s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 23 décembre 2007



  Consommation - Le rush de fin d'année !
  Pollution Industrielle à La Tour Koenig - Les habitants : "Nous espérons qu'une fois de plus nous ne serons pas des laissés-pour-compte"
  Fièvre porcine africaine - Les éleveurs de porcs ruinés insistent pour une compensation immédiate
  Après deux ans d'attente, décision du ministère - Trois maisons du Dockers'Village restituées à leurs propriétaires
  Fourniture d'eau - Le secteur privé vient épauler la CWA
  Post-CPE 2007 - 294 demandes de Remarking
  Enseignants à l'école pendant les vacances scolaires - Horaires : Gokhool se montre flexible
  Portrait - Alain O'Reilley, entrepreneur passionné
  Pédagogie - Des prisonniers apprendront à écrire et lire par le biais de La planète des alphas
  Maurice, premier port d'attache dans l'Océan Indien - Le Costa Marina: de nouvelles avenues touristiques pour Maurice
  Agricultural Marketing Board - Meilleur prix d'achat pour le lait frais des petits éleveurs
  Anou partazé - 230 familles démunies reçoivent des colis de nourriture grâce à IBL
  Responsabilité sociale - BA offre une cuisine au couvent de Quatre-Bornes
  Demain soir sur MBC 3 - Veillée de Noël en direct de l'église Saint-Augustin
  Page d'Histoire - Quand des Mauriciens fabriquaient pétards et feux d'artifices !


Consommation

Le rush de fin d'année !

Avec une première quinzaine de décembre pas comme les années précédentes, soit roulant au ralenti, le commerce et, en particulier, les grandes surfaces commerciales ont misé sur les deux derniers week-ends de l'année pour réaliser les affaires. Avec le mouvement de foule, qui se dessine depuis la fin de la semaine écoulée dans les principales artères des grandes villes, il se confirme que les tiroirs-caisses des supermarchés et autres grandes surfaces fonctionneront à plein régime pour le week-end précédant la Noël et aussi celui avant le Nouvel An. Mais la tendance d'une descente en gamme des produits achetés est à l'ordre du jour compte tenu de l'évolution vers la hausse des prix à la consommation et la baisse du pouvoir d'achat en 2007. Mais du côté des commerçants, l'on affiche la confiance de pouvoir être en mesure de réaliser le chiffre d'affaires de décembre avec le rush de fin d'année. Certains groupes misent sur un objectif de 30% supérieur en ce mois de décembre.

" Avec la montée en puissance des grandes surfaces commerciales que ce soit dans les villes ou les villages de l'île, les consommateurs ont apporté des modifications à leurs habitudes de faire du shopping. Ils savent qu'ils seront en mesure presque de tout avoir sans avoir de courir d'une boutique à l'autre ou d'un magasin à l'autre. Ils vont se déplacer en famille pour le plaisir du shopping. La chance a voulu que 2007 soit marquée par deux longs week-ends juste avant la Noël et le Nouvel An. Ils vont mettre à profit cette période pour entamer et compléter leurs emplettes de fin d'année. C'est ce que nous constatons depuis la fin de semaine. Nous sommes prêts pour affronter le rush de fin d'année dans une ambiance des plus conviviales. Les horaires d'ouverture ont été modifiés pour tenir compte de ce fait ", soulignent les spécialistes, qui ont une maîtrise des tendances à la consommation en période de fête.

En tout cas, que ce soit le centre ville de Port-Louis, les principales artères commerciales des autres principales agglomérations de l'île, l'ambiance des fêtes de fin d'année s'y est installée même si du côté du porte-monnaie, le consommateur se montre davantage plus prudent, car les temps ont été vraiment durs en 2007 et continuent de l'être. L'indication la plus nette à ce sujet est que le consommateur préfère les bonnes adresses chez les marchands ambulants au chapitre des tenues vestimentaires pour les fêtes de fin d'année délaissant quelque peu les traditionnels magasins offrant des articles griffés mais à des prix pas à la portée de tous.

Ainsi, les endroits les plus prisés pour le Mauricien moyen pour se mettre sur son trente-et-un demeurent la foire de Quatre-Bornes, malgré la controverse lors de l'allocation des étals avec ses répercussions politiques sur le conseil municipal, le coin faisant les rues Célicourt Antelme et John Kennedy ou encore les abords du Jardin de la Compagnie dans le centre-ville de la capitale, la foire de cité Martial et celle de la Plaine-Verte pour ne pas oublier l'Arab Town de Rose-Hill.

Mais attention ! Les habituées de ces foires attirent l'attention sur le fait que les prix pratiqués par ces marchands ambulants ont connu des révisions à la hausse. Boni de fin d'année oblige ! " La chemise pour hommes à Rs 100 a disparu des étals. La même chemise est proposée à beaucoup plus cher depuis le début de décembre. Nous n'avons pas le choix en attendant un retour à la normale en janvier prochain ", avance cette ménagère, qui ne regrette pas ce déplacement à la foire de Quatre-Bornes malgré le fait qu'il faut jouer du coude pour faire son chemin dans la foule qui se bouscule à la recherche de la bonne affaire.

Mais les emplettes qui retiennent l'attention le plus en cette période demeurent les repas de fin d'année et les accompagnements à table. À ce sujet, Jean-Philippe Venpin, directeur commercial de la chaîne de supermarchés Winners présents dans les endroits stratégiques de l'île, n'hésite à soutenir que le choix de mets du Mauricien que ce soit pour la Noël et pour le Nouvel An s'articulera principalement autour du poisson et des fruits de mer.

" Le poisson sera le produit alimentaire festif par excellence. Le mood du marché est confirmé et nous n'avons aucune crainte quant à la nécessité de satisfaire la demande ", poursuit le responsable de Winners. Malgré l'épidémie de peste porcine qui sévit, le Mauricien ne sera pas pour autant privé de produits de charcuterie. Mais il lui faudra compter sur un budget supplémentaire, si ses moyens financiers le permettent, car le coût à l'importation est encore plus élevé.

La présence du poisson et autres crustacés dans des plats à table n'éliminera nullement le poulet du menu des fêtes pour accueillir le Nouvel An. En tout cas, Innodis Limited, un Major Player dans la production de poulet de table, s'est préparé à faire face à une augmentation conjoncturelle dans la demande. C'est ce qu'affirme Jean How Hong, Chief Operations Officer chez Innodis Limited. " Nous avons établi nos prévisions et nous sommes confiants de pouvoir répondre à la demande en cette période de pointe. Nous avons également tenu compte du fait que le pouvoir d'achat du consommateur a connu une érosion en 2007 ", devait-il faire ressortir.

Période de fête équivaut dans certains à un petit excès, plus particulièrement sur le plan alimentaire. Les responsables de commerce prévoient une demande appréciable pour ce qui est de produits s'apparentant au haut de gamme, que ce soit de la dinde ou des produits élaborés de la dinde ou encore du gibier, du saumon fumé ou rose, du marlin fumé ou encore d'escargots et du foie gras " Ces produits intéressent un segment particulier de la clientèle de fin d'année. Nous devrons être prêts à satisfaire ces exigences commerciales ", ajoutent les responsables concernés.

Mais le Swing le plus important sera enregistré au niveau de la consommation de boissons alcoolisées. Avec l'ajustement à la hausse des prix des bouteilles de whisky embouteillées localement, le report se fait sur des alcools de bouche à base de la canne, soit le pur produit mauricien. C'est l'un des créneaux où le slogan "Consommez mauricien" est devenu presque un réflexe automatique.

Les représentants des principales marques de boissons alcoolisées sur le marché local n'en disconviennent pas. Mais ils récusent la thèse d'une augmentation dans la consommation de boissons en mettant en avant les retombées de la campagne contre les méfaits de l'alcoolisme et aussi la baisse du pouvoir d'achat du consommateur.

