a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 2 mars 2008



  Transport public - Majoration du ticket d'autobus: Le GM face à un sérieux dilemme
  Exclusivité—Le rapport Ramboll sur l'Incinérateur de la Chaumière - "Pas une protection optimale des eaux souterraines"
  Projet de déviation de la route côtière à Trou-aux-Biches - Beachcomber obtient son EIA Licence
  Lutte contre le terrorisme - Le Parlement Européen saisi du dossier Diego Garcia
  En Cour suprême - Affaire Zuma : objection de l'Attorney General
  Dénonciation de la direction de la Banque de Maurice - Le mystère de la lettre destinée au Premier ministre
  Université de Maurice - L'administration revoit à la baisse la majoration de 40 % annoncée
  Placée sous administration judiciaire - Manupan : Bunwaree rencontre les employés demain matin


Transport public

Majoration du ticket d'autobus: Le GM face à un sérieux dilemme

S'il est presque certain que le ticket d'autobus fera l'objet d'une révision à la hausse dans les jours ou semaines à venir, le gouvernement est par contre confronté à une décision difficile, pour ne pas dire un dilemme. Les opérateurs d'autobus estiment en effet que l'augmentation devrait se situer dans la fourchette de 40% en tenant compte de l'augmentation des coûts d'opération et la publication prochaine du rapport du National Remuneration Board sur le transport. Mais un deuxième scénario est également appréhendé par les opérateurs, la suppression des subsides sur le diesel, qui avoisinent les Rs 1 milliard par an. Une telle mesure du gouvernement résulterait en une augmentation de 100% du ticket d'autobus, estime l'Association of Bus Operators (ABO).

En deux fois depuis ces 18 derniers mois, l'ABO a fait des représentations au gouvernement en vue de réviser à la hausse le ticket d'autobus. La dernière majoration du ticket d'autobus avait eu lieu octobre 2004. Dans leur première demande vers fin 2006, les opérateurs des compagnies d'autobus et de coopératives estimaient que la majoration devait être de l'ordre de 25%. Une année après, soit en novembre de l'année dernière, ils devaient cette fois réclamer une hausse de 40% sur les tarifs actuellement en vigueur.

Avec l'annonce de la publication prochaine du rapport du NRB, qui a déjà eu le feu vert du gouvernement, la question semble être plus que jamais d'actualité, d'autant que dans les réunions entre les opérateurs et le gouvernement, les fonctionnaires n'ont pas caché l'intérêt du gouvernement, particulièrement le ministère des Finances, de mettre un terme à l'allocation des subsides sur le diesel. Les compagnies d'autobus payent actuellement le diesel à 11,40 contre Rs 35,60. la différence est subventionnée par le gouvernement, soit Rs 24,20 par litre. Les opérateurs individuels, mais regroupés au sein des sociétés coopératives, bénéficient par contre d'une subvention de Rs 17,40. Ces subsides sur le diesel totalisent presque Rs 1 milliard annuellement.

Un tel scénario n'est pas envisageable, estiment les membres de l'ABO. Ils envisagent même le pire. "La fin des subsides sur le diesel n'aiderait pas l'industrie du transport. Cela occasionnerait une série de problèmes avec une multiplication des opérateurs illégaux et une augmentation brutale du ticket d'autobus. Le prix du ticket d'autobus devrait coûter deux fois plus cher", précisent-ils.

Avec l'élimination des subsides sur le diesel, le tarif pour le trajet Curepipe/Port-Louis, Vacoas/Port-Louis, ou Grand-Baie/ Port-Louis devrait coûter plus de Rs 42. Les trajets intra-urbains devraient coûter entre Rs 18 et 20, estiment les opérateurs d'autobus.

Compte tenu de la politique du ministère des Finances de réduire ses subventions publiques dans les différents secteurs, il est donc à se demander si les autorités concernées iront jusqu'au bout de leurs intentions. Toujours est-il que les départements concernés ont travaillé sur l'impact d'une telle décision sur l'industrie du transport et sur les finances des opérateurs d'autobus. Les autorités seraient déjà en présence d'un rapport d'analyse sur les différents scénarios.

Pour les opérateurs, une majoration de 40% du ticket d'autobus est tout à fait raisonnable. Cela se justifie, disent-ils, par une hausse continue de leurs dépenses. "Nos coûts ont en général augmenté par plus de 50% au cours de ces trois dernières années. Rien que les salaires ont augmenté par un peu plus de 20%, alors que les lubrifiants, par exemple, ont augmenté par 137%, les "fees" aux collectivités locales par 100% et les spare parts par 50%", indique Sunil Jeewoonarain, secrétaire de Mauritius Bus Owners Coopérative Federation (MBOCF).

Les opérateurs indiquent également que le NRB a déjà recommandé une révision salariale variant entre 26% et 30% pour les employés de l'industrie du transport public. Le prochain rapport du NRB préconise également des nouvelles conditions d'emplois pour les employés de ce secteur, estimés à un peu plus de 8000 personnes. L'application d'une hausse de 40% équivaudrait ainsi à une majoration variant entre Rs 2 et Rs 6, dépendant des trajets et du nombre de stages. Le ticket pour un trajet Curepipe/Port-Louis devrait coûter entre Rs 26 et Rs 27, par exemple. Tout porte à croire cependant que l'augmentation que le gouvernement pourrait accorder avoisinerait les 30%.


