m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 20 janvier 2008



  Histoire - Le drame mystérieux de Gabriel Potanah
  Voyage dans l'ancienne Arabie - Les mirages du désert dans l'œil de Mamade Kadreebux
  Centenaire Simone de Beauvoir - "Etre une femme indépendante"
  Nallah Attan - collectionneur - Son amour pour les pièces exceptionnelles
  Au St Géran cette semaine - Belle affiche pour le Festival de Musique Classique
  Rénovation de la Batterie de l'Harmonie - Résidence d'artistes en novembre 2008
  Expo photos de Jerusalem - La mémoire des lieux
  Nitelife, samedi dernier à Trianon - Liesse populaire à la Guetta et Starr vibe
  Rodrigues - Production musicale: en sourdine et sans échos!
  Nouvelle publication: - Maurice Multimédia : une bouffée d'air frais !
  Le 1er février au Palladium - Traffic Light Party : Rendez-vous aux rencontres
  Cuisine - Cuisine locale : simple et savoureuse
  Santé - La varicelle : Des boutons caractéristiques


Histoire

Le drame mystérieux de Gabriel Potanah

En 1944, un procès aux Assises passionne les Mauriciens. Il s'agit pour la justice du pays d'établir qui, de deux marins du navire français Le Léopard avait commis un crime odieux sur la personne d'un chauffeur de taxi mauricien, le dénommé Gabriel Potanah. Sans jamais prendre la dimension diplomatique que celle qu'avait prise, récemment, le procès des animateurs de l'ONG l'Arche de Zoë, au Tchad, l'affaire de la Couronne contre les marins Charles Touron et Claude Coquin n'en fut pas moins compliquée. Jamais, finalement, la Cour d'Assises ne put percer le mystère avec pour conclusion que les deux accusés furent condamnés à une longue peine de d'emprisonnement.

Mais, le malheureux chauffeur de taxi n'avait reçu qu'une seul balle de revolver et, forcément, il n'y avait eu qu'un seul assassin ... L'un d'eux garda son lourd secret !

La page d'Histoire de Week-End, ce dimanche, reprend la narration que fit de ce drame, le journal du Mauricien en date du samedi 24 juin sous la rédaction en chef de Gabriel Martial .

L'affaire débuta dans la matinée du vendredi 14 janvier 1944, lorsqu'un taxi de Port-Louis de la marque Vauxhall, - une superbe voiture - fut retrouvé, abandonné, au bord d'un champ de cannes sur la route menant à Moka, en face de l'église St.Jean. Le taxi avait été loué, la veille dans la soirée, sur la Place d'Armes, par deux jeunes marins d'un navire de guerre français qui était resté quelques jours dans notre port. La censure interdisait alors à la presse de faire mention des arrivages et des départs de navires. On savait , cependant, que le navire français, était le contre - torpilleur Léopard.

Le chauffeur de taxi, Gabriel Potanah, âgé de 38 ans, habitant Port Louis, avait disparu . Une enquête commença tout de suite. Il fut facile d'établir que le taxi avait été abandonné au cours de la nuit, et qu'il revenait de Curepipe. On présuma que le conducteur s'était trompé de route, et qu'au lieu de continuer en direction de Port Louis, il avait pris à droite et la voiture, dans l'obscurité, avait versé à côté du chemin. Il était donc pratiquement certain que ce n'était pas le chauffeur qui le conduisait, au retour de Curepipe.

Des officiers de la Sûreté se rendirent à bord du navire français pour essayer d'établir l'identité des deux marins qui avaient pris le taxi la veille. Le Léopard devait partir l'après - midi même pour Madagascar ou un port d'Afrique. Le commandant déclara qu'il reviendrait à Port - Louis dans quelques semaines , avec les mêmes hommes, et que l'enquête à bord pourrait se faire alors.

Une indignation générale

Dans l'après - midi du 19 janvier, un gardien du Trou -aux - Cerfs découvrit dans un buisson, sur un côté du cratère, un cadavre qui fut facilement identifié comme étant celui de Gabriel Potanah. Le corps portait à la nuque une blessure causée par une balle de revolver. Potanah était un homme ayant une excellente réputation; on le savait honnête et sobre. Il était marié et était père d'une fillette. Il était évident que Potanah avait été tué durant la promenade que les deux marins français avaient été faite à Curepipe et que le crime avait été commis par les deux marins, ou par l'un d'eux.

La nouvelle de cette assassinat suscita l'indignation générale, une indignation mêlée de surprise et de consternation, puisque des marins français étaient en cause. Or, la conduite des marins français faisant escale à Maurice avait toujours été irréprochable. Ils se comportaient à terre beaucoup mieux que ceux des autres nationalités. Ils étaient accueillis partout cordialement et ils étaient très populaires. On ne se souvenait pas que des marins français eussent jamais été mêlés à Maurice à une bagarre ou causé quelque incident désagréable. On ne pouvait s'expliquer les mobiles de cet abominable forfait. Le malheureux Potanah avait sur lui une somme de Rs 80 ou Rs 90, montant de la recette de la journée, et l'argent avait disparu. Mais, il était difficile d'admettre que c'était pour les dépouiller que les marins l'avaient si cyniquement abattu , car ils ne pouvaient supposer qu'ils trouveraient sur le chauffeur une somme importante.

Etait-ce un geste, presque inconscient, d'un homme dont la guerre, avait rompu l'équilibre mental, - car il n'y avait qu'un seul assassin réel - d'un intoxiqué, pris d'une fureur subite, et l'argent avait-t-il été enlevé de la poche de la victime, pour faire croire d'un crime d'un malfaiteur " ordinaire" ? Pour beaucoup, un élément de ce drame - un élément important, peut-être, restait mystérieux.

Le 7 février au retour du Léopard à Port-Louis, le surintendant Lavictoire, chef de la Sûreté, alla à bord, et le commandant lui livra deux marins, Charles Touron et Claude Coquin, qui avaient admis que c'étaient eux qui avaient loué le taxi. Après l'enquête judiciaire, ils furent déférés aux Assises sous une charge d'assassinat. On apprit durant les débats aux Assises que les deux marins n'avaient voulu rien dire à la police, ni au magistrat chargé de l'instruction de l'affaire. Ils s'en tinrent ; qu'ils ne parleraient qu'en présence de leur commandant. Or, Le Léopard était reparti et le commandant du bateau n'eut plus rien à faire avec les deux marins.

Le procès en Cour d'Assises commença le 17 avril, sous la présidence de M. Louis Le Conte. Me. M. de Spéville, King's Counsel défendait Charles Touron et Philippe Raffray , King's Councel défendait Claude Coquin . La couronne était représentée par Me. Raman Osman alors Substitut additionnel.

Les accusés se déclarèrent non-coupables, mais ils ne donnèrent aucune explication. On sait que, d'après la loi anglaise, qui s'applique à Maurice, dans les affaires en Cour d'Assises, un accusé a le droit de ne pas se faire interroger par son avocat, ce qui le met dès lors à l'abri d'un contre-interrogatoire. Au bout de quatre audiences, les jurés ne purent s'entendre et il n'y eut pas de verdict. Le juge-président déclara être surpris que le jury ne fut pas arrivé à des conclusions. Charles Touron et Claude Coquin comparurent une deuxième fois aux Assises, le 17 juillet. M. Le Conte présidait encore la Cour. Les avocats furent les mêmes pour les accusés. La Couronne fut, cette fois, représentée par Me. Roger Espitalier-Noël, alors substitut. De nouveau, les accusés ne parlèrent pas. Il y eut, cette fois, cinq audiences et les jurés, par 7 voix contre 2, rendirent un verdict qui écartait la peine capitale ; homicide sans préméditation. Le président condamna les deux accusés à quinze années de travaux forcés. Mais, des deux, qui était coupable ? Il n'y avait eu qu'un seul coup de revolver et il était possible que celui qui n'avait pas tiré n'eut aucune complicité dans le crime. Peut-être même en avait-il été le témoin horrifié mais impuissant? Il n'avait pas voulu parler, se disculper, pour ne pas accabler un camarade, et, dans l'espoir, peut-être, que tous deux échapperaient.

