a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 6 janvier 2008



  Quatre morts de Tyack—Le mystère de la cinquième personne !
  Perspectives et prévisions—Les chantiers de 2008 !
  Les Chagos—Gordon Brown ne change rien dans le litige anglo-mauricien
  Corps para-public—Audit du CEB des hôtels du groupe Beachcomber
  L'affaire Air Mauritius —Jack Bizlall contre-attaque


Quatre morts de Tyack

Le mystère de la cinquième personne !

Depuis jeudi matin, le petit village sudiste de Tyack et par ricochet toute l'île Maurice, sont sous le choc. Quatre corps calcinés, à savoir ceux de Hanesh Kumar Mahindar et de Bharati Gura, de même que ceux de ses deux enfants, Shamista, 5 ans, et Ishta, 3 ans, ont été découverts dans la matinée du jeudi 3 janvier, dans une bananeraie de la localité. Si, à ce stade de l'enquête policière, différentes hypothèses sont émises de part et d'autre, la thèse du Foul Play reste, cependant, la plus plausible. Pour cause : pendant deux heures jeudi, faisant suite à la découverte des quatre cadavres, les enquêteurs ont recherché en vain un cinquième corps, et ce à partir d'indications précises découvertes sur le terrain à l'effet qu'outre les victimes, il y aurait eu une cinquième personne présente sur les lieux.

L'information selon laquelle une cinquième personne aurait été présente sur les lieux du drame est traitée depuis jeudi avec la plus grande confidentialité par les enquêteurs, dans la mesure où cette cinquième personne n'a toujours pas été retrouvée. Cependant, à hier, dans les milieux des enquêteurs, l'on s'accordait à faire ressortir que l'hypothèse qu'une cinquième personne présente à la bananeraie de Tyack est "plus que probable", compte tenu de certains "indices" attestant de la présence d'une cinquième personne sur les lieux.

"Pour l'instant, il est difficile, voire impossible, d'en dire davantage sur cette cinquième présence que nous avons décelée sur les lieux du drame. Cependant, nous sommes dans la mesure de confirmer qu'effectivement, après la découverte des corps, et ce en présence du N° 1 du service médico légal, le Dr Satish Boolell, nous avons, et ce pendant deux heures, cherché en vain un cinquième corps", a-t-on fait comprendre à Week-End dans les milieux de l'enquête policière. Si les recherches sur le terrain, jeudi, n'ont pas permis aux enquêteurs de découvrir un cinquième corps, ou encore de retracer cette cinquième personne, ces recherches auront cependant permis aux limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT) et de la CID de Grand-Port/Savanne de mieux comprendre ce qui a pu se passer dans cette bananeraie.

Les enquêteurs comptent, du reste, passer au crible tous les appels téléphoniques qu'ont effectué Hanesh Kumar Mahindar et Bharati Gura dans le but d'établir formellement avec qui les amants ont été en contact. Dans l'espoir de retracer cette fameuse cinquième personne. Autre élément que ne négligent pas les enquêteurs : la présence de bougies rouges sur les lieux du drame. Que représentent ces bougies rouges ? Dans le giron de l'enquête policière, l'on expliquait à Week-End en fin de semaine que tout porte à croire que ces bougies feraient partie d'un rituel quelconque. Un rituel qui aurait pu avoir été effectué par une cinquième personne avant d'allumer le bûcher ? La question reste, au demeurant, sans réponse pour l'instant.

Par ailleurs, toujours dans l'optique du mystère de la cinquième personne, sur les instructions du Dr Boolell, tout le déploiement policier sur le terrain, jeudi, des suites de la découverte des corps, ainsi que l'emplacement exact du bûcher et la disposition des cadavres calcinés, ont été filmés. Ce qui constitue, au passage, une première. "Nous allons procéder à un visionnage minutieux de l'enregistrement afin de voir, au passage, s'il y aurait un détail qui aurait pu nous avoir échappé sur place. Néanmoins, l'idée de tout enregistrer est excellente car même si le photographe de la police a pris des clichés des lieux du drame et de la disposition des quatre corps, il est vrai de penser que des images filmées sont plus parlantes que des clichés pris en deux dimensions", a-t-on également ajouté dans le giron de l'enquête policière.

