s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 20 janvier 2008



  Lutte contre l'alcoolisme - Vers l'interdiction de la publicité autour de l'alcool
  Publicité pour les boissons alcoolisées - L'AAA prône la juste mesure
  Lutte contre le tabagisme - Conformer la législation locale avec la Convention-cadre de l'OMS
  Sécurité à domicile - Chut ! On vous cambriole…
  Mauvaise surprise en cette rentrée scolaire - Le coût du transport par "school bus" augmente par 25 à 30%
  Justice - P.S.C, la claque magistrale !
  Pont de Macondé - Les travaux coûteront Rs 160M
  Les habitants du Dockers' Flat :"Asraf Dulull nous a menés en bateau"
  Port-Louis - Constitution d'une plate-forme pour promouvoir la paix
  Précision - Secondaire privé : le nombre d'admis en Form I provient d'une source officielle
  Témoignage - "J'ai été torturé à La Bastille"
  Droits de l'homme et d'expression - Le ministre Valayden et son nouveau conseiller Jassodanand mis à l'épreuve
  La mort du chanteur Carlos - Un grand ami de l'île Maurice s'en est allé
  Renouvellement du Conseil d'administration du Media Trust
  Religion - Thaipoosam Cavadee: A la gloire du Dieu Muruga


Lutte contre l'alcoolisme

Vers l'interdiction de la publicité autour de l'alcool

Parallèlement au projet de nouvelles réglementations antitabac, le ministère de la Santé a aussi rendu public un projet de nouvelles réglementations autour de la consommation d'alcool.

Entre autres dispositions à être débattues et avalisées figurent l'interdiction de toute publicité et autres parrainages autour des boissons alcoolisées et l'interdiction de boire dans des lieux publics, exception faite des plages publiques et des commerces dûment autorisés à vendre de l'alcool sur place - bars, restaurants, boîtes de nuit.

Ce projet de nouvelles réglementations autour de l'alcool concerne l'ensemble des boissons alcoolisées dont la bière. Dans les commerces autorisés à vendre mais où il n'est pas autorisé de consommer sur place, le commerçant devra disposer ces produits dans un endroit spécifiquement dédié à cette fin.

Comme dans le cas de la cigarette, le projet de nouvelles réglementations prévoit d'apposer sur les contenants de boissons alcoolisées un avertissement de santé en anglais et en français indiquant que la consommation excessive d'alcool cause de sérieux problèmes de santé.

Tout commerçant devra installer dans son commerce une inscription clairement lisible en anglais, en français et en créole informant le public que la vente d'alcool est interdite aux mineurs ainsi que le même avertissement de santé quant aux dangers d'une consommation excessive.

Le projet de nouvelles réglementations prévoit, en cas d'infraction à ses dispositions, une amende ne dépassant pas Rs 10,000 et une peine d'emprisonnement ne dépassant pas 12 mois. Les membres du public intéressés par la question sont invités à faire part de leurs commentaires en s'adressant au ministère de la Santé.


Publicité pour les boissons alcoolisées

L'AAA prône la juste mesure

"A la AAA, nous sommes pleinement conscients des répercussions sociales de la consommation excessive d'alcool et nous tenons à cœur notre responsabilité sociale. La République de Maurice étant néanmoins une société ouverte, toute décision allant dans le sens de la censure pure et simple de l'information publicitaire serait regrettable", a déclaré, en substance, à Week-End, Mme Priya Thacoor, présidente de la AAA.

Mme Thacoor rappelle, notamment, que Maurice est une destination touristique de premier plan et que, ne serait-ce qu'à ce titre, les touristes en visite ont le droit de prendre connaissance des boissons alcoolisées disponibles sur le marché local, entre autres, les produits-pays.

Si, dans le cas du tabac, il existe une directive internationale de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour le bannissement de la publicité pour les cigarettes et à laquelle le pays a adhéré, la présidente de l'AAA soutient qu'une directive semblable n'existe pas dans le cas des boissons alcoolisées.

Néanmoins, l'association reconnaît l'utilité d'un certain contrôle pour, notamment, freiner la consommation excessive d'alcool et protéger les jeunes. C'est ainsi que, explique Priya Thacoor, l'AAA a soumis, il y a environ un an, au ministère de la Jeunesse et des Sports un document dans lequel elle s'engage, entre autres, à ne pas véhiculer des messages encourageant la consommation excessive, préconise l'interdiction de la publicité pour les alcopops particulièrement prisés par les jeunes et prend l'engagement de ne pas faire apparaître des jeunes dans des publicités pour les boissons alcoolisées.

"Nous sommes disposés à nous concerter avec toutes les parties concernées en vue de trouver le juste milieu pour ce qui concerne la publicité pour les boissons alcoolisées", déclare Mme Thacoor dont l'association s'est réunie, vendredi, pour débattre de ce projet de nouvelles réglementations.


Lutte contre le tabagisme

Conformer la législation locale avec la Convention-cadre de l'OMS

Autorisation de vente uniquement en paquets de 20 tiges; interdiction de fumer dans des lieux publics dont les bars, restaurants et jardins publics; interdiction d'importation et de vente de cigarettes parfumées et du tabac à chiquer : ce sont là quelques-unes des dispositions contenues dans le projet de nouvelles réglementations restreignant la commercialisation du tabac.

Rendu public par le ministère de la Santé vendredi de la semaine dernière, ce projet de nouvelles réglementations vise à conformer la législation locale avec la Convention-cadre de l'Organisation Mondiale de la Santé sur le contrôle du tabac. Tous ceux intéressés par la question ont jusqu'au jeudi 31 janvier pour soumettre leurs commentaires.

Comme c'est déjà le cas avec les Public Health (Restriction on Tobacco Products) Regulations de 1999, le projet de nouvelles réglementations devant être proclamées sous les Sections 193 et 194 du Public Health Act pose une interdiction de fumer, notamment, dans le transport en commun de même que dans les établissements de Santé, les institutions éducatives et sur les infrastructures sportives.

De même, l'interdiction de la publicité pour les produits du tabac y compris les parrainages sont maintenus. Le projet de nouvelles réglementations maintient, tout aussi, l'interdiction de vendre des cigarettes à des mineurs ainsi que la vente de bonbons, friandises et autres jouets dans la forme de cigarettes. Le législateur caresse, cette fois, l'idée d'interdire des dons gratuits de produits du tabac, notamment, sous forme de prix à quelque concours.

Non seulement tout commerçant aura obligation d'installer un panneau informant que la vente de cigarettes est interdite aux mineurs, il pourrait même ne plus avoir le droit d'exposer ces produits à la vente. L'avertissement de santé sur les paquets de cigarettes devra, selon le projet de nouvelles réglementations, être libellé en deux langues : français et créole. Il devra, de plus, couvrir 65% de l'espace sur les côtés pile et face du paquet et comprendra une image ou un dessin explicite.

Outre qu'il ne sera pas autorisé de vendre des cigarettes parfumées, il sera interdit de vendre des paquets de cigarettes contenant des "messages" à l'effet que ces produits seraient "mild", "low tar" ou encore "light" comme pour suggérer qu'ils seraient moins dangereux. Les paquets devront, en outre, clairement indiquer, en français ou en anglais, leur pays de provenance et préciser que ces produits sont autorisés à la vente "in Mauritius only".

Le projet de nouvelles réglementations contraint, par ailleurs, tout responsable d'un lieu public de prendre les mesures appropriées pour interdire toute personne de fumer sur place, au risque d'être poursuivi. Tout contrevenant aux dispositions contenues dans le projet de nouvelles réglementations sur le tabac est passible d'une amende variant entre Rs 5 000 et Rs 10 000 et d'une peine d'emprisonnement ne dépassant pas 12 mois en cas de récidive.


Sécurité à domicile

Chut ! On vous cambriole…

Ils sont de plus en plus nombreux à vivre cette expérience, celle de savoir qu'un intrus est entré chez soi, a visité toute la maison et fait table rase de tout ce qui lui tombe sous la main avant de repartir incognito, alors que votre famille et vous dormez à poings fermés. Dans des cas, la situation peut aussi tourner au vinaigre si par exemple vous surprenez le cambrioleur. Que faut-il faire contre les visiteurs nocturnes qui se montrent de plus en plus audacieux ?

Dans les deux cas, l'expérience est traumatisante. À votre réveil le matin, vous constatez d'abord que votre montre a disparu, puis votre portable, et la liste ne fait que s'allonger au bout d'un quart d'heure. C'est à ce moment précis que vous vous rendez à l'évidence que vous n'étiez pas seuls dans la soirée, alors que vous étiez au lit. Ce genre de cas est de plus en plus fréquent ces derniers temps. Les habitués se faufilent généralement à travers une ouverture non-sécurisée, ou parfois forcent la serrure, pour pénétrer les maisons tard dans la nuit. "J'ai un voisin qui ne s'est toujours pas remis deux mois après avoir reçu la visite de cambrioleurs dans la nuit", raconte un habitant de Rivière-Noire.

