|
Projet de déviation de la route côtière
à Trou-aux-Biches
Beachcomber obtient son EIA Licence
Un village cinq étoiles devrait prochainement voir le jour
à Trou-aux-Biches. Cela, suite au projet de reconstruction
de l'hôtel de Beachcomber. Le groupe hôtelier a en
effet obtenu son Environment Impact Access (EIA) Licence du ministère
de l'Environnement. Beachcomber devra néanmoins satisfaire
une liste de conditions dans la mise en place de ce projet, qui
inclut la déviation de la route côtière de
TAB à la hauteur de l'actuel poste de police jusqu'à
l'hôtel Casuarina. Si ces développements engendront
de gros changements dans le paysage de ce village du Nord, les
habitants du morcellement Jhuboo, réunis au sein du Mouvement
pour le Maintien du Silence et la Tranquillité de Morcellement
Jhuboo (MMSTMJ), opposés à cette déviation,
comptent faire appel.
Suivant l'obtention de son EIA Licence, le 18 février dernier,
Beachcomber a déjà enclenché les procédures
en vue d'avoir l'aval des autres autorités concernées.
Les travaux devraient uniquement démarrer une fois tous
les autres permis et clearance obtenus, tant pour la construction
de l'hôtel que pour la déviation de la route. En
effet, le ministère de l'Environnement a dressé
une liste de conditions à respecter, dont une buffer
zone de 30 mètres à établir à
partir des wetlands. Beachcomber devra également
s'assurer que la construction du pont n'ait aucun impact négatif
sur les marécages, et qu'il n'y ait pas de risques d'inondation
en cas de grosses pluies. Le ministère de l'Environnement
impose également que "no construction shall be
allowed on the 20 m buffer from the reserves of the proposed realigned
road and Morcellement Jhuboo and the buffer area shall be properly
landscaped and kept as a green belt".
27 conditions
Beachcomber devra satisfaire 27 conditions pour la mise en place
de ce projet. "Nous avons eu le EIA Certificate avec une
série de conditions qui sont attachées. Et nous
allons bien évidemment les respecter scrupuleusement",
explique la direction du groupe. Si ce dernier a depuis entamé
les démarches pour avoir les autres permis et clearance
tant pour la construction que pour la route auprès des
autorités concernées, il fait ressortir que par
rapport à leur échéance de départ
les travaux ont pris quatre mois de retard. En effet, le démarrage
des travaux été prévu pour le 1er novembre
de l'année dernière. "Tous ceux qui vont
travailler sur ce chantier devront mettre les bouchées
doubles pour une ouverture en novembre 2009. Nous espérons
pouvoir rattraper ce retard. Ce ne sera pas facile",
souligne la direction de Beachcomber.
Remerciant tous ceux qui ont soutenu le projet dont toutes les
forces vives de Trou-aux-Biches, Pointe-aux-Piments et Triolet
et ainsi que des résidents du morcellement Jhuboo, Beachcomber
indique que ce projet rendra fiers la région et le pays.
Rappelons que dans le cadre de la reconstruction du TAB Hotel,
qui date de 1972, l'établissement contribuera également
au développement social de la région, notamment
en construisant une école hôtelière, un bureau
de poste, un dispensaire et un espace boutique pour les produits
artisanaux.
Reconnaissant l'envergure du projet de Beachcomber, les membres
du MMSTMJ avancent cependant que celui-ci ne doit pas se faire
au détriment de la tranquillité des riverains. Malgré
les conditions imposées par le ministère de l'Environnement,
le MMSTMJ, qui a été entendu devant le EIA Committee,
maintient ses protestations. Selon le porte-parole du mouvement,
le EIA Commitee et le ministère de l'Environnement n'auraient
pas prêté grande attention à leurs doléances.
Les membres du mouvement avaient en effet soumis un EIA Report
pour contrer ce projet. Dans la même lignée, le MMSTMJ
avait soumis une série de propositions, dont une buffer
zone de 100 mètres.
