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a c t u a l i t é s
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WEEK-END --- dimanche 20 janvier 2008
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Approvisionnement
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La farine flambe les prix !
En ce début d'année
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Law and Order: Inquiétudes devant la dégradation!
Law and Order
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Cité La Cure, Vallée des Prêtres et Plaine-Verte exaspérées par l'insécurité
Law and order
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Deux autres policiers agressés cette semaine
Pêche illégale
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NCG : Arraisonnement d'un bateau indonésien
Approvisionnement
La farine flambe les prix !
Après neuf semaines de gesticulations verbales à
l'Assemblée nationale et au Conseil des ministres principalement,
le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, a été acculé,
vendredi après-midi, à confirmer la majoration de
30 % du prix de vente au détail de la farine. La conséquence
directe de cette hausse s'est manifestée avec de nouveaux
prix du pain entrant en vigueur dès hier matin. C'était
après les délibérations du conseil des ministres
présidé par le Premier ministre, Navin Ramgoolam,
qui avait trouvé que le ministre Jeetah devait animer un
point de presse pour " communiquer à la population
cette décision ". Alors qu'au niveau des prix
du pain, le tableau est définitif, la transition paraît
plus complexe pour les autres produits alimentaires dérivés
de la farine, allant du bol de mine dans le restaurant du coin,
à la paire de dholl-puri et les gâteaux piments/samoussas
de son marchand habituel sans oublier les friandises de la pâtisserie
d'à-côté. Selon les premières indications,
l'ajustement de prix avec la hausse de celui de la farine devrait
varier dans la fourchette de 15 à 25 %. En tout cas, les
indications devront être visibles et pratiquées dès
demain matin après une certaine timidité notée
hier.
Une des décisions entérinées par le conseil
des ministres de vendredi a été que la formule pour
annoncer les nouveaux prix de la farine et du pain devrait être
un point de presse du ministre Jeetah avec à ses côtés
l'état-major de son ministère et de la State Trading
Corporation (STC) - qui avait préparé la voie la
semaine dernière en soulignant que la hausse du prix de
la farine relève du gouvernement. Mais à une demi-heure
du début de cette conférence de presse où
l'invitation était des plus sélectives, l'entourage
du ministre Jeetah était tenté d'abandonner ce projet
vu qu'une radio privée avait déjà fait état
de la hausse de 30 % de la farine, qui avait été
publiée à la Une de l'édition du Mauricien
du mercredi 14 novembre de l'année dernière.
Très vite, le Prime Minister's Office devait rappeler
à l'ordre le ministère du Commerce pour soutenir
que la tenue de ce point de presse sur la hausse massive du prix
de la farine était une décision irrévocable
du conseil des ministres du matin. Lors de cette réunion
du Cabinet, le ministre Jeetah avait épuisé ses
arguments pour justifier sa prise de position lors de la Private
Notice Question (PNQ) de la séance de l'Assemblée
nationale du 4 décembre de l'année dernière,
où il avait déclaré avec force que "
as a caring government, and in the particular circumstances, it
would have been most inappropriate for the government to increase
the retail price of flour. In itself, it is a clear indication
of government's willingness to show its solidarity with the population.
"
La vérité des chiffres au niveau des subsides de
l'État a eu le dessus sur la prise de position du ministre
du Commerce, d'autant plus que le Premier ministre n'a pas hésité
à soutenir ceux qui s'opposaient à la ligne Jeetah
sur le dossier de la farine. Néanmoins, le budget des subsides
sur la farine a été revu à la hausse, soit
de Rs 660 millions contre Rs 400 M jusqu'ici. S'adressant à
la presse, le ministre Jeetah est revenu sur la thèse que
sans les subsides le prix de vente de la farine aurait été
de Rs 10.20 le demi-kilo contre Rs 5.30 avant la hausse de vendredi
et que le pain-maison aurait dû se vendre à Rs 3.35
l'unité contre Rs 2.15.