Ce soir-là, un ou des intrus s'étaient infiltrés dans sa maison, pourtant relativement bien protégée, à travers une imposte et en sont repartis sans être inquiétés. "Mon voisin était tellement choqué et terrifié par cela qu'il a fini par faire éclairer toute sa cour de Spots, en sus de la mise en place d'un système d'alarme contrôlé par une compagnie spécialisée dans le domaine. Parfois, je le vois même faire le guet tant il a été traumatisé", ajoute notre interlocuteur.

Généralement, le délit est perpétré entre 2h et 3h, lorsque pratiquement tout le monde dort. Patrick était terrifié en apprenant qu'un voleur s'était introduit chez lui dans la nuit de mardi à mercredi. Et si sa voisine n'avait pas donné l'alerte en lançant des cris, le bandit se serait éclipsé. "Il était vêtu d'un débardeur noir et d'un pantalon noir. Je l'ai vu sur la terrasse. Et de par sa démarche je savais que c'était un voleur", affirme le témoin.

Terreur et traumatisme

"Cela me donne la chair de poule de savoir que quelqu'un est entré chez moi sans que nous ne le sachions", ajoute-t-il avant de livrer son état d'âme : "Cela fait plus de 30 ans que j'habite la région de Grande-Rivière-Nord-Ouest et jamais il n'y a eu un seul problème de ce genre dans ma rue. Mercredi dernier, c'est ma vie et celle de toute ma famille qui a été bousculée, voire même " violée " dans son intimité. Ce cas de vol a mis fin à toute la quiétude symbolisant ma demeure".

Le plus dur dans ce genre d'histoire, c'est que certaines victimes prennent des mois, voire des années pour se remettre. Et ce, malgré l'établissement d'un système de sécurité et de protection, que même Arsène Lupin n'osera prendre le risque de défier. Cela va de soi. Car si nos deux victimes, citées plus haut, s'en sont sorties sans heurts après la visite d'intrus et le vol de quelques objets de valeur, d'autres familles dans le pays, en revanche, ont vécu des moments de terreur. Qui ne se rappelle pas de la dramatique expérience vécue par Sandra O'Reilly ?

Violée dans sa demeure, puis forcée de suivre les malfaiteurs avant d'être laissée sur une route aussi sombre qu'effrayante, cette jeune maman et habitante de Pointe d'Esny, avait été de nouveau humiliée par un groupe de personnes qu'elle croyait des bienfaiteurs lors de cette même soirée. Cette histoire avait bouleversé toute l'île Maurice. Sandra O'Reilly avait eu le courage de raconter son histoire à la police et de préserver d'autres potentielles victimes de ces bandits.

Des cas comme celui-ci, il y en a eu dans notre petite île. Certaines sources confirment ceux dans lesquels des bandits se seraient introduits dans des maisons pour voler avant d'agresser sexuellement l'occupante. "Un de mes parents a vécu la même expérience. Ils n'ont pas rapporté le cas à la police. Et quelque temps après, toute la famille a déménagé du quartier de Floréal", indique, pour sa part, un habitant de Curepipe.

C'est dire qu'hormis la recrudescence des vols à la tire et des cambriolages organisés entre autres, les malfaiteurs se montrent de plus en plus audacieux. Certains, comme dans les cas mentionnés plus haut, n'hésitent pas à s'infiltrer dans les maisons en dépit de la présence des occupants. Ce genre de cas est de plus en plus fréquent. Les compagnies offrant des services de sécurité confirment cet état de chose. "Nous avons beaucoup de clients qui ont été victimes de ce genre de problème. Les gens se sentent de moins en moins en sécurité", explique un des responsables d'une entreprise spécialisée dans le domaine.

Se protéger d'abord…

Cet argument est également soutenu par une hausse importante dans la demande pour les services de sécurité à domicile. Bon nombre de personnes, confirme-t-on, font appel depuis ces six derniers mois aux services de sécurité en vue de se protéger justement de ces voleurs, qui ne laissent rien sur le passage. Bonbonnes de gaz, chaises, tables, portails, tout y passe dans plusieurs cas !

Au-delà des mesures de sécurité, un aspect, dont la police ou les organisations concernées ne parlent que très rarement, est l'attitude à adopter dans de telles situations. Que doit-on faire si l'on surprend un ou des cambrioleurs chez soi le jour comme le soir ? D'après les différents avis sollicités, la majorité des avis opte pour un comportement à "zéro risque", c'est-à-dire continuer à faire semblant de dormir si l'intrus ne montre aucune intention d'utiliser la violence. Cette même "école de pensée", qui comprend des personnes ayant évolué dans le milieu de la police, estime qu'il vaut mieux (si possible) observer le malfaiteur pour pouvoir ensuite donner son signalement à la police. "Il faut surtout éviter de prendre des risques, et de penser plutôt comment protéger votre famille", disent-ils. Alors que d'autres invitent à maîtriser l'intrus si l'occasion se présente. "Mais cela comporte des risques. Il faut absolument être sûr de son coup", préviennent-ils, "mais la meilleure chose c'est de prévenir et faire en sorte que les personnes mal intentionnées n'aient aucune chance de vous voler."

Quoi qu'il en soit, il serait, peut-être, temps que nous arrêtions de nous voiler la face et de nous dire, enfin, qu'il est temps que des programmes de prévention soient développés pour conseiller et sensibiliser les honnêtes citoyens par rapport aux mesures de sécurité et de précaution à prendre en vue de se protéger des cambrioleurs. Cela se fait ailleurs…

Et par les temps qui courent, un homme averti en vaut (bien !) deux !


Conseils et astuces

-En cas d'agression n'opposez aucune résistance : votre vie est plus précieuse que vos valeurs. Appelez au secours (si vous le pouvez) : criez aussi fort que vous le pouvez.

-Observez bien : grâce à un témoignage précis, près de la moitié des agresseurs sont arrêtés dans les heures suivant leur forfait.

-Notez le signalement de votre agresseur : âge apparent, taille, corpulence, couleur de la peau, couleur et coupe des cheveux, signes particuliers, tenue vestimentaire.

-Relevez les caractéristiques du véhicule utilisé par votre agresseur : couleur, type, marque, numéro d'immatriculation, direction de fuite etc.

-Même si vous n'avez pas de chien, apposez une plaque "Chien méchant" sur votre porte. Pour les bricoleurs, raccordez l'enregistrement d'un aboiement à votre sonnette.

-Suspendez une sonnerie d'alarme factice à l'extérieur de la maison…

-Si vous n'avez pas les moyens de vous offrir une alarme, placez des autocollants indicateurs d'un système de sécurité sur vos fenêtres et enjoignez à vos enfants de ne pas révéler la supercherie.

-La nuit (ou même le jour, à l'heure de la sieste), glissez une fine planche de contreplaqué entre le haut et le châssis de la porte, empilez-y des boîtes de conserve, des clochettes ou tout autre objet bruyant. Quand la porte s'ouvrira, le vacarme vous alertera et pourra effrayer l'intrus.


Mauvaise surprise en cette rentrée scolaire

Le coût du transport par "school bus" augmente par 25 à 30%

Mauvaise surprise pour les parents d'écoliers en ces premiers jours de rentrée scolaire : le coût du transport par "School Bus" a été révisé à la hausse par la plupart des prestataires. Ces derniers justifient cette nouvelle augmentation tarifaire par la récente hausse du prix du diesel ainsi que la diminution du nombre d'écoliers voyageant par vans scolaires.

Ainsi, à titre indicatif, un service normal de ramassage, soit, dans un rayon de 4 à 5 km d'un établissement primaire qui coûtait aux parents entre Rs 300 et Rs 350 mensuellement coûte, désormais, entre 25 à 30% plus cher.

La hausse, en début d'année, par 12.8% du prix du diesel, soit, une augmentation de Rs 4.00 le litre, est avancée par ceux engagés dans le business du ramassage scolaire comme l'une des principales raisons les ayant contraints à revoir à la hausse leurs tarifs. Ils associent à cela l'augmentation du coût de l'huile d'entretien (Rs 100 le gallon).

Nazir Junggee du Komite Van Lekol explique aussi que, comme c'est le cas depuis l'entrée en vigueur du transport gratuit par autobus pour les étudiants en 2005, le nombre d'élèves qui voyagent par vans de ramassage scolaire est en diminution à chaque rentrée.

"Nombre d'élèves qui passent en IVe choisissent, à cet âge, de voyager par autobus gratuit. Leurs parents, déjà confrontés à la cherté de la vie, y voient, là, un moyen de faire des économies". Selon M. Junggee, c'est surtout le cas d'élèves domiciliés près d'un arrêt d'autobus et dont les parents estiment qu'ils sont, dès l'âge de huit / neuf ans, suffisamment grands pour voyager seuls.

