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Trois systèmes dans l'océan Indien
Ivan menaçante pour Rodrigues
Ivan, forte tempête forte (barométrie 975
hectopascals) avec des vents moyens de 111 kilomètres/heure
chaque 10 minutes et des rafales de 155 kilomètres sur
mer auprès de son centre, maintient Rodrigues sous l'alerte
de classe II depuis vendredi matin. Selon l'Office de météorologie
de Vacoas, à 16h00, hier après-midi, Ivan
était centrée à 750 kilomètres au
Nord-Est de Maurice et à 420 kilomètres de Rodrigues.
Après être restée quasi stationnaire pendant
près de 24 heures, elle s'était légèrement
déplacée vers le Nord-Ouest se rapprochant davantage
de St. Brandon. Toutefois, ce déplacement était
considéré comme temporaire en attendant qu'Ivan
fasse une petite boucle. Ce qui faisait que l'Office de Vacoas
maintenait l'avertissement de classe II pour Rodrigues. La station
de la Réunion prévoyait qu'Ivan aura atteint
le stade de cyclone tropical vers 10 h, ce matin.
Selon le site météo amateur français Loïc
Abadie, Ivan n'a pas fini de faire parler d'elle. Les modèles
numériques de prévisions sont complètement
perdus et même si les services météorologiques
de l'armée américaine ( le Joint Typhon Warning
Center ) et le Centre de météorologie de la Réunion
s'accordaient à prévoir qu'elle remonterait vers
le Nord-Ouest, une très grande incertitude règne
concernant son évolution future. Pour Loïc Abadie,
Rodrigues est la plus menacée, mais la situation est telle
qu'il est vraiment très important de suivre cette évolution
car tout peut arriver tant pour Rodrigues, Maurice et que pour
la Réunion.
De son côté, Hondo, qui a atteint son stade
de développement maximale (très, très intense)
avec des rafales sur mer dépassant 313 kilomètres,
il se trouvait à plus de 2650 kilomètres à
l'Est-Nord-Est de Maurice et ne constituait pas un danger pour
notre région. Toutefois, tout comme Ivan, Hondo
avait des difficultés à s'éloigner en raison
d'un TUTT (dépression en haute altitude) qui leur bloque
le passage vers les eaux froides du sud de l'océan Indien
En attendant que Ivan précise sa trajectoire, le
temps sera beau en générale à Maurice. Il
deviendra temporairement nuageux dans l'après-midi sur
le Plateau Central et la partie Nord Ouest avec des ondées
localisées. Le vent du sud-est sera de l'ordre de 10 )
15 kilomètres / heure devenant variable. La mer sera forte
avec des houles de 3.0 mètres. Les sorties en mer sont
absolument déconseillées. La température
minimale sur les hauteurs sera d'environ 21 ° Celsius et
la maximale 28¨°C . La minimale sera d'environ 24 °
C sur les régions côtières et la maximale
oscillera entre 30 et 33° Celsius.
Depuis hier soir
Alerte à des houles du sud de plus de 3 mètres
Depuis hier soir, Maurice est en alerte à de fortes houles
du sud, soit le même phénomène qui avait fait
six victimes, dont deux membres de la National Coast Guard
(NCG), les constables Philippe et Spéville, et trois
pêcheurs à Rodrigues, à la mi-mai de l'année
dernière. Selon les premières informations communiquées
par la station météo de Vacoas, hier après-midi,
des vagues de plus de trois mètres peuvent balayer les
côtes de l'île dans les prochaines 24 heures. La houle
australe avec des vagues de deux mètres cinquante a déjà
été ressentie, hier, sur les côtes sud et
ouest à l'île de la Réunion où Météo-France
prévoyait une intensification en cours de soirée.
La communication de la station de Vacoas au QG de la NCG et aux
autorités concernées, hier, est très succincte.
Elle parle de heavy swells de plus de trois mètres
de haut au cours des prochaines 24 heures. Aucune autre précision
n'était disponible quant aux zones à risques, sauf
que des précautions doivent être prises pour toute
l'île. Mais selon les indications en provenance de l'île
de la Réunion, les côtes qui pourraient être
touchées en premier devaient être le Sud et une partie
de l'ouest, sans toutefois écarter des possibilités
de fortes houles dans d'autres régions de l'île.
