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Mauvaise surprise en cette rentrée scolaire
Le coût du transport par "school bus" augmente
par 25 à 30%
Mauvaise surprise pour les parents d'écoliers en ces premiers
jours de rentrée scolaire : le coût du transport
par "School Bus" a été révisé
à la hausse par la plupart des prestataires. Ces derniers
justifient cette nouvelle augmentation tarifaire par la récente
hausse du prix du diesel ainsi que la diminution du nombre d'écoliers
voyageant par vans scolaires.
Ainsi, à titre indicatif, un service normal de ramassage,
soit, dans un rayon de 4 à 5 km d'un établissement
primaire qui coûtait aux parents entre Rs 300 et Rs 350
mensuellement coûte, désormais, entre 25 à
30% plus cher.
La hausse, en début d'année, par 12.8% du prix du
diesel, soit, une augmentation de Rs 4.00 le litre, est avancée
par ceux engagés dans le business du ramassage scolaire
comme l'une des principales raisons les ayant contraints à
revoir à la hausse leurs tarifs. Ils associent à
cela l'augmentation du coût de l'huile d'entretien (Rs 100
le gallon).
Nazir Junggee du Komite Van Lekol explique aussi que, comme c'est
le cas depuis l'entrée en vigueur du transport gratuit
par autobus pour les étudiants en 2005, le nombre d'élèves
qui voyagent par vans de ramassage scolaire est en diminution
à chaque rentrée.
"Nombre d'élèves qui passent en IVe choisissent,
à cet âge, de voyager par autobus gratuit. Leurs
parents, déjà confrontés à la cherté
de la vie, y voient, là, un moyen de faire des économies".
Selon M. Junggee, c'est surtout le cas d'élèves
domiciliés près d'un arrêt d'autobus et dont
les parents estiment qu'ils sont, dès l'âge de huit
/ neuf ans, suffisamment grands pour voyager seuls.
Selon le président du Komite Van Lekol, depuis l'entrée
en vigueur du transport gratuit par autobus, à chaque rentrée
scolaire en début d'année, les prestataires de service
de ramassage par vans scolaires perdent, ainsi, environ 20% de
leurs clients.
Un manque à gagner couplé à la hausse des
frais d'opération qui, dit-il, doit "nécessairement"
être "compensé" par des hausses tarifaires.
C'est ainsi qu'il réitère la demande de son association
pour qu'à la place d'une subvention directe aux compagnies
d'autobus, les autorités pensent à une formule de
subvention aux parents qui pourraient, alors, choisir entre envoyer
leurs enfants à l'école par autobus ou par vans
scolaires.
Selon M. Junggee, non seulement la formule adoptée dès
le départ est au détriment des opérateurs
des vans scolaires, elle occasionne aussi "des gaspillages".
"On pourrait, même, dit-il, envisager qu'une telle
subvention aux parents ne soit accordée que pour l'étudiant
habitant au-delà d'un rayon - disons, de 800 m - de son
établissement scolaire. Ce qui éviterait encore
des gaspillages de fonds publics".
Justice
P.S.C, la claque magistrale !
Le jugement de la Cour suprême, prononcé mardi dernier,
annulant, pour cause de perception de favoritisme, la nomination
de quatre Deputy-Rectors au sein du ministère de l'Éducation
incite les syndicats concernés à réclamer,
qu'une fois pour toutes, soit mis sur pied un Tribunal d'appel
contre les décisions contestables de la Public Service
Commission.
"C'est bon que la justice ait prévalue et que les
enseignants victimes d'une absence de méritocratie aient
enfin obtenus que leurs droits soient rétablis",
affirment en chur MM. Toolseeraj Benydin et Radhakrisna
Sadien, respectivement présidents de la Fédération
des syndicats du service civil (FSSC) et de la State Employees
Federation (S.E.F). Tous deux font remarquer que l'Alliance sociale
a déjà promis l'institution d'un tel tribunal dans
son programme gouvernemental en prévoyant de l'étendre
également aux forces disciplinaires (Police et pompiers
entre autres) et aux administrations régionales. Pour les
deux leaders syndicaux, "le gouvernement ne doit plus
tarder maintenant et devrait saisir l'arrêt de la Cour suprême
pour concrétiser son engagement en faveur de la réforme".
La décision de la Cour suprême, uvre du chef
juge lui-même, M. Bernard Sik Yuen et du juge Paul Lam Shang
Leen, n'est certes pas une première dans les annales du
judiciaire - l'époux de l'ancienne ministre de la Culture
Leela Devi Dhookun-Lutchman (MSM) avait lui aussi été
précédemment déchu d'un poste important au
MIE - mais elle est considérée par nombre de fonctionnaires
comme "une magistrale claque" comme jamais la
Public Service Commission ne l'a prise depuis l'Indépendance.
C'est effectivement le nombre de personnes désavouées
et l'argument principal des juges, soit la reconnaissance de la
notion de perception de favoritisme (bias) qui fait que cette
décision pourrait entrer dans l'Histoire.
La genèse de la contestation
Au commencement de cette affaire a été la nomination,
en décembre 2005, par la Public Service Commission de 41
Deputy-Rectors pour le compte du ministère de l'Education.
Neuf postulants malchanceux, estimant que leurs droits avaient
été lésés avaient réclamé
une révision judiciaire (Judicial review) en logeant une
plainte contre la commission et ce en présence des enseignants
choisis et du ministère. Des six raisons mises en avant
dans la plainte commune des contestataires, les juges n'en ont
examiné que les trois, selon eux, les plus pertinentes.
Première raison étudiée par la Cour : les
contestataires avaient affirmé que,
"contrairement à son devoir de veiller à
ce que le panel d'intervieweurs de la P.S. C soit tout au long
de l'exercice de sélection composé des mêmes
personnes afin qu'il y a une complète équité
et égalité de traitement pour tous les candidats,
le représentant du ministère de l'Éducation
avait été changé en cours de route faussant
ainsi le jeu".
La cour a confirmé que tel avait été effectivement
le cas, le ministère avait initialement désigné
monsieur N. comme son représentant sur le panel de sélection
pour assister madame R. et monsieur M., mais, ensuite monsieur
N. a été remplacé par monsieur D. pour l'interview
de 37 candidats parce que monsieur N. devait partir en mission
outre-mer. Toutefois, selon les juges, ce remplacement n'a en
aucune façon affecté le processus de sélection
ni la consistance de l'évaluation des candidats.
Perception de favoritisme
Deuxième contestation étudiée : les contestataires
s'étaient plaints que deux membres du panel d'intervieweurs,
madame R. et monsieur M. avaient des liens de parenté avec
certains postulants qui ont, ensuite, été nommés
Deputy-Rectors. La Cour a pris note que madame R. et monsieur
M. ont, en fait, déclaré leur liens de parenté
avec trois enseignants sélectionnés, nommément
P. Mohadeb, A. Teeluck et K.D. Dowlut. Il n'y a, selon les juges,
"aucune raison de douter de la sincérité
de la démarche de madame R. et de monsieur M. d'avoir avoir
ces liens de parenté. Mais, nous ne pouvons manquer d'observer
que cette démarche a conduit à une situation où
une décision qui devait être prise par un panel de
deux personnes (soit un président et un membre) a été
finalement prise par une seule personne". Les juges ont
souligné que "le fait qu'un membre du panel qui
a décliné ses liens familiaux soit physiquement
demeuré à sa place pendant l'exercice de sélection,
et ce bien qu'il n'ait pas donné son avis, pourrait créer
la perception que la décision prise n'a pas été
complètement indépendante et équitable".
