Génération 68 !
Cette année-là aura marqué toute une génération
qui s'apprêtait à s'ouvrir sur le monde. Je ne sais
plus qui disait (peut-être était-ce Jean Cocteau
parce qu'il aimait tant les jeunes ?) : "Cours Camarade,
le vieux monde est derrière toi
" Et les
camarades ont couru, comme des fous, de la Vieille Europe au Nouveau
Monde - les États-Unis -, en passant par l'Amérique
latine et chez nous, puisque, cette année-là, notre
pays coupait le cordon ombilical avec la Blonde Albion et accédait
au statut d'Indépendance. Nous y reviendrons sur ce chapitre
particulier de notre histoire qui a marqué l'an I de notre
Indépendance, le 12 mars prochain.
Cette année 68, disais-je, la jeunesse a pris le pouvoir
sur le "vieux monde" pantouflard de nos aînés.
La plupart d'entre eux étaient issus de cette génération
d'entre-guerre et d'après-guerre. La Seconde !
Il est bon de se rappeler que le vent libertaire s'était
élevé, d'abord, en Tchechoslovaquie en janvier 1968.
En ce début d'année, dans ce pays que l'Union soviétique
considérait comme une de ses satellites, avec la Pologne
et la Hongrie, un certain Alexander Dubcek, fraîchement
élu secrétaire général du Parti communiste
Tchécoslovaquie, entreprit un certain nombre de réformes
pour moderniser son pays, par la dénonciation des corrompus
du régime, par l'ouverture de l'espace démocratique,
c'est-à-dire plus de liberté pour la presse et la
possibilité pour les Tchèques de critiquer le gouvernement
en place.
Oser faire cela dans un pays de l'Europe de l'est, c'était
entreprendre une vraie révolution
Trop, c'était
trop pour l'Ours soviétique. Prétextant une éventuelle
invasion de l'Allemagne en Tchécoslovaquie, l'Armée
rouge entre à Prague le 21 août 1968, efface par
la force le "Printemps de Prague" emmène Dubcek
et ses camarades "révisionnistes" à Moscou
pour une discussion "franche entre camarades"
C'est ce moment que choisit le jeune militant Tchécoslovaque,
Ian Palach, pour s'immoler sur la Place Venceslas afin de protester
contre l'invasion de son pays par les soviets
Il faut aussi
se rappeler que sa mémoire a été honorée
par la municipalité de Curepipe, en baptisant la Place
jouxtant l'Hôtel de Ville et le Marché de Curepipe,
Place Ian Palach.
Nous y reviendrons, tout au long de cette année, sur ces
moments qui ont marqué nos vingt ans. Un peu avant 68,
avec l'assassinat de Che Guevara dans la jungle colombienne en
1967, mais aussi sur cette année-phare aux accents tragiques,
comme les assassinats de Martin Luther King et de Robert Kennedy,
des événements de Mai 68, de la naissance de la
contre-culture, des poings levés des athlètes américains
arborant le béret des Black Panthers, Tommie Smith et John
Carlos, au Jeux Olympiques de Mexico, des manifestations monstres
organisées aux États-Unis contre la guerre au Viet-nâm,
de Bonnie and Clyde, de cette époque légendaire
qui nous fouette encore au visage avec la guitare magique de Jimmy
Hendrix, de la voix cassante de Janis Joplin. De Jack Kerouac
et Henry Miller pour la littérature avant-gardiste américaine
Quelle année ! Tant que nous veillerons, nous l'apporterons
avec nous, en bandoulière. Pour témoigner
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 6 janvier 2008
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