds, /Une créature légère, / Flottant dans l'eau, / Sans gravité, sans douleur,..."

Ces vers ont été écrits en marge d'une rencontre (avec Ali Jokhun, président de U-Link) et se confond sans doute avec la souffrance aïgue d'un père dont les jumelles étaient handicapées. Les blessures racontées ont dicté le chant de Khal qui les rappellent "... Vint l'heure où le temps se fige/ Sous le visage du père et de la mère. / Leurs cris mêlés de nos mots noyés, / Du silence qui étreint le début de la douleur. / Ainsi la Naissance/ Pour comprendre que tous les enfants/ ne naissent pas égaux/ Que certains naissent/ Avec la lourde charge/ de vaincre la vie pour survivre..."

Les poèmes sont autant de protestations contre l'injustice, l'habitude, l'indifférence et l'oubli. Les plus beaux rappellent une douleur cruelle et un mystère scandaleux, celui du handicap physique des enfants. Impossible de s'y méprendre. Ces filles eurent un visage et un nom. Elles sont désignées avec infiniment de pudeur et de discrétion : "... Je vis la teneur des supplices, / Et la grande aventure de l'amour/ Dans les yeux ébahis des deux naufragées/ Venues s'échouer entre nos larmes/ de douleur et de bonheur..." Mais leurs plaintes silencieuses ont un tel accent qu'on ne peut les voir autrement qu'au plus près de la parole du poète. L'Hippocampe a deux visages dit le vertige devant un mal universel et tente de s'en délivrer par la parole et par le chant : "Je sais la beauté aux mains chaudes de/ l'aveugle, / l'éloge dans l'oreille su sourd, / Le poème de la bouche du muet. / Je sais un coeur entre mille..."

Etrange pouvoir de la parole poétique vraie. Par le sortilège et la musicalité du vers, Khal arrive presque à conjurer l'injustice qu'il dénonce. Il y parvient à force de dépouillement et de pudeur. Son receuil de poèmes est vendu au profit de l'association pour handicapés U-Link.


Extrait choisi

Moi l'hippocampe

Handicapée,

Prête à aimer

L'infini amour

De mes pieds fragiles,

Prête à donner à l'azur

Son geste d'envol serein,

Je vous dis que je me vois

Telle que le monde M'a faite,

Jamais comme il m'a défaite...

Aphasique

Dyslexique

Pathétique

Autiste

Flûtiste

Sympathique

Epileptique

Trisomique

Insomniaque

Diplomatique

Hypocondriaque

Maniaque

Anorexique

Chaque mot

Contient un chromosome

Devenu homme.


U-Link pour la cause des handicapés

L'Ong a été créée en 2000. Son siège se situe à Rose-Hill. Elle vise au développement des enfants handicapés mauriciens. La direction de l'Ong est assurée par Ali Jookun. Avec sa petite équipe, il a réalisé le "Guide to disability 2006/07."

Ce guide contient les informations nécessaires sur les différentes associations, organisations et structures qui existent pour aider les parents d'enfants handicapés. Le projet vise à un soutien continue et un encadrement de ces parents.

Dans ce guide destiné aux handicapés, on trouve : noms des associations, écoles, Ong, etc ; leurs rôles et objectifs ; les handicaps qu'ils traitent spécifiquement ; leurs adresses, numéros de téléphones, adresses courriel, sites internet et les personnes qui en sont responsables.

Le guide comprend aussi quelques pages sur les prestations offertes par les services publics. Sont mentionnés : le ministère de la Sécurité Sociale ; le National Council for the Rehabilitation of the Disabled Persons (NCRD) et le Training and Employment of Disabled Persons Board. Le guide fait mention des aides et subventions prévues dans différents cas.


Littérature

Ben Jelloun ne viendra pas

Annoncé pour une conférence au CCB le 4 mars prochain, Tahar Ben Jelloun ne viendra finalement pas. Aucune explication n'a été donnée à cette annulation, notifiée par l'écrivain la semaine dernière.

L'écrivain et poète marocain de langue française, qui avait obtenu le Prix Goncourt en 1987 pour La Nuit Sacrée, est aussi connu pour sa lutte contre le racisme, cristallisée par l'ouvrage Le Racisme expliqué à ma fille (1997). C'est la promotion suivant la sortie, le 28 janvier dernier, de son tout dernier roman, Sur ma mère (Gallimard), qui expliquerait l'annulation de sa venue chez nous. Le 1er février dernier, il a reçu, des mains du président de la république française, la Croix de Grand Officier de la Légion d'honneur.

La dernière visite de Tahar Ben Jelloun à Maurice remonte à mai 2001, pour présider le jury du Prix Jean Fanchette consacré à l'essai. Cela au lendemain de la vive polémique qui avait suivi la sortie de son roman Cette aveuglante absence de lumière (Seuil), sur le bagne de Tazmamart au Maroc.