"Although we concede that there may not have been any
effective bias, yet we believe that the perception of a likelihood
of bias in respect of the selection of co - respondents nos. 12,
26 and 28 cannot be discarded. We accordingly find that the respondent
(PSC) should not have acted on the decision of a depleted Selection
Board which consisted of just one person and which could become
questionable on the ground of percieved bias, unreasonable and
unfairness. It is for the respondent to see to it that the number
of members on the panel be increased to ensure that it could still
continue with the interviewing exercice in the event of a challenge
by a member for some reasons", ont décrété
les juges.
La cour a mis hors de cause l'enseignante S.D. Teeluck. Elle a
accepté l'explication de la P.S. C à l'effet que
M.M, membre du panel de sélection "did not know
her
(S.D. Teeluck) personnally and was not aware at the relevant
time that she was the sister of co-respondant No. 26 (A. Teeluck)
who is the sister-in-law of Mr M's sister". Les juges
ont ainsi ordonné l'annulation de la nomination des enseignants
Y.D. Panday, P. Mohadeb, A. Teeluck et K.D. Dowlut. Dans le cas
de Y.D. Panday, la P.S. C a reconnu qu'il n'était, en réalité,
pas éligible au poste de Deputy-Rector n'ayant pas les
cinq ans d'expérience requis en tant qu'enseignant dans
une école secondaire d'État.
Les intérêts des contestataires étaient représentés
par Mes. Anil Gayan S.C
(avocat) et R. Brigemohane (avoué).
R. Sadien (S.E.F) :"Il faut maintenant sanctions et
Tribunal d'Appel"
Le jugement Sik Yuen/Lam Shang Leen a un impact direct sur l'ensemble
du Service civil mauricien et ne concerne donc pas uniquement
que les enseignants qui avaient contesté la P.S.C. Selon
M. Radhakrisna Sadien, président de la State Employees
Federation, "ce jugement est venu démontrer que,
malgré la protection de la Constitution qui la rend presque
intouchable, la Public Service Commission commet des erreurs".
"Le plus ennuyeux", déclare M. Sadien,
"c'est que ces erreurs portent ensuite atteinte à
l'intégrité de la Fonction publique laquelle doit
être exempté de toute influence politique. Lorsqu'une
institution pareille procède à des recrutements,
nominations et autres promotions, il faut qu'elle agisse de façon
objective, mais, il se pourrait que le jugement de la Cour suprême
n'ait dévoilé que le sommet de l'iceberg".
Selon M. Sadien, "on peut maintenant deviner ce qui se
passe réellement dans les corps para-étatiques où
c'est le ministre de tutelle qui nomme lui-même les chairmen
et les membres du board de direction qui, ensuite, recrutent le
personnel. M. Sadien rappelle le cas de la nomination de Health
Care Assistants à la veille des dernières élections
générales et trouve que tout cela donne matière
à réflexion sur les pouvoirs des ministres et des
ministères". Pour le président de la S.E.F,
"le jugement doit être suivi de sanctions contre
les membres de la PSC qui ont fauté autrement cela ne vaudra
pas la peine si aucun signal fort ne peut être envoyé
à ceux qui seront toujours tentés de les émuler".
Il est grand temps, soutient M. Sadien, que le gouvernement vienne
rapidement avec son projet d'un Tribunal d'Appel sur les décisions
de la PSC, de la Local Government Service Commission et la Commission
des Forces Disciplinaires. Il faut également, fait ressortir
le syndicaliste, mettre fin aux systèmes de recrutement
et nomination par délégation de pouvoirs par la
PSC si on veut que prévalent transparence et démocratie
dans le secteur public.
Pont de Macondé
Les travaux coûteront Rs 160M
Les travaux pour la construction du pont de Macondé coûteront
Rs 160 millions. La lettre d'intention ayant été
octroyée à General Construction après que
la Road Development Authority (RDA) a décidé de
retenir une proposition que celle-ci avait formulée dans
l'offre soumise au Central Tender Board (CTB). Le début
des travaux est annoncé pour avril de cette année.
Dans notre article de la semaine dernière, nous évoquions
les craintes du ministère des Finances quant à une
possibilité de surestimation du projet. Lors de l'ouverture
des offres au CTB en mai de l'année dernière, General
Construction avait en effet été sélectionnée
pour avoir soumis l'offre la moins chère, soit Rs 241 millions.
D'après les spécifications du document d'appel d'offres,
les participants avaient toutefois été invités
à soumettre des projets alternatifs à celui proposé
par la RDA.
Le projet avait été bloqué en août
de l'année dernière, le temps que le ministère
des Finances tire au clair le flou qui subsistait autour de l'estimation
des travaux. Le consultant de la RDA, Luxeconsult, avait indiqué
dans un rapport que les travaux devaient coûter Rs 160 millions
(excluant la TVA) selon le design initial. C'est quatre mois plus
tard, que décision a été prise d'allouer
le contrat final à General Construction et de retenir le
design que celle-ci avait proposé dans son "bid"
comme "alternative 4".
"S'il fallait réaliser ce pont selon le design
initial, il n'aurait pas coûté ce prix-là.
C'est pour cela que nous avions coté le projet à
Rs 241 millions", fait-on ressortir du côté
de General Construction.
Au niveau de la RDA, certains ingénieurs estiment toutefois
qu'un exercice de "retendering" aurait dû être
lancé, cette fois, au niveau international afin d'éliminer
les doutes ayant subsisté autour de ce projet d'infrastructure.
Cette recommandation avait été formulée par
le consultant dans son premier rapport en raison du fait qu'une
seule compagnie basée à Maurice avait le savoir-faire
et les moyens en matière d'équipements pour réaliser
ce projet. Cela s'est d'ailleurs confirmé dans les offres
soumises au CTB. Les quatre soumissionnaires avaient mentionné
cette même compagnie comme "sub contractor" dans
leur document. A ce jour, aucune explication n'a été
fournie quant à la décision de ne pas tenir en compte
cette recommandation.
Le projet d'ériger un pont à Macondé a été
lancé par la RDA l'année dernière en vue
de pallier les problèmes d'inondations, qui en période
cyclonique, de grosses pluies ou de houles, rendent le radier
existant inaccessible. Le projet consiste à construire
sur la baie de Macondé un pont long de 100 mètres
sur un système de pilotis, qui devrait être raccordé
à la route existante aux deux extrémités
de la route. Des travaux doivent également être entrepris
pour rehausser et élargir une partie de cette route côtière
aussitôt le pont opérationnel. Selon les spécificités
techniques, les pilotis seront d'un diamètre de 1,2 mètres
et placés à une profondeur de 40 mètres sous
terre. Le pont devait être conçu de façon
à ce qu'il se situe à un peu plus de cinq mètres
du niveau de la mer.
