f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 20 janvier 2008



  Lutte antidrogue - Une Mozambicaine purge 300 grammes de cocaïne
  Permis EIA - incinérateur à La Chaumière - L'appel en pro forma ce mercredi
  Aviation - Un Boeing 747/400 de Corsairfly forcé de faire demi-tour
  Des suites d'un cas de suicide - Tension entre des habitants de cité Loyseau et la police vendredi soir
  Crime de Balaclava - Nampoongah, meurtrier présumé de Cheng Zhong Pan, avoue


Lutte antidrogue

Une Mozambicaine purge 300 grammes de cocaïne

Trois escouades de l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) menées par les assistants surintendants Pierre Murugan, Dev Ramasawmy et l'inspecteur Chittoo, ont été engagées pendant trois jours d'affilée dans une importante opération de filature débouchant sur l'arrestation d'une étudiante à l'université de Maputo soupçonnée d'avoir importé illégalement 300 grammes de cocaïne sous forme de dix boulettes ingurgitées et de ses deux contacts présumés à Maurice. En fin de semaine, Eugenia Zandemela, de nationalité mozambicaine et âgée de 26 ans, a été admise à l'Intensive Care Unit de l'hôpital Jeetoo compte tenu des risques pour sa santé lors de la purge des boulettes de drogue se trouvant dans certaines parties de son corps. De leur côté, Corvillen Narayanasawy, âgé de 37, et Chabeelall Choony, âgé de 59 ans, ont comparu, vendredi, devant le tribunal de Bambous sous une accusation provisoire de Drug Dealing to wit Procuring the importation of Heroin et ont été reconduits en cellule policière.

Les recoupements d'informations effectués par Week-End indiquent que la passeuse présumée, Eugenia Zamdemela, habitant Maputo au Mozambique, était arrivée à Maurice dimanche dernier venant de Johannesburg par le vol MK 852. Elle devait subir une fouille corporelle de même que de ses bagages à sa descente d'avion. Les limiers de l'ADSU et les membres de la Customs Drug Unit devaient la laisser partir vu qu'aucune trace de drogue ne fut relevée sur elle ou encore dans ses valises.

Mais les responsables de l'ADSU ne devaient pas s'avouer vaincus pour autant car ils étaient convaincus que le passage de cette étudiante du Mozambique à Maurice était lié à un trafic de drogue. Des escouades de l'ADSU furent déployées dans la région de Flic-en-Flac où Eugenia Zandemela était descendue. Ses mouvements et ses contacts furent suivis de manière systématique. Les indications recueillies en début de semaine devaient confirmer leurs doutes.

Les va-et-vient de la suspecte mozambicaine de l'établissement hôtelier, dont elle avait donné l'adresse aux services d'Immigration à l'aéroport, à un autre campement de Flic-en-Flac, allaient ouvrir les pistes pour les limiers de l'ADSU. Les numéros des véhicules utilisés à différentes occasions ont été prélevés et les propriétaires doivent être entendus à cet effet. Dans un premier temps, le quinquagénaire Chabeelall Choony s'était retrouvé dans le collimateur de l'ADSU, mais le coup de filet allait être donné dans la nuit de jeudi et vendredi quand Eugenia Zandemela fut interpellée alors qu'elle voyageait dans un camion privé conduit par Corvillen Narayanasawy, un entrepreneur de La-Source, Quatre-Bornes, fiché depuis quelque temps déjà comme étant le cerveau d'un important réseau de trafic de drogue dans la région de Flic-en-Flac.

Dans le campement occupé par la Mozambicaine et ses contacts locaux, les membres de l'ADSU devaient découvrir une importante quantité de bananes, de lait, de yaourt, soit des produits alimentaires utilisés pour faciliter la purge. Confrontée aux éléments en possession des policiers, Eugenia Zandemela devait passer aux aveux en incriminant ses deux contacts mauriciens comme étant les récipiendaires des boulettes de cocaïne purgées jusqu'ici. Corvillen Narayanasawmy et Chabeel Choony, qui ont nié les accusations portées contre eux, ont déjà été inculpés provisoirement devant le magistrat siégeant au tribunal de Bambous, vendredi.

