é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 27 janvier 2008



  Revue de l'économie - Prix : Sithanen croit en une baisse avec l'effet de la roupie
  Consommation - Front des prix : aucune accalmie !
  Hausse des prix de la farine et du pain - Un Front du Refus réclame une Commission d'enquête
  Approvisionnement - Farine de Turquie : retard d'un mois dans la livraison
  Session de travail de l'AHRIM - Vers une vision commune pour la progression du secteur touristique
  Proposition syndicale face à la hausse des prix - Créer un fonds de subvention pour les produits de base


Revue de l'économie

Prix : Sithanen croit en une baisse avec l'effet de la roupie

Pendant un peu plus d'une heure, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, s'est appesanti sur les principaux indicateurs économiques en ce début d'année pour faire la démonstration que l'économie est sur la bonne voie. À plusieurs reprises, il a souligné que "the economic fundamentals are strong". Au sujet du taux de change, le Grand Argentier, qui a évité l'expression de roupie forte ou roupie faible, a trouvé que l'effet de la roupie devra se traduire à l'avenir par une réduction des prix à la consommation. Il affirme avoir abordé la question avec des représentants opérant dans la grande distribution. Néanmoins, il a repoussé d'un revers de la main une proposition syndicale en vue de convoquer d'urgence les tripartites pour décider d'une compensation salariale en anticipation de la conjoncture de flambée de prix alimentaires.

À l'heure des questions, le vice-Premier ministre et ministre des Finances a soutenu que les effets de l'évolution du taux de change de la roupie doivent être répercutés par une baisse des prix en faveur des consommateurs. "C'est une bonne question concernant la répercussion du taux de change de la roupie par une baisse des prix à la consommation. J'ai fait appel aux représentants de la grande distribution pour que les consommateurs puissent bénéficier du taux de change de la roupie, avec des changements de l'ordre de 14% que ce soit vis-à-vis du dollar américain ou de la livre sterling ou encore de l'euro. Ils m'ont fait comprendre que des baisses de prix devront intervenir avec les prochaines cargaisons attendues. Il y a les prix des médicaments qui baissent", a-t-il soutenu.

Auparavant, le Grand Argentier avait soutenu que le taux de change de la roupie reflète les Strong Economic Fundamentals. "L'ajustement dans le taux de change de la roupie est la conséquence de la politique de la réforme. Nu bizin aksepté résilta-là", a-t-il soutenu face aux appréhensions exprimées par les exportateurs.

Mais peu après, suite à une question de Week-End, Rama Sithanen devait écarter toute éventualité d'une compensation salariale en anticipation avec les récentes hausses de prix de produits alimentaires de base. "Mo ti pu dir bann kamarad sindikalis ki zamé ine fer sa", devait-il répondre quant à la possibilité de convoquer d'urgence des consultations tripartites en vue de déterminer le quantum de cette compensation anticipée. En cours de semaine, le président de la Government General Services Union (GGSU), Rashid Imrith, avait écrit au vice-Premier ministre et ministre des Finances en ce sens.

"Inflasyon pé baissé. Nu éna ène mékanism pu détermin saler. Nu bizin laisse sa institisyon-là fonctionné", devait ajouter Rama Sithanen pour compléter sa réponse sur la compensation salariale en anticipation et en faisant allusion au National Pay Council (NPC), qui avait déterminé le quantum de la compensation en vigueur depuis le 1er juillet de l'année dernière.

Toujours lors de la tranche des questions/réponses, Rama Sithanen a précisé la position du gouvernement par rapport au dossier des subsides accordés pour le paiement des frais d'examens de School Certificate et de Higher School Certificate. "Pena okenn guvernma ki ine donne 100% fees à 30% zenfans. Nu pe fer li !" devait-il faire comprendre. En réponse à ceux qui mènent campagne pour que les subsides soient accordés à tous les candidats, il s'est appuyé sur des économistes de renom comme Amartya Sen ou encore Joseph Stiglitz, qui affirment que "if you want to help the poor, help the poor."

Rama Sithanen devait être très critique à l'encontre de l'opposition à ce sujet. "Nu bizin arret sa ipokrisi-là. Bann dimun ki ti monte TVA de 50% ek ki ti donne sibsid lors fees leksamen à selma 1 600 pé dir bizin donne tu zenfan. Ki fer zot pa ti fer li. Nu pe donne sibsud lors fees pu 9 000 zenfan", devait-il poursuivre. Il a ajouté que le montant global de cette subvention est de Rs 80 millions en rappelant que ceux au bas de l'échelle sont les derniers à pouvoir tirer avantage de subsides universels. "En l'absence de volonté politique, nous n'avons pu le faire. Prenons le cas du gaz ménager, dont les subsides universels sur le prix de vente ont été augmentés récemment. 80% de ces subventions sont appropriées par des familles aisées si l'on tient compte du fait que ces catégories de famille consomment trois bonbonnes de gaz par mois alors que les pauvres n'en sont qu'à une demi-bonbonne par mois. Seul, je ne peux changer le système", a-t-il fait ressortir.

