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Consommation
Front des prix : aucune accalmie !
Pas de répit pour les consommateurs. Après la farine
et le pain, plusieurs produits de première nécessité
devraient faire l'objet d'une nouvelle augmentation de prix dans
les jours à venir. Certaines marques de lait traverseront
dès cette semaine la barre des Rs 200, le sachet de 5kg
de riz basmati enregistrera une hausse de plus de Rs 50 et l'huile
comestible devrait atteindre le seuil de Rs 60 le litre. Cette
tendance, caractérisée par un renchérissement
significatif des produits de grande consommation, devrait s'accentuer
avec les turbulences au niveau international, rendant la facture
alimentaire, déjà insoutenable, encore plus lourde.
Depuis le début de cette semaine, les ménages ont
vu leur budget pain/farine augmenter par pas mois de Rs 200 mensuellement.
Cela ne tient pas en compte les répercussions que la hausse
de la farine (+23%) sur les autres produits dérivés,
allant du "mine Apollo" aux dholl puris en passant par
les biscuits locaux ou les petits gâteaux de la pâtisserie
ou du marchand du coin. Une famille de 4 personnes devra en effet
compter avec un budget d'au moins Rs 700 pour s'approvisionner
en pain tous les mois. Ce qui devrait facilement rapprocher son
panier ration, constitué par l'Institut pour la protection
des consommateurs (ICP), à un niveau insoupçonné
il y a deux ans, où le panier ration coûtait autour
Rs 2 300.
D'après les estimations de l'ICP à fin décembre
de l'année dernière, l'approvisionnement mensuel
d'une famille type de quatre personnes tournait autour des Rs
3 800. Dans son étude réalisée en juin de
l'année dernière, la Federation of Progressive Unions
(FPU) avait établi que les charges additionnelles d'une
famille avaient augmenté par plus de Rs 800 en moins d'une
année. Ces chiffres avaient été corroborés
avec l'augmentation de prix des produits tels que le lait, le
riz, le fromage, le corned beef, les céréales, le
beurre, l'huile de table ou encore le gaz ménager et la
facture d'électricité.
Ainsi, tout porte à croire que le secteur de la consommation,
secouée par une cascade d'augmentations au cours de ces
deux dernières années, est loin de connaître
un moment de répit. Si répit, il y a eu, il n'aura
duré que pendant quatre à six semaines, notamment
pendant la période festive, où les prix en général
sont restés stables, les commerçants faisant la
part belle aux promotions. En même temps, au niveau international,
les pays producteurs et surtout les économies émergentes
se préparaient à affronter une nouvelle année
"difficile", dictée par les spéculations,
l'augmentation de la demande internationale et une baisse dans
la récolte agricole, s'orientant de plus en plus vers la
production des biocarburants.
Cette tendance s'est précisée avec une augmentation
systématique de certains produits de première nécessité,
dont le lait, le riz et l'huile comestible. Le lait, qui avait
enregistré une augmentation globale de 70% entre janvier
et novembre de l'année dernière, devrait facilement
atteindre les 100% avant la fin de ce premier trimestre. Le ministère
du Commerce, apprenons-nous, a communiqué aux importateurs
la nouvelle liste de prix. Selon les premières indications,
les marques consommées en grande quantité traverseront
dès cette semaine la barre de Rs 200. Un kilo de lait en
poudre devrait coûter entre Rs 200 et Rs 220. Cela s'applique
pour les marques telles que Red Cow ou Anchor qui sont, d'ailleurs,
introuvables sur les rayons des supermarchés depuis déjà
une semaine. Le prix d'un kilo de Farmland ou de Green Medow devrait
varier entre Rs 190 et Rs 200.
Dans cette spirale de la hausse en ce début d'année,
le riz et l'huile de table ne seront également pas épargnés.
Les principaux fournisseurs, l'Inde et Pakistan, ont déjà
affiché les nouveaux prix : une augmentation variant entre
20% et 25%. Le riz basmati, dont un sachet de 2,5 kg coûte
en moyenne Rs 113, devrait facilement frôler la barre des
Rs 140. Pour les logements de 5kg, les importateurs indiquent
que la hausse tournera autour d'un peu plus de Rs 50. "Les
mêmes produits que nous achetions à US $ 900 coûtent
actuellement $ 1 300. De plus, il n'est désormais plus
possible de placer des commandes pour une période de trois
à six mois à un prix déterminé. Aujourd'hui,
comme c'est le cas pour le lait, les fournisseurs ont adopté
un système de day-to-day booking", indique
un des importateurs.