Avec cet avertissement de déferlement de houles australes,
les interdictions de sortie en mer concernent non seulement la
haute mer mais également le lagon. Ainsi, dès hier
après-midi, tous les postes de la NCG et les postes de
police se trouvant dans des zones côtières ont eu
pour mission d'avertir la communauté de pêcheurs,
de plaisanciers et de professionnels de la mer des dangers et
des risques dans ce contexte. Les opérations d'évacuation
ont été montées à la hâte en
fin d'après-midi en vue de sécuriser et de mettre
à l'abri des bateaux dans des régions comme Flic-en-Flac,
Tamarin et Rivière-Noire sur la côte ouest et sud-ouest.
La Météo et la NCG sont catégoriques : au
cours des prochaines 24 heures toute sortie en mer ou encore tout
bain dans le lagon sont interdits pour des raisons de sécurité.
D'autre part, des véhicules de l'Emergency Response
Service (ERS) ont été déployés
dans des régions stratégiques pour parer à
toute éventualité pendant la nuit vu que dans le
sud du pays, d'importants dégâts avaient été
constatés en mai de l'année dernière.
Les responsables d'hôtels ont été priés
d'informer leurs clients étrangers des risques que représentent
les houles australes dans les prochaines 24 heures. Il leur a
été conseillé d'interdire la location de
tout pédalo ou autres bateaux aujourd'hui pour des raisons
de sécurité. Dès ce matin, des éléments
de la NCG devaient redoubler de vigilance dans les principaux
villages de pêcheurs à travers l'île en vue
de déconseiller toute sortie en mer.
Les prévisions établies par Météo-France
misent sur des vagues pouvant atteindre une hauteur maximale de
huit mètres. " Jusqu'ici, nous avons enregistré
des houles australes du Sud-Ouest d'environ deux mètres
cinquante en hauteur moyenne. Mais le phénomène
devrait se renforcer au cours de la nuit sur les côtes réunionnaises
et il n'est pas exclu que ces vagues atteignent Maurice avec un
décalage ", a indiqué à Week-End
hier soir par téléphone un responsable de Météo-France.
Le dossier "FV Ouma" au conseil des ministres
L'opération d'évacuation des membres d'équipage
du FV Ouma après les balises de détresse
le 29 janvier dernier lors du passage de la tempête tropicale
Gula a été évoquée à la réunion
du conseil des ministres de vendredi dernier. Le ministre des
Pêcheries, Arvin Boolell, a informé ses collègues
de tous les détails de l'opération coordonnée
par la National Coast Guard (NCG) les 30 et 31 janvier
derniers.
Deux des six membres d'équipage du FV Ouma, Preetamsingh
Unnuth et Antoine José Capiron, sont déjà
rentrés à Maurice dimanche dernier avec le remorquage
de cette unité de pêche par le FV Ouvéa.
Les quatre pêcheurs, Raj Bhoopun, Jean Alain Flore, Michael
Klen Guillemin et Ivan Nicolas Mario, qui avaient embarqué
à bord du Morning Rose, cargo faisant route vers
Singapour, devraient être de retour ce week-end. Les services
du ministère des Affaires étrangères ont
été sollicités pour faciliter le transit
de ces naufragés du nord-est de Saint-Brandon.
L'examen de ce dossier a permis au gouvernement de passer en revue
tout le volet de la sécurité des pêcheurs
recrutés pour des campagnes de pêche sur les bancs.
Le gouvernement a préféré attendre la soumission
du rapport de la Court of Investigation sur le double naufrage
des King Fish II et V présidée par
le Senior Magistrate Benjamin Joseph et les capitaines
Toi et Bo Ronn comme assesseurs, avant d'entériner des
recommandations. Au ministère de la Marine, l'on confirme
que le rapport n'a pas encore été soumis.
D'autre part, le gouvernement a décidé d'étendre
d'une année le moratoire accordé aux compagnies
de pêche permettant aux chalutiers de transporter de l'essence.
L'extension du moratoire, à compter du mois de mars prochain,
a été décidée en attendant la mise
en application du rapport du consultant étranger I. Mytakidis.
Il s'agit d'une mesure temporaire prise afin de ne pas bouleverser
les activités sur les bancs de pêche même si
cette pratique comporte des risques pour la sécurité
des membres d'équipage.
