p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 23 décembre 2007



  Rodrigues - Alain Tolbize (syndicaliste) : "Vers l'éclatement de la République…"
  Ça va se savoir
  Commission mixte Inde/Maurice - L'exploration pétrolière dans la ZEE évoquée
  Pravind Jugnauth face à la presse : - "Le MSM, seul parti assuré de former le prochain gouvernement"
  Société - Harish Boodhoo inspire le PM et replonge dans le combat public
  "Vœu le plus cher" du PMSD pour 2008 - "Unification de l'opposition pour préparer l'alternance"
  Les 25 ans de politique de Rajesh Bhagwan - Célébrations populaires jeudi dernier au Plaza


Rodrigues

Alain Tolbize (syndicaliste) : "Vers l'éclatement de la République…"

S'il est quelqu'un à Rodrigues qui se déclare "très inquiet" de la tournure que prennent les relations entre le conseil régional de la petite île et le gouvernement mauricien ces derniers jours, c'est bien le syndicaliste Alain Tolbize.

Président de la Rodrigues Government Empoyees Association (affiliée à la Federation of Civil Service and other Unions) et la Rodrigues Workers Federation, M. Tolbize prévient que "si le gouvernement ne ravise pas sa position, il va se passer des choses graves à Rodrigues et on va vers l'éclatement de la République !" "Nos deux peuples s'entendent très bien entre eux. Ce sont des politiciens qui provoquent l'affrontement et la façon de faire du ministre Sithanen dans son dernier budget va finir par pousser les Rodriguais à réclamer l'indépendance". "Est-ce cela que l'on veut ?" se demande le syndicaliste.

M. Tolbize déclare être conscient "que des courants séparatistes ont toujours existé à Rodrigues mais que, par leurs agissements, certains politiciens à Port-Louis, dont le ministre des Finances, Rama Sithanen, semblent vouloir tout faire pour les pousser dans cette voie tandis qu'il aurait dû prévaloir dans une république le principe de citoyens aux droits égaux".

Alain Tolbize rappelle d'abord que dès 1993, soit une année après la proclamation de la République de Maurice, en sentant que les Rodriguais étaient toujours considérés comme des "citoyens de deuxième grade", la Rodrigues Government Employees Association avait intenté un procès à l'État mauricien en Cour suprême pour réclamer l'égalité entre les citoyens et entre les fonctionnaires des deux îles. Selon M. Tolbize, la Cour suprême avait décrété que tout en étant soumis à un traitement différent, les Rodriguais ne pouvaient pas prétendre être victimes de discrimination. Déjà, soutient Alain Tolbize, "nous n'avions pas compris la gymnastique de la Cour suprême car son jugement était, à notre avis, digne d'une puissance coloniale." "Mais, ensuite, avec l'avènement de l'autonomie nous nous étions dit que le temps allait arranger les choses. Force est de constater qu'au contraire elles ont empiré."

Éleveurs de porcs/pêcheurs rodriguais : quelle différence ?

Alain Tolbize avoue que la Rodrigues Employees Association a eu beaucoup de désaccords avec l'administration du chef commissaire Johnson Roussety et du Mouvement Républicain. "Toutefois, souligne-t-il, "dans le conflit qui oppose l'administration rodrigaise à Port-Louis au sujet du paiement d'allocations de mauvais temps aux pêcheurs, Johnson Roussety a raison". "Il y a plus de 1 700 familles rodriguaises victimes du mauvais temps qui n'ont pas un sou et ne savent que faire pour la Noël et il faut leur venir en aide". "Peut-on dire à ces familles quelle est la différence entre leur situation et celle des éleveurs de porcs que le gouvernement s'est vu contraint de soutenir après la peste porcine ?", s'interroge Alain Tolbize.

Le syndicaliste reproche au ministre Sithanen d'avoir eu une attitude provocante à l'égard de Rodrigues dès son premier budget en 2006. À l'époque, soutient-il, "Sithanen avait commis l'impair de ne pas mentionner le nom de Rodrigues, mais il s'était trouvé une porte de sortie en prétextant qu'il n'avait fait que respecter l'autonomie de Rodrigues." "Cette fois-ci, il prétend vouloir dicter au conseil régional de Rodrigues comment disposer du budget qui lui a été alloué". Selon Alain Tolbize, "ce genre d'attitude va finir par dégoûter les Rodriguais de Maurice, mais à la longue elle incitera également les Chagossiens à réfléchir sur ce qui pourrait être leur sort au sein de la République".