La même situation prévaut dans la production de l'huile
de table. Les prix des matières premières continuent
à grimper. L'huile comestible a enregistré une augmentation
de près de 70% en une année. Selon les dernières
indications, une nouvelle augmentation n'est pas à écarter
dans les jours à venir, un litre d'huile "Soleil"
pouvant même atteindre les Rs 60. Dans la même foulée,
le prix du poulet et celui de la viande bovine devraient également
être révisés à la hausse parce que
les matières premières coûtent deux fois plus
cher.
Les spécialistes sont catégoriques, "les
produits alimentaires vont continuer de grimper". La
raison ? Le prix du blé a dépassé fin 2007
les US $ 400 la tonne. Le prix du riz, qui nourrit la moitié
de la planète, a atteint son plus haut niveau depuis vingt
ans. Les agriculteurs ont tendance à lâcher le blé
ou le soja pour le maïs, à partir duquel est produit
l'éthanol. Parallèlement, les économies émergentes
et gros producteurs agricoles, telles que l'Inde, la Chine, le
Pakistan ou encore l'Argentine, ont augmenté leur taxe
à l'exportation ou alors ont interdit l'exportation de
certains produits. Le dernier exemple est la décision prise
à Pekin d'augmenter la taxe à l'exportation de 5%
à 25% pour le riz et le soja. Pour sa part, l'Argentine
vient de suspendre ses exportations de blé jusqu'à
nouvel ordre, alors que la mauvaise récolte 2007 de l'Australie
pour cause de sécheresse avait déjà largement
réduit l'offre. L'Inde a tout simplement freiné
ses exportations. Ce qui a ouvert la porte à d'intenses
spéculations sur le marché.
L'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
a d'ailleurs averti dans un rapport publié récemment
en collaboration avec l'Organisation de coopération et
de développement économique (OCDE) quant aux conséquences
désastreuses de la flambée des prix des céréales
sur le marché mondial des autres produits agricoles. Selon
les "perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2007-2016",
des facteurs transitoires tels que les épisodes de sécheresse
sévissant dans les régions productrices de blé
où le faible niveau des stocks expliquent dans une large
mesure les récentes augmentations des prix agricoles. À
long terme, elle prévoit des changements structurels qui,
au cours des 10 prochaines années, pourraient bien se traduire
par le maintien des prix relativement élevés pour
nombre de produits.
En réaction à l'envolée des prix des produits
de première nécessité, certains pays, dont
les petites économies ou celles en développement,
ont déjà opté pour la création d'un
fonds spécial pour la subvention des prix, principalement
pour ceux se trouvant au bas de l'échelle. Et la majorité
des analystes se rejoignent sur un point : la hausse des
prix de l'énergie pousse la demande de biocarburants, qui,
à son tour, fait grimper les prix alimentaires. Et certains
disent même que ce n'est que le début
Hausse des prix de la farine et du pain
Un Front du Refus réclame une Commission d'enquête
Un Front du Refus des Augmentations de Prix qui regroupe, notamment,
les deux associations de consommateurs - l'ACIM et l'ICP - ainsi
que des syndicats réclame l'institution d'une Commission
d'enquête pour établir la justesse des récentes
augmentations des prix de la farine et du pain vu, en substance,
du "manque de transparence" qui entoure ces hausses.
Le front envisage, parallèlement, de contester en Cour
ces augmentations.
Jayen Chellum (ACIM) s'interroge : la loi régissant la
STC permet-elle à cette corporation d'investir dans une
compagnie privée ? Autre interrogation : Au nom de l'éthique,
est-il souhaitable que le trésorier d'un parti au pouvoir
fasse partie d'une compagnie qui va négocier l'approvisionnement
du pays en farine ?
Le représentant de l'ACIM évoque ce qu'il estime
être le "manque de transparence" au sujet de la
hausse du prix de la farine. Alors que, dit-il, la STC parle de
hausse de 72%, Les Moulins de la Concorde évoquent une
augmentation de seulement 52%. De même, ajoute-t-il, le
prix a, finalement, augmenté en dépit d'une assurance
contraire du ministre. Autant de "flous" qui, pour M.