Dans le sillage de ces discussions lors du Cabinet Meeting,
le gouvernement a également pris la décision de
revoir à la hausse le montant des subsides sur le prix
du gaz ménager. La nouvelle enveloppe pour le gaz est de
Rs 596 millions contre Rs 400 millions. Le ministre a trouvé
que sans cette intervention de l'État sur le prix, la bonbonne
de 12 kilos de gaz ménager aurait dû se vendre à
Rs 518. Avec ces deux items, le montant des subventions prévues
passe à Rs 1,2 milliard. Le coût exact de ces subsides
sur le budget dépendra de l'évolution du taux de
change du dollar américain d'ici la fin de l'année
financière.
Ainsi, depuis hier matin, le prix de la farine a connu une hausse
de 30 %, soit Rs 6.90 le demi-kilo contre Rs 5.30 jusqu'ici. Le
prix du pain-maison enregistre une hausse de 51,4 % comparativement
au prix en vigueur à la fin de mai 2006, soit de Re 1.75
à Rs 2.65 l'unité. Dorénavant, un consommateur
ne pourra pas prétendre acheter deux pain-maisons avec
une pièce de Rs 5 ou encore deux baguettes de 200 grammes
avec une autre pièce de Rs 10. Ainsi, un foyer avec trois
enfants, et consommant en moyenne huit pains par jour, devra trouver
un budget supplémentaire de Rs 120 par mois au seul item
du pain quotidien à moins d'en réduire la consommation.
Le nouveau barème des prix du pain recommandé par
le ministère du Commerce est comme suit :
Pain-maison (100 g) : Rs 2.65
Pain rond (100 g) : Rs 2.65
Baguette (100 g) : Rs 2.75
Baguette (200 g) : Rs 5.50
Moule (200 g) : Rs 5.30
Moule (500 g) : Rs 13.25
Moule (1 000 g) : Rs 26.50
Moule (1 500 g) : Rs 39.75
Moule (2 000 g) : Rs 53.00
D'autre part, concernant les cartes de menu des restaurants servant
des plats à base de farine, comme des mines, des pâtes,
des faratas et des pizzas, la transition avec la majoration du
prix de la farine s'annonce plus complexe. La majorité
de ceux approchés par Week-End dans la journée
d'hier affirme que l'ajustement des prix des plats proposés
devra se faire dans la fourchette de 15 à 25 %. Si certains
ont déjà affiché de nouveaux prix, d'autres
préfèrent adopter une attitude de Wait and See
avant d'agir.
" Outre le quantum massif de la hausse du prix de la farine,
le timing de la mise en vigueur de cette décision
représente un véritable casse-tête dans le
commerce. Nous entamons la semaine la plus difficile de janvier,
et par conséquent de l'année, pour les consommateurs,
qui se retrouvent déjà avec des budgets "défoncés".
Déjà, le commerce tourne au ralenti. Un ajustement
brutal et rapide des prix de nos plats risque de tuer notre business.
Nous devrons faire preuve de doigté sans toutefois subir
des pertes ", soulignent en substance des propriétaires
de restaurants du coin et autres points de vente de snacks.
Dans ce segment du commerce, l'affichage des nouveaux prix a été
timide hier même si certains n'hésitent pas à
avancer que dès demain matin, le mouvement à la
hausse des prix du pain fourré au bol de mine devra se
faire plus visible. En tout cas, la paire de roti du coin se vend
désormais à Rs 10 contre Rs 8 vendredi, une hausse
de 20 %, sans oublier que les pâtisseries offertes à
trois pour douze roupies pourraient être annoncées
à trois pour Rs 15, soit une majoration de 25 %. En tout
cas, l'unanimité est que le nouveau prix de la farine pèsera
très lourd dans la balance avec les consommateurs faisant
les frais
CPI : explosion des prix alimentaires
L'analyse du Bureau Central des Statistiques (BCS) sur l'évolution
de l'indice du coût de la vie (CPI) pour la période
entre octobre et décembre de l'année dernière
confirme une véritable explosion des prix des denrées
alimentaires. La publication de ce document a précédé
d'au moins 24 heures le coup de massue de +30 % du prix de la
farine et de +23 % de celui du pain. En termes de hausse de prix,
le mois le plus difficile du dernier trimestre de 2007 a été
celui de septembre.