Les habitants du Dockers' Flat :"Asraf Dulull nous a menés
en bateau"
D'ici à une dizaine de jours, les habitants du Dockers'
Flat, dont une dizaine d'enfants en bas âge, propriétaires
de maisons au Dockers Village, devront évacuer les lieux.
Malgré leur titre de propriété et l'assurance
du ministre du Logement, Asraf Dulull, de rendre les clés
de leur maison du Dockers' Village à trois de ces familles,
ces dernières, vivant dans la précarité au
Dockers' Flat, attendent toujours. La Mauritius Port Authority
(MPA) devant y débuter des travaux au plus vite en marge
de l'agrandissement du port, ces familles devront inévitablement
évacuer les lieux au plus tard le 31 janvier 2008. Dépités,
ces habitants déplorent "le manque de sérieux
du ministre du Logement", estimant qu'Asraf Dulull les
"a menés en bateau".
"Nous avons l'impression que le ministre du Logement nous
a leurrés. Il a eu de belles paroles, mais les actions
tardent à venir", souligne Lorianne Louis, porte-parole
des habitants du Dockers' Flat. L'échéance de résider
au Dockers' Flat arrivant dans une dizaine de jours à son
terme, ces familles craignent le pire. "Où irons-nous
si nous n'avons pas les clés de nos maisons ?"
pleurent ces familles.
Près d'un mois après avoir soulevé la question
avec le ministre du Logement, ces familles sont toujours dans
l'expectative. "Et encore, si le ministère consent
à nous donner les clés cette semaine, cela fait
peu de jours à la MPA pour effectuer les travaux d'aménagement.
Où allons-nous vivre ?", se demande Lorianne Louis.
Rappelons que la MPA attend de recevoir au plus vite les clés
des trois maisons qui seront rendues à leurs propriétaires
pour y faire des travaux d'aménagement pour lesquels les
habitants du Dockers' Flat avaient refusé de partir au
Dockers' Village en 2005.
Selon nos informations, une des clés des trois maisons
devant être retournées à leurs propriétaires
et occupées par le ministère des Sports et celui
de la Sécurité sociale a déjà été
rendue au ministère du Logement. Ce dernier attendrait
le retour du ministre de la Sécurité sociale, Sheila
Bappoo, au pays, pour récupérer les deux autres
clés. Toutefois, à ce jour, aucune action n'a été
entreprise pour confirmer la promesse d'Asraf Dulull aux habitants
du Dockers' Flat.
En effet, ce dernier, lors d'une réunion d'urgence convoquée
mi-décembre dernier, avait pris l'engagement, outre de
restituer leurs maisons à trois des familles possédant
leur titre de propriété, de compenser financièrement
les autres familles qui disposent également de leur titre
de propriété et de voir un moyen pour régulariser
le cas des squatters vivant depuis plus de quinze ans au Dockers'
Flat.
Selon Lorianne Louis, jusqu'ici il n'y a eu aucune action pour
résoudre le cas des squatters. "Pas de réunion,
pas d'enquête, aucune communication
Rien. Le ministre
ne connaît pas les priorités. Il n'est pas intéressé
à résoudre ce problème du Dockers' Flat",
estime Lorianne Louis. Dans cette optique, les habitants envisagent
des actions fermes cette semaine afin de "réveiller
le ministre du Logement".
"Nous entamerons des actions pour exprimer notre indignation
et rappeler au ministère son engagement envers nous, tant
les propriétaires que les squatters, en espérant
que nos appels ne tomberont pas dans l'oreille d'un sourd",
indique Lorianne Louis.
Port-Louis
Constitution d'une plate-forme pour promouvoir la paix
La tension qui règne dans certaines régions de Port-Louis
depuis une semaine inquiète les observateurs. Ces derniers
craignent qu'elle ne débouche sur des conflits raciaux.
D'où l'initiative d'un groupe de travailleurs sociaux et
de religieux de constituer une plate-forme pour promouvoir la
paix et l'harmonie dans les régions concernées.
"Nous ne voulons pas d'un nouveau 68 ou d'une nouvelle affaire
Kaya", dit Imran Dhannoo, qui fait référence
aux bagarres raciales qui avaient eu lieu il y a 40 ans et aux
émeutes de 1999.
Initiateur du projet, avec le travailleur social Ally Lazer, Imran
Dhannoo, président du Centre Idrice Goomany explique :
"La tension que nous ressentons dans la région est
vive. Si nous ne faisons pas attention, la situation peut dégénérer
en une bagarre communale. Surtout qu'il y a des groupuscules qui
restent actifs dans l'ombre." Le père Philippe
Fanchette, Cassam Uteem, Eddy Chadien, Prem Dookhee sont quelques-unes
des personnes qui ont accepté de faire partie de cette
plate-forme. D'autres religieux se joindront aussi au mouvement.
La Plate-forme des Citoyens pour l'Unité, l'Harmonie et
la Paix donnera une conférence de presse demain au Centre
Social Marie Reine de la Paix à 10h30. "À
travers les médias, nous lancerons un appel au calme et
rappellerons à tout un chacun l'importance pour nous de
vivre en harmonie. Nous ne pouvons accepter que cette paix qui
nous lie soit menacée." La plate-forme travaillera
dans les régions concernées pour sensibiliser le
public et aider à promouvoir la paix.
Précision
Secondaire privé : le nombre d'admis en Form I provient
d'une source officielle
Les chiffres, relatifs au nombre d'élèves admis
en Form I cette année dans le secondaire privé et
que nous avons publiés dans notre dernière édition,
ne font pas l'unanimité dans ce même secteur. Le
collège Lorette de St Pierre, précise de son côté,
que le nombre de 90 filles admises cette année, comme le
stipule le tableau, relève du nombre de places offertes
par l'établissement depuis 10 ans. Tandis que le nombre
de 102, chiffre indiqué pour la précédente
année, comprend le nombre de redoublantes : soit 90 admises
et 12 redoublantes. Quant au collège St-Andrew's, nous
notions - et ce nous basant sur le même tableau - qu'il
y a eu 27 sièges non attribués cette année.
Le schéma qui nous est parvenu, indiquant 128 admis pour
2008 contre 155 en 2007. Réagissant, la rectrice du collège,
Mirella Couronne, tout en soulignant sa "profonde déception
face aux grossières inexactitudes contenues dans cet article",
apporte une rectification. Le nombre total d'admis en Form I au
collège est de 141, le nombre de redoublants est de 4.
Et les 4 classes du collège comprennent au total 145 élèves.
Mirella Couronne explique aussi qu'il y a eu 257 demandes et que
le nombre de places (50%) attribuées par le collège
est de 70.
Nous tenons, pour notre part, à préciser à
nos lecteurs et aussi à Mme Couronne que le tableau que
nous avons publiés - de bonne foi - jugé comme faisant
partie des "informations erronées" parues dans
notre édition du 13 janvier, nous provient d'une source
officielle, interlocutrice du ministère de l'Éducation
sur le dossier éducatif !