L'importance des examens post-mortem

Jusqu'à présent, même si les enquêteurs n'ont pu établir avec précision ce qui s'est exactement passé dans la bananeraie appartenant à Nemchand Keenoo, 68 ans, les autopsies, effectuées jeudi par le Dr Boolell, ont permis de lever un pan de voile sur toute l'affaire. Le médecin légiste a établi que Hanesh Kumar Mahindar et Bharati Gura étaient encore en vie au moment de leur immolation. Le Dr Boolell a établi que les deux sont décédés des suites d'extensive burns injuries. Il a aussi certifié que les deux enfants, Shamista, cinq ans, et Ishta, trois ans, étaient déjà mortes quand le feu a pris. Cependant, la cause de leur décès respectif reste à être déterminée. Des hématomes ont été découverts à la tête des enfants. Il est cependant difficile de dire si ces hématomes ont été causés antérieurement à la mort ou juste après leur décès. La possibilité que les deux corps aient chuté du bûcher, leur procurant des coups à la tête, n'est également pas, non plus, à écarter. Selon la disposition du bûcher improvisé, il ressort que les morceaux de bois avaient été entassés sur des pierres. Avec l'intensité des flammes ravageant le bois, il est fort possible que les corps des deux fillettes, plus légers, ont pu glisser du bûcher, causant ainsi les hématomes à la tête. Le n° 1 du département médico légal a effectué une série de prélèvements des quatre corps et les a envoyés au Forensic Science Laboratory (FSL) aux fins d'analyses toxicologiques. Autre élément crucial établi par le Dr Boolell : la mort des quatre personnes remonterait au 28 décembre.

Le film des événements

Que s'est-il exactement passé le jour de la découverte macabre et peu avant ? C'est par pure coïncidence que Nemchand Keenoo, 68 ans, a découvert les quatre corps dans sa bananeraie. C'est aux alentours de 7h30, dans la matinée du jeudi 3 janvier, que Nemchand Keenoo s'est rendu sur son terrain. Outre des bananiers, Nemchand Keenoo y cultive des brèdes. C'est dans le but de récolter ceux-ci qu'il s'y était rendu. Il devait à peine commencer la récolte des brèdes que son odorat devait être mis à mal par une odeur pestilentielle. Dans un premier temps, il s'est dit qu'il s'agissait peut-être d'un animal mort. L'odeur de putréfaction étant tellement forte, il décide d'en avoir le cœur net. Et c'est là qu'il devait découvrir l'horreur dans son apogée. Estomaqué par l'horreur qui s'offre devant ses yeux, Nemchand Keenoo se précipite chez lui et avertit un ami policier de la présence de quatre corps calcinés sur son terrain.

Peu de temps après, un important déploiement policier, composé des éléments de la MCIT, de la Southern Division CID, des éléments de la CID de Rivière-des-Anguilles investit les lieux. Sont également présents, le Deputy Commisionner of Police (DCP) Mario Nobin, intronisé responsable de la région Sud depuis quelques jours, l'assistant commissaire de Police (ACP) Preetamsing Juwahir, le n° 1 de la MCIT, Yousouf Soopun, l'ASP Jean-Claude Gungah et les inspecteurs Ranjit Jokhoo et Dieudonné Gérard, de la MCIT.

Les premières recherches permettent aux limiers de retrouver une pièce d'identité. Celle-ci appartient à Hanesh Kumar Mahindar, un habitant de Camp-Banane, Grand-Bois. Ce dernier est un employé de la menuiserie Domah. C'est à partir de la confirmation de la présence de Hanesh Kumar Mahindar parmi les victimes que Bharati Gura et ses deux filles seront identifiées. Cette dernière habitait, avec ses deux enfants, chez ses parents, à la route Royale, Tyack.

De fil en aiguille, les enquêteurs feront d'édifiantes découvertes. Hanesh Kumar Mahindar est porté manquant depuis le vendredi 28 décembre, soit le jour de son anniversaire. Ce jour-là, Hanesh Kumar Mahindar a quitté son domicile aux alentours de 8h pour se rendre à son travail, au Domah Commercial Centre à Rose-Belle. Bharati Gura, avec qui il entretenait une liaison, est quant à elle, une enseignante du primaire. Cependant, elle travaillait également, à temps partiel, pendant les vacances scolaires, dans ce même centre commercial. Hanesh Kumar Mahindar et Barathi Gura ne se sont jamais rendus sur leur lieu de travail ce jour-là. Si les Whereabouts de Hanesh Kumar Mahindar en ce qu'il s'agit de la matinée et de l'après-midi du 28 restent toujours à être déterminées, il ressort que, pour sa part, Bharati Gura se serait rendu au Caudan, à Port-Louis, dans la matinée, avant de regagner son domicile en début d'après-midi. Elle serait cependant ressortie à un moment donné, toujours en compagnie de ses filles, et n'a plus été revue depuis, pas plus que ses deux enfants…

Une autre hypothèse émise par les enquêteurs : Hanesh Kumar Mahindar, Bharati Gura et les fillettes étaient très bien habillées et portaient bijoux, bracelets et boucles d'oreilles respectivement, ce qui laisse présupposer que leur présence dans une bananeraie n'était pas prévue. Ce qui laisse, encore une fois, entrevoir la présence d'une cinquième personne dans le background de l'affaire. Sont-ils allés rencontrer cette cinquième personne, qui les a ensuite conduits à la bananeraie pour un rituel avec des bougies rouges ? Les enquêteurs insistent sur ce point : no stone will be left unturned dans le but d'établir la vérité…