Spectacle d'humour, le 15 mars

L'humoriste Tomer Sisley à l'auditorium Octave Wiehe

Tomer Sisley, un des plus drôles humoristes du moment nous rend visite. Ce comique de la nouvelle génération, qui a assuré la première partie du one man show, "100% Debbouze" de Jamel Debbouze en 2004, sera sur la scène de l'auditorium Octave Wiehe, le 15 mars prochain, à 20h. L'occasion pour les Mauriciens d'apprécier un one man show exceptionnel ! Lors d'un show, Stand Up, qui devrait durer environ 1h30, Tomer Sisley fera rire avec ses vannes en observant les détails du quotidien. Ceux qui connaisse Tomer Sisley - qui joue par ailleurs dans la fameuse sitcom de M6 "Studio Sud" -, savent qu'il pratique un humour mordant et exacerbé, le tout mélangé d'un soupçon d'ironie. Sur scène, cela donne un one man show des plus explosifs. Ainsi, cet événement, organisé par Bao Communication, promet d'être un spectacle divertissant qui fera sourire, sans vulgarité, et plutôt tourné sur les travers de tel ou tel sujet, sur des scènes de vie quotidienne... Les billets du spectacle qui débutera à 20h sont en vente sur le Rézo Otayo entre Rs 600 et Rs 500 pour les places en première et seconde respectivement. Les places en latérales coûtent Rs 400.


Les images de la guerre

Boule de Suif et autres récits de guerre

Les Éditions Le Printemps poursuivent dans la publication de classiques (texte intégral et analyse critique) qui connaissent un intérêt surtout chez les étudiants. Voilà Boule de Suif et autres récits de guerre de Guy de Maupassant (ELP 2008), texte tombé dans le domaine public. On connaît le caractère obsessionnel de la guerre dans l'œuvre de Maupassant. Boule de Suif, publié en 1880 dans le cadre d'un recueil intitulé Les Soirées de Médan est le plus connu des récits de guerre de l'écrivain normand. A l'origine, on trouve la guerre franco-prusienne. Pour comprendre le contexte de l'œuvre de Maupassant, la présente édition de Boule de Suif comprend une étude de l'universitaire Bruno Cunniah. Il livre principalement aux étudiants différentes approches et pistes de lecture : la guerre franco-prussienne et le démantèlement du Second Empire, des aspects de la vie de l'auteur, sa participation au mouvement naturaliste, entre autres. Une lecture méthodique des seize contes que comprend le recueil accompagne l'étude. Les étudiants ciblés trouveront aussi diverses analyses par rapport aux personnages et aux techniques narratives.

En vente à Rs 160.


La souffrance source de création

"I've often worried about this - If one got really very happy in life, one might not want to write at all. I think grief is creative..." Ces quelques lignes de Margaret Drabble pourraient résumer l'aventure littéraire et humaine de Rukaiya Dooreemeah. Cette mère d'un fils de 15 ans, Tariq, signe son premier recueil de nouvelles en anglais, Sorrow, happiness and determination. Il s'agit d'une compilation de dix histoires courtes. De nombreux récits traitent de situations dramatiques telle cette histoire d'amour dramatique qui ouvre le recueil (A tragic love story). Pour résumer : Feizal, un bijoutier de 25 ans et sa femme Sameera sont les parents d'une petite fille Warda. Sameera découvre un jour qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. La nouvelliste ne nous épargne aucun détail de la maladie, son traitement et ses conséquences psychologiques. Une autre nouvelle, la plus longue de la collection "Anita's predicament" évoque une autre tragédie : celle d'un jeune couple qui adopte un enfant pour sauver leur mariage. Mais le mari meurt lors d'un séminaire en Australie et la femme doit continuer à vivre pour son enfant. Et ainsi de suite jusqu'à la propre histoire de l'auteur. On apprend que son fils Tariq atteint d'une encéphalite virale, inflammation du cerveau à l'âge de huit ans, s'en sort après une longue convalescence. Visiblement l'auteur raconte des expériences susceptibles de provoquer la réflexion sur les relations humaines. Avis aux amateurs de drames humains.

Rukaiya Dooreemeah, native de Port-Louis, exerce dans la Fonction publique. Elle a toujours baigné dans le monde des lettres. Après diverses expériences, elle parvient à publier son premier recueil de nouvelles avec le soutien de son mari. Elle nourrit des projets de journalisme. Elle a aussi écrit des articles en anglais dans les colonnes de plusieurs journaux. Souhaitons que son désir d'écrire pour une meilleure compréhension des relations humaines complexes trouvent un bel écho.

Le livre est en vente à Rs 100 en librairie.