Chellum, doivent être "éclaircis".
Il rappelle les conclusions de la Commission d'enquête sur
la STC présidée par l'ancien Chef juge, Cassam Moolan
en 1996 et qui, déclare Jayen Chellum, avait recommandé
que des représentants des associations de consommateurs
siègent sur le Conseil de la corporation. Chose qui, à
ce jour, n'a jamais été traduite dans les faits.
En ce qui concerne la hausse du prix du pain, le représentant
de l'ACIM rappelle que, lors de la dernière augmentation
en 2006, le Management Audit Bureau (MAB) avait clairement souligné
que l'on ne pouvait, comme depuis 20 ans, prendre que les données
concernant le seul pain maison pour le calcul des prix de l'ensemble
des "scheduled breads". Il se demande comment
le gouvernement a, cette fois, justifié l'augmentation
sans même recourir au MAB.
Classe moyenne inférieure : les nouveaux pauvres
"Nous connaissions déjà les nouveaux riches.
Par sa politique, le gouvernement est, cette fois, en train de
créer une nouvelle classe : les "nouveaux pauvres"
; soit les membres de la couche inférieure de la classe
moyenne qui s'appauvrissent, de plus en plus, sous l'effet de
la perte continue de leur pouvoir d'achat", déclare
Jayen Chellum.
Mosadeq Sahebdin (ICP) explique, pour sa part, que son organisation
est toujours dans l'attente d'éclaircissements concernant
la farine devant être importée de Chine, notamment,
si celle-ci est produite à partir du blé génétiquement
modifié. Par rapport au pain, M. Sahebdin rappelle que
lors de la dernière hausse, le MAB n'avait pas eu accès
à tous les livres de compte des boulangeries.
Il juge "exagérés" les points mis en avant
par les boulangers pour justifier une nouvelle hausse dont le
quantum de la hausse du diesel ainsi que l'augmentation de l'électricité
et de l'eau. Mosadeq Sahebdin rappelle, en outre, qu'alors que
les boulangers avaient réclamé que le pain maison
passe seulement à Rs 2.50, le gouvernement a consenti que
le nouveau prix soit de Rs 2.65.
"À chaque augmentation des "scheduled breads",
les pains "spéciaux" augmentent, pour leur part,
de façon disproportionnée", dit-il. Pour
lui, cette hausse du prix du pain aura un impact considérable
sur le budget familial. Quant à celle de la farine, M.
Sahebdin rappelle qu'elle a, déjà, occasionné
une augmentation par Re 1.00 du prix des "dholl pouri".
Le représentant de l'ICP rappelle, en outre, que ces hausses
sont encore supérieures à Rodrigues où la
population est, davantage, affectée. Il s'interroge sur
l'utilité de placer des commandes globales de 170, 000
tonnes de farine alors que, déclare M. Sahebdin, la demande
locale n'est que de 97, 000 tonnes.
Vikram Bissoon (GSA) qui condamne, lui aussi, ce qu'il qualifie
d'opacité autour de ces hausses de prix explique qu'avec
le paiement d'une compensation salariale en dessous du taux de
l'inflation l'an dernier, les salariés ressentent, de plein
fouet, les nouvelles augmentations de prix. D'où l'utilité,
selon lui, pour les travailleurs de se mobiliser pour y faire
bloc.
Pour M. Bissoon, le gouvernement "démissionne de
son rôle de régulateur"en ne s'assurant
pas, par exemple, que l'appréciation de la roupie se répercute,
positivement, sur les prix au détail. Toujours selon le
représentant de la GSA, le malaise social actuel dans le
pays est symptomatique de la montée de la misère.
Approvisionnement
Farine de Turquie : retard d'un mois dans la livraison
Les semaines se suivent et se ressemblent avec les problèmes
s'amoncelant à la State Trading Corporation par
rapport au dossier de l'approvisionnement de la farine.
Une fois le dossier de la majoration massive du prix de la farine
géré de manière administrative et politique,
les problèmes relatifs à l'importation de la farine
de Turquie surgissent avec des délais dans la livraison
de la première cargaison, des coûts liés au
stockage et du manque à gagner avec la fluctuation dans
les taux de change. D'autre part, les informations, dont disposent
Week-End, confirment que la STC a pris en ce début
d'année des engagements pour l'approvisionnement de quelque
167 000 tonnes de farine alors que la consommation annuelle est
estimée officiellement à 94 000 tonnes.