D'entrée de jeu, le BCS avance que " the Consumer
Price Index registered a net increase of 2,9 points (or 2,8 %)
in December 2007. On a monthly basis, the index rise 1,5 points
in October, 0,8 point in November and 0,6 point in December. The
main causes for the increase were (i) higher prices of food products
mainly milk and vegetables and (ii) an upward revision in the
price of gasoline and diesel on 2 October 2007 by the APM Committee.
"
La plus forte augmentation des prix a été enregistrée
dans la catégorie des Food and Non-Alcoholic Beverages
avec une hausse de 23,9 % des prix du lait et autres produits
laitiers, de 9,3 % des prix de légumes, de 7,4 % de l'huile
comestible et de 3% en moyenne que ce soit pour le poulet, le
riz de luxe et le poisson.
Deux autres secteurs ont également contribué à
la hausse de l'indice du coût de la vie au cours du second
semestre de 2007, soit la Clothing and Footwear et les
sorties en restaurants. Les prix des chaussures ont augmenté
de 5,9 % à la fin de l'année dernière alors
que ceux des vêtements, notamment du prêt-à-porter
dans les différentes foires de l'île, de 1,8 %.
Les prix des plats et boissons dans les restaurants, bars et hôtels
ont augmenté de 3,1 % alors que le taux réclamé
pour la location de bungalows et autres chambres d'hôtel
a grimpé de 32 % au cours de la même période.
D'autre part, le taux d'inflation pour 2007 a été
de 8,8 %, soit sensiblement le même que les 8,9 % de 2006.
Le taux pour l'année financière 2006/2007 a été
de 10,7 %.
Ticket d'autobus : révision en attente
Avec les propriétaires de boulangerie bénéficiant
d'une augmentation de 23 % du prix du pain-maison, les compagnies
d'autobus et autres opérateurs dans le domaine du transport
en commun piaffent d'impatience suite à une nouvelle demande
de révision de 30 %. D'aucuns affirment que la National
Transport Authority (NTA) aurait déjà soumis ses
recommandations aux autorités compétentes.
D'autres sources affirment que la révision à la
hausse du ticket d'autobus pourrait coïncider avec une révision
des barèmes des salaires pour le transport en commun par
le National Remuneration Board (NRB). En tout cas, pour le dernier
trimestre de l'année dernière, l'item du transport
a contribué pour 4,1 % dans l'indice du coût de la
vie, soit 6,4 % pour le prix du gasoil, de 6,2 % pour le mazout,
de 4,5 % pour les véhicules et de 5,9 % pour les billets
d'avion.
Rashid Imrith : " Les paroles du ministre Jeetah s'envolent
"
Rashid Imrith, président de la Government General Services
Union (GGSU) et vice-président de la Fédération
des Syndicats du Service Civil (FSSC), soutient que la population
se rend compte que les assurances du ministre du Commerce, Rajesh
Jeetah, sur le prix de farine, se sont envolées. Il réclame
également la mise sur pied d'un fonds stabilisateur des
prix des denrées de base avec les fonds supplémentaires
récoltés à l'item de la Taxe à valeur
ajoutée (TVA) compte tenu de la flambée des prix
de ces dernières années.
" Après avoir écouté le ministre
du Commerce à la télévision vendredi soir,
la population s'est rendue compte que les paroles de Rajesh Jeetah
se sont envolées. À peine trois semaines de cela,
le ministre était venu à la télévision
pour donner la garantie formelle que le prix de la farine n'allait
pas subir de hausse. Or, depuis samedi, le prix a été
majoré de 30 %. Un véritable coup de massue en cette
période extrêmement difficile pour la grande majorité
de la population. Qui plus est, alors qu'au cours de la semaine,
la rumeur voulait que le prix du pain allait être majoré
de 35 sous, le ministre annonce une hausse de 50 sous ",
déclare le président de la GGSU.
" Le ministre Jeetah fait le jeu de son collègue,
Rama Sithanen. Ces augmentations vont générer des
revenus supplémentaires à l'item de la TVA pour
le ministre des Finances. Si le gouvernement veut traduire dans
la réalité le concept de Caring Government,
je trouve qu'il devrait instituer un fonds stabilisateur de prix
des denrées alimentaires. Ce fonds devra être alimenté
des recettes supplémentaires sous la TVA suite à
la hausse des prix de ces dernières années, notamment
pétroliers. Ce fonds stabilisateur devra aider à
atténuer les augmentations de prix en cascade que nous
subissons depuis plusieurs mois déjà ",
poursuit-il.