Selon le président du Komite Van Lekol, depuis l'entrée en vigueur du transport gratuit par autobus, à chaque rentrée scolaire en début d'année, les prestataires de service de ramassage par vans scolaires perdent, ainsi, environ 20% de leurs clients.

Un manque à gagner couplé à la hausse des frais d'opération qui, dit-il, doit "nécessairement" être "compensé" par des hausses tarifaires. C'est ainsi qu'il réitère la demande de son association pour qu'à la place d'une subvention directe aux compagnies d'autobus, les autorités pensent à une formule de subvention aux parents qui pourraient, alors, choisir entre envoyer leurs enfants à l'école par autobus ou par vans scolaires.

Selon M. Junggee, non seulement la formule adoptée dès le départ est au détriment des opérateurs des vans scolaires, elle occasionne aussi "des gaspillages". "On pourrait, même, dit-il, envisager qu'une telle subvention aux parents ne soit accordée que pour l'étudiant habitant au-delà d'un rayon - disons, de 800 m - de son établissement scolaire. Ce qui éviterait encore des gaspillages de fonds publics".


Justice

P.S.C, la claque magistrale !

Le jugement de la Cour suprême, prononcé mardi dernier, annulant, pour cause de perception de favoritisme, la nomination de quatre Deputy-Rectors au sein du ministère de l'Éducation incite les syndicats concernés à réclamer, qu'une fois pour toutes, soit mis sur pied un Tribunal d'appel contre les décisions contestables de la Public Service Commission.

"C'est bon que la justice ait prévalue et que les enseignants victimes d'une absence de méritocratie aient enfin obtenus que leurs droits soient rétablis", affirment en chœur MM. Toolseeraj Benydin et Radhakrisna Sadien, respectivement présidents de la Fédération des syndicats du service civil (FSSC) et de la State Employees Federation (S.E.F). Tous deux font remarquer que l'Alliance sociale a déjà promis l'institution d'un tel tribunal dans son programme gouvernemental en prévoyant de l'étendre également aux forces disciplinaires (Police et pompiers entre autres) et aux administrations régionales. Pour les deux leaders syndicaux, "le gouvernement ne doit plus tarder maintenant et devrait saisir l'arrêt de la Cour suprême pour concrétiser son engagement en faveur de la réforme".

La décision de la Cour suprême, œuvre du chef juge lui-même, M. Bernard Sik Yuen et du juge Paul Lam Shang Leen, n'est certes pas une première dans les annales du judiciaire - l'époux de l'ancienne ministre de la Culture Leela Devi Dhookun-Lutchman (MSM) avait lui aussi été précédemment déchu d'un poste important au MIE - mais elle est considérée par nombre de fonctionnaires comme "une magistrale claque" comme jamais la Public Service Commission ne l'a prise depuis l'Indépendance. C'est effectivement le nombre de personnes désavouées et l'argument principal des juges, soit la reconnaissance de la notion de perception de favoritisme (bias) qui fait que cette décision pourrait entrer dans l'Histoire.

La genèse de la contestation

Au commencement de cette affaire a été la nomination, en décembre 2005, par la Public Service Commission de 41 Deputy-Rectors pour le compte du ministère de l'Education. Neuf postulants malchanceux, estimant que leurs droits avaient été lésés avaient réclamé une révision judiciaire (Judicial review) en logeant une plainte contre la commission et ce en présence des enseignants choisis et du ministère. Des six raisons mises en avant dans la plainte commune des contestataires, les juges n'en ont examiné que les trois, selon eux, les plus pertinentes.

Première raison étudiée par la Cour : les contestataires avaient affirmé que,

"contrairement à son devoir de veiller à ce que le panel d'intervieweurs de la P.S. C soit tout au long de l'exercice de sélection composé des mêmes personnes afin qu'il y a une complète équité et égalité de traitement pour tous les candidats, le représentant du ministère de l'Éducation avait été changé en cours de route faussant ainsi le jeu".

La cour a confirmé que tel avait été effectivement le cas, le ministère avait initialement désigné monsieur N. comme son représentant sur le panel de sélection pour assister madame R. et monsieur M., mais, ensuite monsieur N. a été remplacé par monsieur D. pour l'interview de 37 candidats parce que monsieur N. devait partir en mission outre-mer. Toutefois, selon les juges, ce remplacement n'a en aucune façon affecté le processus de sélection ni la consistance de l'évaluation des candidats.

Perception de favoritisme

Deuxième contestation étudiée : les contestataires s'étaient plaints que deux membres du panel d'intervieweurs, madame R. et monsieur M. avaient des liens de parenté avec certains postulants qui ont, ensuite, été nommés Deputy-Rectors. La Cour a pris note que madame R. et monsieur M. ont, en fait, déclaré leur liens de parenté avec trois enseignants sélectionnés, nommément P. Mohadeb, A. Teeluck et K.D. Dowlut. Il n'y a, selon les juges, "aucune raison de douter de la sincérité de la démarche de madame R. et de monsieur M. d'avoir avoir ces liens de parenté. Mais, nous ne pouvons manquer d'observer que cette démarche a conduit à une situation où une décision qui devait être prise par un panel de deux personnes (soit un président et un membre) a été finalement prise par une seule personne". Les juges ont souligné que "le fait qu'un membre du panel qui a décliné ses liens familiaux soit physiquement demeuré à sa place pendant l'exercice de sélection, et ce bien qu'il n'ait pas donné son avis, pourrait créer la perception que la décision prise n'a pas été complètement indépendante et équitable". "Although we concede that there may not have been any effective bias, yet we believe that the perception of a likelihood of bias in respect of the selection of co - respondents nos. 12, 26 and 28 cannot be discarded. We accordingly find that the respondent

(PSC) should not have acted on the decision of a depleted Selection Board which consisted of just one person and which could become questionable on the ground of percieved bias, unreasonable and unfairness. It is for the respondent to see to it that the number of members on the panel be increased to ensure that it could still continue with the interviewing exercice in the event of a challenge by a member for some reasons", ont décrété les juges.

La cour a mis hors de cause l'enseignante S.D. Teeluck. Elle a accepté l'explication de la P.S. C à l'effet que M.M, membre du panel de sélection "did not know her

(S.D. Teeluck) personnally and was not aware at the relevant time that she was the sister of co-respondant No. 26 (A. Teeluck) who is the sister-in-law of Mr M's sister". Les juges ont ainsi ordonné l'annulation de la nomination des enseignants Y.D. Panday, P. Mohadeb, A. Teeluck et K.D. Dowlut. Dans le cas de Y.D. Panday, la P.S. C a reconnu qu'il n'était, en réalité, pas éligible au poste de Deputy-Rector n'ayant pas les cinq ans d'expérience requis en tant qu'enseignant dans une école secondaire d'État.

Les intérêts des contestataires étaient représentés par Mes. Anil Gayan S.C

(avocat) et R. Brigemohane (avoué).


R. Sadien (S.E.F) :"Il faut maintenant sanctions et Tribunal d'Appel"

Le jugement Sik Yuen/Lam Shang Leen a un impact direct sur l'ensemble du Service civil mauricien et ne concerne donc pas uniquement que les enseignants qui avaient contesté la P.S.C. Selon M. Radhakrisna Sadien, président de la State Employees Federation, "ce jugement est venu démontrer que, malgré la protection de la Constitution qui la rend presque intouchable, la Public Service Commission commet des erreurs". "Le plus ennuyeux", déclare M. Sadien, "c'est que ces erreurs portent ensuite atteinte à l'intégrité de la Fonction publique laquelle doit être exempté de toute influence politique. Lorsqu'une institution pareille procède à des recrutements, nominations et autres promotions, il faut qu'elle agisse de façon objective, mais, il se pourrait que le jugement de la Cour suprême n'ait dévoilé que le sommet de l'iceberg".

Selon M. Sadien, "on peut maintenant deviner ce qui se passe réellement dans les corps para-étatiques où c'est le ministre de tutelle qui nomme lui-même les chairmen et les membres du board de direction qui, ensuite, recrutent le personnel. M. Sadien rappelle le cas de la nomination de Health Care Assistants à la veille des dernières élections générales et trouve que tout cela donne matière à réflexion sur les pouvoirs des ministres et des ministères". Pour le président de la S.E.F, "le jugement doit être suivi de sanctions contre les membres de la PSC qui ont fauté autrement cela ne vaudra pas la peine si aucun signal fort ne peut être envoyé à ceux qui seront toujours tentés de les émuler".

Il est grand temps, soutient M. Sadien, que le gouvernement vienne rapidement avec son projet d'un Tribunal d'Appel sur les décisions de la PSC, de la Local Government Service Commission et la Commission des Forces Disciplinaires. Il faut également, fait ressortir le syndicaliste, mettre fin aux systèmes de recrutement et nomination par délégation de pouvoirs par la PSC si on veut que prévalent transparence et démocratie dans le secteur public.