Témoignage
"J'ai été torturé à La Bastille"
Au mois de novembre de l'année dernière, suite à
une visite de membres de la Commission contre la torture des Nations
unies, le gouvernement décidait subitement de fermer La
Bastille, la prison de haute sécurité de Phnix.
Bien qu'aucune raison officielle n'ait été donnée
pour expliquer cette décision précipitée,
il semblerait que ce soit les témoignages de prisonniers
aux membres de la Commission des Nations unies affirmant que la
torture était pratiquée à La Bastille qui
sont à l'origine de la rapide décision gouvernementale.
Nous sommes en mesure de vous proposer, aujourd'hui, le témoignage
d'un prisonnier sur "la vie" à la Bastille avant
sa fermeture. Ce témoignage nous est parvenu à travers
la mère du détenu. Nous soulignons que le point
de vue présenté dans le témoignage qui suit
est celui d'un prisonnier avec ce que cela peut impliquer de subjectivité,
de détails grossis ou exagérés. Nous soulignons
également que c'est sur la base des déclarations
des prisonniers sur le traitement qu'on leur faisait subir à
la prison que les membres de la Commission contre la torture des
Nations unies ont obtenu la fermeture de La Bastille. Il va sans
dire que tous les détails pouvant permettre d'identifier
le détenu en question ont été modifiés.
Jeûnes forcées et suspensions enchaînées
Quel est le profil du détenu qui témoigne de son
expérience à La Bastille ? "Mon fils n'est
pas un enfant de chur. Il est en prison parce qu'il a dépassé
les limites et fait des choses qui sont interdites par la loi.
Il a été mêlé à une histoire
de drogue. Il a été arrêté, poursuivi,
traduit en cour et a été condamné. En prison,
il a compris que pour survivre, il faut être dans le camp
des forts et il s'est retrouvé du côté des
meneurs et a rapidement été repéré
par les gardes. Comme il ne se laisse pas faire et a tendance
à répondre avec provocation, il a été
puni plusieurs fois pour désobéissance et a été
mis au cachot à Beau- Bassin. La dernière fois il
avait tellement exagéré dans son comportement qu'il
a été envoyé avec d'autres à La Bastille.
Après la fermeture de la Bastille il a été
renvoyé à Beau-Bassin où au cours des visites
il m'a raconté ce qui s'était passé au cours
des derniers jours de La Bastille et pourquoi le gouvernement
avait donné l'ordre de fermer la prison. Mon fils n'est
pas un petit saint, je suis la première à le reconnaître.
Mais ce n'est pas parce que mon fils est un prisonnier qu'il faut
l'humilier, le dégrader, l'abaisser, le traiter comme un
animal." Les prisonniers sont transférés
de Beau-Bassin à La Bastille parce qu'ils ont, du point
de vue de l'administration, commis des fautes très graves.
Pour les fautes moins graves, ils sont punis à Beau-Bassin
où ils sont mis au cachot. On transfère à
La Bastille ceux qu'on ne peut pas punir à Beau-Bassin.
La Bastille, c'était le dernier degré de la chaîne
de punition dans le milieu pénitencier. Tous les détenus
envoyés à La Bastille sont les récalcitrants,
ceux qui ont écrit des lettres pour se plaindre de la manière
dont ils étaient traités, il y a ceux qui ont fait
la forte tête et défié les gardes chiourmes.
"Mon fils m'a dit de bien souligner que les prisonniers
n'étaient pas punis à La Bastille, ils étaient
torturés. Voici ce qu'il m'a raconté : La Bastille,
c'est une prison pour les détenus dangereux et pour les
fortes têtes, ceux qui n'obéissent pas aux gardes-chiourmes
en baissant la tête et en disant : yes sir. La torture
commence dès le premier jour de l'admission à la
Bastille, dès qu'on franchit la porte de la cellule. On
est menotté et une chaîne - qu'on appelle leg
chain - est attachée aux menottes du prisonnier pour
pouvoir le suspendre. On est conduit dans le under report
cell qui n'est pas équipée de caméras
de surveillance, qui n'est pas située dans le bloc où
dorment les détenus. C'est une cellule sans fenêtres
où l'on faisait faire "le chandelier" aux prisonniers.
Il y a dans la cellule un lit en béton, un drainage à
l'asiatique avec un robinet qui est contrôlé par
les gardes-chiourmes. On est mis nu et on dort à même
le ciment glacé sans matelas, sans nourriture, sans eau
pour commencer la punition. On passe un ou deux jours sans voir
personne, à la fin, on est épuisé, affamé,
assoiffé, sale et sentant mauvais, dégradé,
mais tout cela fait partie de la punition qui a pour but de casser
le prisonnier. En cas de protestation ou de demande de nourriture
ou d'un peu d'eau, les gardes viennent nous menacer, puis nous
flanquer des calottes en nous injuriant. Pour nous punir
d'avoir osé protester, on est menotté, puis les
menottes sont attachés à la porte et nous sommes
suspendus, comme un animal. Les mains sont tendues et le prisonnier
peut rester là pendant des heures. Après un moment,
la main s'engourdit et la douleur augmente au fur et à
mesure. On pleure, on essaye de changer de position, mais ce n'est
pas possible. On grimpe sur les barreaux pour faire diminuer la
tension des menottes sur le bras et l'on reste suspendu là
jusqu'à ce que les gardes estiment qu'on a été
suffisamment puni. Qu'on a été dressé. J'ai
été torturé à La Bastille." Après
ces premiers jours, entre jeûne forcé et suspensions
enchaînées, le prisonnier change de régime
et de cellule mais en restant isolé. "Il y a, à
côté de la cellule où l'on est suspendu, une
autre cellule avec une caméra vidéo. Après
l'isolement et la suspension, on est mis dans la cellule avec
caméra pour une durée d'environ une semaine. Les
gardes-chiourmes donnent un bedding, c'est-à-dire
un matelas et un drap pour la nuit qu'ils reprennent le matin
en apportant le thé. Le robinet est ouvert et on peut un
peu se nettoyer. Cela peut durer plusieurs jours dépendant
de la décision des gardes à la suite du rapport
fait sur notre conduite. Les prisonniers sont traités comme
des êtres inférieurs, tous les gardes-chiourmes mettent
la main à la pâte pour corriger ou punir. Ce n'est
qu'après que le prisonnier est envoyé dans les blocs
où il est enfermé 23 heures sur 24, seul dans une
cellule. La 24 heure est consacrée à l'exercice,
c'est-à-dire que les gardes-chiourmes font marcher le prisonnier.
Les 23 heures restantes, le détenu est enfermé dans
sa cellule où on lui fait passer sa nourriture à
travers une ouverture faite dans la porte. La cellule est équipée
d'un robinet et d'un lavabo, d'un slab en béton qui sert
de lit et de toilettes asiatiques. On a droit à du soleil
une fois par semaine pour environ une heure. Les détenus
ont droit à Rs 140 par semaine, ce qui leur permet d'acheter
des cigarettes, deux par jour. Pour avoir ces deux cigarettes,
ceux qui fument doivent travailler pendant l'heure de l'exercice,
c'est-à-dire balayer, passer de la cire, brosser le sol,
laver notre linge et les draps sous étroite surveillance
et avec des insultes sur la qualité du travail. Ceux qui
fument ont droit à deux cigarettes et à deux bâtons
d'allumettes par jour. Il faut savoir s'organiser pour fumer ces
cigarettes par petit bouts. Certaines cellules n'ont pas de caméras,
mais une fenêtre avec barreaux recouvertes de grillages.