Le président de la GGSU trouve que dans la conjoncture,
le gouvernement doit proposer une formule de compensation en faveur
de ceux au bas de l'échelle et des bénéficiaires
de prestations sociales au lieu d'attendre le mois de juillet.
" Pour conclure, je trouve que les explications du ministre
sur la hausse du prix de la farine sont teintées d'opacité.
Elles pêchent par manque de transparence car le ministre
n'a pas dit à la population où se trouve le problème
avec l'approvisionnement en farine. Il donnait l'impression de
ne pas maîtriser le dossier ", ajoute-il.
ICP : "Augmentation exagérée pour le pain"
L'institut pour la protection des consommateurs s'élève
contre la décision du gouvernement d'accorder une augmentation
de 50 sous sur chaque pain "maison", estimant que le
gouvernement s'est montré trop généreux vis-à-vis
des boulangers qui, dans leurs représentations, avaient
pourtant demandé une augmentation de 35 sous seulement.
"Cette hausse est exagérée", estime
Mosadeq Sahebdin, coordinateur de l'ICP. "Les chiffres
fournis aux associations de consommateurs au courant de la semaine
confirment que les boulangers avaient fait une demande d'augmentation
du prix du pain maison de l'ordre de 35 sous. Or, le gouvernement
leur a accordé 50 sous sur le pain maison. L'ICP estime
que les chiffres avancés par l'association des boulangers
pour justifier leur demande de révision du prix du pain
sont sans fondement. La structure de prix utilisée pour
calculer les prix du pain est erronée, puisqu'elle est
basée sur un rapport de juillet 2006 du Management Audit
Bureau."
Selon Mosadeq Sahebdin, les boulangers avaient souligné
une hausse de 47% sur le diesel. Or, dit-il, de juillet 2006 -
date de la dernière hausse du pain - à janvier 2008,
le diesel a subi une augmentation totale de seulement 16,75%.
"Le diesel a même subi des baisses en octobre 2006
(-7,79 %) et en janvier 2007 (- 12,25%). Ces chiffres sont grossièrement
exagérés, tout comme c'est le cas pour l'eau et
l'électricité. En outre, les boulangers réclament
une hausse de 67% pour la dépréciation des équipements.
Pour l'ICP, c'est une demande qui contraste avec la modernité
des équipements", soutient-il.
En ce qui concerne le prix de la farine, l'ICP estime "inacceptable
et inapproprié" que cette augmentation soit infligée
aux consommateurs avant même la réception de la farine
nouvellement importée, ne manquant pas de rappeler également
que le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, avait assuré
les consommateurs qu'il n'y aurait pas d'augmentation de la farine.
"La hausse de la farine aura un impact écrasant
sur les consommateurs, surtout sur les travailleurs, ceux qui
consomment des faratas et autres rotis pour leur repas. Il n'est
pas à écarter non plus que le cartel non officiel
des marchands de dholl-puris impose une nouvelle hausse du prix
de leurs produits", insiste-t-il.
Pour déjouer les calculs des boulangers et des marchands,
l'ICP invite les consommateurs à refuser d'acheter les
pains spéciaux et les dholl-puris.
Atma Shanto (NTUC) : "Politique sans pitié !"
Le président de la National Trade Union Confederation (NTUC),
Atma Shanto, estime que le gouvernement applique une politique
"sans pitié" basée sur les diktats de
la Banque mondiale et de la FMI en augmentant le prix de la farine
et celui du pain.
"C'est une politique économique qui est dictée
par ces deux organisations que le gouvernement est en train d'appliquer.
C'est une politique sans pitié, meurtrière pour
les travailleurs de ce pays et ceux qui se trouvent au bas de
l'échelle. Cette décision va entraîner une
série d'augmentations dans les jours à venir. Tous
les prix des produits à base de farine vont définitivement
monter, affectant encore plus le pouvoir d'achat des Mauriciens.