Les habitants de Jhuboo envisagent maintenant de faire appel contre
le fait que le promoteur ait obtenu son certificat EIA. Une lettre
a déjà été envoyée au CEO de
Beachcomber pour l'en informer. Les membres du MMSTMJ affûtent
leurs armes et auront recours à des services légaux.
Ils comptent sur l'expertise étrangère, dont celle
de Mauriciens expatriés, pour démontrer que leurs
appréhensions sont fondées.
Lutte contre le terrorisme
Le Parlement Européen saisi du dossier Diego Garcia
Le dossier de la base militaire américaine installée
à Diego Garcia continue à monopolise l'attention
sur le plan international après les dernières révélations
fracassantes de Londres au sujet des Extraordinary Renditions.
En effet, l'European Parliament's Committee on Civil Liberties
(LIBE) a entériné en fin de semaine la décision
de faire un Follow Up complet sur le programme de kidnapping
et de torture dans des endroits secrets pour le compte de la Criminal
Intelligence Agency (CIA). De son côté, le ministre
des Affaires étrangères, Madun Dulloo, a annoncé
avoir convoqué l'ambassadeur américain, Cesar Cabrera,
et le haut commissaire britannique, John Murton, pour réclamer
des explications sur l'utilisation de Diego Garcia dans le programme
de torture de terroristes présumés.
Les membres du Comité des Droits de l'Homme au Parlement
Européen comptent accentuer les pressions sur les différents
pays européens, y compris la Grande-Bretagne, pour que
toutes les informations relatives quant à leur complicité
dans les cas de torture de prisonniers par la CIA soient rendues
publiques. Suite à la réunion, qui s'est déroulée
à Bruxelles, cette instance du Parlement Européen
s'apprête à s'engager dans un exercice de Follow
Up de l'enquête initiée l'année dernière
par le Parlement Européen et dont la principale conclusion
est qu'au cours de la période entre la fin de 2001 et la
fin de 2005, la CIA a opéré pas moins de 1 245 vols
secrets.
L'agence de presse IPS souligne que " the decision follows
an acknowledgement by Britain earlier this month that two CIA
flights involved in the programme - known officially as extraordinary
rendition - had landed in Diego Garcia, a British territory in
the Indian Ocean, in 2002. Britain had previously denied that
any such flights had landed on its territory ". Des parlementaires
européens sont convaincus de la connivence de plusieurs
pays européens au programme de viol de Droits de l'homme
exécuté par la CIA après les attentats terroristes
du 9 septembre 2001.
D'autre part, le doute qui s'est installé entre Londres
et Washington avec les révélations quant à
l'utilisation de Diego Garcia de manière illégale
et criminelle par la CIA a été de nouveau évoqué
à la Chambre des Communes au cours de la semaine écoulée.
Le Dr Mike Howells, Secretary of State for Foreign and Commonwealth
Affairs, a fait état de la détermination des
autorités britanniques visant à réclamer
des comptes à ce sujet auprès des Etats-Unis.
" My Right Honourable Friend the Foreign Secretary has
asked officials to compile a list of all the flights where we
have been alerted to concerns regarding rendition through the
UK or our Overseas Territories. Once this is ready we will be
sending this list to the US and seeking their specific assurance
that none of these flights were used for rendition purposes. He
has also asked officials to continue to work through, with their
US counterparts, the details and implications of this information
", devait-il faire comprendre à une des interpellations
inscrites au nom du député travailliste Jeremy Corbyn.
Londres devait confirmer que " Officials from the Foreign
and Commonwealth Office, including the British Indian Ocean Territory
Commissioner and Administrator, and the Ministry of Defence hold
annual talks with their United States counter-parts to discuss
issues surrounding Diego Garcia and the outer islands. Officials
also have regular contact with the United States on an ad hoc
basis as needed ". Le Commander British Forces
du BIOT, qui représente Londres à Diego Garcia,
dirige un personnel de 42 militaires. Il entretient des contacts
quotidiens avec le commandement militaire des Américains
à Diego Garcia.