Charles Touron et Claude Coquin furent détenus quelque temps à la prison de Port-Louis, puis envoyés à Beau-Bassin. on les voyait sur la route entre Beau-Bassin et Port-Louis, dans leur costumes de prisonniers, assis à l'arrière de l'auto de M. Mc Cormack, l'officier des prisons. C'était Touron qui sortait le plus fréquemment . Touron était, croyons-nous, un ouvrier. Coquin était un intellectuel ayant fait de solides études; il ne voulait pas payer des moments de liberté relative au prix de l'humiliation qu'éprouve un prisonnier que tout le monde regarde. Quelques personnes s'intéressèrent à ces Français, qui avaient quitté leurs patrie pour continuer le combat et qui, si jeunes encore, portaient la responsabilité - plus lourde pour l'un que pour l'autre - de la mort violente d'un homme qui ne leur avait rien fait. Ils se conduisaient de manière exemplaire en prison, et ils bénéficiaient - ils n'étaient pas les seuls, d'ailleurs - d'une certaine atténuation de la discipline. Cela, comme leurs sorties du reste, fut critiqué publiquement. On ne les vit plus au-dehors et des ordres furent donnés pour qu'aucune exception au dur régime pénitentiaire ne fut faite en leur faveur.

La confession de Coquin

En prison, Touron et Coquin firent des confidences à des visiteurs. On sut ainsi que c'était Claude Coquin qui avait tué et que Touron n'avait été coupable que de s'être tu. En mars 1950, presque six ans après la condamnation, le Gouverneur, usant de la prérogative royale qui lui est déléguée, leur accorda une remise de peine de quatre ou cinq années - la peine étant réduite automatiquement chaque année. Touron et Coquin retournèrent en France. Au cours de la même année de 1950, Charles Touron adressa une correspondance à des amis Mauriciens pour leur apprendre que Claude Coquin s'apprêtait à entrer en religion à Trappes et qu'il se proposait surtout de signer une déclaration, dans les formes légales requises, à l'effet qu'il avait été le seul coupable de la mort de Gabriel Potanah et que Touron était donc innocent.

Charles Touron, en possession de la déclaration de son compagnon et véritable meurtrier, pouvait solliciter l'annulation de sa sentence par un arrêt de la Cour en bonne et due forme devant la justice mauricienne pour laver son honneur. Il avait aussi la possibilité de solliciter un " Free pardon" auprès du roi d'Angleterre et qui aurait équivalut à une réhabilitation. Mais, semble-t-il, il n'engagea jamais cette procédure ce qui fait que, malgré la correspondance de Claude Coquin, le drame de Gabriel Potanah n'eut pas une conclusion judiciaire complète et demeura, à jamais, un mystère ...


Voyage dans l'ancienne Arabie

Les mirages du désert dans l'œil de Mamade Kadreebux

Grand aventurier, explorateur-photographe, Mamade Kadreebux nous entraîne dans un voyage unique dans l'ancienne Arabie. Ses photographies prises lors d'un voyage en 1985 dans des sites symboliques fouillent la mémoire d'une civilisation ancienne et mettent en lumière des lieux souvent inaccessibles aux étrangers. Déserts immaculés, démesurés, forment un patrimoine insolite qui incite au voyage intérieur.

La richesse et la qualité des photographies de Mamade Kadreebux (compilées dans Journey into Ancient Arabia 2007, avec la collaboration de Alex Trafton) permet un voyage dépaysant au coeur de la mémoire de l'humanité. C'est un voyage dans les vestiges d'une grande civilisation, mais aussi un voyage intérieur, rituel pour tenter de sonder l'infini et rechercher la quiétude.

Des paysages somptueux privilégient deux sites du Hejaz (ancienne région de l'Arabie intérieure) : Mada in Salih, la cité de pierre et Al- Ul, la cité abandonnée. De véritables documents à valeur historique et architecturale qui révèlent des lieux jamais vus. La cité de pierre et la cité abandonnée constituent des sites grandioses. Mamade Kadreebux s'est chargé de les explorer pour les animer d'un éclairage nouveau. Les photographies sont accompagnées de textes narratifs et de poèmes de l'aventurier. Une mince échancrure dans un paysage intérieur et la pureté de la lumière sont visibles dans un des principaux clichés. La région du Hajaz, nous dit le chercheur Alex Trafton, s'étend sur la côte ouest de l'Arabie profonde. Le lieu est à présent compris dans le royaume de l'Arabie Saoudite. Dans sa présentation historique, Trafton souligne le rôle du Hejaz et d'un site en particulier : "Mada in Salih is a place that dominates the memory of all who have visited. However, it seems that the people in possession of this memory are few in number. In fact, Mada in Salih has been overlooked by much of the world, archaelogist and layman alike. In Saudi Arabia it is known because of its Islamic importance, where Allah took revenge on a polytheistic people who refused to heed his instruction or guidance. It is without a doubt that the ignorance to this place is due to the limited access, compared to the widespread knowledge of the city of Petra in southern Jordan, which is contemporary of Mada in Salih." Concernant Al Ula, Alex Trafton nous apprend que ce village se situe au sud-ouest de Mada in Salih. C'est peut-être un des villages les plus anciens du Hejaz avec une population et une histoire éclectiques et le désert autour. D'autres infromations d'intérêt culturel nous sont fournies sur les peuples qui ont habité la région et sur les artefacts, similaires à la potterie égyptienne, qui ont été découverts dans le village d'Al Ula. Mais laissons parler les clichés aux dimensions spirituelles et lyriques de Mamade Kadreebux. Cet explorateur-photographe a voyagé dans l'Arabie profonde en 1985. Guidé par le professeur Abdullah, il est parvenu à capter et restituer les sensations que procurent le lieu.

Photographies : Mamade Kadreebux


Mamada Kadreebux est né à Maurice. Il a accompli un périple de 25 ans autour du monde et visité plusieurs pays dont l'Arabie intérieure en 1985. Cet explorateur-photographe est doublé d'un poète et peintre. Aventurier autour du monde reconnu, il vit aujourd'hui à Berkey en Californie. Il a rancontré Alex Trafton, spécialisé en études islamiques, et ont collaboré à la publication de Journey into Ancient Arabia, 2007.


Centenaire Simone de Beauvoir

"Etre une femme indépendante"

Le centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir (1908-1986) marque un nombre d'événements - publications, colloques, documents filmés et le Prix "Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes." Il a été décerné à deux femmes : Ayaan Hirsi Ali, femme politique néerlandaise et Taslima Nasreen, auteur de La Honte. La pensée beauvoirienne est toujours prégnante. Femme libre et indépendante, Simone de Beauvoir est reconnue pour son livre à succès Le Deuxième sexe, et Les Mandarins, Prix Goncourt en 1954 et est connue pour sa relation avec Jean-Paul Sartre. Dans le cadre des manifestations autour de Simone de Beauvoir, nous publions ici des extraits de la lecture du livre de Michel Kail, Simone de Beauvoir philosophe (PUF 2004), par Deise Quintiliano. Cet article a paru dans la Revue électronique internationale Sens public.

S'appuyant notamment sur des arguments développés dans Le Deuxième Sexe, l'auteur renvoie à la question de fond : " Qu'est-ce qu'une femme ? ", qui structure l'interrogation de Simone de Beauvoir. Michel Kail entreprend une étude approfondie de sa philosophie à partir de la thèse beauvoirienne selon laquelle " la dépendance des femmes n'est pas la conséquence d'un événement ou d'un devenir, elle n'est pas arrivée ". Elle serait donc un fait " de nature ". Cependant, constater ainsi cette dépendance renvoie plutôt à un manque de réponses que les savoirs constitués s'avèrent inopérants à expliquer et à approfondir. En effet, ces derniers refusent l'angoisse de la tension d'une existence authentiquement assumée. C'est la surface plate de ce lac sans profondeur que l'auteur s'efforce de faire miroiter à l'aide des remises en question incessantes de Simone de Beauvoir. Dans cette voie, Michel Kail fait l'inventaire des éléments qui composent et définissent cette " domination " : la constitution du vaincu comme Autre, la complaisance des femmes dans le rôle qui leur est attribué de l'Autre, les complicités profondes qui s'opposent à la prise en charge de leur propre responsabilité face à leur inexorable liberté... Simone de Beauvoir met définitivement à nu les intérêts masqués qui contribuent à confiner les femmes dans la figure de cet Autre absolu, garant de la domination masculine, que ne justifiera nulle analyse biologique, psychanalytique ou provenant du matérialisme. Aussi, la conception d'un matérialisme renouvelé constitue-t-elle la vraie pierre de touche de la cohérence beauvoirienne. Redéfinissant le terme de monde, envisagé par elle comme langage car " les choses nous parlent ", l'écrivain-philosophe nous aide à comprendre la question de l'intersubjectivité qui transite incessamment du sujet à l'objet, réévaluant et modifiant l'interprétation du statut assigné au " corps ". Démontrant que pour Beauvoir le corps est histoire, Michel Kail décortique la façon par laquelle la philosophe relit cet ancrage réel qui se pénètre d'existence, rendant possible une communication vitale avec le monde...