Cinéma, Oscars 2008

Cotillard, Day-Lewis, Bardem: le sacre des Européens

La 80ème édition des Academy Awards, qui s'est déroulée le 24 février à Los Angeles, a porté les frères Coen au sommet. No country for old men a raflé quatre prix. Mais cette année, les Oscars saluent surtout les acteurs européens pour leur performance : la française Marion Cotillard et sa métamorphose dans La Môme, l'acteur anglais Daniel Day-Lewis en tueur avide de terres (There will be blood) et l'espagnol Javier Bardem en terrifiante machine à tuer dans No country for old men.

Retour sur ces performances d'acteurs.

Marion Cotillard a été sacrée meilleure actrice lors de la cérémonie des Oscars 2008 pour sa transformation en Edith Piaf. On se souvient de ce biopic sur la vie de la célèbre chanteuse qui avait créé l'événement cinématographique à sa sortie. La France emboîtait ainsi le pas à Hollywood en consacrant un film à l'une des plus grandes stars de la musique.

La Môme d'Olivier Dahan revisite la vie tourmentée de la mythique Edith Piaf, de l'abandon par sa mère à sa mort en 1963 à l'âge de 47 ans seulement. Le film retrace aussi l'éducation de sa grand-mère paternelle dans une maison close, sa maladie la menaçant de cécité, ses débuts aux côtés de son père alors qu'elle n'est encore qu'une enfant, son implication dans un meurtre dont elle fortement soupçonnée, son addiction à la morphine et enfin son idylle avec le célèbre boxeur Marcel Cerdan, qui mourut dans un accident d'avion en 1949. Marion Cotillard interprète tous ces visages de Piaf. Le film a aussi obtenu un oscar pour le meilleur maquillage. C'est dire à quel point l'interprétation d'une succession de drames a été valorisée.

Marion Cotillard dans le rôle d'Edith Piaf forme un magnifique duo avec Sylvie Testud. La performance de Cotillard est à la hauteur des attentes, avec une métamorphose impressionnante. Elle prend toutefois un charme supplémentaire grâce à la complicité qui la lie avec le personnage de Mômome. Cette relation nous permet enfin d'accrocher au personnage. Ce rapprochement entre la chanteuse et le spectateur est encore renforcé grâce à sa relation avec le boxeur Marcel Cerdan. En plus d'humaniser le personnage principal, cette histoire d'amour permet aussi à Olivier Dahan de revenir sur une structure de film assez conventionnelle. Le film tient son succès grâce à son identité visuelle.

Que dire de l'interprétation de Chigurh par Javier Bardem dans No country for old men de Joel et Ethan Cohen. L'acteur espagnol est au plus haut point de son art dans ce rôle d'exterminateur, dénué de toute forme de psychologie et écrasant tout sur son passage. Son relookage est déjà une performance en soi. L'acteur contribue beaucoup au film noir, registre qui a inspiré aux frères Coen leurs meilleurs films. No country for old men est un récit à trois voix. D'abord celle d'un jeune chasseur (Josh Brolin) qui découvre des cadavres près de la frontière mexicaine. Il devient la proie de Chigurh, tueur obsessionnel qui donne une dimension d'ange exterminateur au film. La troisième voix est celle du shérif (Tommy Lee Jones) qui est chargé de l'affaire. Les frères Coen réalisent un film adapté du roman de Cornac Mc Carthy, au ton maîtrisé et dosé d'humour noir. L'acteur Javier Bardem déclare au sujet de son interprétation de Chugurh, personnification du mal, que c'est un symbole de violence qui ne vient de nulle part. Les frères Coen lui avait demandé de ne pas le jouer comme un déséquilibré mental. L'acteur qui aime deviner l'identité d'un personnage à travers le langage de son corps, ses gestes, etc, s'est mis à imaginer une sorte d'interlocuteur suprême qui entend une voix en son for intérieur: dieu ou le destin. Pari réussi.

Le choix de Daniel Day-Lewis pour interpréter Daniel Plainview, un "oilman" autoproclamé a été judicieux. Le film de Paul Thomas Anderson, There will be blood (2007) traite une histoire de famille, de pétrole, d'ambitions. La critique a salué dans cette saga américaine ( de la fin de la ruée de l'or au règne des derricks) une film épique et tragique. Le film d'Anderson est complexe. La façon dont Day-Lewis passe des scènes légères à des aspects plus sombres est surprenante. Plainview est non seulement intéressant mais amusant et effrayant tout au long du film.

Le sang fait la force du film d'Anderson. Pour ceux qui sont familiers à son travail, il n'est pas étonnant qu'ils soient quelque peu troublés par la façon dont l'histoire est racontée. Toute la maîtrise du film réside dans le traitement du thème: le sang et l'avidité des terres. Daniel Day-Lewis surprend là dans son interprétation de tueur.