De son côté, le ministre Dulloo a fait état
des protestations officielles du gouvernement dans cette affaire.
" Nous leur avons démontré notre Deep Concern
au sujet des révélations du Foreign Secretary britannique,
David Miliband, quant à l'utilisation de Diego Garcia dans
des programmes de torture de la CIA ", a-t-il déclaré
en faisant état de la convocation à l'Hôtel
du gouvernement des représentants diplomatiques de la Grande-Bretagne
et des Etats-Unis.
Le chef de la diplomatie s'est appesanti sur le fait que les transferts
en secret de prisonniers et les actes de torture de ces derniers
lors de leur détention à Diego Garcia représentent
une violation des résolutions et des conventions des Nations
unies sur les Droits de l'Homme contre la torture. Il a signifié
son intention d'écrire officiellement au gouvernement britannique
pour protester. " J'écrirai au Foreign Secretary
et nous verrons après ", devait-il ajouter en
réitérant de manière formelle la Sovereignty
Claim de Maurice sur l'archipel des Chagos.
Néanmoins, cette prise de position du ministre Dulloo n'a
pas empêché Meg Munn, Secretary of State for Foreign
and Comminwealth Affairs, d'affirmer le contraire à
la Chambre des Communes vingt-quatre heures après. "
The Government have no doubt about its sovereignty over the British
Indian Ocean Territory, but my Right Honourable Friend the Prime
Minister agreed to establish a dialogue between the Mauritian
high commission in London and officials at the Foreign and Commonwealth
Office on issues relating to the British Indian Ocean Territory
", a répondu ce membre du gouvernement britannique
suite à une interpellation du député travailliste
Jeremy Corbyn.
Meg Munn devait confirmer que lors de leur dernière rencontre
en tête à tête, le Premier ministre, Navin
Ramgoolam, avait soulevé la question de souveraineté
de Maurice sur les Chagos avec son homologue britannique, Gordon
Brown. " The Prime Minister of Mauritius, Dr Navinchandra
Ramgoolam, last raised the issue of sovereignty of the British
Indian Ocean Territory with my right hon. Friend the Prime Minister
in the margins of the Commonwealth Heads of Government meeting
in Kampala in November 2007 ", révèle le
Hansard de la Chambre des Communes.
En Cour suprême
Affaire Zuma : objection de l'Attorney General
Les tentatives de lobbying du président de l'African
National Congress (ANC), Jacob Zuma, en faveur d'une soft
approach de la part de l'Attorney General, Rama Valayden,
dans l'affaire de la letter of request pour des Mauritian
Documents n'ont pas donné les résultats escomptés.
Comme il fallait s'y attendre, à l'appel de l'affaire devant
la juge Rehana Mungly-Gulbul siégeant en référé,
jeudi dernier, la représentante du State Law Office (SLO),
Aruna Devi-Narain, a objecté formellement à
la démarche légale de Jocob Zuma pour bloquer la
soumission des preuves incriminantes saisies à Maurice.
D'autre part, l'Independent Commission Against Corruption (ICAC),
par l'intermédiaire de son Chief Legal Adviser, Me Manish
Gobin, a rejoint la position de l'Attorney General. L'inclusion
de l'ICAC dans cette affaire s'explique par le fait que la perquisition
des bureaux de Valmet au Saint James Court avait été
effectuée par les soins du défunt Economic Crime
Office (ECO) en octobre 2001. Ces deux parties ont jusqu'à
vendredi prochain pour soumettre des affidavits en vue d'étayer
leurs objections.
Dans les milieux autorisés du SLO, l'on affirme que l'Attorney
General a le devoir de se conformer aux dispositions du Mutual
Assistance in Criminal and Related Matter Act signé
avec l'Afrique du Sud. " Nous n'avons d'autre choix que
de répondre favorablement à la letter of request
des autorités sud-africaines en ce qui concerne les Mauritian
Documents. Si Jacob Zuma considère que ses droits sont
lésés, il peut avoir recours aux instances appropriées
en Afrique du Sud ", souligne-t-on de manière
officielle au SLO.