Dans certains cas, les barreaux sont utilisés pour suspendre
les prisonniers qui ne sont pas encore dressés à
la satisfaction des gardes-chiourmes et qui ont été
rapportés."
Les "humans rights"
Le prisonnier ne doit pas se faire rapporter pour ne pas subir
l'isolement et les suspensions, mais il ne doit pas dire un mot
de ce qu'on lui fait subir. "Les gardes nous ont prévenus
: Il ne faut pas parler à ceux qui nous visitent de ce
qui se passe en prison. Si on n'obéit pas et que la moindre
information sur ce qui se passe à la prison sorte à
l'extérieur, il y a des répercussions. Et de toutes
les façons, que vaut la parole d'un condamné opposée
à celle d'officiers des prisons censés faire respecter
la loi et protéger la société ? On sait ce
qui nous attend si on fait des plaintes. Même si ces plaintes
sont écoutées et une enquête ouverte, en attendant
nous allons rester à La Bastille, sous la surveillance
des gardes-chiourmes. Un prisonnier qui a eu droit à trois
jours de jeûnes et quelques jours de suspension, sait ce
qu'il doit faire pour ne pas se compliquer inutilement la vie
: se taire." C'est pour suivre cette règle de
survie que les prisonniers ne font pas grand cas de la visite
d'une délégation de la Commission Contre la Torture
des Nations Unies. Certains prisonniers se rappellent que la Commission
des droits de l'Homme locale avait visité la prison suite
à des plaintes d'avocats de prisonniers et avait trouvé
que tout était correct et que les doléances des
prisonniers n'étaient pas fondées
"Quand
les membres des Human Rights sont venus à la prison, ils
ont été bien reçus par l'administration.
Mais quand les gardes ont voulu les accompagner dans les blocs
des prisonniers, les membres de la Commission ont refusé
et sont entrés seuls. C'est la première fois que
les prisonniers de La Bastille se sont retrouvés seuls
avec des étrangers qui leur parlaient comme on parle à
des êtres humains. Ils nous ont dit de ne pas nous inquiéter,
de parler en toute liberté et d'expliquer ce qui se passait
à La Bastille. Si on ne parlait pas tout allait continuer
comme avant, après leur visite. Ils ont pris du temps,
mais ont fini par nous convaincre que si on voulait faire changer
les choses et arrêter d'être maltraités, c'était
maintenant ou jamais. Ils ont promis la confidentialité.
Nous avons compris qu'on avait une chance unique de raconter nos
conditions de vie à la prison. On a raconté dans
les détails, montré, expliqué. Les Humans
Rights sont restés des heures à La Bastille. Dès
leur départ, les représailles ont commencé.
"Ti dir zot pas kozé, ti dir zot napa raconté.
Zot fine envi déclar mari aster zot pu koné. Fini
marsé, fini cigarette, fini asté commission zot
tou under report." Les mesures annoncées par les gardes
ont été immédiatement mises à exécution
et rien ne se passait du côté de Beau-Bassin. On
s'est dit que les Humans Rights avaient fait comme l'autre commission
et conclu qu'il n'y avait aucun problème. Que la parole
des prisonniers n'avait aucune valeur."
"Nous ne sommes pas la crème de la crème
de la société, mais des êtres humains qui
ont des droits, pas des animaux"
Les prisonniers se résignent quand quelques jours plus
tard, ils apprennent par les gardes-chiourmes que les Human Rights
avaient demandé à revoir plus particulièrement
deux prisonniers qui avaient déjà donné des
enquêtes pour dénoncer, sans résultats, ce
qui se passait à La Bastille. "Les gardes-chiourmes
ont appris la nouvelle et ont menacé les deux prisonniers
en leur donnant l'ordre de dire aux Humans Rights qu'il n'y avait
aucun problème à la Bastille et que tout ce qui
avait été dit était un complot des prisonniers
pour nuire aux gardes-chiourmes. Ils ont laissé une copie
de la déclaration qu'ils devaient écrire aux deux
prisonniers. Quand les gardes-chiourmes sont partis, nous avons
parlé à ces deux camarades par les ouvertures destinées
à faire passer les repas. Nous leur avons dit que les Humans
Rights allaient venir et de ne pas céder aux menaces des
gardes-chiourmes, de ne pas se comporter comme un vender lalit.
Quelque temps après, le 18 novembre, on a entendu dire
que la prison était remplie des hommes de la Police Security
Squad et toutes les portes des cellules ont été
ouvertes. On s'est dit que c'était fini, les Humans Rights
étaient partis et les gardes ont appelé du renfort
pour nous donner une bonne correction." A la place des
gardes-chiourmes, c'est le Commissaire des prisons qui arrive,
entouré de ses principaux officiers pour dire qu'il avait
reçu des instructions du Bureau du Premier ministre de
fermer la prison après le rapport de la Commission des
Nations Unies. Car les membres de la commission avaient non seulement
écouté les prisonniers, mais avaient également
consulté des ONG pour vérifier leurs affirmations.
Puis, ils étaient revenus à la prison sans se faire
annoncer et avaient demandé à revoir certaines cellules.
Là, ils ont découvert des instruments de torture
installés pour punir les prisonniers qui avaient parlé
et ont filmé le tout. Les chaînes et les menottes
étaient installées pour les prochaines suspensions
et les gardes-chiourmes ont été incapables de donner
une explication valable. La Commission avait fait un rapport et
demandé au gouvernement mauricien de fermer La Bastille
"pour cause de traitement inhumain infligé sur les
prisonniers qui y étaient détenus."
Le gouvernement mauricien avait été obligé
de donner suite à la demande de la commission pour que
Maurice ne figure pas sur la liste des pays qui pratiquent la
torture en milieu pénitentiaire des Nations Unies. "Le
Commissaire des Prisons et ses adjoints ont déclaré
qu'ils ne savaient rien de ce qui se passait à la prison
et qu'ils étaient choqués. C'était de la
pure hypocrisie car ils savaient tous ce qui se passait à
la prison et certains avaient même donné des ordres.
Le prisonnier qui avait été menacé a montré
au Commissaire la copie de la lettre qu'il était supposé
écrire pour disculper les gardes-chiourmes et accuser les
prisonniers de complot. Le Commissaire fait suspendre sur-le-champ
trois officiers mêlés à cette affaire de menace
et d'autres ont été suspendus après. La prison
a été fermée et les prisonniers retransférés
à Beau-Bassin. On nous a dit que la MCIT va mener une enquête
sur la question de torture et va interroger tous les prisonniers.
Jusqu'à l'heure, on n'a pas encore commencé l'enquête
et on espère qu'elle ne sera pas étouffée
et que les prisonniers qui étaient à La Bastille
ne vont pas subir des représailles. Nous ne sommes pas
la crème de la crème de la société,
mais nous sommes des êtres humains et avons des droits.