Pour résumer, les acteurs européens salués aux Oscars cette année se signalent dans des rôles plutôt sombres.


Dance Fever 2008

Début des quarts de finale

Les Heat Shows du National Dance Championship ayant pris fin le vendredi 22 février, une autre série d'épreuves attend les 60 quarts-de-finalistes. Durant les quatre semaines que dureront les éliminatoires, le jury donnera la chance au public de voter pour leur candidat préféré par SMS. Par ailleurs, un numéro d'audiotex permettra aux téléspectateurs de repêcher un candidat non qualifié.

Dans un peu plus d'un mois, un des qualifiés des dernières étapes de la Dance Fever 2008 s'apprêtera à faire ses valises pour s'envoler vers Sydney où il sera admis dans une prestigieuse école de danse - sans avoir à payer les frais de scolarité - et pourra par la suite embrasser une carrière à laquelle tous ces jeunes gens se destinent, c'est-à-dire la danse.

Après les premières séries d'épreuves, dont auditions et éliminatoires, les candidats ayant franchi le cap des Heat shows vont s'affronter de nouveau, cette fois en quarts de finale, qui débutent ce vendredi au Palladium à Trianon. À l'issue de quatre semaines d'épreuves, seuls huit des 60 quarts-de-finalistes seront retenus pour les semi-finales. Le jury de cette édition composé de Jerry Nayna, de Nalini Aubeeluck et de Jacques de Maroussem accompagneront les candidats de ce premier quart de finale en compagnie des guest judges dont Eric de Chateauneuf, président de l'association Les enfants d'un rêve et Alain Clément, ex champion du concours de danse national en 1987. " Le vote se fera à 50% par le jury, et à 50% par le public, qui pourra voter par SMS sur un numéro qui sera communiqué au courant de la semaine ", affirme Jerry Nayna membre du jury et directeur artistique de l'agence événementielle Duet Entertainment, organisatrice de cet événement avant d'ajouter que " celui-ci pourra aussi sauver ceux qui ont échoué aux éliminatoires en composant le 303 1000 ". Par conséquent, 10 d'entre eux seront repêchés, soit 2 par éliminatoire et auront ainsi la chance de franchir les quarts de finale. " De nombreux cadeaux dont des montres, téléphones, laptops seront offerts à ceux qui voteront par SMS ", annonce-t-il.

Jerry Nayna qui a lui-même remporté de nombreux championnats nationaux et mondiaux de danse et plusieurs titres internationaux déclare : " Ceux qui échouent aux éliminatoires ne doivent pas se décourager. It doesn't mean that their career ends here. S'ils aiment la danse, il faut être plus positif et ne jamais abandonner. " Lors de ce premier quart de finale qui se tiendra vendredi au Palladium, le Waudaugah Aboriginal Dance Troup, venant de l'ouest de l'Australie, émerveilleront les spectateurs.

Évoquant les commentaires des membres du jury que certains trouvent acerbes, trop sévères ou exagérés, il affirme : " Les participants ont été avertis dès le départ qu'ils seront non seulement jugés sur leur chorégraphie, leur personnalité, leur aisance sur scène, mais aussi sur leur costume et leur originalité. Or, les membres du jury ont souvent été déçus par le choix des costumes et des couleurs, surtout lorsqu'il s'agit de très bons danseurs. Il ne faut pas croire qu'être créatif ou original requiert des vêtements chers. On peut monter un costume original rien qu'avec ce qu'on a. Il faut juste savoir être créatif. "

Par ailleurs, Jerry Nayna a annoncé que les auditions pour la deuxième édition de Dance Fever débuteront en septembre prochain.

À noter que les billets à Rs 250 sont toujours en vente dans tous les magasins IV Play, Chez Maxime à Curepipe et Foto Boutique à Curepipe. Pour de plus amples renseignements, appelez sur le 703 9857.


