a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 27 janvier 2008



  Fonction publique - PRB : le spectre du fisc sur les fonctionnaires
  Incidents à la discothèque Enigma - Un des bouncers arrêtés se rétracte
  Laissez passer, laissez faire ? - Bouncers : la loi de la jungle !
  Salaire minimum - Maurice dénoncée au BIT pour non-respect de la Convention 26
  8e émission de billets de banque - La BoM dévoile les entrées à son "Banknote Design Competition"


Fonction publique

PRB : le spectre du fisc sur les fonctionnaires

Le Pay Research Bureau étant déjà engagé dans l'étape de rédaction de son prochain rapport salarial pour les fonctionnaires et les employés des corps para-publics, la Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSC) sollicite une rencontre avec le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, en vue de déblayer le terrain en ce qui concerne la mise en application du plancher d'imposition (Income Threshold) par rapport à l'income tax, la National Residential Property Tax ou encore les impôts sur la lump sum au moment de la retraite. La FSSC est également intéressée à aborder avec Rama Sithanen en ce début d'année la question des provisions budgétaires pour l'exercice financier 2008-09 en vue de la mise en vigueur des recommandations du PRB à partir du 1er juillet prochain.

Dans une correspondance en date du 25 janvier, Awadhkoomar Balluck, secrétaire de la FSSC, demande au vice-Premier ministre et ministre des Finances d'organiser " an urgent meeting in view of the implementation of the forthcoming report of the Pay Research Bureau with effect from 01 July of this year. " L'une des principales appréhensions dans la fonction publique est qu'avec les éventuels nouveaux barèmes de salaires proposés par le PRB, de nombreux fonctionnaires se retrouveront dans les filets de la Mauritius Revenue Authority au titre de l'Income Tax et de la National Residential Property Tax. Il y a encore le cas de ceux qui vont partir à la retraite avec la menace de l'Income Tax sur leur lump sum au-dessus du seuil de Rs 1 million.

" Les fonctionnaires, qui bénéficient actuellement d'une exonération fiscale avec le plancher de Rs 16 500 par mois pour le paiement de l'Income Tax, risquent de se retrouver dans des situations différentes avec les nouveaux salaires proposés par le PRB à partir de juillet prochain. Ils se verront doublement menacés par le paiement de l'Income Tax sous le Cumulative PAYE et l'imposition de la NRPT à partir du prochain exercice financier. Vu que cet aspect relève d'une décision politique et budgétaire, nous souhaitons rencontrer le vice-Premier ministre et ministre des Finances pour aborder toute la question afin que le principe que les fonctionnaires ne se retrouvent pas dans une situation moins favorable avec le rapport du PRB soit adopté ", a déclaré à Week-End Rashid Imrith, le président suppléant de la FSSC.

Dans cette perspective, la FSSC voudrait arracher du vice-Premier ministre et ministre des Finances une garantie que le seuil d'imposition fiscale de Rs 16 500 soit relevé avec la publication du rapport du PRB en vue de maintenir le nombre de fonctionnaires exonérés du paiement d'Income Tax, de National Residential Property Tax ou encore d'impôts sur la lump sum. L'item " impact of PRB increases with reference to taxation policies " fait partie des dossiers que la FSSC souhaiterait aborder avec le Grand Argentier en ce début d'année.

La FSSC compte également évoquer deux autres dossiers lors de cette prochaine séance de travail, soit les provisions budgétaires à être communiquées au PRB en vue d'établir les prochains barèmes de salaires dans la fonction publique et les corps para-publics. Certaines sources veulent que le ministre des Finances communique en févirier prochain à la direction générale du PRB les paramètres budgétaires pour les salaires des fonctionnaires.

Mais, au ministère des Finances, l'on récuse cette thèse de manière catégorique. " Le PRB est une institution autonome et indépendante. Elle fait son travail et soumettra son rapport au gouvernement selon un calendrier établi. Nous n'avons pas à lui dicter quoi que ce soit et la question de soumettre en février les provisions financières ne se pose pas dans la conjoncture ", souligne-t-on du côté du ministère des Finances en fin de semaine.

Une autre proposition de la FSSC concerne le délai pour la soumission des rapports du PRB. À ce jour, le rythme est de cinq ans pour chaque révision salariale. " Nous pensons qu'à l'avenir le délai devrait être réduit de cinq ans à deux ans comme pour la durée de vie de tout award selon les dispositions de la loi du travail. Avec un rapport tous les deux ans, la charge financière pour le gouvernement sera moins élevée comparativement à un rapport tous les cinq ans. Nous allons soumettre nos propositions au gouvernement pour des discussions ", a ajouté Rashid Imrith.