En première partie de son point de presse, le vice-Premier ministre et ministre des Finances est revenu sur les Economic Fundamentals pour rassurer quant à la santé de l'économie mauricienne. "Le pays connaît une croissance robuste, saine, soutenable et nettement plus diversifiée. Nous pourrons atteindre le plein-emploi d'ici trois ans si nous parvenons à résoudre le problème de Mismatch à ce niveau", a-t-il déclaré. Il est également revenu sur l'évolution et les prévisions économiques des principaux indicateurs économiques, soit une croissance économique à la hausse de 6% en 2008, la création de quelque 10 000 emplois annuellement, un taux à la hausse que ce soit par rapport à l'investissement ou au Foreign Direct Investment, un surplus de Rs 6,6 milliards à la Balance des Paiements malgré la hausse des prix pétroliers et alimentaires, un niveau de réserves de 41 semaines d'importation contre 31 semaines en 2005 et un déficit budgétaire prévu à la baisse soit 3,8% du Produit Intérieur Brut (PIB) contre 4,3% pour le précédent exercice financier.

Dans un autre volet, Rama Sithanen s'est penché sur les mesures prises par le gouvernement pour encadrer les efforts de croissance et dans la lutte contre la pauvreté. "Des économistes de réputation internationale et l'expérience sur le terrain affirment que the best antidote against poverty is job creation", avance-t-il en passant en revue les programmes mis en œuvre.

Parmi, il mentionne les 3 000 dossiers d'embauches, de placements et de formation traités par l'Empowerment Programme, l'accent du Trust Fund for Vulnerable Group sur le logement social, l'éducation et l'Empowerment, une enveloppe de Rs 120 millions sous le Decentralised Cooperation Programme, l'Income Support en faveur de quelque 120 000 personnes et Rs 500 millions pour le programme d'épierrage et d'irrigation à l'intention de quelque 27 000 petits planteurs. Il a annoncé qu'une somme de Rs 100 millions a été prévue pour encadrer la relance de l'élevage de porcs, la poursuite du paiement des allocations de Rs 1 250 aux pêcheurs de Rodrigues pour deux mois supplémentaires en attendant leur reconversion et la distribution en ce début d'année de matériels scolaires à l'intention de quelque 15 000 écoliers dans le besoin.


Tianli : La pose de la première pierre prévue pour le 25 avril

Le projet de Mauritius Tianli Economic Trade and Cooperation Zone, qui sera réalisé sur une superficie de quelque 500 arpents à Riche-Terre, entame ces jours-ci une étape décisive dans sa mise à exécution. Avec la présentation de la maquette de cet ambitieux projet de transformation de cette partie de l'île au Premier ministre, Navin Ramgoolam, en début de semaine, les principales étapes du calendrier de travail ont été élaborées. Selon les informations recueillies par Week-End auprès de sources bien renseignées, la date de la cérémonie de la pose de la première pierre aurait déjà été arrêt, mis à exécution en deux phases, soit la première s'échelonnant de 2008 à 2010 et la seconde de 2010 à 2012, cinq ans au total.

Ainsi, la cérémonie officielle marquant le coup d'envoi de ce chantier devra se dérouler le vendredi 25 avril avec le déplacement à Maurice d'un des trois vice-Premier ministre de la République populaire de Chine à la tête d'une importante délégation de Beijing. Le comité ministériel institué pour assurer le suivi des travaux, qui nécessiteront des investissements de Rs 20 milliards, est actuellement en contact avec les autorités chinoises pour les derniers détails au sujet de cet événement, marquant une étape majeure dans les relations entre Maurice et la République populaire de Chine.

"C'est un développement qui constituera un signal clair et fort. Le projet de Tianli est le plus gros investissement étranger dont a bénéficié Maurice jusqu'ici. Ce projet intégré de Rs 20 milliards s'inscrit dans la vision que nous avons pour transformer le pays en un véritable hub dans la région", a fait comprendre le Premier ministre, lors d'une présentation des maquettes du projet en début de semaine.

"Avec la réalisation de ce projet, Maurice servira d'exemple dans cette partie d'Afrique et devra être un catalyseur pour la réalisation d'autres projets du même genre", a poursuivi Navin Ramgoolam, qui n'a pas manqué de commenter la dimension de création d'emplois, soit 42 000 jobs, dont 34 000 emplois directs. "Sé pas dimunn ki pu rod travay. Sé travay ki pu rod dimunn", devait-il lancer. Des compagnies mauriciennes seront engagées au niveau des sous-contrats.

Avec les dernières modifications au Master Plan du projet de Tianli, notamment l'inclusion d'un hôpital et d'un complexe hôtelier, le Premier ministre a voulu obtenir des garanties de la partie chinoise que les Mauriciens ne seront pas exclus de ces facilités. "Les craintes possibles que les Mauriciens pourraient être exclus de ces services dans le cadre du projet de Tianli se sont estompées après les questions soulevées par le Premier ministre. La partie chinoise a soutenu qu'une politique d'exclusion d'accès à ces facilités des Mauriciens n'était pas envisageable", a fait ressortir à Week-End une source ministérielle autorisée après la réunion de lundi.