Pont de Macondé

Les travaux coûteront Rs 160M

Les travaux pour la construction du pont de Macondé coûteront Rs 160 millions. La lettre d'intention ayant été octroyée à General Construction après que la Road Development Authority (RDA) a décidé de retenir une proposition que celle-ci avait formulée dans l'offre soumise au Central Tender Board (CTB). Le début des travaux est annoncé pour avril de cette année.

Dans notre article de la semaine dernière, nous évoquions les craintes du ministère des Finances quant à une possibilité de surestimation du projet. Lors de l'ouverture des offres au CTB en mai de l'année dernière, General Construction avait en effet été sélectionnée pour avoir soumis l'offre la moins chère, soit Rs 241 millions. D'après les spécifications du document d'appel d'offres, les participants avaient toutefois été invités à soumettre des projets alternatifs à celui proposé par la RDA.

Le projet avait été bloqué en août de l'année dernière, le temps que le ministère des Finances tire au clair le flou qui subsistait autour de l'estimation des travaux. Le consultant de la RDA, Luxeconsult, avait indiqué dans un rapport que les travaux devaient coûter Rs 160 millions (excluant la TVA) selon le design initial. C'est quatre mois plus tard, que décision a été prise d'allouer le contrat final à General Construction et de retenir le design que celle-ci avait proposé dans son "bid" comme "alternative 4".

"S'il fallait réaliser ce pont selon le design initial, il n'aurait pas coûté ce prix-là. C'est pour cela que nous avions coté le projet à Rs 241 millions", fait-on ressortir du côté de General Construction.

Au niveau de la RDA, certains ingénieurs estiment toutefois qu'un exercice de "retendering" aurait dû être lancé, cette fois, au niveau international afin d'éliminer les doutes ayant subsisté autour de ce projet d'infrastructure. Cette recommandation avait été formulée par le consultant dans son premier rapport en raison du fait qu'une seule compagnie basée à Maurice avait le savoir-faire et les moyens en matière d'équipements pour réaliser ce projet. Cela s'est d'ailleurs confirmé dans les offres soumises au CTB. Les quatre soumissionnaires avaient mentionné cette même compagnie comme "sub contractor" dans leur document. A ce jour, aucune explication n'a été fournie quant à la décision de ne pas tenir en compte cette recommandation.

Le projet d'ériger un pont à Macondé a été lancé par la RDA l'année dernière en vue de pallier les problèmes d'inondations, qui en période cyclonique, de grosses pluies ou de houles, rendent le radier existant inaccessible. Le projet consiste à construire sur la baie de Macondé un pont long de 100 mètres sur un système de pilotis, qui devrait être raccordé à la route existante aux deux extrémités de la route. Des travaux doivent également être entrepris pour rehausser et élargir une partie de cette route côtière aussitôt le pont opérationnel. Selon les spécificités techniques, les pilotis seront d'un diamètre de 1,2 mètres et placés à une profondeur de 40 mètres sous terre. Le pont devait être conçu de façon à ce qu'il se situe à un peu plus de cinq mètres du niveau de la mer.


Les habitants du Dockers' Flat :"Asraf Dulull nous a menés en bateau"

D'ici à une dizaine de jours, les habitants du Dockers' Flat, dont une dizaine d'enfants en bas âge, propriétaires de maisons au Dockers Village, devront évacuer les lieux. Malgré leur titre de propriété et l'assurance du ministre du Logement, Asraf Dulull, de rendre les clés de leur maison du Dockers' Village à trois de ces familles, ces dernières, vivant dans la précarité au Dockers' Flat, attendent toujours. La Mauritius Port Authority (MPA) devant y débuter des travaux au plus vite en marge de l'agrandissement du port, ces familles devront inévitablement évacuer les lieux au plus tard le 31 janvier 2008. Dépités, ces habitants déplorent "le manque de sérieux du ministre du Logement", estimant qu'Asraf Dulull les "a menés en bateau".

"Nous avons l'impression que le ministre du Logement nous a leurrés. Il a eu de belles paroles, mais les actions tardent à venir", souligne Lorianne Louis, porte-parole des habitants du Dockers' Flat. L'échéance de résider au Dockers' Flat arrivant dans une dizaine de jours à son terme, ces familles craignent le pire. "Où irons-nous si nous n'avons pas les clés de nos maisons ?" pleurent ces familles.

Près d'un mois après avoir soulevé la question avec le ministre du Logement, ces familles sont toujours dans l'expectative. "Et encore, si le ministère consent à nous donner les clés cette semaine, cela fait peu de jours à la MPA pour effectuer les travaux d'aménagement. Où allons-nous vivre ?", se demande Lorianne Louis.

Rappelons que la MPA attend de recevoir au plus vite les clés des trois maisons qui seront rendues à leurs propriétaires pour y faire des travaux d'aménagement pour lesquels les habitants du Dockers' Flat avaient refusé de partir au Dockers' Village en 2005.

Selon nos informations, une des clés des trois maisons devant être retournées à leurs propriétaires et occupées par le ministère des Sports et celui de la Sécurité sociale a déjà été rendue au ministère du Logement. Ce dernier attendrait le retour du ministre de la Sécurité sociale, Sheila Bappoo, au pays, pour récupérer les deux autres clés. Toutefois, à ce jour, aucune action n'a été entreprise pour confirmer la promesse d'Asraf Dulull aux habitants du Dockers' Flat.

En effet, ce dernier, lors d'une réunion d'urgence convoquée mi-décembre dernier, avait pris l'engagement, outre de restituer leurs maisons à trois des familles possédant leur titre de propriété, de compenser financièrement les autres familles qui disposent également de leur titre de propriété et de voir un moyen pour régulariser le cas des squatters vivant depuis plus de quinze ans au Dockers' Flat.

Selon Lorianne Louis, jusqu'ici il n'y a eu aucune action pour résoudre le cas des squatters. "Pas de réunion, pas d'enquête, aucune communication… Rien. Le ministre ne connaît pas les priorités. Il n'est pas intéressé à résoudre ce problème du Dockers' Flat", estime Lorianne Louis. Dans cette optique, les habitants envisagent des actions fermes cette semaine afin de "réveiller le ministre du Logement".

"Nous entamerons des actions pour exprimer notre indignation et rappeler au ministère son engagement envers nous, tant les propriétaires que les squatters, en espérant que nos appels ne tomberont pas dans l'oreille d'un sourd", indique Lorianne Louis.


Port-Louis

Constitution d'une plate-forme pour promouvoir la paix

La tension qui règne dans certaines régions de Port-Louis depuis une semaine inquiète les observateurs. Ces derniers craignent qu'elle ne débouche sur des conflits raciaux. D'où l'initiative d'un groupe de travailleurs sociaux et de religieux de constituer une plate-forme pour promouvoir la paix et l'harmonie dans les régions concernées. "Nous ne voulons pas d'un nouveau 68 ou d'une nouvelle affaire Kaya", dit Imran Dhannoo, qui fait référence aux bagarres raciales qui avaient eu lieu il y a 40 ans et aux émeutes de 1999.

Initiateur du projet, avec le travailleur social Ally Lazer, Imran Dhannoo, président du Centre Idrice Goomany explique : "La tension que nous ressentons dans la région est vive. Si nous ne faisons pas attention, la situation peut dégénérer en une bagarre communale. Surtout qu'il y a des groupuscules qui restent actifs dans l'ombre." Le père Philippe Fanchette, Cassam Uteem, Eddy Chadien, Prem Dookhee sont quelques-unes des personnes qui ont accepté de faire partie de cette plate-forme. D'autres religieux se joindront aussi au mouvement.

La Plate-forme des Citoyens pour l'Unité, l'Harmonie et la Paix donnera une conférence de presse demain au Centre Social Marie Reine de la Paix à 10h30. "À travers les médias, nous lancerons un appel au calme et rappellerons à tout un chacun l'importance pour nous de vivre en harmonie. Nous ne pouvons accepter que cette paix qui nous lie soit menacée." La plate-forme travaillera dans les régions concernées pour sensibiliser le public et aider à promouvoir la paix.