De son côté, Eugenia Zandamela devait être admise à l'ICU de l'hôpital Jeetoo car, selon ses propres aveux, pas moins de 30 boulettes de 10 grammes de cocaïne se trouveraient dans son intestin et qu'elle ne les a pas toutes rendues. Au cours de la journée d'hier, elle était toujours sous surveillance médicale et la possibilité de lui faire subir une échographie était à l'étude dans le cadre d'une meilleure évaluation de la situation. Elle devait rendre d'autres boulettes, qui ont été versées comme pièces à conviction dans le dossier à charge. Son audition formelle ne débutera qu'en cours de semaine.

Par ailleurs, dans la journée d'hier lors d'une perquisition au domicile de Corvillen Narayansawmy par une escouade de l'ADSU menée par l'ASP Ramasawmy 600 pouliahs de gandia prêts pour être mis sur le marché devaient être saisis. De nouvelles accusations devraient être logées en début de semaine contre ce suspect.


Affaire Gunness-Débats le 31 sur la motion d'"Objection to Departure"

Le procès institué par l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) contre le parlementaire du MMM, Ajay Gunness, et l'ex-General Manager de la Development Works Corporation (DWC), Dhaneshwar Soobrah, a été appelé mardi dernier pour la première fois devant la Cour intermédiaire. La Presiding Magistrate, Mme Rita Teeluck, a fixé au jeudi 31 janvier les débats sur une motion présentée par les hommes de loi d'Ajay Gunness contestant une Objection to Departure logée par l'ICAC.

D'autre part, à l'appel du procès mardi dernier, Ajay Gunness et Dhaneshwar Soobrah ont rejeté les accusations retenues contre eux par l'ICAC dans le cadre de l'enquête sur l'allocation du contrat de rénovation des bureaux de l'ancien ministre des Infrastructures publiques sous le gouvernement MSM/MMM au début de 2005. Me Ivan Collendavelloo, qui paraît en compagnie de Mes Désiré Basset, Raj Nuckchady et Veda Balloomoody, a déposé des Demands of Particulars au sujet des accusations retenues contre Ajay Gunness.

Par ailleurs, après cette première comparution devant la Cour intermédiaire, Ajay Gunness a annoncé son retrait temporaire en tant que Whip de l'opposition à l'Assemblée nationale. Il a réitéré son innocence dans ce qu'il qualifie de "procès politique" et souhaite une Early Trial.


Foire de Quatre-Bornes-Deux autres conseillers entendus par l'ICAC

L'enquête de l'Independent Commission Against Corruption sur le scandale de l'allocation des étals à la foire de Quatre-Bornes contre paiement de pots-de-vin se poursuit. Des sources bien renseignées indiquent que deux autres membres du conseil municipal de Quatre-Bornes ont été entendus par l'ICAC en fin de semaine. Mais ces édiles, qui ont pu rentrer chez eux, demeurent à la disposition des enquêteurs pour tout complément d'informations à l'avenir. A ce stade, très peu de renseignements ont transpiré de la teneur de l'interrogatoire ou encore des faits qui pourraient être reprochés à ces conseillers municipaux de l'Alliance sociale.


Affaire Dulull-Rafiq Peermamode de nouveau entendu après le ministre des Terres

Après le ministre des Terres, Asraf Dulull, qui a été entendu en début d'année au sujet des 23 appels téléphoniques pour la période allant d'octobre 2005 à mars 2006, l'homme d'affaires et intermédiaire présumé, Rafiq Peermamode, a été de nouveau interrogé jeudi dans les locaux de l'ICAC. En présence de son homme de loi, Me Ashley Hurhanghee, il a été confronté sur la question des échanges téléphoniques avec le ministre Dulull. Il a nié avoir abordé la question de versement d'un pot-de-vin de Rs 50 millions contre le bail de Pas Géométriques d'une superficie de 104 arpents dans le Sud pour un projet d'Integrated Resort Scheme (IRS) à Bel-Air/Saint-Félix.

Auparavant, Asraf Dulull, qui était accompagné de son homme de loi, Me Rafouf Gulbul, avait été interrogé pendant plus de deux heures sur la teneur de ses conversations téléphoniques avec Rafiq Peermamode. Il a soutenu que ce dernier est une personnalité de la circonscription qu'il représente à l'Assemblée nationale et que les sujets tournaient autour des problèmes de la région mais en aucune manière sur les projets du ministère des Terres.