D'autre part, l'étau se resserre autour du président
de l'ANC en Afrique du Sud. La National Prosecuting Agency a demandé,
jeudi, à la Cour constitutionnelle de rejeter la demande
de Jacob Zuma pour écarter les preuves contre lui. "
The National Prosecuting Authority argues that one reason why
he should not be allowed to do so are the links the disputed evidence
shows between Zuma's former financial adviser and convicted fraudster,
Schabir Shaikh, and political office bearers ", rapporte
la presse sud-africaine. Les preuves portent sur 583 paiements
illégaux effectués par Schabir Shaikh à Jacob
Zuma et des paiements de Rs 16 millions au cours de la période
allant de 1995 à juin 2005.
En cas de condamnation dans cette affaire criminelle, qui sera
appelée en cour en Afrique du Sud à partir du 4
août prochain, Jacob Zuma pourrait perdre ses chances de
devenir le prochain président d'Afrique du Sud.
Coopération régionale-Le Mozambique octroie 5
000 hectares à Maurice
Le ministre de l'Agriculture, Arvin Boolell, qui a effectué
au cours de la semaine écoulée une mission au Mozambique,
a procédé à la signature d'un accord portant
sur l'octroi d'une superficie de 5 000 hectares dans la province
de Manica. Un accord de pêche a aussi été
signé à cette occasion.
Se félicitant de cette démarche historique, le ministre
Boolell, qui avait à ses côtés l'ambassadeur
mauricien à Maputo, Alain Laridon, a mis l'accent sur la
nécessité de renforcer la sécurité
alimentaire au niveau des deux pays. Il a affirmé que l'adage
" produire ce que nous mangeons et manger ce que nous
produisons " devrait bientôt devenir une réalité.
Les 5 000 hectares seront octroyés à un consortium
mauricien et serviront pour la production de pomme de terre, d'oignon
et de maïs. Le consortium devra entamer les premières
opérations dans un délai de deux ans à partir
de la signature du mémorandum.
Le gouvernement s'est engagé en tant que facilitateur pour
la réalisation de ce projet agricole avec un renforcement
du soutien des institutions comme l'AREU et le MSIRI. Les autorités
mozambicaines ont également accepté de mettre en
place l'infrastructure nécessaire pour assurer le succès
de cette initiative économique. Des facilités de
logements sociaux à l'intention du personnel agricole sont
aussi prévues dans cet accord.
Avec l'accord sur la pêche, des entrepreneurs mauriciens
seront en mesure de s'engager dans des activités de pêche
aux crevettes et au thon. Le ministre Boolell avait dirigé
une délégation d'une vingtaine d'hommes d'affaires
et de planteurs.
Dénonciation de la direction de la Banque de Maurice
Le mystère de la lettre destinée au Premier ministre
C'est le mystère autour d'une lettre de dénonciation,
en date du 23 février dernier, des méthodes de la
direction de la Banque de Maurice, avec force détails à
l'appui, destinée au Premier ministre Navin Ramgoolam.
Cette correspondance en circulation dans certains milieux politiques
et financiers bien précis porte la signature de deux employés
qui, interrogés, ont catégoriquement nié
en être les auteurs. Mais la question qui reste posée
est de savoir s'il s'agit d'un faux en écriture ou d'une
rétractation sous contrainte des dénonciateurs directement
concernés. Quoi qu'il en soit, selon une enquête
menée par Week-End, les faits mentionnés
dans le document sont, pour la plupart, confirmés par les
employés, à divers échelons, de la Banque
de Maurice qui souhaitent, d'ailleurs, que le Premier ministre
se saisisse de cette affaire et qu'il y mette bon ordre.