Cuisine

Charlotte: délicieusement royale

La charlotte royale, présentée comme telle s'adresse surtout aux amateurs de crème diplomate. C'est cette crème qui fait office de garniture principale et donne de l'onctuosité à cette pâtisserie. Les fruits en conserve apportent, eux, une pointe acidulée, contrastant avec la douceur de la gelée du biscuit roulé. Mais, comme le précise le Chef Feizal Chaumoo, la crème diplomate peut être remplacée par une autre crème et vous pouvez agrémenter votre charlotte royale de fruits de votre choix. Pensez dans ce cas, à des quartiers de poires ou de pommes caramélisés. Voire des rondelles d'ananas en sirop. Remplacez la gelée aux fruits rouges du biscuits par une confiture d'ananas. Les amoureux du chocolat peuvent, par exemple, ajouter du chocolat noir fondu dans la crème pâtissière et un peu de cacao en poudre dans la préparation du biscuit roulé et décorer le dessert de copeaux, pour en faire une charlotte royale toute chocolat! Osez et laissez faire votre imagination, mais tout en respectant la base du dessert. À notre avis, la charlotte royale, une fois démoulée, n'est pas très esthétique. Mais, une fois tranchée et dressée sur un plat, elle décline une facette qui attise la gourmandise, amplifiée par les couches alternées de crème, fruits et biscuits. Si vous l'optez en dessert, allez-y pour une fine tranche. Et si vous vous souciez de votre ligne, choisissez une crème liquide allégée pour monter la crème et n'utilisez pas de jaune d'œufs dans la préparation de la crème pâtissière. Cette semaine, ce sont Meenakxee Khaudun, Corinne Chan, Veena Jhuboo et Nasserudhin Kurreembokus, élèves au Bake Master Co. Ltd qui se sont mis aux fourneaux pour réaliser la recette du jour.

Charlotte Royale

Ingrédients: Tranches de biscuit roulé, 250 g de crème pâtissière, 200 g de crème montée, 15 ml de gélatine en poudre, 45 ml d'eau glacée et 250 g de fruits en boîte

Méthode. Commencez par préparer le biscuit, comme suit:

Ingrédients: 175 g de farine pâtissière, 200 g de sucre glace, 6 œufs moyens, 1 c.café d'essence de vanille, 2 c.à soupe d'eau chaude. Garniture pour le roulé: 250 g de gelée (en boîte) de goyaves ou de fruits rouges.

Préparation: Préchauffer le four à 215°C. Tamisez le sucre. Tamisez la farine. Cassez les œufs, un à un dans un petit bol pour vous assurer de leur fraîcheur. Mettez-les dans un grand bol. Ajoutez le sucre glace, l'essence de vanille et fouettez énergiquement (ajoutez l'eau chaude peu après le démarrage de cette étape) jusqu'à ce que le mélange augmente en volume et forme un ruban. Tamisez à nouveau la farine sur le bol contenant le mélange œufs et sucre. À l'aide d'une cuillère à soupe, en métal, incorporez la farine, délicatement. Étalez la pâte, à l'aide d'une spatule coudée, sur une plaque graissée ou au mieux du papier de cuisson. Enfournez (215°C-230°C) pendant 10 à 20 minutes: jusqu'à ce que le biscuit prenne une couleur dorée. Retirer. Entretemps, fouetter la gelée et réserver. Passer la lame d'un couteau entre les quatre côtés du papier et la plaque. Retourner la plaque sur un papier de cuisson posé sur le plan de travail. Enlever le papier, ayant servi de base pour le biscuit. Étalez la gelée sur le biscuit. Puis, rouler dans le sens de la longueur (avec le papier), en prenant soin de bien serrer le biscuit. Enlever le papier. Coupez les deux extrémités. Tranchez le biscuit en rondelles de 2 cm. Réservez.

Ensuite la crème pâtissière:

Ingrédients: 65 g de maïzena, 500g de lait, du sucre à volonté

Préparation: Mélangez une partie de la maïzena et le sucre avec un peu de lait. Réservez. Faites chauffer le reste de lait dans une casserole sur feu moyen. Versez le lait chaud sur la préparation. Portez à feu doux, tout en remuant jusqu'à ce que la crème épaississe.

Préparez une crème diplomate. Mettez l'eau glacée dans un bol. Versez la gélatine en pluie. Laissez dissoudre jusqu'à la formation d'une fine couche, blanchâtre et cristallisée. Passez le bol très rapidement au bain marie. Incorporez la gélatine dans la crème pâtissière tout en fouettant énergiquement. Mélangez la préparation avec la crème montée. Chemisez l'intérieur d'un moule ou bol avec les rondelles de biscuit. Garnissez le fond avec une partie de la crème, puis les fruits égouttés. Couvrez les fruits de rondelles de biscuits. Répétez et terminez avec les biscuits. Recouvrez avec du cling film et laissez reposer au réfrigérateur au moins six heures avant de démouler et servir

Notre suggestion:

Imbibez légèrement, avec un pinceau, le biscuit roulé de jus de fruits ou d'un sirop de votre choix, avant de le trancher. Ce qui vous évitera d'avoir un biscuit trop sec en bouche.


A Grand-Bassin

Des dignitaires religieux indiens participent à la cérémonie de consécration

La consécration de l'imposante statue de 108 pieds du Dieu Shiva se trouvant à l'entrée sud de Grand-Bassin, a eu lieu jeudi, devant des milliers de fidèles. Des hauts dignitaires religieux indiens et locaux ont officié la cérémonie de consécration connue comme le Maha Kumbhabhisegum qui a débuté à 16 h 45, pour terminer vers 20 h. Quatre acharyas et deux swamis de l'Inde ont participé à ces prières dédiées au Dieu Shiva. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, s'est rendu également à Grand-Bassin, pour la cérémonie de consécration durant laquelle l'hélicoptère de la police a déversé de l'eau sacrée et des fleurs sur la statue de Shiva.

