s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 27 janvier 2008



  Sur décision de la CWA - Fourniture d'eau réduite à une fois par jour dans certaines régions
  Hôpitaux - Des retards qui causent des retards…
  Délinquance juvénile aggravée - Le chaudron est en ébulition !
  Projet de déviation de la route côtière à Trou aux Biches - Transparence et indépendance du EIA Committee remises en cause
  Lors de la messe du 1er février, vendredi - L'Église saluera l'institution de la Commission Justice et Vérité
  Commission Justice et Vérité - Sylvio Michel, leader des Verts Fraternels : "Pour des solutions aux problèmes des descendants d'esclaves"
  À l'intention des enfants cancéreux - L'ONG Link to Life démarre un programme d'accompagnement
  Reportage - Traque aux dauphins à Tamarin
  Plaine Corail, Rodrigues - SGD Airport : nouveau nom et nouvelle piste d'atterrissage
  Mauricien à l'honneur - Pravin Bancharam, lauréat du Juan Gaspart Award of Leading Hotels of the World
  Célébration - Retour à la source pour Happy World
  Obituaire - Radha Poonoosamy, première femme ministre mauricienne
  Nécrologie - Lutchmeeparsad Ramburn, "self-made (business) man"
  Brèves


Sur décision de la CWA

Fourniture d'eau réduite à une fois par jour dans certaines régions

L'épuisement des réserves en eau et l'arrivée des grosses pluies se faisant attendre, la Central Water Authority (CWA) applique à partir de ce week-end un nouveau programme de coupure, qui devrait ramener la fourniture d'eau à une seule fois par jour dans certaines régions de l'île. La nappe phréatique, aussi bien que les réservoirs de surface seraient actuellement à leur plus bas niveau depuis la sécheresse qui avait frappé le pays en 1999.

L'application des mesures drastiques dans la fourniture d'eau est en effet à l'agenda de la CWA depuis cette semaine, après un dernier constat effectué sur le stock d'eau disponible. Les deux principaux réservoirs de l'île, Midlands Dam et Mare-aux-Vacoas, affichent un niveau d'eau alarmant : un taux de remplissage de 35% pour Mare-aux-Vacoas et 37% pour le Midlands Dam. Le réservoir de la Nicolière est rempli à 51% par rapport à sa capacité maximale, alors que celui de Piton du Milieu se situe à 47%.

La situation au niveau des réserves souterraines est non moins alarmante. La capacité de production des principales stations de pompages de l'île, notamment celle de Pierrefonds ou de Hollyrood, a été réduite à moins de la moitié de leur potentiel. Idem dans les autres régions de l'île. Les régions qui seront directement concernées par cette mesure, indique-t-on, sont les Plaines Wilhems, Rivière-Noire et Moka. Il ressort également que la CWA a pris des dispositions pour alimenter les régions affectées à travers des camions citernes, dont elle a fait l'acquisition en décembre dernier.

Malgré l'apport des nouveaux "bore-holes", qui ont été mis en opération depuis décembre, la production et la distribution d'eau dans l'île ont connu une baisse drastique. La baisse générale notée se situe autour des 40%. Or, il convient de souligner que c'est l'exploitation de la nappe aquifère qui assure 55% des besoins en eau du pays.

"Devant une telle situation, il a été décidé de réduire davantage la production journalière du volume d'eau distribué. Par conséquent, les heures de fourniture d'eau dans plusieurs régions seront davantage réduites. Certaines régions seront alimentées en eau qu'une seule fois par jour. La CWA fait de son mieux pour gérer les présentes ressources en eau afin de pouvoir satisfaire les besoins des consommateurs jusqu'à l'arrivée des grosses pluies. Elle fait un appel à tous ses abonnés d'utiliser l'eau avec modération et d'éviter toute forme de gaspillage", fait ressortir un communiqué de la CWA, émis vendredi après-midi.


Hôpitaux

Des retards qui causent des retards…

"Faites un tour, n'importe quel jour, entre 9h et 16h dans les cliniques privées, vous trouverez des spécialistes du public en opération dans ces établissements. Or, à cette heure, ils auraient dû être en fonction dans les hôpitaux!", s'indigne le Dr, Issack Jowahir, président de la Private Medical Practitioners Association (PMPA). Ces propos viennent confirmer le constat des techniciens du ministère de la Santé, qui ont soumis leur rapport la semaine dernière, parlant d'indiscipline dans nos hôpitaux. Si cette pratique, relevant du laxisme administratif, est notée d'une part et d'autre, elle ne fait pas l'unanimité. Les médecins généralistes publics réfutent ces propos soutenant qu'il ne faut pas mettre tous les médecins dans le même panier. Les spécialistes arguant, eux, qu'ils existent des brebis galeuses, tous les spécialistes ne faisant pas cas d'indiscipline… toujours est-il que face à l'indiscipline de certains, nos hôpitaux sont victimes de dysfonctionnements, dont les longues files d'attente devant les salles de consultations. Ou encore les longues listes d'attente pour les opérations. Les patients devant prendre trop souvent leur "mal" en patience à cause des retards de certains qui causent d'autres retards…

Outre les problèmes d'hygiène, le manque de certains médicaments, les pannes d'équipements… nos hôpitaux souffrent également de l'indiscipline des certains médecins. Selon certaines sources, il existe un abus important concernant les heures d'arrivée et de départ des spécialistes ou consultants qui sont inacceptables. Certains médecins arrivent à 10 h 30, alors que l'heure d'arrivée est à 9 h et repartent plus tôt que prévu. L'indiscipline affecte les services, plus particulièrement celui de la chirurgie, selon certains médecins. De même, trop souvent, les après-midi, lorsqu'on cherche un spécialiste pour un patient dans les salles, on ne trouve personne car le spécialiste a quitté ses fonctions plus tôt, avance-t-on. Souhaitant garder l'anonymat, un médecin du public soutient que "ceux qui font des abus sont ceux qui sont les protégés du système. Les récidivistes sont ceux qui sont tolérés par l'administration, qui ont des protections auprès du directeur de l'hôpital, ou qui ont des political backing". Ces abus sont connus même du ministère de la Santé. "Si le ministre de la Santé veut mettre de l'ordre, qu'il prenne des sanctions contre ces spécialistes qui font fi de la discipline car protégés du système. Mais surtout que le fonctionnement de l'administration soit revu. Il y a trop de laxisme", indique le président de la Medical Health Officers Association (MHOA), Vasantrao Gujadhar. Pour certains médecins, si des sanctions sont prises, ce sont les innocents, qui à cause d'un petit retard dû à un embouteillage qui est mis en cause et non les récidivistes qui agissent à la barbe de l'administration. Par ailleurs, si le ministre de la Santé a demandé que les abus soient référés à son ministère, la PMPA s'indigne que les nombreuses plaintes soient tombées dans l'oreille des sourds. "Depuis de nombreuses années, nous revendiquons une certaine discipline au niveau des hôpitaux. Nous avons rapporté plusieurs cas de spécialistes officiant dans les cliniques privées pendant leurs heures de travail dans les hôpitaux. Nous avons même rapporté des cas de transfert de patients, ou encore de certains généralistes qui n'ont pas le droit de faire la pratique privée mais qui le font quand même. Jusqu'ici, nous n'avons rien entendu. Aucune sanction", déplore le président de la PMPA.