Exclusivité-Le rapport Ramboll sur l'Incinérateur de la Chaumière

"Pas une protection optimale des eaux souterraines"

Le stockage et l'enfouissement des résidus produits par la combustion des déchets sont en définitif un aspect très controversable dans le projet d'opérer un incinérateur de déchets à La Chaumière par Gamma Energy. Le rapport Ramboll, consultant sollicité par le Board of Investment (BOI) et le ministère de l'Environnement pour l'épauler dans l'analyse du rapport EIA, apporte en effet un éclairage sur la nature dangereuse des résidus qui y seront produits, stockés et enfouis. Sur un point de vue géologique, hydrologique et technique, le consultant danois estime que le site de La Chaumière n'offre pas une "protection optimale "des eaux souterraines et des cours d'eau. "The landfilled products will possess a capacity for ground water contamination - especially with chlorides - for hundreds of years after operation of the RSF (Residue Storage Facility) has been terminated", est-il souligné dans ce rapport qui, pour rappel, a été utilisé comme document de référence aux officiers de l'Environnement pour la formulation des conditions liées au permis EIA de Gamma Energy. Le document n'a jamais été rendu public malgré les requêtes des habitants de la région pour y avoir accès.

C'est dans le sillage des préoccupations et protestations des habitants de la région de Balmbous, Albion, Roches-Brunes, Canot et autre Gros Cailloux, regroupés au sein de la Plate-forme Anti-pollution (PAP), que le BOI avait fait appel au cabinet de consultants danois pour l'aider dans l'analyse financière et environnementale du projet de Gamma Energy, un partenariat en Gamma Civic et la compagnie américaine Covanta Energy. Le ministère avait demandé au BOI que Ramboll l'assiste dans l'évaluation technique du projet en vue de l'obtention d'un premis d'Environment Impact Assessment (EIA). D'après les "Terms of Reference" du consultant, sa tâche consistait à donner son avis d'expert sur le design du projet, le "disposal" des résidus et le système d'épuration des gaz de combustion.

Sur un point de vue général, le consultant estime que le rapport EIA présenté par Gamma est réaliste et que le projet en lui-même offre le "best available technology for pollution abatement from Municipal Solid waste (MSW) incinerators", qui devraient être conformes aux exigeances et normes européennes. Ramboll fait également un exposé sur les techniques et méthodes qui seront utilisées pour récupérer l'épuration des gaz et résidus de combustion.

"Best available technology for pollution abatement"

La technologie utilisée, explique-t-elle, devrait permettre à l'usine de brûler également des déchets qui ne peuvent pas soutenir l'auto-combustion en citant trois options possibles, cela en fonction de la valeur calorifique des déchets. "Ramboll does however dout that this heating value, although presented in the EIA report, is realistic. From the waste composition presented in the same chapter in the EIA report as the said heating value (chapter 3,3), we assess the lower heating value of the mixed MSW to be in the magnitude of between 8 and 9 MJ/kg or between 19,00 and 2,100 kcal/kg. Such waste can easily sustain its own combustion, and only very low short-term values will require extraordinary measures as the ones described above", est-il souligné.

C'est toutefois au chapitre "Residue Storage Facility" que l'expert danois exprime de plus grosses craintes, notamment à cause de la nature toxique et dangereuse de certains résidus de combustion, particulièrement le "flue gas cleaning residues" qui disposent d'un important "leaching potential." Le consultant note d'emblée que le rapport EIA de Gamma Energy ne décrit pas clairement que les installations de stockage des résidus seront en ligne avec les directives européennes.

Le RSF se trouvera en fait sur le même site de l'usine de La chaumière. Et son analyse est comme suit : "The area in which the WTE and the RSF are assumed located being a rock quarry, the geological and hydrogeological conditions will not offer optimum protection of the groundwater and water bodies. Considering that the main contaminant in the leacheate that will ne generated in the RSF will be chloride (CI-), localizing the RSF closer to the sea would be as a point of departure be a better option."

Le consultant apporte plus loin une explication technique pour soutenir ses réserves sur le choix du site. "In this context one should also have in mind that the leaching potential of the landfilled residues from the WTE, and especially the flue gas cleaning residues when dry or semi-dry flue gas cleaning with mixing of the fly ash and the other flue gas cleaning residues is made, as it is assumed here, is quite large. This means that the landfilled products will possess a capacity for ground water contamination - especially with chlorides - for hundreds of years after operation of the RSF has been terminated. The bottom ash, having much less leaching potential, does not pose the same risk as the flue gas cleaning residues", ajoute-t-il.

"The proposed liner design would not be approved (...) hardly anywhere in Europe"

Ramboll estime ainsi que les autorités devraient examiner avec plus de soin et de manière approfondie cet aspect et au-delà de ce qui est présenté dans le rapport EIA. "One should therefore consider with greater care than presented in the present EIA report the ground water flow patterns, the geologic and hydrogeologic conditions and the potential presence of water resources suitable for domestic used between the site and the coastline in the direction of the ground water flow before deciding on localization of the RSF at the proposed site", soutient-il avant de recommander plus loin "that a more thorough assessment be made of the potential impact of the RSF on the water bosies and that alternative locations be considered."