Les principales composantes de zone économique et industrielle de Tianli à Riche-Terre comprendront un secteur informatique, un institut de technologie, des zones réservées pour le Business Service, de Logistics and Purchase, de quartiers résidentiels, des zones de récréation et de loisirs, aussi bien que l'infrastructure routière de quatre voies et la création de six fontaines pour agrémenter la zone. Une quarantaine d'entreprises chinoises opéreront à partir de cette zone et seront engagées dans des activités économiques allant de la manufacture au montage du Hardware en passant par la transformation alimentaire pour le marché africain. Le chiffre d'affaires généré serait de l'ordre de 200 millions dollars annuellement.

La première phase du projet, soit de 2008 à 2010, verra la construction du China Hotel, du Tianli Service Tower, d'un International Convention Centre, du Sino-Africa Fund Tower, du Sino-Africa Purchase Cenre d'un centre de logistique et autres complexes pour accueillir les activités économiques et industrielles. La construction d'appartements figure également dans ce volet des travaux.

La seconde composante du projet de Tianli, mis à exécution de 2010 à 2012, comprendra la construction d'un Sino-Africa Frienship Hospital de quelque 300 lits, d'un Sino-Africa Technology Institute, d'un centre commercial couvrant quelque 35 000 mètres carrés, d'un Business Park, de villas et de centres de loisirs et de récréation.


Intérêts de trois groupes pour la ville de Highlands

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a annoncé que trois groupes étrangers, dont les représentants participent ces jours-ci à deux séminaires axés sur le secteur des services et organisés par le Board of Investment (BOI), ont montré un intérêt particulier pour le projet de création d'une ville nouvelle à Highlands. Leur participation à la réalisation de ce projet, qui représente la superficie de Quatre-Bornes et de Rose-Hill, devrait être de l'ordre de 500 millions de dollars américains chacun.

Dans un premier temps, les autorités devront procéder à la nomination d'un Transaction Adviser pour le projet de New Town in Highlands avant de porter leur choix sur un Master Developer pour assurer la coordination de l'exécution de cet important projet urbaniste. Ce projet est placé sous la responsabilité de la State land Development Company, organisme se trouvant sous la tutelle des Finances.


Ring Road : Retour du péage à Port-Louis

Les délibérations du conseil des ministres de vendredi dernier ont été consacrées en grande partie à des projets d'infrastructure routière donnant accès à la capitale. Les deux projets, qui ont retenu l'attention, demeure la construction de la Ring Road et celle du Dream Bridge, reliant Cassis à Roche-Bois en surplombant la zone portuaire. Un premier constat : ces deux projets d'infrastructure doivent être étudiés de manière complémentaire en vue d'éliminer le problème de congestion routière dans la capitale et les artères menant vers Port-Louis.

Au sujet de la question du financement de ces deux projets, qui nécessiteront des investissements de l'ordre de Rs 8 à Rs 10 milliards, le gouvernement ne serait plus réfractaire à l'idée du péage à être imposé sur les véhicules utilisant ces artères pour entrer dans la capitale. Mais la formule, qui pourrait être utilisée et qui a été mentionnée lors des échanges au conseil des ministres, est un Subsidised Toll System.

En vertu de cette formule, les automobilistes ne paieront qu'une partie du péage imposé. Les recettes générées serviront à financer le servicing des emprunts contractés pour la réalisation de la Ring Road et du Dream Bridge sur le port. Une première proposition de la Banque mondiale visant à instaurer le paiement d'un péage pour l'accès à la capitale aux heures de pointe est restée lettre morte depuis la fin de 2005. Une aile au sein du gouvernement avait trouvé que cette mesure fiscale routière constituait une Political Liability pour le gouvernement.

Le dossier sera rouvert une fois les procédures enclenchées. En effet, selon les premiers renseignements, qui ont transpiré du Cabinet Meeting, le ministère de l'Infrastructure publique devra lancer très bientôt des Expressions of Interest pour le projet de Ring Road et de Dream Bridge. Les firmes, qui décrocheront les contrats de construction, notamment pour le forage de tunnels sur le tracé de la route périphérique, pourront revendre les roches en provenance des excavations. Le gouvernement pense que cette formule devra permettre de faire des économies sur le coût du projet.

Entre-temps, pour ne pas causer de délais à la réalisation du projet de DecoCity dans la région de Pailles, le conseil des ministres a entériné la décision pour la construction d'une voie d'accès à Guibies, du côté de l'autoroute de Pailles. Cette voie d'accès, qui sera longue de cinq kilomètres, sera intégrée au projet de Ring Road à Port-Louis. Le coût estimé de cette voie d'accès est de Rs 600 millions.


Consommation

Front des prix : aucune accalmie !

