a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 17 février 2008



  En marge du prochain rapport du PRB - Âge de la retraite et pensions : l'heure de la remise en cause !
  Sur fond de réforme - Divisions intestines au sein du GM
  Réunion des bailleurs de fonds - Tout-à-l'égout : confirmation de la hausse des tarifs (+22 %)
  Depuis la fin de la semaine - Bruits de bottes de militaires US à l'aéroport de Plaisance
  L'insécurité - Le MSM persiste à réclamer la réintroduction de la peine de mort
  Depuis hier après-midi - Signal de détresse émis par le yacht Pussy
  Météo - Ivan: Le danger écarté


En marge du prochain rapport du PRB

Âge de la retraite et pensions : l'heure de la remise en cause !

Le projet du gouvernement visant à procéder à l'extension de l'âge de la retraite à 65 ans - dans le cadre de la réforme du système des pensions - continue à faire des vagues, en particulier au sein de la fonction publique. Dans la conjoncture, les indications sont que cette question pourrait constituer un élément majeur du prochain rapport du Pay Research Bureau (PRB) sur les salaires et conditions de service à partir du 1er juillet prochain. Pressentant le danger des menaces sur des droits acquis, les fédérations syndicales de la fonction publique ont constitué en fin de semaine un front syndical en vue de faire en sorte que le PRB recule sur ce front. D'autre part, les syndicalistes de la fonction publique comptent mener campagne pour demander au VPM et ministre des Finances, Rama Sithanen, de relever le Threshold de l'Income Tax de Rs 16 500 à Rs 22 000 à partir du 1er juillet prochain avec l'entrée en vigueur des recommandations salariales du PRB pour les fonctionnaires, les employés des corps para-étatiques et les retraités.

Les recoupements d'informations effectués par Week-End en fin de semaine indiquent que le dossier de la réforme des pensions et l'extension de l'âge de la retraite de 60 ans à 65 ans étaient à l'agenda des délibérations du conseil des ministres de vendredi. Les premières esquisses de cette réforme avaient été énoncées par le vice-Premier ministre et ministre des Finances lors de la présentation du Budget en vue de rendre plus Sustainable le système de Sécurité sociale.

Pas l'unanimité au sein du GM

Mais il semblerait que les Fine Prints du projet présenté ne feraient pas l'unanimité au sein du gouvernement. Faute de consensus sur les mesures préconisées pour mettre à exécution le plan de réforme, la solution de rechange par excellence a été adoptée, soit l'institution d'un comité interministériel en vue de procéder à une évaluation des étapes de la réforme et de proposer des scénarios alternatifs à être avalisés avant le Budget de juin 2008.

Les sources approchées par Week-End avancent que les échanges entre ministres étaient relativement animés mais aucune d'elles n'a voulu s'aventurer pour faire état de la teneur des points de désaccord. Mais tout semble indiquer que l'un des aspects les plus délicats et litigieux de la réforme concerne le report de l'âge pour bénéficier de la Basic Retirement Pension (BRP), soit la pension de vieillesse, de 60 à 65 ans.

De leur côté, les dirigeants des fédérations syndicales du secteur public, en l'occurrence la Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSC), de la State Employees'Federation (SEF) et de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions (FPBOU) ont pris l'initiative de constituer un front syndical uni en vue de préserver les droits acquis des fonctionnaires et des employés des corps para-publics. L'une des premières décisions entérinées a été d'écrire officiellement au PRB pour solliciter une rencontre à brèves échéances afin de discuter de l'extension de l'âge de la retraite et de l'introduction de la pension contributive au sein de la fonction publique.

" Le PRB se transforme en Executing Arm du gouvernement au lieu de préserver son autonomie et son indépendance, en voulant faire des recommandations au sujet de l'Extended Retirement Age. Le gouvernement se cache derrière le PRB. Ce dossier ne fait pas partie des attributions du PRB. Ce dernier ne peut se substituer à l'Assemblée nationale, à un tribunal ou encore au Central Whitley Council. Le report de l'âge de la retraite demeure une Policy Decision majeure, qui demande à être débattue à l'Assemblée nationale au lieu d'être mise en pratique sous la menace d'option exercée sur les fonctionnaires ", a déclaré Radhakrishna Sadien, président de la State Employees'Federation (SEF).

" Nous tenons à lancer une sévère mise en garde au PRB. Nous demandons aux fonctionnaires d'être sur leur garde avec la publication du rapport car il faudra prévoir des pièges sur la question de l'âge de la retraite. Nous devons rester mobilisés ", devait ajouter le président de la SEF, qui avait à ses côtés Toolsyraj Benydin, de la FSSC, et Deepak Benydin de la FSCC.

Unité syndicale saluée

De son côté, le président de la FSSC a salué cette unité syndicale affichée à la veille de la publication du prochain rapport du PRB. " En 2002, nous avions mis sur pied une plate-forme qui nous avait permis de réclamer un ajustement sur les salaires avant même la publication du rapport du PRB. Ce qui avait eu comme résultat l'institution d'un comité interministériel en ce sens, préconisant une augmentation salariale de 5 % avant Noël. En dépit du fait que le rapport fut approuvé in toto, ce n'est qu'en 2004 que les recommandations furent mises en application ", souligne-t-il en s'appesantissant sur le fait que le PRB ne peut être utilisé en tant que cobaye et Proxy par le gouvernement en vue de mettre à exécution la réforme de la pension et de l'âge de la retraite.