Pour défendre ses pairs, le secrétaire de l'Association des spécialistes, Baboo Servansing, explique lui que comme dans tous les autres secteurs, certains médecins arrivent en retard dû à un problème d'embouteillage…"Il ne faut pas parler d'indiscipline. Il y a des brebis galeuses, mais il ne faut pas généraliser. Si le ministère est en possession d'une étude des cas de retards, pourquoi ne pas prendre des sanctions contre les médecins concernés", dit-il. Il fait ressortir que si des retards de cinq minutes sont pris à la loupe, pourquoi les heures supplémentaires ne sont pas considérées? "Si un spécialiste arrive à 8h55, et qu'il va directement en salle d'opération parce qu'il a un patient qui l'attend, et vient ensuite signer l'attendance form, on le blâme de retard. Or, si le médecin était passé avant à l'administration, il aurait accusé 15 minutes de retard. Quinze minutes de retard en salle d'opération, c'est une opération en moins dans une journée", explique Baboo Servansing. Assurant que l'association des spécialistes ne défendra pas les indéfendables, Baboo Servansing demande au ministère de venir de l'avant avec des preuves d'indiscipline chez les spécialistes, avant d'acculer toutes les personnes de la profession. Selon le secrétaire de l'Association des spécialistes, les vrais problèmes sont ailleurs dans nos hôpitaux. Pourquoi ne pas s'attaquer aux équipements qui ne fonctionnent pas, par exemple, dit-il.


Délinquance juvénile aggravée

Le chaudron est en ébulition !

De la petite délinquance à la violence aggravée, la ligne de démarcation est infime. Les récents cas de vol et de viol rapportés l'attestent. De plus en plus d'adolescents sont impliqués dans des délits graves. Cette situation ne peut qu'inquiéter. Comment en sont-ils arrivés là ? Plusieurs facteurs liés à leur environnement familial sont à l'origine de leur décadence. Que faire ? Dans l'urgence, les actions concrètes et rapides doivent prendre le relais à la sensibilisation.

Les différents types de cas de violence officiellement rapportés alimentent le sentiment d'insécurité dans le pays. De la petite délinquance aux actes sanglants, il ne se passe un jour sans que les médias en fassent état. Jusqu'ici, faute de récentes études, des observateurs rencontrés de la société mauricienne ne peuvent évaluer la progression de la violence. Les nombreux cas révélés, donnent cependant l'impression que la violence en tout genre, prend de l'ascenseur ! Toutefois, il y a un fait qui n'échappe à personne. Le degré (effroyable) de violence exercée à l'encontre des victimes. Autre constat - qui, ici, inquiète surtout des travailleurs sociaux et autres militants de la protection de l'enfance - la participation des mineurs dans les cas d'agressions. La récente arrestation de trois jeunes de 16 à 18 ans, accusés de viol et de vol, et d'autres cas d'agressions sexuelles impliquant des adolescents, révèlent bien plus qu'une affaire de moeurs.

"Sa bann zenn ki baté, koupé, kokin, touyé… zot finn mank lédikasyon"

Fred, 21 ans, donne son avis. Il n'a pas le profil d'un jeune étudiant, sorti tout droit d'un "bon" collège, visant une carrière dans les secteurs les plus prometteurs. Plombier, il a des piercings et un parler coaltar. Car, la rue, il la connaît trop bien. Il a déjà donné des coups, arraché des cris de supplication… pour voler. Alors, pour Fred, "zamé enn dimun agres enn lot dimun pou nanyé !" Derrière ces agressions, dit-il, il faut remonter dans l'enfance de leurs auteurs. On y retrouve, toujours, selon Fred, des facteurs qui les ont forgés pour devenir des délinquants. "Mo pa koné ki éna dan latet enn zenn ki violé. Kitfwa zot pa koné ki vé dir respé ek respekter fam. Mais sa bann zenn ki baté, koupé, kokin, touyé… zot finn mank lédikasyon. Zamé nou paran inn dir nou ki bon ek ki pa bon. Nou lanfans inn déroul dan négativité. Kan mo get mo cas, mo mama ti kit mwa ti baba aprè li'nn rétourné. Mo papa ti alkolik, li pane pran so responsabilité. Mo'nn infliansé par kamarad. Buku bann cas kan lié ar ladrog, fer ki bann zenn pa kapav réflési kan zot an mank. Lerlamem zot vey dimunn, zot baté pou kokin." Autre langage, mais même constat. L'Ombudsperson pour les enfants, Shirin Aumeeruddy-Cziffra explique : "La violence est plutôt acquise qu'innée. Avec un passé familial violent, témoins ou victimes d'une forme de violence, ces jeunes ont appris que celle-ci est une solution à un certain nombre de problèmes. Dans la plupart des cas, des jeunes délinquants ont un problème d'ordre psychologique plutôt que psychiatrique."

"Nous l'avons suivi, puis roué de coups et enlever son pantalon pour chercher de l'argent. Il n'avait sur lui que Rs 100 !"

Dans le pire des cas, que font des jeunes des régions dites défavorisées, sans encadrement ? Fred, qui est passé par là et qui est toujours témoin de la décadence de ses jeunes pairs dans sa cité, nous aide à faire un schéma. Sans autorité parentale, ces jeunes se retrouvent livrés à eux-mêmes, vivent le plus clair de leurs temps en dehors de chez eux, dans des coins retirés la nuit.