Fonction publique
PRB : Agitations autour de l'âge de la retraite
L'ultime round des consultations entre le Pay Research Bureau
(PRB), mené par son directeur Beejaye Coomar Appanna, et
les dirigeants des fédérations de syndicats de la
fonction publique, a permis de constater que l'âge de la
retraite et la formule de pension contributive font tiquer. Des
agitations syndicales étaient perceptibles après
les séances de travail de cette semaine, même si
du côté du PRB l'on s'appesantit sur le fait que
la décision visant à mettre en application l'Extended
Retirement Age de 60 à 65 ans pour les fonctionnaires
du domaine public depuis plusieurs mois déjà et
que la nécessité de proposer une formule de pension
contributive a déjà fait l'objet de mention dans
le discours du budget du vice-Premier ministre et ministre des
Finances, Rama Sithanen. Comme indiqué dans l'édition
de dimanche dernier de Week-End, le directeur du PRB a
confirmé que l'adoption de la formule de la Mauritius
Revenue Authority (MRA) pour les conditions de service et
autres Fringe Benefits n'est pas de mise avec le rapport
du PRB prévu pour le mois de mai prochain.
Le plat de résistance des séances de travail du
début de la semaine dernière demeure les principales
composantes de la réforme de la pension adoptée
par le gouvernement. Pour ne pas être en reste avec les
autres secteurs économiques, la fonction publique et les
corps para-étatiques passeront à la formule de l'Extended
Retirement Age de 60 à 65 ans à partir du 1er
juillet prochain. Cette précision a été apportée
mardi alors que la Fédération des Syndicats du Service
Civil (FSSC) a écrit officiellement au PRB pour solliciter
une nouvelle rencontre à ce sujet sur ce dossier.
Le directeur du PRB a fait une présentation à ses
interlocuteurs de la fonction publique du mécanisme proposé
pour l'adoption de cette " Gradual Increase in the Retirement
Age from 60 to 65 over the period 2008 to 2018 ". D'entrée
de jeu, force est de constater que cette décision n'affectera
pas les fonctionnaires qui atteindront leurs 60 ans d'ici le mois
de juillet prochain. " Ils seront mis en retraite obligatoire
au moment de leurs 60 ans d'ici le mois de juillet et n'ont aucune
appréhension avec la nouvelle formule ", indique-t-on,
de sources officielles au PRB.
L'Extended Retirement Age s'appliquera à ceux qui
atteindront l'âge de la retraite à partir du mois
d'août et subséquemment selon le tableau ci-dessous
:
Mois et année de naissance Nouvelle
date de la retraite
Juillet 1948 Juillet 2008
Août 1948 Septembre
2008
Septembre 1948 Novembre 2008
Octobre 1948 Janvier 2009
Novembre 1948 Mars 2009
Décembre 1948 Mai 2009
Janvier 1949 Juillet 2009
Février 1949 Septembre
2009
Mars 1949 Novembre 2009
Avril 1949 Janvier 2010
et ce jusqu'en 2018 où l'âge de la retraite sera
uniforme à 65 ans.
Lors des explications, le PRB a soutenu que l'extension de l'âge
de la retraite sera optionnelle. " Actuellement, le fonctionnaire
peut opter pour la retraite à 50 ans avec l'autorisation
de la Public Service Commission, pour le départ à
la retraite sans permission de la PSC à 55 ans alors qu'à
60 ans la retraite devient obligatoire. Nous comptons savoir qu'avec
la mise en application de l'Extended Retirement Age, ces trois
étapes vont subir des modifications comme suit ; soit 55
ans pour l'autorisation de la PSC, 60 ans sans l'autorisation
de la PSC et 65 ans obligatoire et également des changements
régissant le départ à la retraite des femmes
mariées et des policiers ", souligne-t-on, dans
les milieux bien informés.
Mais le véritable débat se porte sur les nouveaux
critères qualificatifs d'une Full Pension au moment
du départ à la retraite du fonctionnaire. Actuellement,
le critère à être respecté demeure
un temps de service équivalent à 400 mois, soit
33 1/3 ans au sein de la fonction publique ou des corps para-étatiques.
La FSSC maintient qu'au nom des Acquired Rights, la barre
des 400 mois de service ne doit en aucune manière être
modifiée au préjudice des fonctionnaires alors que
la State Employees Federationi (SEF) milite pour une réduction
à 25 ans de service.