Ramboll ne cache également pas son insatisfaction dans leur analyse du système et des méthodes d'enfouissement des résidus sur place. "The EIA report does not present documentation that the proposed liner corresponds to the LD requirements of a built-in clay liner at least 0.5 thick with a permeability less than 10-9 m/s. Besides, bentonite is vulnerable to the high chloride concentrations that are present in the leachate from WTE flue gas cleaning residues and is thus a doubtful liner type to be used for this purpose. According to consultations with the Danish Environmental Protection Agency, the proposed liner design would not be approved for this purpose in Denmark and hardly anywhere in Europe due to its inconformity with the LD", fait-il remarquer.

Par ailleurs, le consultant aborde d'autres questions ayant trait aux préoccupations des personnes ayant formulé des craintes par rapport aux risques de pollution et la dégradation de la qualité de l'air. L'expert donne également son avis sur les commentaires publics adressés au ministère de l'Environnement. Concernant la faisabilité du projet, il est indiqué dans le document qu'un rapport complet a été soumis au BOI. Nous y reviendrons ultérieurement.


Les autres points saillants du rapport

- "Ramboll recommande que des réunions publiques sont convoquées à Maurice et parrainées par le ministère de l'Environnement. Le ministère de l'Environnement, en collaboration avec des consultants indépendants, doit présenter au public les faits au sujet de l'incinération des déchets et les solutions de remplacement."

- "Le ministère de l'Environnement devrait exiger un rapport mensuel sur les performances de l'usine, et avoir pleinement accès à toutes les données enregistrées par l'exploitant de l'installation, sur demande et lors des visites annoncées et inopinées des superviseurs."

- "Il y a toute une série de questions qui devraient être éclaircies dans l'appel d'offres et contracting process. Cela comprend des visites à l'une des usines et un certain nombre de questions ayant trait à la conception globale et détaillée de la WTE."

- Le leadership politique à l'île Maurice doit présenter au public une volonté politique de remédier aux problèmes existants avec le centre d'enfouissement de Mare Chicose en convertissant la politique de gestion des déchets à Maurice en un more environmental-friendly one."

- "La suitability de l'incinération des déchets, est actuellement abordée dans une étude effectuée par un consultant de Gamma Energy, RW Beck. Ramboll recommande que les résultats de l'étude en profondeur soient présentés au public dans le but d'atténuer l'opinion publique sur la combustibilité des déchets."

- "Ramboll recommande, comme indiqué dans le rapport d'examen soumis au BOI, que les responsabilités et les risques en ce qui concerne le manque de déchets et le pouvoir calorifique net, pouvant entraîner une réduction dans la production d'électricité, soient clairement décrites dans les accords conclus entre les parties concernées. Comme cela a déjà été dit dans ledit rapport, Ramboll propose que le risque doit reposer sur le ministère des Administrations régionales en tant que fournisseur de déchets. La raison en est que l'on ne peut pas assumer que le CEB ait à payer plus pour l'électricité produit par Gamma Energy comparativement à ce qu'il paie aux autres fournisseurs d'électricité."


Ce que disent les conditions EIA

Dans les 28 conditions attachées au permis EIA de Gamma Energy, le ministère de l'Environnement impose quatre points au promoteur en ce qui concerne le Residue Storage Facility (RSF), largement traité dans le rapport Ramboll. Pour les besoins de comparer les recommandations du rapport Ramboll aux conditions du EIA Licence, nous proposons ci-dessous ces quatre points. Aux lecteurs de juger si l'Environnement en a fait bon usage ou pas.

Condition No. 11: The fly ash, boiler ash and composite residues from flue gas

treatment shall be disposed of separately from the bottom ash in the hazardous residue storage facility after stabilization with cement. The proponent shall submit complete details on the stabilization methodology for approval.

Condition No. 12: In case the possibility of using bottom ash as a construction material is envisaged, the quality of the bottom ash shall be investigated upon

and the necessary authorisation for reuse shall be sought from relevant authorities.

Condition No. 13: The residue storage facility shall be constructed in accordance with the EU Directive 1999/31/EC on the landfill of waste. A high density polyethylene liner having a thickness of at least 2 mm shall be used as the preferred liner in the residue storage facility.

Condition No. 14: All leachate that will be generated from the residue storage facility shall be carted away to a sewage treatment plant for eventual discharge into the sea. The necessary authorisation shall be sought from the Wastewater Management Authority.


Projet de déviation de la route côtière à Trou-aux-Biches

Beachcomber obtient son EIA Licence

Un village cinq étoiles devrait prochainement voir le jour à Trou-aux-Biches. Cela, suite au projet de reconstruction de l'hôtel de Beachcomber. Le groupe hôtelier a en effet obtenu son Environment Impact Access (EIA) Licence du ministère de l'Environnement. Beachcomber devra néanmoins satisfaire une liste de conditions dans la mise en place de ce projet, qui inclut la déviation de la route côtière de TAB à la hauteur de l'actuel poste de police jusqu'à l'hôtel Casuarina. Si ces développements engendront de gros changements dans le paysage de ce village du Nord, les habitants du morcellement Jhuboo, réunis au sein du Mouvement pour le Maintien du Silence et la Tranquillité de Morcellement Jhuboo (MMSTMJ), opposés à cette déviation, comptent faire appel.