Bharati recherchait un bonheur qui la fuyait sans cesse

Décrit comme une mère discrète et sans histoires, Bharati Gura était malheureuse à cause d'un mariage qui n'a pas marché. Divorcée de Kumar Bolla, un policier, depuis novembre dernier, Bharati voulait à tout prix refaire sa vie, surtout à cause de ses filles, Shamista, cinq ans, et Ishta, trois ans. Personne, à commencer par les membres de sa famille, n'arrive à croire que cette mère aurait laissé tuer ses enfants sans broncher.

Enseignante de profession, Bharati Gura était une femme discrète dans la vie. Elle était retournée vivre chez ses parents en 2004 après l'échec de son mariage avec Kumar Bolla. Elle reprochait à ce dernier de lui être infidèle. Elle devait officiellement divorcer de Kumar Bolla en novembre dernier. Très peu de personnes savaient qu'elle entretenait une liaison avec Hanesh Kumar Mahindar, qui était de huit ans son cadet au moins. Cependant, leurs collègues du Domah Commercial Centre, de Rose-Belle, n'étaient pas dupes de ce qui se passait entre eux. Les parents de Bharati Gura, quant à eux, ne savaient rien de cette liaison. Ils avaient, du reste, pris contact avec un homme dans le but de remarier leur fille. Bharati avait poliment décliné la proposition parentale en faisant ressortir que, même si elle ne trouvait rien à redire de l'homme identifié par ses parents, elle ne souhaitait pas l'épouser. Elle aurait laissé entendre à des amies proches qu'elle était amoureuse de Hanesh Kumar Mahindar. Cet élément du mariage arrangé, qui aurait contraint Bharati Gura et Hanesh Kumar Mahindar à l'acte de désespoir est aussi une hypothèse non négligée par les enquêteurs.

Hanesh Kumar Mahindar : un anniversaire funeste

Porté manquant par ses proches le jour même de son anniversaire, Hanesh Kumar Mahindar, décrit par ses amis comme un garçon "serviable et tranquille" était un garçon sans histoires. Pieux et dévot, Hanesh Kumar Mahindar était apprécié de tous par sa simplicité. Il avait arrêté sa scolarité après le Certificate of Primary Education (CPE) et travaillait comme Helper à la menuiserie Bholah, à Rose-Belle. Son père, Bissoonlall Mahindar, inconsolable, a perdu l'usage de ses jambes depuis un accident en 2001. Il n'aurait jamais pensé que son fils serait parti avant lui. Le jour de la disparition de son fils, soit le 28 décembre dernier, Bissoonlall affirme que plusieurs membres de la famille avaient tenté, en vain, de prendre contact avec lui. "Li finn sorte lakaz gramatin pu al travay. Sa mem ti zour so laniverser. Nepli finn truv li apre. Nu finn sey sonn li lor so portab enn pake fwa sa zur la. Me portab ti teigne. Pa ti koner ki fer portab la ti teyn. Ziska ler, nu pa kompran kuma enn maler kumsa finn arive", déclare en substance Bissoonlall Mahindar. Au sein de la famille Mahindar, la liaison entre Hanesh Kumar et Bharati Gura était, semble-t-il, inconnue…


Perspectives et prévisions

Les chantiers de 2008 !

Avec le début de 2008, l'Alliance Sociale sous le Primeministership de Navin Ramgoolam amorce la seconde moitié de son mandat et les chantiers que ce soit sur le plan politique, économique et social ne manqueront pas. Mais les observateurs avertis soutiennent que les événements et décisions survenant au cours de cette année devront avoir des influences inéluctables sur l'échiquier socio-politique en attendant les prochaines échéances électorales prévues pour 2010. Le front des prix, avec des majorations qui n'attendent qu'à être annoncées, vu la conjoncture internationale, demeurera une des principales préoccupations pour les ménages avec une première décision à ramifications multiples prévue vendredi. Le dossier de la majoration du prix de vente de la farine sera d'actualité lors du premier conseil des ministres de l'année. Les séquelles de toute décision sur le prix de la farine devront se faire ressentir sur celui d'autres articles de première nécessité, tels le pain et le bol de mine bouillie.

À tout seigneur tout honneur: après la trêve de fin d'année, la politique devrait s'installer au premier plan des préoccupations nationales. 2008 marquera la fin du premier mandat de sir Anerood Jugnauth en tant que président de la République. Tous les yeux sont tournés sur l'état des relations entre sir Anerood Jugnauth et Navin Ramgoolam pour essayer de décrypter le moindre détail susceptible de confirmer si l'actuel président de la République pourrait se retrouver ou non en face d'une offre de reconduction de son mandat en tant que locataire de la State House en septembre prochain.