Pas de répit pour les consommateurs. Après la farine et le pain, plusieurs produits de première nécessité devraient faire l'objet d'une nouvelle augmentation de prix dans les jours à venir. Certaines marques de lait traverseront dès cette semaine la barre des Rs 200, le sachet de 5kg de riz basmati enregistrera une hausse de plus de Rs 50 et l'huile comestible devrait atteindre le seuil de Rs 60 le litre. Cette tendance, caractérisée par un renchérissement significatif des produits de grande consommation, devrait s'accentuer avec les turbulences au niveau international, rendant la facture alimentaire, déjà insoutenable, encore plus lourde.

Depuis le début de cette semaine, les ménages ont vu leur budget pain/farine augmenter par pas mois de Rs 200 mensuellement. Cela ne tient pas en compte les répercussions que la hausse de la farine (+23%) sur les autres produits dérivés, allant du "mine Apollo" aux dholl puris en passant par les biscuits locaux ou les petits gâteaux de la pâtisserie ou du marchand du coin. Une famille de 4 personnes devra en effet compter avec un budget d'au moins Rs 700 pour s'approvisionner en pain tous les mois. Ce qui devrait facilement rapprocher son panier ration, constitué par l'Institut pour la protection des consommateurs (ICP), à un niveau insoupçonné il y a deux ans, où le panier ration coûtait autour Rs 2 300.

D'après les estimations de l'ICP à fin décembre de l'année dernière, l'approvisionnement mensuel d'une famille type de quatre personnes tournait autour des Rs 3 800. Dans son étude réalisée en juin de l'année dernière, la Federation of Progressive Unions (FPU) avait établi que les charges additionnelles d'une famille avaient augmenté par plus de Rs 800 en moins d'une année. Ces chiffres avaient été corroborés avec l'augmentation de prix des produits tels que le lait, le riz, le fromage, le corned beef, les céréales, le beurre, l'huile de table ou encore le gaz ménager et la facture d'électricité.

Ainsi, tout porte à croire que le secteur de la consommation, secouée par une cascade d'augmentations au cours de ces deux dernières années, est loin de connaître un moment de répit. Si répit, il y a eu, il n'aura duré que pendant quatre à six semaines, notamment pendant la période festive, où les prix en général sont restés stables, les commerçants faisant la part belle aux promotions. En même temps, au niveau international, les pays producteurs et surtout les économies émergentes se préparaient à affronter une nouvelle année "difficile", dictée par les spéculations, l'augmentation de la demande internationale et une baisse dans la récolte agricole, s'orientant de plus en plus vers la production des biocarburants.

Cette tendance s'est précisée avec une augmentation systématique de certains produits de première nécessité, dont le lait, le riz et l'huile comestible. Le lait, qui avait enregistré une augmentation globale de 70% entre janvier et novembre de l'année dernière, devrait facilement atteindre les 100% avant la fin de ce premier trimestre. Le ministère du Commerce, apprenons-nous, a communiqué aux importateurs la nouvelle liste de prix. Selon les premières indications, les marques consommées en grande quantité traverseront dès cette semaine la barre de Rs 200. Un kilo de lait en poudre devrait coûter entre Rs 200 et Rs 220. Cela s'applique pour les marques telles que Red Cow ou Anchor qui sont, d'ailleurs, introuvables sur les rayons des supermarchés depuis déjà une semaine. Le prix d'un kilo de Farmland ou de Green Medow devrait varier entre Rs 190 et Rs 200.

Dans cette spirale de la hausse en ce début d'année, le riz et l'huile de table ne seront également pas épargnés. Les principaux fournisseurs, l'Inde et Pakistan, ont déjà affiché les nouveaux prix : une augmentation variant entre 20% et 25%. Le riz basmati, dont un sachet de 2,5 kg coûte en moyenne Rs 113, devrait facilement frôler la barre des Rs 140. Pour les logements de 5kg, les importateurs indiquent que la hausse tournera autour d'un peu plus de Rs 50. "Les mêmes produits que nous achetions à US $ 900 coûtent actuellement $ 1 300. De plus, il n'est désormais plus possible de placer des commandes pour une période de trois à six mois à un prix déterminé. Aujourd'hui, comme c'est le cas pour le lait, les fournisseurs ont adopté un système de day-to-day booking", indique un des importateurs.

La même situation prévaut dans la production de l'huile de table. Les prix des matières premières continuent à grimper. L'huile comestible a enregistré une augmentation de près de 70% en une année. Selon les dernières indications, une nouvelle augmentation n'est pas à écarter dans les jours à venir, un litre d'huile "Soleil" pouvant même atteindre les Rs 60. Dans la même foulée, le prix du poulet et celui de la viande bovine devraient également être révisés à la hausse parce que les matières premières coûtent deux fois plus cher.