Et tombent facilement dans le monde de la drogue celle-ci les incitant à commettre par nécessité et dépendance à des actes violents. "Un soir, nous voulions acheter de la drogue, mais nous n'avions pas d'argent. Nous avons ciblé un ressortissant indien. Nous l'avons suivi, puis roué de coups et enlever son pantalon pour chercher de l'argent. Il n'avait sur lui que Rs 100 !", raconte Fred. Ensuite, il y a le vol de ferrailles. "J'étais aussi un grand manipulateur. Je vendais du paracétamol à des imbéciles qui pensaient que c'était de la drogue dure. Je demandais à d'autres d'aller commettre des vols." Il y a à un autre degré, les vols avec effraction et violence, comme les coups montés auxquels Fred a assistés. "Des amis avaient défoncé un commerce et ont fait main basse sur de l'argent et de l'or." Agresser devient un moyen comme un autre pour trouver de l'argent facile. "On cible nos victimes d'après leur apparence. Kumsa mem enn bann kamarad to krwar ki enn figir ti ena enn ta kass lor li. Zot in trapé, baté… Figir la inn ale lopital, lin mor selma. Ziska ler lapolis pane trap bann kamarad la." Parfois, raconte Fred, par orgueil, "éna fair gran nwar kan zot rakonté kuma zot ine baté". D'autres, avec du recul prennent conscience de leurs actes et pensent avec frayeur des conséquences.

Shirin Aumeeruddy-Cziffra : "L'enfermement de l'enfant ne sert à rien"

Actuellement, la délinquance juvénile aggravée et la vulnérabilité des adolescents en manque de repères, sont une problématique qui nécessite une action urgente. Qui plus est : tous les cas d'agression et de vol perpétrés par de très jeunes auteurs ne sont pas toujours rapportés à la police. La rue, dans des quartiers difficiles est même comparable à un chaudron en ébullition de fléaux sociaux et de délinquance. Si aucune intervention n'est assurée, cette marmite explosera non sans conséquence. Pour lutter contre la violence, "il faut aller à la racine du mal", insiste Shirin Aumeeruddy-Cziffra. La sensibilisation, dit-elle, encore, doit céder la place à l'action. "Le public sait très bien que la violence existe. Maintenant, il veut voir des actions !" Que faire dans l'urgence ? La prévention de proximité est prioritaire.

Et Daniel Anacoa, ancien éducateur de rue, de rappeler : "On connaît les quartiers d'où sont originaires des jeunes délinquants." Il plaide ici pour une intervention où les structures tels les centres communautaires seraient utilisés pour des activités visant à éloigner les jeunes de la rue. Mais Daniel Anacoa ne peut s'empêcher d'être amer. "J'ai reconnu un des jeunes impliqués dans une affaire de viol. Il vient d'une région où des éducateurs avaient commencé à faire de la prévention. Mais nous avons dû partir après le démantèlement de l'équipe. Cette coupure a fait du tort aux adolescents et délinquants potentiels qui étaient suivis !"

En parallèle, l'Ombudsperson pour les enfants, insiste pour une réhabilitation adaptée aux mineurs impliqués dans des délits graves. "L'enfermement de l'enfant ne sert à rien", affirme Shirin Aumeeruddy-Cziffra qui a depuis quelque temps déjà soumis des propositions pour la réforme de l'administration de la justice juvénile et pénitentiaire. Thérapie et suivi devraient être obligatoires. La question de suivi a toujours été une préoccupation pour ceux qui travaillent avec des mineurs ayant eu un parcours au Correctional Youth Center ou au Rehabilitation Youth Center. Une fois à l'extérieur, les jeunes réintègrent la société sans suivi systématique. Résultat : la récidive est inévitable. Daniel Anacoa est d'avis que les deux centres devraient sortir du joug gouvernemental pour être pertinents !

L'éducation, une solution

Dans l'immédiat, dit encore Daniel Anacoa, il faudrait activer le travail en réseau ! À ce sujet, toutes les organisations non-gouvernementales œuvrant pour le respect des droits des enfants, sont sur la même longueur d'ondes. Mais, dans la pratique, la réalité est tout autre. Pourtant, cette semaine une étroite collaboration entre différents partenaires a prouvé l'efficacité d'une action commune (voir plus loin).

De son côté, Rita Venkatasamy du Centre pour l'Education et le Developement des Enfants Mauriciens (CEDEM), estime que le système éducatif a un rôle actif à jouer, dans l'optique d'endiguer la délinquance juvénile. "Chaque jeune de moins de 18 ans devrait se retrouver dans une structure scolaire ou en formation !", s'insurge-t-elle. Ce qui revient à combattre la non-scolarisation et à mettre en application les mécanismes régissant l'éducation obligatoire pour les moins de 16 ans. Jusqu'ici, le ministère de tutelle a fourni très peu d'effort à ce niveau ! Fred, partage l'opinion de la directrice du CEDEM. Avec ses mots, il explique : "Dan lékol ti bizin fer aktivité pou ki bann zenfan dévlopé. Fer zot apran ban zafer civik. Apré lédikasyon fodé pa zis pou zenfan. Li bizin pou paran oussi…"


Prévention: Le travail en réseau pour combattre la délinquance

La collaboration entre la Brigade des Mineurs, le ministère des Droits de la Femme, le CEDEM, le National Children Council et la Child Development Unit a donné lieu à une opération réussie sur le terrain. L'initiative, longtemps attendue, a permis aux différents représentants de chaque organisme de faire un constat et prendre des mesures appropriées selon les cas. Mais, l'objectif de ce travail en commun visait avant tout à faire de la prévention. Et de sensibiliser les jeunes rencontrés sur les risques auxquels ils s'exposent lorsqu'ils sont sur la rue. Dès le 11 dernier, l'équipe s'est rendue à Rose-Hill, durant les heures de classes. Lors de ce premier jour de grande rentrée, 4 collégiens ont été repérés faisant l'école buissonnière. Idem le 16, à Flacq où un écolier de 10 ans et des collégiens ont été retrouvés dans une maison de jeux et à la gare respectivement. C'est aussi dans une maison de jeux de la capitale que l'équipe a repéré, le lendemain, des collégiens. D'autres déambulaient à la Place de l'immigration. Au total, ce jour-là, 16 collégiens ont été interpellés. Vendredi dernier, à Curepipe, 6 élèves du secondaire ont été interpellés. Ils faisaient l'école buissonnière. Tandis que deux commerçants de la gare Ian Pallach auront à répondre auprès des autorités sur l'embauche de deux garçons de 15 ans. Un porte-parole du ministère de la Femme explique que des parents ont eu à se présenter à la police. L'équipe s'est aussi rendue dans les collèges concernés pour rencontrer les responsables. Ce genre d'intervention se renouvellera très bientôt. Demain, lors d'un exercice d'évaluation, l'équipe mettra en place une stratégie pour assurer le suivi des cas rencontrés.