L'introduction de la pension contributive pour les fonctionnaires à partir du 1er juillet prochain est vivement combattue par le mouvement syndical. L'intention du PRB est de proposer une formule représentant une contribution de 6 % des salaires des fonctionnaires et une de 12 % de la part du gouvernement pour alimenter le fonds de pension.

Toujours en marge de la publication du rapport du PRB, une demande syndicale pour une révision de l'Income Tax Threshold sera déposée formellement auprès du vice-Premier ministre et ministre des Financers. " Nous pensons que le Threshold pour l'Income Tax devra être augmenté de Rs 16 500 par mois à Rs 22 000 à partir du 1er juillet prochain avant de passer à Rs 25 000 comme l'avait promis l'Alliance Sociale lors de la campagne électorale. Cette démarche se justifie amplement avec la mise à exécution des recommandations salariales du PRB car tout fonctionnaire ne peut se retrouver Worse Off après le 1er juillet prochain ", a déclaré à Week-End Rashid Imrith, président de la Government General Services'Union (GGSU).

Pour justifier sa démarche, M.Imrith avance qu'avec une éventuelle augmentation salariale de l'ordre de 25 % avec le rapport du PRB et le remboursement de ses 6 % de pension contributive, un fonctionnaire touchant actuellement Rs 16 500, donc ne payant pas d'impôts, tombera automatiquement dans les filets de la Mauritius Revenue Authority (MRA) après le 1er juillet 2008.

Salaires actuels : Rs 16 500

Impôts payables : Nil

PRB 2008 : Salaires actuels de Rs 16 500 + Rs 4 125 (représentant 25 % d'augmentation) + Rs 1 238 (6 % pour la pension contributive) = Rs 21 863

Salaires annuels : Rs 21 863 x 13 = Rs 284 219

Revenus imposables = Rs 284 219 - Rs 215 000 = Rs 69 219

Impôts redevables : 15 x 69 219/100 = Rs 10 832, annuellement, soit Rs 865 par mois, soit 21 % de la révision salariale du PRB.

L'exercice préliminaire effectué par le président de la GSSU démontre que le fonctionnaire est également perdant avec le report de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans au niveau de la pension. " La comparaison démontre qu'avec l'âge de la retraite à 60 ans, le fonctionnaire qui se retire à cet âge peut s'attendre à des revenus de Rs 405 000 entre 60 et 65 ans alors qu'avec le report de l'âge à la retraite à 65 ans, le fonctionnaire qui part à 60 ans, se retrouve avec un manque à gagner d'au moins Rs 150 000 au cours de la même période. La différence se retrouve au niveau de la pension de vieillesse. Nous devrons être très vigilants à ce sujet ", devait-il soutenir.

Retraite à 60 ans (cas actuel) Retraite à 60 ans avec le Retirement Age fixé à 65 ans :

Salaires à la retraite : Rs 6 000 par mois Rs 6 000 par mois

Gratuity : Rs 6 000 x 25 = Rs 150 000 Rs 6 000 x 25 = Rs 150 000

Pension mensuelle : Rs 3 000 Rs 3 000

Pension vieillesse : Rs 2 500 Nil

Intérêts sur le Gratuity (taux de 10 %) = Rs 1 250 par mois Rs 1250

Revenus mensuels : Rs 3 000 + Rs 2 500 + Rs 1 250 = Rs 6 750 Rs 3 000 + Rs 1 250 = Rs 4 250

Revenus en cinq ans (60 à 65 ans) : Rs 6 750 x 12 x 5 = Rs 405 000 Rs 255 000


Sur fond de réforme

Divisions intestines au sein du GM

Les mois de février se succèdent et se ressemblent pour le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen. Comme ce fut le cas l'année dernière avec le projet d'amendement au Sugar Industry Efficiency Act pour inclure les grandes lignes de la Multi-Annual Adaptation Strategy (MAAS), le Grand Argentier se retrouve dans l'œil d'un cyclone politique à un stade de formation relativement bien avancé. Les principaux protagonistes, qui se sont déclarés, sont quasiment les mêmes avec d'un côté la vice-présidente de la Commission pour la Démocratisation de l'Économie, Nita Deepalsingh, et de l'autre Rama Sithanen. Le point en litige concerne la politique de ciblage pour lutter contre la pauvreté.

L'arbitre désigné n'est autre que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui a confirmé vendredi soir une première intervention de rappel à l'ordre de son ministre des Finances. Pour l'instant, les sources ne confirment pas si le carton jaune du premier avertissement a été servi au principal concerné, qui se défend d'avoir révélé en public les secrets des délibérations du Conseil des ministres et remettant en cause la Collective Responsibility du système westministérien.

Après avoir une première fois dimanche dernier qualifié d'hypocrites ceux qui objectent aux mesures de réforme en vue de doubler le nombre d'admis à l'Université de Maurice et l'absence de volonté politique à cet effet, Rama Sithanen n'est pas allé de main morte au cours de la semaine contre ceux qui font de la résistance à ses propositions au sujet du ciblage en vue de lutter contre la pauvreté. Il était sur le plateau de Radio-Plus, mardi pour répondre à des questions sur la politique de ciblage économique dans le cadre des préparatifs budgétaires.

La réponse du vice-Premier ministre et ministre des Finances a servi de munitions politiques à ses adversaires à l'intérieur de la majorité parlementaire. "Nu bizin honnête, péna volonté politik. Sibsid li alle usi à la klas moyenne ek ris. Alors si nou anvi vréma kombat la pauvreté, pu bizin aide bann pauvre. Péna konsensus dans Cabinet, Pena consensus dans le pays. Pena au sein du guvernma. Buku dimun fer démagozi", a-t-il déclaré en substance à une question de l'animateur principal de cette station de radio privée. Il devait prendre pour exemple la consommation de gaz ménager, dont le prix est subventionné.