Au niveau de la NTUC, nous estimons que le gouvernement doit convoquer
les tripartites dès maintenant pour ouvrir les discussions
sur la compensation salariale. Les travailleurs méritent
une meilleure compensation cette année. De plus, avec sa
politique de libéralisation des prix, les commerçants
font la pluie et le beau temps, les travailleur, eux, continuent
à subir. Le gouvernement, lui, reste un simple spectateur
et fait campagne sur la croissance. Ki pé profite sa
croissance-là ? Ki travayer pé gagné ?"
se demande-t-il.
L'ACIM parle d'"opacité" et condamne
L'Association des Consommateurs de l'île Maurice (ACIM)
condamne ce qu'elle estime être "l'opacité"
entourant la hausse des prix de la farine et du pain par 30 et
23% respectivement.
Dans un premier commentaire à Week-End hier après-midi,
Jayen Chellum, porte-parole de cette association, s'interroge
sur la présence du nominé politique et trésorier
du Ptr dans les négociations pour l'achat de la cargaison
de farine commandée de Chine.
Pour ce qui concerne le pain, M. Chellum soutient que, contrairement
à ce s'était fait lors de la dernière hausse
de prix de juillet 2007, le Mauritius Audit Bureau n'aurait pas
été mis dans le coup.
"L'on prend les consommateurs pour de l'argent comptant
!", s'insurge-t-il. Jayen Chellum explique qu'encore
une fois le prix de la baguette a, proportionnellement à
son poids, augmenté davantage que le prix du pain "maison".
L'association qui condamne ces augmentations les commentera plus
en profondeur au cours d'une conférence de presse au courant
de la semaine.
En ce début d'année
Law and Order: Inquiétudes devant la dégradation!
A part le dossier chaud de la majoration du prix de vente de la
farine, le volet de la dégradation du Law and Order
en ce début d'année a été un sujet
aussi abordé lors des délibérations du Conseil
des ministres de vendredi dernier. C'est ce qu'avancent des sources
autorisées. Les inquiétudes notées du côté
du gouvernement demeurent au niveau de la répétition
des manifestations et de protestations de rue - de Lallmatie à
Vallée-des-Prêtres en passant par Square Khadafi
ou encore le rond-point de Roche-Bois sans oublier la perturbation
de la circulation sur la route de Rivière-Noire à
la suite d'un accident de la route à Tamarin.
La succession de manifestations et de mouvements suspects de voitures
dans la nuit en fin de semaine dans certains quartiers chauds
de la capitale est venue se greffer sur une situation où
le nombre de cas d'agressions caractérisées sur
la voie publique, de vols avec violence et d'attaques contre des
touristes ne semble pas connaître de répit. Selon
des recoupements d'informations, le Premier ministre, Navin Ramgoolam,
qui s'est fait très discret en terme médiatique
depuis le début de cette année, n'aurait pas caché
son exaspération et son irritation face à la direction
générale de la police dans la conjoncture.
"Le Premier ministre a clairement indiqué que les
fonctions de commissaire de police relèvent d'un poste
constitutionnel et que le Day-to-Day Running de la force incombe
au détenteur de ce poste. Le gouvernement met les moyens
nécessaires à la disposition de la police. Mais
face à certaines situations, le gouvernement ne peut rester
les bras croisés, car en fin de compte, c'est le Premier
ministre qui doit répondre à l'Assemblée
nationale. Il s'attend à voir le commissaire de police
agir dans les limites de ses prérogatives et ses pouvoirs
conférés par la Constitution pour maintenir l'ordre
et la paix", a fait comprendre à Week-End une
des sources officielles à l'Hôtel du gouvernement
après la réunion du Conseil des ministres.
Ces mêmes milieux avancent que le Premier ministre aurait
déjà eu l'occasion de faire connaître ses
sentiments sur la situation du Law and Order auprès
du commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh. Mais, ils n'ont
pas voulu confirmer la teneur des propos tenus ou encore l'ambiance
dans laquelle se sont déroulés ces échanges.
A noter que depuis plusieurs mois déjà, le commissaire
de police s'est fait encore plus discret que le Premier ministre
en ce début d'année.
Dans ces mêmes milieux, l'on n'hésite pas à
faire état de "période incertaine"
à la direction de la police même si la question de
changement au plus haut niveau de la force policière n'est
pas à l'ordre du jour. Mais les prochaines semaines ou
encore d'éventuelles manifestations de rue risquent de
provoquer des mouvements d'humeur brusques de part et d'autre.