Projet de déviation de la route côtière à Trou aux Biches

Transparence et indépendance du EIA Committee remises en cause

Frustration et colère fusent des habitants du Morcellement Jhuboo. Après de longs mois d'attente, ils pourront enfin s'exprimer devant le EIA Committee du ministère de l'environnement auprès de qui ils ont demandé audience, suivant leur objection à la déviation de la route côtière de Trou aux Biches (TAB). Déviation qui est envisagée dans le cadre du projet de démolition-reconstruction de l'hôtel TAB de Beachcomber et pour laquelle le cabinet parlementaire a donné, en décembre dernier son aval de principe moyennant l'obtention du certificat EIA et d'autres autorisations et permis des autorités responsables. Si rendez-vous est pris pour mardi prochain, les habitants du morcellement Jhuboo, réunis au sein du Mouvement pour le Maintien du Silence & la Tranquillité du Morcellement Jhuboo (MMSTMJ) sont indignés et s'interrogent sur la démarche du ministère de l'Environnement. Ils remettent en cause la transparence avec laquelle le dossier est traité par le EIA Committee.

Leur porte-parole explique que "nous avons reçu la lettre jeudi dernier, nous indiquant que nous aurons une audience le mardi 29 janvier, or, le même jour, et le lendemain, nous avons vu des employés d'une firme de construction installant des piquets, et mélangeant du ciment à une vingtaine de mètres de nos résidences". Pour les habitants du Morcellement Jhuboo, ces travaux relèvent des travaux en marge de la déviation de la route côtière. Indigné des actions qu'auraient été entreprises par Beachcomber, avant même d'avoir obtenu l'aval des autorités, le MMSTMJ s'interroge quant à la transparence avec laquelle ce dossier est traité au ministère. "Pourquoi est-ce que le ministère souhaite nous recevoir, si déjà le groupe Beachcomber a entrepris des travaux comme s'il avait obtenu les autorisations ?", demande le porte-parole. L'audience de la MMSTMJ au ministère de l'Environnement serait-elle un eye-wash, s'interroge-t-il. Le MMSTMJ compte bien s'enquérir de ces travaux lors de la réunion prévue au ministère cette semaine. "Nous avons épluché le rapport EIA du promoteur et avons constaté d'autres failles. Il y a toute une séries d'interrogations que nous soumettrons au EIA Committee", indique le porte-parole du MMSTMJ. De son côté, Beachcomber, précisant que le groupe a soumis toutes les informations additionnelles au EIA Committee le 11 décembre dernier, indique qu'il attend la décision du EIA Committee. "La firme General Construction qui a été pressentie pour es travaux est effectivement sur le site depuis quelques jours", confie le chargé de communication de Beachcomber, Malenn Oodiah. Elle est en train de faire la mise en place afin que dans "le cas où nous obtenons le EIA, elle puisse démarrer les travaux dans les meilleures délais", souligne-t-il. Selon lui, General Construction a, ces jours-ci, fait de l'arpentage du terrain avec des tracés en sable pour montrer à l'architecte le positionnement des certaines villas. "Le fencing a été mis pour sécuriser une partie du site. Il n'y a pas eu un coup de pioche ou autre action pouvant être interprété comme étant les débuts des travaux", précise Malenn Oodiah. Et d'ajouter que si Beachcomber obtient son EIA certificate les autres autorisations General Construction va devoir mettre les bouchées doubles pour que Beachcomber respecte son engagement d'une ouverture en novembre 2009.


Lors de la messe du 1er février, vendredi

L'Église saluera l'institution de la Commission Justice et Vérité

L'Église catholique saluera officiellement, vendredi, l'institution de la Commission Justice et Vérité lors de la traditionnelle messe de commémoration de l'abolition de l'esclavage. Placée, cette année, sous le thème "La Vérité Sa Mem Sa", Cette célébration se tiendra à 8h00 en l'église Notre Dame de l'Assomption, Roche-Bois.

le diocèse de Port-Louis explique, dans un communiqué, que le choix du thème de la messe du 173e anniversaire de l'abolition de l'esclavage découle de la volonté de saluer la commission présidée par le professeur Robert Shell, instituée par le gouvernement pour "établir les faits de l'esclavage" en vue de "permettre une réconciliation avec l'Histoire".

Pour le Comité diocésain 1er février, la vérité sur l'esclavage et ses séquelles est "un chemin incontournable de guérison de la mémoire" duquel "ni les descendants d'esclaves ni les propriétaires d'esclaves ne peuvent s'y dérober s'ils aspirent, les uns et les autres, à une vraie libération".

Au cours de cette messe présidée par l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat fera mémoire pour les esclaves morts sans avoir eu droit à une sépulture. Des cantiques en créole lancés lors du Festival créole 2007 seront chantés durant la célébration. A l'issue de la messe, un ouvrage de Jean-Clément Cangy, journaliste, intitulé "Le Makambo du Morne" qui traite de l'esclavage et de ses séquelles sera lancé.


Commission Justice et Vérité

Sylvio Michel, leader des Verts Fraternels : "Pour des solutions aux problèmes des descendants d'esclaves"

Sylvio Michel, leader des Verts Fraternels dont le parti célébrera l'abolition de l'esclavage au Morne, vendredi prochain, en compagnie de ses autres partenaires de l'Alliance gouvernementale lors de la commémoration officielle du 1er février se dit "convaincu" que la Commission Justice et vérité est capable de suggérer des solutions aux multiples problèmes des descendants d'esclaves.

Pour Sylvio Michel, le Morne, haut lieu du marronnage est l'endroit tout indiqué pour les célébrations officielles de l'abolition de l'esclavage. Selon lui, cela se vérifiera encore plus avec l'éventuel aboutissement de l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO de ce rocher emblématique, "monument naturel de la lutte pour l'abolition de l'esclavage".

Outre l'attente à cette demande formulée par les autorités mauriciennes, la commémoration 2008 de l'abolition de l'esclavage s'inscrit, cette année, rappelle le leader des Verts Fraternels, dans la perspective du démarrage imminent des travaux de la Commission Justice et Vérité présidée par le professeur sud-africain, Robert Shell.

Comme pour préciser ses attentes quant aux éventuelles recommandations de la Commission Justice et Vérité, M. Michel explique que tout ne se résume pas qu'à une compensation financière aux descendants d'esclaves. "Les questions d'inégalités dans l'Éducation, l'Emploi et l'Économie tout comme la nécessaire réforme électorale sont, entre autres sujets, sur lesquels la Commission aura à suggérer des propositions fermes", dit-il.

