PAYS VOYOU !
Il ne se passe de jour sans que les faits divers - entendez ces
violences faites à autrui - ne constituent pas les choux
gras de la presse locale. Au point de se demander si nous ne vivons
pas dans un pays voyou !
Pour une cigarette, on tue. Pour une histoire de pétards,
on tue. Nos épouses, surs et ces autres personnes
qui font partie de ce qu'on appelle "la gent féminine"
ne peuvent plus porter de bijoux en public. On les leur arrache
à moto. Des touristes-femmes se font cambrioler dans leur
campement de Flic-en-Flac. D'autres - encore des femmes - se font
draguer, puis détrousser. Des employés d'un hôtel
réunis pour leur fête de fin d'année se retrouvent
victimes, en pleine journée, d'agression dans une discothèque
de la Ville des Fleurs
La triste litanie est longue et n'augure
rien de bon pour notre pays "arc-en-ciel".
Mais, où allons-nous dans ce pays qui avance sans boussole,
sans sens de direction, où nous offrons au monde une société
corrompue, violente, déshumanisée, et où
la justice et l'amour d'autrui deviennent des denrées anormales
? Faut-il laisser la place nette aux dieux cruels et solitaires,
dépourvus de sens moral ? Posons-nous la question. Avons-nous
perdu le sens des valeurs morales ?
On évoque, de nos jours, en ce temps de la mondialisation,
la triple crise à laquelle nous sommes confrontés.
Elle est d'ordre politique, économique et sociale. Aurait-on
imaginé qu'un pays comme le Kenya, qui s'est battu contre
l'impérialisme britannique à travers le soulèvement
des Mau-Mau, sous Jomo Kenyatta, se soit confronté à
des considérations tribales ? Quand on évoque l'histoire
de blocages d'éléments brandissant des machettes,
à Kisumu, dans le Rift Valley, à Lake Naivasha,
je revois le Rwanda et la Radio des Milles Collines, et le massacre
entre Tutsis et Hutus, où des "Religieux" ont
trempé leurs bras jusqu'aux coudes pour dénaturer
la nature africaine.
Cette crise "mondialiste" est, en fait, liée
au lien social ; une crise du lien social, une crise des formes
d'individualité, une crise morale. Aussi, nous avons perdu
le sens de nos repères. Nos parents les avaient. Ils nous
les ont inculqués. Ils nous ont fait comprendre qui nous
étions, d'où venions-nous, où nous devrions
nous diriger. La communauté hindoue de ce pays a tout compris,
a tout maîtrisé. Elle a laissé en héritage
à ses enfants et petits-enfants une part de rêve
et à des générations futures des repères.
Pour rêver, il faut des repères, des investissements
réels extérieurs actifs et, par rapport à
eux, pouvoir se dégager, s'élever, bref, espérer
et parfois délirer.
Nous assistons à un discrédit du politique, parce
qu'il n'est pas parvenu à "mâter" ceux
qui portent atteinte à la sécurité des citoyens,
qui ont besoin de sécurité-prévisilité,
par rapport à des lois d'orientation concernant le travail,
la famille, la ville, les villages.
Pour lutter contre la tendance individualiste et égoïste
de notre société - comprenez ces électrons
libres que constitue cette nouvelle race de "bouncers"
- il faut remettre paradoxalement à l'honneur l'individu,
mais au sens d'individu social.
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 27 janvier 2008
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