La lettre qui, en plus des signatures, porte une estampille bien
précise pour désigner sa provenance, suggère
que des "necessary actions are taken by the ruling Governement
to change the top management of the Bank of Mauritius in order
to improve the situation". Pour justifier cette demande,
c'est tout un chapelet de dénonciations qui suit, à
commencer par la restructuration "coûteuse" en
cours.
Les employés s'élèvent contre le fait que
ce sont des personnes, selon eux, non, indiquées, dont
un juriste, qui aient, sans appel de candidatures préalable,
été retenues pour mener à bien cet exercice.
Des détails très précis de cas de corruption
alléguée sont alors mentionnés quant à
l'existence d'une "malaysian connection".
Quant à la politique de recrutement, les employés
estiment aberrant qu'il y ait eu, ces derniers mois, la nomination
d'une vingtaine de chefs de départements, laquelle, soutiennent-ils,
n'a jamais obtenu l'aval du conseil d'administration. Pour eux,
il s'agit d'une dépense extravagante d'autant que la banque
a des effectifs d'un total de 210. Si on exclut les travailleurs
dits manuels, cela fait un directeur pour chaque cinq employés
de la banque centrale qui dispose même, dit-on, d'un manager
de "tea services".
Au même chapitre, les employés de la banque centrale
disent ne pas comprendre le rôle de recrues sur une base
contractuelle. Ils citent deux cas en particulier dont celui d'une
personne qui siège dans le comité institué
pour se pencher sur la nouvelle famille de billets de banque et
qui y a finalement été employée.
On évoque aussi l'embauche de deux membres d'une même
famille recrutés simultanément et des proches de
certains cadres du bureau du Premier ministre et d'une ancienne
ministre travailliste. Le ciblage communal et castéiste
de la politique de recrutement de même que la provenance
géographique, précise des nouvelles recrues, sont
aussi évoqués sans compter le fait que des appels
de candidatures ont été faits après l'embauche
pour les postes concernés, le conseil d'administration
n'étant qu'informé a posteriori des décisions
prises à cet effet.
Les employés ne sont pas plus satisfaits des critères
mis en place pour la formation et ils parlent de ceux qui ont
été retenus pour un stage à l'étranger
dont une nouvelle recrue qui est encore en période probatoire
ou de cet autre nouvel embauché qui a bénéficié
d'une formation à l'extérieur après un mois
de service à la banque alors que des cadres qui comptent
des dizaines d'années de bon et loyaux services attendent
toujours de parfaire leur formation à l'étranger.
Le traitement infligé à certains employés
de même que l'ascension soudaine d'un cadre avec des qualificiations
spécifiques, mais qui se retrouve au sein de tous les comités
disciplinaires interpelle aussi le personnel de la Banque de Maurice.
On dénonce la rétrogradation d'un haut cadre du
département informatique alors que son "junior",
un protégé politique, a été nommé
sans être appelé pour un entretien préalable
à la promotion.
Autre sujet de dénonciations, la fréquentation d'un
club privé des Plaines Wilhems et le contrat de bouquets
de la banque alloué à un proche des hauts placés
parmi lesquels les employés dénombrent un "smiling
inefficient idiot" et un "wrong man in the right place".
Au chapitre des dépenses considérées comme
exagérées, les célébrations à
caractère personnel, les voyages, les allocations juteuses
et surtout la nature des accompagnants et les prétextes
utilisés pour organiser des repas, buffets et autres dîners,
un prestataire étant privilégié plutôt
qu'un autre.
Les employés se félicitent toutefois que le conseil
d'administration se montre de plus en plus pointilleux sur les
dépenses liées aux déplacements à
l'étranger d'autant que ses membres n'en sont informés
après qu'ils aient été faits.
Week-End a essayé d'avoir le point de vue d'un haut
gradé de la banque sur ces dénonciations mais il
nous a été dit que le Gouverneur Manou Bheenick
est le seul autorisé à les commenter et qu'il était
indisponible pour le moment puisqu'il est en mission en Afrique
du Sud.