Sylvio Michel trouve "inopportun" pour le leader de l'Opposition et du MMM, Paul Bérenger, de se positionner comme candidat au poste de Premier ministre. Un positionnement que M. Bérenger vit, selon lui, comme "une énorme souffrance". Pour M. Michel, en l'absence d'une vraie nation mauricienne, le pays ne peut se permettre une telle démarche.

Sur le plan politique, toujours, Sylvio Michel regrette encore l'absence d'un forum approprié qui aurait permis une meilleure concertation entre l'ensemble des partenaires du gouvernement de l'Alliance sociale dont les Verts Fraternels. M. Michel confie même qu'en deux ans et demi de gouvernement, il n'a personnellement rencontré le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, en tête-à-tête que… deux fois. "Je suis, ainsi, contraint à chaque fois de convoquer la presse pour faire entendre mon point de vue", dit-il.


À l'intention des enfants cancéreux

L'ONG Link to Life démarre un programme d'accompagnement

C'est pour permettre aux enfants cancéreux de se sentir "normaux" en participant à des activités ludiques, de développement et de se retrouver entre eux que l'organisation non gouvernementale de Vacoas, Link to Life, a décidé d'initier une cellule à leur intention. Actuellement, il n'existe aucune structure du genre. En général, l'enfant cancéreux passe son temps entre l'hôpital, les séances de chimiothérapies et quand sa santé le lui permet, l'école. En ouvrant ses portes aux enfants malades, Link to Life, leur donnera également accès à un encadrement psychologique, au rattrapage scolaire, des sorties récréatives entre autres. Les deux représentantes de l'organisation estiment que ce genre de service prendra, aussi, le relais aux parents et leur accordera une pause bien méritée.

"Un enfant atteint de cancer est un enfant comme un autre. C'est un enfant normal !" Alix Ducray, de Link to Life, insiste. En présentant, à Week-End, les grandes lignes du projet d'accompagnement et d'accueil destiné aux enfants cancéreux de moins de 15 ans, Alix Ducray rappelle que le cancer est encore un sujet tabou dans la société mauricienne. Et, précise-t-elle, lorsque la maladie concerne les enfants, il est primordial que l'entourage de celui-ci évite de conjuguer le cancer et la mort. Et ce sans pour autant minimiser, voire renier la maladie. "Il faut arrêter cette association", ajoute d'emblée Rosemay Oxenham, de la même ONG. "Quand un enfant doit subir une opération et être traité médicalement à cause d'un cancer, il faut opter pour une approche qui n'est pas fataliste. Je cite ici l'exemple de cette fille de 12 ans qui a dû subir une hystérectomie. C'est une opération pénible pour une enfant de son âge. Ce n'est pas en lui disant : Mais, qu'est-ce qui va t'arriver quand tu seras adulte ? Tu n'auras pas d'enfant ! qu'on rassure cette fille. Cependant, en lui faisant comprendre que cette hystérectomie lui a sauvé la vie et qu'elle pourra vivre comme n'importe quelle femme à l'âge adulte, on lui donne espoir", affirme Rosemay Oxenham.

À ce jour, Link to Life ne dispose d'aucune statistique pour indiquer le nombre d'enfants cancéreux à Maurice. Néanmoins, l'ONG constate que la plupart des enfants qu'elle a rencontrés sont atteints de leucémie. Pour l'instant, Link to Life a répertorié quelque 6 enfants et invite les parents de petits cancéreux à prendre contact avec l'organisation (6860666). Par ailleurs, Link to Life, qui assure une session d'écoute à l'hôpital Victoria, plaide pour une aile séparée pour les enfants hospitalisés.


Reportage

Traque aux dauphins à Tamarin

Une promenade en mer du Morne à la Baie de Tamarin permet de constater que les craintes et les cris d'alarmes des ONG concernant le dolphin watching à Maurice sont totalement justifiées. Reportage sur un exercice d'observation avec une forte dimension scientifique et environnementale en train de se transformer en traque touristique.

Neuf heures du matin au Morne. D'épais nuages échappés d'un de ces systèmes frontaux qui se promènent dans notre région cachent les rayons du soleil, mais pas la chaleur et la lourde humidité. Les démolisseurs de ce que fut l'hôtel Berjaya ont enlevé le bois qui enveloppait les murs de ces cubes bâties sur pilotis. Cet affreux chantier de démolition tranche - en laideur - sur les autres établissements hôteliers qui entourent la montagne et faits de beaucoup de chaume cachant le béton et se perdant dans une végétation luxuriante. L'absence de soleil assombrit les eaux autour du Morne qui sont généralement transparentes. Mais avec ou sans soleil, celles du port de plaisance de Rivière-Noire sont profondément sombres, ont une couleur - et parfois une odeur - de goudron. Résultats de trop de mouvements de bateaux destinés à la pêche au gros, aux joies du ski nautique et de catamarans spécialisés dans les promenades pour touristes ou pour les Mauriciens désireux de jouer aux touristes. Des eaux couleur de goudron grâce aussi, probablement, aux vidanges sauvages de certains matelots qui prennent la mer pour une poubelle. Le ciel de Rivière-Noire est lourd, ce matin. Il est même bas, assure un touriste écologiste belge, qui participe à la ballade et qui connaît le répertoire de Jacques Brel par cœur. C'est pour accompagner cet écologiste belge qui profite de ses vacances pour écrire une rapport pour des ONG européens que je me retrouve sur un petit bateau qui nous emmène voir les dauphins dans la baie de Tamarin. Depuis une première promenade mémorable en mars 2001, qui avait fait l'objet d'un reportage dans Week-End, je n'étais pas retourné voir les dauphins. Entre-temps Delphine Legay, cétologue française qui avait fait découvrir "leurs" dauphins aux Mauriciens et mis au point un programme d'observation "dolphin friendly", est morte en mer. Sa démarche, qui était un travail scientifique avec un volet touristique contrôlé était devenu, m'avait-on dit, uniquement une grosse activité touristique. Avec les conséquences que la reprise d'une activité scientifique par des opérateurs pressés d'engranger des recettes en devises étrangères peuvent générer. Des recettes qui seraient, selon la Mauritius Marine Conservation Society, de l'ordre de Rs 54 millions par an.

"Ajouté au bruit des moteurs et aux cris des touristes, tout cela fait un boucan d'enfer qui résonne à des miles nautiques à la ronde."

