|
Depuis la fin de la semaine
Bruits de bottes de militaires US à l'aéroport
de Plaisance
Des bruits de bottes de militaires américains résonnent
depuis la fin de la semaine sur le tarmac du Sir Seewoosagur
Ramgoolam International Airport. Jusqu'ici, pas moins de 84
officiels américains, principalement des membres de l'armée
américaine, y compris les 12 membres d'équipage
du Boeing 747 spécial, qui les transporte, auront
débarqué à Plaisance pour une mission des
plus secrètes même pour les autorités mauriciennes
à en croire les sources approchées par Week-End.
Certains font le parallèle entre le déploiement
de ces forces d'intervention en Stand-By à l'aéroport
et la tournée entreprise depuis hier par le président
des États-Unis, George W. Bush, dans cinq pays d'Afrique,
dont la Tanzanie.
D'autre part, la secrétaire d'État américaine,
Condoleeza Rice, sera en mission spéciale pour le compte
du président Bush au Kenya à partir de demain. Elle
aura pour principale mission de proposer aux dirigeants politiques
kenyans un message les encourageant à aller dans le sens
d'un partage du pouvoir. "Concernant la visite au Kenya
demain de Condoleezza Rice, l'essentiel est que les dirigeants
se verront délivrer de première main le message
clair des États-Unis qui désirent la fin des violences
et un accord de partage du pouvoir qui aidera ce pays à
surmonter ses difficultés", a déclaré
George W. Bush au Bénin, première étape de
la tournée, hier.
Toutes les tentatives des journalistes pour obtenir des précisions
sur cet important dispositif autour de cette présence américaine
à Plaisance se sont heurtées à un épais
silence même si tous les comités avec les officiels
de l'ambassade américaine portant sur les Requirements
during the aircraft's visit étaient placés sous
la présidence du Senior Chief Executive (Home
Affairs), Raj Mudhoo. Les officiels mauriciens renvoyaient
la presse à l'ambassade américaine pour toute information.
Les Américains mettaient en avant le fait que "ces
missions sont sous la responsabilité du National Airborne
Operations Centre des États-Unis" pour
justifier le black-out d'informations. Officiellement le but de
cette mission présentée aux autorités mauriciennes
est de "station the aircraft at Sir Seewoosagur Ramgoolam
International Airport in support of diplomatic relations in the
Africa region".
Néanmoins, l'atterrissage à l'aéroport du
Boeing 747 avec le Callsign Rhino 25 avec le numérto
de mission 08 - 102 devait être précédé
par l'arrivée d'un Hercules C - 17 transportant toute une
panoplie d'équipements aéronautiques et de communications.
Certaines sources avancent qu'une Advanced Party d'une
trentaine de militaires se serait déjà installée
dans un des établissements du Sud de l'île en attendant
d'être rejointe par le gros du contingent.
Avec le renouvellement par le gouvernement de la Blanket Diplomatic
Clearance for all US military aircrafts, ces avions militaires
américains ne devaient pas solliciter d'autorisations spéciales
pour survoler le territoire mauricien ou encore pour atterrir.
Le Boeing 747 spécial était attendu à
l'aéroport dans la nuit d'hier à ce matin, soit
après le départ du dernier vol commercial, celui
d'Emirates Airlines. Mais aucune confirmation officielle
n'était disponible de l'Airports of Mauritius Limited.
Les Requirements exigés par les Américains
sont spécifiques à l'arrivée du Boeing
747, en l'occurrence un approvisionnement sur le champ de
150 000 gallons de carburant. Puis à chaque huit heures
de stationnement sur le tarmac de Plaisance l'avion devra être
approvisionné en 30 000 gallons de Jet Fuel, soit
une moyenne de 240 000 galles chaque 24 heures. L'accent
est également mis en fourniture d'eau potable, de Wet
Ice et de Dry Ice. Les opérations de vidange
de l'avion devront être effectuées par un personnel
trié sur le volet déjà Security Cleared
au plus haut niveau.
Pendant leur séjour à Maurice, probablement tout
au long de la semaine, les officiels américains devront
pouvoir bénéficier d'un bureau à proximité
du tarmac et alimenté en énergie électrique
de même que doté d'un générateur en
cas d'urgence. Au moins deux "Ground telephone lines with
international long distance capability at aircraft parking area"
devront tre disponibles en permanence.
D'importantes mesures de sécurité sont prévues
pour la surveillance de cet avion sur le tarmac en raison de la
présence d'une importante quantité d'armes se trouvant
à bord de l'appareil pour les besoins de cette mission
spéciale, dont la teneur demeure jusqu'ici un véritable
secret.