Les responsables de Mangal Mahadev Trust qualifie cet événement d'historique car un rêve a pu être concrétisé après trois ans de travaux.

L'acharya Vinod Shastri Sharma, l'acharya Heeram Swarup, l'acharya Kumar Sharma et l'acharya Chaturvedi, ont récité des versets védiques et ont offert des offrandes à Shiva. L'acharya Chaturvedi est un érudit en sanscrit de l'université de Rajasthan. Ils ont été soutenus par le swami Om Prakash et le swami Munna Lal Nauthial et l'acharya Mohunprasad Saklani et Mishra qui officient à Maurice. Le ministre de l'Environnement, Anil Baichoo, Bissoon Mungroo, Nundun Gopee, Satish Goburdhun et M. Padyachy, accompagnés de leurs épouses, ont participé à ces prières. Cette cérémonie présidée par Rajendra Arun a été entrecoupée de chants pieux interprétés par Sooraj Kumar Beeharry et le Ramayana Centre. Parmi l'assistance, on remarquait l'Attorney General, Rama Valayden, Pravind Jugnauth et Nando Bodha et les responsables des organisations socioculturelles.

La statue de Shiva est la deuxième plus grande statue de divinité hindoue construite dans le monde. La statue a été érigée en 36 mois au coût de Rs 17 millions et 35 sculpteurs et ouvriers indiens de Mathuram Associates ont travaillé sans relâche pour compléter les travaux. Les travaux de finition qui consistent à recouvrir la statue d'une fine couche de cuivre ont été achevés l'année dernière. Des projecteurs ont été placés autour du socle ainsi que des jeux de lumière. Le bassin se trouvant au bas de la plate-forme a été embelli avec des plantes dont des lotus.


Chevrolet Silverado

Premier gros pick-up US sans essence ni CO2

Dans la lutte contre le changement climatique, les gros pick-ups américains, à priori, ne sont pas la solution. Mais en les faisant fonctionner à l'hydrogène, ils ont pris une avance considérable dans ce segment. Le Centre de recherches sur l'hydrogène (CHR) de la Caroline du Sud vient en effet de produire sont premier "gros" pick-up de 4 portes, 6 places et fonctionnant à l'hydrogène. Et il ne rejette aucune émission de CO2.

Le CHR de la Caroline du Sud est l'élément scientifique de l'Alliance pour l'hydrogène et les piles à combustible en Caroline du Sud, une association professionnelle largement inconnue en Europe, mais à laquelle des entreprises qui croient en l'hydrogène, comme BMW ou Toyota, y participent depuis plusieurs années.

L'actualité est que le CHR vient de s'équiper de son premier véhicule à hydrogène, un gros pick-up 4 portes, et 6 places. Il s'agit d'un Chevrolet Silverado dont le moteur V8 a été modifié. La conversion a été effectuée par la société ETEC à partir d'un V8 de 6 litres de cylindrée. Tout le système d'alimentation est original, et le calibrage a été effectué par Roush, le préparateur Ford bien connu (aux États-Unis). Pour compenser la combustion très différente de l'hydrogène, le moteur a reçu l'appoint d'un compresseur volumétrique, mais cela ne suffit pas pour compenser les failles d'une conception moteur non adapté à l'hydrogène.

La puissance chute cependant de 300 à 195 ch, alors que le V8 est monovalent (il ne fonctionne qu'à l'hydrogène), quand BMW fait mieux avec des moteurs bivalents (fonctionnant aussi bien à l'hydrogène qu'à l'essence). C'est là qu'on voit que le constructeur de Munich a plus de 30 ans d'expérience avec l'hydrogène...

Néanmoins, le CHR dispose désormais d'un véhicule sans émissions de CO2, et c'est déjà beaucoup. Il n'est cependant plus guère utilisable comme pick-up, puisque les réservoirs, 3 grosses bonbonnes d'hydrogène à 350 bars, occupent presque toute la benne. Avec une contenance de 10,5 kg d'hydrogène, la consommation est de 4,4 kg/100 km en ville, et 3 kg/100 km sur la route. C'est énorme comparativement aux autres prototypes du même genre présentés par les constructeurs automobiles européens et japonais.

Mais il faut rappeler que le véhicule fait plus de 6 mètres de long, et qu'il pèse 2864 kg à vide, avec l'aérodynamisme d'une brique. Il n'y a pas de miracle. A l'essence, c'est un engin qui use facile 25 lt/100 km. Ce n'est pas tout le monde qui a les moyens d'en posséder un. Il en sera de même quand il n'y aura plus de pétrole, et qu'on voudra faire rouler les autos à l'hydrogène.