Depuis mars 2001, le paysage de la côte ouest vu de la mer a beaucoup changé. Les constructions se sont multipliées non seulement tout au long de la côte, mais également sur les flancs de la montage. Les hôtels font une ligne continue sur certains coins de la côte tandis que les morcellements de luxe prennent d'assaut la montagne. Le béton a fait des avancées significatives dans la région et a définitivement gagné sur la végétation. Sur mer, au fur et à mesure que l'on s'approche de la baie de Tamarin, la circulation s'intensifie. Comme c'est le cas, tous les matins sur les bretelles de l'autoroute en direction de Port-Louis. Ici, c'est vers un point, situé à quelques kilomètres de la plage, que convergent toutes les embarcations dans un grand bruit de moteurs et de longues bandes d'écume. Se pressent autour de ce point central, les bateaux initialement destinés à la pêche au gros, différentes dimensions de hors bords et, finalement, quatre gros catamarans. Le tout chargé de touristes en tenue de combat pour du "dolphin watching". C'est-à-dire en maillot de bain avec la casquette tendance, le corps enduit d'huile solaire et caméras digitales au point. Chaque catamaran a son propre système de sonorisation jouant à plein volume ségas ou chansons à la mode. Ajouté au bruit des moteurs et aux cris des touristes, tout cela fait un boucan d'enfer qui résonne à des miles nautiques à la ronde. On pourrait se croire au milieu d'une foire commerciale avec chaque propriétaire de stand jouant de la musique plus fort que son voisin pour attirer le client. On dit que les dauphins ont un système auditif surdéveloppé leur permettant d'entendre certains sons à de très longues distances. J'espère qu'ils ont développé un système de protection auditive contre l'animation musicale pratiquée par les opérateurs touristiques mauriciens de la côte ouest. L'excitation des touristes vient du fait que les opérateurs leur ont vendu un package, clés en main, incluant non seulement une observation de dauphins en milieu naturel, mais également la possibilité de nager avec eux. Boisson fraîche d'une main et caméra digitale, brandie comme une arme, de l'autre, le touriste veut sa ration d'images pour montrer à son retour de vacances. Les plus sportifs, masques et tubas sur la visage et palmes aux pieds, attendent le moment de sauter dans l'eau suivis par les caméras et caméscopes de leurs proches. Pour contenter leurs clients à qui ils ont trop promis, les skippers doivent se livrer à une véritable traque aux dauphins. Dès qu'un groupe de cétacés est repéré, toute la flottille - mon écologiste belge utilise lui les termes "armada" et "meute navale" - se précipite à toute allure le plus près possible du point désigné. Et elle fait immédiatement demi-tour dès que les dauphins, qui ont plongé sous les bateaux pour réapparaître quelques mètres plus loin, sont repérés. C'est ainsi que pendant plus de deux heures, lundi matin, une vingtaine de bateaux chargés de touristes a littéralement traqué les dauphins dans la baie de Tamarin transformé en territoire de chasse pour touristes en quête de sensations fortes et d'images digitales.

"Sinon quand la pression, déjà très forte que l'on fait subir aux dauphins, deviendra intolérable, ils iront s'installer ailleurs, vers des côtes plus hospitalières où vivent des gens plus respectueux de leur mode de vie."

Selon les écologistes mauriciens, cette activités touristique est pratiquée tous les jours à Tamarin, à Rivière-Noire et de Flic-en-Flac et à Albion. Elle est pratiquée avec une telle intensité, dans un tel désordre, que les ONG et la MMCS ont commencé à tirer la sonnette d'alarme et réclamé une loi pour réglementer cette activité. En attendant la législation promise, la Beach Authority a fait publier des recommandations (guidelines) pour l'observation de mammifères marins à Maurice. Il est demandé aux observateurs :

- de garder une distance minimum de 50 mètres des dauphins ;

- d'éviter de les déranger en s'approchant trop vite d'eux ou de les entourer.

Parce que "loud noises and abrupt movements can stress the marine mammals", et que cela peut "affect their ability to feed, breed, nurse, rest or socialize". Qui est chargé de faire respecter les guidelines de la Beach Authority : les agents de l'environnement à bicyclette, ou les Coast Guard aux chaussures parfaitement cirées et qui n'ont que quelques embarcations ? En attendant, les guidelines ne sont pas respectées journellement à Maurice. La situation dénoncée plusieurs fois publiquement par La Mauritius Marine Conservation Society était la règle ce lundi matin à Tamarin : "Trop de bateaux, trop prés des dauphins." Une situation qui, toujours selon l'ONG, cause une insatisfaction chez 60% des touristes qui ont pratiqué au moins une fois le "Dolphin watching" à Maurice. Les vœux pieux ou les déclarations d'intentions des politiques ne suffisent pas. Il faut réglementer au plus vite et surtout faire rerspecter les lois.

Sinon quand la pression, déjà très forte que l'on fait subir aux dauphins, deviendra intolérable, ils iront s'installer ailleurs, vers des côtes plus hospitalières où vivent des gens plus respectueux de leur mode de vie. Les opérateurs auront alors tué le dauphin aux œufs d'or du tourisme mauricien. C'est en tout cas, la conclusion de mon écologiste belge à l'issue de ce " Dolphin watching " à Tamarin où l'on a plus vu - et entendu - des plutôt des bateaux que des dauphins.


Plaine Corail, Rodrigues

SGD Airport : nouveau nom et nouvelle piste d'atterrissage

Avec le changement de nom de l'aéroport de Plaine Corail, Rodrigues, le pays connaîtra sous peu de nouveaux changements. L'aéroport de Rodrigues, désormais connu sous le nom de Sir Gaëtan Duval (SGD), sera prochainement doté d'une nouvelle piste d'atterrissage. L'annonce a été faite, lors d'une cérémonie, la semaine dernière, par le vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier Duval, en présence des députés du Parti Mauricien Xavier Duval (PMXD), dont Richard Duval, et de Nicol François, ancien ministre de Rodrigues. Xavier Duval a indiqué que"le choix d'appeler l'aéroport de Plaine Corail, Sir Gaëtan Duval, est un signal fort que nous voulons lancer". Selon lui, le nom de SGD est un brand en lui - même, et cela ne fait aucun doute que le fait de l'associer à l'aéroport va aider Rodrigues à mieux se positionner sur la carte touristique mondiale. Et avec l'agrandissement de la piste de l'aéroport SGD, au coût de Rs 400 000, Rodrigues pourra accueillir de plus gros avions, donc plus de touristes. Cette démarche favorisera le secteur touristique rodriguais, a assuré le ministre, tout en saluant les efforts de ceux présents, dont l'épouse d'Azad Dhomun - qui a longtemps œuvrer pour que le nom de SGD soit donné à cet aéroport. Lors de son allocution, Xavier Duval n'a pas manqué de souligner la contribution de SGD, dans le développement de Rodrigues. Il a ainsi rappelé entre autres que l'ancien leader du Parti Mauricien Social Démocrate (PMSD) s'est battu pour que les Rodriguais aient le droit de vote ou encore le développement du secteur touristique à Rodrigues. Soulignant la croissance des arrivées touristiques, de l'ordre de 19 % en 2007 par rapport à 2006 à Rodrigues, Xavier Duval a indiqué que les autorités, disposant d'un plus gros budget cette année, continuera ses efforts pour promouvoir le tourisme rodriguais afin de mener le pays vers une plus grande prospérité.