La question de ciblage devait également revenir lors de l'émission par rapport au transport gratuit pour écoliers et personnes du troisième âge. "Péna volonté politik. Si met cash ki alle lor sibsid du riz, la farine, gaz ek transport nu kapav pran kash la konbat la pauvreté ek élimine li dan trois à cinq ans. Péna volonté politik inklu mo bann prop kolègue… Ena buku hypokrit. Premier minis ine koz siblaz dan so mesaz fin dannée mé éna pression partout", devait encore faire comprendre le No 4 de l'Alliance Sociale.

L'aile au sein du gouvernement, qui ne partage pas les affinités économiques et politiques de Rama Sithanen, ne sont pas fait attendre pour manifester. L'expression d'hypocritres aurait heurté la susceptibilité personnelle de plus d'un. Ils ont fait comprendre que Rama Sithanen a dépassé les bornes. De son côté, le leader de l'Alliance Sociale a confirmé avoir eu une conversation en privé avec l'auteur de ces propos. "Mo fine koz ar Rama Sithanen en privé. Dans tout Cabinet éna bann divergences d'opinion. C'est sa la démocratie", a déclaré Navin Ramgoolam à la presse, vendredi soir, à ce sujet.

D'aucuns affirment que lors de ce tête-à-tête, le Premier ministre aurait fait comprendre certaines vérités à son vice-Premier ministre et ministre des Finances au sujet de la politique économique et de l'action du gouvernement, qui entamera bientôt les deux dernières années de l'actuel mandat. Il a été question de "choix économiquement justiciable mais politiquement suicidaire". L'une des premières conséquences est la décision du Conseil des ministres, vendredi, de soumettre à un comité interministériel les propositions de réformes avec l'extension de l'âge de la retraite et le report à 65 ans du paiement de la pension de vieillesse.

En parallèle, la backbencher Nita Deepalsingh, colistière de Rama Sithanen dans la circonscription de Belle-Rose/Quatre-Bornes (No 18), s'est livrée à un véritable règlement de comptes dans la presse sur fond de Tina-Wallah Delusion. Les critiques acerbes de Nita Deepalsingh n'auront guère surpris le camp de Rama Sithanen, tant les relations entre ces deux politiciens du Parti Travailliste ont connu une nette dégradation depuis plus d'une année.

Avec les étapes menant vers la présentation du prochain budget se précisant, le vice-Premier ministre et ministre des Finances se prépare à un durcissement de ton de ce clan politique. "Pour l'instant, Rama Sithanen ne va pas faire de commentaires. Il demeure serein. Sa priorité demeure les moyens à être mis en place pour alléger dans la mesure du possible le problème de la pauvreté à Maurice. Il demeure convaincu que si l'on veut éliminer la pauvreté, nous ne pourrons pas continuer avec le système actuel. Nou pe batte-batté", fait-on comprendre dans les milieux proches du vice-Premier ministre et ministre des Finances.

Force est de constater que les divisions intestines au sein de l'Alliance Sociale ne devront pas connaître de répit dans les mois menant à la présentation du budget compte tenu de l'enjeu de la réforme économique engagée et du Monitoring systématique des Key Performance Indicators agrées par les bailleurs de fonds, dont entre la Commission Européenne. Mais le prochain épisode du feuilleton politique au sein de l'Alliance Sociale risque encore d'être plus fracassant avec de véritables secousses prébudgétaires à moins que l'arbitre politique ne désigne la fin combat avant le gong final…


Réunion des bailleurs de fonds

Tout-à-l'égout : confirmation de la hausse des tarifs (+22 %)

La réunion des bailleurs de fonds pour les projets de tout-à-l'égout, qui s'est déroulée en fin de semaine, a débouché sur la confirmation du gouvernement de mettre en vigueur une révision à la hausse des tarifs de la Wastewater Management Authority (WMA), comme évoqué dans l'édition de Week-End de dimanche dernier. Les nouveaux tarifs, représentant une majoration moyenne de 22 % en vigueur à partir du 1er mars prochain, devront être promulgués officiellement en ce début de semaine. Dans les milieux du gouvernement, l'on soutient que cette décision aurait été prise devant la menace à peine voilée de l'Union européenne (UE) de procéder au gel du décaissement d'une somme de Rs 275 millions sous forme de Grant à ce secteur.

" Après des consultations ardues avec les bailleurs de fonds, et principalement l'Union européenne, nous avons pu obtenir un accord pour ne mettre en vigueur qu'une seule augmentation jusqu'à 2011. En attendant la promulgation des nouveaux tarifs, nous avons pris le soin de voir que l'augmentation ne sera pas plus de Rs 10 par mois pour au moins deux abonnés de la Wastewater Management Authority sur trois. Nous allons adopter un Two-Tier Tariff. Nous avons résisté à une proposition européenne pour un Cost Recovery de l'ordre de 100 % des investissements. Lors de cette étape initiale, nous avons opté pour un taux de 25 % ", a confirmé à Week-End le ministre des Services publics, Abu Kasenally.