Une remarque du président de la République à la fin de l'année dernière au sujet de son état d'âme par rapport à la fin de son mandat est venue relancer les spéculations sur la succession au Réduit. Sir Anerood Jugnauth aurait fait comprendre qu'il ne serait pas intéressé à rempiler à la présidence de la République. Même si jusqu'à l'heure, le chef du gouvernement s'est gardé de se prononcer sur le dossier du prochain président de la République, les potentiels présidentiables commencent à se manifester. Parfois de manière médiatique !

Les potentiels présidentiables commencent à se manifester

Néanmoins, la Personal Chemistry entre les deux plus importantes personnalités au sommet de l'État a connu une nette transformation au cours de ces derniers 30 mois. Au tout début du mandat de l'Alliance sociale à l'Hôtel du gouvernement, Navin Ramgoolam prenait le soin d'éviter tout contact avec sir Anerood Jugnauth, au point où une crise constitutionnelle se profilait à l'horizon. Mais actuellement, ceux opérant dans les coulisses du pouvoir affirment que les Advices prodigués par le président de la République sur des dossiers de brûlante actualité sont écoutés avec intérêt lors du Briefing hebdomadaire du jeudi matin à la State House.

Le sort de l'actuelle présidence de la République devrait avoir des Bearings sur les forces en présence pour la prochaine joute lors des législatives de 2010. Un scénario avec sir Anerood Jugnauth en dehors de la State House à partir de septembre prochain devrait éviter au MSM tout rapprochement politique avec le pouvoir actuel. Ce parti pourrait alors garder encore ouvertes ses options électorales aussi longtemps que possible même si dans la conjoncture les ponts entre le MSM et le MMM semblent illusoires.

Tout au moins pour le premier trimestre de cette année, la classe politique sera suspendue au calendrier de travail du Privy Council de Londres. En effet, le député de l'opposition Ashok Jugnauth a interjeté appel contre le jugement de la Cour suprême signé du juge Paul Lam Shang Leen cassant son élection dans la circonscription de Moka/Quartier-Militaire (No 8). En raison de l'urgence et de l'importance de cette affaire, d'aucuns affirment que le Conseil Privé traitera le dossier avec diligence en fixant le procès à plus ou moins brèves échéances.

En cas de confirmation du jugement par le Conseil Privé, une élection partielle devra être organisée au No 8 presque à mi-parcours des cinq ans du gouvernement de l'Alliance sociale. Election-sanction ou élection-confiance. La question ne se posera qu'après le jugement de l'instance judiciaire suprême de Londres. Du côté du Parti Travailliste, l'on se dit confiant que le Conseil Privé se prononcera dans le même sens que la Cour suprême au sujet de la pétition électorale présentée au nom du candidat battu Raj Ringadoo ouvrant la voie à une joute électorale partielle.

Partielle-Baromètre

L'incidence d'une partielle à Moka-Quartier-Militaire à deux ans de la prochaine échéance vaudra son pesant d'or. Cette partielle pourrait servir de baromètre pour les principales forces politiques en présence sur le terrain et un début de recomposition électorale pour le rendez-vous de 2010 n'est pas à écarter à partir de la proclamation des résultats. Il va sans dire que l'Alliance sociale, et plus particulièrement Navin Ramgoolam, se jettera corps et âme dans la bataille pour tenter de reconquérir ce siège alors que l'opposition tentera de capitaliser sur les manquements du gouvernement pour demander à l'électorat du No 8 de sortir le rotin bazar. La lutte promettra d'être farouche.

En attendant, les ministres les plus vulnérables en cas d'un remaniement ministériel pourront respirer. D'aucuns affirment que même si le Premier ministre serait tenté d'insuffler un nouvel élan à son équipe gouvernementale dans le sillage d'une Mid-Term Review politique, il serait plus approprié de sa part de faire preuve de patience avec les procédures engagées devant le Privy Council au lieu de se précipiter avec un remaniement, dont les rumeurs remontent de temps à autre à la surface. Le remaniement ne devrait intervenir qu'après cette échéance électorale à être confirmée par le Privy Council.

De son côté, la décision de l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) à la veille de Noël visant à instruire des procédures pénales contre le Whip de l'opposition, Ajay Gunness, dans l'enquête sur le contrat de rénovation du bureau de l'ancien ministre des Infrastructures publiques en mars 2005 ne devrait pas laisser insensibles les milieux politiques de tout bord. L'affaire sera appelée Pro-Forma devant la Cour intermédiaire le mardi 15 janvier avec Ajay Gunness contestant formellement l'accusation formelle sous le Prevention of Corruption Act logée contre lui.

