Faits et effets…
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Pas 98, certes, mais…
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Ignoble
Faits et effets...
Pas 98, certes, mais
Dans un mois, le pays fête ces 40 ans d'indépendance
et les 16 ans de son accession au statut de république.
Une fois n'est pas coutume, c'est le chiffre tout rond qui marque
notre indépendance qui doit retenir notre attention et
tout notre intérêt. Or, à un mois de la grande
fête, aucune fébrilité notée, aucun
frisson en vue autour du quadricolore, rien, si ce n'est quelques
informations parcimonieuses distillées après les
délibérations du Conseil des ministres et des conférences
de presse du ministre des Arts et de la Culture qui ne nous apprennent
rien, Mahen Gowressoo n'étant pas le grand communicant
susceptible de galvaniser la nation autour de son anniversaire.
S'il n'est pas au courant de l'ordre protocolaire officiel, c'est
peut-être trop lui demander que d'organiser des quarante
ans nationaux dignes de ce nom.
Les choses ne s'annoncent guère brillantes. Pas de chefs
d'État confirmés à ce jour, le gouvernement
s'y étant pris un peu tard. Comme le calendrier des grands
de ce monde n'étant pas celui du dernier quidam qui veut
venir passer quelques jours sous notre soleil, aucun nom définitif
proposé. Après avoir fait l'impasse sur le Jump
Around Youth Concert, qui, malgré ses faiblesses, avait
le mérite de réunir, une fois par an, les jeunes
autour de la chanson et du spectacle, on nous annonce cette année,
une version un peu bâtarde baptisée "Karnaval
konser", une synthèse du carnaval des jeunes et du
JAYC. Les collectivités locales ont, elles, été
priées de célébrer comme elles peuvent avec
un budget réduit que certains prétendent tellement
insuffisant qu'il ne couvre même pas une distribution de
rafraîchissements à une centaine d'écoliers.
Quant au thème choisi, année après année,
c'est
"Nou pei, nou fierté", le même qu'en 2006,
2007 et 2008, malgré les 40 ans, un anniversaire somme
toute bien spécial. Si le gouvernement est en panne d'imagination
et qu'il a choisi un seul et même thème pour son
mandat de cinq ans, il vaut mieux qu'il le dise et non pas venir
nous annoncer, chaque année, que le thème choisi
est "Nou pei, nou fierté". Comme si c'était
le fruit d'une grande découverte.
Au niveau du financement également, il y a des interrogations
qui s'imposent. Il y a eu une tentative de ponctionnement de l'argent
des artistes qui, réunis au sein de la MASA, ont réagi
vivement et avec raison. Et c'est comme si on faisait la quête
autour du monde pour une célébration qui, en plus,
n'a rien d'événementiel. Le ministre de la Culture
est venu pompeusement annoncer que la Chine nous a généreusement
fait cadeau de Rs 300 000 et de quadricolores pour nos célébrations
nationales. On ne s'y retrouve pas dans tout ça. Le coût
du projet Tianli était initialement de Rs 17 milliards,
puis il est passé à Rs 20 milliards, soit Rs 3 milliards
de plus et c'est le gouvernement d'un pays, qui ne peut se permettre
de célébrer ses 40 ans sans quémander des
sous à gauche et à droite, qui a, néanmoins,
les moyens de financer à hauteur de Rs 310 millions des
fonds des contribuables mauriciens, les travaux d'infrastructure
de cette enclave de Riche-Terre. Par ici, les limousines ministérielles
flambant neuves qui ont coûté près de Rs 70
millions, par là, la collecte laborieuse de l'obole pour
la célébration de 40 ans du pays. Allez comprendre
Cette parenthèse fermée, on croyait que 40 ans,
cela se préparait bien à l'avance. Que tous les
Mauriciens seraient mis à contribution. Non. Rien de tout
ça. La dernière fois qu'il y a eu une vraie organisation
de la fête de l'indépendance et de la république
fut en 2005 lorsqu'un comité élargi présidé
par Michael Glover avait mis au point un programme original exécuté
pour la première fois hors de Port-Louis. C'est Mahébourg,
région aussi chargée de mémoire historique
que Port-Louis, qui fut choisi. Le Conseil des ministres, réuni
le lendemain, le 13 mars 2005, avait annoncé que les préparatifs
pour 2006 étaient déjà amorcés et
le communiqué officiel précisait même que
c'est Grand-Baie qui pourrait être le lieu d'accueil de
la cérémonie officielle. On en était à
l'ère de la prévoyance et de la décentralisation.