Pour justifier l'importation de quelque 20 000 tonnes de farine
de manière non planifiée, la direction générale
de la STC avait soutenu que cette initiative avait été
prise pour éviter toute pénurie, qui se profilait
sur le marché local pour le mois de janvier. Mais le hic
est que la première livraison de cette commande de farine
de Turquie n'est arrivée à Port-Louis qu'en fin
de semaine dernière alors que la mise sur le marché
de cette farine ne devra intervenir qu'après les analyses
prévues au cours de la semaine prochaine.
Des sources bien informées affirment que lors des contacts
établis à la fin de novembre de l'année dernière
par la STC avec des potentiels fournisseurs à Maurice aussi
bien qu'à l'étranger, la condition expresse était
que la livraison de cette commande soit effective au plus tard
le 26 décembre de l'année dernière. Or, le
bateau transportant les 7 000 tonnes de farine de Turquie n'a
accosté Maurice qu'au cours de la semaine écoulée.
Un manquement dans les conditions du contrat, laisse-t-on entendre.
"Le bateau avec les premières 7 000 tonnes de farine
de Turquie dans sa cale est arrivé à Maurice au
cours de la semaine dernière. En raison des procédures
de contrôle douanier et autres vérifications dans
le port, le débarquement de la farine au grenier n'a pu
démarrer que vendredi. La farine ne sera pas mise sur le
marché tout de suite car une série de tests sont
prévus au cours de la semaine prochaine ", a confirmé
à Week-End un responsable de la STC dans une tentative
d'apporter des explications à ce délai d'environ
un mois dans la réception de cette commande de farine.
Une autre zone d'ombre dans cette commande en provenance de la
Turquie demeure la quantité. Les spécialistes soulignent
que la commande initiale portait sur
10 000 tonnes avec livraison au plus tard le 26 décembre
dernier. "Or, nous constatons aujourd'hui de la bouche
du directeur général que la commande de farine de
Turquie est de 20 000 tonnes", s'interrogent-ils.
Des recoupements d'informations confirment qu'effectivement, le
27 novembre de l'année dernière, la STC avait approché
Les Moulins de La Concorde Ltée pour l'importation de 10
000 tonnes de farine. Le libellé du message de la STC souligne
que "pending finalization of the procurement exercise
for wheat flour for 2008, STC intends to procure a part cargo
of 10 000 MT of wheat flour". La STC avait imposé
un délai de 24 heures à Les Moulins de La Concorde
Ltée pour répondre à cette demande.
En raison de ce court délai et de la volatilité
caractérisant le marché international du blé,
la compagnie Les Moulins de La Concorde Ltée n'a pas été
en mesure de répondre à cette demande de la STC.
Un autre handicap demeure les Specifications of the Packing
Material. Du côté de la STC, l'on refuse de confirmer
si "the final cost to the STC may not be cheaper than
Les Moulins de La Concorde and could even be more expensive taking
into account storage costs and interests on stocks."
Un autre élément financier entrant dans les coûts
d'importation de la farine demeure les fluctuations du taux de
change. Le manque à gagner pour la STC sur une cargaison
de 20 000 tonnes de farine est estimé à quelque
Rs 55 millions. "La STC a déjà fourni lors
d'un point de presse tous les renseignements nécessaires
au sujet de l'importation de farine de Turquie", a répondu
une source officielle à Week-End en guise de réponses
à des questions sur ces problèmes.
Avec la Flour Saga, qui s'est amplifiée depuis le
14 novembre dernier, la STC se retrouve actuellement avec des
engagements d'importations de quelque 167 000 de farine. De par
les dispositions de l'accord signé le 8 janvier dernier,
la STC est tenue d'importer 100 000 tonnes de farine de Jin Yuan
Flour Co. Ltd. de la province du Henan en République
populaire de Chine ; 47 000 tonnes de Les Moulins de La Concorde
Ltée au terme d'une décision arrêtée
par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, le 17 décembre
dernier et les 20 000 tonnes en provenance de la Turquie.