Incidents à la discothèque Enigma

Un des bouncers arrêtés se rétracte

L'enquête policière menée par les éléments de la Criminal Investigation Division (CID) de Quatre-Bornes, sous la supervision de l'inspecteur Jhingut, relative aux incidents sanglants qui ont éclaté jeudi à la discothèque Enigma, Quatre-Bornes, reste encore à déterminer avec exactitude le pourquoi de cette violente bagarre. Dans cette optique, il ressort qu'un des bouncers arrêtés, serait revenu, hier, sur la teneur de sa première déposition consignée jeudi soir. Dans la première déposition, il aurait déclaré aux enquêteurs qu'aucune bagarre n'avait eu lieu à la discothèque. Dans son Further Statement, consigné hier, il aurait soutenu qu'il y avait bel et bien une bagarre, mais que celle-ci avait éclaté à l'extérieur. Un deuxième bouncer, interrogé hier, corroborerait cette version des faits, de même que huit autres employés de la discothèque, qui se trouvent toujours en détention. Eux, affirment, pour leur part, qu'ils ne travaillent pas comme bouncers, mais feraient plutôt office de barmen, cleaners et autres helpers.

Selon les recoupements effectués par Week-End, dans le sillage de l'enquête policière, il ressort que les suspects interrogés affirment tous que les incidents auraient éclaté en premier lieu en dehors de la discothèque. Certains parmi les huit suspects qui se présentent comme faisant partie du personnel de la discothèque, soutiendraient, pour leur part que, lorsqu'ils sont sortis au-dehors pour aller voir ce qui se passait, la bagarre était déjà terminée.

L'enquête policière menée par la CID de Quatre-Bornes risque d'être ardue, dans la mesure où les versions des faits des deux videurs arrêtés, ainsi que celle des huit autres employés de la boîte de nuit, devront être confrontées à celle des dix employés de l'hôtel Indian Resorts qui ont été blessés, ainsi que d'autres témoins oculaires. Dans cette optique, il ressort que des versions contradictoires au sujet de l'origine de la rixe auraient été consignées par les enquêteurs. Les suspects arrêtés et qui sont toujours en détention policière sont : Robin Saurty, 39 ans, Percy Tuyau, 29 ans, Benito Lebrave, Gervel Isabelle, 54 ans, Jaran Bantoa, 19 ans, Krishna Joobray, 35 ans, Sanvin Doochooa, 19 ans, Jessy Anthony, 19 ans, Jessen Anthony, 18 ans et Désiré Arlando, 30 ans. Ceux-ci sont, entre autres, défendus par Mes Ritesh Sumputh et Ashik Toorabally.

Selon certains, c'est le manque de boissons alcoolisées, vers la fin de la fête, qui aurait déclenché l'ire de certains employés de l'hôtel. Ceux-ci auraient été, à ce moment-là, visiblement éméchés et certains tenaient alors à peine sur leurs jambes. Ces employés sous influence d'alcool s'en seraient pris, dans un premier temps, aux barmen de la discothèque, qui n'auraient eu alors pas d'autre recours que de faire appel à un service d'ordre plus que musclé. Selon une autre version des faits, les incidents auraient éclaté peu après un tirage au sort visant à récompenser des employés de l'hôtel. Ce tirage au sort n'aurait pas fait que des heureux. Certains des employés mécontents, sous forte influence d'alcool, en seraient venus aux mains, s'en prenant, dans un premier temps, à d'autres de leurs collègues.

Lorsque deux videurs de la discothèque auraient tenté d'empêcher la situation de dégénérer, certains des mécontents s'en seraient violemment pris à eux, ce qui aurait eu pour effet de déclencher une bagarre et une panique générale. Certains des videurs auraient alors conduit le principal fauteur de trouble à l'extérieur et lui auraient infligé une correction, ce qui aurait eu pour effet de faire dégénérer la situation entre le personnel de la discothèque et les fêtards à l'intérieur. Il s'agira maintenant aux enquêteurs de séparer le bon grain de l'ivraie, en ce qu'il s'agit des circonstances exactes de la rixe.

Il incombera également aux enquêteurs de procéder à un recoupement des versions des faits de la dizaine de blessés parmi les employés de l'hôtel et de s'appuyer sur leurs témoignages dans le but d'établir qui parmi les suspects arrêtés étaient ceux qui devaient faire usage d'armes tranchantes, de gourdins et autres "samouraïs".