Rinspeed sQuba :La première voiture de plongée !

Vous vous souvenez peut-être du film L'espion qui m'aimait (1977) où Roger Moore dans le rôle de James Bond conduisait une Lotus Esprit amphibie. Après la fiction, le préparateur suisse Rinspeed rend hommage à la saga et laisse place à la réalité avec son nouveau véhicule amphibie basé sur la Lotus Élise : La sQuba, capable de plongeur à une profondeur de 10 mètres et de se déplacer à une vitesse de 3km/h sous l'eau. Elle sera présentée au salon de Genève la semaine prochaine.

Ce n'est plus du cinéma ! James Bond accompagné de Barbara Bach s'apprêtant à plonger avec sa Lotus dans la Méditerranée... 31 ans après, Rinspeed fait, lui, son cinéma. Frank Rinderknecht, le PDG de l'entreprise Rinspeed est réputé pour ses idées plutôt originales. Après sa zaZen à toit translucide basée sur une Porsche Carrera S ou son concept eXasis entièrement translucide, le préparateur n'a pas de limite. Il dévoilera en effet à partir du 4 mars à Genève sa nouvelle Lotus Élise amphibie qu'il a baptisé sQuba.

Le carrossier transformiste, ainsi se frotte déjà les mains à l'idée de la surprise des visiteurs du prochain Salon de Genève, lorsqu'ils découvriront la première "voiture de plongée" au monde. Son créateur, Frank M. Rinderknecht, avoue qu'il s'agit là de la concrétisation d'un vieux rêve né devant les écrans de cinéma et les films d'espionnage.

Sous le capot, le Suisse a retiré le moteur 1.8 l quatre cylindres Toyota d'origine, au profit de trois moteurs électriques. Un de ces moteurs de 54 kW s'occupe de propulser la belle sportive sur terre alors que les deux autres de 800 kW se mettront en fonctionnement pour faire fonctionner les hélices du véhicule. Les déplacements dans l'eau est assurée par deux propulseurs Seabob installés à l'avant. Ces dispositifs fonctionnent comme les jets-skis en agissant par rétropropulsion en envoyant un jet d'eau. Ils se composent de coques légères et résistantes utilisant des matériaux de la nanotechnologie. Les moteurs sont alimentés par des batteries lithium-ion rechargeables. Ainsi en plus d'être amphibie, la Rinspeed sQuba est écologique.

Grâce au moteur électrique de 54 kW (73 ch), cette Lotus Élise peut atteindre les 120 km/h et abattre le 0 à 100 km/h en 7,1 secondes (grâce à sa légèreté). Sur l'eau, l'ensemble se limite à 6 km/h et sous l'eau, la belle anglaise ne peut dépasser les 3 km/h. Elle peut tout de même plonger jusqu'à 10 m de profondeur !

Il ne faut pas oublier que la Lotus Élise est un Roadster, cela oblige les occupants de s'équiper de masque, détendeur et bouteilles d'oxygène en cas d'immersion. C'est un mal pour un bien, d'abord pour la sécurité (énorme pression subit par les portes) mais aussi pour les performances du véhicule car compenser un volume d'air de 2m3 nécessite une prise de poids de 2 tonnes...

Pour le côté bling bling, très à la mode en ce moment, la Rinspeed sQuba arbore des textiles et des pédales incrustés de diamants. De plus, l'habitacle rappelle l'univers marin avec des couleurs rappelant le vivaneau à queue jaune et des inserts de nacre sur le levier de vitesse et les contre-portes (pour rappeler les écailles argentées du poisson). Les matériaux utilisés sont antidérapant et sont conçus pour résister à l'eau salée.

Comme quoi, l'époque où l'on pouvait séduire en emmenant une femme faire un tour en voiture est peut-être révolue. Il faut faire plus maintenant, il faut l'emmener se baigner ! Ce dernier-né de Rinspeed reste, il faut le dire, un fabuleux jouet pour milliardaire… Il vaut 1 million d'euro.


Filmfare Awards

Taare Zameen Par, meilleur film

Les meilleurs artistes du cinéma ont été dignement récompensés lors de la 53ème édition des Filmfare Awards qui s'est déroulée samedi dernier au Yash Raj Studios à Mumbai. Shah Rukh Khan a obtenu l'oscar de la meilleure interprétation masculine dans Chak De India. C'est son 7ème Filmfare Awards, un de moins que le légendaire Dilip Kumar. La sulfureuse et très médiatisée Kareena Kapoor a réussi l'exploit de décrocher le prix de la meilleure interprétation féminine pour Jab We Met, sa seule sortie en 2007.