Mauricien à l'honneur

Pravin Bancharam, lauréat du Juan Gaspart Award of Leading Hotels of the World

Pravin Bancharam, disposant de 20 années de carrière dans l'hôtellerie mauricienne, a obtenu en novembre dernier le Juan Gaspart Award of the leading Hotels of the World. Il s'agit là de l'une des plus prestigieuses récompenses du secteur hôtelier, décernée sur le plan individuel. Ce Mauricien, qui a commencé sa carrière en tant que serveur au Royal Palm, a depuis, gravi les échelons, et se positionne aujourd'hui en tant que Training Manager au Taj Exotica Resort & Spa Hotel, depuis 2004. Grâce à la persévérance et à un total dévouement à son travail, Pravin Bancharam s'est distingué de ses pairs, à qui il dédie son trophée. Trophée obtenu à la suite de sa participation à ce concours international réservé aux membres des Leading hotels of the World. Ainsi dans le cadre du Juan Gaspart Award of the leading Hotels of the World, Pravin Bancharam avait présenté un étude sur la "Social responsability". De par son expérience du domaine, ce Mauricien à l'honneur a, dans son projet, mis l'accent sur la formation des employés internes et externes. "C'est ce qui m'a valu cet award", souligne Pravin Bancharam, indiquant que cette année, il sera amené à participer à une conférence internationale sur le sujet. Lors de son allocution à l'occasion d'un cocktail en l'honneur de Pravin Bancharam, au Taj Exotica, en présence du ministre du Tourisme, Xavier Duval, et Nick Israel, manager de Taj Exotica, Jean Michel Pitot, président de l'AHRIM, a présenté le lauréat comme un exemple pour les employés de l'industrie hôtelière. Soutenant que "l'intégration verticale n'est pas un mythe dans le secteur hôtelier mais une réalité et les années de dur labeur et de persévérance a permis à Pravin Bancharam de passer du poste de serveur à celui de Training manager, Learning and Development de Taj Exotica", Jean Michel Pitot a profité de l'occasion pour annoncer que les établissements hôteliers mauriciens seront appelés à contribuer 2% de leurs profits au "Social Corporate Responsability". Le Président de l'AHRIM a également rappelé que les partenaires du secteur peaufine actuellement le plan d'action du secteur hôtelier pour 2008, incluant la responsabilité sociale de chaque établissement hôtelier. Deux des principaux objectifs de ce plan d'action comprendront l'allègement de la pauvreté et l'amélioration de l'environnement, a indiqué le président de l'AHRIM. De son côté, le ministre du Tourisme a salué l'initiative des hôteliers d'allouer 2 % de leurs profits à la responsabilité social. Xavier Duval a également rendu hommage à Pravin Bancharam, avançant que le parcours exemplaire de cet employé démontre la bonne volonté et le dur labeur des Mauriciens, aujourd'hui récompensé.


Célébration

Retour à la source pour Happy World

Pour célébrer le centième anniversaire de la naissance de son fondateur, le 25 juillet de cette année, Happy World organise une série d'activités. Dont la publication d'une biographie de Antoine New Seng Seeyave qui fut un des pionniers de la réfrigération industrielle et commerciale de l'île Maurice.

Né en 1908 à Mahébourg, Antoine New Seng Seeyave apprendra sur le tas les rudiments du commerce avant de commencer sa carrière professionnelle comme fabriquant de rhum. Il commence à fabriquer des sucettes glacées avant de créer la société Happy World avec un capital de Rs 50 000 en 1952. Pressentant le développement de l'industrie du froid, il devient concessionnaire de quelques grandes marques en Europe, obtient la représentation de leurs produits à Maurice. C'est lui qui lance le froid industriel à Maurice, qui va révolutionner les habitudes de consommation avant de prospecter divers autres domaines du commerce, de l'électroménager à l'électronique. Il devait, avec d'autres "inventer les moyens de fabriquer et de mettre à la portée de tous des produits qui nous paraissent aujourd'hui courants mais qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, paraissaient inconcevables et inaccessibles", comme le dit Dennis Ng Lun, petit-fils du fondateur lors de la conférence de presse de présentation du projet.

Pour marquer le centenaire de ce visionnaire, Happy World va éditer un livre retraçant sa vie et son œuvre qui sera écrit par Ivan Martial. Pour la rédaction de cet ouvrage, la direction de Happy World demande à tous ceux qui ont connu Antoine Seeyave senior de participer à cette démarche en confiant leurs souvenirs, anecdotes, photos, manuscrits. Ce matériel servira non seulement à la rédaction du livre, mais pour une grande exposition photographique. Un site web mettant en exergue l'esprit d'initiative du créateur de Happy World sera également lancé.


Obituaire

Radha Poonoosamy, première femme ministre mauricienne

Radhamaney Poonoosamy, la toute première femme à accéder à des fonctions de ministre dans notre pays, est décédée, mardi dernier, en Afrique du Sud (son pays d'origine), à Durban. Elle était âgée de 84 ans.

Née Radhamaney Padayachee, le 18 septembre 1923, elle étudia les lettres à l'Université du Natal. Elle fut une représentante du Conseil des Étudiants avant de prendre la tête de la ligue féminine du Natal Indian Congress durant un mouvement de résistance passive à l'Apartheid. Elle siégea également comme membre de l'exécutif de l'African National Congress (ANC). Elle vint à Maurice en 1952 après avoir épousé le Dr Valaydon Poonoosamy. Le couple habita pendant longtemps à l'avenue Hennessy (qui devint ensuite l'avenue Osman) à côté de la mairie de Quatre-Bornes. Au début des années 60, très proche de l'ancien Haut-commissaire de l'Inde à Maurice, John Thivy, un catholique de confession, elle aida ce dernier à mettre sur pied l'Indo-Mauritian Catholic Association (IMCA) en devenant secrétaire de cette organisation.