" Lors des consultations avec les bailleurs de fonds, l'Union européenne s'est appesantie sur la viabilité financière des projets dans le secteur du tout-à-l'égout. De par les décisions entérinées par le gouvernement, Bruxelles a fini par comprendre que We mean business et que nous considérons l'assainissement de l'environnement comme étant primordial ", a encore ajouté le ministre, tout en rappelant les investissements massifs de Rs 8,2 milliards au cours de ces huit dernières années et le raccordement de 50 % de la population au système du tout-à-l'égout dans les cinq prochaines années.

D'autre part, lors de la séance plénière de la réunion des bailleurs de fonds de jeudi, le ministre Kasenally a soutenu que " in determining the new tariff profile, great care has been taken to blend as harmoniously as possible the principles of cost recovery with the elements of affordability and reasonableness ". Il a aussi fait état d'un réaménagement de l'Environment Levy avec l'Environment Protection Fee.

Abu Kasenally a également mis l'accent sur le critère de performance. " Everything will be performance related. Autonomy means more responsibility, accountability, efficiency and good governance. All activities undertaken by the Wastewater Management Authority should be able to stand the challenge of public and parliamentary scrutiny ", a-il avancé.

Pour sa part, Claudia Wiedey, chef de la délégation de la Commission européenne à Port-Louis et intervenant au nom de la Banque africaine de Développement (BAD), de l'Agence Française de Développement (AFD) et de la Banque Européenne d'Investissements (BEI), s'est félicitée de la qualité de coordination au niveau des bailleurs de fonds dans le cadre du programme de réforme économique. Elle a parlé de modèle à être adopté dans d'autres pays d'Afrique.

" This donors'meeting in the wastewater sector has been a model for the wide coordination among donors that your government has launched since last year in the context of your economic reform programme. It is also a model that we as donors have taken to other countries in Africa for replication ", a déclaré d'emblée Claudia Wiedey.

La représentante de la Commission européenne a passé en revue les différentes sources de financement international pour le secteur du tout-à-l'égout. " This is an expression of confidence by the donors in the government's policies and the sector more specifically ", devait-elle déclarer en citant des emprunts de quatre millions de dollars de la BADEA pour le projet de Pailles-Guibies, de Rs 300 millions de l'Exim Bank de la République populaire de Chine ou encore du financement de l'Inde, sans oublier les 8,6 millions d'euros de l'Union européenne sous forme de la quatrième tranche de support budgétaire en juin de l'année dernière. " We are confident that the government will be able to secure the remaining financing gap of Rs 6,7 billion if there is continued good progress in the sector and if the donor coordination system remains effective ", a-t-elle rappelé.

La représentante de l'UE n'a pas manqué d'attirer l'attention sur des points vulnérables dans le secteur du tout-à-l'égout. " Capital expenditure has remained below the expected levels in the last two financial years. We note that this underperformance has been due primarily to the delays in the procurement and in the award of contracts. We welcome that the WMA has further strengthened its capacity with regard to project implementation in terms of staffing ", concède-t-elle. Et d'exprimer le souhait des bailleurs de fonds pour une élimination des retards accumulés dans l'octroi des contrats.

" Donors hope that with the additional capacity acquired, WMA should be more effective in contract management and thus avoid expensive cost over-runs in the implementation of contracts in the future. The ministry of Public Utilities and the WMA Board should carefully monitor this situation ", devait-elle mettre en garde.

Claudia Wiedey a passé en revue les principaux indicateurs de l'économie tout en énumérant les défis qui se profilent à l'horizon. " While it is still early to assess the full impact of the economic reforms which the government has initiated in 2006, we are pleased to note that there are indeed positive signs of economic revival ", dit-elle. Le taux de croissance économique, qui était de 5 % en 2006, est passé à 5,6 % en 2007 avec des prévisions de 5,9 %/6 % en 2008, et une croissance de 4,2 % des investissements en 2007.

" We see a positive development in the reduction of the budget deficit towards sustainable levels. We would like to encourage the government not to loosen its grip on controlling expenditures with a view of reducing the deficit below the 3 % mark. The donors are well aware though that important economic challenges are still ahead. More needs to be done to bring down the unemployment rate, to control inflation, as well as to reduce the trade deficit and the internal public debt levels ", a poursuivi la porte-parole des bailleurs de fonds.


Corps para-publics - CWA et WMA : gestion confiée au secteur privé

La question de Management Contracts à la Wastewater Management Authority (WMA) et à la Central Water Authority (CWA) revient sur le tapis de manière formelle. Ce développement a été mentionné par la représentante de la délégation de la Commission européenne, Claudia Wiedey, lors de la réunion des bailleurs de fonds, jeudi. Les indications demeurent l'enclenchement des procédures en vue des exercices d'appel d'offres pour l'octroi des Management Contracts dans ces deux corps para-publics.

" With regard to private sector involvement, we welcome the initial steps taken to contract out the operation and maintenance of WMA and CWA, on the basis of the recommendations made in 2003 by the International Finance Corporation (IFC). We have been presented with a realistic timeline to launch the expression of interest by potential private operators ", devait faire comprendre Claudia Wiedey.

La représentante de Bruxelles a proposé que les bailleurs de fonds soient tenus au courant des différentes étapes dans l'octroi de ces Management Contracts en raison des Substantial Risks inhérents. Les principaux paramètres ciblés sont les implications financières de ces Management Contracts aussi bien que les Performance Targets imposés aux opérateurs du privé et les progrès réalisés dans l'exercice d'appel d'offres.