" Au cours de ces dernières années, la consommation de boissons alcoolisées n'a pas connu de grande progression. Un taux de croissance de l'ordre de deux à trois pour cent même si le mois de décembre constitue une pointe dans la consommation en raison des fêtes, " devaient-ils s'appesantir. Ce raisonnement est également de mise pour les boissons fortes aussi bien que la bière. Mais tous les opérateurs dans ce créneau se préparent à faire de leur mieux en cette fin d'année en guise de compensation au creux enregistré au cours de ces derniers mois.

Il ne faut pas oublier que la nouvelle année est accueillie avec des pétarades et des feux d'artifices. L'arrivée d'un nouvel importateur de pétards et d'autres produits dérivés devra faire le bonheur des Mauriciens vu que les prix, contrairement à la tendance générale, devraient connaître une stabilisation offrant ainsi au consommateur les moyens de se défouler de manière étincelante à minuit le 31 décembre…


Electroménager-Les écrans LCD et les lave-vaisselle

La période de fin d'année est également propice au renouvellement du hardware ménager et à un relookage de l'intérieur du chez soi. Les principaux dealers dans ce secteur soutiennent que la fin de 2007 devra confirmer l'emprise des écrans LCD et de le lave-vaisselle sur les Mauriciens. Le groupe Courts, une adresse incontournable pour les Mauriciens, pousse la logique plus loin en proposant un véritable deal en matière de réaménagement et décoration intérieure. Une stratégie alignée sur le long terme pour toucher la clientèle de classe moyenne et de jeunes professionnels.

Pour étayer leurs argumentations en faveur d'une présence plus voyante des écrans plats et des lave-vaisselle chez les Mauriciens, ils avancent que les prix des écrans sont devenus plus abordables qu'auparavant et mettent en avant la dimension d'économie d'eau avec l'utilisation des lave-vaisselle, soit 16 litres d'eau pour un couvert de 12 personnes alors que la " vaisselle " traditionnelle nécessite la consommation de 70 litres d'eau. Ce ne sont pas les arguments qui manquent mais peut-être le plus important demeure les Disposable Income comme disent les économistes chevronnés.

Les rayons des magasins spécialisés dans l'électronique abondent des produits les uns plus attirants que les autres. Les plus populaires demeurent le téléphone cellulaire à multiples fonctions devenu presque un outil inséparable pour chaque membre de la famille, du plus petit au plus grand, les consoles de jeu électroniques, des Play Stations versions 2 et 3 ou encore des Nintendo sans oublier les caméras numériques, et autres baladeurs MP3 et MP4.

L'innovation en cette fin d'année se trouve du côté de chez Courts, qui se veut un prolongement de l'expérience acquise lors du dernier Salon de la Maison. Ce n'est pas Christelle Mackay, Marketing Manager, du groupe qui dira le contraire. " Nous avons créé des espaces-maison à l'intérieur de nos magasins pour donner aux clients un aperçu du potentiel de relooking et de la décoration intérieurs. Le confort intérieur est devenu un must pour les familles. Nous pensons pouvoir les aider avec de nouvelles perspectives ", devait-elle ajouter en rappelant l'émission télévisée sponsorisée par le groupe avec de nombreuses possibilités de cadeaux.


Pollution Industrielle à La Tour Koenig

Les habitants : "Nous espérons qu'une fois de plus nous ne serons pas des laissés-pour-compte"

La lenteur d'action des autorités et le silence des décisionnaires, frustrent des habitants des Résidences Les Tourelles et Les Coquillages de la NHDC, à La Tour Koenig. Près d'un mois après avoir une nouvelle fois soulevé le problème de pollution industrielle dû, selon eux, à l'émanation des fumées toxiques de la Compagnie Mauricienne de Textile, le problème perdure, affirme les habitants. Conscients que ce problème de pollution doit être réglée avec une solution durable, les résidents de la NHDC, qui ne comprennent pas le silence des autorités qui avaient prévu une nouvelle rencontre avec eux à ce sujet il y a deux semaines, sans aucune nouvelle depuis, espèrent que "comme ce fut le cas à chaque fois que le dossier pollution à La Tour Koenig a été soulevé, nous ne serons pas des laissés-pour-compte une fois de plus".

Les habitants des Résidences Les Coquillages et Les Tourelles sont sceptiques. Ils ne croient pas aux mesures proposées lors de la dernière réunion, mais encore plus sceptiques, car tout en se réjouissant de la fermeté du ministre du Logement, lors de leur rencontre il y a deux semaines, ils s'attendaient à ce que les actions suivent. Mais celles-ci tardent. La nouvelle réunion prévue avec le ministère du Logement n'a pas eu lieu. Qui plus est, la ligne de communication qui avait été établie entre les habitants et les autorités a été coupée. Ces habitants, qui se sont réunis samedi dernier pour discuter de la marche à suivre, ont tenté cette semaine d'entrer en contact avec le ministère du Logement, mais les autorités leur ont laissé entendre qu'elles étaient toujours en attente des différents rapports des différents ministères concernés par ce problème. Selon nos informations, un premier rapport du ministère de l'Environnement, incluant l'EIA Licence de la CMT, a été soumis au Logement. Un deuxième rapport, comprenant cette fois, l'EIA Licence de la NHDC est toujours attendu. Le rapport du ministère de la Santé se fait également toujours attendre. Les autorités attendent aussi le résultat des tests effectués par l'université de Maurice concernant ce problème. Selon le ministère du Logement, les conclusions de ces différents rapports sont attendues et devraient menées à une solution durable. Rappelons que lors de la dernière réunion avec le ministère du Logement. Parmi les mesures proposées pour décanter la situation, il est question que la CMT se dote de cheminées plus haute, que l'usine ait recours aux additifs pour diminuer le soufre qui se trouve dans le carburant utilisé, la plantation d'arbres dans la buffer zone afin de protéger des fumées de l'usine… Mais les habitants restent sceptiques quant à ces mesures. "Un buffer zone, oui, mais est-ce les arbres poussent en un clin d'œil ?", se demandent-ils. Ils soutiennent également que l'ajout d'additif pour réduire la fumée noire qui émane des cheminées de la CMT n'est pas suffisant. En mars dernier, disent-ils, la CMT a ajouté d'autres additifs certes, mais si pendant quelques temps le problème de fumée noire s'est atténuée, ces derniers mois, la situation est devenue pire. "Des cheminées plus hautes. Que se passera-t-il quand le vent poussera la fumée plus loin, vers d'autres appartements plus bas", soulignent les habitants. Ils espèrent que les autorités viendront très prochainement avec une solution, rappelant que leur revendication est non pas contre la CMT, mais pour la santé de tous les habitants.


Fièvre porcine africaine

Les éleveurs de porcs ruinés insistent pour une compensation immédiate

Plus de deux mois après que les deux tiers du cheptel de porcs du pays eut été décimés par la fièvre porcine africaine (African Swine Fever), les éleveurs sinistrés réclament toujours de l'État le paiement d'une compensation par tête d'animal perdu. Las d'attendre ces compensations, ces éleveurs ont manifesté pacifiquement leur mécontentement à Port-Louis jeudi, 13 décembre dernier. Ils étaient quelque 500 dans les rues de la capitale. Soutenus par des prêtres de l'église catholique et des politiques de tous bords - à l'exception notable des partis de l'Alliance sociale - ils ont accordé un délai de dix jours aux autorités pour résoudre le problème.

Le désastre causé par la fièvre porcine africaine a été officiellement reconnu par le gouvernement depuis octobre dernier. Or, de l'aveu même des services vétérinaires du ministère de l'Agro-industrie depuis juin dernier, certains éleveurs avaient déjà attiré l'attention des autorités dites compétentes qu'elles étaient nombreuses leurs bêtes à mourir et cela de manière inexplicable. Dans un premier temps, les services vétérinaires avaient parlé d'une "fièvre classique", selon eux maîtrisable et sans grands dégâts. Ils avaient fait venir d'urgence près de 10 000 vaccins censés pouvoir protéger le cheptel, mais ils s'étaient lourdement trompés, la maladie s'étant révélée en fait une fièvre africaine incurable qui a nécessité l'abattage obligatoire jusqu'ici de près de 10 482 bêtes (chiffres officiels) sur 18 000.