Huit des blessés ont dû être admis à l'hôpital Victoria, Candos, dans le but de recevoir des soins. Ils sont : Tony Powar, 35 ans, Roland Larhubarbe, 24 ans, Sandy Bauiah, 21 ans, Désiré Beechard, 33 ans, Shekar Seebarrun, 33 ans, Baruthsingh Coonjoobeeharry, 34 ans, Pradeep Lotto, 19 ans et Eliani Eole, 40 ans.

Dans les milieux de l'enquête policière, il ressort également que des "directives précises" ont été communiquées aux enquêteurs afin que cette enquête progresse le plus rapidement possible et que les principaux fauteurs de troubles soient traduits en justice. Les dix suspects arrêtés, qui ont comparu en cour de Rose-Hill vendredi, ont été remanded to police cell. Compte tenu des violents incidents survenus à la discothèque Enigma, le commissaire de Police (CP) Mahen Gopalsingh, a rencontré, dès le lendemain, les gérants des boîtes de nuit (voir texte plus loin).


Casino de Maurice: Quand une pétition devient diffamation

Signer une pétition pour dénoncer ses collègues sans vérifier la véracité des faits allégués peut valoir une condamnation. C'est ce que viennent de découvrir onze "surveillance officers" du Casino de Maurice qui avaient signé une lettre dénonçant deux de leurs collègues occupant des fonctions syndicales.

L'affaire remonte au mois de Mai 2006 quand quatorze "surveillance officers" du casino de Maurice envoient une lettre au négociateur du Casino Employees Union pour affirmer que deux de leurs collègues Jayen Moorghen et Vassoo Chengubraydoo "are abusing their position as union representatives". Se poursuit alors une longue suite de récriminations et une menace de démissionner du syndicat. Considérant que les propos de la lettre - dont une copie est envoyée à plusieurs membres de l'administration du casino - sont diffamatoires, les deux syndicalistes incriminés entament une action légale. Après avoir présenté des excuses aux plaignants, les noms de trois des quatorze signataires de la lettre sont enlevés de la liste des accusés du procès intenté en cours intermédiaire.

L'affaire a été entendue par la magistrate R. Seetohul Toolsee avant que les deux parties arrivent à un arrangement qui a été validée par la cour cette semaine. Les défenseurs ont déclaré qu'ils n'avaient pas l'intention "to injure the reputation of the plaintiffs", leur ont présenté des excuses et ont accepté de payer les frais de l'affaire.


Laissez passer, laissez faire ?

Bouncers : la loi de la jungle !

Il n'y a pas une semaine qui ne s'écoule sans que l'on entende dire qu'un videur n'est impliqué dans un incident où la violence est utilisée de manière gratuite et démesurée. Les incidents survenus jeudi à la discothèque Enigma ne sont, malheureusement, que le reflet d'une jungle violente, où le videur est roi et fait prévaloir sa loi à coups de sabre, de matraque et autres armes offensives. Suite aux incidents de Quatre-Bornes, le commissaire de police, Mahen Gopalsingh, a réuni les gérants de boîtes de nuit et des clubs privés aux Casernes centrales vendredi dans le but de rechercher la collaboration de tous les stakeholders.

Depuis octobre 2007, les bouncers font régulièrement entendre parler d'eux. Et de façon violente. Certains cas, dont quelques-uns de grand banditisme, comme le hold-up sanglant de Shibani Finance à la fin du mois de décembre, ou encore dans les incidents de cette même période à Lallmatie, sont attribués par la police à certains videurs au casier judiciaire particulièrement chargés. D'autres encore ont été arrêtés, en septembre dernier, pour possession de drogue. Tout porte à croire, selon certains enquêteurs des Casernes centrales, que les bouncers ont sérieusement diversifié leurs activités. Ils font dans la drogue, dans les braquages, dans les règlements de compte et opéreraient en bandes organisées et particulièrement aguerris, non seulement aux us et coutumes de la police, mais aussi à différentes techniques de combat, tels le corps à corps, où encore le maniement d'armes à feux et à lame.

"Dans le passé, nous avions connu Rajen Sabapathee, Manan Fakoo ou tout dernièrement Antoine Chetty. Mais il semblerait que, depuis un certain temps, nous avons à faire face à une concentration d'individus qui se sont regroupés dans le but de défendre un intérêt commun : se faire de l'argent à n'importe quel prix en jouant aux mercenaires", a fait ressortir un haut gradé en fin de semaine, suite aux incidents à la discothèque Enigma.