Les spécialistes sont catégoriques, "les produits alimentaires vont continuer de grimper". La raison ? Le prix du blé a dépassé fin 2007 les US $ 400 la tonne. Le prix du riz, qui nourrit la moitié de la planète, a atteint son plus haut niveau depuis vingt ans. Les agriculteurs ont tendance à lâcher le blé ou le soja pour le maïs, à partir duquel est produit l'éthanol. Parallèlement, les économies émergentes et gros producteurs agricoles, telles que l'Inde, la Chine, le Pakistan ou encore l'Argentine, ont augmenté leur taxe à l'exportation ou alors ont interdit l'exportation de certains produits. Le dernier exemple est la décision prise à Pekin d'augmenter la taxe à l'exportation de 5% à 25% pour le riz et le soja. Pour sa part, l'Argentine vient de suspendre ses exportations de blé jusqu'à nouvel ordre, alors que la mauvaise récolte 2007 de l'Australie pour cause de sécheresse avait déjà largement réduit l'offre. L'Inde a tout simplement freiné ses exportations. Ce qui a ouvert la porte à d'intenses spéculations sur le marché.

L'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a d'ailleurs averti dans un rapport publié récemment en collaboration avec l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) quant aux conséquences désastreuses de la flambée des prix des céréales sur le marché mondial des autres produits agricoles. Selon les "perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2007-2016", des facteurs transitoires tels que les épisodes de sécheresse sévissant dans les régions productrices de blé où le faible niveau des stocks expliquent dans une large mesure les récentes augmentations des prix agricoles. À long terme, elle prévoit des changements structurels qui, au cours des 10 prochaines années, pourraient bien se traduire par le maintien des prix relativement élevés pour nombre de produits.

En réaction à l'envolée des prix des produits de première nécessité, certains pays, dont les petites économies ou celles en développement, ont déjà opté pour la création d'un fonds spécial pour la subvention des prix, principalement pour ceux se trouvant au bas de l'échelle. Et la majorité des analystes se rejoignent sur un point : la hausse des prix de l'énergie pousse la demande de biocarburants, qui, à son tour, fait grimper les prix alimentaires. Et certains disent même que ce n'est que le début…


Hausse des prix de la farine et du pain

Un Front du Refus réclame une Commission d'enquête

Un Front du Refus des Augmentations de Prix qui regroupe, notamment, les deux associations de consommateurs - l'ACIM et l'ICP - ainsi que des syndicats réclame l'institution d'une Commission d'enquête pour établir la justesse des récentes augmentations des prix de la farine et du pain vu, en substance, du "manque de transparence" qui entoure ces hausses. Le front envisage, parallèlement, de contester en Cour ces augmentations.

Jayen Chellum (ACIM) s'interroge : la loi régissant la STC permet-elle à cette corporation d'investir dans une compagnie privée ? Autre interrogation : Au nom de l'éthique, est-il souhaitable que le trésorier d'un parti au pouvoir fasse partie d'une compagnie qui va négocier l'approvisionnement du pays en farine ?

Le représentant de l'ACIM évoque ce qu'il estime être le "manque de transparence" au sujet de la hausse du prix de la farine. Alors que, dit-il, la STC parle de hausse de 72%, Les Moulins de la Concorde évoquent une augmentation de seulement 52%. De même, ajoute-t-il, le prix a, finalement, augmenté en dépit d'une assurance contraire du ministre. Autant de "flous" qui, pour M. Chellum, doivent être "éclaircis".

Il rappelle les conclusions de la Commission d'enquête sur la STC présidée par l'ancien Chef juge, Cassam Moolan en 1996 et qui, déclare Jayen Chellum, avait recommandé que des représentants des associations de consommateurs siègent sur le Conseil de la corporation. Chose qui, à ce jour, n'a jamais été traduite dans les faits.

En ce qui concerne la hausse du prix du pain, le représentant de l'ACIM rappelle que, lors de la dernière augmentation en 2006, le Management Audit Bureau (MAB) avait clairement souligné que l'on ne pouvait, comme depuis 20 ans, prendre que les données concernant le seul pain maison pour le calcul des prix de l'ensemble des "scheduled breads". Il se demande comment le gouvernement a, cette fois, justifié l'augmentation sans même recourir au MAB.

Classe moyenne inférieure : les nouveaux pauvres

"Nous connaissions déjà les nouveaux riches. Par sa politique, le gouvernement est, cette fois, en train de créer une nouvelle classe : les "nouveaux pauvres" ; soit les membres de la couche inférieure de la classe moyenne qui s'appauvrissent, de plus en plus, sous l'effet de la perte continue de leur pouvoir d'achat", déclare Jayen Chellum.

Mosadeq Sahebdin (ICP) explique, pour sa part, que son organisation est toujours dans l'attente d'éclaircissements concernant la farine devant être importée de Chine, notamment, si celle-ci est produite à partir du blé génétiquement modifié. Par rapport au pain, M. Sahebdin rappelle que lors de la dernière hausse, le MAB n'avait pas eu accès à tous les livres de compte des boulangeries.