Mario Flore: "Politique de deux poids, deux mesures…"

C'est une terrible catastrophe économique à une époque présente de l'année où les ventes de la viande porcine sont considérées par les éleveurs comme l'équivalent de ce que "les planteurs de canne récoltent pendant la coupe dans l'industrie sucrière". C'est sur ces ventes de fin d'année que les familles des éleveurs comptent pour réinvestir dans leurs fermes, pour repayer leurs prêts de logements et pour s'acquitter des frais d'études de leurs enfants. Selon Mario Flore, un des porte-parole des éleveurs, "il y a au moins 350 enfants d'éleveurs de porcs qui étudient à l'étranger, qui tentent ainsi de se construire un meilleur avenir et qui se retrouvent maintenant sans ressources financières". Mario Flore se demande "pourquoi le gouvernement se précipite toujours pour compenser les planteurs après chaque ondée alors qu'il semble pratiquer une politique de deux poids, deux mesures envers les éleveurs de porcs ?"

J.Y. Violette: "L'obligation de compenser"

Intervenant lors d'une conférence conjointe des associations créoles, vendredi, Jean-Yves Violette, représentant de l'Union Pour le Progrès, a dit son "incompréhension" du refus jusqu'ici du gouvernement de payer la compensation par tête de bête morte ou obligatoirement abattue à cause de la maladie. Tout en reconnaissant que le gouvernement a fait quelque effort en garantissant une allocation mensuelle de subsistance aux éleveurs ruinés, M. Violette a fait remarquer que cette allocation n'est qu'un maigre palliatif. Jean-Yves Violette a cité les recommandations de la Food and Agricultural Organisation (FAO) contenues dans un "Manuel on contingency plan in respect of African Swine Fever". Ces recommandations se lisent comme suit: "It is essential that farmers and others who have had their pigs slaughtered, pig meat products confiscated or properly destroyed as part of African Swine Fever eradication campaign should be fairly compensated with the current market value of the animals and goods. Compensation should be paid without delay. Valuation for compensation purposes should be undertaken by experienced independant valuers. Alternatively, generic valuation figures could be agreed upon for categories of pigs, pig meat and other materials. At least, the market value of pigs should be paid. Under some circumstances, replacement of stock may be offered in lieu of monetary compensation. Failure to pay adequate and timely compensation will seriously compromise ASF eradication campaigns by causing ressentment and lack of cooperation. Such a failure would act as a sour to illegal smuggling and clandestine sale of pigs out of infected areas to avoid losses."

M. Violette a souligné que le rapport du docteur Gaston Funès, expert dont les services ont été retenus par le gouvernement lui-même, a dit également ceci: "The principle of a fair compensation scheme to livestock breeders should be enshrined in the law as this would strongly encourage prompt reporting of diseases. The law should clearly empower the head of the veterinary services to obtain the assistance of Police or other authorities to carry out his responsibilities without fear or hésitation."

Selon M. Violette, le gouvernement mauricien a non seulement le devoir, mais surtout l'obligation de mettre en pratique les recommandations de la FAO dans la mesure où, indépendamment de sa propre prise de conscience de l'ampleur réelle du désastre qui frappe la communauté des éleveurs de porcs, l'île Maurice a adhéré à toutes les conventions de la FAO.

Renchérissant, Mario Flore, président du Mouvement Mauriciens Kreol Africain, a sollicité l'intervention du Premier ministre auprès du ministre des Finances, Rama Sithanen, afin de convaincre celui-ci de consacrer un budget compensatoire d'une cinquantaine de millions de roupies aux éleveurs ruinés pour permettre à leurs familles de survivre et, également, de relancer leurs activités professionnelles.

"Ce n'est certainement pas la mer à boire, surtout eu égard aux sacrifices que les éleveurs de porcs ont endurés pour s'investir dans leurs activités et surtout par rapport aux économies en devises étrangères (de Rs 300 millions à Rs 400 millions par an) qu'ils permettent au pays de réaliser sur les importations", a soutenu M. Flore.

Parlant de la considération générale qui est accordée dans le pays à l'élevage de porcs, M. Flore a dit "soupçonner que, malheureusement à Maurice, pays multiracial, tout en affirmant respecter la culture des autres, certaines personnes placées dans nos institutions et certains groupes sont intolérantes par rapport à l'élevage et la consommation de porc et donnent l'impression de tout mettre en œuvre afin que cette activité disparaisse du sol mauricien". Or, a déclaré M. Flore, "si on veut être respecté, il faut commencer par comprendre et respecter les autres".

Arvin Boolell: "Pas de one-off payment"

Dans le cadre des échanges parlementaires, parfois vifs cette semaine, sur la réclamation de compensation, le ministre de l'Agro-industrie, Arvin Boolell, a affirmé que le gouvernement a prévu des allocations mensuelles de subsistance qui totaliseraient Rs 35 millions en sus d'un train de mesures incitatives et autres facilités pour la relance de la production porcine. Toutefois, a précisé le ministre, au lieu de donner de l'argent directement à chaque éleveur in a "one-off payment, le gouvernement veut s'assurer de la durabilité de certains projets déjà identifié dont l'octroi de quelque 65 arpents de terres aux éleveurs. Et le leader de l'opposition, Paul Bérenger, et le député MSM Joe Lesjongard ont insisté que, au-delà de ces mesures ainsi que de toute assistance de la part de l'Union européenne, la réclamation des éleveurs ruinés en faveur de compensation immédiate par tête de bête morte ou obligatoirement abattue était un must. Selon Paul Bérenger, "si cette compensation était accordée, la somme ne serait pas top élevée par rapport aux Rs 35 millions mentionnées par le ministre Boolell et tournerait probablement autour de Rs 50 millions".


Après deux ans d'attente, décision du ministère

Trois maisons du Dockers'Village restituées à leurs propriétaires

Après deux années d'attente, les huit familles qui avaient refusé en 2005 d'intégrer les maisons du Dockers'Village telles qu'elles étaient, entrevoient une lueur d'espoir. Devant quitter les Dockers'Flat au plus tard le 31 janvier 2008, pour cause de démolition des bâtiments, elles se seraient retrouvées à la rue. Avec le soutien de Mario Flore, leader du Mouvman Morisyin Kreol Afrikin (MMKA), qui a agi en tant qu'intermédiaire, ces familles ont rencontré, mardi dernier, le ministre responsable, Asraf Dulull. Ce dernier a pris l'engagement de restituer aux trois familles de propriétaires du Dockers'Village leurs maisons, occupées par le ministère de la Jeunesse et des Sports et celui de la Sécurité sociale. Il a assuré qu'une compensation financière sera octroyée aux cinq autres familles propriétaires. Et de prendre l'engagement que les cas des squatters, dont certains habitent les Dockers'Flat depuis plus de quinze ans, seront étudiés par les autorités.

