o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 20 janvier 2008



  Faits et effets - Indécences
  Humeur - Entre "fausses" pénuries et "vraies" révélations
  Interrogations - L'année décisive
  Carnet - Où est le plan maintenant ?


Faits et effets...

Indécences
Josie Lebrasse


Par où commencer, on ne sait pas. Par ce qui fait le plus mal au porte-monnaie, les augmentations en cascade de janvier. Après le diesel, le ciment et les matériaux de construction qui en sont dérivés, la farine augmente de 30% comme prévu par Week-End depuis quelques semaines déjà et le pain par 23%. Certaines augmentations sont inévitables, on l'a dit et répété ad nauseam avant juillet 2005, mais l'alliance sociale avait demandé à la population de voter pour elle contre promesse de ne pas augmenter les prix. Certains s'étaient même aventurés à dire qu'avec eux les prix vont baisser. Comment voulez-vous que la population accepte aujourd'hui ces coups de massue successifs sans tenir des propos révoltés, convaincus d'avoir été arnaqués, trompés sur toute la ligne ?

S'il y a les promesses anciennes, qui ne peuvent être oubliées, il y a aussi les engagements plus récents restés tous frais dans la mémoire populaire. C'est le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, lui-même qui est venu, il y a à peine quelques semaines, sur un ton des plus solennels, promettre à la population que le prix de la farine ne connaîtrait aucune augmentation durant toute l'année 2008 du fait des économies de Rs 500 millions réalisées sur les 100 000 tonnes de farine achetée à prix cassé auprès de la Chine. Le même propos avait été repris, non pas sur une caisse de savon, mais à l'Assemblée nationale le 14 décembre lors d'un échange sur la Private Notice Question du leader de l'opposition, Paul Bérenger.

Or, ce ministre, sa STC et la folklorique jumelle de celle-ci, la STCM du trésorier du PTr, ont été à plusieurs reprises désavoués. Sur le dossier de la farine, une première fois lorsque le Premier ministre a tranché en faveur de l'allocation de la moitié du contrat aux Moulins de la Concorde. Aucune réaction, aucune conséquence tirée par le ministre bien calé dans son maroquin. Une nouvelle fois désavoué par le conseil des ministres sur le prix de la farine, on aurait pu penser que Rajesh Jeetah aurait eu un sursaut d'orgueil et qu'il aurait eu la décence de démissionner. Non, il vient ravaler ses promesses et se perd en explications sur le prix de la farine importée de Chine et qui ne serait plus aussi compétitive après l'imposition d'une taxe à l'exportation par les autorités chinoises. Qu'il reste est une question de culture morale, qu'il soit autorisé à continuer à promettre à la population tout et son contraire rejaillit surtout sur celui qui décide qu'il en soit ainsi. Même si ça fait rire les chancelleries…

Les augmentations sont inévitables mais les salaires doivent suivre. Et ce n'est pas avec les Rs 260 de compensation accordées à ceux au bas de l'échelle et vite absorbées l'année dernière par les nouvelles augmentations de juillet 2007 qui vont permettre aux familles de survivre. Rien que pour le budget du pain quotidien, ces Rs 260 ne vont pas suffire. Il vaut mieux ne pas faire le compte pour les autres denrées de base qui n'arrêtent pas de prendre l'ascenseur. C'est à donner le vertige, même pour ceux qui sont de la classe moyenne. Et on réactivera le comité d'agents politiques du National Pay Council pour venir avec une pitance inadéquate aux salariés et, partant, aux pensionnés et autres bénéficiaires d'allocations sociales.

La Cour Suprême a, elle, désavoué, cette semaine, la Public Service Commission et a annulé quatre des nominations de recteurs adjoints auxquels elle avait procédé. C'est une première qui rassure un peu en ces temps de soupçons généralisés de passe-droits, de favoritisme et de corruption. Avec cette conclusion, on se demande, par exemple, s'il n'est pas encore temps pour les victimes lésées des bourses médicales indiennes de saisir la justice et s'il n'est pas utile d'attaquer la Beach Authority pour le recrutement en masse de personnes habitant la circonscription du ministre des Administrations régionales.