Permis EIA - incinérateur à La Chaumière

L'appel en pro forma ce mercredi

Le procès en appel logé par les habitants contestant la décision du ministère de l'Environnement d'accorder un premier d'Environment Impact Assessment (EIA) à Gamma Energy pour opérer un incinérateur à La Chaumière sera entendu en pro forma ce mercredi à l'Environement Appeal Tribunal, Port-Louis. Dans leur plainte en appel, les plaignants avaient formulé six points pour contester la décision prise par l'Environnement le 16 novembre dernier.

Comme l'exige l'Environment Protection Act, le permis EIA est octroyé selon certaines conditions. Le ministère de l'Environnement avait toutefois imposé 29 conditions que le promoteur devra satisfaire dans le but d'éviter tout impact négatif sur l'environnement. Le projet de Gamma Energy consiste à opérer un incinérateur de déchets et de produire de l'électricité pour le compte du Central Electricity Board (CEB). Le promoteur compte brûler 300 000 tonnes de déchets sur un site identifié à la Chaumière et de produire annuellement 20MW d'électricité.

Le Conseil des ministres, qui s'est réuni vendredi matin, s'est par ailleurs penché sur l'évolution de ce dossier. C'est ce qu'a annoncé le communiqué officiel hebdomadaire, indiquant au passage que le projet comprendra une "usine de taille moyenne qui recyclera les déchets municipaux". Le document ajoute qu'une étude d'évaluation technique a été entreprise pour revoir les implications de ce projet pour l'environnement. "Le consultant a conclu que les avantages socio-économiques d'un tel projet sont nombreux comparés à la méthode d'enfouissement", est-il indiqué.


Aviation

Un Boeing 747/400 de Corsairfly forcé de faire demi-tour

Un avion de la compagnie aérienne française Corsairfly, en destination de Maurice a été contraint de faire demi-tour la semaine dernière et de se reposer sur l'aéroport international de Lyon, France. C'est ce que révèle le site internet crash-aerien. com dans sa parution vendredi dernier. Selon le site, l'origine de ce détour relève d'un problème de verrouillage de porte sur cet avion, un Boeing 747/400, vol SS958. L'avion, qui devait effectuer la liaison entre l'aéroport international Saint-Exupéry de Lyon et l'aéroport international SSR, avait, selon les informations recueillis sur le site, décollé aux alentours de 21h40. Toutefois, les pilotes ont été contraints de donner l'alarme pour signaler un défaut de verrouillage sur l'une des portes de soute de l'appareil, indique crash-aerien. com. Le commandant de bord aurait alors pris la décision de faire demi-tour et de se reposer à Lyon. Si l'avion s'est posé sans autre incident et sans aucun blessé, l'appareil, afin de s'alléger, a dû vidanger quelques tonnes de carburant en altitude, entre Mont du Bugey et la Plaine de l'Ain. Ce vidange aurait provoqué la colère des habitants de ces régions. Nous avons en vain essayé d'entrer en contact avec la compagnie Corsairfly à Maurice, mais jusqu'à l'heure ou nous mettions sous presse, personne n'a pu nous confirmer ces informations.


Des suites d'un cas de suicide

Tension entre des habitants de cité Loyseau et la police vendredi soir

Le décès d'un habitant de cité Loyseau, Floréal, Jocelyn Louis, a été au centre de tensions entre la police, les proches du défunt et les habitants de la localité vendredi soir. Jocelyn Louis, 30 ans, avait été admis à l'hôpital depuis une semaine après avoir ingurgité du caustic soda. Son corps a été rendu à la famille et l'acte de décès signé, sans qu'une autopsie soit effectuée, comme le veut la procédure. La police s'est rendue chez la famille du défunt et a repris le corps, en se heurtant à de véhémentes protestations. Le ministre de la Technologie, Etienne Sinatambou, député de la circonscription, et le Dr Satish Boolell, Chief police Medical Officer (CPMO) sont intervenus afin d'éviter que la situation ne tourne au vinaigre.

Jocelyn Louis est décédé vendredi, après avoir été hospitalisé pendant une semaine. Il avait été admis d'urgence à l'hôpital après avoir ingurgité une certaine quantité de soude caustique. Contrairement à ce que veut la procédure, à l'effet que le défunt subisse une autopsie afin de certifier la cause du décès, deux médecins de l'hôpital Candos devaient signer et émettre un acte de décès pour cause de septicémie à la famille et restituer le corps à la famille.