Une rencontre, qui malgré quelques zones d'ombres soulevées par les familles, a eu un dénouement positif, explique Lorianne Louis, porte-parole de ces familles. Ainsi, si Asraf Dulull soutient que malgré les négociations avec ces familles, celles-ci ont refusé d'obtempérer et qu'au cours de cette période, aucun consensus n'ait été trouvé, Lorianne Louis affirme, elle, que "depuis que le nouveau régime est en place, nous n'avons eu aucun contact, physique ou verbal, avec le ministère du Logement". Elle explique que ce n'est qu'en décembre dernier, que la MPA, dont le contrat ne sera pas renouvelé sur ce terrain, "nous a appris que nous devrions partir et que nous avons pris connaissance qu'en dépit de nos titres de propriété (des maisons du Dockers'Village), nous ne possédions pas des maisons. À l'époque, c'est-à-dire en 2005, nous avions refusé d'y aller compte tenu des insuffisances au plan des infrastructures. C'est une situation pas évidente pour nos familles, dont celles avec des personnes handicapées", souligne Lorianne Louis. Or, Asraf Dulull soutient qu'après négociations, puisque les huit familles n'étaient toujours pas disposées à prendre possession de leur maison au Dockers'Village, le ministère a pris la décision d'allouer ces appartements à d'autres bénéficiaires, parmi les plus méritants, car les frais de gardiennage se chiffraient à Rs 45 000 mensuellement et s'alourdissaient.

Ces familles espèrent que les clés de leur maison leur seront remises avant la fin de cette année

Après plusieurs mises au point lors de la réunion de mardi dernier, le ministre Dulull a fini par prendre l'engagement de restituer leurs maisons à trois d'entre elles. Il a également assuré que des compensations financières seront octroyées aux cinq autres familles, qui disposent également de leur titre de propriété. Quant aux squatters du Dockers'Flat, dont certains y vivent depuis plus de quinze ans, le ministre a donné l'assurance que leurs cas seront étudiés par les autorités, tout en suggérant que ces personnes puissent bénéficier des maisons de la NHDC, type Firinga. Lorianne Louis en appelle aux autorités afin de trouver une solution humaine et régulariser la situation des squatters, car "ce sont des personnes à situation sociale très très difficile. Elles ont d'énormes problèmes, et cela ne date pas d'aujourd'hui qu'elles squattent les Dockers'Flat". Malgré l'assurance du ministre quant à un contact permanent, elle souligne pour sa part que depuis mardi, les familles logeant toujours au Dockers'Flat n'ont reçu aucune nouvelle des autorités. "Nous espérons que d'ici à la fin de l'année, nous aurons obtenu les clés de notre maison, car il y a des travaux infrastructurels à effectuer. La MPA nous a assuré son soutien financier, mais l'institution ne peut rien faire si nous n'avons pas les clés", dit-elle. Selon nos informations, une nouvelle réunion est prévue cette semaine, notamment entre le ministre du Logement et le Chairman de la MPA, Siddick Chady. La National Housing Development Company (NHDC) sera également approchée pour la marche à suivre.


Fourniture d'eau

Le secteur privé vient épauler la CWA

La fin de l'année et le début du nouvel an s'annoncent somme toute difficiles avec les indicateurs qui sont passés au rouge au niveau du stock d'eau et l'incertitude autour de l'arrivée des grosses pluies. La Central Water Authority (CWA) maintiendra ainsi son programme de coupure avec une distribution moyenne de 6 heures par jour. Une légère amélioration dans la fourniture est toutefois annoncée dans les régions les plus affectées, particulièrement l'ouest de l'île, avec le coup de pouce que les sucreries ont donné à la CWA depuis le début de cette semaine. Des "bore-holes" additionnels seront en effet mis en opération pour pallier le manque d'eau dans certaines régions.

"Les sucreries de l'île nous donnent actuellement un sérieux coup de main pour satisfaire la majorité d'abonnés de l'île, principalement ceux se trouvant dans le sud et l'ouest de l'île", déclarait hier après-midi Harry Baulock, directeur général de la CWA. Depuis le début de cette semaine, la sucrerie de Médine a été mise à contribution en pourvoyant 800 mètres cubes d'eau supplémentaires par jour à la CWA qui, jusqu'ici, ne pouvait compter que sur la station de pompage de Pierrefonds - dont la capacité de production a été réduite à moins de 50% - pour alimenter la zone ouest de l'île.

Une légère amélioration a également été notée dans la fourniture d'eau dans les basses Plaines Wilhems, particulièrement à Rose-Hill et Beau-Bassin, cette semaine. Cela est dû à la mise en opération d'un "bore-hole" situé au complexe sportif Jean-Roland Delaître, aux Pavillons, Quatre-Bornes. Le rendement devrait également être meilleur dans le sud de l'île, la CWA bénéficiant du partenariat de la sucrerie de Savannah. Les travaux sont actuellement en cours pour remettre en opération un "bore-hole" dans la région de Mare d'Albert. "Nous travaillons également avec les opérateurs du privé pour voir comment nous pourrions mettre en opération d'autres stations de pompage à travers l'île. L'objectif immédiat est d'assurer une fourniture d'eau raisonnable à la population, surtout en cette période de fin d'année. Mais la prudence et la vigilance restent de mise", assure le directeur général de la CWA.

Mardi dernier, le ministre des Services publics a en effet présidé une première réunion, regroupant les stakeholders du secteur privé et public, pour voir comment affronter la baisse dramatique de notre stock d'eau. Selon un premier constat, la situation serait aussi difficile sinon pire qu'en 1999 lorsque le pays avait été frappé par une des plus terribles sécheresses de son histoire. Les réservoirs affichent en effet un niveau nettement en dessous de leur capacité maximale, alors que les réserves souterraines varient entre 30% et 40% de leur niveau habituel.

D'après les prévisions météorologiques, sans compter les effets de La Nina, les autorités, les organismes publics, la CWA et la Water Resources Unit (WRU) appréhendent une sécheresse pouvant se prolonger au-delà de janvier, voire février. "Si les grosses pluies arrivent, elles risquent d'être de très courte durée. Nous avons plus à perdre qu'à gagner avec un scénario semblable", fait-on remarquer à la WRU. Cela va de soi, car une bonne partie de la pluie se perd généralement dans la nature, sans compter les fuites d'eau dans le réseau de distribution de la CWA.

Quoi qu'il en soit, le ministère des services public s'est donné comme mission, depuis la réunion de mardi, de convaincre la population à participer à sa campagne contre le gaspillage. Des spots publicitaires ont commencé à faire leur apparition sur les ondes des radios et sur la MBC depuis quelques jours. "L'objectif est de faire comprendre à la population que la situation est difficile et qu'ils doivent revoir leur mode de consommation en période de sécheresse", fait-on ressortir à la CWA.


Post-CPE 2007

294 demandes de Remarking

Au lendemain de la publication des résultats du Certificate of Primary Education (CPE), les demandes de remarking n'ont pas tardé. Le Mauritius Examinations Syndicate (MES) a enregistré 294 requêtes, soit, indique son directeur, Lucien Finette, 40 de plus qu'en 2006. Cet exercice est d'ailleurs en cours. Les parents seront avisés des résultats au plus tard le 4 janvier 2008. Par ailleurs, il nous revient que plusieurs parents d'élèves, non satisfaits du collège alloué par le MES et n'ayant pas attendu les dates fixées pour faire une demande de transfert, se sont aussi présentés au bureau de Réduit. Certains d'entre eux, dont les enfants récipiendaires de 4 ou 5 A +, ont manifesté leur mécontentement parce que leurs enfants n'ont pas été admis dans le collège figurant en priorité dans la liste de choix soumis aux parents avant les examens. Le directeur du MES rappelle que ces derniers pourront se présenter le 26 et le 27 décembre dans les bureaux et comptoirs des quatre zones afin d'effectuer leurs demandes. Les comptoirs qui seront mis à la disposition des parents d'élèves sont comme suit : le ministère de l'Education, la D. Ramphul SSS (Zone 1, Port-Louis et le Nord) ; QEC, R. Gujadhur SSS (Zone 2, Beau-Bassin, Rose-Hill et l'Est) ; Collège Royal de Curepipe, S. Bissoondoyal SSS (Zone 3, Curepipe et le Sud) ; Maurice Curé SSS et S. Sivananda SSS (Zone 4, Vacoas/Phœnix, Quatre-Bornes et l'Ouest). Les principaux concernés pourront s'y présenter de 9h à 15h. Cependant, précise Lucien Finette, le MES n'accédera pas aux requêtes de transfert d'un collège national à un autre collège national.