Ça va se savoir

Deux recrues politiques sèment la pagaille

La Mauritius Duty Free Paradise a, lundi dernier, organisé sa fête de fin d'année au Domaine Anna. Rien de particulier à cela si ce n'est que la version 2007 a été entachée d'incidents. Deux recrues politiques, parrainées par deux ministres, ont créé du désordre à cette soirée. La direction veut passer l'éponge sur ces incidents compte tenu de la protection dont bénéficient ces recrues mais le Domaine Anna, même s'il ne veut pas avoir d'ennuis et rapporter le cas à la police entend être dédommagé parce que les instruments de musique de l'orchestre du domaine qui jouait ce soir-là ont été endommagés.

White Christmas Oblige

Ils sont nombreux à s'interroger sur les raisons pour lesquelles le Premier ministre a choisi d'organiser la dernière réunion du Conseil des ministres de 2007 le jour de l'Eid Ul Adha au lieu de la réunion traditionnelle du vendredi. En fait, Navin Ramgoolam voulait tout simplement prendre l'avion le jeudi soir même pour Londres pour son incontournable "white Christmas". Comme l'ont fait remarquer ceux qui célébraient le jour du sacrifice d'Abraham, il aurait bien pu partir jeudi s'il le voulait et laisser son adjoint présider le Conseil des ministres le lendemain. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'il y a des logiques qui dépassent l'entendement


Commission mixte Inde/Maurice

L'exploration pétrolière dans la ZEE évoquée

En marge de la 10e session de la commission mixte Inde/MaUrice, le dossier de l'exploration pétrolière dans la Zone Économique Exclusive (ZEE) est revenue au premier plan dans la coopération bilatérale. Ce dossier a été relancé par le ministre des Affaires étrangères de l'Inde, Pranab Mukherjee, qui avait fait le déplacement à Maurice à cette occasion au cours de la semaine écoulée. Maurice et l'Inde ont eu l'occasion de passer en revue l'état de la coopération dans les domaines scientifique, économique et culturel, entre autres.

Le chef de la diplomatie indienne a reconnu l'importance qu'attache Maurice au partenariat avec l'Inde en vue d'encadrer le développement économique soutenu et au Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement (CECPA). Il a ajouté qu'un accord devra être signé entre les deux gouvernements très bientôt et que les négociations sont On Target.

Le ministre Muhkherjee a également eu des entretiens avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Il s'est réjoui que le Premier ministre ait accepté d'être l'invité d'honneur du sixième Pravasi Bharatiya Divas, qui se déroulera à New Delhi, les 8 et 9 janvier de l'année prochaine. Cette manifestation organisée annuellement par le gouvernement indien dans différentes régions de l'Inde vise à apporter l'expertise et la connaissance des membres de la diaspora indienne en Inde et de les intégrer dans le processus de développement de la Grande Péninsule. "Ce sera l'occasion pour le chef du gouvernement mauricien d'avoir des discussions sur des questions d'intérêt mutuel avec les autorités indiennes", a précisé le ministre indien des Affaires étrangères.

Le ministre des Affaires étrangères de l'Inde a également été reçu à la State House par le président de la République, sir Anerood Jugnauth. Il s'est rendu sur le site de l'Aapravasi Ghat où, accompagné par le haut commissaire de l'Inde à Maurice, Bondal Jaishankar, et son homologue mauricien, Madun Dulloo, il a été reçu par le ministre des Arts et de la Culture, Mahen Gowressoo et l'Officer in Charge de l'Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF), Raju Mohit. Il a eu l'occasion de découvrir les panneaux explicitant les différentes étapes de l'immigration indienne à Maurice.