La police, mise au courant de cette affaire, s'est rendue à cité Loyseau dans la soirée de vendredi et a pratiquement arraché le corps des mains de la famille du défunt, causant la colère de celle-ci et des habitants de la localité. Le ministre de la Technologie, Étienne Sinatambou, mis au courant de ce qui se déroulait dans sa circonscription, devait prendre contact avec le Dr Satish Boolell, CPMO et n° 1 du département médico légal afin que tout soit fait pour rendre le corps à la famille dans les délais les plus brefs et ce après que l'autopsie a été pratiquée. Le Dr Boolell devait se charger de l'autopsie lui-même et constater que le défunt avait succombé des suites d'une péritonite et non pas d'une septicémie, comme le certifiait l'acte de décès remis à la famille sans autopsie. Le corps a été ensuite remis à la famille du défunt dans la soirée de vendredi. "Le pire a pu être évité grâce à la médiation entre le ministre Sinatambou et le Dr Boolell. Les esprits étaient échauffés à cité Loyseau et la police s'est retrouvée dans une situation difficile, ayant à reprendre le corps du défunt à ses proches. Tout cela à cause de l'incompétence de certains à l'hôpital", a-t-on fait ressortir de source policière hier.


Crime de Balaclava

Nampoongah, meurtrier présumé de Cheng Zhong Pan, avoue

Le main suspect de la police dans l'affaire du meurtre du ressortissant chinois Cheng Zhong Pan, Jean-Claude Nampoongah, est passé aux aveux relativement à ce Murder Case survenu le 26 août 2007, à côté de l'hôtel Oberoi, à Balaclava. En effet, lors de séances d'interrogatoires serrés, Jean-Claude Nampoongah aurait fait comprendre aux enquêteurs, menés par les inspecteurs Dieudonné Gérard et Ranjit Jokhoo, qu'il était bel et bien celui qui avait agressé Cheng Zong Pan à l'aide d'une arme tranchante. Six autres suspects, dont deux mineurs, ont également été appréhendés dans cette affaire.

Jean-Claude Nampoongah aurait expliqué aux enquêteurs comment, le 26 août dernier, ils avaient repéré le ressortissant chinois dans l'autobus entre la gare de l'Immigration et Arsenal. Cheng Zong Pan, qui portait un complet-cravate, paraissait, selon les explications de Jean-Claude Nampoongah, comme étant plein aux as à cause de sa tenue vestimentaire chic et classe. Pendant le trajet en autobus, la bande des sept, dont faisait partie Jean-Claude Nampoongah devait échafauder un plan afin d'attaquer et de dépouiller Cheng Zong Pan de ses richesses.

Selon les dispositions du plan ourdi, la bande des sept devait se scinder en deux. Le premier groupe avait pour instruction de précéder Cheng Zong Pan avant qu'il n'arrive sur le chantier de l'hôtel Oberoi, où il habitait et de le surprendre, tandis que le second groupe était chargé d'intervenir de l'arrière, prenant par la même occasion, le ressortissant chinois entre deux feux.

Tout devait se passer comme prévu par la bande, à un détail près : les sept bandits ne s'attendaient pas à ce que Cheng Zong Pan leur résiste, étant donné qu'ils étaient en supériorité numérique. A un moment donné, le ressortissant chinois aurait asséné un coup de poing à Jean-Claude Nampoongah. Ce dernier aurait alors riposté en poignardant Cheng Zong Pan à l'abdomen. Ce dernier, mortellement touché, tenta néanmoins de se trainer en direction de son dortoir, après que Nampoongah et ses complices ont fait main basse sur son argent et son téléphone cellulaire.

Leur crime commis, les bandits se seraient ensuite prélassés dans la région de Balaclava en consommant des boissons alcoolisées. Le corps sans vie de Cheng Zong Pan devait être découvert le lendemain de l'agression, soit le 27 août, et ce après que ses collègues ont signalé sa disparition à la police. Nampoongah a pris part mercredi à une reconstitution des faits sur les lieux du crime, sous forte escorte policière. Trois autres suspects, dont deux mineurs, ont déjà participé à une descente des lieux vendredi dernier. Les sept suspects interpellés et en détention provisoire sont Jean Claude Nampoongah, Nicolas Rowchand, Mervin Raymond, Vinay Naran, Kevin Vaillant et les deux jeunes, qui sont, pour leur part, âgés de 17 et de 16 ans respectivement.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 20 janvier 2008