Selon un autre haut gradé de la police, les gros bras qui sont choisis pour faire office de bouncers ou videurs sont loin d'être triés sur le volet. "Il semblerait de nos jours que ce sont ceux qui ont le casier judiciaire le plus chargé qui sont embauchés pour leur "compétence".

De nombreux agissements de ces brutes passent néanmoins sous silence ou ne sont pas rapportés à la police par peur de représailles. Un habituel noctambule nous a fait part d'un cas, dont il a été témoin, durant une fête dans un chassé de l'ouest, vers la fin de l'année dernière. "Durant cette fête, il y avait un jeune qui faisait un peu de désordre. Rien de vraiment méchant. Or, à un moment donné, le service de sécurité s'y est mêlé. Le jeune fauteur de trouble ne s'est fait rappeler à l'ordre à aucun moment. Il devait recevoir, au grand choc de tous ceux présents, un coup de matraque de la part d'un des videurs. Ce coup de matraque lui cassa littéralement l'arcade sourcilière. Tout le monde a été choqué et je le suis toujours, en y repensant", relate notre interlocuteur.

Un autre noctambule raconte, lui, ce dont il a été témoin lors d'un récent concert d'un DJ célèbre à Maurice. "Ce soir-là, le service d'ordre était sur les dents. Je peux comprendre, dans une certaine mesure, étant donné la grosse foule qu'il y avait au concert. Or, les bouncers devaient se montrer extrêmement agressifs à l'entrée, envers hommes et femmes, utilisant même parfois un langage ordurier envers ceux qu'ils fouillaient, mais ont aussi fait preuve d'excès de zèle envers certains fêtards qui avaient trop bu. Certains se sont même fait prendre par le fond du pantalon et se faire littéralement éjecter des lieux du concert, courant même le risque de se rompre les os en retombant. J'ai été d'autant plus choqué car la scène s'est déroulée devant des touristes qui étaient venus assister au concert".

Suite aux incidents survenus jeudi à la discothèque Enigma, le CP Gopalsingh a décidé de prendre le taureau par les cornes en réunissant les gérants de boîtes de nuit, restaurants, casinos et autres clubs privés aux Casernes centrales. Tout en leur faisant ressortir que la police passera à l'action "dans les jours qui viennent", le CP a fait passer un message clair : le seuil de tolérance a été dépassé. Des mesures strictes seront mises en application d'ici peu, notamment à travers un durcissement de la loi sur le nightlife et des contrôles policiers beaucoup plus rigoureux de ces lieux de divertissement. Le but derrière cette approche est d'assainir à tout prix la situation qui prévaut actuellement dans ce milieu.

"Il est clair que les videurs se comportent en véritables milices, croyant pouvoir prendre la loi entre leurs mains. Dans certains cas, ils se présentent comme des milices armées. Cette situation ne peut plus durer. Le gouvernement a clairement fait comprendre son mécontentement devant les agissements de ces videurs. Nous avons déjà enclenché les procédures pour revoir et renforcer les dispositifs en vigueur pour mettre de l'ordre dans ce secteur", a déclaré le commissaire de police.

Ainsi, la police procédera à un screening systématique de ceux qui seront recrutés comme bouncers. En vertu de ces nouvelles dispositions, ceux qui ont un casier judiciaire ne seront plus éligibles pour de tels emplois. Les gérants et propriétaires de night clubs ont été invités à soumettre au plus vite à la police une liste de leurs employés à des fins de vérification. Des rencontres trimestrielles auront dorénavant lieu entre la police et ces gérants pour une meilleure interaction visant à minimiser les problèmes dans ce secteur.


Salaire minimum

Maurice dénoncée au BIT pour non-respect de la Convention 26

En ratifiant la Convention 26 du Bureau international du travail (BIT) portant sur les méthodes de fixation des salaires minimaux, le gouvernement se doit d'établir un minimum salarial pour chaque secteur d'activité à travers ce qu'on appelle, ici, un Remuneration Order. Or, quatre secteurs en pleine expansion identifiés par le Fron Travayer Seketer Prive (FTSP) en sont privés. Ce qui occasionnerait "abus et exploitation", dénonce le FTSP dans une correspondance adressée au BIT cette semaine.