Le MMM, qui maintient sa campagne à l'effet que l'ICAC ne serait transformée qu'en une Whitewashing Machine dans les affaires impliquant des éléments du pouvoir en place, a signifié son intention de dénoncer énergiquement la manière de faire de cette institution, notamment par rapport à l'opposition. Le MMM maintient sa confiance dans l'innocence d'Ajay Gunness.

La direction du parti Travailliste et celle d'autres composantes de l'Alliance sociale réclament la démission d'Ajay Gunness en tant que Whip de l'opposition le temps du déroulement du procès initié en Cour intermédiaire. Ils citent l'exemple du maire de Quatre-Bornes, Roshan Seetohul, inculpé provisoirement par l'ICAC dans le scandale des étals de la foire de Quatre-Bornes ou encore la démarche du député Yatin Varma à la présidence de la Commission parlementaire de l'ICAC pour faire campagne. D'ici le 25 mars, date de la reprise des travaux parlementaires, la pression, d'une part aussi bien que de l'autre, devra aller s'accentuant.

Prix: Situation brûlante !

La situation paraît plus brûlante sur le front de l'évolution à la hausse des prix à la consommation. L'impuissance des autorités face à la dictature de la hausse des prix imposée et importée éclate au visage du consommateur à chaque tournée des étagères des supermarchés que ce soit pour la boîte de lait et autres produits laitiers ou les conserves alors que les biscuits et autres produits alimentaires de gamme moyenne sont devenus hors de prix. Le comble demeure que la bataille contre la hausse des prix fut un des thèmes majeurs et préférés de la campagne de l'Alliance sociale pour le scrutin du 3 juillet 2005.

Malgré le tam-tam du ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, à l'effet que le prix de vente au détail de la farine n'allait pas être majoré en 2008, la vérité est que le discours du Premier ministre à la nation pour le Nouvel An est venu en apporter un cinglant désaveu. La première réunion du Conseil des ministres de 2008 devra être consacrée en grande partie au dossier du prix de vente de la farine et surtout de la formule de Means Testing pour essayer de protéger ceux qui sont au bas de l'échelle.

La State Trading Corporation n'est plus en mesure d'allouer des subventions au-delà des Rs 400 millions déjà engagées sur cet item d'importation. Quelle sera la formule adoptée ? À ce stade, les sources officielles approchées évitent d'aborder cette question, préférant laisser le soin au ministre Jeetah de peaufiner le dossier sur la base des directives émises par le Premier ministre au sujet de l'utilisation des subventions et de l'impérieuse nécessité d'ajuster le prix de vente de la farine en tentant compte du contexte international.

Majoration du ticket d'autobus

Après la farine et avec le récent ajustement à la hausse du prix du litre de mazout, soit de 12,8% à partir de vendredi, la demande pour une révision du ticket d'autobus et autres tarifs dans le transport en commun se fait sentir de manière plus pressante. La timidité affichée jusqu'ici par les opérateurs du transport en commun pourrait s'estomper car ils maintiennent que la majoration du ticket d'autobus est Long Overdue et que le moment de prendre des décisions a sonné.

Face à des demandes de majoration de l'ordre de 30% venant des compagnies d'autobus et des opérateurs dans le transport public, la National Transport Authority (NTA) aurait recommandé au ministère des Infrastructures publiques une augmentation dans la fourchette de 12 à 15% pour la rentrée 2008. Ce dossier attend le feu vert du gouvernement. Les répercussions sur le budget du transport gratuit pour les écoliers et les membres du troisième âge ne sont pas à négliger.

Sucre

Dans le domaine économique, le sucre restera toujours dans l'actualité. Les perspectives sont sombres malgré la relance de la réforme sucre avec le financement de la Commission européenne. Les effets de la sécheresse qui sévit actuellement devront se faire sentir dès que le Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI) publiera les premières données émanant des champs. " Il faudra un véritable coup de chance pour pouvoir retrouver les conditions climatiques idéales et propices à une production sucrière d'au moins 500 000 en 2008 ", souligne-t-on en ce début d'année tout en rappelant qu'avec une récolte de 435 000 tonnes en 2007, Maurice se retrouve avec un backlog de 90 000 tonnes par rapport à ses engagements contractuels pour les deux dernières années.

2008 verra également l'entrée en vigueur de la deuxième tranche de la baisse du prix garanti sous le Protocole-Sucre démantelé pour les exportations vers l'Europe. En effet, à partir de juillet prochain, l'industrie sucrière devra faire face à une nouvelle réduction de 12% du prix du sucre dans le cadre de la réforme du régime sucre européen, représentant un manque à gagner de 34 millions d'euros, soit Rs 1,4 milliard. Le cumul de ces réductions de prix, soit 17% au total jusqu'ici, représente une baisse de revenus de 49 millions d'euros, quelque Rs 2 milliards.