Law and Order
Cité La Cure, Vallée des Prêtres et Plaine-Verte
exaspérées par l'insécurité
Les faubourgs de la capitale, soit Vallée des Prêtres,
Cité La Cure et Plaine-Verte, ont été au
centre de vives tensions durant cette semaine. Tant et si bien
que la police a dû consentir à d'importants déploiements
afin d'empêcher tout débordement. À Cité
La Cure et Vallée des Prêtres, c'est le braquage
en pleine rue d'un bijoutier qui a causé l'ire des habitants,
tandis qu'à Plaine-Verte des tensions entre deux groupes,
suivant une altercation survenue à Port-Louis, auront causé
une manifestation de rue.
La situation des plus tendues à Cité La Cure et
à Vallée des Prêtres mercredi soir a fait
suite au braquage d'un bijoutier, Mohamed Nooranee Hissund, 48
ans, un peu plus tôt dans l'après-midi. Il était
aux alentours de 17h50 lorsque le bijoutier, qui se trouvait en
voiture, devait arriver à la jonction entre Cité
La Cure et Vallée des Prêtres. Au même moment,
une motocyclette devait se mettre en travers de son passage, le
contraignant à s'arrêter. Ne comprenant pas trop
ce qui se passait, le bijoutier demanda au motocycliste d'enlever
son véhicule du passage. Soudain, une autre personne surgit
de l'arrière, lui asséna un coup de sabre à
la tête et le fit sortir de sa voiture. Au même moment,
un autre homme, encagoulé, contraignit la nièce
du bijoutier à descendre également de voiture.
Les trois bandits devaient alors s'engouffrer dans la voiture
et tenter de faire démarrer le véhicule. Le bijoutier
se mit alors à pousser des cris, ce qui eut pour effet
d'alerter le voisinage. Un des bandits fit alors main basse sur
une mallette, qui renfermait des bijoux en or et une somme de
Rs 130 000, avant de prendre la poudre d'escampette en direction
de Cité La Cure. Le bijoutier blessé a reçu
trois points de suture à la tête. Il ressort que
la motocyclette utilisée par les bandits avait précédemment
été reported stolen au poste de police de
Plaine-Verte.
Des suites de cette affaire, deux groupes de quelque 200 personnes,
armées de gourdins, de pierres et de pavages ont failli
en découdre. Dans un premier temps, les éléments
du poste de police d'Abercrombie sont intervenus mais ont été
rapidement débordés, tant et si bien que d'importants
renforts de la Special Mobile Force (SMF), de la Special Supporting
Unit (SSU), de l'Emergency Response Service (ERS) de la Divisional
Supporting Unit et de la CID de Port-Louis, ont dû être
déployés afin de ramener le calme dans la région.
Le Deputy Commissioner of Police Jean Bruneau, l'assistant commissaire
de police Vinod Appadoo, le surintendant Randamy, de même
que les assistants surintendants de police Céline, Ramnain,
Coowar et Tokee étaient également sur le terrain
pour mener la médiation entre les deux groupes. Cette médiation
porta ses fruits et tout dérapage a pu être évité
quatre heures après le début des hostilités.
Un groupe d'habitants de Vallée des Prêtres accusait
l'autre, composé de résidents de Cité La
Cure, de n'être qu'un repaire de malfrats et de bandits.
L'exercice de médiation menée par le DCP Jean Bruneau,
l'ACP Appadoo, responsable de Port-Louis Nord, et d'autres haut
gradés de la police, s'avéra payant car les manifestants
décidèrent de se retirer peu avant 23h. Néanmoins,
une forte présence policière a été
maintenue dans ces deux localités.
Plaine-Verte : tensions des suites d'un pugilat dans la capitale
Une altercation musclée entre un vendeur de CD, de Plaine-Verte,
et un videur habitant Roches-Bois, survenu lundi, près
du jardin de la Compagnie, a provoqué la colère
d'un groupe d'habitants de Plaine-Verte. Ceux-ci vitupéraient
contre le fait que le videur, qui serait à l'origine de
la dispute de lundi, n'ait pas été arrêté
par la police. Dans la soirée de mercredi, des amis du
videur se sont rendus au Khadafi Square, armés jusqu'aux
dents.