Les spécialistes des pensions, notamment des actuaires,
affirment qu'avec l'âge de la retraite reporté de
60 à 65 ans, la Full Pension ne peut être
versée qu'après 460 mois, soit 38 1/3 ans. Au PRB,
l'on se dit conscient du débat autour de la qualification
pour la Full Pension dans le service Civil. " Deux
options sont à l'étude. Aucune décision n'a
encore été prise à ce sujet. Il y a la proposition
de la FSSC pour le statu quo avec les 400 mois, et il y a également
la possibilité de recommander une formule tenant compte
de l'actuelle formule mais aussi des changements à être
apportés. Prenons le cas d'un fonctionnaire, qui au moment
de la mise en application du rapport du PRB aura 30 années
de service et il lui manquerait trois ans et demi pour la Full
Pension. Rien ne peut empêcher que les 30 ans soient considérés
comme tel alors que le reste soit comptabilisé de manière
proportionnelle au titre de la nouvelle formule allongée.
Le principe est simple : the past services are guided by existing
conditions and future service by new conditions ", avancent
ceux qui suivent ce débat sur les conditions de la retraite.
La principale appréhension au niveau des syndicats est
que cette extension de l'âge de la retraite à 65
ans, même si elle est optionnelle, n'est pas en faveur des
fonctionnaires. " Parallèlement, le gouvernement
va de l'avant avec son projet de report du paiement de la Basic
Retirement Pension (BRP) à 65 ans. Quand le fonctionnaire
décide de partir à la retraite avant 65 ans, il
n'aura pas droit à la pension de vieillesse, ce qui représente
un manque à gagner sur ses revenus mensuels. Surtout pour
les petits fonctionnaires. Le débat se situe à ce
niveau ", s'insurge Rashid Imrith, président de
la Government General Services Union (GGSU).
L'autre composante du dossier retraite/pension, qui a retenu l'attention
lors des discussions entre le PRB et les syndicats de la fonction
publique, est l'introduction de la formule de pension contributive.
Tout semble confirmer qu'à partir du 1er juillet prochain,
les fonctionnaires seront appelés à contribuer 6%
de leurs salaires mensuels pour le financement de leurs pensions,
alors que la part du gouvernement s'élèvera à
12%. " Cette proposition de pension contributive est évoquée
depuis 14 mois. Il n'y a rien de nouveau. Le message a été
reçu par le mouvement syndical sans grande objection. Le
rapport du PRB de 2003 avait proposé que la formule de
pension contributive soit imposée sur les nouveaux venus
dans la fonction publique alors que les fonctionnaires en place
allaient en être exemptés. Cette formule était
difficilement soutenable à long terme. La nouvelle formule
proposée est plus équitable et enlève un
fardeau sur les épaules des générations à
venir pour le financement des pensions. C'est une Win-Win Situation
", avance-t-on officiellement du côté du
PRB.
L'adoption de la pension contributive ne devrait pas se faire
au détriment du Take Home Pay des fonctionnaires.
Les indications sont qu'à partir du 1er juillet prochain,
le PRB proposera un Package salarial en incluant les déductions
de 6% pour la pension et toute autre compensation au niveau de
l'Income Tax avec les changements proposés.
D'autre part, Beejaye Coomar Appanna est revenu sur le fait que
" le PRB ne s'attaque pas aux Acquired Rights avec une
restructuration de ces droits acquis aussi longtemps que des options
raisonnables sont proposées. Dans l'affaire des pratiques
de médecine privée, la Cour suprême a donné
raison au PRB. " Il n'a pas voulu faire de commentaires
sur d'autres aspects des recommandations du prochain rapport du
PRB, notamment au niveau des privilèges Duty Free
aux fonctionnaires.
Avec un dernier Rounding Up prévu cette semaine
entre les syndicats et le Management du ministère
de l'Education, le PRB va mettre un terme à l'étape
des consultations pour se concentrer sur les Brainstorming
et la rédaction des recommandations touchant quelque 100
000 personnes, soit fonctionnaires en service, et employés
de corps para-publics sans oublier les retraités.
SEF Mise en garde contre le piège de l'Income Tax
Radakrishna Sadien, le président de la State Employees
Federation (SEF), a mis en garde les fonctionnaires contre
le piège de l'Income Tax avec les recommandations
salariales du Pay Research Bureau (PRB) de juillet prochain.