Ces 167 000 tonnes représentent la consommation de farine
pour 21 mois, soit d'ici à septembre 2009. Avec les 7 000
tonnes de farine de la Turquie débarquées en fin
de semaine, la STC n'a pas encore programmé la première
cargaison de farine de la Jin Yuan Flour Co. Ltd. Cette
information a été confirmée à Week-End
par un officiel de la STC en fin de semaine. "La commande
de la première cargaison de farine de la République
populaire de Chine va prendre du temps", devait-il faire
comprendre tout simplement.
Session de travail de l'AHRIM
Vers une vision commune pour la progression du secteur touristique
Malgré "la performance exceptionnelle",
selon les autorités, enregistrée en 2007 avec une
croissance de 15,1% des arrivées touristiques (906 971)
pendant l'année précédente et des recettes
de l'ordre de Rs 40,6 milliards, "2008 sera une année
difficile". C'est pourquoi, il est important de "se
concerter et de discuter ensemble des priorités de l'année
dans le but d'avoir une vision commune afin d'optimiser l'impact
de toute action sur les différents marchés".
C'est ce qui ressort de l'atelier de travail de l'AHRIM, à
l'hôtel Sofitel Imperial, jeudi dernier, sur la vision de
la Destination Île Maurice en 2008. Une occasion pour les
partenaires de partager les réflexions et les axes que
doit prendre la destination pour pouvoir agir promptement face
aux nouvelles tendances du marché et pour atteindre les
objectifs fixés.
La situation économique dans certains principaux marchés
de Maurice demande un monitoring constant et une consultation
régulière entre les différents acteurs, estime
le ministre du Tourisme, Xavier Duval. Certes, dit-il, nous avons
connu, "un record exceptionnel d'arrivées",
mais cette croissance ne s'est pas faite au détriment de
l'image de marque de la destination. Et 2008 sera une année
difficile, insiste le ministre, qui se dit conscient de la situation
économique difficile que connaissent certains pays européens
(notre principal marché), ainsi que la récession
économique aux États-Unis. Toutefois, il faut maintenir,
voire augmenter la croissance. Pour ce faire, les autorités
souhaite que l'industrie parle d'une seule voix. Notamment à
travers les messages qu'elle envoie à nos visiteurs. D'où
l'importance d'une stratégie marketing consensuelle avec
la collaboration des différents partenaires du secteurs,
visant à transmettre un même message aux principaux
marchés touristiques de Maurice. Outre cette synergie communicative,
pour Xavier Duval, "the only way to ensure sustained development
of a quality destination is to continually invest in the upgrading
of the product". Il estime que la promotion de la destination
mauricienne doit également se faire en mettant l'accent
sur l'aspect environnemental, car les Européens sont des
fanatiques de l'environnement. Le plan d'action 2008 inclut également
la priorité Internet pour la promotion de Maurice. Un comité
d'élite, qui sera probablement présidé par
Joël de Rosnay, sera mis sur pied très prochainement
pour dégager une stratégie à long terme.
Pour le ministre du Tourisme "aujourd'hui, nous sommes
à un point de notre histoire où nous n'avons plus
d'excuses. Nous avons les chambres, la capacité aérienne
et l'argent nécessaire. Nous avons tous les atouts en mains
pour réussir".
La croissance en nombre de chambre devrait être, cette année,
de l'ordre de 11,5 % , a assuré Arnaud Martin de l'AHRIM
et Directeur Commercial de Sun Resorts. Selon lui, il y aura suffisamment
de lits dans l'île Maurice en 2008 pour accommoder les touristes
additionnels, avançant que la croissance idéale
pour la destination Île Maurice en 2008 est de l'ordre de
10,4 %, soit 90 000 touristes de plus que l'année dernière.
Et cette donne est réalisable si les acteurs du secteur
appliquent une communication concertée, affirme-t-il, se
referrant aux pays identifiés selon leur potentiel pour
atteindre ce chiffre, notamment la France, la Grande- Bretagne,
l'Allemagne, l'Afrique du Sud, la Russie, l'Espagne, la Suisse,
l'Inde, les pays nordiques, la Réunion, l'Australie et
le Moyen-Orient. Pour asseoir l'image de Maurice sur ces destinations,
la MTPA projette, elle, une présence en quasi-permanence
de notre île dans les différents médias, entre
janvier et juin 2008, soit avec 30 heures de présence télé,
la présence dans l'île d'une douzaine équipes
télé, des Family Trips, ainsi que la présence
d'une cinquantaine de journalistes étrangers à Maurice.