Le fait que nous soyons en prison en train de payer notre dette
à la société ne veut pas dire que nous ne
sommes plus des êtres humains ou des êtres humains
inférieurs."
Chronologie
- La Bastille avait servi d'institution pénitentiaire sous
l'occupation française puis comme dépôt d'armes
sous les anglais. Au siècle dernier, il fut transformé
en dépôt pour le ministère des Travaux. C'est
après les émeutes qui eurent lieu à la prison
de Beau-Bassin, en 1979, que le gouvernement décida de
réaménager la Bastille comme prison pour héberger
"les récidivistes notoires et les prisonniers considérés
comme dangereux", dans 24 cellules.
Apres plus de quinze ans sans histoires, la Bastille entra dans
une période agitée à la fin des années
90. Cette période commença avec l'évasion
spectaculaire de l'ex-Mr Mauritius Dharmarajen Sabapathee, en
août 1999. En menaçant un garde-chiourme avec un
morceau de bois, qu'il fit passer pour une arme, Sabapathee, accompagné
de cinq autres prisonniers, parvint à faire ouvrir les
portes de la Bastille. Suite à cette évasion spectaculaire,
six gardes chiourmes furent suspendus et une longue opération
fut entreprise par la police afin de capturer les prisonniers.
Les évadés furent repris un par un, souvent au termes
d'opération policières musclées. Sabapathee
resta de longs mois en cavale avant d'être abattu dans sa
dernière cachette à Chamarel en janvier 2000.
- L'un des plus célèbres prisonniers de la prison
de haute sécurité de Phnix fut le politicien
Ceal Meeah. Arrêté dans le sillage du démantèlement
de l'Escadron de la mort, il passa de longs mois en détention
préventive à la Bastille avant que le DPP ne classe
son dossier à la suite d'une enquête préliminaire
agitée. Au cours de sa détention, la direction de
la prison démentit une rumeur selon laquelle le leader
du Hizbullah avait tenté de se suicider par pendaison en
2003.
- 2005 fut une année particulièrement agitée
pour la Bastille qui avait fait la une de l'actualité à
la fin de l'année précédente quand un détenu
avait pris en otage un garde-chiourme. En Mai 2005, juste après
une visite du nouveau Commissaire des prisons l'écossais,
Bill Duff, un début de mutinerie éclate. Des prisonniers
parviennent à mettre le feu à leurs matelas et deux
d'entre eux passeront la nuit hors de leur cellule en menaçant
les gardes-chiourmes avec des tessons de bouteilles et du sang
contaminé. En juin, on signale des règlements de
compte sanglants entre prisonniers et la découverte d'un
téléphone portable sur un détenu pourtant
étroitement surveillé.
Droits de l'homme et d'expression
Le ministre Valayden et son nouveau conseiller Jassodanand
mis à l'épreuve
L'Attorney-General, M. Rama Valayden, qui s'est auto- chargé
de veiller aux respects des droits de l'homme et de la liberté
d'expression dans le pays, dispose depuis peu des services d'un
conseiller en ces matières en la personne de Narain Jassodanand.
Très respecté pour son intelligence et son militantisme,
celui-ci, ainsi que son ministre, sont déjà mis
à l'épreuve par Jack Bizlall depuis deux semaines.
Ce dernier a soumis à leur attention des cas d'atteintes
aux droits précités qui impliquent, ni plus ni moins,
qu'ils contredisent quelques administrateurs postés par
le gouvernement travailliste lui-même. Et pour cause, Bizlall
a carrément accusé le Parti travailliste "d'avoir
nommé dans toutes les institutions (CEB, CWA et casinos
entre autres) certaines personnes" qui, selon lui, "soit
ne travaillent pas, soit passent leurs temps à s'ingérer
dans tout (...) sous le couvert de la protection qu'elles semblent
jouir de la part de l'hotel du Gouvernement".
Jack Bizlall a officiellement lancé une nouvelle organisation
dénommée Groupe de Défense des droits et
des libertés qu'il a placée sous la férule
de l'avocat Dev Ramano. Le premier cas soulevé par l'organisation
concerne M. Giandeo Peeharry employé comme technicien au
Central Electicity Board (CEB) et le président du syndicat
des travailleurs manuels. Celui a reçu un "severe
warning" de son employeur pour avoir fait une déclaration
à la presse que le Board considère être une
"grosse indiscipline". Le Groupe de défense réfute
et estime, au contraire, que Peeharry n'avait fait que rétablir
une vérité que les abonnés du CEB étaient
parfaitement en droit de savoir. Selon le groupe de défense,
le scénario de cette affaire fut le suivant :
Le 24 février 2007, après que le cyclone Gamede
avait provoqué des dégâts sur le réseau
du CEB, le président du Board, Patrick Assirvaden, fit
une déclaration au journal Le Mauricien, affirmant
que seulement 10 % (soit 15,000 des 320,000) abonnés du
CEB étaient encore privés d'électricité.
En fait, selon le Groupe de défense, à ce moment
précis, il y avait, 369,000 abonnés et 10 % ne représentait
pas 15,000 abonnés mais bien 36,900 personnes.
Dans l'Express du même jour, le président
du Cyclone Crisis Committee, M. Seebalack, fit, lui, la déclaration
suivante : "Ce que je n'arrive toujours pas à comprendre,
moi profane en matière d'électricité, c'est
qu'en hiver il y a parfois des rafales de 100 km / h et même
120 km / h dans certaines régions du pays comme le Morne
et l'est, mais le réseau tient bon". Et M. Seebalack
d'annoncer son intention d'évoquer cette étrangeté
lors d'une réunion qui était prévue le même
jour.
A la requête de deux journalistes, Myette Achoon (du
Mauricien) et Bernard Saminaden (l'Express), Giandeo
Peeharry fit remarquer que le président du CEB avait commis
des erreurs d'estimations qui minimisaient les dégâts
réels causés au réseau. Et sur Radio Plus,
le 1er mars, en réponse à une question d'un auditeur,
le syndicaliste utilisa les mots "enn ferfoot pas finn fer"
pour expliquer que c'est parce que le CEB n'avait pas pris la
précaution d'élaguer les arbres passant près
des fils du réseau avant la saison cyclonique, que les
dégâts ont été aussi importants. Giandeo
Peeharry a été accusé sous deux charges par
la direction du CEB. Premièrement, "d'avoir révélé
des affaires internes au CEB, tout en y étant employé,
sans avoir vérifié la véracité"
et, deuxièmement, "de n'avoir pas respecté
ses obligations en tant qu'employé et d'avoir outrepassé
ses fonctions de syndicaliste". La direction du CEB, a conclu
que Peeharry a "utilisé un langage irrespectueux envers
le management et le public et a nui à la crédibilité
de l'institution" et l'a sanctionné. Or, pour le Groupe
de défense, Peeharry "n'a fait
qu'utiliser un langage commun à tous les Mauriciens",
"n'a aucunement été irrespectueux et, de toute
façon c'était à Radio Plus et à l'Independant
Broacasting Authority de monitor le langage utilisé s'il
y avait lieu".
Un silence éternel imposé à la CWA ?