Il juge "exagérés" les points mis en avant par les boulangers pour justifier une nouvelle hausse dont le quantum de la hausse du diesel ainsi que l'augmentation de l'électricité et de l'eau. Mosadeq Sahebdin rappelle, en outre, qu'alors que les boulangers avaient réclamé que le pain maison passe seulement à Rs 2.50, le gouvernement a consenti que le nouveau prix soit de Rs 2.65.

"À chaque augmentation des "scheduled breads", les pains "spéciaux" augmentent, pour leur part, de façon disproportionnée", dit-il. Pour lui, cette hausse du prix du pain aura un impact considérable sur le budget familial. Quant à celle de la farine, M. Sahebdin rappelle qu'elle a, déjà, occasionné une augmentation par Re 1.00 du prix des "dholl pouri".

Le représentant de l'ICP rappelle, en outre, que ces hausses sont encore supérieures à Rodrigues où la population est, davantage, affectée. Il s'interroge sur l'utilité de placer des commandes globales de 170, 000 tonnes de farine alors que, déclare M. Sahebdin, la demande locale n'est que de 97, 000 tonnes.

Vikram Bissoon (GSA) qui condamne, lui aussi, ce qu'il qualifie d'opacité autour de ces hausses de prix explique qu'avec le paiement d'une compensation salariale en dessous du taux de l'inflation l'an dernier, les salariés ressentent, de plein fouet, les nouvelles augmentations de prix. D'où l'utilité, selon lui, pour les travailleurs de se mobiliser pour y faire bloc.

Pour M. Bissoon, le gouvernement "démissionne de son rôle de régulateur"en ne s'assurant pas, par exemple, que l'appréciation de la roupie se répercute, positivement, sur les prix au détail. Toujours selon le représentant de la GSA, le malaise social actuel dans le pays est symptomatique de la montée de la misère.


Approvisionnement

Farine de Turquie : retard d'un mois dans la livraison

Les semaines se suivent et se ressemblent avec les problèmes s'amoncelant à la State Trading Corporation par rapport au dossier de l'approvisionnement de la farine. Une fois le dossier de la majoration massive du prix de la farine géré de manière administrative et politique, les problèmes relatifs à l'importation de la farine de Turquie surgissent avec des délais dans la livraison de la première cargaison, des coûts liés au stockage et du manque à gagner avec la fluctuation dans les taux de change. D'autre part, les informations, dont disposent Week-End, confirment que la STC a pris en ce début d'année des engagements pour l'approvisionnement de quelque 167 000 tonnes de farine alors que la consommation annuelle est estimée officiellement à 94 000 tonnes.

Pour justifier l'importation de quelque 20 000 tonnes de farine de manière non planifiée, la direction générale de la STC avait soutenu que cette initiative avait été prise pour éviter toute pénurie, qui se profilait sur le marché local pour le mois de janvier. Mais le hic est que la première livraison de cette commande de farine de Turquie n'est arrivée à Port-Louis qu'en fin de semaine dernière alors que la mise sur le marché de cette farine ne devra intervenir qu'après les analyses prévues au cours de la semaine prochaine.

Des sources bien informées affirment que lors des contacts établis à la fin de novembre de l'année dernière par la STC avec des potentiels fournisseurs à Maurice aussi bien qu'à l'étranger, la condition expresse était que la livraison de cette commande soit effective au plus tard le 26 décembre de l'année dernière. Or, le bateau transportant les 7 000 tonnes de farine de Turquie n'a accosté Maurice qu'au cours de la semaine écoulée. Un manquement dans les conditions du contrat, laisse-t-on entendre.

"Le bateau avec les premières 7 000 tonnes de farine de Turquie dans sa cale est arrivé à Maurice au cours de la semaine dernière. En raison des procédures de contrôle douanier et autres vérifications dans le port, le débarquement de la farine au grenier n'a pu démarrer que vendredi. La farine ne sera pas mise sur le marché tout de suite car une série de tests sont prévus au cours de la semaine prochaine ", a confirmé à Week-End un responsable de la STC dans une tentative d'apporter des explications à ce délai d'environ un mois dans la réception de cette commande de farine.

Une autre zone d'ombre dans cette commande en provenance de la Turquie demeure la quantité. Les spécialistes soulignent que la commande initiale portait sur

10 000 tonnes avec livraison au plus tard le 26 décembre dernier. "Or, nous constatons aujourd'hui de la bouche du directeur général que la commande de farine de Turquie est de 20 000 tonnes", s'interrogent-ils.

Des recoupements d'informations confirment qu'effectivement, le 27 novembre de l'année dernière, la STC avait approché Les Moulins de La Concorde Ltée pour l'importation de 10 000 tonnes de farine. Le libellé du message de la STC souligne que "pending finalization of the procurement exercise for wheat flour for 2008, STC intends to procure a part cargo of 10 000 MT of wheat flour". La STC avait imposé un délai de 24 heures à Les Moulins de La Concorde Ltée pour répondre à cette demande.