Précision

Secondaire privé : le nombre d'admis en Form I provient d'une source officielle

Les chiffres, relatifs au nombre d'élèves admis en Form I cette année dans le secondaire privé et que nous avons publiés dans notre dernière édition, ne font pas l'unanimité dans ce même secteur. Le collège Lorette de St Pierre, précise de son côté, que le nombre de 90 filles admises cette année, comme le stipule le tableau, relève du nombre de places offertes par l'établissement depuis 10 ans. Tandis que le nombre de 102, chiffre indiqué pour la précédente année, comprend le nombre de redoublantes : soit 90 admises et 12 redoublantes. Quant au collège St-Andrew's, nous notions - et ce nous basant sur le même tableau - qu'il y a eu 27 sièges non attribués cette année. Le schéma qui nous est parvenu, indiquant 128 admis pour 2008 contre 155 en 2007. Réagissant, la rectrice du collège, Mirella Couronne, tout en soulignant sa "profonde déception face aux grossières inexactitudes contenues dans cet article", apporte une rectification. Le nombre total d'admis en Form I au collège est de 141, le nombre de redoublants est de 4. Et les 4 classes du collège comprennent au total 145 élèves. Mirella Couronne explique aussi qu'il y a eu 257 demandes et que le nombre de places (50%) attribuées par le collège est de 70.

Nous tenons, pour notre part, à préciser à nos lecteurs et aussi à Mme Couronne que le tableau que nous avons publiés - de bonne foi - jugé comme faisant partie des "informations erronées" parues dans notre édition du 13 janvier, nous provient d'une source officielle, interlocutrice du ministère de l'Éducation sur le dossier éducatif !


Témoignage

"J'ai été torturé à La Bastille"

Au mois de novembre de l'année dernière, suite à une visite de membres de la Commission contre la torture des Nations unies, le gouvernement décidait subitement de fermer La Bastille, la prison de haute sécurité de Phœnix. Bien qu'aucune raison officielle n'ait été donnée pour expliquer cette décision précipitée, il semblerait que ce soit les témoignages de prisonniers aux membres de la Commission des Nations unies affirmant que la torture était pratiquée à La Bastille qui sont à l'origine de la rapide décision gouvernementale. Nous sommes en mesure de vous proposer, aujourd'hui, le témoignage d'un prisonnier sur "la vie" à la Bastille avant sa fermeture. Ce témoignage nous est parvenu à travers la mère du détenu. Nous soulignons que le point de vue présenté dans le témoignage qui suit est celui d'un prisonnier avec ce que cela peut impliquer de subjectivité, de détails grossis ou exagérés. Nous soulignons également que c'est sur la base des déclarations des prisonniers sur le traitement qu'on leur faisait subir à la prison que les membres de la Commission contre la torture des Nations unies ont obtenu la fermeture de La Bastille. Il va sans dire que tous les détails pouvant permettre d'identifier le détenu en question ont été modifiés.

Jeûnes forcées et suspensions enchaînées

Quel est le profil du détenu qui témoigne de son expérience à La Bastille ? "Mon fils n'est pas un enfant de chœur. Il est en prison parce qu'il a dépassé les limites et fait des choses qui sont interdites par la loi. Il a été mêlé à une histoire de drogue. Il a été arrêté, poursuivi, traduit en cour et a été condamné. En prison, il a compris que pour survivre, il faut être dans le camp des forts et il s'est retrouvé du côté des meneurs et a rapidement été repéré par les gardes. Comme il ne se laisse pas faire et a tendance à répondre avec provocation, il a été puni plusieurs fois pour désobéissance et a été mis au cachot à Beau- Bassin. La dernière fois il avait tellement exagéré dans son comportement qu'il a été envoyé avec d'autres à La Bastille. Après la fermeture de la Bastille il a été renvoyé à Beau-Bassin où au cours des visites il m'a raconté ce qui s'était passé au cours des derniers jours de La Bastille et pourquoi le gouvernement avait donné l'ordre de fermer la prison. Mon fils n'est pas un petit saint, je suis la première à le reconnaître. Mais ce n'est pas parce que mon fils est un prisonnier qu'il faut l'humilier, le dégrader, l'abaisser, le traiter comme un animal." Les prisonniers sont transférés de Beau-Bassin à La Bastille parce qu'ils ont, du point de vue de l'administration, commis des fautes très graves. Pour les fautes moins graves, ils sont punis à Beau-Bassin où ils sont mis au cachot. On transfère à La Bastille ceux qu'on ne peut pas punir à Beau-Bassin. La Bastille, c'était le dernier degré de la chaîne de punition dans le milieu pénitencier. Tous les détenus envoyés à La Bastille sont les récalcitrants, ceux qui ont écrit des lettres pour se plaindre de la manière dont ils étaient traités, il y a ceux qui ont fait la forte tête et défié les gardes chiourmes. "Mon fils m'a dit de bien souligner que les prisonniers n'étaient pas punis à La Bastille, ils étaient torturés. Voici ce qu'il m'a raconté : La Bastille, c'est une prison pour les détenus dangereux et pour les fortes têtes, ceux qui n'obéissent pas aux gardes-chiourmes en baissant la tête et en disant : yes sir. La torture commence dès le premier jour de l'admission à la Bastille, dès qu'on franchit la porte de la cellule. On est menotté et une chaîne - qu'on appelle leg chain - est attachée aux menottes du prisonnier pour pouvoir le suspendre. On est conduit dans le under report cell qui n'est pas équipée de caméras de surveillance, qui n'est pas située dans le bloc où dorment les détenus. C'est une cellule sans fenêtres où l'on faisait faire "le chandelier" aux prisonniers. Il y a dans la cellule un lit en béton, un drainage à l'asiatique avec un robinet qui est contrôlé par les gardes-chiourmes. On est mis nu et on dort à même le ciment glacé sans matelas, sans nourriture, sans eau pour commencer la punition. On passe un ou deux jours sans voir personne, à la fin, on est épuisé, affamé, assoiffé, sale et sentant mauvais, dégradé, mais tout cela fait partie de la punition qui a pour but de casser le prisonnier. En cas de protestation ou de demande de nourriture ou d'un peu d'eau, les gardes viennent nous menacer, puis nous flanquer des calottes en nous injuriant. Pour nous punir d'avoir osé protester, on est menotté, puis les menottes sont attachés à la porte et nous sommes suspendus, comme un animal. Les mains sont tendues et le prisonnier peut rester là pendant des heures. Après un moment, la main s'engourdit et la douleur augmente au fur et à mesure. On pleure, on essaye de changer de position, mais ce n'est pas possible. On grimpe sur les barreaux pour faire diminuer la tension des menottes sur le bras et l'on reste suspendu là jusqu'à ce que les gardes estiment qu'on a été suffisamment puni. Qu'on a été dressé. J'ai été torturé à La Bastille." Après ces premiers jours, entre jeûne forcé et suspensions enchaînées, le prisonnier change de régime et de cellule mais en restant isolé. "Il y a, à côté de la cellule où l'on est suspendu, une autre cellule avec une caméra vidéo. Après l'isolement et la suspension, on est mis dans la cellule avec caméra pour une durée d'environ une semaine. Les gardes-chiourmes donnent un bedding, c'est-à-dire un matelas et un drap pour la nuit qu'ils reprennent le matin en apportant le thé. Le robinet est ouvert et on peut un peu se nettoyer. Cela peut durer plusieurs jours dépendant de la décision des gardes à la suite du rapport fait sur notre conduite. Les prisonniers sont traités comme des êtres inférieurs, tous les gardes-chiourmes mettent la main à la pâte pour corriger ou punir. Ce n'est qu'après que le prisonnier est envoyé dans les blocs où il est enfermé 23 heures sur 24, seul dans une cellule. La 24 heure est consacrée à l'exercice, c'est-à-dire que les gardes-chiourmes font marcher le prisonnier. Les 23 heures restantes, le détenu est enfermé dans sa cellule où on lui fait passer sa nourriture à travers une ouverture faite dans la porte. La cellule est équipée d'un robinet et d'un lavabo, d'un slab en béton qui sert de lit et de toilettes asiatiques. On a droit à du soleil une fois par semaine pour environ une heure. Les détenus ont droit à Rs 140 par semaine, ce qui leur permet d'acheter des cigarettes, deux par jour. Pour avoir ces deux cigarettes, ceux qui fument doivent travailler pendant l'heure de l'exercice, c'est-à-dire balayer, passer de la cire, brosser le sol, laver notre linge et les draps sous étroite surveillance et avec des insultes sur la qualité du travail. Ceux qui fument ont droit à deux cigarettes et à deux bâtons d'allumettes par jour. Il faut savoir s'organiser pour fumer ces cigarettes par petit bouts. Certaines cellules n'ont pas de caméras, mais une fenêtre avec barreaux recouvertes de grillages. Dans certains cas, les barreaux sont utilisés pour suspendre les prisonniers qui ne sont pas encore dressés à la satisfaction des gardes-chiourmes et qui ont été rapportés."