L'industrie sucrière et le textile aussi bien que le tourisme devraient faire face à deux autres problèmes graves en dehors de tout contrôle. Déjà, des exportateurs de textile vers l'Europe s'appesantissent sur les conséquences de la baisse du taux de change de l'euro et de la hausse du fret. " La baisse du taux de change de l'euro se traduit par des baisses en roupies au niveau des recettes que ce soit pour les exportations de sucre ou de textile. Nous n'avons pas de mécanisme pour nous protéger de ces fluctuations d'autant plus que le coût de production ne cesse de grimper ", indique-t-on dans les milieux autorisés.

Soucis majeurs chez des exportateurs

L'évolution du fret est également un sujet de soucis majeurs dans les milieux des exportateurs. En une année, le fret a connu une augmentation de l'ordre de 80%. À titre d'exemple, l'industrie sucrière, qui doit affronter une baisse de prix imposée par l'Union Européenne, doit trouver environ 17 millions d'euros de plus annuellement, soit Rs 700 millions, au seul item du fret.

Outre les problèmes avec la baisse du tax de change de l'euro et de la hausse du fret, les exportateurs de textile procèdent à un monitoring de la situation avec la fin de la Voluntary Restriction de la République populaire de Chine en matière d'exportations de textile. La concurrence avec les exportations de la République populaire de Chine et de l'Inde s'annonce rude. " À partir de 2008, une présence sans restriction des produits textile en provenance de la république Populaire de Chine sur le marché européen pourrait avoir des effets sur des investissements mauriciens principalement à Madagascar et également à Maurice. Nous devrons exercer une extrême vigilance en ce qui concerne l'efficience pour que les avantages comparatifs du produit textile mauricien ne soient pas érodés. Ce sont autant de défis à relever pour que l'éclaircie dans le textile en 2007 puisse être maintenue " fait-on comprendre en ce début d'année.


Indépendance 40e anniversaire:Nicolas Sarkozy:Chief Guest ?

Port-Louis est dans l'attente d'une confirmation de L'Élysée pour annoncer la visite officielle du président français à Maurice le 12 mars. La photo a été prise hier à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy, de sa compagne, Carla Bruni, et de son fils, en Jordanie.

Le rendez-vous du PRB !

Les fonctionnaires et les employés des corps para-étatiques ont un rendez-vous majeur en 2008. La publication du sixième rapport du Pay Research Bureau (PRB) portant sur le nouveau barème des salaires et les conditions de service est prévue pour le mois de mai prochain. Avec les premiers paiements effectués en juillet. Ce nouveau rapport connaîtra-t-il le même sort que le premier en 1982, qui avait été rejeté par les syndicats des fonctionnaires ? Pari risqué de se prononcer à ce stade.

Mais les appréhensions des fonctionnaires sont visibles quant aux possibilités de changements dans les conditions de service. La hantise est que le PRB impose la formule de la Mauritius Revenue Authority pour ce qui est des Fringe Benefits et autres Casual and Vacation Leave sans oublier les Passage Benefits. La certitude est que les Duty Free Concessions à des catégories de fonctionnaires pour l'acquisition de voitures seront remplacées par une autre formule d'allocations imposables.

Le PRB se contente de soutenir que " les options sont ouvertes ". Une première indication devra être disponible en février quand le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, communiquera officiellement au PRB l'enveloppe financière pour les salaires et Fringe Benefits pour le budget 2008/09. Chaque 1% d'augmentation représentera un débours de Rs 200 millions des fonds publics.

En ce début d'année, le PRB a déjà procédé à l'audition des représentants des fédérations et des syndicats de la fonction publique et des corps para-étatiques à l'exception de quelques cas isolés. Au cours du mois de janvier, une mission du PRB menée par son directeur, B. Appanah, doit se rendre à Rodrigues pour une Final Touch aux discussions avec les syndicalistes de l'île. À la fin de ce mois, le PRB devra ouvrir des discussions avec le ministère de la Fonction publique sur les changements dans les conditions de service avec en toile de fond le principe de l'alignement sur celles prévalant à la Mauritius Revenue Authority.

Toujours au chapitre des relations industrielles, le premier trimestre sera également consacré aux échanges entre le gouvernement, le patronat et les syndicats au sujet des nouveaux textes de loi pour remplacer l'Industrial Relations Act et le Labour Act. D'ailleurs, dès demain, le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, procédera à l'ouverture d'un séminaire animé par des officiels du Bureau International du Travail (BIT) sur le nouvel encadrement légal du monde du travail. De l'agitation syndicale dans l'air.