On en est loin aujourd'hui et c'est ce qui explique probablement
ce tâtonnement inacceptable.
Cette année, c'est la consécration du batte-batté.
Personne ne demande, il est vrai, que l'on revienne aux années
70 et, qu'année après année, ce soit le même
président de comité choisi par Sir Seewoosagur Ramgoolam
qui décide finalement d'organiser la même petite
parade et d'aller couper un gâteau géant au Champ
de Mars en petit comité de notables, la grande majorité
de Mauriciens boudant ces cérémonies officielles
aussi ternes que partisanes.
Personne ne veut non plus revivre les excès de 98, lorsque
le ministre des Arts et de la Culture d'alors, Joseph Tsang Man
Kin organisa une fête qui se voulait grandiose mais qui
fut, au décompte final, extrêmement coûteuse
pour le contribuable, la note s'élevant à Rs 39
millions pour une seule soirée, la statue géante
de SSR en fibre de verre ayant coûté, à elle
seule, la bagatelle de Rs 5 millions, une structure encombrante,
destinée aux pêcheurs et qui fut stockée en
pièces détachées dans plusieurs débarras
du ministère des Infrastructures Publiques.
Quarante ans, c'est un bel âge. Il y a un an que le gouvernement
aurait dû avoir initié les préparatifs avec
des concours pour le logo et le thème pour ne citer que
deux aspects de la célébration. Il y a bien d'autres
qui auraient pu être imaginés, comme un essai sur
l'histoire du pays destiné aux étudiants de nos
universités, un concours de création de chansons
patriotiques pour les collèges secondaires et un autre
de dessin symbolisant l'indépendance pour les enfants.
Nos ne pouvons maintenant qu'espérer que ce soit l'imagination
qui soit au pouvoir lorsque le pays fêtera ses 45 ans et
ses 50 ans.
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Ignoble
" Tout événement sportif, tant soit peu important,
cumule des risques de sécurité publique, comme l'hooliganisme
ou l'attentat terroriste, et des risques de sécurité
civile, tel un incendie ou un accident. Ces risques sont d'autant
plus graves qu'ils sont susceptibles de provoquer un mouvement
de panique dans le public dont les conséquences pourraient
être catastrophiques ", disait Jean Viret, professeur
en droit public et chercheur français qui intervenait lors
d'un congrès en Égypte sur le droit du sport. Imaginons
un seul instant que ceux qui se sentaient visés par les
écrits de Stéphano Mariette - l'instigateur de la
manifestation selon Alain St-Louis - avaient décidé
de se faire justice eux-mêmes ? Imaginons un seul instant
qu'au lieu de " récupérer " une pancarte
pour faire, avec le sourire, une photo, Sandrine de Falbaire avait
décidé de prendre à partie celui ou celle
qui tenait la pancarte ? Imaginons un seul instant qu'au lieu
de regarder passer, Charles Cartier avait recherché des
explications auprès du président de la Fédération
mauricienne de Triathlon (FMTri) ? Imaginons qu'au lieu de dire
sa colère dans la presse pour l'utilisation abusive de
son fils, Valérie Mamet avait décidé de régler
son compte à celui ou celle qui avait " embrigadé
" Mathieu Mamet dans cette manifestation ? Et imaginons que
la joute verbale qui a caractérisé la manifestation
avait fini par une bagarre généralisée ?