Les principaux travailleurs concernés sont ceux engagés dans le secteur des technologies informatiques et de la communication, le secteur financier et autres services, le sea food hub, les tours opérateurs et agents de voyage. Sur la base des derniers statistiques, plus de 20 000 personnes seraient officiellement employées dans ces secteurs qui, il est vrai, ne sont régis par aucune législation sur la rémunération, à part le secteur sea food, tombant actuellement sous la Free Zone Labour. "Presently there are 29 wage orders in the private sector in different sectors. Still there are about 4 new economic sectors which are not covered by any wage order nor any Collective Agreement as Trade Unions are seen as adversarial by the concerned employers", précise la lettre adressée au président du comité des experts chargé de l'application des Concentions et recommandations du BIT.

La question du dialogue social sur les salaires est traitée dans plusieurs instruments de l'OIT, l'accent étant mis plus spécifiquement sur le rôle des partenaires sociaux dans la fixation des salaires minima, comme le préconise la Convention 26. A Maurice, les Remunuration Orders sont revus par le National Remuneration Board (NRB). L'année dernière, un Remuneration Order sur les tours opérateurs et agents de voyage avait été presque finalisé. Mais il n'a jamais été présenté formellement pour des raisons qui restent encore inconnues.

Pour les deux porte-parole de la FTSP, Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, ces quatre secteurs cités plus haut favoriseraient des cas d'"abuses and overexploitation" au sein de certaines entreprises. "The FTSP is therefore officially filing a complaint against the Mauritian Government for non-compliance to provision stipulated in ILO Convention No. 26 on "Minimum Wage-Fixing Machinery" as not all economic sectors are covered by a minimum wage order", soulignent-ils dans la lettre envoyée au BIT.


8e émission de billets de banque

La BoM dévoile les entrées à son "Banknote Design Competition"

Les entrées au concours de conception de nouveaux billets de banque dont les œuvres des quatre artistes primés ont été rendues publiques, vendredi de la semaine dernière, à la Banque de Maurice en clôture des activités marquant les 40 ans de cette institution en présence de MM. John Lucas et Guy Potter de l'atelier de monnayage de renommée mondiale, de la Rue.

Ces œuvres serviront de base à un designer professionnel pour la conception finale de la 8e émission de billets de banque devant être émis par la Banque centrale vers le début de l'année prochaine. C'est un jury de professionnels des arts présidé par M. Tristan Bréville, directeur du Musée de la Photographie et comprenant, notamment, Mme Mala Chummun-Ramyead du Mahatma Gandhi Institute (MGI) et MM. Saïd Hosanee, artiste-peintre, et Thivy Naiken, directeur du National Arts Galery qui a eu la tâche de sélectionner les meilleures entrées et de primer les lauréats.

Ces derniers sont Krishen Maurymoothoo, Chitanand Luximon, Yogendra Nellaya et Noorjahan. Ils ont été récompensés le 5 décembre dernier lors du dîner de gala des 40 ans de la BoM. Expliquant, lors du vernissage de l'exposition, la décision de la Banque centrale d'organiser, pour la première fois, un concours en vue de la sélection de dessins susceptibles d'être utilisés pour l'impression de nouveaux billets, le gouverneur de la banque, M. Rundheersingh Beenick devait dire que cela visait à protéger l'institution contre "des accusations de favoritisme".

M. Bheenick a remercié le président et les membres du jury de même que les artistes participants pour le travail "professionnel" entrepris pour ce concours dont le thème était "Banknotes : Mirror of Our Motherland". M. Bréville a, notamment dit sa "fierté" d'avoir présidé le jury à ce concours. Il devait remercier le gouverneur de la BoM d'avoir "fait intervenir l'art dans la monnaie".

En général, d'une bonne facture, les entrées exposées font la part belle à l'Histoire et au patrimoine. Ainsi, l'Apravasi Ghat désormais inscrit au patrimoine de l'Humanité de l'UNESCO de même que le rocher emblématique du Morne sont au nombre des illustrations figurant sur des œuvres sélectionnées.

Deux illustres personnages de l'Histoire se voient aussi honorés : Anjalay Coopen, femme-martyre et icône de la lutte syndicale des années 1940 et Amode Ibrahim (Major) Atchia, Mauricien de génie. Parfait autodidacte, ce Rosehillien légendaire a plusieurs exploits à son actif dont l'électrification de Rose-Hill vers l'an 1900 et la fabrication de structures en béton préfabriqué longtemps avant l'adoption industrielle de ce mode de construction.

Mais les participants n'ont pas, pour autant, fait l'impasse sur l'île Maurice moderne. Témoin : l'entrée mettant en image la cybertour d'Ébène. Notons qu'il revient au ministre des Finances d'approuver, en dernier lieu, les illustrations devant, finalement, figurer sur les nouveaux billets de banque.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 27 janvier 2008