Université de Maurice
L'administration revoit à la baisse la majoration de
40 % annoncée
Suite à la conférence de presse tenue par la Students'
Union (SU) de l'Université de Maurice (UoM), dans laquelle
l'association dénonçait les 40 % d'augmentation
des frais de scolarité, les étudiants ont eu une
réunion d'urgence avec le board. Réunion qui s'est
déroulée à la satisfaction des membres de
la SU, malgré les réserves qui persistent. Les étudiants
ont en effet reçu l'assurance que les frais de scolarité
n'augmenteraient que de 15 à 20 % et non de 40 % comme
le leur avait fait comprendre l'administration la semaine dernière.
Néanmoins, la SU déplore la surpopulation qui risque
de prendre forme au sein de l'UoM, si la direction persiste à
augmenter les nombre de nouvelles recrues.
"Après notre conférence de presse, nous
avons obtenu certaines explications auprès de l'administration
concernant les hausse qu'elle comptait apporter à la rentrée
prochaine", indique la présidente, Aartee Beekharry.
Et après de nouvelles négociations, la SU est parvenue
à un nouvel accord. La SU a en effet obtenu l'assurance
du board que les frais de scolarité en marge de
la rentrée 2008 n'augmenteraient que de 20 %. Selon la
SU, l'administration avait fait comprendre que les nouveaux frais
connaîtraient une hausse d'environ 40 % applicable pour
les nouvelles recrues ainsi que les étudiants de deuxième
année. Suivant les négociations, la SU a obtenu
que les frais n'augmentent que de 20 % et uniquement pour les
étudiants de première année. Ces 20 % concernent
les General Fees, qui s'élèveront désormais
à Rs 12 600 contre Rs 10 450 en 2007. Par ailleurs, indique
Aartee Beekharry, l'administration est venue de l'avant avec l'introduction
d'un Documentation Fees de Rs 1 000, que la SU a réussi
à ramener à Rs 800. Ces frais, explique la présidente
de la SU, inclut désormais les frais pour les manuels de
Distance Education pour une année académique.
Selon la SU, les ressources générées par
les Documentation Fees serviront à l'investissement
dans d'autres modules de Distance Education, à l'instar
de General Elective Module, ou Entrepreneurship
Revoir la nouvelle politique de recrutement à l'UoM
Si les négociations satisfont dans l'ensemble la SU, l'association
des étudiants émet néanmoins quelques réserves.
Des réserves surtout par rapport à l'introduction
des Dissertation Fees. "L'administration projetait
d'introduire des Dissertation Fees de l'ordre de Rs 6 000
par étudiant. Nous avions obtenu que ces frais soient ramenés
à moitié, soit à Rs 3 000. Mais nous ne comprenons
pas pourquoi l'administration est venue avec cette nouvelle mesure",
indique Aartee Beekharry. La SU est ainsi sceptique quant à
l'utilisation de l'argent qui sera généré
suivant l'introduction des Dissertation Fees pour les étudiants
de dernière année, car dit-elle, les étudiants
se plaignent que certains superviseurs ne s'appliquent pas à
la tâche. Les étudiants espèrent que leur
argent ne sera pas jeter par les fenêtres. La SU déplore
également la nouvelle hausse de recrues envisagée
par l'UoM pour la rentrée prochaine. "Déjà
depuis l'année dernière, les étudiants se
voient obligés de suivre les cours dans des conditions
difficiles à cause du grand nombre d'étudiants
dans un cours. Augmenter le nombre de nouvelles recrues ne ferait
que détériorer ces conditions. Il sera encore plus
difficile de suivre les cours", fait ressortir la présidente
de la SU. Qui plus est, ajoute-t-elle, les infrastructures n'ont
pas été améliorées. "À
chaque fois, on nous parle de déficit budgétaire.
À chaque fois, on nous dit que le grant alloué par
la Tertiary Education Commission (TEC) n'a pas augmenté.
