La génération perdue !
Tant qu'on n'a pas passé l'arme à gauche, comme
on dit, notre jeunesse ne nous quitte plus, nos souvenirs et nos
regrets aussi.
6 février 1958 - 6 février 2008. 50 ans depuis que
la génération de 58 pleure la tragique disparition
des Busby Babes sur le tarmac de l'aéroport de Munich.
Ils revenaient de Belgrade sur une victoire à l'arraché
contre le Red Star.
Quelques jours avant, les Busby Babes l'avaient emporté
sur Arsenal par 5 buts à 4, une victoire héroïque
qui a épuisé les Babes aux dents de loups. Ils voulaient
tout dévorer sur leurs passages, ne laissant que quelques
miettes à leurs adversaires.
Puis, vint l'horreur ! L'avion qui les ramenait à Manchester
fit escale à Munich. Au retour de la salle d'attente, ils
reprennent place dans le "Elizabethan Aircraft", - un
appareil qui n'avait pas la faveur de Bobby Charlton, qui l'écrivit
dans ses mémoires - mais par trois reprises le pilote ne
parvint pas à faire décoller l'appareil qui alla
défoncer un grillage métallique pour finir sa course
contre une maison...
C'est l'hécatombe ! Toute une génération
de footballeurs, les plus talentueux qui portaient la griffe de
Matt Busby, y périrent. Parmi les Busby Babes martyrs,
il y avait le capitaine-courage, Roger Byrne, 28 ans, (qui faisait
figure de 'vétéran') ; Billy Whealan, 22 ans ; Tommy
Taylor, 26 ans ; Mark Jones, 24 ans ; Eddie Colman, 21 ans ; Geoff
Bent, 25 ans ; David Pegg, 22 ans. Et surtout Duncan Edwards,
21 ans !
"Dunc", comme on le surnommait, était un phénomène
du ballon rond, célébré à l'unanimité
par la presse britannique, qui faisait état de sa puissance
physique et de sa clairvoyance dans le jeu. Le survivant de Munich,
Sir Bobby Charlton, dit de Duncan Edwards : "The one player
who made me inferior. If I had to play for my life and take one
man with me, it would be him..." Il combattit avec un
courage exemplaire contre la fatalité. La légende
veut qu'il sortit de son coma et dit : "At what time is
the kick-off ?" Son calvaire dura quinze jours.
Rendant hommage à cette icône mancunienne, lors du
dévoilement d'une statue de Duncan Edwards, dans sa ville
natale de Dudley, le vicaire local déclarait : "Talent
and genius we will see again, but there will only ever be one
Duncan Edwards..."
En ce temps-là, notre quatuor de mancuniens "enragés"
au collège Royal de Port-Louis pleuraient leurs icônes
disparues : Farouk Sohawon, José Philippe, Guyto Ternel
et votre serviteur, nous nous réunissions chaque midi sous
le "pié lacolle" pour évoquer la disparition
de nos idoles. Quand on jouait au foot, José se croyait
l'incarnation de Duncan Edwards ; Farouk, avec ses crochets, se
prenait pour Billy Whealan ; Guito slalomait "on the wings"
à la manière de David Pegg ; et votre serviteur
ratissait les balles comme le faisait Eddie "snakehips"
Coleman...
Eh, oui ! On est toujours rattrapé par son passé,
n'est-ce pas ?
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 10 février 2008
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