Le pouvoir de l'oppresseur provient de son impossibilité à reconnaître chez les opprimé (e) s leur capacité d'existence ou d'anticipation d'une situation à venir, voire d'un avenir ouvert. Cet enfermement de l'avenir est réifiant : il réduit ce genre d'anticipations à un caractère imaginaire ou à un statut de rêverie pour ancrer la liberté dans les limites de la condition humaine. Mais ces frontières ne constituent pas, à proprement parler, des limites à la liberté puisque celle-ci ne peut jamais exister en dehors d'une situation donnée. L'importance attribuée au corps lui permet de débarrasser son analyse du physiologisme ou du biologisme dès lors que les relations humaines révèlent leurs faces intra-mondaines et que la notion de corps ne se démarque pas de la conscience. Ceci étant, le pour-soi qu'est le sujet ne s'abrite pas dans une pureté cristalline, il est plutôt une liberté située et socialement conditionnée, d'où l'interdépendance des subjectivités qui ouvre un espace pour la mise à découvert du sujet dans toute sa fragilité. Le débat sur l'acceptation de la domination par le sujet dominé permet à Kail de faire écho à la voix de Sonia Kruks lorsqu'elle passe en revue l'aspect fondamentalement innovateur de la critique de Beauvoir à l'égard des détracteurs du Deuxième Sexe, parce que la philosophe, différemment de Sartre et de Hegel, revendique une conception des degrés de liberté qui estompe la limite précise de l'action libre et de l'action contrainte, toutes les deux se trouvant soumises aux situations sociales susceptibles de transformer la liberté elle-même. Le problème central n'est donc pas celui de l'altérité féminine comme telle, mais bien celui de l'altérité non réciproque de la femme pour l'homme. C'est la constitution de la femme comme un Autre inégal et soumis qui requiert une réflexion approfondie. Kail renchérit sur l'aspect original de la pensée beauvoirienne pour thématiser le besoin de légitimation de la domination de la part du dominé, où s'inscrit d'ailleurs également la marge de manœuvre de l'opprimé. En d'autres termes, nulle domination ne saurait échapper à un questionnement par l'Autre ni à la possibilité de l'erreur. Ceci constitue un risque pour l'oppresseur qui le sait, renforçant la perspective d'une universalité humaine de liberté. L'originalité de Simone de Beauvoir se marque au fait qu'elle propose autant de solutions inédites qu'il y a de cas singuliers : toute liberté est en jeu devant toute autre, pour le meilleur ou pour le pire, le meilleur étant la reconnaissance par ma liberté de celle de l'autre. Ce raisonnement aboutit aux remarques intéressantes de l'auteur sur le " paradoxe et la liberté ". Tout en nous attirant l'attention sur le fait que pour Beauvoir nos rapports avec les autres ne sont jamais figés, mais construits à chaque instant, il indique comment Beauvoir introduit le concept d'imprécision dans la précision qui représente la loi de la condition humaine : " Dans ce cadre précis, l'imprécision est la règle, chaque acte d'un sujet isolé par sa subjectivité devenant le donné de l'acte d'un sujet isolé par sa subjectivité. Il n'y a pas de totalisation possible car qui prétendrait opérer une telle totalisation renforcerait, a contrario de son intention, l'imprécision ". L'humanité est une suite discontinue car les actes ne sont jamais transmis par un quelconque atavisme, ils se construisent de per si ; toute thèse qui tente de combler cette discontinuité renvoie au concept de nature humaine. Tout en se débarrassant de la dialectique dans le traitement du paradoxe, Beauvoir montre qu'il est la vérité même de la condition humaine. Différemment de Hegel pour qui le paradoxe est reconnu pour être aussitôt jugé intolérable et confondu avec une contradiction, Beauvoir dévalorise les stratégies discursives qui s'efforcent de le surmonter en les qualifiant d'inauthentiques...

Kail ne cache rien des difficultés que trouve Beauvoir lorsqu'elle recourt à l'ontologie, au détriment de la sociologie, par exemple, pour expliquer le " ce n'est pas arrivé " qui constitue le fil conducteur de sa lecture. En effet, c'est l'ambiguïté ontologique qui exprime les conditions sociales de l'existence. En nous avertissant qu'il n'y a que des relations, l'ontologie disqualifie la nature, la biologie et le sujet substantiel. Les nouvelles routes ouvertes par la réflexion de Beauvoir, prêchant l'éternelle surveillance, nous permettent d'élaborer un exposé systématique que la philosophie n'avait effectivement pas échafaudé sur cette problématique. L'analyse de Michel Kail ne dénoue jamais les points de tension, d'ambiguïté, de paradoxe, voire de contradiction que recèle la pensée beauvoirienne. Elle les prend plutôt en considération, en exploitant la richesse et l'originalité où repose les soubassements de cette articulation très oeuvrée. C'est ce qui constitue assurément le plus grand mérite qu'on peut assigner à ce petit grand livre.


Prix Simone de Beauvoir

Il a été créé pour marquer le centenaire de la naissance de celle qui fut le symbole de l'émancipation féminine au XXème siècle. Le Prix "Simone de Beauvoir pour la liberté de femmes "a été attribué à deux personnalités de courage : Ayaan Hirsi Ali, femme politique néerlandaise et Taslima Nasreen, poursuivie par les fondamentalistes depuis son premier roman, La Honte qui traite de l'oppression de la communauté hindoue au Bangladesh.


Nallah Attan - collectionneur

Son amour pour les pièces exceptionnelles

En chinant, en voyageant ou en parcourant les côtes de Maurice, Nallah Attan, collectionneur passionné, ramène à chaque fois des pièces exceptionnelles et des collections d'objets rares. Son salon à Vacoas ressemble à un mini musée où on y retrouve, entre autres, une collection de porte-clés, pièces de monnaie, cornes de cerfs, boîtes d'allumettes, roches sédimentaires ou éruptives, armes blanches, une plume d'astronaute, une tasse appartenant à la dynastie Ming, des fers à repasser datant de la vieille époque.

À l'âge de 15 ans, Nallah Attan se découvre une passion pour les coquillages. Son terrain de prédilection, les côtes rocailleuses et les lendemains des cyclones. Petit à petit, en se passionnant de la merveilleuse diversité de la nature et en nourrissant sa curiosité naturaliste, il commence à enrichir sa collection de cactus, puis d'autres objets comme des morceaux de bois aux formes diverses et insolites, des roches sédimentaires (qu'il trouve lors de la destruction de la montagne Auvillards pour la construction du Midlands Dam) ou volcaniques qu'il ramasse au pied de La Fournaise. Certaines ont la figuration géographique des pays tels que Madagascar, l'île de la Réunion, entre autres. Mais d'où lui vient cette passion? "C'est dans ma nature. J'aime tout ce que Dieu a créé", explique Nallah Attan, aujourd'hui âgé de 66 ans. Rien n'échappe à cet homme dont la collection vient de diverses parties du monde, car, pour lui, " il faut juste avoir l'œil". Lors de ses voyages en Inde, l'ancien inspecteur à la Municipalité de Vacoas/Phoenix ramène des pièces d'antiquités comme le samawaat, récipient en cuivre autrefois utilisé pour le bain, des objets de culte comme le "badna", des décorations portant des caractéristiques de la culture hindoue ou des influences de l'art hindouiste comme des bougeoirs antiques, des lunettes datant de l'époque du nationaliste indien Mahatma Gandhi, des trompettes servant à faire danser le cobra. Des services à repas venant du Maroc, une mini bible lue à la loupe, un dictionnaire de Larousse en miniature datant de 1961, une shisha utilisée pour fumer de l'herbe. Des horloges accrochées dans sa pièce font partie des souvenirs laissés par son père alors que les autres lui ont été offerts en cadeau comme l'horloge en or qui date d'un siècle. Sur un mobilier, autour des tissus osseux d'un requin marteau monté sur un abat jour, qui, allumé, fait paraître les veines de l'animal marin, sont étalés des pierres, dont un moonstone de Madagascar, "roche argent" provenant de L'Afrique du Sud, des roches volcaniques, des roches khôl, une grosse roche à la forme d'un œuf d'autruche qu'il a ramassé à l'embouchure de la rivière des Anguilles, une autre à la forme d'un cœur. En communiquant son amour pour cet art, le Vacoassien a trouvé diverses pièces d'antan et objets rares comme cette Space pen, plume utilisée par les astronautes dans l'espace et qui pète lorsqu'elle est utilisée sur Terre et des appareils de photo polaroid. Dans son téléviseur du salon transformé en home bar sont rangés des chopines de boissons gazeuses achetées en Arabie, Italie et de Chine. Derrière un rideau qui sépare son salon d'un couloir sont accrochées des armes blanches, dont des sabres, des épées, des coupes papiers ressemblant à de petits poignards, canif, cravache qui dissimule une arme tranchante et des cannes destinées à la marche, dont certaines munies d'une poignée pour la main. S'il existe des collectionneurs qui, au bout d'un certain temps, vendent leurs objets de collection, ce n'est pas du tout le cas pour cet homme qui a déjà transmis sa passion à son fils. "Je n'ai aucune intention de vendre mes objets. Au contraire, si vous en avez, offrez-moi", dit-il.