Suivant l'obtention de son EIA Licence, le 18 février dernier, Beachcomber a déjà enclenché les procédures en vue d'avoir l'aval des autres autorités concernées. Les travaux devraient uniquement démarrer une fois tous les autres permis et clearance obtenus, tant pour la construction de l'hôtel que pour la déviation de la route. En effet, le ministère de l'Environnement a dressé une liste de conditions à respecter, dont une buffer zone de 30 mètres à établir à partir des wetlands. Beachcomber devra également s'assurer que la construction du pont n'ait aucun impact négatif sur les marécages, et qu'il n'y ait pas de risques d'inondation en cas de grosses pluies. Le ministère de l'Environnement impose également que "no construction shall be allowed on the 20 m buffer from the reserves of the proposed realigned road and Morcellement Jhuboo and the buffer area shall be properly landscaped and kept as a green belt".

27 conditions

Beachcomber devra satisfaire 27 conditions pour la mise en place de ce projet. "Nous avons eu le EIA Certificate avec une série de conditions qui sont attachées. Et nous allons bien évidemment les respecter scrupuleusement", explique la direction du groupe. Si ce dernier a depuis entamé les démarches pour avoir les autres permis et clearance tant pour la construction que pour la route auprès des autorités concernées, il fait ressortir que par rapport à leur échéance de départ les travaux ont pris quatre mois de retard. En effet, le démarrage des travaux été prévu pour le 1er novembre de l'année dernière. "Tous ceux qui vont travailler sur ce chantier devront mettre les bouchées doubles pour une ouverture en novembre 2009. Nous espérons pouvoir rattraper ce retard. Ce ne sera pas facile", souligne la direction de Beachcomber.

Remerciant tous ceux qui ont soutenu le projet dont toutes les forces vives de Trou-aux-Biches, Pointe-aux-Piments et Triolet et ainsi que des résidents du morcellement Jhuboo, Beachcomber indique que ce projet rendra fiers la région et le pays. Rappelons que dans le cadre de la reconstruction du TAB Hotel, qui date de 1972, l'établissement contribuera également au développement social de la région, notamment en construisant une école hôtelière, un bureau de poste, un dispensaire et un espace boutique pour les produits artisanaux.

Reconnaissant l'envergure du projet de Beachcomber, les membres du MMSTMJ avancent cependant que celui-ci ne doit pas se faire au détriment de la tranquillité des riverains. Malgré les conditions imposées par le ministère de l'Environnement, le MMSTMJ, qui a été entendu devant le EIA Committee, maintient ses protestations. Selon le porte-parole du mouvement, le EIA Commitee et le ministère de l'Environnement n'auraient pas prêté grande attention à leurs doléances. Les membres du mouvement avaient en effet soumis un EIA Report pour contrer ce projet. Dans la même lignée, le MMSTMJ avait soumis une série de propositions, dont une buffer zone de 100 mètres.

Les habitants de Jhuboo envisagent maintenant de faire appel contre le fait que le promoteur ait obtenu son certificat EIA. Une lettre a déjà été envoyée au CEO de Beachcomber pour l'en informer. Les membres du MMSTMJ affûtent leurs armes et auront recours à des services légaux. Ils comptent sur l'expertise étrangère, dont celle de Mauriciens expatriés, pour démontrer que leurs appréhensions sont fondées.


Lutte contre le terrorisme

Le Parlement Européen saisi du dossier Diego Garcia

Le dossier de la base militaire américaine installée à Diego Garcia continue à monopolise l'attention sur le plan international après les dernières révélations fracassantes de Londres au sujet des Extraordinary Renditions. En effet, l'European Parliament's Committee on Civil Liberties (LIBE) a entériné en fin de semaine la décision de faire un Follow Up complet sur le programme de kidnapping et de torture dans des endroits secrets pour le compte de la Criminal Intelligence Agency (CIA). De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Madun Dulloo, a annoncé avoir convoqué l'ambassadeur américain, Cesar Cabrera, et le haut commissaire britannique, John Murton, pour réclamer des explications sur l'utilisation de Diego Garcia dans le programme de torture de terroristes présumés.

Les membres du Comité des Droits de l'Homme au Parlement Européen comptent accentuer les pressions sur les différents pays européens, y compris la Grande-Bretagne, pour que toutes les informations relatives quant à leur complicité dans les cas de torture de prisonniers par la CIA soient rendues publiques. Suite à la réunion, qui s'est déroulée à Bruxelles, cette instance du Parlement Européen s'apprête à s'engager dans un exercice de Follow Up de l'enquête initiée l'année dernière par le Parlement Européen et dont la principale conclusion est qu'au cours de la période entre la fin de 2001 et la fin de 2005, la CIA a opéré pas moins de 1 245 vols secrets.