Pravind Jugnauth face à la presse :

"Le MSM, seul parti assuré de former le prochain gouvernement"

"Aujourd'hui un joker, le MSM est le seul parti assuré de former le prochain gouvernement", a estimé, face à la presse, mercredi, Pravind Jugnauth, leader de ce parti lors d'un tour d'horizon. Si le MSM garde la porte ouverte pour une nouvelle alliance éventuelle avec le MMM, il ne compte, néanmoins, pas négocier sur un point : que son leader, Pravind Jugnauth, soit le Premier ministre désigné de cette alliance pour l'intégralité du mandat de cinq ans.

Pour M. Jugnauth, 2007 aura surtout été, l'année de "l'accentuation de l'appauvrissement de la population" avec, d'un côté, des augmentations de prix "sans précédent" affectant surtout les "ti-dimounn" et, de l'autre, des "mesures criminelles" telles la National Residential Property Tax (NRPT) venues "écorcher" la classe moyenne.

Le leader du MSM soutient que, sur le plan du Law and Order, jamais, dans l'ère post-indépendante, le pays n'aura vécu pareille situation "d'insécurité", notamment confirmée, selon lui, par l'image "en déclin" concernant l'ordre et la sécurité aux yeux des touristes. Par rapport à la corruption, Pravind Jugnauth est d'avis que la population "perd confiance" dans les institutions et qu'il n'existe pas de volonté de lutter contre ce fléau.

Au chapitre de l'économie, il évoque surtout la projection d'un taux d'inflation de 9.5 % pour l'année 2007 contre 8.7 % pour 2006. Alors que M. Jugnauth rappelle que l'inflation a été de l'ordre de 10.7 % en 2006/07, il avance que ce taux avoisinera les 12 % en 2007/08.

S'il concède que la conjoncture internationale y est, en partie, pour quelque chose, le leader du MSM invoque que le VPM et ministre des Finances, Rama Sithanen est particulièrement responsable d'une telle dégradation du taux d'inflation. Il cite l'imposition sur les intérêts bancaires qui, affirme M. Jugnauth, a occasionné une perte de confiance dans la roupie et l'exode de capitaux de même que l'enlèvement des subventions sur le riz et la farine.

Le leader du MSM n'est, manifestement, pas particulièrement impressionné par la projection d'un taux de croissance de 5.8 % pour cette année. Et d'estimer, à cet effet, qu'il faut tout aussi s'assurer que les fruits de cette croissance atteignent la majorité des Mauriciens. Chose qui, selon lui, en substance, est loin d'être le cas.

Par rapport à la réforme sucrière, M. Jugnauth rappelle que le MSM, dès le départ, avait combattu le plan initial avalisé par le Cabinet. Le Premier ministre, dit-il, devait par la suite "se réveiller" pour renégocier l'accord avec les sucriers. Une renégociation qui, explique le leader du MSM, a tenu le pays "en haleine".

"…sur un volcan"

Tout compte fait, même s'il y a eu un avancement, notamment, en matière de cessation de terres et d'actionnariat, l'accord final "est encore déséquilibré". Il trouve que, "dans l'empressement", l'on vient aujourd'hui "contraindre" des travailleurs d'accepter des terres mises à leur disposition, qui ne seraient pas toujours les meilleures. Ce qui fait dire à M. Jugnauth que l'on aurait pu "faire bien mieux" en termes d'accord final.

Avec l'année 2007 qui tire à sa fin, le leader du MSM dit noter qu'au plan social, pour une majorité de Mauriciens, le pays "est sur un volcan". Pravind Jugnauth considère que cela se confirme par la "nervosité dans le pays". "Une simple étincelle, dit-il, est susceptible de mettre le feu aux poudres". À l'heure des précisions, il devait dire ses appréhensions que le pays ne revive "d'autres moments sombres comme en 1999". L'explication à cela viendrait, d'après lui, "de la frustration causée par le non respect des promesses faites au moment du vote".

Pour 2008, M. Jugnauth prévoit des "événements politiques majeurs". Au nombre de ceux-là, la probabilité d'une élection partielle dans la circonscription n° 8, dans lequel cas le MSM désignera son candidat "en temps et lieu", et le 25e anniversaire de ce parti. Si Paul Bérenger tient à cœur l'intérêt de la population, dit-il, il sait ce qu'il doit faire. Pour le leader du MSM, le leader du MMM a encore la possibilité de "redonner espoir aux Mauriciens et aux militants".