Au St Géran cette semaine

Belle affiche pour le Festival de Musique Classique

C'est ce mardi, 22 janvier, que démarre l'édition 2008 du Festival de Musique Classique "Sous les Tropiques" de l'hôtel St Géran. Jusqu'au 27 janvier, une pléïade d'artistes de renommée internationale proposera chaque soir aux mélomanes six rendez-vous de qualité.

A l'affiche de ce festival, on trouve cette année le violoniste Laurent Korcia, considéré comme l'un des plus grands violonistes français de sa génération; le guitariste Emmanuel Rossfelder, véritable "star" de la guitare classique depuis sa "Victoire de la musique classique" obtenue en 2004, digne héritier du grand Alexandre Lagoya; le pianiste libanais Abdel Rahman El Bacha, reconnu comme un artiste magistral, au fascinant pouvoir d'émotion et auteur de grands succès discographiques, notamment l'intégrale des 32 sonates de Beethoven, et l'intégrale des oeuvres de Chopin. Egalement présents le pianiste Marc Laforêt, disciple d'Arthur Rubinstein et directeur artistique du Festival " Sous les Tropiques " depuis deux ans; le pianiste Bertrand Chamayou, "Victoire de la musique classique" 2006 dans la catégorie révélation soliste instrumental de l'année; le jeune clarinettiste Nicolas Baldeyrou qui occupe un poste prestigieux de clarinette solo à l'orchestre national de France; le violoncelliste Marc Coppey, qui a fait ses premiers pas avec Yehudi Menuhin à Moscou puis à Paris dans le trio de Tchaîkovski et joue sur un violoncelle Matteo Goffriller (Venise 1711). Enfin, le pianiste Pascal Amoyel, révélation soliste instrumental en 2005 aux "Victoires de la musique classique", considéré comme l'un des héritiers spirituels de Gyôrgy Cziffra.

Les billets sont fixés à Rs 650 par soirée, avec un tarif forfaitaire de Rs 3 500 pour les six concerts. Ils sont en vente dans le Rézo Otayo (tel:466-9999)

Le programme

- Mardi 22 janvier à 19h : Récital de Piano - Abdel Rahman El Bacha

(Oeuvres de Beethoven, Albeniz et Stravinsky)

- Mercredi 23 janvier à 19h: Récital de Piano - Pascal Amoyel

(Oeuvres de Debusy, Liszt et Chopin)

- Jeudi 24 janvier à 19h: Concert en trio - Bertrand Chamayou (piano), Marc Coppey (violoncelle), Nicolas Baldeyrou (clarinette).

(Oeuvres de Weber, Fauré, Debussy et Beethoven)

- Vendredi 25 janvier à 19: Concert en duo : Laurent Korcia (violon) et Marc Laforet (piano).

(Oeuvres de Franck, Janacek, Ravel et Bartok)

- Samedi 26 janvier à 19h: Récital de Guitare - Emmanuel Rossfelder

(Oeuvres de Francisco Tárrega, Enrique Granados, Augustin Barrios, Isaac Albéniz)

- Dimanche 27 janvier à14h00: Concert final avec les artistes du Festival

(Programme surprise)


Achetez la "main" d'un artiste!

Une innovation cette année: les musiciens participant au Festival du St Géran ont accepté que la Mauritius Glass Gallery effectue un moulage sur verre de leur main. Le public sera en conséquence invité à acheter ces moulages, les recettes allant à The 'Helping Hands' Charitable Foundation. Rappelons que la collection Hands of Fame de la MGG, que l'on peut voir dans ses locaux à Phoenix, est déjà riche des "mains" de nombreuses célébrités, dont Jagjit Singh, Yannick Noah, Francis Cabrel, Bjorn Borg, Maurane, Johan Cruyf, Didier Lockwood, Robbie Keane, Lester Piggott, Saif Ali Khan ou Liam Gallagher pour n'en citer que quelques uns.


Rénovation de la Batterie de l'Harmonie

Résidence d'artistes en novembre 2008

Après l'ancienne prison, l'équipe autour du concept Escale pousse plus loin ses interrogations et prépare un projet de résidence d'artistes à la Batterie de l'Harmonie à Rivière Noire d'ici la fin de l'année. Le ministre de Arts et de la Culture, Mahen Gowressoo a confirmé cette nouvelle. Après diverses initiatives de rénovation, les artistes du réseau Escale misent sur la volonté politique pour sauver cette ancienne demeure coloniale et en faire un vecteur d'échanges culturels.

"Rénové ou pas, peu importe les conditions, on vient faire une résidence d'artistes en novembre", déclare Manou Soobhany, responsable du réseau Escale. Des projets ont été préparés et soumis au Ministère des Arts et de la Culture pour faire revivre le lieu. Le ministre de tutelle a confirmé la tenue de cette résidence d'artistes. Manou Soobhany explique qu'il a fait des propositions au Ministre Mahen Gowressoo pour organiser des exposition d'artistes locaux à la Batterie de l'Harmonie parallèlement aux travaux de restauration. L'artiste va plus loin en soulignant l'existence d'un véritable potentiel artistique dans le pays parfois entravé par des problèmes de gestion.

Manou Soobhany met l'accent sur ce vecteur d'échanges entre les cultures auquel peut prétendre Maurice. Il faut organiser des résidences d'artistes locaux et internationaux pour que le pays devienne une sorte de capitale de l'art dans la région.

L'artiste lithuanien Saulius Valius rejoint Soobhany sur ce point en soulignant que Maurice est un "leading country" dans divers domaines au niveau régional et peut jouer le rôle de "initiative maker" sur le plan culturel. Maurice serait alors une plateforme pour les artistes professionnels dans les domaines des arts plastiques, danse, théâtre, musique mais pourrait aussi être un lieu où l'on ressentirerait que la culture appartient aussi au grand public. Saulius Valius déclare qu'il est important de développer une culture d'événements culturels et d'avoir d'importantes manifestations telles le Printemps des poètes ou la Foire internationale d'art contemporain. Maurice sera alors pris dans le réseau des festivals internationaux. Saulius Valius nous dit qu'il est prêt à apporter son expérience en la matière. Depuis 1991, il a organisé dans son pays six grands symposiums internationaux réunissant musiciens, poètes, vidéastes et autres artistes. En tout cas, la volonté de créer est là. En témoigne l'exposition à l'ancienne prison de Port-Louis sur les thématiques de l'émotion, la souffrance et la tristesse. Le lieu a généré une passionnante expo qui se prolonge jusqu'au 25 janvier.

Parmi les artistes qui ont présenté leurs travaux, loin de la contestation, nous vous proposons quelques installations autour de cette idée émise par un des participants: "Sorry for the people who suffered there.


Exposition jusqu'au vendredi 25 janvier

A partir du lundi 21 janvier, diverses initiatives permettront la visite de l'ancienne prison de Port Louis, à l'arrière du NPF building, et l'exposition Times : visite guidée pour étudiants et grand public, performance d'artistes.

Lundi 21: Gavin et Fred (poésie et musique)

Mardi 22: Menwar

Mercredi 23 : Nicolas Larché (musique et chant)

Vendredi 25: Mordikiss et Kenji (rappeurs)

Les prestations se dérouleront entre midi et 13H.