Par ailleurs, l'exercice d'admission en Form I s'est déroulé, vendredi dernier, dans les établissements secondaires de l'île.


Précision

Artee Sohun obtient 4 A + et un A

Une erreur de frappe dans notre dernière édition a involontairement modifié les résultats d'Artee Sohun qui a pris part au CPE 2007. Cette dernière a obtenu 4 A + et un A en Histoire/Géographie et non 3 A + et un A dans cette matière. Avec ses 4A +, Artee obtient les 24 unités qui lui ouvrent, légitimement, les portes d'un collège national, notamment le Maurice Curé SSS.

Ecole pré-primaire en fête

L'école pré-primaire "Titi et Gros Minet" a présenté son spectacle de fin d'année le 24 novembre 2007 au Couvent de Lorette de Rose-Hill. Les enfants ont été préparés par la directrice, Marie-France Tranquille, et ses enseignantes.

Au programme: les majorettes sur une musique de "Pont de la rivière Kwaï". Le défilé culturel: Anaëlle et Rohan ont représenté les touristes à Maurice. Danses d'Ilona, le French Cancan, un monde parfait, danse aux cerceaux, la salsa, les fans de Michaël Jackson dans une danse de Billie Jean. Poésies et chants de Noël par les élèves de l'école. Présence du Père Noël. "Singing in the rain" par les grandes filles du primaire de la garderie. La fête s'est terminée par la remise des certificats aux élèves qui seront admis au primaire l'année prochaine.


Enseignants à l'école pendant les vacances scolaires

Horaires : Gokhool se montre flexible

Les enseignants et le personnel non-enseignant continueront à se rendre à l'école pendant les vacances scolaires. Mais, ils y resteront jusqu'à 14 heures. C'est ce qui a été décidé lors de la réunion entre le ministre de l'Éducation, Dharam Gokhool, et les représentants des syndicats du primaire et du secondaire, lundi dernier. Cette rencontre a fait suite à la colère suscitée dans les rangs des syndicats, après la décision du ministère de rendre obligatoire la présence des enseignants dans leurs établissements respectifs jusqu'à 15 heures, tous les jours, y compris le 31 décembre. Le ministre de l'Éducation, qui était entouré de hauts cadres de son ministère, a finalement accepté de revoir les horaires de présence. Ainsi, il a été convenu que les Teaching DHTs n'ont pas à se présenter à l'école durant les prochains jours de vacances ; les maîtres d'école et son assistant administratif peuvent assurer l'alternance ; et quant au personnel non-enseignant, le choix revient au maître d'école, selon sa discrétion. La Government Teachers' Union, syndicat représentant la majorité des instituteurs du primaire, n'a pas manqué de dire son appréciation sur la flexibilité dont a fait preuve le ministre de tutelle.


Portrait

Alain O'Reilley, entrepreneur passionné

Alain O'Reilley est né entrepreneur. Il a toujours eu des projets pleins la tête et la passion et la force nécessaires pour tenter de les réaliser contre vents et marées. Après avoir été obligé de céder le Domaine du Chasseur, il rebondit en se lançant dans l'ouverture d'un deuxième domaine et de trois restaurants dans le sud. Portrait d'un entrepreneur passionné

Alain O'Reilley est né il y a un peu plus de cinquante ans à le Val qui était à l'époque "un des derniers endroits abandonnés de Maurice avec Chamarel". Même si son père est chef de section sur une propriété, la famille est pauvre et les enfants doivent apprendre à se débrouiller pour joindre les deux bouts. Alain fait cent métiers, se lance dans des dizaines de projets avant de se marier et de se retrouver, à 24 ans, comme chef de section sur la propriété de Riche-en-Eau. Avec une équipe de 400 hommes, il est chargé de développer un nouveau terrain de 500 arpents que la propriété venait d'acquérir à Anse-Jonchée. Développer cela voulait dire enlever tout ce qu'il y avait sur le terrain pour y planter de la canne à sucre. "Je suis tombé immédiatement amoureux de ce terrain à flanc de montagne dont une partie était recouverte de forêts endémiques. Je suis allé demander à mes employeurs de ne pas détruire cette forêt mais au contraire de la préserver à travers un projet de développement touristique. En 1985, le mot écologie était encore inconnu et le tourisme était uniquement balnéaire. On m'a écouté d'une oreille et répondu que le seul moyen de préserver le terrain était de l'acheter. Je suis allé voir les banques qui m'ont démandé si j'étais fou." Comme Alain O'Reilley voulait à tout prix son terrain, il vend tout ce qu'il possède et demande à onze de ses copains d'investir avec lui dans ce que l'on appelait alors "la folie d'O'Reilley". L'acquisition du terrain sera faite en deux fois: la première portion de 300 arpents est vendue pour Rs 1.3 millions en 1986. La deuxième portion de 300 coûtera plus cher: Rs 1,5 million. Dans les deux cas, c'est une fortune pour l'époque. Une fois propriétaire, Alain O'Reilley construit une cabane dans ses bois et à l'aide d'un vieux tracteur, d'un groupe d'employés et le soutien - parfois moral - de ses copains, il commence une aventure qui durera vingt ans: créer le premier parc d'écotourisme du pays. "Il n'y avait rien sur ces terres et nous avons du tout construire de nos propres mains, créer les routes, faire monter l'eau et l'électricité. On a ri de nous au début mais petit à petit, au fur et à mesure le Domaine est sorti de terre et les gens ont commencé par venir. Il y a eu des bonnes périodes, de mauvaises expériences pour faire vivre cette aventure folle mais passionnante." Au fil du temps, Alain O'Reilley parvient à racheter les parts de ses copains tandis le domaine devient un atout incontournable - souvent imité depuis - du paysage touristique mauricien. 20 plus tard, Alain est obligé de céder le domaine "Nous avions des dettes, pas astronomiques, mais nous avions surtout présenté le premier projet IRS entre montagne et marina. Des forces occultes qui voulaient tout faire pour mettre la main sur le domaine et le projet nous ont contraints à la vente. Mais j'ai pu déjouer leurs plans en vendant le domaine à l'homme d'affaires mauricien établi à l'étranger: Raymond Boulle." Fin de l'aventure du Domaine du Chasseur un. Puisque, depuis, un deuxième a ouvert ses portes.

Des forces occultes qui voulaient tout faire pour mettre la main sur le Domaine du Chasseur et le projet IRS nous ont contraints à la vente