De son côté, le Managing Director d'Air Mauritius,
Manoj Ujodh, a indiqué la volonté de la compagnie
aérienne de jouer pleinement son rôle de partenaire
et de privilégier la destination mauricienne. Pour ce faire,
Air Mauritius, qui fêtera cette année ses 40 ans
au service de la Destination Île Maurice, entend assurer
le nombre de sièges nécessaires et opérera
cette année une nouvelle liaison avec l'Espagne et Bangalore
tout en augmentant la fréquence de ses vols sur Cape Town
et Perth. L'arrivée, cette année, de quelques grandes
marques internationales, contribuera également, selon les
intervenants, à consolider l'image de marque de l'île
Maurice.
"Publicité agressive de la presse autour des délits
contre les touristes"
Pour les intervenants, la sécurité des touristes
est d'importance capitale pour l'image du pays. Néanmoins,
selon le ministre, "il y a une certaine publicité
agressive de certaines presses autour des délits contre
les touristes". Pour les opérateurs de l'industrie,
il faut relativiser les faits, car les chiffres parlent d'eux-mêmes.
"Maurice est une des destinations touristiques les plus
sûres au monde", a affirmé Xavier Duval,
confiant néanmoins que certaines mesures doivent être
enclenchées afin de ne pas entraver l'image de pays et
assurer un maximum de sécurité. Dans cette optique,
le ministre a annoncé des restrictions strictes qui seront
imposées sur les permis des pleasure crafts aussi
bien pour les usages commerciaux que privés. Toujours dans
cet esprit de zéro tolérance, zéro délits,
Xavier Duval a annoncé le renforcement de la Police du
Tourisme, de l'introduction des nouveaux règlements pour
les campements et les appartements en bord de mer, notamment l'installation
obligatoire de système d'alarme, de coffre. Les grands
hôtels devraient être, par ailleurs, obligatoirement
équipés de surveillance vidéo 24 heures sur
24. Les nouveaux établissements devront être dotés
d'un système d'accès électronique afin de
contrôler l'accès aux chambres. Le ministre a également
annoncé avoir obtenu un budget de l'ordre de Rs 30 M à
Rs 40 M du ministère des Finances, budget qui sera utilisé
pour l'installation d'un système de surveillance vidéo
à Flic-en-Flac.
Proposition syndicale face à la hausse des prix
Créer un fonds de subvention pour les produits de base
Estimant que le gouvernement devrait adopter une approche plus
pragmatique face à la hausse des prix des produits de première
nécessité, le Fron Travayer Seketer Prive (FTSP)
propose qu'un fonds de subvention, portant l'appellation de "stabilising
fund" soit créé pour épargner d'une
part les consommateurs de réduire les effets inflationnistes
sur l'économie du pays. Ce fond pourrait être alimenté,
selon le syndicat, à travers l'introduction d'une "carbon
tax", les recettes additionnelles perçues à
partir de la Taxe à Valeur Ajoutée (TVA) suite à
la dernière hausse du prix du ciment et l'imposition d'une
taxe sociale de 25% sur les produits et services de luxe.
"Il existe deux écoles de pensée concernant
les récentes hausses de prix. Certains pensent qu'il faudrait
convoquer les tripartites. Au niveau de la FTSP, nous pensons
qu'il existe un danger en convoquant les tripartites, car une
compensation salariale aura un effet inflationniste qui sera exacerbé
par la politique de libéralisation de Rama Sithanen. Nous
pensons que la création d'un "stabilising fund"
permettrait de stabiliser les prix des denrées de base",
explique Reeaz Chuttoo, porte-parole de la FTSP.
La FTSP, qui a formulé des recommandations dans ce sens
au gouvernement, indique que le gouvernement perçoit Rs
4,50 additionnelles en matière de TVA sur chaque pochette
de ciment depuis la dernière augmentation de prix. En taxant
les pollueurs, les recettes, ajoute Reeaz Chuttoo, pourraient
être versées dans ce fonds, aussi bien que celle
générées par une hausse de la TVA à
25% pour les services de luxe. "Par exemple, Maurice est
la destination la plus chère au monde. Elle vise le haut
de gamme. Ces services pourraient être taxés pour
alimenter le "stabilising fund". Maintenant que
nous avons indiqué où le gouvernement peut générer
des fonds, c'est à lui de prendre ses responsabilités",
soutient le syndicaliste.
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