Expo photos de Jerusalem

La mémoire des lieux

Garo Nalbandian est un Palestinien d'origine arménienne. Photographe depuis une trentaine d'années, il vit à Jerusalem où il a posé ses bagages alors qu'il voyageait en Terre Sainte, Jordanie, Egypte, Turquie et Chypre. Ses photographies sur Jerusalem ont fait l'objet d'une exposition mercredi à la Municipalité de Port Louis. Les clichés ont été prêtés par le Comité Solidarité Maurice-Palestine dont l'ancien Président Cassam Uteem est membre. L'exposition, le temps d'un jour, a été organisée par Lalit et Muvman Liberasyon Fam. L'événement visait à donner une idée globale de la richesse de la vie au quotidien même sous l'occupation. 18 photographies au total de Garo Nalbandian qui décrivent des tranches de vie dans Jerusalem. Scènes de marché, vente de thé et de pains, monuments - une réalité qui n'est pas connue de tous à cause de l'occupation militaire en Palestine. Une initiative louable pour expliquer la lutte au quotidien d'une population. Un livre, Dayri Palestine de Rajini Kistnasamy lancé le même jour, prolonge cette vision du quotidien sous l'occupation.


Nitelife, samedi dernier à Trianon

Liesse populaire à la Guetta et Starr vibe

Il nous avait conquis l'année dernière en mettant le feu à la Citadelle avec ses tubes The World is Mine et Love is Gone! Et samedi dernier encore, le concert exclusif de David Guetta, n'a pas déçu. Bien au contraire, au cours de cette soirée éclectique - le premier rendez-vous nitelife de l'année - l'electro vibe était à son comble. La grosse foule qui s'était donnée rendez-vous sur la pelouse de la Mauritius Football Association (MFA) était en liesse devant les mix énergiques du DJ français. Mixant sur son dernier album Poplife (mélange d'electro et de pop music) avec lequel il cartonne actuellement - surtout avec le single Baby When the Light, mais aussi sur les tubes de son ancien album, Love is gone, David Guetta a fait durer l'ambiance au-delà des deux heures prévues pour sa prestation. Présentant les plus grands tubes du moment et ceux à venir, David Guetta a également mixé les plus grands DJs internationaux du moment, dont Tiesto et Yves Larock. La première soirée 2006 de Guetta, élu meilleur DJ House 2007, était "meilleure", pour de nombreux fans. Mais le public s'est délecté lors de ce deuxième rendez-vous. Un concert digne des soirées d'Ibiza avec la grosse surprise de la soirée, en la personne de la star française du rap, Joey Starr. Les "faites du bruit", "êtes-vous là?"… de la star du groupe NTM, a singulièrement fait déjanté le public, chauffé à bloc depuis le début de la soirée par nos DJs locaux - Patrice d'Avrincourt, DJ Prakash, Rouben, Atomic et surtout David Jay. Outre les autres, la prestation des danseurs de tecktonik du groupe Luxytech DJ étrangers, la performance plus qu'énergique des DJs étrangers, Jean-Paul et Bert, a également impressionné et contribué à mettre une ambiance de tonnerre lors de cette soirée. Événement réussi certes pour les organisateurs, Hippies, au plus grand plaisir des adeptes de House et Electro music. Mais soirée moins captivante pour les photographes de presse. Ces derniers, bien qu'ayant en leur possession leurs accès presse pour la soirée ont été malmenés par les agents de sécurité et refoulés devant la scène…


Rodrigues

Production musicale: en sourdine et sans échos!

Contrairement à Maurice, où 2007 a été une année riche en production d'œuvre musicale, Rodrigues n'a connu que 7 nouveautés. Pas la peine de les chercher dans les bacs des disquaires mauriciens. Car, ils sont peu nombreux les chanteurs et autres musiciens à bénéficier d'un appui considérable en matière de promotion à Maurice. Les autres évoluent dans un contexte musical relativement hermétique en l'absence de structures et d'encadrement professionnel. Résultat: les échos de leurs albums ne parviennent pas jusqu'à nous.

Lorsqu'on évoque la musique rodriguaise, les notes d'accordéon et le timbre aigu de femmes chantant des histoires d'autrefois, viennent d'emblée à l'esprit. C'est comme si la culture musicale de l'île se résumait à une image d'Épinal, à un cliché qui ne peut évoluer. Certes, Rodrigues a su conserver sa musique traditionnelle, riche patrimoine transmis à une génération qui la perpétue… essentiellement dans des cadres touristiques. Aussi, c'est cette musique, rehaussée de danseurs virevoltant dans leurs costumes colorés qui figure, le plus souvent, à l'agenda des activités culturelles d'envergure à Maurice. Tout cela donne l'impression que Rodrigues est restée hermétique aux autres styles qui enrichissent le secteur musical. "Il y a des choses qui se font là-bas!", affirment Bruno Raya, des OSB et Gérard Louis, de Geda Music. Mais, contrairement à Maurice, les "choses" composent avec le contexte local et ses manquements. Quoi qu'il en soit, les amateurs de musique - voire le public - à Maurice n'ont pas toujours écho du séga populaire, ragga ou reggae made in Rodrigues. "Il y a un problème de communication à ce niveau. Qui plus est : la distance entre Maurice et Rodrigues n'aide pas non plus dans ce sens", constate de son côté, Richard Hein du studio Kapricorn. Les maisons de disques et autres distributeurs ne se ruent pas non plus vers les productions rodriguaises. Quant aux radios, leur contribution quasi inexistante dans la promotion des artistes rodriguais, est vivement critiquée par des professionnels de la musique locale. "Déjà que nous ne sommes pas assez sur les ondes locales, il est encore plus difficile pour des Rodriguais d'être diffusés à Maurice", confie un chanteur.

Rico Clair, Mr Snyp, Jean-Luc Clair… Talents bruts, ils se sont forgés à Maurice

Rodrigues est un réservoir de talents artistiques. Ben Gontran, Marlin Augustin, Nathalie Couty, Doyal Edouard, Tino Samoisy… en sont les références chez eux, comme ici. Installés à Maurice, Rico Clair, Jean-Luc Clair, Mr Snyp, Hardy Meunier, Dalon… tous d'origine rodriguaise ont, eux, fait leur preuve dans leur registre respectif et ont acquis une solide réputation. Aussi, un des défenseurs du seggae, aux côtés de Kaya, n'était autre qu'un fils du sol rodriguais, en l'occurrence Berger Agathe. Talents bruts, ils se sont forgés à Maurice où ils ont bénéficié des moyens techniques disponibles pour mettre en pratique leur passion, devenue leur gagne-pain. "Ce sont, justement les structures, à l'exemple de studio d'enregistrement, qui font défaut à Rodrigues", explique Gérard Louis. Actuellement, il n'existe qu'un studio professionnel à Rodrigues. Et, selon nos interlocuteurs, tous ceux qui voudraient se lancer dans un projet musical, ne franchissent pas toujours le seuil de ce studio, préférant se rabattre sur des moyens amateurs. Au final, les résultats en sont autant! C'est ainsi que des oeuvres de niveau nettement inférieur à celui des albums d'auteurs et d'interprètes mauriciens, atterrissent parfois entre les mains de certains producteurs locaux. Ces derniers refusent d'associer leur label à ces CD. "Les CD présentent trop de défauts: son, texte… Même les pochettes sont mal faites!" observe Gérard Louis.

"Les artistes rodriguais sont en général assez timides!"

Ce sont des artistes les plus audacieux qui essayent de tenter leur chance auprès des boîtes de productions mauriciennes. Car, selon Gérard Louis et Bruno Raya, "les artistes rodriguais sont en général assez timides!" En clair, précisent-ils, conscients de la compétition dans le circuit musical et du niveau des pointures et des autres artistes de la chanson mauricienne-toutes catégories- les Rodriguais n'oseraient pas proposer leurs maquettes aux professionnels d'ici. "C'est dommage", insiste Bruno Raya. Ce dernier, explique que lors d'un déplacement dans l'île, il y a deux ans, il était "agréablement surpris de voir les nombreux talents du ragga qui ont émergé." Et d'ajouter après réflexion, "si j'avais des moyens financiers j'aurais investi, sans hésiter une seconde dans un studio, parce que Rodrigues offre des perspectives intéressantes dans le domaine musical."