En raison de ce court délai et de la volatilité caractérisant le marché international du blé, la compagnie Les Moulins de La Concorde Ltée n'a pas été en mesure de répondre à cette demande de la STC. Un autre handicap demeure les Specifications of the Packing Material. Du côté de la STC, l'on refuse de confirmer si "the final cost to the STC may not be cheaper than Les Moulins de La Concorde and could even be more expensive taking into account storage costs and interests on stocks."

Un autre élément financier entrant dans les coûts d'importation de la farine demeure les fluctuations du taux de change. Le manque à gagner pour la STC sur une cargaison de 20 000 tonnes de farine est estimé à quelque Rs 55 millions. "La STC a déjà fourni lors d'un point de presse tous les renseignements nécessaires au sujet de l'importation de farine de Turquie", a répondu une source officielle à Week-End en guise de réponses à des questions sur ces problèmes.

Avec la Flour Saga, qui s'est amplifiée depuis le 14 novembre dernier, la STC se retrouve actuellement avec des engagements d'importations de quelque 167 000 de farine. De par les dispositions de l'accord signé le 8 janvier dernier, la STC est tenue d'importer 100 000 tonnes de farine de Jin Yuan Flour Co. Ltd. de la province du Henan en République populaire de Chine ; 47 000 tonnes de Les Moulins de La Concorde Ltée au terme d'une décision arrêtée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, le 17 décembre dernier et les 20 000 tonnes en provenance de la Turquie.

Ces 167 000 tonnes représentent la consommation de farine pour 21 mois, soit d'ici à septembre 2009. Avec les 7 000 tonnes de farine de la Turquie débarquées en fin de semaine, la STC n'a pas encore programmé la première cargaison de farine de la Jin Yuan Flour Co. Ltd. Cette information a été confirmée à Week-End par un officiel de la STC en fin de semaine. "La commande de la première cargaison de farine de la République populaire de Chine va prendre du temps", devait-il faire comprendre tout simplement.


Session de travail de l'AHRIM

Vers une vision commune pour la progression du secteur touristique

Malgré "la performance exceptionnelle", selon les autorités, enregistrée en 2007 avec une croissance de 15,1% des arrivées touristiques (906 971) pendant l'année précédente et des recettes de l'ordre de Rs 40,6 milliards, "2008 sera une année difficile". C'est pourquoi, il est important de "se concerter et de discuter ensemble des priorités de l'année dans le but d'avoir une vision commune afin d'optimiser l'impact de toute action sur les différents marchés". C'est ce qui ressort de l'atelier de travail de l'AHRIM, à l'hôtel Sofitel Imperial, jeudi dernier, sur la vision de la Destination Île Maurice en 2008. Une occasion pour les partenaires de partager les réflexions et les axes que doit prendre la destination pour pouvoir agir promptement face aux nouvelles tendances du marché et pour atteindre les objectifs fixés.

La situation économique dans certains principaux marchés de Maurice demande un monitoring constant et une consultation régulière entre les différents acteurs, estime le ministre du Tourisme, Xavier Duval. Certes, dit-il, nous avons connu, "un record exceptionnel d'arrivées", mais cette croissance ne s'est pas faite au détriment de l'image de marque de la destination. Et 2008 sera une année difficile, insiste le ministre, qui se dit conscient de la situation économique difficile que connaissent certains pays européens (notre principal marché), ainsi que la récession économique aux États-Unis. Toutefois, il faut maintenir, voire augmenter la croissance. Pour ce faire, les autorités souhaite que l'industrie parle d'une seule voix. Notamment à travers les messages qu'elle envoie à nos visiteurs. D'où l'importance d'une stratégie marketing consensuelle avec la collaboration des différents partenaires du secteurs, visant à transmettre un même message aux principaux marchés touristiques de Maurice. Outre cette synergie communicative, pour Xavier Duval, "the only way to ensure sustained development of a quality destination is to continually invest in the upgrading of the product". Il estime que la promotion de la destination mauricienne doit également se faire en mettant l'accent sur l'aspect environnemental, car les Européens sont des fanatiques de l'environnement. Le plan d'action 2008 inclut également la priorité Internet pour la promotion de Maurice. Un comité d'élite, qui sera probablement présidé par Joël de Rosnay, sera mis sur pied très prochainement pour dégager une stratégie à long terme. Pour le ministre du Tourisme "aujourd'hui, nous sommes à un point de notre histoire où nous n'avons plus d'excuses. Nous avons les chambres, la capacité aérienne et l'argent nécessaire. Nous avons tous les atouts en mains pour réussir".