Militante socialiste convaincue et ayant prise entre-temps la nationalité mauricienne, elle s'engagea au sein du Parti travailliste en 1966. A cette époque où l'on comptait très peu de femmes engagées en politique active, elle devint vite la présidente de l'aile féminine du parti et se vit attribuer un ticket aux élections générales cruciales de 1967. Mme Poonoosamy fut toutefois placée dans une très mauvaise circonscription pour les rouges, soit Quatre-Bornes/Belle-Rose, où avec Guy Forget et "Eden" Balgobin, elle eut à affronter un redoutable trio PMSD composé de Maurice Lesage, Yvon St. Guillaume et Ajum Dahal. Elle ne devait se classer qu'en septième position. Elle fut toutefois récupérée par le Best Loser System, ce qui permit qu'elle soit nommée ministre de la Condition féminine, du contrôle des prix et de la protection des consommateurs. Mme Poonoosamy n'aurait pas laissé des souvenirs impérissables à ce poste bien qu'elle avait la conviction, pour sa part, "d'avoir pu améliorer la qualité de vie de ceux pour lesquels je me suis toujours battue".

Avant d'entrer au Parlement, Mme Poonoosamy avait eu l'occasion de servir comme conseillère et maire-adjointe au Conseil municipal de Quatre-Bornes. Elle y assuma même, en deux occasions, la suppléance au poste de maire.


Nécrologie

Lutchmeeparsad Ramburn, "self-made (business) man"

Est décédé le vendredi 21 décembre dernier Lutchmeeparsad Ramburn, homme d'affaires très connu de Curepipe. M. Ramburn aurait eu 83 ans le 3 janvier dernier.

Né, donc, en 1925 dans la Ville-Lumière où il a vécu toute sa vie, Lutchmeeparsad Ramburn a, d'abord, travaillé, dans les années 1940, comme infirmier de l'Etat. Il devait, toutefois, abandonner assez vite la profession d'infirmier à la suite d'une maladie qui l'indisposait.

A un supérieur hiérarchique de l'Administration coloniale qui lui demandait ce qu'il comptait, à partir de là, faire, Lutchmeeparsad Ramburn devait répondre qu'il n'avait plus que deux choix : choisir entre prendre une pioche ou une plume !

Son incursion dans le monde des affaires commence, alors, très modestement. L'homme prend à sa charge la gérance de la petite affaire de taxis de son père, Dowluth. Il se lance, par la suite, dans l'achat et la revente de voitures de seconde main. L'argent ainsi récolté lui sert, notamment, à la construction de la résidence qu'il habitera, à partir de là, Route du Jardin et dont la construction sera achevée juste avant le passage du cyclone, de triste mémoire, Carol, en 1960.

Reçu aux examens de la Chambre des Courtiers en 1963, M. Ramburn s'exerce à l'achat et à la vente d'actions d'entreprises. Jusques dans les années 1970, il sera secrétaire de cette Chambre professionnelle. Il gère, parallèlement, les affaires de petits planteurs.

1971 : incursion dans la politique. Aux partielles municipales de cette année, Lutchmeeparsad Ramburn est au nombre des élus UDM face à des candidats "bleus" à Curepipe, alors considérée comme bastion imprenable du PMSD de feu sir Gaëtan Duval.

Après avoir été, dans les années 1950, agent de la Sterling Insurance indienne, il créé une société familiale d'assurances, General Agencies. Dans les années 1960, celle-ci devient agent accrédité de la Swan Insurance. Par la suite, M. Ramburn créé, en 1976, la Rainbow Insurance.

Actif sur le plan social, Lutchmeeparsad Ramburn a été, durant les années 1970 et 1980, membre, notamment, des Conseils d'administration de l'Assistance publique, de la prison de Beau-Bassin et du Centre correctionnel pour jeunes de Curepipe.

Il a aussi été président de l'Insurance Association Council of Mauritius (IACOM), ancêtre de l'Insurers'Association. Son engagement dans le domaine des assurances lui a valu, en 1986, le titre de Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (CBE).

A son épouse, Krishna Kumaree, née Gokulsing, à ses cinq enfants - deux fils et trois filles -, ses brus, ses gendres et ses neuf petits-enfants, Week-End présente ses sincères condoléances.


Brèves

Attention à la propagation de l'amiante à L'école Maurice Curé

Les élèves et les enseignants de l'école Maurice Curé ne savent pas encore officiellement s'ils auront des cours en début février ou bénéficieront d'un special leave pour cause de destruction des vieux bâtiments de leur institution. Si le ministère de l'Éducation fait circuler des informations selon lesquelles le collège sera fermée du 1er au 11 février, à vendredi dernier, les enseignants et les élèves n'en avaient pas été officiellement informés. En fait, c'est pendant les vacances de décembre que le vieux bâtiment devait être démoli. Cet arrangement qui ne devait pas perturber le programme des cours à la rentrée n'a pas été respecté pour des raisons qui n'ont pas été communiquées aux élèves et aux enseignants. C'est après avoir entendu des rumeurs autour de la destruction imminente du vieux bâtiment en bois que les élèves ont envoyé un courrier à la rectrice le 18 janvier dernier pour exprimer entre autres leur crainte concernant la propagation de l'amiante contenue dans le vieux batiment. A vendredi, les plus de 600 élèves du SSS Maurice Cure n'avaient reçu aucune information sur les mesures prises à cet effet. Elles espèrent que ce déficit d'informations sera corrigé la semaine prochaine mais surtout des mesures seront prises pour éviter toute possibilité que l'amiante puisse se répandre dans la cour de leur établissement scolaire.

Revoilà les demandes de subsides sur les examens de SC et HSC

La Plate-forme nationale de l'Éducation pour la réintroduction des subsides sur les frais d'examen du SC et du HSC réclame au gouvernement des subsides à hauteur de 100% à tous ceux qui touchent un salaire mensuel inférieur à Rs 8 300 et de 50% à ceux qui perçoivent Rs 8 301 à monter. Yahya Paraouty, le principal porte-parole de la Plate-forme, a communiqué cette décision aux médias à l'issue d'une réunion tenue hier après-midi à Port-Louis en présence de dirigeants des formations de l'opposition, dont le MMM, le MSM et l'Union nationale, et de celle de représentants des mouvements du monde syndical. Une campagne d'information à travers le pays est programmée pour bientôt avec des affiches et des dépliants notamment.

Les résultats de la SC demain

Encore une journée d'angoisse pour tous les 20774 élèves qui ont pris part aux examens de la School Certificate en fin d'année dernière. Après les réjouissances des fêtes de fin d'année, voilà le brutal retour aux réalités du quotidien. Les résultats sont attendus demain matin et seront rendus publics dans la journée alors que les results slips seront remis aux responsables des écoles en début d'après-midi.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 27 janvier 2008