Un marché des arts pour promouvoir les talents du terroir

Pour sortir les talents rodriguais de leur tanière et les "exporter" sur Maurice, Gérard Louis est d'avis qu'il faudrait d'une part, encourager des compétitions de chants dans l'île et d'autre part, assurer une participation plus active de ceux-ci dans des concours organisés à Maurice. "C'est ainsi que nous avons découvert Doyal Edouard", rappelle ce dernier. En effet, Doyal Edouard, un des premiers artistes produits par le groupe Cassiya à l'époque, avait connu du succès avec Corbeau. Cassiya avait alors révélé un chanteur talentueux, devenu depuis, incontournable. "Dans un autre temps, la commission des Arts et de la Culture à Rodrigues aurait pu envisager un marché des arts et inviter des producteurs et autres professionnels de la musique mauricienne. Cet espace aurait été une plate-forme prometteuse pour les artistes de différents secteurs. Ils pourraient y présenter et défendre leurs oeuvres, ainsi espérer être repéré par une compagnie de production. C'est par l'intermédiaire d'une activité du genre à Madagascar, que j'ai pu trouver une artiste de la grande île pour un projet musical avec Cassiya", explique Gérard Louis. "Sinon, la musique rodriguaise ne nous parviendra jamais! Les bons chanteurs de là-bas ont besoin d'un encadrement professionnel. D'ailleurs, lorsqu'on se rend dans l'île, l'on ne sait trop bien se qui se fait dans, par exemple, le séga", dit le responsable de Geda Music.

Bonnto Klip à Rodrigues

Rodrigues figure en bonne place sur l'agenda d'Independant Productions. Les concepteurs de Bonnto Klip envisagent sérieusement d'inviter des artistes rodriguais sur le plateau, voire la réalisation de quelques émissions dans l'île. Motivés par la popularité de l'émission, des groupes de l'île, ont enregistré des vidéos qu'ils ont même soumis à l'équipe productrice."Nous irons à Rodrigues le plus tôt possible, car nous y avons un public acquis comme l'attestent les sms que nous recevons", concède Richard Hein d'Independant Productions.


MASA: vers l'indépendance

Si la Mauritius Society of Authors (MASA) a encore un regard sur la branche rodriguaise, il revient que celle-ci est en passe d'acquérir une autonomie quasi complète. d'ici fin février, la MASA à Rodrigues, pourra même accorder l'autorisation de pressage aux artistes audio et délivrera les hologrammes. À ce jour la MASA à Rodrigues compte 30 membres et 147 adhérents. Par ailleurs, en marge des MASA Awards à Rodrigues, le siège mauricien a eu, récemment, une première session de travail dans cette optique.

Concert Faya au Star Dance

Berty Fleury, Ras Ninine, Dagger Killa et Tikenzo partageront le même podium le 31 prochain au Star Dance. En concert live, les quatre artistes succéderont à des DJ locaux et des musiciens lesquels regroupés sous le nom de Riddim Syndicate. Et pour l'occasion, Dagger Killa, figure incontournable des OSB, proposera ses compositions en acoustique. La soirée, qui démarrera à 22 heures est organisée par Burning Faya et les billets (Rs 200) seront en vente sur place.


Nouvelle publication:

Maurice Multimédia : une bouffée d'air frais !

Depuis le mois de décembre, une nouvelle publication a fait son apparition dans le paysage de la presse mauricienne. Maurice Multimédia, petit frère de Réunion Multimédia (qui existe depuis cinq ans) est le fruit d'un partenariat inter-îles. Ce mensuel qui est gratuit, fait la part belle aux nouvelles technologies et son application à Maurice. Le directeur de la publication du magazine, Désiré Eléonore, explique que l'idée de lancer une telle publication est motivée principalement par la volonté de toucher le plus large public possible et non pas uniquement les spécialistes.

L'idée d'une telle publication, dit Désiré Eléonore, a germé d'une conversation avec Daniel Robert, qui est le père de Réunion Multimédia et qui étudiait la possibilité de lancer un magazine similaire à Maurice avec un partenaire mauricien. Il est à noter que Réunion Multimédia est également un magazine gratuit. "La gratuité du magazine est essentielle parce que nous souhaitons viser le plus large public possible. On s'est dit qu'en assurant que notre argent est bien investi, on peut publier un magazine gratuit, d'autant plus que le mauricien n'a pas les moyens d'investir énormément d'argent dans un magazine", explique Désiré Eléonore. Il a aussi fait ressortir que l'idée d'une telle publication était d'autant plus intéressante, puisqu'il n'existait aucun magazine similaire sur le marché.

Ainsi, le magazine se distribue gratuitement dans les principaux centres commerciaux, les compagnies qui sont dans le domaine du multimédia, de la télécommunication, de la téléphone mobile, entre autres. Outre sa section news, intitulée "cyberjournal", le magazine comprendra, chaque mois, un dossier, et des rubriques fixes, telles l'entreprise du mois, le Webzine, Technomobile, Hardware, softnews et plug and play.

Le premier numéro, sorti en décembre, a eu, comme premier dossier "l'île Maurice et ses TIC". La présentation du premier numéro, impressionne dans la mesure que le magazine, qui fait 36 pages, est entièrement en couleur et agrémenté de photos de bonne qualité. Seul petit hic à signaler, au passage, pour ce premier numéro: une couverture un peu trop chargée. Le deuxième exemplaire du magazine, qui sortira dans quelques jours, a consacré son dossier du mois au "Chat", qui est de plus en plus présent dans les mœurs mauriciennes et à la possibilité d'acquérir un ordinateur à Rs 2000 par jour, entre autres.

Désiré Eléonore souligne que le premier numéro a eu un "response très positif", notamment du fait que le magazine est gratuit, mais aussi à cause de sa qualité (NDLR: tout en couleurs et celle du papier, entre autres). Byte-In salue cette initative, d'autant plus que l'informatique et ses related services se veulent devenir le cinquième pilier de l'économie. Pour ce faire, il faut effectivement vulgariser les nouvelles technologies et mettre le maximum d'informations à la disposition du grand public.


MacBook Air: cure d'amincissement pour le laptop d'apple

Sortie tout droit, cette semaine, des usines de production d'Apple, le Macbook Air, la toute nouvelle version de l'ordinateur portable version Apple. La célèbre marque à la pomme croquée présente son MacBook Air comme étant tout simplement l'ordinateur le plus mince au monde! Pour cause, tout en étant fermé, ce laptop est de l'épaisseur de votre index! A Maurice, l'on ne sait pas, pour l'instant, quand ce petit bijou de la technologie apple fera ses premiers pas. Cependant, dans les milieux des revendeurs spécialisés de la marque, l'on souligne que le prix de ce joujou devrait se situer dans la fourchette de Rs 60 000 à monter.

Pour la conception du MacBook Air, apple a voulu jouer sur deux tableaux: à savoir rendre ce laptop encore plus facile à utiliser dans un environnement wireless mais aussi en ce qu'il s'agit de la qualité de l'interface. Apple a décidé d'adapter la technologie du multi-touch, déjà présente sur l'i-phone ou encore sur l'ipod.

Malgré sa minceur effarante, le MacBook Air est pourvu d'un écran LCD de 13,3 pouces, d'un clavier taille normale et d'un Trackpad à toucher multiple spacieux. Pour les besoins de son Design futuriste et aminci, toutes les composantes de l'ordinateur portable ont été downsized.

Fiche technique impressionnante

Le MacBook Air comprend 2 GB de RAM, est doté d'un disque dur de 80 GB et la possibilité d'un upgrade à un 64 GB solid-state drive. La performance du MacBook Air est déjà considérée par les spécialistes américians comme étant "impressionante" à cause de son processeur. Le MacBook Air existe en deux versions, à savoir celle pourvue d'un processeur Intel Core Duo 2 de 1.6 GHz ou de 1.8 GHz. Sauf que, pour les besoins de créer l'ordinateur portable le plus mince du monde, la taille du processeur a aussi été miniaturisée, de même que la batterie. Cette batterie miniature permet une connection continue de cinq heures à internet. Autre innovation: le MacBook Air comprend une caméra iSight intégrée, qui fait... la taille de la tête d'une aiguille.

Le prix de lancement du MacBook Air, aux Etats-Unis est de $1799 (environ Rs 60 000). A jeudi chez les revendeurs agréés d'Apple à Maurice, aucune information n'était encore disponible quant à l'arrivée de la bête sur notre sol, ou encore son prix de lancement. "Pour l'instant, nous n'avons aucune donnée officielle au sujet du MacBook Air. Cependant, pour tout nouveau produit Apple lancé aux Etats-Unis, cela prend normalement deux à trois mois avant d'arriver chez nous", a-t-on fait ressortir du côté de Leal Communications & Informatics. Dans les mêmes milieux, l'on souligne qu'étant donné le prix de lancement du MacBook Air est de 1800 dollars environ, il est sûr et certain que son prix excédera Rs 60 000 à Maurice. "En comptant le fret et la TVA, c'est sûr et certain que le prix sera au-delà de Rs 60 000", a-t-on souligné.