Avec le produit de la vente du domaine et après le paiement des dettes Alain O'Reilley aurait pu vivre tranquillement de ses rentes. "Mais je n'ai jamais été un homme d'argent. J'en ai gagné un peu, j'en ai beaucoup perdu et aujourd'hui je suis à l'abri du besoin. Mais ce qui me passionne, ce sont les projets et leur réalisation. Je trouve que le Domaine du Chasseur a perdu une chose fondamentale: son âme. J'en faisais partie avec ma famille et mes employés dont certains sont là depuis le départ et qui ont, comme on dit, tombé lévé avec nous. Sans eux, sans nous, le domaine n'est plus pareil. Sur 50 employés 44 m'ont suivi et il a fallu créer du travail pour eux et j'avais des commitments avec des tours operators pour jusqu'à fin 2008. J'ai eu la chance de rencontrer Bernard Meyer qui possède une propriété de 3000 arpents à Nouvelle France et nous avons fait un deal pour créer un autre domaine avec nos 20 ans d'expérience et beaucoup plus de moyens. C'est comme ça que le Domaine du Chasseur de Nouvelle France est né. Nous proposons les mêmes activités sur un plus grand territoire avec trois kilomètres de rivières et de cascades."Tout en s'occupant du domaine 2, Alain a également repris un restaurant et en ouvert deux autres à Mahébourg. "Le phare" est devenu "Les copains d'abord" avec, à l'étage, un club privé, La Salsa. Puis, il y a six mois, il a ouvert un autre restaurant à la cité la Chaux, "La Gondola". Un domaine et trois restaurants, ça ne fait pas un peu beaucoup pour un seul homme ? Est-ce qu'il n'y a pas de risque de dispersion des énergies ? "Pas du tout. L'expérience du domaine est utile. Je dirige un groupe avec Fabrice Salaun qui est mon adjoint et chaque restaurant a son propre responsable et ses équipes. Je voulais faire quelque chose, créer une activité touristique dans le sud qui n'en a pas. Il n'y a pas de boîte de nuit, pas de bar dans le sud. Nous avons comblé une lacune et ça marche." En six mois "La Gondola" a changé non seulement de nom mais également de style gastronomique. "Il faut souligner que le restaurant est en plein cœur de cité la Chaux où, disait-on, on ne pouvait pas faire du développement touristique. Nous sommes ouverts depuis six mois et ça marche. Avec le succès du festival créole nous avons décidé de changer d'orientation pour faire de ce restaurant italien une table de haute gastronomie créole avec les classiques du manger d'autrefois: les currys mitonnés sur le feu de bois ou le réchaud à charbon, les quat quat maniocs et les satinis grillés. Les carrys de canard manie, de coq li cou touni. Tous ces plats d'autrefois qu'on ne sait plus cuisiner. La Belle créole, c'est le début d'une nouvelle aventure vers l'authentique."

Quels sont les qualités nécessaires pour devenir un bon entrepreneur ? "La passion, le courage, la ténacité et la folie de se lancer dans des projets qui sont difficiles à réaliser. Les Mauriciens sont entrepreneurs de nature, mais il y a tellement d'obstacles que la majorité laisse tomber en cours de route. Tous les gouvernements ont fait des promesses pour améliorer la situation, mais on n'a pas vu grand-chose de concret. Sans une ténacité hors pai, il est impossible de réussir. Aujourd'hui, a travers Entreprise Mauritius, il semblerait que les choses soient moins difficiles. Mais il faut choisir un projet original et se dire qu'il ne rapportera pas après six mois un an. Cela prend plus de temps. Il faut accepter mentalement de s'investir totalement pendant deux, trois ans, avant de récolter les premiers fruits. Il faut croire dans le projet, croire en soi et surtout se dire que quand il faut y aller, il faut y aller sans regarder derrière. Il faut s'écouter soi-même plus que les autres, ceux qui ont toujours des conseils à partager et des conseils à donner." Est-ce que le domaine du Chasseur de Nouvelle France et les trois restaurants de Mahébourgs sont les derniers projets d'Alain O'Reilley. "Les derniers pour le moment. En 2008, nous allons les consolider, les améliorer et puis voir ce qu'on peut faire d'autre ici ou à Rodrigues. "


Pédagogie

Des prisonniers apprendront à écrire et lire par le biais de La planète des alphas

"Voyez cette lettre, le a. Elle est drôle, elle donne envie de rire. Et le rire commence souvent par ah ah ah ah ! Ici, c'est le I, c'est une petite dame portant quelque chose sur la tête et le ch qui fait penser à un chat, parce que phonétiquement les deux lettres donnent ce son…" Montrant les petites figurines rigolotes et colorées représentant chaque lettre de l'alphabet, les prison officers Sheik Mauhazam Pheerunggee et Pascal Bellepeau s'embarquent dans un monde ludique. Ils expliquent comment ces lettres sorties tout droit de La planète des alphas faciliteront l'apprentissage de l'alphabet et l'écriture aux prisonniers inscrits dans les classes des différents centres de détention. En formation de 16 jours, à la Société pour la Promotion des Entreprises Spécialisées (SPES), une dizaine d'officiers a été initiée à la méthode d'apprentissage qu'est la planète des alphas : une pédagogie qui s'appuie sur le visuel et le son, présentée en début d'année à Maurice par deux experts belges, Patrick Van der Vliet et Géraldine Henry de Frahan. Après cette séance de formation, sous la houlette de Helena Langlois de SPES, les participants sont appelés à mettre en pratique cette méthode, l'année prochaine.

Si La planète des alphas se décline comme un concept ludique, les prochains apprenants, eux, sont loin d'être des enfants. Mais cette méthode, selon les officiers rencontrés, séduit par ses supports : figurines, livres, CD, DVD… "Au vu de ce que nous avons pu constater, il ne suffira que de quelques jours à l'apprenant qui a des difficultés d'écriture pour arriver à écrire son nom", relève Sheik Mauhazam Pheerunggee. La méthodologie que vulgarise SPES semble avoir convaincu les officiers. "Elle encourage l'apprentissage", avancent nos interlocuteurs. Celle-ci favorisant l'interaction, dispose d'avantage d'atouts en comparaison à celle en cours dans le mainstream. L'accès à l'éducation en prison ou dans des centres de réhabilitation permet à plusieurs détenus de reprendre leur scolarité ou de se retrouver en situation scolaire pour la première fois. Par le biais de la nouvelle méthode, assurent les participants, "les bénéficiaires apprendront rapidement l'essentiel et les choses pratiques qui les aideront dans la vie courante. Notamment, utiliser une carte bancaire, lire un contrat d'embauche." Par ailleurs, à l'issue de leur formation, les officiers arrivent à la conclusion que la planète des alphas, pourra appuyer la préparation des 18 détenus de Beau-Bassin aux prochains examens de Certficate of Primary Education et des 15 autres, qui prendront part à ceux du School Certificate. Cette année, les deux détenus de Richelieu qui se sont présentés au CPE, ont pu décrocher leur certificat.

L'implémentation de la méthode La planète des alphas, devrait se faire le plus tôt possible après la rentrée de 2008. Les officiers, secondés par un collègue respectivement, auront la responsabilité d'introduire le concept dans les classes des structures pénitentiaires. Et ce sans pour autant se substituer aux enseignants délégués par le ministère de l'Education. Visiblement, conquis par La planète des Alpha, ils ont tenu à rappeler l'importance de l'alphabétisation en prison. "Celle-ci revalorise les apprenants, lesquels à leur tour prennent conscience de la pertinence de l'éducation, non seulement pour eux, mais pour leurs enfants", disent-ils.


Maurice, premier port d'attache dans l'Océan Indien

Le Costa Marina: de nouvelles avenues touristiques pour Maurice

Le Costa Marina, véritable hôtel flottant, mouille actuellement dans le Quai mauricien. Ce dimanche, le bateau de croisière démarre sa première d'une série de croisières dans le sud-ouest de l'océan Indien, au départ de Maurice. Capables de transporter quelques milles passagers, le Costa Marina, membre de la flotte italienne, Costa Crociere, en opération depuis 1854, deviendra une silhouette familière dans le paysage portuaire mauricien jusqu'à mars 2008. L'équipage compte, en effet, durant les trois prochains mois, transporter 11 000 passagers, principalement d'Italie, de la France, d'Allemagne, d'Espagne et de la Grande- Bretagne, à Maurice, avant le transit vers d'autres horizons, à bord du Costa Marina.