Indépendance: la réponse de Sarkozy attendue

Les célébrations du 12 mars 2008 marqueront le 40e anniversaire de l'accession de Maurice à l'indépendance. Le gouvernement prévoit toute une série de manifestations à cet effet. Le Chief Guest désigné pour les prochaines fêtes nationales est le président français Nicolas Sarkozy. Selon des sources dignes de foi à l'hôtel di gouvernement, le président français a déjà donné son accord de principe au Premier ministre, Navin Ramgoolam, au début de décembre lors de leur rencontre à Lisbonne en marge du sommet Europe/Afrique.

Le déplacement du président Sarkozy à Maurice s'inscrira dans le cadre d'une tournée officielle dans cette partie de l'océan indien, y compris à l'île de la Réunion. Le gouvernement attend en ce début d'année la confirmation officielle de L'Elysée avant d'enclencher les préparatifs de cette visite présidentielle pour le 12 mars.

De son côté, le comité d'organisation sous la présidence du ministre des Arts et de la Culture, Mahen Gowressoo, poursuit ses délibérations pour arrêter le programme officiel des manifestations pour le 40e anniversaire de l'indépendance. La cérémonie officielle se déroulera sur le front de mer à Port-Louis. Lors de son séjour en Inde pour les 6es Parvasi Bharatiya Divas, le ministre Giwressoo devra avoir des consultations avec les autorités compétentes pour la présence de troupes culturelles à cette occasion. Les annonces officielles suivront.


Les Chagos

Gordon Brown ne change rien dans le litige anglo-mauricien

Le nouveau Premier ministre britannique, l'Écossais Gordon Brown - dont Paul Bérenger, particulièrement, insiste pour qu'on discute avec lui de la souveraineté de Maurice sur les Chagos et des droits des Chagossiens/Mauriciens - n'a pas une position différente sur les questions litigieuses par rapport à ses prédécesseurs depuis 1965.

M.H. Permal, président de la Chagos Island Community Association, une nouvelle association de Chagossiens établis à Crawley (Londres), avait adressé une lettre, le 10 novembre dernier, à M. Brown pour s'enquérir de ce que son gouvernement comptait faire pour améliorer le sort des membres de sa communauté. Près d'un mois après, par l'intermédiaire d'un responsable du British Indian Ocean Territories (BIOT), les services du locataire du 1O, Downing Street ont certes répondu, mais ils ressassent les mêmes rengaines britanniques déjà entendues sur le dossier. Non seulement la réponse évite de mentionner le litige anglo-mauricien sur la souveraineté mais, en plus, elle justifie la décision du gouvernement britannique de contester le jugement de la Cour d'Appel britannique qui, le 23 mai de l'année dernière, a annulé des Ordres en Conseil qui, depuis 2004, empêchaient les Chagossiens d'exercer leur droit de retour dans les îles mauriciennes occupées.

On peut y lire ce qui suit :

"The Court of Appeal handed down its judgment on the 2004 Orders in Council on May 2007. The then Foreign Secretary, Margaret Beckett, logded her petition on 25 June with the House of Lords to seek permission to appeal against this judgment. She decided to appeal primarily because the judgment raises issues of constitutional law of general public importance that, in her view, would adversely affect the governance of all British Overseas territories. This would include confusion in the legal system to be applied in those Overseas Territories and potential conflicts between local and English courts. For these reasons, Margaret Beckett thought it to be in the public interest that the effect of the Court of Appeal's judgment, even if correct, should be clarified."

Plus loin, le gouvernement britannique réaffirme sa conviction que les Chagossiens ont reçu toutes les compensations financières auxquelles ils avaient droit suite à leur éviction des îles et que, finalement, les Chagossiens à Maurice "have long been fully integrated into the life of that country, of which they have always been full citizens and where they enjoy equal rights with other Mauritians."

En guise de conclusion, il faut constater que, Gordon Brown ou pas comme Premier ministre, la position du gouvernement britannique n'évolue pas. Pis, cette position a de plus en plus tendance à s'éloigner de l'engagement de Londres, prise depuis septembre 1965, de retourner les Chagos à la souveraineté mauricienne.

L'heure est plus que dépassée pour la République de Maurice de réagir énergiquement sur ses droits plutôt que de vouloir prétendre "causer" avec monsieur Brown.


Corps para-public

Audit du CEB des hôtels du groupe Beachcomber

En ce début d'année, le Central Electricity Board (CEB) a pris la décision de procéder à un audit général des compteurs installés dans les sept établissements hôteliers du groupe Beachcomber dans le cadre d'un On-Going Exercise de vérification. Cette démarche fait suite à des réclamations de Rs 33 millions pour le seul hôtel Le Shandrani suite à des cas de sous-facturation dans la consommation d'électricité au cours des trois dernières années. D'autres unités industrielles et commerciales ont déjà réglé les cas de sous-facturation relevés jusqu'ici.