Le lendemain soir, jeudi, c'est au tour des habitants de Plaine-Verte
de se masser en nombre au même endroit, au cas où
les visiteurs indésirables de la veille reviendraient.
Avec ces tensions, la police, avec l'ACP Vinod Appadoo en tête,
a de nouveau joué la carte de la médiation, ainsi
que les travailleurs sociaux de la région. Un effectif
policier a été maintenu sur place afin de parer
à toute éventualité.
D'autre part, la plateforme des citoyens pour l'unité,
l'harmonie et la paix, emmené par Imran Dhanoo et Ally
Lazer, tient une importante conférence de presse au sujet
de ces manifestations demain, lundi. Ils seront accompagnés
de l'ancien président de la République Cassam Uteem
de même que des prêtres et des imams.
Law and order
Deux autres policiers agressés cette semaine
Deux membres de la force policière, à savoir les
constables Antoaroo et Purgass, ont été agressés
lors d'une opération policière en début de
semaine. Un troisième policier, à savoir le sergent
Luchmun, du poste de police d'Abercrombie, aurait pu l'être
après qu'un dénommé Patrick Steve Serret,
alias Poloko, a frappé la table devant laquelle le sergent
se trouvait à coups de samouraï, et ce à l'intérieur
même du poste de police d'Abercrombie.
Les constables Antoaroo et Purgass, affectés au poste de
police de Bel-Air/Rivière-Sèche, ont été
blessés lors d'une intervention dans la soirée de
dimanche dernier. Après avoir reçu un appel téléphonique
de détresse, les deux constables se sont rendus à
Darwin Road, Caroline, relativement à une affaire de disturbance
with threats. Lorsque les policiers sont arrivés sur
les lieux, ils devaient y trouver Ajay Boodhoo Shyam, 32 ans,
sous l'influence de l'alcool et qui injuriait à tour de
bras les membres de sa famille.
Les policiers tentèrent de le ramener à la raison,
mais leur intervention eut l'effet contraire sur Ajay Boodhoo
Shyam, qui agressa le constable Antoaroo au bras gauche. Le constable
Purgass, qui est également intervenu, reçut plusieurs
coups de poing à l'estomac. Les policiers ont dû
battre en retraite et recevoir des soins à l'hôpital
de Flacq.
Dans la nuit de lundi à mardi, le poste de police d'Abercrombie
a lui été le théâtre de violences.
Les policiers qui étaient de service pour le last shift
ont été insultés et menacés par Patrick
Steve Serret, alias Poloko, 26 ans, habitant de Cité-Briquetterie,
qui était armé d'un sabre-samouraï. Il s'était
présenté au poste de police afin de protester contre
des graffitis se lisant ainsi : Poloko, la mort ! qui étaient
visibles sur plusieurs murs de la localité.
L'homme, visiblement excité, pouvait à peine consigner
sa déposition. Le sergent tenta de le calmer, mais mal
lui en prit. Serret entra dans une profonde colère, se
mit à insulter le sergent et à donner de violents
coups de sabre-samouraï sur la table occupée par le
sergent. Les amis de Patrick Steve Serret, firent à leur
tour leur entrée à l'intérieur du poste de
police. Ils étaient environ cinquante. Ils parvinrent à
faire Serret sortir du poste. Cependant, Serret fit clairement
comprendre au sergent son intention de retrouver l'auteur des
graffitis et de "koup sa dimunn-là". La
police a ouvert une enquête au sujet de ces deux cas précités.
Pêche illégale
NCG : Arraisonnement d'un bateau indonésien
La National Coast Guard (NCG) a procédé à
l'arraisonnement d'un bateau de pêche battant pavillon indonésien
dans le cadre de la lutte contre la pêche illégale
dans les limites de la Zone Économique Exclusive (ZEE)
de Maurice. Le FV Putra Jaya No 33 est arrivé à
Port-Louis hier après-midi sous escorte d'une unité
de la National Coast Guard, le CGS Guardian, pour la suite
de l'enquête. Lors d'un contrôle effectué en
haute mer par des éléments de la NCG et des Fisheries
Protection Services, une cargaison de 30 tonnes de thon, pêchées
illégalement, avait été découverte
dans la cale du bateau. Le capitaine et les membres d'équipage
du bateau de pêche indonésien devaient subir des
interrogatoires sur cette cargaison de poisson à leur arrivée
à Port-Louis avec une éventuelle comparution devant
le tribunal de Port-Louis en début de semaine.