D'autre part, le ministère des Services publics est tenu à soumettre aux bailleurs de fonds, dans un délai d'un mois, des protocoles en vue d'assurer une autonomie à la WMA. Ce délai a été arrêté vu que la décision avait été prise formellement il y a deux ans. " We have been informed that some progress has been made in establishing such protocols but it has been proving more difficult than initially anticipated in view of the important policy implications this entails. I would like to underline the importance of ensuring that WMA can operate in a clear legal and institutional environment in completing its mission ", a-t-elle ajouté.

Les bailleurs de fonds ont fait comprendre que les Performance Indicators en vigueur dans le secteur du tout-à-l'égout devraient être appliqués dans d'autres secteurs, notamment au niveau de la CWA. " We have agreed that a common set of performance indicators will guide our joint monitoring of the progress in this sector. But we would like to invite you also to expand the current arrangements to other sectors in which several donors are present with financing. We are thinking in particular of the water sector for which a donors'meeting could be organised back-to-back, as it has been done this year with the annual business planning held earlier in the week ", devait conclure Claudia Wiedey.


Devant la Banque mondiale - Le PM : "Mêmes résultats sur les fronts économique et social"

L'ouverture de la représentation officielle de la Banque mondiale (BM) à Port-Louis a été l'occasion pour le Premier ministre, Navin Ramgoolam, de monter publiquement en première ligne sur le front de la réforme économique. Cette cérémonie est intervenue à la conclusion des consultations annuelles avec la BM pour passer en revue le programme de financement de la réforme.

Le PM a trouvé que " this event marks a major milestone in the World Bank's development partnership with the government and people of Mauritius ". Il a commenté les grandes lignes de la réforme économique engagée par le gouvernement depuis plus de deux ans et a mis l'accent sur l'importance de lutter contre la pauvreté. Et de souhaiter voir les mêmes retombées de la réforme sur les fronts économique et social.

" We also need support to create strong linking mechanisms between economic growth, prosperity and social development. Growth must be inclusive, with no one being left behind. We need to own our development agenda. We must see similar results on the social front and on the economic front ", a déclaré Navin Ramgoolam lors de son intervention en présence, entre autres, de la Country Director de la Banque mondiale, Ritva Reinikka, et du représentant de cette institution à Maurice, Constantine Chikosi.

" I am confident that specialised institutions like the World Bank and other development partners will be fully tuned with our philosophy of putting people first and inclusive growth ", a poursuivi le Premier ministre en parlant de la nécessité d'éliminer la pauvreté à Maurice. " This office gives the World Bank a great opportunity to have first hand and close understanding of the realities and complexities of the Mauritian economy and society ", a-t-il ajouté.

Navin Ramgoolam se dit confiant de pouvoir compter sur le soutien de la Banque mondiale pour asseoir la compétitivité de Maurice sur le plan international. " We cannot afford to settle for anything less than being globally competitive in every area of activity. Clearly, the dominant economic agenda in Mauritius at present is how to manage the transition from dependence on trade preferences to global competitiveness. The task is demanding in terms of commitment, ideas, as well as financial, physical and human resources. It also requires fundamental and bold reforms in many areas simultaneously and urgently - for we have to battle on many fronts at the same time to be among fastest globalisers ", a-t-il souligné.

D'autre part, les discussions en début de semaine avec la délégation de la Banque mondiale menée par la Country Director, et le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, ont porté sur la mise en place d'un Rolling Programme pour les années à venir - avec accent sur le soutien financier des bailleurs de fonds en termes d'investissements dans l'infrastructure pour les deux ans à venir.

Rama Sithanen est revenu sur la performance des principaux indicateurs économiques pour faire la démonstration qu'il y a progrès avec la réforme. " Nous arrivons à maîtriser la situation sur le front des finances publiques. Le déficit budgétaire a été ramené de manière constante avec la mise en vigueur du programme de consolidation fiscale comprenant une réforme majeure au niveau des impôts, une meilleure gestion fiscale et une discipline de rigueur par rapport aux dépenses ", devait-il faire comprendre au cours de la semaine écoulée.


Depuis la fin de la semaine

Bruits de bottes de militaires US à l'aéroport de Plaisance

Des bruits de bottes de militaires américains résonnent depuis la fin de la semaine sur le tarmac du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport. Jusqu'ici, pas moins de 84 officiels américains, principalement des membres de l'armée américaine, y compris les 12 membres d'équipage du Boeing 747 spécial, qui les transporte, auront débarqué à Plaisance pour une mission des plus secrètes même pour les autorités mauriciennes à en croire les sources approchées par Week-End. Certains font le parallèle entre le déploiement de ces forces d'intervention en Stand-By à l'aéroport et la tournée entreprise depuis hier par le président des États-Unis, George W. Bush, dans cinq pays d'Afrique, dont la Tanzanie.

D'autre part, la secrétaire d'État américaine, Condoleeza Rice, sera en mission spéciale pour le compte du président Bush au Kenya à partir de demain. Elle aura pour principale mission de proposer aux dirigeants politiques kenyans un message les encourageant à aller dans le sens d'un partage du pouvoir. "Concernant la visite au Kenya demain de Condoleezza Rice, l'essentiel est que les dirigeants se verront délivrer de première main le message clair des États-Unis qui désirent la fin des violences et un accord de partage du pouvoir qui aidera ce pays à surmonter ses difficultés", a déclaré George W. Bush au Bénin, première étape de la tournée, hier.

Toutes les tentatives des journalistes pour obtenir des précisions sur cet important dispositif autour de cette présence américaine à Plaisance se sont heurtées à un épais silence même si tous les comités avec les officiels de l'ambassade américaine portant sur les Requirements during the aircraft's visit étaient placés sous la présidence du Senior Chief Executive (Home Affairs), Raj Mudhoo. Les officiels mauriciens renvoyaient la presse à l'ambassade américaine pour toute information.