Mais on augmente le nombre d'étudiants. Il faudrait faire
un compromis entre les deux", indique Aartee Beekharry.
Ainsi la SU estime que la somme allouée par la TEC devrait
être revue à la hausse, soit l'administration devrait
revoir sa nouvelle politique de recrutement, ainsi que l'infrastructure
mises à la disposition des étudiants.
Placée sous administration judiciaire
Manupan : Bunwaree rencontre les employés demain matin
Après deux jours de manifestation devant la Victoria House,
siège du ministère du Travail et des Relations industrielles,
les employés et les représentants syndicaux de Manupan
rencontreront finalement le ministre concerné, Vasant Bunwaree,
demain lundi au même endroit. Le rachat de l'usine, placée
sous administration judiciaire depuis le début de l'année,
est à l'origine de leurs préoccupations. Les employées
demandent à ce que leurs conditions d'emplois et le nombre
années de service soient maintenus. Ils sont 295 travailleurs
à être suspendus à leur sort.
Les choses se sont en fait compliquées mercredi dernier
lorsque le Receiver Manager a annoncé aux employés
de ne pas se présenter à leur poste de travail lors
des deux jours qui suivront, soit jeudi et vendredi. "Le
Receiver Manager nous a dit nous présenter à l'usine
lundi. Il n'a donné aucune explications, ni d'éclaircissement
par rapport à nos questions. Nous étions inquiets.
Nous sentions qu'il y avait quelque chose de louche dans ce comportement.
D'ailleurs, il ne nous a même pas précisé
si nous allions être payés pour ces deux jours d'absence.
Depuis que l'usine a été mise sous receivership,
nous avons donné le meilleur de nos capacités pendant
deux mois pour respecter les commandes et les délais
de livraison. Maintenant on nous laisse dans le floue",
déclare une ouvrière au deuxième jour de
manifestation devant la Victoria House.
Malgré deux réunions convoquées en fin de
semaine, la première par le Receiver Manager et
la seconde par les officiers du ministère du travail, les
employés de Manupan ont refusé de participer à
cette réunion. "Nous estimons que ces réunions
n'avaient aucun intérêt du moment qu'on nous a demandé
de rester chez nous sans aucune raison", explique un
ouvrier de l'usine.
Les travailleurs, syndiqués au sein de l'Export Entreprises
Employees Union (EEEU), qui est une branche de la Fédération
des travailleurs unis (FTU), étaient accompagnés
du syndicaliste Atma Shanto lorsqu'ils ont demandé à
rencontrer le ministre Bunwaree. "Nous avions également
eu des informations que le cas de Manupan ferait l'objet de discussions
lors du conseil des ministres de vendredi. C'est pour cette raison
que nous avons insisté pour rencontrer le ministre. Il
est normal que les travailleurs soient inquiets. Leur requête
est simple, qu'ils conservent leurs conditions de travail et leurs
années de service. Je pense que cela relève de la
responsabilité du gouvernement de protéger l'intérêt
et l'emploi de ces travailleurs", soutient le syndicaliste.
Ils sont au total 295 travailleurs à se retrouver dans
cette situation d'incertitude. "Nous sommes inquiets parce
que nous avons donné notre vie pour cette usine. On ne
peut pas nous jeter comme ça dans la rue ou nous payer
une compensation de misère. Il y a même des cas ou
maris et femmes sont employés par l'usine", explique
une femme d'une quarantaine d'années. Selon les indications
fournies par les travailleurs, ils sont plus de la moitié
du personnel comptant plus de 20 ans de service au sein de Manupan.
Il ressort par ailleurs que le rachat de l'usine pourrait être
compromis à cause d'une requête au gouvernement qui
n'aurait pas abouti. Le groupe de repreneurs aurait demandé
au ministère des Finances une exonération de la
Land Transfer Tax. Rs 4 millions seraient concernées.
La demande n'aurait toutefois pas été considérée
positivement par le ministère des Finances.
| ||||||||||||||