La coïncidence veut que ce déploiement militaire à
Plaisance se déroule en même temps que la visite
présidentielle, qui a démarré au Bénin,
hier. L'Agence-Frace-Presse annonce que le président américain
George W. Bush a commencé samedi sa dernière tournée
en Afrique par une courte escale au Bénin où il
a plaidé pour un partage du pouvoir au Kenya et une robuste
force onusienne dans la province soudanaise du Darfour ravagée
par la guerre civile.
La visite se poursuit en Tanzanie, où le président
George W. Bush est arrivé hier en début de soirée.
Il doit s'entretenir aujourd'hui avec le président tanzanien
Jakaya Kikwete. Mardi, le président américain et
son épouse Laura Bush se rendront au Rwanda, où
ils se recueilleront en mémoire des victimes du génocide
de 1994. Il rencontrera aussi le président rwandais Paul
Kagame. Enfin, il sera reçu mercredi au Ghana par le président
John Kufuor et jeudi au Liberia par la présidente Ellen
Johnson-Sirleaf.
L'insécurité
Le MSM persiste à réclamer la réintroduction
de la peine de mort
Le Mouvement Socialiste Mauricien (MSM), le deuxième parti
d'opposition en force numérique à l'Assemblée
nationale a rendu publique, hier matin, quelques-unes de ses propositions
pour régler le problème inquiétant d'insécurité
dans le pays. Il en ressort que le parti de Pravind Jugnauth persiste
à réclamer la réintroduction de la peine
de mort dans le pays pour deux types de délit, soient l'assassinat
(murder) et l'importation et le trafic de drogue.
Selon Pravind Jugnauth, il y a une dégradation générale
de la sécurité, de non - respect de l'ordre et de
la loi qui est en train de ternir en même temps l'image
de Maurice à l'étranger. Pravind Jugnauth affirme
qu'il ne fait pas "de politique avec ce problème
d'insécurité grandissante" et qu'il a appelé
à un sursaut national et à la constitution d'un
front gouvernement - opposition MMM-MSM pour y apporter remède
afin de rassurer les citoyens du pays. "On est arrivé
à une situation de psychose dans le pays. Il y a même
des gangs organisés qui ont commencé à semer
la violence dans plusieurs endroits. Ce qui est bien grave c'est
qu'il y a des personnes qui se sont organisées avec des
armes et qui circulent . Elles terrorisent même les autorités
au point où des sentinelles armées doivent maintenant
surveiller des postes de police, comme à Abercrombie, afin
de protéger des policiers eux-mêmes . Franchement,
en présence d'une telle situation on peut se demander à
quoi le peuple peut s'attendre pour sa sécurité.
Il y a urgence à agir. Le Premier ministre et le Commissaire
de Police qui se trouvent à la tête des principales
institutions doivent assumer leurs responsabilités",
déclare le leader MSM.
Appel à un front contre le banditisme
Selon Pravind Jugnauth, "le MSM a fait des critiques par
rapport à ses constats à travers le pays, mais l'ordre
et la paix est un sujet d'intérêt national. Et en
tant que parti responsable composé de patriotes, il veut
constituer un front pour combattre la criminalité et le
banditisme. J'ai proposé à Paul Bérenger
en tant que leader du principal parti d'Opposition et , bien sûr
au Premier ministre, en tant que chef du gouvernement, que nous
collaborions, et échangions autant que possible nos informations
sur les gangs surtout parce que nous ne voulons pas que des bandits
prennent notre pays en otage. Si difé pran dan péi
nu tu pu brilé. Le MSM ne s'est pas contenté de
critiquer mais a aussi institué une commission interne
pour examiner les problème d'ordre et de la loi et a travaillé
sur une série de mesures qu'il faut prendre immédiatement".
Pravind Jugnauth déclare avoir discuté de ces mesures
avec les habitants de Montagne-Blanche jeudi, lesquels ont exprimé
leurs inquiétudes ayant eux-mêmes été
témoins ou victimes de crimes et autres délits.
Le MSM préconise, premièrement, de rétablir
le respect et l'autorité de la Police. Malheureusement,
d'après Pravind Jugnauth, "l'intervention politique
a contribué à créer un grand dysfonctionnement
de la Police qui a entraîné frustration, démotivation
parmi ses membres. La hiérarchie y a été
bouleversée suscitant la perte de responsabilités.
Dans le passé et cela continue de nos jours, il y a eu
des transferts punitifs parce que certains policiers ont également
cultivé des contacts, des connections. Il est donc important
de revoir tout ça en général en rappelant
au Premier ministre son devoir de rappeler aux ministres et députés
que leurs fonctions ne leur donnent pas le droit de dicter ses
actes à la Police. Je ne dis pas cela uniquement pour ce
gouvernement, mais, avec mon expérience du passé
aussi".