La PSC avait été en août 2005 l'objet d'un litige entre le président de la République et le Premier ministre à l'époque de leurs hostilités affichées. Sir Anerood Jugnauth dont c'est la prérogative de procéder à ses nominations avait renversé certaines recommandations de Navin Ramgoolam. C'est au président de réagir. Soit il annonce que la PSC conteste la décision de la Cour Suprême en appel, soit il révoque ses membres directement liés à cet exercice de sélection débouté par la plus haute instance judiciaire du pays. Voilà une institution tenue pour sacrée et que même les parlementaires ne peuvent critiquer, si ce n'est par le biais d'une motion formelle qui a été désavouée depuis plus de 72 heures par la Cour Suprême et qui n'a aucune réaction. Même pas le plus petit communiqué d'explication et de suites à donner à cette affaire. Un silence indécent.

C'est aussi à la limite de l'indécence les propos tenus par Sylvio Michel, cette semaine, sur ceux qui peuvent et doivent prétendre au poste de Premier ministre et ceux qui ne le doivent pas. Avec des arguments sur la supériorité numérique de tel groupe par rapport à tel autre, d'une nation qui n'existe pas et sur les supposées tensions qui auraient existé sous le mandat de Paul Bérenger. Ministre du gouvernement dirigé par le leader du MMM jusqu'à son départ pour rejoindre l'alliance sociale, il aurait dû être bien placé pour savoir que tel n'a jamais été le cas. Il n'y avait pas d'émeutes comme en 1999, des Jeux des îles unitaires, un partielle et des générales sans anicroche. Les tensions sont bien plus présentes aujourd'hui avec ce qui se passe dans tous les coins et recoins du pays et avec des milices organisées dans chaque communauté.

Quant à la notion de majorité/minorité, pourquoi ne pas étendre l'argumentaire et dire aussi que puisque ce sont les femmes qui prédominent, ce sont elles qui doivent être aux avant-postes partout ? À ce jeu indécent et d'un autre temps de majorité/minorité, on risque tous d'être perdants. Et le pays avec…




Humeur

Entre "fausses" pénuries et "vraies" révélations
Jean-Claude Antoine


C'est pour éviter une augmentation du prix de la farine, provoquée par les exigences des Moulins de la Concorde, que Rajesh Jeetah avait été contraint de faire appel - comme d'habitude à travers la STC - à la Chine. Comme tout bon pays-frère, Beijing avait favorablement répondu à la demande et, bien qu'il ne produise pas suffisamment pour ses propres besoins, avait accepté de dépanner Maurice avec une cargaison de 100 000 tonnes de farine à prix d'ami. C'est ce prix d'ami qui allait permettre de ne pas augmenter le prix de nos pains maison, de nos faratas chauds bouillants, ce qu'on aurait été contraint de faire si le ministre n'avait pas dénoncé les conditions des capitalistes, monopolistes des Moulins de la Concorde. Quelques questions sur la qualité de la farine, le prix d'ami auquel il allait être acheté et les délais de livraison furent posées, mais le ministre du Commerce les écarta d'un geste de la main. Tout comme lors de sa conférence de presse bilan de décembre au cours de laquelle il avait soutenu qu'il n'y avait pas eu de pénurie de lait, de fer de construction et de ciment en 2007. La catastrophe de l'opération Amul, la fermeture de Desbro et les livraisons de barres de fer au petit matin au prix du marché noir et la rocambolesque aventure de la STC et la longue escale de l'Ocean Queen en tête de rade à Port-Louis étaient des complots montés par ses ennemis et par des journalistes malveillants. Comme la chasse aux bricks de laits dans les supermarchés et les dépassements de budget de construction provoqués par les pénuries de fers de construction et de ciment. Il faudra qu'un jour le ministre Jeetah nous donne l'adresse de l'oculiste - ou l'occultiste ? - qui lui fournit des lunettes permettant de transformer le négatif en positif. Une fois de plus, une déclaration du ministre du Commerce jouant au briseur de monopoles a été démenti dans les faits. La farine achetée en Chine et payée à prix d'ami n'a pas empêché l'augmentation. En dépit des assurances de M. Jeetah, en décembre dernier, la farine est passée de Rs 5,30 à Rs 6,90 le demi-kilo (30% d'augmentation) et le pain maison de Rs 2,15 à Rs 2,65 (23%). Il va sans dire que les prix des faratas, dhol puris, gâteaux piments, samoussas, petits et gros bajas ainsi que les mines, macaronis, pizza, pains fourrés et autres burgers prennent également l'ascenseur. Question bête : est-ce pour éviter une augmentation de prix que le ministre du Commerce a rejeté le contrat des Moulins de la Concorde pour aller s'approvisionner en Chine ? Si c'est le cas, les prix d'amis négociés par le ministère coûte terriblement chers aux Mauriciens.