Depuis la fin de l'année dernière, le commandement
général de la NCG a institué un programme
de surveillance de la Zone Économique Exclusive, notamment
dans le Sud de Maurice, en vue de décourager le pillage
des eaux mauriciennes par des unités de pêche étrangères.
Pour les besoins de cet exercice de surveillance, le Dornier
est utilisé de manière systématique pour
traquer les bateaux sillonnant cette zone et les données
disponibles sur le Vessel Surveillance System sont traitées
dans le cadre de l'Intelligence Surveillance.
L'opération Suspicious FV Putra Jaya avait démarré
en fin de semaine dernière. En effet, lors d'une des sorties,
l'équipage du Dornier devait repérer la présence
suspecte de ce bateau de pêche dans la ZEE de Maurice. Le
commandement de ce bateau ne devait pas répondre aux appels
radio du Dornier pour son identification et satisfaire
d'autres demandes d'informations de routine.
Les soupçons d'actes illégaux devaient être
confirmés au QG de la NCG dans la mesure où le FV
Putra Jaya n'avait pas communiqué ses positions de
manière régulière sur le Vessel Surveillance
System, devenu obligatoire selon le permis alloué par
le ministère de la Pêche. Après analyse
des données relayées par le Dornier, la décision
fut prise de dépêcher sur les lieux une escouade
conjointe de la NCG et des Fisheries Protection Services
en vue de mener une opération de vérification et
de contrôle.
Le CGS Guardian, devait accoster le FV Putra Jaya No
33 vers les 13 h 30 jeudi. Les bateaux se trouvaient à
quelque 132 milles nautiques à l'Est-Sud-Est de Maurice,
soit 20°16 Sud et 59°54 Est, soit dans la Zone Économique
Exclusive de Maurice. Les informations disponibles sont que le
FV Putra Jaya No 33 avait quitté Port-Louis le 24
décembre pour une campagne de pêche. Il devait être
de retour vers le 21 janvier et son agent à Maurice est
la South Bound Shipping Agency.
Lors de la vérification du bateau, les membres de la NCG
devaient constater la présence dans les cales de 30 tonnes
de thon. Le commandant de l'unité de pêche n'était
pas en mesure de confirmer à la NCG et aux Fisheries
Protection Services l'origine de ces prises. D'autre part,
le bateau ne détient pas une Valid Fishing Licence
émise par les autorités mauriciennes. Les premiers
rapports soumis aux autorités mauriciennes sont que "
no fishing log, no ship's log, no radio log are being maintained
on board ". Le seul document disponible à bord
du bateau demeure un carnet avec des entrées en langue
chinoise.
" During the inspection carried according to procedures
specified in law, the captain of the ship could not account for
the origin of the catch. The records were not accurate ",
souligne-t-on dans les milieux officiels. La NCG devait prendre
contrôle du FV Putra Jaya pour rentrer à Port-Louis
sous escorte du CGS Guardian. Les deux unités sont
arrivées à Port-Louis vers les 16 heures, hier.
Techniquement, les membres d'équipage du FV Putra Jaya
sont placés en état d'arrestation le temps de l'enquête
et les décisions du Directeur des Poursuites publiques
(DPP) et les 30 tonnes de poissons saisies.
Dans les milieux du ministère de la Pêche, l'on se
félicite des résultats de cette opération
conjointe avec la NCG pour lutter contre la pêche illégale
dans les eaux mauriciennes. " Ce programme de surveillance
n'est pas de tout repos. It's a lot of hard work. Mais nous n'avons
d'autre choix que de maintenir la pression et faire comprendre
aux pilleurs que nous allons agir avec les moyens dont nous disposons
", a soutenu une source officielle au ministère
de la Pêche durant le week-end.
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a c t u a l i t é s
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WEEK-END --- dimanche 20 janvier 2008
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