Les Américains mettaient en avant le fait que "ces missions sont sous la responsabilité du National Airborne Operations Centre des États-Unis" pour justifier le black-out d'informations. Officiellement le but de cette mission présentée aux autorités mauriciennes est de "station the aircraft at Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport in support of diplomatic relations in the Africa region".

Néanmoins, l'atterrissage à l'aéroport du Boeing 747 avec le Callsign Rhino 25 avec le numérto de mission 08 - 102 devait être précédé par l'arrivée d'un Hercules C - 17 transportant toute une panoplie d'équipements aéronautiques et de communications. Certaines sources avancent qu'une Advanced Party d'une trentaine de militaires se serait déjà installée dans un des établissements du Sud de l'île en attendant d'être rejointe par le gros du contingent.

Avec le renouvellement par le gouvernement de la Blanket Diplomatic Clearance for all US military aircrafts, ces avions militaires américains ne devaient pas solliciter d'autorisations spéciales pour survoler le territoire mauricien ou encore pour atterrir. Le Boeing 747 spécial était attendu à l'aéroport dans la nuit d'hier à ce matin, soit après le départ du dernier vol commercial, celui d'Emirates Airlines. Mais aucune confirmation officielle n'était disponible de l'Airports of Mauritius Limited.

Les Requirements exigés par les Américains sont spécifiques à l'arrivée du Boeing 747, en l'occurrence un approvisionnement sur le champ de 150 000 gallons de carburant. Puis à chaque huit heures de stationnement sur le tarmac de Plaisance l'avion devra être approvisionné en 30 000 gallons de Jet Fuel, soit une moyenne de 240 000 galles chaque 24 heures. L'accent est également mis en fourniture d'eau potable, de Wet Ice et de Dry Ice. Les opérations de vidange de l'avion devront être effectuées par un personnel trié sur le volet déjà Security Cleared au plus haut niveau.

Pendant leur séjour à Maurice, probablement tout au long de la semaine, les officiels américains devront pouvoir bénéficier d'un bureau à proximité du tarmac et alimenté en énergie électrique de même que doté d'un générateur en cas d'urgence. Au moins deux "Ground telephone lines with international long distance capability at aircraft parking area" devront tre disponibles en permanence.

D'importantes mesures de sécurité sont prévues pour la surveillance de cet avion sur le tarmac en raison de la présence d'une importante quantité d'armes se trouvant à bord de l'appareil pour les besoins de cette mission spéciale, dont la teneur demeure jusqu'ici un véritable secret.

La coïncidence veut que ce déploiement militaire à Plaisance se déroule en même temps que la visite présidentielle, qui a démarré au Bénin, hier. L'Agence-Frace-Presse annonce que le président américain George W. Bush a commencé samedi sa dernière tournée en Afrique par une courte escale au Bénin où il a plaidé pour un partage du pouvoir au Kenya et une robuste force onusienne dans la province soudanaise du Darfour ravagée par la guerre civile.

La visite se poursuit en Tanzanie, où le président George W. Bush est arrivé hier en début de soirée. Il doit s'entretenir aujourd'hui avec le président tanzanien Jakaya Kikwete. Mardi, le président américain et son épouse Laura Bush se rendront au Rwanda, où ils se recueilleront en mémoire des victimes du génocide de 1994. Il rencontrera aussi le président rwandais Paul Kagame. Enfin, il sera reçu mercredi au Ghana par le président John Kufuor et jeudi au Liberia par la présidente Ellen Johnson-Sirleaf.


L'insécurité

Le MSM persiste à réclamer la réintroduction de la peine de mort

Le Mouvement Socialiste Mauricien (MSM), le deuxième parti d'opposition en force numérique à l'Assemblée nationale a rendu publique, hier matin, quelques-unes de ses propositions pour régler le problème inquiétant d'insécurité dans le pays. Il en ressort que le parti de Pravind Jugnauth persiste à réclamer la réintroduction de la peine de mort dans le pays pour deux types de délit, soient l'assassinat (murder) et l'importation et le trafic de drogue.

Selon Pravind Jugnauth, il y a une dégradation générale de la sécurité, de non - respect de l'ordre et de la loi qui est en train de ternir en même temps l'image de Maurice à l'étranger. Pravind Jugnauth affirme qu'il ne fait pas "de politique avec ce problème d'insécurité grandissante" et qu'il a appelé à un sursaut national et à la constitution d'un front gouvernement - opposition MMM-MSM pour y apporter remède afin de rassurer les citoyens du pays. "On est arrivé à une situation de psychose dans le pays. Il y a même des gangs organisés qui ont commencé à semer la violence dans plusieurs endroits. Ce qui est bien grave c'est qu'il y a des personnes qui se sont organisées avec des armes et qui circulent . Elles terrorisent même les autorités au point où des sentinelles armées doivent maintenant surveiller des postes de police, comme à Abercrombie, afin de protéger des policiers eux-mêmes . Franchement, en présence d'une telle situation on peut se demander à quoi le peuple peut s'attendre pour sa sécurité. Il y a urgence à agir. Le Premier ministre et le Commissaire de Police qui se trouvent à la tête des principales institutions doivent assumer leurs responsabilités", déclare le leader MSM.