Les "humans rights"

Le prisonnier ne doit pas se faire rapporter pour ne pas subir l'isolement et les suspensions, mais il ne doit pas dire un mot de ce qu'on lui fait subir. "Les gardes nous ont prévenus : Il ne faut pas parler à ceux qui nous visitent de ce qui se passe en prison. Si on n'obéit pas et que la moindre information sur ce qui se passe à la prison sorte à l'extérieur, il y a des répercussions. Et de toutes les façons, que vaut la parole d'un condamné opposée à celle d'officiers des prisons censés faire respecter la loi et protéger la société ? On sait ce qui nous attend si on fait des plaintes. Même si ces plaintes sont écoutées et une enquête ouverte, en attendant nous allons rester à La Bastille, sous la surveillance des gardes-chiourmes. Un prisonnier qui a eu droit à trois jours de jeûnes et quelques jours de suspension, sait ce qu'il doit faire pour ne pas se compliquer inutilement la vie : se taire." C'est pour suivre cette règle de survie que les prisonniers ne font pas grand cas de la visite d'une délégation de la Commission Contre la Torture des Nations Unies. Certains prisonniers se rappellent que la Commission des droits de l'Homme locale avait visité la prison suite à des plaintes d'avocats de prisonniers et avait trouvé que tout était correct et que les doléances des prisonniers n'étaient pas fondées… "Quand les membres des Human Rights sont venus à la prison, ils ont été bien reçus par l'administration. Mais quand les gardes ont voulu les accompagner dans les blocs des prisonniers, les membres de la Commission ont refusé et sont entrés seuls. C'est la première fois que les prisonniers de La Bastille se sont retrouvés seuls avec des étrangers qui leur parlaient comme on parle à des êtres humains. Ils nous ont dit de ne pas nous inquiéter, de parler en toute liberté et d'expliquer ce qui se passait à La Bastille. Si on ne parlait pas tout allait continuer comme avant, après leur visite. Ils ont pris du temps, mais ont fini par nous convaincre que si on voulait faire changer les choses et arrêter d'être maltraités, c'était maintenant ou jamais. Ils ont promis la confidentialité. Nous avons compris qu'on avait une chance unique de raconter nos conditions de vie à la prison. On a raconté dans les détails, montré, expliqué. Les Humans Rights sont restés des heures à La Bastille. Dès leur départ, les représailles ont commencé. "Ti dir zot pas kozé, ti dir zot napa raconté. Zot fine envi déclar mari aster zot pu koné. Fini marsé, fini cigarette, fini asté commission zot tou under report." Les mesures annoncées par les gardes ont été immédiatement mises à exécution et rien ne se passait du côté de Beau-Bassin. On s'est dit que les Humans Rights avaient fait comme l'autre commission et conclu qu'il n'y avait aucun problème. Que la parole des prisonniers n'avait aucune valeur."

"Nous ne sommes pas la crème de la crème de la société, mais des êtres humains qui ont des droits, pas des animaux"

Les prisonniers se résignent quand quelques jours plus tard, ils apprennent par les gardes-chiourmes que les Human Rights avaient demandé à revoir plus particulièrement deux prisonniers qui avaient déjà donné des enquêtes pour dénoncer, sans résultats, ce qui se passait à La Bastille. "Les gardes-chiourmes ont appris la nouvelle et ont menacé les deux prisonniers en leur donnant l'ordre de dire aux Humans Rights qu'il n'y avait aucun problème à la Bastille et que tout ce qui avait été dit était un complot des prisonniers pour nuire aux gardes-chiourmes. Ils ont laissé une copie de la déclaration qu'ils devaient écrire aux deux prisonniers. Quand les gardes-chiourmes sont partis, nous avons parlé à ces deux camarades par les ouvertures destinées à faire passer les repas. Nous leur avons dit que les Humans Rights allaient venir et de ne pas céder aux menaces des gardes-chiourmes, de ne pas se comporter comme un vender lalit. Quelque temps après, le 18 novembre, on a entendu dire que la prison était remplie des hommes de la Police Security Squad et toutes les portes des cellules ont été ouvertes. On s'est dit que c'était fini, les Humans Rights étaient partis et les gardes ont appelé du renfort pour nous donner une bonne correction." A la place des gardes-chiourmes, c'est le Commissaire des prisons qui arrive, entouré de ses principaux officiers pour dire qu'il avait reçu des instructions du Bureau du Premier ministre de fermer la prison après le rapport de la Commission des Nations Unies. Car les membres de la commission avaient non seulement écouté les prisonniers, mais avaient également consulté des ONG pour vérifier leurs affirmations. Puis, ils étaient revenus à la prison sans se faire annoncer et avaient demandé à revoir certaines cellules. Là, ils ont découvert des instruments de torture installés pour punir les prisonniers qui avaient parlé et ont filmé le tout. Les chaînes et les menottes étaient installées pour les prochaines suspensions et les gardes-chiourmes ont été incapables de donner une explication valable. La Commission avait fait un rapport et demandé au gouvernement mauricien de fermer La Bastille "pour cause de traitement inhumain infligé sur les prisonniers qui y étaient détenus." Le gouvernement mauricien avait été obligé de donner suite à la demande de la commission pour que Maurice ne figure pas sur la liste des pays qui pratiquent la torture en milieu pénitentiaire des Nations Unies. "Le Commissaire des Prisons et ses adjoints ont déclaré qu'ils ne savaient rien de ce qui se passait à la prison et qu'ils étaient choqués. C'était de la pure hypocrisie car ils savaient tous ce qui se passait à la prison et certains avaient même donné des ordres. Le prisonnier qui avait été menacé a montré au Commissaire la copie de la lettre qu'il était supposé écrire pour disculper les gardes-chiourmes et accuser les prisonniers de complot. Le Commissaire fait suspendre sur-le-champ trois officiers mêlés à cette affaire de menace et d'autres ont été suspendus après. La prison a été fermée et les prisonniers retransférés à Beau-Bassin. On nous a dit que la MCIT va mener une enquête sur la question de torture et va interroger tous les prisonniers. Jusqu'à l'heure, on n'a pas encore commencé l'enquête et on espère qu'elle ne sera pas étouffée et que les prisonniers qui étaient à La Bastille ne vont pas subir des représailles. Nous ne sommes pas la crème de la crème de la société, mais nous sommes des êtres humains et avons des droits. Le fait que nous soyons en prison en train de payer notre dette à la société ne veut pas dire que nous ne sommes plus des êtres humains ou des êtres humains inférieurs."


Chronologie

- La Bastille avait servi d'institution pénitentiaire sous l'occupation française puis comme dépôt d'armes sous les anglais. Au siècle dernier, il fut transformé en dépôt pour le ministère des Travaux. C'est après les émeutes qui eurent lieu à la prison de Beau-Bassin, en 1979, que le gouvernement décida de réaménager la Bastille comme prison pour héberger "les récidivistes notoires et les prisonniers considérés comme dangereux", dans 24 cellules.

Apres plus de quinze ans sans histoires, la Bastille entra dans une période agitée à la fin des années 90. Cette période commença avec l'évasion spectaculaire de l'ex-Mr Mauritius Dharmarajen Sabapathee, en août 1999. En menaçant un garde-chiourme avec un morceau de bois, qu'il fit passer pour une arme, Sabapathee, accompagné de cinq autres prisonniers, parvint à faire ouvrir les portes de la Bastille. Suite à cette évasion spectaculaire, six gardes chiourmes furent suspendus et une longue opération fut entreprise par la police afin de capturer les prisonniers. Les évadés furent repris un par un, souvent au termes d'opération policières musclées. Sabapathee resta de longs mois en cavale avant d'être abattu dans sa dernière cachette à Chamarel en janvier 2000.

- L'un des plus célèbres prisonniers de la prison de haute sécurité de Phœnix fut le politicien Ceal Meeah. Arrêté dans le sillage du démantèlement de l'Escadron de la mort, il passa de longs mois en détention préventive à la Bastille avant que le DPP ne classe son dossier à la suite d'une enquête préliminaire agitée. Au cours de sa détention, la direction de la prison démentit une rumeur selon laquelle le leader du Hizbullah avait tenté de se suicider par pendaison en 2003.

- 2005 fut une année particulièrement agitée pour la Bastille qui avait fait la une de l'actualité à la fin de l'année précédente quand un détenu avait pris en otage un garde-chiourme. En Mai 2005, juste après une visite du nouveau Commissaire des prisons l'écossais, Bill Duff, un début de mutinerie éclate. Des prisonniers parviennent à mettre le feu à leurs matelas et deux d'entre eux passeront la nuit hors de leur cellule en menaçant les gardes-chiourmes avec des tessons de bouteilles et du sang contaminé. En juin, on signale des règlements de compte sanglants entre prisonniers et la découverte d'un téléphone portable sur un détenu pourtant étroitement surveillé.