En vue de l'aboutissement d'une nouvelle alliance MSM/MMM, il convient, déclare Pravind Jugnauth, de discuter programme et répartition des responsabilités. Mais, précise-t-il, du côté du MSM, pas question de compromis sur une condition fondamentale : que lui, Pravind Jugnauth, soit le Premier ministre désigné d'une telle alliance électorale pour un "full mandate".

Quant aux spéculations concernant le rôle éventuel de sir Anerood Jugnauth à l'avenir, le leader du MSM dit qu'il ne peut parler en son nom. Néanmoins, Pravind Jugnauth se dit convaincu qu'au terme de son mandat présidentiel, sir Anerood "en tant que citoyen, jouera un rôle important pour le pays". Le leader du MSM s'en tient au fait que, techniquement, le mandat du président de la République arrive à terme en septembre 2008. Dans l'éventualité d'une offre gouvernementale pour la reconduction de ce mandat, il n'est pas dit, affirme Pravind Jugnauth, que le président "acceptera nécessairement le poste".

D'autre part, si le leader du MSM laisse entendre qu'il n'y a aucune ligne de communication avec le leader du MMM, Paul Bérenger, "depuis longtemps", avec le leader du PTr, Navin Ramgoolam, "il n'y a jamais eu de ligne de communication". Il existe, soutient Pravind Jugnauth, beaucoup de divergences entre le MSM et le PTr, notamment, en matière d'administration du pays.

Pour M. Jugnauth, aujourd'hui "un joker", le MSM est "le seul parti assuré de former le prochain gouvernement". Nous sommes, dit-il, capables de diriger le pays autrement avec le peuple et nous y travaillerons en 2008.


Société

Harish Boodhoo inspire le PM et replonge dans le combat public

Harish Boodhoo, qui, vers le milieu de cette année, avait prétendu qu'il "se retirait de la vie publique", n'aura, finalement, pas longtemps résister à l'envie de replonger dans le combat. Profitant que le Premier ministre ait annoncé, mercredi dernier, à l'exécutif du Parti travailliste, son intention de faire nommer une commission présidée par un juge pour examiner les cas des personnes qui ont été expropriées de leurs terres, Boodhoo a remis à la presse une lettre, datée du 17 de ce mois, dans laquelle il affirme avoir parlé à Navin Ramgoolam au téléphone avant de lui faire parvenir une correspondance pour l'inciter à faire vite avec cette "Land Commission".

Dans sa correspondance, Harish Boodhoo rappelle au Premier ministre que le Protection of Borrowers Act, voté le 24 janvier avec pour but de protéger les victimes de la vente à la barre (Sale by levy) contre des abus n'a eu aucun effet sur les cas précédents son entrée en vigueur. "Seuls les cas à venir seront concernés par la loi avec pour résultats que certains avoués, notaires et autres arpenteurs qui ont profité du système sont devenus encore plus arrogants et plus exigeants qu'avant. Les banques qui traitent avec eux continuent à percevoir des charges de 10% qui leur sont ensuite versées", fait remarquer Boodhoo..

Harish Boodhoo exige maintenant l'institution d'un Fact - Finding Committee avec un Senior Magistrate (Boodhoo suggère M. Denis Vellien) assisté de quelques assesseurs aguerris aux affaires bancaires afin de revoir les cas 400 d'abus qui avaient été confiés à la Commission Victor Glover et à la Police et qui n'ont connu aucun dénouement à ce jour. Selon Harish Boodhoo, ce doit être à ce Fact Finding Committee de décider, également, qui, parmi les victimes de la vente à la barre doit réellement bénéficier du budget d'assistance de Rs 100 millions consacrées par l'État pour leur permettre d'acquérir un nouveau logement. Selon Harish Boodhoo, la liste dressée par le gouvernement des personnes susceptibles de bénéficier de ce budget d'assistance est "horrible" et contient de nombre de resquilleurs.

Harish Boodhoo recommande au Premier ministre de ne pas mettre de l'argent entre les mains des victimes de la Sale by levy car elles vont tout dilapider, mais plutôt de construire pour elles des maisons sur les terres de l'État en sollicitant, si besoin est, l'aide du secteur privé. Le Fact Finding Committee doit aussi être doté de pouvoirs pour référer directement des cas d'abus par des professionnels aux autorités légales.