Deuxièmement, selon le MSM, il faut accorder à la
force policière les moyens, la logistique nécessaire
et améliorer l'environnement de travail et la condition
des policiers . "En tant qu'avocat, je peux témoigner
que les policiers ont une tâche difficile. Il y a beaucoup
de policiers,droits honnêtes et sincères, mais, malheureusement,
ils opèrent dans un environnement peu encourageant. C'est
pourquoi le MSM ne peut pas être d'accord avec le ministre
des Finances lorsqu'il réduit les dépenses publiques
dans les secteurs prioritaires. Une des raisons de la dégradation
de l'ordre est également le non-remplacement et le manque
de véhicules pour se déplacer sur les lieux à
problèmes ", souligne Pravind Jugnauth.
Troisièmement, il faut revoir les critères de recrutement
des policiers (qualifications et aptitudes physiques entres autres)
et leur assurer la formation continue. Selon Pravind Jugnauth,
rien qu'à voir certains policiers qui sont demeurés
longtemps à leur job, on voit facilement que, physiquement,
ils ne sont plus aptes à enquêter ou arrêter
des délinquants sur le terrain. Il faut donc que l'entraînement
physique et académique soient constants.
Un avocat pour assister l'enquêteur
Quatrièmement, il faut introduire l'évaluation des
performances et garantir la transparence dans les examens de promotion
afin que la méritocratie prime . Pravind Jugnauth affirme
"on a archi-entendu dans le passé de cas de policiers
démotivés parseki séki finn travay, finn
deliver se sont retrouvés finalement pas récompensés".
Cinquièmement, le MSM considère la modernisation
des méthodes d'enquête très importante afin
de rétablir la confiance dans la Police. Le parti préconise
le recours une fois pour toutes aux tests A.D.N et l'emploi immédiat
d'au moins un avocat au niveau de chaque district de Police afin
d'assister les enquêteurs dans des cas majeurs. Cette dernière
mesure devrait limiter les vices de procédures qui permettent
ensuite aux délinquants d'échapper à la justice.
Très souvent, fait remarquer Pravind Jugnauth, le policier-enquêteur
se retrouver désarmé, en terme de connaissance,
devant un délinquant qui se fait lui assister par un conseiller
légal chevronné.
Le MSM n'est pas d'accord que la remise en liberté sous
caution sous appliquée pour les trois types de crimes suivants
: (i) l'assassinat, c'est-à-dire, à une personne
qui tue avec intention de tuer, (ii) l'importation et trafique
de drogue et (ii) les viols avec violence et viols en bande (gang
rape). Toutefois, les procès contre les suspects de ces
crimes doivent lieu très rapidement afin que la détention
préventives ne s'éternise pas.
Le parti de Pravind Jugnauth souhaite aussi le port obligatoire
d'un bracelet électronique par toute personne libérée
à la fin de sa peine pour crime sérieux afin que
son moindre mouvement puisse être constamment surveillé
pour prévenir la récidive.
"Pas d'erreur judiciaire possible", selon Pravind
Jugnauth
Pravind Jugnauth a engagé entièrement MSM sur la
question de la peine de mort. Selon lui, "celui qui donne
délibérément la mort, doit s'attendre à
ce qui repaie lui-même de sa vie". Dans le cas
de l'importation de la drogue également, le leader du MSM
semble avoir aussi réussi à convaincre la majorité
de ses membres que "si Singapour a pu terrassé
ce genre de délit, c'est grace à la sentence capitale".
A l'heure des questions, Pravind Jugnauth a balayé du revers
de la main la possibilité qu'avec l'application de la peine
de mort il y ait un jour une erreur judiciaire qui ôte injustement
la vie d'une personne qu'on découvrirait innocente mais
après qu'elle aura été exécutée.
Selon lui, "ce n'est jamais arrivé à Maurice".
Week-End a fait remarquer que la promotion, sous un précèdent
gouvernement MSM, de Raj Dayal comme commissaire de Police en
lui faisant passant sur la tête de 25 de ses supérieurs,
dont certains étaient méritants, avait également
été un motif de bouleversement hiérarchique
débouchant sur une controverse et de la démotivation.
Pravind Jugnauth a justifié la promotion de Raj Dayal en
arguant que les collègues de cet ex-commissaire qui se
sentaient lésés auraient pu avoir recourus à
un arbitrage judiciaire comme dans le cas récent des Deputy
Rector, mais ne l'avaient pourtant pas fait.
Le Leader du MSM ayant également évoqué l'impunité
de certains délinquants proche du pouvoir qui se croient
tout permis parce que "gouvernma dan nou lamé",
il lui a été rappelé que cette impunité
avait pris forme sous un gouvernement dirigé par nul autre
que son père, Sir Anerood et qu'il avait fallu une forte
pression populaire pour qu'un frein y sous mis. C'était,
effectivement, le temps où des trafiquants de drogues entraient
et sortaient librement à l'Hôtel du Gouvernement
entre 1983-85. Là encore, Pravind Jugnauth a répliqué
que le pays reconnait que "c'est Sir Anerood qui a maté
le problème de trafic de drogues à Maurice".