L'agence de presse IPS souligne que " the decision follows an acknowledgement by Britain earlier this month that two CIA flights involved in the programme - known officially as extraordinary rendition - had landed in Diego Garcia, a British territory in the Indian Ocean, in 2002. Britain had previously denied that any such flights had landed on its territory ". Des parlementaires européens sont convaincus de la connivence de plusieurs pays européens au programme de viol de Droits de l'homme exécuté par la CIA après les attentats terroristes du 9 septembre 2001.

D'autre part, le doute qui s'est installé entre Londres et Washington avec les révélations quant à l'utilisation de Diego Garcia de manière illégale et criminelle par la CIA a été de nouveau évoqué à la Chambre des Communes au cours de la semaine écoulée. Le Dr Mike Howells, Secretary of State for Foreign and Commonwealth Affairs, a fait état de la détermination des autorités britanniques visant à réclamer des comptes à ce sujet auprès des Etats-Unis.

" My Right Honourable Friend the Foreign Secretary has asked officials to compile a list of all the flights where we have been alerted to concerns regarding rendition through the UK or our Overseas Territories. Once this is ready we will be sending this list to the US and seeking their specific assurance that none of these flights were used for rendition purposes. He has also asked officials to continue to work through, with their US counterparts, the details and implications of this information ", devait-il faire comprendre à une des interpellations inscrites au nom du député travailliste Jeremy Corbyn.

Londres devait confirmer que " Officials from the Foreign and Commonwealth Office, including the British Indian Ocean Territory Commissioner and Administrator, and the Ministry of Defence hold annual talks with their United States counter-parts to discuss issues surrounding Diego Garcia and the outer islands. Officials also have regular contact with the United States on an ad hoc basis as needed ". Le Commander British Forces du BIOT, qui représente Londres à Diego Garcia, dirige un personnel de 42 militaires. Il entretient des contacts quotidiens avec le commandement militaire des Américains à Diego Garcia.

De son côté, le ministre Dulloo a fait état des protestations officielles du gouvernement dans cette affaire. " Nous leur avons démontré notre Deep Concern au sujet des révélations du Foreign Secretary britannique, David Miliband, quant à l'utilisation de Diego Garcia dans des programmes de torture de la CIA ", a-t-il déclaré en faisant état de la convocation à l'Hôtel du gouvernement des représentants diplomatiques de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

Le chef de la diplomatie s'est appesanti sur le fait que les transferts en secret de prisonniers et les actes de torture de ces derniers lors de leur détention à Diego Garcia représentent une violation des résolutions et des conventions des Nations unies sur les Droits de l'Homme contre la torture. Il a signifié son intention d'écrire officiellement au gouvernement britannique pour protester. " J'écrirai au Foreign Secretary et nous verrons après ", devait-il ajouter en réitérant de manière formelle la Sovereignty Claim de Maurice sur l'archipel des Chagos.

Néanmoins, cette prise de position du ministre Dulloo n'a pas empêché Meg Munn, Secretary of State for Foreign and Comminwealth Affairs, d'affirmer le contraire à la Chambre des Communes vingt-quatre heures après. " The Government have no doubt about its sovereignty over the British Indian Ocean Territory, but my Right Honourable Friend the Prime Minister agreed to establish a dialogue between the Mauritian high commission in London and officials at the Foreign and Commonwealth Office on issues relating to the British Indian Ocean Territory ", a répondu ce membre du gouvernement britannique suite à une interpellation du député travailliste Jeremy Corbyn.

Meg Munn devait confirmer que lors de leur dernière rencontre en tête à tête, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait soulevé la question de souveraineté de Maurice sur les Chagos avec son homologue britannique, Gordon Brown. " The Prime Minister of Mauritius, Dr Navinchandra Ramgoolam, last raised the issue of sovereignty of the British Indian Ocean Territory with my right hon. Friend the Prime Minister in the margins of the Commonwealth Heads of Government meeting in Kampala in November 2007 ", révèle le Hansard de la Chambre des Communes.


En Cour suprême

Affaire Zuma : objection de l'Attorney General

Les tentatives de lobbying du président de l'African National Congress (ANC), Jacob Zuma, en faveur d'une soft approach de la part de l'Attorney General, Rama Valayden, dans l'affaire de la letter of request pour des Mauritian Documents n'ont pas donné les résultats escomptés. Comme il fallait s'y attendre, à l'appel de l'affaire devant la juge Rehana Mungly-Gulbul siégeant en référé, jeudi dernier, la représentante du State Law Office (SLO), Aruna Devi-Narain, a objecté formellement à la démarche légale de Jocob Zuma pour bloquer la soumission des preuves incriminantes saisies à Maurice.

D'autre part, l'Independent Commission Against Corruption (ICAC), par l'intermédiaire de son Chief Legal Adviser, Me Manish Gobin, a rejoint la position de l'Attorney General. L'inclusion de l'ICAC dans cette affaire s'explique par le fait que la perquisition des bureaux de Valmet au Saint James Court avait été effectuée par les soins du défunt Economic Crime Office (ECO) en octobre 2001. Ces deux parties ont jusqu'à vendredi prochain pour soumettre des affidavits en vue d'étayer leurs objections.