Confirmant la décision d'une inspection générale des compteurs du CEB dans les complexes hôteliers du groupe Beachcomber, le président du conseil d'administration du CEB, Patrick Assirvaden, a soutenu que " le CEB n'accuse aucun de ses gros clients de vol d'électricité. Le problème demeure que lors de leur installation, les compteurs n'ont pas été programmés pour la facturation de la consommation selon les catégories d'abonnés concernés. Une enquête interne a été initiée au sein du CEB en vue de situer les responsabilités et nous avons pu constater que le responsable de la mise en place de ces compteurs et leur programmation dans la majorité de cas est le même employé du CEB, qui est déjà parti à la retraite ".

Les réclamations de Rs 33 millions servies à l'hôtel Le Shandrani portent sur la consommation d'énergie électrique pour les trois dernières années car les dispositions de la loi ne permettent pas d'aller au-delà de cette période maximale. Ce cas d'Underbilling avait été relevé par une Audit Squad mise sur pied au sein du CEB pour une revue générale des compteurs dans les établissements et commerciaux de l'île portant sur la période allant de 2000 à ce jour.

Plusieurs autres établissements, dont des supermarchés, complexes commerciaux et restaurants de la côte ouest, ont déjà été visités par des membres de l'Audit Squad. Nombre de ces gros abonnés du CEB ont déjà réglé leurs réclamations dont certaines de plus de Rs 5 millions, affirme-t-on du côté du QG du CEB. L'exercice devrait se poursuivre selon un plan de travail établi par la direction du CEB, sous la supervision du conseil d'administration.


L'affaire Air Mauritius

Jack Bizlall contre-attaque

Jack Bizlall, qui n'a toujours pas digéré que la justice mauricienne ait mis hors de cause Sir Harry Tirvengadum, l'homme qu'il estime avoir été le cerveau du scandale financier chez Air Mauritius (affaire de la caisse noire entre autres), s'active à contre-attaquer la décision judiciaire comme il l'avait promis.

Le syndicaliste réunit, samedi prochain au centre Eddy Norton (ex-MCL de Rose-Hill), des professionnels de divers milieux qui, dit-il, "estiment, comme lui, que ni la Cour intermédiaire, ni le bureau du State Law Office, ni le DPP et ni la Police, n'a fait les efforts nécessaires pour faire complètement la lumière sur ce qui a été un scandale d'une ampleur sans précédent dans le pays". Ce regroupement de professionnels étudiera toute l'affaire et soumettra ensuite un document à la population et auprès des instances internationales engagées dans le combat pour la bonne gouvernance. L'objectif final vise à contester la conclusion judiciaire en faveur de Sir Harry.

Il faut, à ce stade, rappeler que Sir Harry Tirvengadum contre lequel avait été logée une accusation de détournement de fonds d'environ 85 millions de roupies a été exempté de procès après que son homme de loi, Me. Yousouf Mohamed, le cardiologue Hingum et le neurologue Lam aient réussi à établir que son état de santé ne le permettait pas de se défendre. Deux hauts directeurs de Rogers Aviation, en l'occurrence le Chief Executive de cette compagnie, M. Derek Taylor et M. Robert Rivalland demeurent toujours accusés dans cette affaire et réclament également un non-lieu.

La contre-attaque de Jack Bizlall et du groupe de professionnels qu'il entend constituer s'articulera, apprenons-nous, autour du fait que les autorités dites compétentes se soient concentrées uniquement sur le détournement de fonds à partir de commissions fictives ayant circulées entre les accusés tandis que l'affaire Air Mauritius avait d'autres aspects tout aussi graves. Selon Jack Bizlall, les enquêtes effectuées et les actions entreprises jusqu'ici par les autorités ont fait abstraction totale (i) du scandale de pensions versées à l'insu d'Air Mauritius (ii) du scandale de billets d'avions octroyés gratuitement à des personnalités, à des individus et autres proches des accusés et (iii) du financement illicite de partis politiques.

Jack Bizlall compterait tenir une conférence de presse, mardi prochain, au cours de laquelle il dénoncerait la banalisation et la mise au rancart des révélations contenues dans le carnet de notes de l'ex-secrétaire financier d'Air Mauritius, Gérard Tyack. Ce dernier aura été le seul acteur du scandale à avoir avoué son forfait, rembourser des fonds détournés et à être condamné à la prison jusqu'ici. Bizlall compterait également interpeller la direction d'Air Mauritius, une entreprise où l'État Mauricien investit énormément d'argent venant des contribuables, afin de savoir ce qu'elle a fait comme efforts, à son niveau, pour établir la vérité sur tous les aspects des scandales précités.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 6 janvier 2008