Appel à un front contre le banditisme

Selon Pravind Jugnauth, "le MSM a fait des critiques par rapport à ses constats à travers le pays, mais l'ordre et la paix est un sujet d'intérêt national. Et en tant que parti responsable composé de patriotes, il veut constituer un front pour combattre la criminalité et le banditisme. J'ai proposé à Paul Bérenger en tant que leader du principal parti d'Opposition et , bien sûr au Premier ministre, en tant que chef du gouvernement, que nous collaborions, et échangions autant que possible nos informations sur les gangs surtout parce que nous ne voulons pas que des bandits prennent notre pays en otage. Si difé pran dan péi nu tu pu brilé. Le MSM ne s'est pas contenté de critiquer mais a aussi institué une commission interne pour examiner les problème d'ordre et de la loi et a travaillé sur une série de mesures qu'il faut prendre immédiatement".

Pravind Jugnauth déclare avoir discuté de ces mesures avec les habitants de Montagne-Blanche jeudi, lesquels ont exprimé leurs inquiétudes ayant eux-mêmes été témoins ou victimes de crimes et autres délits. Le MSM préconise, premièrement, de rétablir le respect et l'autorité de la Police. Malheureusement, d'après Pravind Jugnauth, "l'intervention politique a contribué à créer un grand dysfonctionnement de la Police qui a entraîné frustration, démotivation parmi ses membres. La hiérarchie y a été bouleversée suscitant la perte de responsabilités. Dans le passé et cela continue de nos jours, il y a eu des transferts punitifs parce que certains policiers ont également cultivé des contacts, des connections. Il est donc important de revoir tout ça en général en rappelant au Premier ministre son devoir de rappeler aux ministres et députés que leurs fonctions ne leur donnent pas le droit de dicter ses actes à la Police. Je ne dis pas cela uniquement pour ce gouvernement, mais, avec mon expérience du passé aussi".

Deuxièmement, selon le MSM, il faut accorder à la force policière les moyens, la logistique nécessaire et améliorer l'environnement de travail et la condition des policiers . "En tant qu'avocat, je peux témoigner que les policiers ont une tâche difficile. Il y a beaucoup de policiers,droits honnêtes et sincères, mais, malheureusement, ils opèrent dans un environnement peu encourageant. C'est pourquoi le MSM ne peut pas être d'accord avec le ministre des Finances lorsqu'il réduit les dépenses publiques dans les secteurs prioritaires. Une des raisons de la dégradation de l'ordre est également le non-remplacement et le manque de véhicules pour se déplacer sur les lieux à problèmes ", souligne Pravind Jugnauth.

Troisièmement, il faut revoir les critères de recrutement des policiers (qualifications et aptitudes physiques entres autres) et leur assurer la formation continue. Selon Pravind Jugnauth, rien qu'à voir certains policiers qui sont demeurés longtemps à leur job, on voit facilement que, physiquement, ils ne sont plus aptes à enquêter ou arrêter des délinquants sur le terrain. Il faut donc que l'entraînement physique et académique soient constants.

Un avocat pour assister l'enquêteur

Quatrièmement, il faut introduire l'évaluation des performances et garantir la transparence dans les examens de promotion afin que la méritocratie prime . Pravind Jugnauth affirme "on a archi-entendu dans le passé de cas de policiers démotivés parseki séki finn travay, finn deliver se sont retrouvés finalement pas récompensés".

Cinquièmement, le MSM considère la modernisation des méthodes d'enquête très importante afin de rétablir la confiance dans la Police. Le parti préconise le recours une fois pour toutes aux tests A.D.N et l'emploi immédiat d'au moins un avocat au niveau de chaque district de Police afin d'assister les enquêteurs dans des cas majeurs. Cette dernière mesure devrait limiter les vices de procédures qui permettent ensuite aux délinquants d'échapper à la justice. Très souvent, fait remarquer Pravind Jugnauth, le policier-enquêteur se retrouver désarmé, en terme de connaissance, devant un délinquant qui se fait lui assister par un conseiller légal chevronné.

Le MSM n'est pas d'accord que la remise en liberté sous caution sous appliquée pour les trois types de crimes suivants : (i) l'assassinat, c'est-à-dire, à une personne qui tue avec intention de tuer, (ii) l'importation et trafique de drogue et (ii) les viols avec violence et viols en bande (gang rape). Toutefois, les procès contre les suspects de ces crimes doivent lieu très rapidement afin que la détention préventives ne s'éternise pas.

Le parti de Pravind Jugnauth souhaite aussi le port obligatoire d'un bracelet électronique par toute personne libérée à la fin de sa peine pour crime sérieux afin que son moindre mouvement puisse être constamment surveillé pour prévenir la récidive.

"Pas d'erreur judiciaire possible", selon Pravind Jugnauth

Pravind Jugnauth a engagé entièrement MSM sur la question de la peine de mort. Selon lui, "celui qui donne délibérément la mort, doit s'attendre à ce qui repaie lui-même de sa vie". Dans le cas de l'importation de la drogue également, le leader du MSM semble avoir aussi réussi à convaincre la majorité de ses membres que "si Singapour a pu terrassé ce genre de délit, c'est grace à la sentence capitale".

A l'heure des questions, Pravind Jugnauth a balayé du revers de la main la possibilité qu'avec l'application de la peine de mort il y ait un jour une erreur judiciaire qui ôte injustement la vie d'une personne qu'on découvrirait innocente mais après qu'elle aura été exécutée. Selon lui, "ce n'est jamais arrivé à Maurice".