Dans les milieux autorisés du SLO, l'on affirme que l'Attorney General a le devoir de se conformer aux dispositions du Mutual Assistance in Criminal and Related Matter Act signé avec l'Afrique du Sud. " Nous n'avons d'autre choix que de répondre favorablement à la letter of request des autorités sud-africaines en ce qui concerne les Mauritian Documents. Si Jacob Zuma considère que ses droits sont lésés, il peut avoir recours aux instances appropriées en Afrique du Sud ", souligne-t-on de manière officielle au SLO.

D'autre part, l'étau se resserre autour du président de l'ANC en Afrique du Sud. La National Prosecuting Agency a demandé, jeudi, à la Cour constitutionnelle de rejeter la demande de Jacob Zuma pour écarter les preuves contre lui. " The National Prosecuting Authority argues that one reason why he should not be allowed to do so are the links the disputed evidence shows between Zuma's former financial adviser and convicted fraudster, Schabir Shaikh, and political office bearers ", rapporte la presse sud-africaine. Les preuves portent sur 583 paiements illégaux effectués par Schabir Shaikh à Jacob Zuma et des paiements de Rs 16 millions au cours de la période allant de 1995 à juin 2005.

En cas de condamnation dans cette affaire criminelle, qui sera appelée en cour en Afrique du Sud à partir du 4 août prochain, Jacob Zuma pourrait perdre ses chances de devenir le prochain président d'Afrique du Sud.

Coopération régionale-Le Mozambique octroie 5 000 hectares à Maurice

Le ministre de l'Agriculture, Arvin Boolell, qui a effectué au cours de la semaine écoulée une mission au Mozambique, a procédé à la signature d'un accord portant sur l'octroi d'une superficie de 5 000 hectares dans la province de Manica. Un accord de pêche a aussi été signé à cette occasion.

Se félicitant de cette démarche historique, le ministre Boolell, qui avait à ses côtés l'ambassadeur mauricien à Maputo, Alain Laridon, a mis l'accent sur la nécessité de renforcer la sécurité alimentaire au niveau des deux pays. Il a affirmé que l'adage " produire ce que nous mangeons et manger ce que nous produisons " devrait bientôt devenir une réalité. Les 5 000 hectares seront octroyés à un consortium mauricien et serviront pour la production de pomme de terre, d'oignon et de maïs. Le consortium devra entamer les premières opérations dans un délai de deux ans à partir de la signature du mémorandum.

Le gouvernement s'est engagé en tant que facilitateur pour la réalisation de ce projet agricole avec un renforcement du soutien des institutions comme l'AREU et le MSIRI. Les autorités mozambicaines ont également accepté de mettre en place l'infrastructure nécessaire pour assurer le succès de cette initiative économique. Des facilités de logements sociaux à l'intention du personnel agricole sont aussi prévues dans cet accord.

Avec l'accord sur la pêche, des entrepreneurs mauriciens seront en mesure de s'engager dans des activités de pêche aux crevettes et au thon. Le ministre Boolell avait dirigé une délégation d'une vingtaine d'hommes d'affaires et de planteurs.


Dénonciation de la direction de la Banque de Maurice

Le mystère de la lettre destinée au Premier ministre

C'est le mystère autour d'une lettre de dénonciation, en date du 23 février dernier, des méthodes de la direction de la Banque de Maurice, avec force détails à l'appui, destinée au Premier ministre Navin Ramgoolam. Cette correspondance en circulation dans certains milieux politiques et financiers bien précis porte la signature de deux employés qui, interrogés, ont catégoriquement nié en être les auteurs. Mais la question qui reste posée est de savoir s'il s'agit d'un faux en écriture ou d'une rétractation sous contrainte des dénonciateurs directement concernés. Quoi qu'il en soit, selon une enquête menée par Week-End, les faits mentionnés dans le document sont, pour la plupart, confirmés par les employés, à divers échelons, de la Banque de Maurice qui souhaitent, d'ailleurs, que le Premier ministre se saisisse de cette affaire et qu'il y mette bon ordre.

La lettre qui, en plus des signatures, porte une estampille bien précise pour désigner sa provenance, suggère que des "necessary actions are taken by the ruling Governement to change the top management of the Bank of Mauritius in order to improve the situation". Pour justifier cette demande, c'est tout un chapelet de dénonciations qui suit, à commencer par la restructuration "coûteuse" en cours.

Les employés s'élèvent contre le fait que ce sont des personnes, selon eux, non, indiquées, dont un juriste, qui aient, sans appel de candidatures préalable, été retenues pour mener à bien cet exercice. Des détails très précis de cas de corruption alléguée sont alors mentionnés quant à l'existence d'une "malaysian connection".

Quant à la politique de recrutement, les employés estiment aberrant qu'il y ait eu, ces derniers mois, la nomination d'une vingtaine de chefs de départements, laquelle, soutiennent-ils, n'a jamais obtenu l'aval du conseil d'administration. Pour eux, il s'agit d'une dépense extravagante d'autant que la banque a des effectifs d'un total de 210. Si on exclut les travailleurs dits manuels, cela fait un directeur pour chaque cinq employés de la banque centrale qui dispose même, dit-on, d'un manager de "tea services".