Droits de l'homme et d'expression

Le ministre Valayden et son nouveau conseiller Jassodanand mis à l'épreuve

L'Attorney-General, M. Rama Valayden, qui s'est auto- chargé de veiller aux respects des droits de l'homme et de la liberté d'expression dans le pays, dispose depuis peu des services d'un conseiller en ces matières en la personne de Narain Jassodanand. Très respecté pour son intelligence et son militantisme, celui-ci, ainsi que son ministre, sont déjà mis à l'épreuve par Jack Bizlall depuis deux semaines. Ce dernier a soumis à leur attention des cas d'atteintes aux droits précités qui impliquent, ni plus ni moins, qu'ils contredisent quelques administrateurs postés par le gouvernement travailliste lui-même. Et pour cause, Bizlall a carrément accusé le Parti travailliste "d'avoir nommé dans toutes les institutions (CEB, CWA et casinos entre autres) certaines personnes" qui, selon lui, "soit ne travaillent pas, soit passent leurs temps à s'ingérer dans tout (...) sous le couvert de la protection qu'elles semblent jouir de la part de l'hotel du Gouvernement".

Jack Bizlall a officiellement lancé une nouvelle organisation dénommée Groupe de Défense des droits et des libertés qu'il a placée sous la férule de l'avocat Dev Ramano. Le premier cas soulevé par l'organisation concerne M. Giandeo Peeharry employé comme technicien au Central Electicity Board (CEB) et le président du syndicat des travailleurs manuels. Celui a reçu un "severe warning" de son employeur pour avoir fait une déclaration à la presse que le Board considère être une "grosse indiscipline". Le Groupe de défense réfute et estime, au contraire, que Peeharry n'avait fait que rétablir une vérité que les abonnés du CEB étaient parfaitement en droit de savoir. Selon le groupe de défense, le scénario de cette affaire fut le suivant :

Le 24 février 2007, après que le cyclone Gamede avait provoqué des dégâts sur le réseau du CEB, le président du Board, Patrick Assirvaden, fit une déclaration au journal Le Mauricien, affirmant que seulement 10 % (soit 15,000 des 320,000) abonnés du CEB étaient encore privés d'électricité. En fait, selon le Groupe de défense, à ce moment précis, il y avait, 369,000 abonnés et 10 % ne représentait pas 15,000 abonnés mais bien 36,900 personnes.

Dans l'Express du même jour, le président du Cyclone Crisis Committee, M. Seebalack, fit, lui, la déclaration suivante : "Ce que je n'arrive toujours pas à comprendre, moi profane en matière d'électricité, c'est qu'en hiver il y a parfois des rafales de 100 km / h et même 120 km / h dans certaines régions du pays comme le Morne et l'est, mais le réseau tient bon". Et M. Seebalack d'annoncer son intention d'évoquer cette étrangeté lors d'une réunion qui était prévue le même jour.

A la requête de deux journalistes, Myette Achoon (du Mauricien) et Bernard Saminaden (l'Express), Giandeo Peeharry fit remarquer que le président du CEB avait commis des erreurs d'estimations qui minimisaient les dégâts réels causés au réseau. Et sur Radio Plus, le 1er mars, en réponse à une question d'un auditeur, le syndicaliste utilisa les mots "enn ferfoot pas finn fer" pour expliquer que c'est parce que le CEB n'avait pas pris la précaution d'élaguer les arbres passant près des fils du réseau avant la saison cyclonique, que les dégâts ont été aussi importants. Giandeo Peeharry a été accusé sous deux charges par la direction du CEB. Premièrement, "d'avoir révélé des affaires internes au CEB, tout en y étant employé, sans avoir vérifié la véracité" et, deuxièmement, "de n'avoir pas respecté ses obligations en tant qu'employé et d'avoir outrepassé ses fonctions de syndicaliste". La direction du CEB, a conclu que Peeharry a "utilisé un langage irrespectueux envers le management et le public et a nui à la crédibilité de l'institution" et l'a sanctionné. Or, pour le Groupe de défense, Peeharry "n'a fait

qu'utiliser un langage commun à tous les Mauriciens", "n'a aucunement été irrespectueux et, de toute façon c'était à Radio Plus et à l'Independant Broacasting Authority de monitor le langage utilisé s'il y avait lieu".

Un silence éternel imposé à la CWA ?

Deuxième cas signalé à l'attention de l'Attorney General : la Central Water Authority a imposé à son personnel, en octobre 2006, un manuel censé régir sa politique de technologique informatique mais qui oblige chaque employé à signer un accord dans lequel l'employé s'interdit de divulguer la moindre information même lorsqu'il aura pris sa retraite sous peine de se voir enlever sa pension. De tout son personnel, un seul employé, M. Iswarduth Guness, a refusé de s'y plier. Menacé d'être licencié pour ce refus, M. Guness a résisté, a déclaré litige au ministère des Relations industrielles et, après d'âpres discussions, a décidé de se conformer au manuel tant qu'il travaillera pour le compte de la CWA, mais il a, finalement, obtenu que l'interdiction de parler ne lui sera pas imposée au-delà d'une année après qu'il aura pris sa retraite. Malgré cet aboutissement, selon Jack Bizlall, le directeur - général de la CWA, M. Harry Boolauck, "un agent que le Part travailliste a casé" ne peut ainsi s'arroger le droit d'être le seul a pouvoir communiquer des informations au public-consommateur. Selon Bizlall et le Groupe de défense, la pratique de la CWA "est inacceptable dans une société mauricienne moderne surtout à un moment lorsque le gouvernement prétend qu'il viendra bientôt avec une loi donnant libre accès à l'information (ndlr : le Freedom of Access to information Bill en gestation)". "Avec un tel diktat", dit Bizlal "il faut prévoir d'énormes difficultés, notamment pour les journalistes, dans leur démarches d'informer la population". Le Groupe de défense exige de l'Attorney General son intervention du ministère pour que le manuel soit jeté à la poubelle car, autrement, "ce serait imposer un silence éternel aux employés de la CWA jusqu'à dans leurs tombes".

Un employé handicapé agressé nécessitant protection

Troisième cas : M. Dookeesing Mahessursing, un handicapé physique employé comme téléphoniste à l'hôpital Jeetoo s'est plaint d'avoir été physiquement agressé dans son travail par un collègue, le 29 juin 2007 à 17 h. L'incident a été rapporté à la police ainsi qu'à l'administration de l'hôpital pour qu'il y ait une enquête et des mesures de protection en sa faveur. Toutefois, selon le Groupe de défense, "un ministre est intervenu pour couvrir... l'agresseur contre toute action". Le Groupe de défense réclame donc que l'enquête se poursuit et qu'il y ait sanction. Le groupe demande que le Training and Employment of Disabled Persons présidé par l'avocat Pyneeandee suive cette affaire de près. "On ne peut à la fois prétendre être leprotecteur des droits et, et en même couvrir ceux qui les bafouent. Si Valayden pas capav manze ar sa minis là ki li démissionné li allé", a déclaré le syndicaliste.

Persécutée pour quitter Rodrigues...

Le groupe de défense a également fait un plaidoyer en faveur de Madame Alixe Bellouard - Elliott, victime selon lui, de "harcèlement, de pressions politiques et d'ingérence de la part de l'administration rodriguaise". Mme Bellouard-Elliot, détentrice de nombreux diplômes et qui a occupé très hautes fonctions dans des institutions internationales, avait pris de l'emploi dans l'administration rodriguaise le 27 février 2007. Elle affirme avoir été renvoyée de son travail par Chief Island Executive, le 28 août de la même année, immédiatement après qu'elle eut découvert qu'un parent d'un commissaire - élu de l'île n'avait pas déclaré des "vested interests". Selon Mme Bellouard-Elliott, l'administration rodriguaise a annulé son contrat de travail sans lui en donner les raison pour, ensuite, recruter quelqu'un d'autre à travers la Public Service Commission. Mme Bellouard - Elliott, harcelée pour qu'elle quitte Rodrigues, a dû rentrer à Maurice avec son fils de neuf ans, lequel a été ainsi affecté dans sa scolarité. Elle a refait acte de candidature pour le même poste. Selon le groupe de défense, soit la PSC réintègre Mme Belloaud - Elliott dans son travail - du fait qu'aucune raison n'avait été évoquée pour la licencier - soit l'administration rodriguaise lui verse une compensation conséquente pour les préjudices que son enfant et elle ont subis.

Les conseils de M. Jassodanand seront, à n'en pas douter, très intéressants à suivre dans toutes ces affaires...


La mort du chanteur Carlos

Un grand ami de l'île Maurice s'en est allé

Un choc certain, jeudi dernier, dans la matinée, sur les télescripteurs, radios et autres médias: Carlos, le populaire chanteur/humoriste aux chemises et à la barbe fleurie, venait d'être emporté par un cancer foudroyant, à l'age de 64 ans, dans un hôpital parisien. Yvan Chryssostome Dolto, de son vrai nom, fils de la pédopsychiatre Françoise Dolto et de Boris Dolto,fondateur de l'Ecole de kinésithérapie, est né le 20 février 1943.