C'est ce qu'il a fait comprendre à Week-End après
la réunion de travail avec la direction du PRB de la semaine
écoulée.
" Avec la pension contributive de 6%, qui est une recommandation
de la Banque mondiale et l'éventualité que ces 6%
soient intégrés aux salaires des fonctionnaires
de même que les Fringe Benefits, il y a de gros risques
de se retrouver dans des zones taxables. À ce stade, nous
ne pouvons que mettre en garde les fonctionnaires contre ce risque
que représente l'Income Tax à partir de juillet
prochain ", a soutenu Radakrishna Sadien, qui amené
le PRB, mardi, à confirmer ses batteries en terme de réforme
de la pension dans le service Civil.
La SEF réclame également la prudence en ce qui concerne
l'extension de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans.
" Nous croyons savoir que le PRB viendra de l'avant avec
deux packages pour les fonctionnaires qui opteront pour la formule
de départ à la retraite à 60 ans et ceux
à 65 ans. Lors de la publication du rapport, l'accent sera
mis sur les salaires alors que les conditions de service sont
aussi importantes. Nous avons fait une demande au PRB pour que
le délai en vue d'exercer les options soit prolongé,
car les 15 jours prévus ne sont pas suffisants pour une
décision mûrie ", a ajouté Radkrishna
Sadien.
Le président de la SEF a souhaité voir le PRB recommander
la nomination des représentants des syndicats au sein des
différents High Powered Committees, veiller que
les recommandations ne soient pas mises en application partiellement
ou encore s'assurer que les recommandations en matière
de formation soient traduites dans la réalité.
Politique et économie
Pravind Jugnauth (MSM) : "Rama Sithanen a choisi de bluffer
!"
Le ministre des Finances, M. Rama Sithanen, ne cesse de soutenir,
depuis le début de l'année, que la situation économique
du pays est bonne et que la roupie mauricienne s'apprécie,
mais pour le Mouvement Militant Socialiste (MSM), deuxième
parti d'opposition parlementaire, "l'honnêteté
aurait dû commander au ministre d'avouer que ce n'est là
qu'une situation conjoncturelle". Lors d'une conférence
de presse consacrée principalement à l'économie,
hier matin, le leader et porte-parole du MSM, M. Pravind Jugnauth,
a accusé le ministre des Finance "de bluffer et de
choisir de cacher la vérité à la population".
Il a déclaré "mettre au défi le ministre
de prendre l'engagement public que le taux de change de la roupie
par rapport aux devises étrangères va rester le
même à l'avenir".
M. Pravind Jugnauth a soutenu "qu'à chaque fois que
M. Sithanen apparaît à la télévision
pour battre son tambour de la bonne tenue des fondamentaux économiques
et pour prétendre que les Mauriciens ont maintenant plus
d'argent, la population voit en lui un" vampire", perçoit
ses interventions comme de la provocation et ressent un sentiment
de colère et de révolte. Selon Pravind Jugnauth,
"la vérité est qu'il y a un appauvrissement
général et, après ceux au bas de l'échelle
qui n'arrivaient déjà pas à s'en sortir (les
tidimunn), il est indéniable que c'est maintenant les classes
moyennes qui sont heurtées de plein fouet par les mesures
économiques".
Tug of war avec la Banque centrale
D'après l'analyse du MSM, "ce que ne dit pas M.
Sithanen, c'est qu'il y a un Tug of war entre la Banque centrale
de Maurice et lui-même". D'un côté,
soutient Pravind Jugnauth, "une partie veut déprécier
la monnaie mauricienne, et l'autre veut, au contraire, l'apprécier".
Le conflit, selon le porte-parole du MSM, a poussé la Banque
centrale à intervenir "massivement et de manière
dangereuse et inflationniste, en septembre dernier, pour injecter
Rs 30 millions de dollars américains (soit 3.8 milliards
de roupies) sur le marché". Ensuite, selon Pravind
Jugnauth, "dans le cadre de la mise en place du Plan de retraite
volontaire (VRS II), l'industrie sucrière a également
emprunté 94 millions d'Euros (soit 3.8 milliards de roupies)
en attendant que l'Union européenne décaisse les
fonds prévus comme mesures d'accompagnement à la
réforme sucrière mauricienne afin de se mettre à
l'abri et cela a eu pour résultat de booster la roupie.