Nous disons haut et fort notre indignation et notre révolte
devant la démarche ni plus ni moins ignoble et infâme
de Stéphano Mariette. Visiblement, le président
du Triathlon Club de Port-Louis (Triport) a démontré
au grand jour ses penchants d'admirateur zélé d'Alain
St-Louis puisque toutes les pancartes exhibées samedi dernier,
laissent clairement comprendre qu'il en veut à tous ceux
qui ont des opinions contraires à celles de " son
" président. Y compris à l'égard de
la presse à laquelle il reproche de publier des "
fausses nouvelles " puisque sur une de ses pancartes, Stéphano
Mariette accuse ceux qui sont contre " son idole " de
véhiculer dans la presse des informations de véracité
douteuse.
Stéphano Mariette a probablement ses raisons pour défendre
" son président " en utilisant des mains innocentes
pour brandir des pancartes qui sont à la fois diffamatoire
et préjudiciable pour certaines personnes. Mais par contre
sa volonté, affichée encore hier après-midi
au téléphone, pour endosser seul cette ignoble démarche
n'inspire aucunement du respect de notre part.
Nous sommes de plus en plus convaincus que Stéphano Mariette
n'a pas agi seul et nous prenons le pari qu'il n'est même
pas l'instigateur de la manifestation de samedi dernier sur la
plage publique du Morne. Nous croyons qu'au contraire, Stéphano
Mariette a été l'instrument d'un plan orchestré
par un esprit chagrin au sein de la FMTri qui n'a pas trouvé
mieux que d'utiliser des enfants pour faire leur sale besogne.
Sinon, comment expliquer que ce n'est que 48 heures après,
que le nom de Stéphano Mariette a été balancé
en pâture par le président de la FMTri pour se dissocier
honteusement de cette manifestation soigneusement préparée
et mise en place ?
Posons-nous la question. À qui profite ce crime ? Pourquoi
Alain St-Louis qui a animé un briefing avec les triathlètes
seniors lorsqu'a débuté cette manifestation, n'a-t-il
pas " rappelé " à l'ordre Stéphano
Mariette et ces innocents enfants ? Pourquoi la FMTri n'a-t-elle
pas jugé bon de sortir un communiqué dès
samedi soir après la compétition pour se dissocier
de cette action ? Alain St-Louis a attendu lundi soit après
que la presse dominicale et celle de lundi matin aient condamné
unanimement cette manifestation et l'utilisation des enfants à
des fins purement propagandistes et dont le but ne vise ni plus
ni mois que redorer le blason, voire rétablir la popularité
sérieusement effritée du président de la
FMTri, pour réagir.
Hier après-midi au téléphone, Stéphano
Mariette a évité, bien maladroitement, nos questions
sur ses motivations derrière cette soi-disant " manifestation
spontanée. " Par contre, il a laissé échapper
des fragments d'idées qui nous font comprendre qu'il n'est
pas le seul coupable dans cette affaire. Mais il semble que l'arrivée
tardive de la télévision publique sur le lieu de
la compétition ait déjoué leurs plans machiavéliques
et ignobles.
On ne peut que considérer comme lâche celui ou celle
qui n'a pas le courage de ses opinions. À Week-End, nous
espérons vivement que l'Ombudsperson pour les enfants prenne
une position claire et nette dans cette affaire. Et réclame
une rencontre avec les fédérations par le biais
du comité olympique et le ministère de la Jeunesse
et des Sports pour expliquer toute la torture psychologique qu'on
inflige à un enfant en lui faisant porter une pancarte
durant une compétition sportive pour " dénigrer
" autrui.
Que le ministre de la Jeunesse et des Sports agisse et propose
des solutions, des vraies, pour que pareille chose ne se reproduise
pas encore une fois. Car Alain St-Louis ne peut pas tourner en
parodie la FMTri et être juge et partie dans cette affaire.
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 10 février 2008
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