Lors d'une présentation à la presse nationale et internationale vendredi dernier, les promoteurs de ce projet, en l'occurrence, la MTPA et Costa Crociere, n'ont pas manqué de souligner "l'importance de cette première escale du Costa Marina à Maurice. Ceci marque le début d'une importante coopération interrégionale". Roberto Ferrarini, de Costa Crociere, "se réjouit de l'accueil réservé par la clientèle aux nouvelles routes proposées pour les croisières de cette flotte". Karl Mootoosamy, directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), souligne lui que l'arrivée de ce bateau de croisière concrétise un projet de longue date, visant à transformer le paysage touristique mauricien en y apportant une palette d'activités diversifiées. Ce partenariat avec Costa Crociere, assure de nouvelles avenues touristiques pour Maurice. Ainsi, les touristes, qui disposent de l'option aérienne, via les vols d'Air Mauritius, peuvent combiner leur voyage sur différentes destinations, en embarquant à bord du Costa Marina. Pour les trois prochains mois, le Costa Marina assurera six croisières de 14 jours chacune, transportant quelque 1 000 passagers à Mahé (Seychelles), Mombasa (Kenya), Mayotte, Nosy Be (Madagascar), Toamasima (Madagascar) et La Réunion avant de regagner Port Louis, son port d'attache. D'importants investissements sont prévus dans la région portuaire afin d'améliorer le terminal des passagers à Port Louis. L'objectif de ce projet est de positionner Maurice comme une destination majeure de croisière dans l'Océan Indien.


Agricultural Marketing Board

Meilleur prix d'achat pour le lait frais des petits éleveurs

Depuis environ deux semaines, l'Agricultural Marketing Board (AMB) a décidé de majorer de Rs 4.50 le litre le prix d'achat du lait frais produit par les petits éleveurs. Ce prix d'achat garanti est, ainsi, passé de Rs 12.50 le litre à Rs 17.

Cette révision à la hausse annonce-t-elle une révision de la mesure annoncée par l'AMB de ne plus collecter le lait des petits producteurs à compter du mois de mai 2008 ? La question se pose, en effet.

Pour des raisons de pertes évaluées à quelque Rs 5 millions annuellement sur son activité de collecte, de pasteurisation et de commercialisation au grand public du lait frais des petits éleveurs, l'Office des Marchés avait, dans un premier temps, décidé de stopper cette activité dès novembre dernier.

Toutefois, après des représentations et en vue de permettre à ces quelque 1500 petits producteurs de trouver des marchés alternatifs pour leur produit, un moratoire de six mois leur avait été accordé. C'est ainsi que c'est en mai 2008 que devrait, techniquement, cesser la collecte.

Avec la décision de l'AMB d'accorder une hausse aux petits producteurs sur le prix d'achat, se pourrait-il que les autorités aient, finalement, décidé de continuer, au moins, pour un certain temps encore, d'assurer cette collecte et de permettre à ces petits producteurs de bénéficier encore de ce marché garanti, quand bien même moins profitable que certains débouchés que des éleveurs ont pu développer auprès du marché touristique.

Les quelque 1500 petits éleveurs que compte le pays écoulent entre 40 et 45% de leur production auprès de l'AMB. Le marché touristique est, certes, plus lucratif mais les acheteurs sont plus exigeants en termes de qualité.

C'est dans cette optique que la Nouvelle Découverte Cow-Breeders Cooperative Society, par exemple, finalise son projet de modernisation avec, notamment, la mise en place d'une unité propre de pasteurisation. Ce projet a déjà été soumis à l'approbation de l'Empowerment Programme.


Anou partazé

230 familles démunies reçoivent des colis de nourriture grâce à IBL

Quelque 2000 employés du département Logistics, Engineering & Commerce (LEC) d'IBL ont participé jeudi dernier à une opération de partage auprès de 230 familles démunies de la capitale. Baptisée "Anou partazé", cette opération visait à pourvoir à ces familles dans le besoin, des munitions alimentaires en cette période festive. Les 230 familles ont ainsi reçu des colis de nourriture qui devraient durer deux semaines. Accompagnés du Chief Operating Officer du département LEC, Fabrizio Merlo, les employés d'IBL ont remis des colis à quelques mères de familles, lors d'une rencontre organisée dans la cour de l'église de Roche-Bois. Dans la soirée de jeudi, certains employés se sont rendus à l'Abri de nuit de Port-Louis, pour effectuer le partage des colis de nourriture avec les "tontons". Outre les colis "Anou partazé", un dîner a été organisé ce soir-là, avec les "tontons" et les volontaires ayant travaillé sur ce projet. Cette campagne de partage, avec la collaboration des volontaires de Caritas et autres Forces Vives des régions ciblées, notamment, Bois-Marchand, Riche-Terre, Baie du Tombeau, Roche-Bois, Tranquebar, Pailles, Pointe aux Sables entre autres, s'insère dans un cadre plus large, car les responsables du secteur LEC d'IBL voudraient continuer cette collaboration visant à soulager les gens ayant des problèmes liés au manque de nourriture pendant toute l'année 2008.


Responsabilité sociale

BA offre une cuisine au couvent de Quatre-Bornes

Dans le cadre de son programme d'activités, British Airways, qui vient de patronner un séjour en camp de vacances des pensionnaires de SOS Villages, procédera à la veille de Noël au lancement d'une autre de ses réalisations sociales. Il s'agit de l'inauguration de la nouvelle cuisine de l'orphelinat Cœur Immaculée de Marie à Quatre-Bornes. L'inauguration de cette nouvelle cuisine, qui a nécessité un investissement de Rs 850 000, sera faite en présence des députés de la circonscription, du Maire de Quatre-Bornes et de diverses autres personnalités.


Demain soir sur MBC 3

Veillée de Noël en direct de l'église Saint-Augustin

C'est en direct de l'église Saint-Augustin, Rivière-Noire que la Veillée de Noël 2007 sera télédiffusée demain, 24 décembre à partir de 19h30 sur MBC 3. Cette veillée et la messe seront présidées par le père Pierre Laslandes.

Le lendemain, mardi 25 décembre, Jour de Noël, la messe célébrée à 8h00 par le père Raymond Zimmermann en la chapelle Saint Michel, Pont Praslin sera aussi retransmise en direct sur Radio Maurice.

Le soir de Noël, à la télévision sur MBC 1, l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, adressera son traditionnel message de Noël après quoi une émission intitulée "Dieu à Visage Humain" sera présentée par des paroissiens de Notre-Dame-de-Mont-Roches, Roches-Brunes.

Deuxième fête chrétienne en importance après Pâques, Noël célèbre la naissance du Christ. Pour les chrétiens, Dieu se révèle en Jésus qui vient vivre parmi les hommes.

Et en choisissant de prendre un corps de chair dans le plus grand dénuement d'une étable, comme un sans-abri, et dans la fragilité d'un nouveau-né, Dieu, selon les chrétiens, se montre solidaire des plus faibles, des plus petits et des exclus.

Comme c'est aussi de tradition, des messes de Noël sont célébrées à l'intention des prisonniers. Mgr Maurice Piat célèbre, ainsi, une messe ce dimanche 23 décembre à la New Wing de la prison de Beau-Bassin.

Dimanche prochain, 28 décembre, fête des Saints Innocents, le père Laurent Rivet dira, à son tour, une messe à l'intention des jeunes du Correctional Youth Centre.


Page d'Histoire

Quand des Mauriciens fabriquaient pétards et feux d'artifices !

Les Mauriciens adorent les pétards et autres feux d'artifices. Chaque année, pour diverses fêtes et, maintenant, même pour les après-matches de Manchester United et de Liverpool, ils importent et brûlent pour plusieurs millions de roupies de ces feux de Bengale qui prennent diverses formes pour l'émerveillement d'encore plus d'adultes que d'enfants !

Mais, l'île Maurice n'a pas toujours fait venir des pétards de Chine et d'Inde mais a essayé d'en produire pour sa propre consommation. Cette production fut une des activités originales de la pharmacie MM. Minet et Cie pendant dix années jusqu'à ce qu'une terrible explosion tragique vînt y mettre un terme quatre jours avant la fête de Noël de 1877… La page d'Histoire de Week-End d'aujourd'hui se fonde sur un reportage que fit le journal La Sentinelle, le 22 décembre 1877.