C'est sans surprise que l'excellent Taare Zameen Par a été proclamé meilleur film. Aamir Khan continue d'affirmer son beau tempérament d'acteur et maintenant en tant que réalisateur, il réussit à créer des émotions et des réflexions essentielles sur la société à travers le regard d'un enfant malade de huit ans. Darsheel Safary (11 ans) qui porte le film sur ses frêles épaules possède déjà l'étoffe d'un grand. Il a été proclamé meilleur acteur, choix de la critique. Il déploie émotions, fascination, dérange, mais ne laisse jamais indifférent.

Aux antipodes des films d'amour et d'action qui envahissent les écrans, Chak De India conte l'histoire pathétique de Kabir Khan (Shah Rukh Khan), un ancien coach de l'équipe nationale de hockey, injustement évincé au profit d'un autre entraîneur et qui va faire son come-back en menant à la victoire une équipe féminine dans la Coupe du monde. Shah Rukh Khan fournit une prestation à la hauteur de son immense talent. Dans la comédie romantique Jab We Met, Kareena Kapoor dans le rôle de Geet prouve qu'elle est une comédienne merveilleuse. Talentueuse et d'une beauté éblouissante, Kareena semble avoir retrouvé une deuxième jeunesse après ses escapades amoureuses avec Saif Ali Khan. Imtiaz Ali a obtenu le prix de meilleur dialogue pour ce film.

Tabu a enlevé la palme de meilleure actrice, choix de la critique pour avoir si merveilleusement donné la réplique à Amitabh Bachchan dans Cheeni Kum. Le trophée de meilleur acteur de soutien a été décerné à Irrfan Khan pour son rôle dans Life in a Metro. Konkana Sen Sharma, sa partenaire dans le film a remporté le prix de la meilleure actrice de soutien.

La belle Deepika Pakudone avec son charme et son élégance a conquis le jury pour son rôle dans Om Shanti Om. Elle a enlevé la palme de meilleur espoir féminin. Ranbir Kapoor avec son sourire captivant et ses yeux ensorcellants a obtenu le trophée de meilleur espoir masculin pour son rôle d'amoureux éconduit dans Saawariya. Il a été chaudement applaudi par sa soeur Riddhina et ses deux cousines Kareena et Karishma.

Le maestro A.R. Rahman a enlevé le trophée de meilleur directeur de musique dans Guru. Shreya Ghosal s'est distinguée dans le film en enlevant le trophée de meilleure chanteuse avec le morceau, Barso Re. Shaan a obtenu la palme de meilleur chanteur pour le morceau, Jabse Tere Naina du film Saawariya.

Rishi Kapoor a reçu le Life achievement award, une récompense qu'il a dédiée à son grand-père, Prithviraj Kapoor. Il a souhaité que son fils Ranbir enlève un jour, ce prix.

Shah Rukh Khan et Saif Ali Khan ont agi comme maître de cérémonie. Le Badshah et le Chhote Nawab de l'écran indien ont été soutenus par Karan Johar. Akshay Kumar, Kareena Kapoor et Himesh Reshammiya se sont illustrés avec les morceaux de Heyy Babyy, Bhool Bhulaiyaa, It's Rocking, Mauja Hi Mauja et Asalam Waleikum. La famille Bachchan a brillé par son absence lors de cette cérémonie.


On s'amuse avec la carte bancaire de Shah Rukh Khan

Trois suspects ont été arrêtés par la police de Mulund, un quartier de la banlieue nord de Mumbai, alors qu'ils venaient d'effectuer pour plus de Rs 25 000 d'achats dans une boutique de vêtements. Rien de bien répréhensible jusque-là sauf que trois jeunes gens ont réglé leur facture avec une carte bancaire portant le nom de Shah Rukh Khan. Vinay Vijay Tambe, James Paul Perema et Shekar Jadhar avaient décidé de se faire plaisir en allant faire quelques petites emplettes sur le compte de la star de Bollywood à la boutique Nirmal Lifestyle de Mulund.

Déjà que leur idée était stupide, les trois complices ont de surcroît laissé un indice qui allait permettre au vendeur de se rendre compte de l'escroquerie après seulement quelques secondes. Ainsi, l'un des trois escrocs n'a rien trouvé de plus intelligent que de signer la transaction de son nom, Vinay Vijay Tambe, alors qu'il venait de présenter une carte bleue portant le nom de King Khan.

S'apercevant de la supercherie, le vendeur appelle la banque de SRK, la ICICI Bank, afin de s'assurer de l'authenticité de la carte. Information prise, il s'agissait bien de celle de Shah Rukh Khan. Le vendeur appelle donc la police qui ne mettra que quelques heures à retrouver le trio. Contacté par la presse, SRK a confirmé qu'il avait perdu quelques jours auparavant sa carte bleue ainsi que son passeport.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 2 mars 2008