Il a reproché, par contre, au gouvernement actuel d'envoyer
un mauvais signal en permettant au ministre Rama Valayden de parader
avec des criminels recherchés dans son bureau avec la complaisance
de télévision ...
Depuis hier après-midi
Signal de détresse émis par le yacht Pussy
Les responsables du Maritime Rescue Command Centre (MRCC)
sous la supervision de la National Coast Guard (NCG),se
sont retrouvés hier en début de soirée devant
un cas de refus d'assistance en mer. En effet, en cours d'après-midi
d'hier une Search and Rescue Operation fut déclenchée
suite à un appel de détresse émis par le
yacht Pussy, qui avait quitté Port-Louis dans la
soirée de vendredi.
Ce bateau de plaisance, qui avait une seule personne à
son bord, était à la dérive en raison de
graves problèmes au niveau du gouvernail. Le Dornier
devait effectuer des sorties en vue de confimer la position du
bateau, qui se trouvait à 20° 15 Sud et 57°
07 Est. Le Global Positioning System de ce yacht, qui faisait
route vers la Réunion, ne fonctionnait pas.
Les bateaux dans les parages furent informés de la situation
et un appel général d'aide fut lancé. Le
MV Rebecca devait se porter volontaire pour aller porter
secours à ce navigateur en danger dans cette partie de
l'océan Indien dominée par la présence du
cyclone Ivan. Vers les 19 heures, l'équipage du MV Rebecca
devait parvenir à repérer le yacht en détresse.
La décision était de faire monter le navigateur
à bord du navire-cargo.
Mais le principal concerné s'était montré
extrêmement réticent à abandonner son yacht
en pleine nuit. Cela, malgré le fait qu'il n'avait du mazout
que pour avoir de l'énergie à bord pendant trois
heures seulement.
Les échanges triangulaires entre le capitaine du MV
Rebecca, le commandement de la NCG et le naufragé devaient
durer environ une heure. La situation ne devait pas changer avec
le plaisancier voulant rester à bord de son yacht malgré
les conditions extrêmement difficiles en mer. Vers les 20
heures 20, le commandement devait servir une ultime sommation
au marin en difficulté, soit il monte à bord du
MV Rebecca soit il reste à bord de son yacht avec
de graves risques de dérive en mer. Dans ce dernier cas,
la Search and Rescue Operation allait être abandonnés
à ses risques et périls.
"I don't want to be rescued", devait-il faire
comprendre au capitaine du MV Rebecca vers les 20 heures
25, hier. Le navire cargo a repris sa route et le Pussy abandonné
à lui-même avec l'approche d'Ivan.
Météo
Ivan: Le danger écarté
L'île Maurice et son île-soeur La Réunion peuvent
commencer à respirer, le danger que le cyclone tropical
Ivan ne leur tombe dessus ce week-end s'éloigne au fil
des heures. Mis à part deux sites de météorologues
d'amateurs-passionnés, à hier, soir tous les autres
sites officiels (Vacoas, Centre météorologique régional
de la Reunion, du Royaume-Uni et américains) envoyaient
le cyclone tropical directement sur Madagascar. Selon ces dernières
prévisions, Ivan, qui continuait à s'intensifier
avec des vents dépassant 200 kilomètres à
l'heure devrait traverser la Grande-île d'Est en Ouest aujourd'hui
après s'être engagé sur Tamatave.
Selon le bulletin de la Station de Vacoas, à 22 h, hier,
Ivan se trouvait autour du point 16,7° sud en latitude et
51,1° est en longitude, soit à environ 690 kms au
nord ouest de Maurice. Il se déplaçait dans une
direction ouest-sud-ouest à environ 15 km/heure. Des bandes
de nuages associées à Ivan continuent à influencer
le temps à Maurice et à la Réunion. Il est
prévu que le temps restera couvert à nuageux en
général avec des averses plus fréquentes
sur les terrains élevés. Dans des endroits habituels,
il y aura des accumulations d'eaux et aussi des poches de brouillards.
Le vent de l'est-nord-est sera de l'ordre de 25-30 km par heure
avec des pointes de 70 km/h dans les régions exposées.
La mer sera forte avec des vagues de 4 mètres au-delà
des récifs. A l'intérieur des lagons, les vagues
seront de deux mètres surtout autour des côtes ouest
et nord. Les sorties en mer sont déconseillées.
La température oscillera entre 22° et 26° sur
le plateau-central et entre 25° et 31° sur les régions
côtières.
| ||||||||||||||||