Après avoir sorti le dossier des billets d'avion payés trop chers de l'ICAC, l'hebdomadaire Samedi Plus a fait très fort dans son édition d'hier. Il consacre sa une et deux de ses pages avec photos géantes à une révélation : l'existence du fils caché de Sir Seewoosagur Ramgoolam. Non, il ne s'agit pas d'une enquête basée sur l'examen des poubelles de la famille Ramgoolam, mais d'une confession en bonne et une due forme du fils caché du premier Premier ministre de l'île Maurice qui est, par conséquent, le demi-frère de l'actuel occupant du poste. Ce fils et ce demi-frère caché qui se sent le besoin de révéler le secret est âgé de 56 ans est n'est pas un inconnu du grand public. Il s'agit de Clovis Azie, qui se fait désormais appeler Little Kewal. Il avait occupé la une de l'actualité nationale, l'année dernière, en agressant le ministre Anil Baichoo dans la salle à manger de l'Assemblée Législative en présence du Speaker. Accompagné d'un ami, il avait envoyé son téléphone portable sur le ministre de l'Environnement en l'accusant de vouloir quitter l'Alliance sociale pour l'opposition. En bref, Azie voulait empêcher Baichoo d'abandonner Navin Ramgoolam. Avec la révélation de Samedi Plus, on comprend aujourd'hui mieux la démarche de Little Kewal : il voulait protéger son frère. Mais est-ce que le fait d'être le demi-frère du Premier autorise à envoyer un téléphone portable sur un ministre ? Interrogé sur cet incident survenu au Parlement, Navin Ramgoolam avait déclaré à l'époque que Clovis Azie était "ene dimoune PMSD sa". Est-ce qu'il changera d'attitude maintenant qu'il sait que le "dimoune PMSD" est le fils de son père ? Est-ce qu'il interviendra pour que son demi-frère, sur qui pèse une objection to departure, puisse se rendre en Grande-Bretagne qui lui a octroyé en 2001 un statut de réfugié politique ? Ce sont quelques-unes des nombreuses questions que les observateurs politiques se posent depuis hier.

Entre "fausses" pénuries et "vraies" révélations, on peut dire que 2008 démarre sur des chapeaux de roues.




Interrogations

L'année décisive
Shenaz Patel


40 ans, dit-on, est l'âge de la maturité. Et il est intéressant de voir que c'est à la veille de la célébration du 40e anniversaire de notre Indépendance, que le groupe Rezistans ek Alternativ (R&A) annonce l'intensification de sa campagne contre toute forme de communalisme dans la Constitution et le système politique, se manifestant à travers le slogan "Kominalism dan Konstitisyon ek sistem politik : 40-an asé !"

Cette démarche est directement liée au fait qu'en décembre dernier, le Haut Commissariat des Nations unies a informé R&A de l'enregistrement officiel de sa plainte contre l'État mauricien déposée devant le Human Rights Committee. Cette affaire, rappelons-le, prend sa source dans la décision de R&A de contester, lors du dépôt de candidatures pour les élections législatives de 2005, l'obligation faite à tout candidat de déclarer son appartenance "communale". Ne voulant se dire ni "hindous", ni "musulmans", ni "sino-mauriciens", ni de "population générale", les candidats de ce parti avaient en conséquence vu rejeter leurs bulletins de candidature. Un jugement favorable du juge Balancy ayant finalement été renversé par la Cour suprême, R&A annonça son intention de porter la question devant les Nations unies. Instance qui vient donc de leur signifier son acceptation de considérer leur plainte.

Ce qui est intéressant dans cette affaire, c'est que l'État mauricien sera, en conséquence, obligé d'affirmer clairement sa position sur cette question, sachant qu'il a, à compter de décembre 2007, six mois pour présenter sa position aux Nations unies.