Puis, les Etats Unis sont entrés dans une période
de récession et l'on craint que les grandes économies
européennes également en subissent les effets.
"Aucun projet d'envergure en vue"
Pour Pravind Jugnauth, le ministre Sithanen soutient qu'il y a
eu "une reprise de l'économie", mais il oublie
de préciser que cette reprise est surtout le résultât
des réformes enclenchées par le gouvernement MSM-MMM
sortant, par exemple, dans les secteur tourisme, textile, Integrated
Resort Scheme, technologie de l'information et des communications
et le Seafood Hub. Le Leader du MSM a rappelé que M. Sithanen
avait, dans son dernier budget, promis de reposer le développement
de Maurice sur dix piliers économiques, au lieu de quatre.
Mais, à ce jour, soutient Pravind Jugnauth, "à
part Le Land Base Oceanic Industry, un autre bluff, on ne voit
aucune projet de développement d'envergure". Il
a affirmé que le ministre Sithanen et le ministre Jeetah,
du temps où ils étaient dans l'opposition, critiquaient
vertement le développement à intégration
verticale du secteur textile. "Sous le gouvernement sortant,
ce style de développement, rendu nécessaire en raison
d'une compétition internationale féroce et de l'invasion
de produits chinois en Europe et aux États-Unis, avait
entraîné la fermeture inévitable de certaines
usines", a reconnu Pravind Jugnauth. Mais il a rappelé
que Sithanen et Jeetah, eux, maintenaient qu'il était encore
possible d'attirer de nouvelles usines à Maurice. Or, a
déclaré Pravind Jugnauth, les chiffres officiels
du Central Statistics Office ont établi que, entre 2006-2007,
81 usines ont fermé leurs portes dans le pays. Selon Pravind
Jugnauth, non seulement la politique du gouvernement sortant a
permis à la Zone Franche mauricienne de se maintenir, mais,
de plus, la dépréciation, de la roupie depuis une
année a rendu les produits mauriciens plus compétitifs.
Pravind Jugnauth a cité en support l'économiste
George Chung Tick Kan qui a affirmé, lors d'une interview,
cette semaine, que "la croissance dont parle Sithanen
est dopée par la dépréciation de la roupie
et par la bonne tenue du tourisme". Cela dit, Pravind
Jugnauth a maintenu que malgré l'intégration verticale
et les quotas européens, le secteur textile demeure fragile
et cela ne permet pas Sithanen et à Rajesh Jeetah de continuer
à bluffer. Quant au ministre Jeetah, selon Pravind Jugnauth,
"partout cotte li mett la main, c'est la catastrophe et on
attend toujours qu'il élabore l'action du gouvernement
en vue d'un développement industriel durable".
Pour ce qui est du tourisme, selon Pravind Jugnauth, le boom dans
ce secteur s'explique par le fait que "la peur qui paralysait
le monde après les attentats terroristes du 11 septembre
2001 s'étant estompée, les touristes ont recommencé
à voyager et la dépréciation de la roupie
a aussi aidé à les attirer vers Maurice".
"...un technocrate devenu champion du ciblage"
Selon Pravind Jugnauth, "Rama Sithanen est, sans doute un
technocrate qui en plus est devenu le champion du ciblage des
subsides, alors qu'il en était un adversaire acharné,
avant de devenir ministre. Il se fait encenser par un superguru
de la Banque mondiale qui trouve en lui le meilleur ministre des
finances du monde mais qui ignore tout de ses prises de position
antérieures. Mais Sithanen manque de vision politique."Moi",
a soutenu Pravind Jugnauth, "je voulais transformer Maurice
en Duty Free Island et j'avais un Road Map économique qui
aurait pu se mettre en pratique sur dix ans". Selon Pravind
Jugnauth de nombreux indicateurs (Household survey, taux de chômage
fort de 9.8 %, taux de réserves de devises en baisse, pouvoir
d'achat en régression, taux d'épargne en chute drastique,
investissement privé en régression, exode massif
de capitaux et dettes publiques chiffrées à 1 milliard
de roupies chaque mois, nombre croissant de jeunes à la
recherche d'un emploi, entre autres) démontrent que l'économie
n'est pas aussi brillante que le prétend le ministre des
Finances.
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