Deuxième cas signalé à l'attention de l'Attorney
General : la Central Water Authority a imposé à
son personnel, en octobre 2006, un manuel censé régir
sa politique de technologique informatique mais qui oblige chaque
employé à signer un accord dans lequel l'employé
s'interdit de divulguer la moindre information même lorsqu'il
aura pris sa retraite sous peine de se voir enlever sa pension.
De tout son personnel, un seul employé, M. Iswarduth Guness,
a refusé de s'y plier. Menacé d'être licencié
pour ce refus, M. Guness a résisté, a déclaré
litige au ministère des Relations industrielles et, après
d'âpres discussions, a décidé de se conformer
au manuel tant qu'il travaillera pour le compte de la CWA, mais
il a, finalement, obtenu que l'interdiction de parler ne lui sera
pas imposée au-delà d'une année après
qu'il aura pris sa retraite. Malgré cet aboutissement,
selon Jack Bizlall, le directeur - général de la
CWA, M. Harry Boolauck, "un agent que le Part travailliste
a casé" ne peut ainsi s'arroger le droit d'être
le seul a pouvoir communiquer des informations au public-consommateur.
Selon Bizlall et le Groupe de défense, la pratique de la
CWA "est inacceptable dans une société mauricienne
moderne surtout à un moment lorsque le gouvernement prétend
qu'il viendra bientôt avec une loi donnant libre accès
à l'information (ndlr : le Freedom of Access to information
Bill en gestation)". "Avec un tel diktat", dit
Bizlal "il faut prévoir d'énormes difficultés,
notamment pour les journalistes, dans leur démarches d'informer
la population". Le Groupe de défense exige de
l'Attorney General son intervention du ministère pour que
le manuel soit jeté à la poubelle car, autrement,
"ce serait imposer un silence éternel aux employés
de la CWA jusqu'à dans leurs tombes".
Un employé handicapé agressé nécessitant
protection
Troisième cas : M. Dookeesing Mahessursing, un handicapé
physique employé comme téléphoniste à
l'hôpital Jeetoo s'est plaint d'avoir été
physiquement agressé dans son travail par un collègue,
le 29 juin 2007 à 17 h. L'incident a été
rapporté à la police ainsi qu'à l'administration
de l'hôpital pour qu'il y ait une enquête et des mesures
de protection en sa faveur. Toutefois, selon le Groupe de défense,
"un ministre est intervenu pour couvrir... l'agresseur contre
toute action". Le Groupe de défense réclame
donc que l'enquête se poursuit et qu'il y ait sanction.
Le groupe demande que le Training and Employment of Disabled Persons
présidé par l'avocat Pyneeandee suive cette affaire
de près. "On ne peut à la fois prétendre
être leprotecteur des droits et, et en même couvrir
ceux qui les bafouent. Si Valayden pas capav manze ar sa minis
là ki li démissionné li allé",
a déclaré le syndicaliste.
Persécutée pour quitter Rodrigues...
Le groupe de défense a également fait un plaidoyer
en faveur de Madame Alixe Bellouard - Elliott, victime selon lui,
de "harcèlement, de pressions politiques et d'ingérence
de la part de l'administration rodriguaise". Mme Bellouard-Elliot,
détentrice de nombreux diplômes et qui a occupé
très hautes fonctions dans des institutions internationales,
avait pris de l'emploi dans l'administration rodriguaise le 27
février 2007. Elle affirme avoir été renvoyée
de son travail par Chief Island Executive, le 28 août de
la même année, immédiatement après
qu'elle eut découvert qu'un parent d'un commissaire - élu
de l'île n'avait pas déclaré des "vested
interests". Selon Mme Bellouard-Elliott, l'administration
rodriguaise a annulé son contrat de travail sans lui en
donner les raison pour, ensuite, recruter quelqu'un d'autre à
travers la Public Service Commission. Mme Bellouard - Elliott,
harcelée pour qu'elle quitte Rodrigues, a dû rentrer
à Maurice avec son fils de neuf ans, lequel a été
ainsi affecté dans sa scolarité. Elle a refait acte
de candidature pour le même poste. Selon le groupe de défense,
soit la PSC réintègre Mme Belloaud - Elliott dans
son travail - du fait qu'aucune raison n'avait été
évoquée pour la licencier - soit l'administration
rodriguaise lui verse une compensation conséquente pour
les préjudices que son enfant et elle ont subis.
Les conseils de M. Jassodanand seront, à n'en pas douter,
très intéressants à suivre dans toutes ces
affaires...
La mort du chanteur Carlos
Un grand ami de l'île Maurice s'en est allé
Un choc certain, jeudi dernier, dans la matinée, sur les
télescripteurs, radios et autres médias: Carlos,
le populaire chanteur/humoriste aux chemises et à la barbe
fleurie, venait d'être emporté par un cancer foudroyant,
à l'age de 64 ans, dans un hôpital parisien. Yvan
Chryssostome Dolto, de son vrai nom, fils de la pédopsychiatre
Françoise Dolto et de Boris Dolto,fondateur de l'Ecole
de kinésithérapie, est né le 20 février
1943.
L'homme de St Germain des Près, (il habitait Boulevard
St Germain, à l'étage de la légendaire brasserie
Lipp), l'homme de toutes les fêtes, d'une légendaire
bonne humeur. et gentillesse...se savait très malade. Bon
vivant, Carlos, de sa silhouette inimitable, le copain sur qui
l'on pouvait compter, homme cultivé, laisse beaucoup d'amis.
En 1962, il rencontre Johnny Hallyday, qui deviendra son meilleur
ami. Peu après, à la demande de Johnny, il deviendra
le secrétaire particulier de Sylvie Vartan. Sylvie persuade
même le joyeux Luron à chanter "2 Mins 35 "
de bonheur, composé pour eux par Jean Jacques Debout. La
'bande' à Carlos prendra bien vite forme, Johnny, Sylvie,
Jean Jacques Debout, Chantal Goya et d'autres
Carlos rencontre Joe Dassin, avec qui il se noue d'amitié.
Il chante "Rosalie" à ses côtés
à un des 'Numéro Un' de Maritie et Gilbert Carpentier,
sur TFI."Rosalie" deviendra un immense succès.
D'autres tubes, "Tout Nu Tout Bronzé", "Papayou","Big
Bisou" suivront. pur le bonheur de ses fans. Ses nombreux
amis...parmi lesquels MichelDrucker, qui devait " déjeuner
avec lui chez Lipp," à la fin de mois, Jean Roucas,
Stéphane Collaro, Amanda Lear, Michou se rappellent de
celui qui a "donné de la joie à la chanson
française".Carlos , également humoriste, était
un des pilliers des "Grosses Têtes" de Philippe
Bouvard, sur RTL.