"Hier matin, vers sept heures, écrit La Sentinelle, la rue de l'Eglise (ndlr: aujourd'hui Sir William Newton Street) a été le théâtre d'un événement tragique des plus épouvantables. Deux élèves en Pharmacie, MM. Houët et Couve, étaient occupés avec un Indien, à manipuler dans l'arrière partie de la maison de Drogueries de MM. Minet et Cie, des poudres et des acides devant servir à la confection de feux pyrotechniques, lorsqu'ils furent tous trois surpris par une détonation aussi forte qu'un coup de canon, suivie dans la seconde même, d'une explosion telle, que pendant cinq minutes, aucun d'eux n'a conservé la connaissance de ce qui s'est passé.

Lorsque les employés de la pharmacie ont pénétré dans l'arrière magasin, ils se sont trouvés en présence de M. Couve ayant un oeil tout à fait endommagé par les éclats provenant de l'explosion et de M. Houët, tout encore abasourdi par la détonation, et plus loin, hélas ! en présence du cadavre tout mutilé de l'Indien chargé de la manipulation des poudres. Toutes les étagères sur lesquelles étaient rangées des potiches, des paubans, des flacons, des bouteilles contenant des médicaments avaient subi un choc tel, que là où quelques secondes auparavant existaient le plus grand ordre et la plus grande symétrie, on ne voyait qu'encombrement et désordre, ces vases ayant été pour la plupart brisés et déplacés.

Il serait difficile de préciser au juste comment un pareil événement a pu se produire. On ne peut ici que faire des suppositions et s'arrêter à la conjoncture qui se rapproche le plus de la vraisemblance. Les opérations requises pour fabriquer des poudres qui devaient servir à la composition des feux d'artifices sont excessivement délicates et nécessitent des précautions bien grandes. Depuis dix ans, MM. Minet & Cie font fabriquer deux ou trois fois par an à l'approche de Yamsé (fête chinoise), du jour de l'an, ou de toute réjouissance publique, une certaine quantité de feux de Bengale. Depuis dix ans, c'était toujours au même Indien, un employé aguerri et expérimenté, que l'on confiait ce travail de manipulation. Jamais aucun incident ne s'était produit. Comment donc a-t-il pu se faire, que travaillant hier matin, sous les yeux de deux intelligents élèves en pharmacie, il soit arrivé un malheur aussi grand que celui que nous avons eu à déplorer ? On se perdrait à rechercher les causes d'un événement aussi inattendu. Il faut s'arrêter et croire à la fatalité. En effet, rien ne pouvait laisser supposer que des acides, manipulés dans un mortier ouvert, aurait fait explosion et, surtout, produire une détonation qui devait être entendue dans un rayon aussi étendu que la Plaine Verte, le Champ de Mars et la rue Madame (dans le Ward 1V). C'est ce qui a pourtant eu lieu. Il paraîtrait que l'Indien aurait pressé plus fortement que de coutume sur les poudres qu'il mélangeait et que c'est de là que serait provenue l'explosion. Nous opinons d'autant plus que pour cette conjoncture que nous savons que la manipulation de la poudre à canon et de toutes les poudres pyrotechniques ne s'opère qu'avec la plus grande prudence en Europe et que des personnes chargées de mélanger le souffre et le salpêtre au charbon n'exécutent ce travail qu'avec des gants ouotés, de façon à ce que le frottement ne soit pas trop vif. Dans le cas qui nous occupe, le mélange s'est opéré à l'aide d'un pilon en bois pour mortier et il n'est pas à douter que c'est la pression trop forte de ce pilon sur les substances inflammables qu'est dû l'événement malheureux qui nous occupe."

La Sentinelle ne rata pas l'occasion de faire remarquer que, "la mort inattendue d'un travailleur aussi intelligent que fidèle, les blessures reçues par MM. Houët et Couve constituent un événement malheureux qui doit rappeler à l'autorité qu'il est de son devoir d'obliger les pharmaciens à prendre toutes les précautions possibles pour la manipulation, dans l'intérieur de la ville, des substances inflammables… Rien que de songer aux dangers que la ville pourrait courir, doit donner à réfléchir aux autorités et leur commander de faire acte de prévoyance pour l'avenir…"

L'hommage de Mauritius Illustrated

En fait, l'accident tragique du 22 décembre 1877 fut une terrible injustice pour la pharmacie de MM. Minet et Cie vu sa grande contribution, à l'époque, dans le domaine de la santé publique et également son esprit pionnier. Établie dans l'île depuis 1862 par M. A. Minet, lequel mourut deux ans après l'explosion, cette pharmacie était incontournable dans le vieux Port Louis commercial. Elle employait jusqu'à quinze personnes, dont des experts et se spécialisait dans la vente au gros et au détail non seulement de produits pharmaceutiques faits maison, mais également dans la vente de matériels… de photographie. C'est pour le caractère original et hétéroclite de son commerce d'ailleurs que Macmillan lui consacre tout un article dans sa série Mauritius Illustrated. Toutefois, Macmillan se réfère à la pharmacie comme celle de M. Noël Couve et Co., car ce monsieur Couve l'avait, entre-temps, racheté.

"If one looks with discerning eyes at the display in the pharmacie of Noël Couve and Co., Ltd, what potentialities are realised in the numerous glass jars and other receptacles filled with chemical compounds; what cures for obstinate and painful maladies there are among the fluids and powders; what interesting things could be written about the great variety of patent medicines, ointments, and surgical and medical appliances that add to the completeness of large assortment ! Then there are the varieties of perfumery - essences instinct with the life of things, souls of flowers wrested from the gardens of the world, and confined in the pretty littles bottles that would be an acquisition without their fragrant contents. Ordinary, indeed, the establishment may appear to the non-reflective; but, to the observant and thoughtful, how pregnant it is with the sugestions of the wonders and mysteries of the healing art and hygienic welfare !", écrit Macmillan.

La théorie de François de Cossigny

Mais l'explosion à la pharmacie de Minet et Cie ne fut pas unique. Selon l'historien Albert Pitot, l'année 1774 fut marquée par l'explosion du Moulin à Poudre, à Pamplemousses. Mais, ce genre d'incidents s'était manifesté plusieurs fois avant François de Cossigny, que d'aucuns affirment qu'il fut le véritable bâtisseur de Port Louis bien que ce soit Mahé de Labourdonnais qui en reçut la gloire, avait une théorie propre qui, selon lui, expliquait ces explosions à répétition. Ainsi, Gossigny racontait que, sous le gouverneur français David (bâtisseur lui du Chateau du Réduit), pendant un violent orage, la foudre étant tombée sur un moulin à café appartenant à M. Dubuisson, et y ayant causé des dégats, le propriétaire, recevant la visite du gouverneur, le jour suivant, et voulant le faire comprendre comment l'accident s'était produit, reçut une telle commotion en touchant sans y penser une pièce de la charpante, qu'il en fut malade pendant plusieurs jours. Partant de là, Cossigny observa des propriétés électriques bien accentuées chez certaines espèces de bois de construction indigènes et il en conclut que, comme les moulins à poudre étaient en partie construits en bois du pays, il se pourrait bien faire que cette particularité ne fut pas étrangère aux explosions dont la cause était restée jusqu'ici inexplicable.

Mais, ni l'explosion chez Minet et Cie, ni ceux des Moulins à poudre ne devaient faire disparaître chez les Mauriciens cet engouement pour les feux d'artifices et autres pétarades. Saviez-vous que le 24 août 1869, le maire de Port Louis d'alors, Eliacin François, dont la générosité était apparemment proverbiale, puisa de sa poche pour financer des feux d'artifices afin que, à l'occasion de la fête de la Cité, riches et pauvres, classes aisées et classe ouvrière, puissent se réjouir d'un tel spectacle ? On le constatera certainement pour la veillée de Noël et pour le réveillon du nouvel an prochain, celui qui amènera les Mauriciens à ne plus faire éclater des pétards n'est probablement pas encore né…



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 23 décembre 2007