Chiffres records pour Nokia

La compagnie Finlandaise de téléphonie mobile, Nokia, a cumulé des profits records en 2007, notamment entre le sixième et le neuvième mois de l'année. En effet, durant cette période, les revenus de Nokia ont augmenté de 28%, pour atteindre la somme affolante de 12.9 milliards d'euros. La vente de téléphones cellulaires représente 25% des 1.56 milliards d'euros de profits réalisés l'année dernière.


Le 1er février au Palladium

Traffic Light Party : Rendez-vous aux rencontres

Une soirée rencontre ça vous dit? Oui? Rendez-vous alors, le 1er février, au Palladium pour le Traffic Light Party. Organisée par Green Dot Events, cette soirée vise à rassembler les clubbers autour des plus grands tubes des années 80 /90 dans ce lieu mythique que représentent les ruines du Palladium. Rappelez-vous. Le Palladium a pendant longtemps été le lieu incontestable de rendez-vous des noctambules. Rénové depuis, c'est reparti pour des nouvelles soirées d'enfer. Ainsi, le 1er février, le Traffic Light Party sera l'occasion pour faire la fête, faire des rencontres et pourquoi pas, trouver son âme sœur! Comme l'indique le thème de cette soirée, les règles seront dictées par les feux de signalisation. Tenue vestimentaire : rouge, jaune et vert. Ceux qui sont mariés ou en couple devront se vêtir de rouge. Les cœurs brisés ou indécis, porteront du jaune, et les célibataires afficheront la couleur jaune. Entre les mix des DJ Prakash, DJ François, David Jay, les organisateurs projettent des échanges de sms via un numéro spécial pour ceux qui auront effectivement trouver parmi l'assistance, la personne qu'ils souhaitent rencontrer…


Cuisine

Cuisine locale : simple et savoureuse

Cette semaine, nous avons puisé dans l'ouvrage, Manzé Lontan, fort intéressant, de Malika Kallychurn pour vous proposer trois recettes, faciles à préparer. Les jours de fêtes, passés ou presque (!), il est toujours agréable de renouer avec une cuisine simple et savoureuse à la fois. Aussi, notez la proposition de l'auteure s'agissant du bouillon de crabe. Elle écrit : "Dans cette recette, le bouillon de crabe est agrémenté de noix de coco… un mélange qui harmonise les sens et transporte le gastronome dans une île rustique."

Moon Fan

Ingrédients : 250g de riz,, 100g de poulet, 100g de champignons secs, 100g de chevrettes sèches, 4 gousses d'ails (râpées), 1 oignon (haché), 2 cuil. à bouche de soja, 3 cuil. à bouche d'huile, 550 ml d'eau, sel.

Préparation : Découpez le poulet en morceaux. Faites tremper les champignons secs et les chevrettes (séparément) dans de l'eau chaude jusqu'à ce qu'ils ramollissent. Égouttez les champignons et hachez-les. Chauffez l'huile et faites suer l'oignon et l'ail. Ajoutez le poulet, les champignons et les chevrettes. Laissez cuire pendant 5 min. Ajoutez le riz, la sauce de soja et 550 ml d'eau. Assaisonnez de sel et portez à ébullition, baissez le feu et prolongez la cuisson à couvert jusqu'à ce que l'eau soit absorbée complètement.

Bouyon crab

Ingrédients : 2 kg de crabe (en morceaux), 6 pommes d'amour (concassées), 1 oignon haché, 4 gousses d'ail, 1 bout de gingembre, 1 bouquet de thym, 3 piments rouges, 50 g de noix de coco frais (râpée), 25 g de queue d'oignon (haché), 3 cuil. à bouche d'huile, sel.

Préparation : Nettoyez les morceaux de crabe et égouttez. Fendillez les pinces et les grosses pattes. Réduisez le coco, les piments, l'ail et le gingembre en purée. Chauffez l'huile et faites revenir l'oignon. Ajoutez la purée d'épices, la pomme d'amour et le thym. Laissez mijoter à feu doux pendant 10 min. Parsemez de queue d'oignon

Gato coco

Ingrédients : 500g de noix de coco râpée, 500g de sucre, 4 cuil. à bouche de lait en poudre, 4 cuil. à bouche d'eau, essence de vanille

Préparation : Mélangez tous les ingrédients. portez ce mélange à ébullition tout en remuant continuellement. Baissez le feu et continuez à remuer. Quand le mélange commence à se détacher du récipient, retirez du feu et façonnez des petits gâteaux à l'aide de deux cuillères. Placez-les sur une plaque beurrée. Laissez refroidir.


Bon à savoir

Le riz…

C'est la première céréale mondiale pour l'alimentation humaine, la deuxième après le maïs pour le tonnage récolté. Le riz est à la base de la cuisine asiatique. D'ailleurs, si, a priori, l'on associe les rizières aux pays d'Asie, sachez que cette céréale est aussi cultivée en Europe, notamment en Italie, Espagne, Ukraine, Russie, Portugal, France… Si dans les assiettes mauriciennes, le riz est de couleur blanche - de par sa provenance - il est jaune en Iran, violet au Laos Pour la petite histoire, nos ancêtres ont commencé à cultiver le riz il y a près de 10 000 ans lors de la révolution néolithique. Il se développe d'abord en Chine puis dans le reste du monde. Détail intéressant : Le riz et son eau de cuisson sont tout à fait efficaces pour aider à lutter contre les diarrhées.

Le crabe…

Ce crustacé est bon pour la ligne puisque son apport calorique moyen n'est que de 89 kcal/100 g - attention cependant de ne pas le noyer dans la mayonnaise - mais aussi bon pour le tonus, puisqu'il fournit une grande quantité de protéines, 20 g pour 100 g de crabe en moyenne. Valeurs nutritionnelles pour 100 g : Protides 20 g, Glucides 0 g, Lipides 5,3 g, Calories 89 kcal. De plus, les crabes sont éminemment riches en minéraux, à commencer par le phosphore, mais également le magnésium. Les oligo-éléments tels que le fer et le cuivre (qui s'associent efficacement) sont également très bien représentés. Voilà de quoi bien reminéraliser son organisme. Enfin, les crabes renferment également une bonne dose de vitamine B12 aux propriétés anti-anémiques, ainsi que de la vitamine PP, nécessaire au bon fonctionnement du système nerveux.

La noix de coco…

La noix de coco est très riche. Elle affiche un apport calorique assez élevé : 353 kcal/100 g. Ainsi, elle constitue une très bonne source d'énergie. Sachez cependant que son eau est bien plus légère (23 kcal/100 g). Valeurs nutritionnelles pour 100 g : protides 3,4 g, glucides 5,9 g, lipides 35,1 g, calories 353 kcalLa noix de coco apporte une très grande diversité de minéraux et d'oligo-éléments, à commencer par le potassium (380 mg/100 g), mais aussi le phosphore, magnésium, fer, cuivre, zinc… Elle renferme par contre peu de vitamine C, mais reste un bon fournisseur de vitamines B, importantes pour la bonne assimilation de l'énergie. Enfin, la noix de coco est riche en fibres (9,5 g/100 g) d'excellente qualité et d'autant mieux tolérées que la pulpe est la plupart du temps consommée mixée.


Santé

La varicelle : Des boutons caractéristiques

Maladie contagieuse d'origine virale, la varicelle connaît actuellement une nouvelle poussée. De nombreux cas, principalement chez les enfants, ont été enregistrés ces dernières semaines dans les centres hospitaliers, de l'île. Avec ces nombreux cas de varicelle, n'importe qui (sauf si on l'a déjà attrapé) n'importe quand risque d'y avoir… Pas d'affolement, mais soyez vigilant! Car, généralement bénigne, même si contagieuse, la varicelle peut néanmoins entraîner des complications.