Au même chapitre, les employés de la banque centrale disent ne pas comprendre le rôle de recrues sur une base contractuelle. Ils citent deux cas en particulier dont celui d'une personne qui siège dans le comité institué pour se pencher sur la nouvelle famille de billets de banque et qui y a finalement été employée.

On évoque aussi l'embauche de deux membres d'une même famille recrutés simultanément et des proches de certains cadres du bureau du Premier ministre et d'une ancienne ministre travailliste. Le ciblage communal et castéiste de la politique de recrutement de même que la provenance géographique, précise des nouvelles recrues, sont aussi évoqués sans compter le fait que des appels de candidatures ont été faits après l'embauche pour les postes concernés, le conseil d'administration n'étant qu'informé a posteriori des décisions prises à cet effet.

Les employés ne sont pas plus satisfaits des critères mis en place pour la formation et ils parlent de ceux qui ont été retenus pour un stage à l'étranger dont une nouvelle recrue qui est encore en période probatoire ou de cet autre nouvel embauché qui a bénéficié d'une formation à l'extérieur après un mois de service à la banque alors que des cadres qui comptent des dizaines d'années de bon et loyaux services attendent toujours de parfaire leur formation à l'étranger.

Le traitement infligé à certains employés de même que l'ascension soudaine d'un cadre avec des qualificiations spécifiques, mais qui se retrouve au sein de tous les comités disciplinaires interpelle aussi le personnel de la Banque de Maurice. On dénonce la rétrogradation d'un haut cadre du département informatique alors que son "junior", un protégé politique, a été nommé sans être appelé pour un entretien préalable à la promotion.

Autre sujet de dénonciations, la fréquentation d'un club privé des Plaines Wilhems et le contrat de bouquets de la banque alloué à un proche des hauts placés parmi lesquels les employés dénombrent un "smiling inefficient idiot" et un "wrong man in the right place".

Au chapitre des dépenses considérées comme exagérées, les célébrations à caractère personnel, les voyages, les allocations juteuses et surtout la nature des accompagnants et les prétextes utilisés pour organiser des repas, buffets et autres dîners, un prestataire étant privilégié plutôt qu'un autre.

Les employés se félicitent toutefois que le conseil d'administration se montre de plus en plus pointilleux sur les dépenses liées aux déplacements à l'étranger d'autant que ses membres n'en sont informés après qu'ils aient été faits.

Week-End a essayé d'avoir le point de vue d'un haut gradé de la banque sur ces dénonciations mais il nous a été dit que le Gouverneur Manou Bheenick est le seul autorisé à les commenter et qu'il était indisponible pour le moment puisqu'il est en mission en Afrique du Sud.


Université de Maurice

L'administration revoit à la baisse la majoration de 40 % annoncée

Suite à la conférence de presse tenue par la Students' Union (SU) de l'Université de Maurice (UoM), dans laquelle l'association dénonçait les 40 % d'augmentation des frais de scolarité, les étudiants ont eu une réunion d'urgence avec le board. Réunion qui s'est déroulée à la satisfaction des membres de la SU, malgré les réserves qui persistent. Les étudiants ont en effet reçu l'assurance que les frais de scolarité n'augmenteraient que de 15 à 20 % et non de 40 % comme le leur avait fait comprendre l'administration la semaine dernière. Néanmoins, la SU déplore la surpopulation qui risque de prendre forme au sein de l'UoM, si la direction persiste à augmenter les nombre de nouvelles recrues.

"Après notre conférence de presse, nous avons obtenu certaines explications auprès de l'administration concernant les hausse qu'elle comptait apporter à la rentrée prochaine", indique la présidente, Aartee Beekharry. Et après de nouvelles négociations, la SU est parvenue à un nouvel accord. La SU a en effet obtenu l'assurance du board que les frais de scolarité en marge de la rentrée 2008 n'augmenteraient que de 20 %. Selon la SU, l'administration avait fait comprendre que les nouveaux frais connaîtraient une hausse d'environ 40 % applicable pour les nouvelles recrues ainsi que les étudiants de deuxième année. Suivant les négociations, la SU a obtenu que les frais n'augmentent que de 20 % et uniquement pour les étudiants de première année. Ces 20 % concernent les General Fees, qui s'élèveront désormais à Rs 12 600 contre Rs 10 450 en 2007. Par ailleurs, indique Aartee Beekharry, l'administration est venue de l'avant avec l'introduction d'un Documentation Fees de Rs 1 000, que la SU a réussi à ramener à Rs 800. Ces frais, explique la présidente de la SU, inclut désormais les frais pour les manuels de Distance Education pour une année académique. Selon la SU, les ressources générées par les Documentation Fees serviront à l'investissement dans d'autres modules de Distance Education, à l'instar de General Elective Module, ou Entrepreneurship