Carlos était aussi un homme de voyages et il avait une
affection particulière pour les îles comme le témoigne
les chemises tahitiennes qu'il arborait très souvent.Il
laisse également de très nombreux amis à
l'Ile Maurice.Venu chanter et pêcher au gros de nombreuses
fois chez nous, Carlos savait beaucoup oeuvré pour la promotion
touristique de notre pays. Ses premiers amis, Sir Gaëtan
Duval, depuis le début, l'invitait à Maurice où
il se produisait souvent avec ses amis Jean Jacques Debout et
Chantal Goya également amateurs de notre pays. Carlos avait
produit plusieurs émissions sur la pêche aux gros
pour les chaînes cablées Odyssée et Voyage,
sur Maurice, Madagascar, Hawai. Carlos avait une affection particulière
pour Maurice et ses habitants. Les Mauriciens le lui rendaient
bien. Il souhaitait même, à un moment, acquérir
L'Ile aux Bénitiers.
Au début des années 70, je participais au "Numéro
Un" de Jean-Jacques Debout où j'ai rencontré
Carlos pour la première fois. Nous nous sommes revus de
nombreuses fois à Maurice et à Deauville récemment
où il me parla de sa maladie.
L'homme de la nuit, des fêtes...s'en est allé heureux.
Une pensée toute particulière pour le grand amour
de sa vie,Mimi.....Carlos sera inhumé Mardi prohain à
St.Germain.
"Big Bisou".....
Clarel Betsy
Renouvellement du Conseil d'administration du Media Trust
Nous tenons à vous informer qu'en vertu de la section 5.1
(f) du Media Trust Act 1994, l'élection de quatre représentants
de la presse (2 rédacteurs en chef et 2 journalistes à
plein temps) pour siéger au sein du Conseil d'administration
du Media Trust pour les deux prochaines années 2008 et
2009 aura lieu le mercredi 6 février 2008 entre 10 h
et 15 h au siège du Media Trust, River Court, 6 rue St
Denis, Port-Louis.
Ce 18 janvier 2008
Religion
Thaipoosam Cavadee: A la gloire du Dieu Muruga
Les Mauriciens de foi tamoule observent actuellement le jeûne
dans un esprit de dévotion et de ferveur. Cette période
d'abstinence et de recueillement culminera avec la célébration
de la fête Thaipoosam Cavadee, prévue pour le mardi
22 janvier. Le jeûne a débuté dimanche dernier
avec la cérémonie Kodi Ettram et les dévots
sont plongés dans des moments de spiritualité intense
et rendent hommage chaque jour dans des kovils, à Muruga,
le fils de Shiva et de Parvati. Des manifestations religieuses
sont prévues partout à travers l'île mardi
avec des processions.
Les manifestations religieuses commencent avec le Kodi Ettram.
Un drapeau (kodi) sur lequel est dessiné un
coq (séval) est hissé en haut d'un mât (kodi
maram) se trouvant à l'entrée des kovils. On
fait flotter le kodi enroulé dans une corde faite
avec une herbe particulière (therpai). Pour les
croyants, cela symbolise l'esclavage (passam). Le coq symbolise
le naatham qui signifie Om. Les dévots se
prosternent devant le Kodi et font des offrandes, tout
en récitant des versets sacrés.
Avant de faire flotter le kodi, on procède au bain
rituel de la divinité avec de l'eau et du lait (abhishegam).
On l'habille et elle est ornée avec des bijoux - or
et pierres précieuses. Les fidèles commencent à
prier, d'abord en silence, puis à haute voix. Ces prières
sont ponctuées des cris de Arogara ou Arohara
(gloire à Dieu).
Chaque soir, les dévots se réunissent dans les kovils
pour des prières et y apportent des offrandes comme
des noix de coco, des fruits, du camphre, des bâtonnets
d'encens, de l'eau parfumée, de l'eau safranée,
de l'huile et de la cendre sacrée (thirounirou). Les
rituels sont pratiqués dans le respect de la tradition
dravidienne. Souvent, pour agrémenter ces soirées,
des groupes entonnent des chants pieux en utilisant des instruments
traditionnels.
Ces dix jours sont très importants dans la mesure où
le dévot se purifie l'âme et tente de maîtriser
les sentiments mauvais tels que la haine, la jalousie, la gourmandise
et l'avarice. Ainsi, il est conseillé de ne pas consommer
de nourriture salée ou des boissons alcoolisées,
mais des mets uniquement préparés chez soi, ainsi
que de dormir sur une natte propre, de pratiquer l'abstinence
sexuelle, de méditer, de n'écouter que des chants
religieux et de s'adonner à la lecture des livres sacrés.
La nuit précédant la fête, les dévots
préparent leur cavadee avec l'aide des parents et amis
jusqu'à fort tard. Ces structures de bambou sont ornées
de feuilles et de fleurs. Certaines prennent la forme d'un paon
et d'un kovil mais la forme de vel (lance) est populaire.
Le jour de cavadee, les dévots se réveillent tôt
le matin pour prendre un bain avant de se rendre du kovil. Ils
convergent ensuite vers la large rivière pour accomplir
les rites et y prennent ainsi un bain purificateur. Après
le bain rituel, les dévots portent autour des reins, un
tissu jaune safran. L'atmosphère est riche en émotions.
Chants et prières contribuent à purifier l'atmosphère
tandis que les jeunes s'affairent à jouer au Koumi et
au Kolaatham (bâtons de bois).
Tout au long de la procession, les fidèles font des offrandes
(archounai) ou versent de l'eau safranée aux pieds
des dévots. On procède aussi à la distribution
du paanakam (jus sucré à base de limon).
Quelques minutes avant que la procession ne quitte la rivière,
les dévots apportent leurs offrandes qu'ils mettent dans
leurs sombous. L'offrande peut être du lait, de l'eau,
du safran, du jus de limon ou d'orange, du lait caillé,
du miel, de la cendre sacrée et de l'eau de rose. Les dévots
doivent parfumer l'intérieur de leurs sombous avec de la
cendre sacrée avant d'y mettre l'offrande. Une fois que
l'offrande est versée dans le sombou, ils doivent le recouvrir
en premier lieu avec une feuille de bananier puis avec un tissue
rose. Ensuite, les deux sombous sont attachés aux deux
extrémités du cavadee.
Dans un élan de sacrifice, les dévots se font percer
la langue, les joues, le torse, le dos, le bras, les jambes au
moyen d'aiguilles. Certains dévots accrochent des limpons
à leurs corps à l'aide d'hameçons. D'autres
attachent leur bouche avec un tissu. Quand le moment est arrivé,
la procession quitte la rivière pour se diriger vers le
kovil. Une procession qui va durer quatre à cinq heures
de marche, souvent sous une pluie battante et une chaleur accablante.
Une fois arrivés au temple, les dévots font le tour
de l'édifice à trois reprises. Ils déposent
leurs cavadees pour détacher les deux sombous qui contiennent
l'offrande avant de se diriger vers le prêtre. Ce dernier
prend l'offrande pour la verser sur le murthi de Muruga.
Le prêtre prend quelques gouttes du lait sacré qui
purifie son corps et son âme. Des mets végétariens
sont servis. L'étape culminante en ce jour de cavadee est
le Maha Deebaradanai où Muruga envoie sa bénédiction.
Ainsi, il est nécessaire que tous les dévots y participent
avant de retourner chez eux.
Le Codhi Irakkam (la descente du pavillon) est célébré
le lendemain du jour de la fête pour mettre fin au jeûne
de dix jours.
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