"La varicelle est une maladie éruptive et contagieuse, due à un herpès virus", explique un pédiatre. La transmission du virus se fait par contact direct avec les mycoses ou par aérosol. Si les premiers symptômes ne sont pas toujours caractéristiques, une fièvre peu élevée précède généralement les premiers signes visibles. Un écoulement nasal et une fatigue persistante constituent également des signes annonciateurs. Des maux de tête et/ou des maux de gorge, des douleurs articulaires et musculaires ainsi qu'une perte d'appétit accompagnent parfois ces manifestations. Les boutons, nommés "vésicules" sont les véritables signes caractéristiques de cette maladie. Ces boutons - des petites taches roses 2 à 3 mm de diamètre, qui rapidement se transformeront en de minuscules cloques remplies d'un liquide transparent, parfois entourées d'un léger cercle rouge, apparaissent généralement par poussées successives généralement sur le thorax ou à la racine des cheveux. Provoquant des démangeaisons, ces vésicules s'étendent ensuite sur le buste, les jambes et les bras, mais aussi le visage. Peu nombreux au départ, ils peuvent en quelques jours recouvrir tout le corps. "Il faut savoir que ces boutons passent par plusieurs stades", explique le pédiatre. Ainsi, une fois apparues, les cloques évoluent par la suite en se desséchant pour finalement laisser de petites croûtes brunâtres appelées à tomber, sans généralement, laisser de traces. "Les vésicules sèchent en 48 heures et se forme alors au centre une petite croûte qui s'étend avant de tomber au bout d'une petite semaine", explique notre interlocuteur. Ces manifestations cutanées qui s'accompagnent, normalement, d'une fièvre modérée et de démangeaisons parfois intenses durent, en général jusqu'à dix jours. Elle sera remplacée par une petite cicatrice rouge puis blanche qui s'atténuera peu à peu."Les vésicules qui apparaissent sur la peau sont contaminants jusqu'à ce qu'ils sèchent et cèdent la place à des croûtes", rappelle le médecin. Dans cette optique, il est fortement conseillé de rester en quarantaine pendant cette période contaminante.

Risques et complications

L'immunité acquise après une varicelle est définitive et protège contre toute nouvelle contamination par ce virus, mais elle n'empêche pas la résurgence de ce virus sous forme de zona. Le responsable est le virus de la varicelle qui se réveille, à la faveur d'un affaiblissement, après être resté endormi dans les cellules du sujet pendant des années. Relativement rare et bénin chez l'enfant, le zona peut laisser des séquelles invalidantes chez l'adulte où cette maladie est plus fréquente. Par ailleurs, bien que bénigne dans la très grande majorité des cas, la varicelle peut se compliquer, en particulier chez les sujets immunodéprimés (sida, cancer, chimiothérapie …), les nourrissons, les adultes, les femmes enceintes. La surinfection des lésions est la complication la plus fréquente. "La surinfection est favorisée par la mauvaise hygiène, ou par le grattage par exemple", explique le pédiatre. La surinfection nécessite un traitement antibiotique pour limiter son extension cutanée (impétigo), ou générale (septicémie). De même, elle augmente le risque de cicatrices indélébiles. Chez le sujet sain, on peut voir des poussées vertigineuses ou d'autres signes plus inquiétants qui correspondent à une atteinte du cerveau (encéphalite). Chez les personnes immunodéprimées, le fait qu'ils aient déjà contracté la varicelle ne les protège totalement d'une récidive et l'affection peut toucher tous les organes. Chez la femme enceinte, au cours du premier trimestre de la grossesse, la contamination peut provoquer des malformations de l'embryon, fait ressortir le médecin. De même, dit-il, la varicelle chez l'enfant peut provoquer des infections avec atteinte pulmonaire pouvant être gravissime. Chez l'adulte, la varicelle engendre des éruptions cutanées spectaculaires, très impressionnantes, souvent surinfectées qui, correctement traitées, ne laissent pas de cicatrice. Dans d'autres cas, la varicelle peut laisser des cicatrices indélébiles.

Traitement

Chez les formes banales de l'enfance, la maladie n'est pas grave et ne relève que d'un traitement des symptômes : fièvre, démangeaisons. L'essentiel consiste à repérer les sujets à risque et à prévenir chez eux cette infection. "Le traitement par lui-même se résume à soulager les démangeaisons quand elles existent et éviter les surinfections", explique le pédiatre. Contre les démangeaisons, des antihistaminiques sont généralement prescrits. En vue d'éviter tout risque d'infection des "boutons", une bonne hygiène corporelle, notamment un nettoyage antiseptique pluriquotidien des boutons et la coupe des ongles est recommandée. Pour prévenir la propagation de cette maladie contagieuse, il est aussi recommandé de demander aux sujets infectés de garder la chambre le temps que dure la maladie. Les surinfections cutanées (impétigo) doivent être traitées par des antibiotiques. Les formes compliquées (pneumonie) ou graves (sujets immunodéprimés) imposent une visite médicale, voire l'hospitalisation. Notre pédiatre fait ressortir que dès le plus jeune âge (9 à 12 mois), il est recommandé de faire le vaccin contre la varicelle, disponible à Maurice depuis 3 ans. Si ce vaccin coûte relativement cher, il s'avère efficace contre une éventuelle contamination de la varicelle.

Remède de grands-mères : safran et Lilas de Perse

Généralement, en guise de traitement, des antihistaminiques ainsi que l'adoption d'une bonne hygiène corporelle (nettoyage antiseptique pluriquotidien des boutons et coupe des ongles) sont prescrits contre les démangeaisons. Toutefois, les remèdes traditionnels de grands-mères s'avèrent dans la plupart des cas efficaces contre les vésicules. Il est recommandé chaque matin de faire prendre au patient un bain préparé avec des feuilles de Lilas de Perse ou un bain de safran vert écrasé. La prise d'une cuillerée de Lilas de Perse, préparée en décoction est aussi conseillé chaque matin. Autre remède traditionnel efficace contre les démangeaisons : l'application du "mantègue" sur les boutons. Certaines personnes avancent également que pour éviter une propagation des boutons, il faut éviter la consommation de chair durant la période de contamination…

La cigarette rend paresseux

Alors qu'on tente par tous les moyens de réduire, voire interdire la cigarette, une étude vient une fois de plus acculée les fumeurs. Outre la mauvaise hygiène de vie que l'on rattache aux fumeurs, sans compter la pollution et les maladies qu'ils provoquent, les fumeurs déjà taxés de mal manger, seraient de surcroît, particulièrement réfractaires à… l'exercice physique. C'est la conclusion d'une étude menée par une équipe japonaise. Un article publié dans le magazine Destination Santé, révèle que selon les conclusions du travail du Pr Teruo Nagaya "les fumeurs font systématiquement moins d'exercice physique que les non-fumeurs". Ce chercheur de l'Université des sciences médicales de Nagoya, s'est intéressé pendant 4 ans, au statut tabagique et à la pratique sportive de 750 Japonais, en bonne santé. Son étude révèle par contre que l'arrêt du tabac augmente le niveau d'activité des anciens accrocs à la nicotine. Mais dès qu'ils replongent, ils retombent aussi dans leurs mauvaises habitudes. La cigarette annihilerait, selon les conclusions du Pr Teruo Nagaya, toute volonté de bouger. Trois à quatre ans après avoir repris le tabac, leur niveau d'activité physique rejoint celui d'un fumeur régulier qui n'a jamais renoncé à la cigarette. C'est d'autant plus inquiétant que l'exercice physique prévient notamment le surpoids, l'hypertension artérielle et l'hypercholestérolémie. En plus d'endommager la santé, la cigarette rend paresseux…

Chewing-gums sans sucre : Attention aux surdoses

Diarrhées, douleurs abdominales, forte baisse de poids? Attention, si vous êtes des habitués de chewing-gums sans sucre, il s'agit peut-être de signes révélateurs d'effets secondaires de ces gommes à mâcher. Une étude récemment publiée dans le British Medical Journal soutient qu'un édulcorant, contenu notamment dans les chewing-gums, provoque à haute dose des diarrhées importantes et une forte baisse de poids. Des gastro-entérologues allemands auraient eu à traiter deux cas de malades : notamment une femme de 21 ans souffrant de fortes douleurs abdominales depuis huit mois, avec une perte de 11 kilos, et un homme de 46 ans, ayant perdu en un an, 22 kg, soit le cinquième de son poids. En s'intéressant à l'alimentation de leurs patients, les médecins ont appris que la jeune femme consommait quotidiennement l'équivalent de 18 à 20 grammes de sorbitol (un chewing-gum en contient 1,25 grammes). Et le monsieur mâchait environ 20 chewing-gums. L'arrêt de ce type de consommation a rapidement fait cesser les symptômes. Ainsi, les fumeurs qui tentent de calmer leur envie d'en griller une en mastiquant du chewing-gum, ou plus généralement, les adeptes de la gomme à mâcher sans sucre devraient se méfier des effets secondaires.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 20 janvier 2008