À ce chapitre, il n'est pas inopportun de noter que c'est seulement dans le cadre des élections législatives que la Constitution de Maurice fait obligation aux citoyens de ce pays de se classifier en termes communaux. Ce pour pouvoir appliquer le Best Loser System, soit la désignation, parmi les non-élus ayant réalisé les meilleurs scores, de députés dits correctifs en fonction de leur appartenance communale et de la "balance" à être rétablie entre les différentes communautés au sein de l'Assemblée nationale. Cela en se basant sur les chiffres du recensement de 1972, le dernier où il fut permis de demander aux citoyens mauriciens de se classifier en termes communaux.

Et l'on prend bien là toute la mesure du paradoxe qui nous agite. D'une part, nous considérons qu'il convient, dans le cadre des recensements de population, de ne plus demander aux gens de se classifier en termes communaux. De l'autre, nous estimons que cela est nécessaire pour notre représentation politique. Comme si l'État ne pouvait être que la somme des "tribus"…

Rezistans ek Alternativ fait aussi judicieusement ressortir que si le gouvernement accède à la demande du père Jocelyn Grégoire et de sa Fédération Créole de remplacer, dans la Constitution, la catégorie "Population Générale" par "Créoles et autres chrétiens", c'est encore un autre problème qui va se poser. Car la question posée dans le cadre du recensement de 1972 consistait à savoir si les interrogés choisissaient de se classer comme hindous, musulmans, sino-mauriciens ou population générale. Prendre les chiffres de cette dernière catégorie pour les transposer sous une autre appellation qui n'avait pas été soumise aux interrogés serait-il légal ? Rien n'est moins sûr. Est-ce à dire que nous devrions procéder à un nouveau recensement, en réintroduisant la question communale bannie depuis 25 ans ?

C'est dire si l'action initiée par Rezistans ek Alternativ est capitale. Et salutaire. Car elle va nous obliger, cette année, à cesser d'éluder cette question centrale de notre vivre-ensemble et de notre construction identitaire. Il n'est pas question ici, contrairement à ce que tentent de faire croire certains, d'une volonté de fondre tout le monde dans le même moule, de gommer les différences et les spécificités pour faire une variété uniforme de "Mauriciens". Chacun a le droit, s'il le désire, de se considérer comme hindou, musulman, sino-mauricien, créole ou de population générale, et de vivre sa vie quotidienne en fonction de ce que cette appellation, pour lui, recouvre et recoupe. Mais il s'agit de dire si nous trouvons juste, normal et souhaitable de continuer à perpétuer un système électoral qui oblige à se définir selon l'une de ces quatre catégories, et qui considère en clair qu'un hindou ne peut, à l'Assemblée nationale, être représenté que par un hindou, un musulman par un musulman, etc. Il s'agit de dire si nous avons le droit, oui ou non, d'être simplement des Mauriciens, et d'estimer que ce sont les qualités et les compétences propres à une personne qui lui donnent la faculté et le privilège de nous représenter à l'Assemblée nationale et de défendre nos intérêts communs. Commun étant le maître mot, celui qu'il reste à approfondir et faire grandir. À défaut de voir se répandre et se généraliser des conflits qui menacent de transformer certains de nos quartiers en Far West et notre pays en poudrière.

Nous sommes tous concernés par l'accroissement du problème de la toxicomanie, par la montée de la criminalité, par la hausse du prix des carburants et des denrées alimentaires, par la dégradation de notre environnement. Il n'y a pas, à cela, de solution pour un groupe communal ou un autre. Il y a un travail à être fait avec l'apport de tous et pour tous. À nous de dire si, quarante ans plus tard, nous aurons la maturité nécessaire pour en prendre conscience et l'affirmer…




Carnet

Où est le plan maintenant ?
Patrick Jean-Louis


Le principe de musical chair, jeu légendaire et que pratiquent encore les familles mauriciennes pour agrémenter les fêtes dominicales veut qu'il y ait la fin un gagnant. Plus de 72 heures après, on se pose encore la question de savoir qui est le grand gagnant du musical chair effectué mercredi dernier par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sylvio Tang au sein de son équipe composée de Senior Sports Officers et Sports Officers. Ceux qui dans le langage courant des fonctionnaires, l'on appelle des SSO et des SO.