Revoir la nouvelle politique de recrutement à l'UoM

Si les négociations satisfont dans l'ensemble la SU, l'association des étudiants émet néanmoins quelques réserves. Des réserves surtout par rapport à l'introduction des Dissertation Fees. "L'administration projetait d'introduire des Dissertation Fees de l'ordre de Rs 6 000 par étudiant. Nous avions obtenu que ces frais soient ramenés à moitié, soit à Rs 3 000. Mais nous ne comprenons pas pourquoi l'administration est venue avec cette nouvelle mesure", indique Aartee Beekharry. La SU est ainsi sceptique quant à l'utilisation de l'argent qui sera généré suivant l'introduction des Dissertation Fees pour les étudiants de dernière année, car dit-elle, les étudiants se plaignent que certains superviseurs ne s'appliquent pas à la tâche. Les étudiants espèrent que leur argent ne sera pas jeter par les fenêtres. La SU déplore également la nouvelle hausse de recrues envisagée par l'UoM pour la rentrée prochaine. "Déjà depuis l'année dernière, les étudiants se voient obligés de suivre les cours dans des conditions difficiles à cause du grand nombre d'étudiants dans un cours. Augmenter le nombre de nouvelles recrues ne ferait que détériorer ces conditions. Il sera encore plus difficile de suivre les cours", fait ressortir la présidente de la SU. Qui plus est, ajoute-t-elle, les infrastructures n'ont pas été améliorées. "À chaque fois, on nous parle de déficit budgétaire. À chaque fois, on nous dit que le grant alloué par la Tertiary Education Commission (TEC) n'a pas augmenté. Mais on augmente le nombre d'étudiants. Il faudrait faire un compromis entre les deux", indique Aartee Beekharry. Ainsi la SU estime que la somme allouée par la TEC devrait être revue à la hausse, soit l'administration devrait revoir sa nouvelle politique de recrutement, ainsi que l'infrastructure mises à la disposition des étudiants.


Placée sous administration judiciaire

Manupan : Bunwaree rencontre les employés demain matin

Après deux jours de manifestation devant la Victoria House, siège du ministère du Travail et des Relations industrielles, les employés et les représentants syndicaux de Manupan rencontreront finalement le ministre concerné, Vasant Bunwaree, demain lundi au même endroit. Le rachat de l'usine, placée sous administration judiciaire depuis le début de l'année, est à l'origine de leurs préoccupations. Les employées demandent à ce que leurs conditions d'emplois et le nombre années de service soient maintenus. Ils sont 295 travailleurs à être suspendus à leur sort.

Les choses se sont en fait compliquées mercredi dernier lorsque le Receiver Manager a annoncé aux employés de ne pas se présenter à leur poste de travail lors des deux jours qui suivront, soit jeudi et vendredi. "Le Receiver Manager nous a dit nous présenter à l'usine lundi. Il n'a donné aucune explications, ni d'éclaircissement par rapport à nos questions. Nous étions inquiets. Nous sentions qu'il y avait quelque chose de louche dans ce comportement. D'ailleurs, il ne nous a même pas précisé si nous allions être payés pour ces deux jours d'absence. Depuis que l'usine a été mise sous receivership, nous avons donné le meilleur de nos capacités pendant deux mois pour respecter les commandes et les délais de livraison. Maintenant on nous laisse dans le floue", déclare une ouvrière au deuxième jour de manifestation devant la Victoria House.

Malgré deux réunions convoquées en fin de semaine, la première par le Receiver Manager et la seconde par les officiers du ministère du travail, les employés de Manupan ont refusé de participer à cette réunion. "Nous estimons que ces réunions n'avaient aucun intérêt du moment qu'on nous a demandé de rester chez nous sans aucune raison", explique un ouvrier de l'usine.

Les travailleurs, syndiqués au sein de l'Export Entreprises Employees Union (EEEU), qui est une branche de la Fédération des travailleurs unis (FTU), étaient accompagnés du syndicaliste Atma Shanto lorsqu'ils ont demandé à rencontrer le ministre Bunwaree. "Nous avions également eu des informations que le cas de Manupan ferait l'objet de discussions lors du conseil des ministres de vendredi. C'est pour cette raison que nous avons insisté pour rencontrer le ministre. Il est normal que les travailleurs soient inquiets. Leur requête est simple, qu'ils conservent leurs conditions de travail et leurs années de service. Je pense que cela relève de la responsabilité du gouvernement de protéger l'intérêt et l'emploi de ces travailleurs", soutient le syndicaliste.

Ils sont au total 295 travailleurs à se retrouver dans cette situation d'incertitude. "Nous sommes inquiets parce que nous avons donné notre vie pour cette usine. On ne peut pas nous jeter comme ça dans la rue ou nous payer une compensation de misère. Il y a même des cas ou maris et femmes sont employés par l'usine", explique une femme d'une quarantaine d'années. Selon les indications fournies par les travailleurs, ils sont plus de la moitié du personnel comptant plus de 20 ans de service au sein de Manupan.

Il ressort par ailleurs que le rachat de l'usine pourrait être compromis à cause d'une requête au gouvernement qui n'aurait pas abouti. Le groupe de repreneurs aurait demandé au ministère des Finances une exonération de la Land Transfer Tax. Rs 4 millions seraient concernées. La demande n'aurait toutefois pas été considérée positivement par le ministère des Finances.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 2 mars 2008