Week-End a fait remarquer que la promotion, sous un précèdent gouvernement MSM, de Raj Dayal comme commissaire de Police en lui faisant passant sur la tête de 25 de ses supérieurs, dont certains étaient méritants, avait également été un motif de bouleversement hiérarchique débouchant sur une controverse et de la démotivation. Pravind Jugnauth a justifié la promotion de Raj Dayal en arguant que les collègues de cet ex-commissaire qui se sentaient lésés auraient pu avoir recourus à un arbitrage judiciaire comme dans le cas récent des Deputy Rector, mais ne l'avaient pourtant pas fait.

Le Leader du MSM ayant également évoqué l'impunité de certains délinquants proche du pouvoir qui se croient tout permis parce que "gouvernma dan nou lamé", il lui a été rappelé que cette impunité avait pris forme sous un gouvernement dirigé par nul autre que son père, Sir Anerood et qu'il avait fallu une forte pression populaire pour qu'un frein y sous mis. C'était, effectivement, le temps où des trafiquants de drogues entraient et sortaient librement à l'Hôtel du Gouvernement entre 1983-85. Là encore, Pravind Jugnauth a répliqué que le pays reconnait que "c'est Sir Anerood qui a maté le problème de trafic de drogues à Maurice". Il a reproché, par contre, au gouvernement actuel d'envoyer un mauvais signal en permettant au ministre Rama Valayden de parader avec des criminels recherchés dans son bureau avec la complaisance de télévision ...


Depuis hier après-midi

Signal de détresse émis par le yacht Pussy

Les responsables du Maritime Rescue Command Centre (MRCC) sous la supervision de la National Coast Guard (NCG),se sont retrouvés hier en début de soirée devant un cas de refus d'assistance en mer. En effet, en cours d'après-midi d'hier une Search and Rescue Operation fut déclenchée suite à un appel de détresse émis par le yacht Pussy, qui avait quitté Port-Louis dans la soirée de vendredi.

Ce bateau de plaisance, qui avait une seule personne à son bord, était à la dérive en raison de graves problèmes au niveau du gouvernail. Le Dornier devait effectuer des sorties en vue de confimer la position du bateau, qui se trouvait à 20° 15 Sud et 57° 07 Est. Le Global Positioning System de ce yacht, qui faisait route vers la Réunion, ne fonctionnait pas.

Les bateaux dans les parages furent informés de la situation et un appel général d'aide fut lancé. Le MV Rebecca devait se porter volontaire pour aller porter secours à ce navigateur en danger dans cette partie de l'océan Indien dominée par la présence du cyclone Ivan. Vers les 19 heures, l'équipage du MV Rebecca devait parvenir à repérer le yacht en détresse. La décision était de faire monter le navigateur à bord du navire-cargo.

Mais le principal concerné s'était montré extrêmement réticent à abandonner son yacht en pleine nuit. Cela, malgré le fait qu'il n'avait du mazout que pour avoir de l'énergie à bord pendant trois heures seulement.

Les échanges triangulaires entre le capitaine du MV Rebecca, le commandement de la NCG et le naufragé devaient durer environ une heure. La situation ne devait pas changer avec le plaisancier voulant rester à bord de son yacht malgré les conditions extrêmement difficiles en mer. Vers les 20 heures 20, le commandement devait servir une ultime sommation au marin en difficulté, soit il monte à bord du MV Rebecca soit il reste à bord de son yacht avec de graves risques de dérive en mer. Dans ce dernier cas, la Search and Rescue Operation allait être abandonnés à ses risques et périls.

"I don't want to be rescued", devait-il faire comprendre au capitaine du MV Rebecca vers les 20 heures 25, hier. Le navire cargo a repris sa route et le Pussy abandonné à lui-même avec l'approche d'Ivan.


Météo

Ivan: Le danger écarté

L'île Maurice et son île-soeur La Réunion peuvent commencer à respirer, le danger que le cyclone tropical Ivan ne leur tombe dessus ce week-end s'éloigne au fil des heures. Mis à part deux sites de météorologues d'amateurs-passionnés, à hier, soir tous les autres sites officiels (Vacoas, Centre météorologique régional de la Reunion, du Royaume-Uni et américains) envoyaient le cyclone tropical directement sur Madagascar. Selon ces dernières prévisions, Ivan, qui continuait à s'intensifier avec des vents dépassant 200 kilomètres à l'heure devrait traverser la Grande-île d'Est en Ouest aujourd'hui après s'être engagé sur Tamatave.

Selon le bulletin de la Station de Vacoas, à 22 h, hier, Ivan se trouvait autour du point 16,7° sud en latitude et 51,1° est en longitude, soit à environ 690 kms au nord ouest de Maurice. Il se déplaçait dans une direction ouest-sud-ouest à environ 15 km/heure. Des bandes de nuages associées à Ivan continuent à influencer le temps à Maurice et à la Réunion. Il est prévu que le temps restera couvert à nuageux en général avec des averses plus fréquentes sur les terrains élevés. Dans des endroits habituels, il y aura des accumulations d'eaux et aussi des poches de brouillards. Le vent de l'est-nord-est sera de l'ordre de 25-30 km par heure avec des pointes de 70 km/h dans les régions exposées. La mer sera forte avec des vagues de 4 mètres au-delà des récifs. A l'intérieur des lagons, les vagues seront de deux mètres surtout autour des côtes ouest et nord. Les sorties en mer sont déconseillées. La température oscillera entre 22° et 26° sur le plateau-central et entre 25° et 31° sur les régions côtières.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 17 février 2008