L'homme de St Germain des Près, (il habitait Boulevard St Germain, à l'étage de la légendaire brasserie Lipp), l'homme de toutes les fêtes, d'une légendaire bonne humeur. et gentillesse...se savait très malade. Bon vivant, Carlos, de sa silhouette inimitable, le copain sur qui l'on pouvait compter, homme cultivé, laisse beaucoup d'amis.

En 1962, il rencontre Johnny Hallyday, qui deviendra son meilleur ami. Peu après, à la demande de Johnny, il deviendra le secrétaire particulier de Sylvie Vartan. Sylvie persuade même le joyeux Luron à chanter "2 Mins 35 " de bonheur, composé pour eux par Jean Jacques Debout. La 'bande' à Carlos prendra bien vite forme, Johnny, Sylvie, Jean Jacques Debout, Chantal Goya et d'autres

Carlos rencontre Joe Dassin, avec qui il se noue d'amitié. Il chante "Rosalie" à ses côtés à un des 'Numéro Un' de Maritie et Gilbert Carpentier, sur TFI."Rosalie" deviendra un immense succès. D'autres tubes, "Tout Nu Tout Bronzé", "Papayou","Big Bisou" suivront. pur le bonheur de ses fans. Ses nombreux amis...parmi lesquels MichelDrucker, qui devait " déjeuner avec lui chez Lipp," à la fin de mois, Jean Roucas, Stéphane Collaro, Amanda Lear, Michou se rappellent de celui qui a "donné de la joie à la chanson française".Carlos , également humoriste, était un des pilliers des "Grosses Têtes" de Philippe Bouvard, sur RTL.

Carlos était aussi un homme de voyages et il avait une affection particulière pour les îles comme le témoigne les chemises tahitiennes qu'il arborait très souvent.Il laisse également de très nombreux amis à l'Ile Maurice.Venu chanter et pêcher au gros de nombreuses fois chez nous, Carlos savait beaucoup oeuvré pour la promotion touristique de notre pays. Ses premiers amis, Sir Gaëtan Duval, depuis le début, l'invitait à Maurice où il se produisait souvent avec ses amis Jean Jacques Debout et Chantal Goya également amateurs de notre pays. Carlos avait produit plusieurs émissions sur la pêche aux gros pour les chaînes cablées Odyssée et Voyage, sur Maurice, Madagascar, Hawai. Carlos avait une affection particulière pour Maurice et ses habitants. Les Mauriciens le lui rendaient bien. Il souhaitait même, à un moment, acquérir L'Ile aux Bénitiers.

Au début des années 70, je participais au "Numéro Un" de Jean-Jacques Debout où j'ai rencontré Carlos pour la première fois. Nous nous sommes revus de nombreuses fois à Maurice et à Deauville récemment où il me parla de sa maladie.

L'homme de la nuit, des fêtes...s'en est allé heureux. Une pensée toute particulière pour le grand amour de sa vie,Mimi.....Carlos sera inhumé Mardi prohain à St.Germain.

"Big Bisou".....

Clarel Betsy


Renouvellement du Conseil d'administration du Media Trust

Nous tenons à vous informer qu'en vertu de la section 5.1 (f) du Media Trust Act 1994, l'élection de quatre représentants de la presse (2 rédacteurs en chef et 2 journalistes à plein temps) pour siéger au sein du Conseil d'administration du Media Trust pour les deux prochaines années 2008 et 2009 aura lieu le mercredi 6 février 2008 entre 10 h et 15 h au siège du Media Trust, River Court, 6 rue St Denis, Port-Louis.

Ce 18 janvier 2008


Religion

Thaipoosam Cavadee: A la gloire du Dieu Muruga

Les Mauriciens de foi tamoule observent actuellement le jeûne dans un esprit de dévotion et de ferveur. Cette période d'abstinence et de recueillement culminera avec la célébration de la fête Thaipoosam Cavadee, prévue pour le mardi 22 janvier. Le jeûne a débuté dimanche dernier avec la cérémonie Kodi Ettram et les dévots sont plongés dans des moments de spiritualité intense et rendent hommage chaque jour dans des kovils, à Muruga, le fils de Shiva et de Parvati. Des manifestations religieuses sont prévues partout à travers l'île mardi avec des processions.

Les manifestations religieuses commencent avec le Kodi Ettram. Un drapeau (kodi) sur lequel est dessiné un coq (séval) est hissé en haut d'un mât (kodi maram) se trouvant à l'entrée des kovils. On fait flotter le kodi enroulé dans une corde faite avec une herbe particulière (therpai). Pour les croyants, cela symbolise l'esclavage (passam). Le coq symbolise le naatham qui signifie Om. Les dévots se prosternent devant le Kodi et font des offrandes, tout en récitant des versets sacrés.

Avant de faire flotter le kodi, on procède au bain rituel de la divinité avec de l'eau et du lait (abhishegam). On l'habille et elle est ornée avec des bijoux - or et pierres précieuses. Les fidèles commencent à prier, d'abord en silence, puis à haute voix. Ces prières sont ponctuées des cris de Arogara ou Arohara (gloire à Dieu).

Chaque soir, les dévots se réunissent dans les kovils pour des prières et y apportent des offrandes comme des noix de coco, des fruits, du camphre, des bâtonnets d'encens, de l'eau parfumée, de l'eau safranée, de l'huile et de la cendre sacrée (thirounirou). Les rituels sont pratiqués dans le respect de la tradition dravidienne. Souvent, pour agrémenter ces soirées, des groupes entonnent des chants pieux en utilisant des instruments traditionnels.

Ces dix jours sont très importants dans la mesure où le dévot se purifie l'âme et tente de maîtriser les sentiments mauvais tels que la haine, la jalousie, la gourmandise et l'avarice. Ainsi, il est conseillé de ne pas consommer de nourriture salée ou des boissons alcoolisées, mais des mets uniquement préparés chez soi, ainsi que de dormir sur une natte propre, de pratiquer l'abstinence sexuelle, de méditer, de n'écouter que des chants religieux et de s'adonner à la lecture des livres sacrés.

La nuit précédant la fête, les dévots préparent leur cavadee avec l'aide des parents et amis jusqu'à fort tard. Ces structures de bambou sont ornées de feuilles et de fleurs. Certaines prennent la forme d'un paon et d'un kovil mais la forme de vel (lance) est populaire.

Le jour de cavadee, les dévots se réveillent tôt le matin pour prendre un bain avant de se rendre du kovil. Ils convergent ensuite vers la large rivière pour accomplir les rites et y prennent ainsi un bain purificateur. Après le bain rituel, les dévots portent autour des reins, un tissu jaune safran. L'atmosphère est riche en émotions. Chants et prières contribuent à purifier l'atmosphère tandis que les jeunes s'affairent à jouer au Koumi et au Kolaatham (bâtons de bois).

Tout au long de la procession, les fidèles font des offrandes (archounai) ou versent de l'eau safranée aux pieds des dévots. On procède aussi à la distribution du paanakam (jus sucré à base de limon).

Quelques minutes avant que la procession ne quitte la rivière, les dévots apportent leurs offrandes qu'ils mettent dans leurs sombous. L'offrande peut être du lait, de l'eau, du safran, du jus de limon ou d'orange, du lait caillé, du miel, de la cendre sacrée et de l'eau de rose. Les dévots doivent parfumer l'intérieur de leurs sombous avec de la cendre sacrée avant d'y mettre l'offrande. Une fois que l'offrande est versée dans le sombou, ils doivent le recouvrir en premier lieu avec une feuille de bananier puis avec un tissue rose. Ensuite, les deux sombous sont attachés aux deux extrémités du cavadee.

Dans un élan de sacrifice, les dévots se font percer la langue, les joues, le torse, le dos, le bras, les jambes au moyen d'aiguilles. Certains dévots accrochent des limpons à leurs corps à l'aide d'hameçons. D'autres attachent leur bouche avec un tissu. Quand le moment est arrivé, la procession quitte la rivière pour se diriger vers le kovil. Une procession qui va durer quatre à cinq heures de marche, souvent sous une pluie battante et une chaleur accablante.

Une fois arrivés au temple, les dévots font le tour de l'édifice à trois reprises. Ils déposent leurs cavadees pour détacher les deux sombous qui contiennent l'offrande avant de se diriger vers le prêtre. Ce dernier prend l'offrande pour la verser sur le murthi de Muruga. Le prêtre prend quelques gouttes du lait sacré qui purifie son corps et son âme. Des mets végétariens sont servis. L'étape culminante en ce jour de cavadee est le Maha Deebaradanai où Muruga envoie sa bénédiction. Ainsi, il est nécessaire que tous les dévots y participent avant de retourner chez eux.

Le Codhi Irakkam (la descente du pavillon) est célébré le lendemain du jour de la fête pour mettre fin au jeûne de dix jours.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 20 janvier 2008