La logique veut qu'à la fin de ce type d'exercice, c'est le sport qui sorte gagnant. La logique veut aussi qu'à la fin de l'exercice de reshufflement parmi les SSO et les SO, l'on note un nouveau dynamisme qui s'installe presque immédiatement, car les changements de responsabilités au sein d'un ministère sont toujours accompagnés d'un plan qui se veut être le chapelet de bonnes intentions. D'autant que le ministre est à mi-mandat.

Un plan dont les intentions premières devraient être la relance des différents secteurs desquels le ministre en question a la responsabilité depuis le 10 juillet 2005. Dans le cas qui nous concerne, il s'agit d'un secteur doublement important pour ne pas dire doublement déterminant. Puisque nous parlons bien évidemment de cette jeunesse mauricienne qui pratique un sport avec pour objectif de défendre, au plus haut niveau, les couleurs de Maurice.

Depuis la fin des Jeux des îles et la claque ramenée d'Antananarivo, Sylvio Tang n'a cessé de parler de son désir de changer les choses au 3e étage de l'Emmanuel Anquetil Building. Ce désir, est même apparu bien avant le départ pour la Grande île. À l'époque, la rumeur laissait croire que le dossier avait même été confié à un de ses bras droits. On ne peut affirmer avec certitude si le reshufflement communiqué à toutes les rédactions sportives dans l'après-midi de mercredi, - après une réunion entre le ministre et ses SSO - est une idée de ce fonctionnaire. Mais nous revenons à notre question de départ : où est le plan maintenant ?

Car il faut être d'une naïveté, voire d'une ignorance extraordinaire pour croire que le Front Line constitué par le ministre avec les SSO Ram Lollchand, Samoo Pillay et Dev Auchaybur avec en milieu de terrain les 10 Sports Officers, le sport à Maurice va être redynamisé. Nul besoin d'être un grand savant pour comprendre que ni l'arrivée de Dev Putty comme Managing Secretary du Mauritius Sports Council (MSC) ni la mise à l'écart confirmée du Directeur des Sports, Novin Gaya, ne vont permettre au sport mauricien de retrouver ses lettres de noblesses.

Les compétences n'étaient pas appropriées pour les JIOI de Madagascar l'année dernière. Comment se fait-il qu'elles le sont aptes pour les Jeux de la CJSOI (Commission Jeunesse et Sports de l'océan Indien) ? Il y a une logique que l'on ne suit pas dans ce musical chair opéré au MJS et nous persistons à croire que ce n'est pas en procédant à des changements de responsabilité que le sport mauricien se portera mieux. Car le point primordial à retenir c'est que Sylvio Tang a redistribué les mêmes cartes, parfois usées, qu'il avait en sa possession.

À bien des égards, la semaine écoulée qualifiée de déterminante pour le sport mauricien, a été malheureusement une nouvelle occasion ratée pour Sylvio Tang de passer de la parole aux actes. Ce n'est certainement pas en citant les grands rendez-vous sportifs de 2008 comme un leitmotiv que cela veut dire automatiquement que l'on a un plan et que les objectifs ont été établis.

Oh que non monsieur le ministre ! Nous l'avons dit dans notre dernière édition de 2007 : " La relance exige, à n'en point douter, une politique harmonieuse accompagnée d'une modernisation de l'administration du sport, y compris la capacité et la connaissance de ceux qui sont chargés de la conduite de cette administration. " Un plan c'est venir dire au mouvement sportif, voire à la population en général, où est-ce que vous voulez que le sport à Maurice soit lorsque sonnera l'heure du bilan final en 2010. Pourquoi pas au-delà, puisque les fruits de toute action dans la bonne direction qui sera prise aujourd'hui ne seront cueillis qu'en 2011 et 2012 aux Seychelles et à Londres respectivement. Quand les objectifs sont établis c'est venir dire la place que vous voulez que les sportifs mauriciens occupent lors des Championnats d'Afrique d'Athlétisme en Éthiopie, des Jeux de la CJSOI aux Seychelles et les JO de Beijing et les moyens qui sont mis à leurs dispositions pour atteindre ce but.

Dans le cas contraire, on ne peut en au cas parler de relance, car même une petite case en tôle ne se construit pas sans qu'un croquis ne soit couché sur papier.

Voyez-vous monsieur le ministre, et ce n'est qu'un déni de justice, en dépit de ses faiblesses et de ses incohérences, même feu Navin Soonarane avait un plan d'action…






o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 20 janvier 2008