La croissance en nombre de chambre devrait être, cette année, de l'ordre de 11,5 % , a assuré Arnaud Martin de l'AHRIM et Directeur Commercial de Sun Resorts. Selon lui, il y aura suffisamment de lits dans l'île Maurice en 2008 pour accommoder les touristes additionnels, avançant que la croissance idéale pour la destination Île Maurice en 2008 est de l'ordre de 10,4 %, soit 90 000 touristes de plus que l'année dernière. Et cette donne est réalisable si les acteurs du secteur appliquent une communication concertée, affirme-t-il, se referrant aux pays identifiés selon leur potentiel pour atteindre ce chiffre, notamment la France, la Grande- Bretagne, l'Allemagne, l'Afrique du Sud, la Russie, l'Espagne, la Suisse, l'Inde, les pays nordiques, la Réunion, l'Australie et le Moyen-Orient. Pour asseoir l'image de Maurice sur ces destinations, la MTPA projette, elle, une présence en quasi-permanence de notre île dans les différents médias, entre janvier et juin 2008, soit avec 30 heures de présence télé, la présence dans l'île d'une douzaine équipes télé, des Family Trips, ainsi que la présence d'une cinquantaine de journalistes étrangers à Maurice. De son côté, le Managing Director d'Air Mauritius, Manoj Ujodh, a indiqué la volonté de la compagnie aérienne de jouer pleinement son rôle de partenaire et de privilégier la destination mauricienne. Pour ce faire, Air Mauritius, qui fêtera cette année ses 40 ans au service de la Destination Île Maurice, entend assurer le nombre de sièges nécessaires et opérera cette année une nouvelle liaison avec l'Espagne et Bangalore tout en augmentant la fréquence de ses vols sur Cape Town et Perth. L'arrivée, cette année, de quelques grandes marques internationales, contribuera également, selon les intervenants, à consolider l'image de marque de l'île Maurice.

"Publicité agressive de la presse autour des délits contre les touristes"

Pour les intervenants, la sécurité des touristes est d'importance capitale pour l'image du pays. Néanmoins, selon le ministre, "il y a une certaine publicité agressive de certaines presses autour des délits contre les touristes". Pour les opérateurs de l'industrie, il faut relativiser les faits, car les chiffres parlent d'eux-mêmes. "Maurice est une des destinations touristiques les plus sûres au monde", a affirmé Xavier Duval, confiant néanmoins que certaines mesures doivent être enclenchées afin de ne pas entraver l'image de pays et assurer un maximum de sécurité. Dans cette optique, le ministre a annoncé des restrictions strictes qui seront imposées sur les permis des pleasure crafts aussi bien pour les usages commerciaux que privés. Toujours dans cet esprit de zéro tolérance, zéro délits, Xavier Duval a annoncé le renforcement de la Police du Tourisme, de l'introduction des nouveaux règlements pour les campements et les appartements en bord de mer, notamment l'installation obligatoire de système d'alarme, de coffre. Les grands hôtels devraient être, par ailleurs, obligatoirement équipés de surveillance vidéo 24 heures sur 24. Les nouveaux établissements devront être dotés d'un système d'accès électronique afin de contrôler l'accès aux chambres. Le ministre a également annoncé avoir obtenu un budget de l'ordre de Rs 30 M à Rs 40 M du ministère des Finances, budget qui sera utilisé pour l'installation d'un système de surveillance vidéo à Flic-en-Flac.


Proposition syndicale face à la hausse des prix

Créer un fonds de subvention pour les produits de base

Estimant que le gouvernement devrait adopter une approche plus pragmatique face à la hausse des prix des produits de première nécessité, le Fron Travayer Seketer Prive (FTSP) propose qu'un fonds de subvention, portant l'appellation de "stabilising fund" soit créé pour épargner d'une part les consommateurs de réduire les effets inflationnistes sur l'économie du pays. Ce fond pourrait être alimenté, selon le syndicat, à travers l'introduction d'une "carbon tax", les recettes additionnelles perçues à partir de la Taxe à Valeur Ajoutée (TVA) suite à la dernière hausse du prix du ciment et l'imposition d'une taxe sociale de 25% sur les produits et services de luxe.

"Il existe deux écoles de pensée concernant les récentes hausses de prix. Certains pensent qu'il faudrait convoquer les tripartites. Au niveau de la FTSP, nous pensons qu'il existe un danger en convoquant les tripartites, car une compensation salariale aura un effet inflationniste qui sera exacerbé par la politique de libéralisation de Rama Sithanen. Nous pensons que la création d'un "stabilising fund" permettrait de stabiliser les prix des denrées de base", explique Reeaz Chuttoo, porte-parole de la FTSP.

La FTSP, qui a formulé des recommandations dans ce sens au gouvernement, indique que le gouvernement perçoit Rs 4,50 additionnelles en matière de TVA sur chaque pochette de ciment depuis la dernière augmentation de prix. En taxant les pollueurs, les recettes, ajoute Reeaz Chuttoo, pourraient être versées dans ce fonds, aussi bien que celle générées par une hausse de la TVA à 25% pour les services de luxe. "Par exemple, Maurice est la destination la plus chère au monde. Elle vise le haut de gamme. Ces services pourraient être taxés pour alimenter le "stabilising fund". Maintenant que nous avons indiqué où le gouvernement peut générer des fonds, c'est à lui de prendre ses responsabilités", soutient le syndicaliste.



é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 27 janvier 2008