Harish Boodhoo a aussi plaidé auprès du Premier ministre en faveur d'une commission d'enquête pour régler une fois pour toutes des problèmes découlant de prescriptions illégales, de problèmes de bornage et d'administration de biens immobiliers par le Waqaf Board. Selon lui, dans le cas de ce Board, il a reçu des dons immobiliers de la part de certaines personnes, mais il se trouve que maintenant des descendants de ces personnes veulent récupérer ces biens parce qu'elles sont elles-mêmes complètement dépourvues.

Pour Harish Boodhoo, la commission d'enquête doit pouvoir fouiller dans tous les registres et documents légaux, y compris ceux de la Cour suprême, pour y retracter tout manquement pouvant éventuellement permettre la restitution de biens immobiliers à leurs véritables propriétaires. En passant, Harish Boodhoo a épinglé la Cour suprême, laquelle s'était lourdement trompée dans l'affaire Tackun durant vingt-cinq ans. Harish Boodhoo rappelle que le couple Tackun (deux vieilles personnes âgées de plus de 75 ans) avait perdu sa maison, sise à Floréal, à travers une prescription en 1980. En trois occasions, ce couple a été débouté dans des procès en Cour suprême jusqu'à ce que lui, Boodhoo, n'arrive à prouver que celui qui avait prescrit la maison était un faussaire et que ces deux témoins avaient menti dans leurs affidavits…

Lors de son intervention devant le comité exécutif du Parti travailliste mercredi dernier, le Premier ministre a semblé faire référence à ce cas authentique du couple Tackun, mais sans en entrer dans les détails, lorsqu'il a annoncé sa commission sur les prescriptions. Harish Boodhoo a aussi confié au Premier ministre qu'il est convaincu qu'avec cette commission, "de gros propriétaires de terrains, y compris dans l'industrie sucrière, seront dans l'incapacité de faire preuves de propriété. Harish Boodhoo a demandé au Premier ministre d'"offrir un cadeau de Nouvel An aux Mauriciens en allant de l'avant avec cette commission".


"Vœu le plus cher" du PMSD pour 2008

"Unification de l'opposition pour préparer l'alternance"

Le "vœu le plus cher" que formule le PMSD pour l'année 2008, c'est l'unification des partis de l'opposition en vue de "préparer, au plus vite, l'alternance". Pour Maurice Allet, leader de ce parti, la répartition des postes au sein de cette éventuelle alliance de l'opposition doit être un sujet d'importance secondaire.

C'est "sans regret" que le PMSD dit avoir rejoint les rangs de l'opposition après avoir, "avec honnêteté et sincérité", tenté l'expérience du pouvoir. Malgré des propositions de maroquin et de mairat, assure M. Allet, son parti a, finalement, choisi de "lev pake ale" après que "rien n'ait été fait" en direction de sa circonscription et de l'électorat du PMSD.

"Nous sommes, dit-il, heureux d'être retourné dans l'opposition et d'avoir permis à Paul Bérenger de retrouver le poste de leader de l'opposition car il y avait une mauvaise perception à l'effet que c'était le PMSD qui était responsable que ce poste lui ait, à un certain moment, échappé".

Pour Maurice Allet, l'année 2007 aura été "très difficile" pour la population soumise au stress des pertes d'emplois et des pénuries, notamment. Commentant le rapport au sein du gouvernement, il trouve que "les loups se déchirent entre eux".

M. Allet dénonce les "scandales inacceptables" dans les municipalités, notamment, à Quatre-Bornes, conséquence, selon lui, de la "culture des petits copains" du PTr.

Il prévoit des bouleversements bientôt à Beau-Bassin/Rose-Hill et réclame de nouvelles municipales. Par rapport à la situation à Rodrigues, sans, dit-il, prendre partie pour l'un ou pour l'autre, le leader du PMSD est d'avis que le Premier ministre, en sa qualité de ministre responsable de Rodrigues, aurait dû recevoir les dirigeants de l'Assemblée régionale pour entendre leur point de vue.

Maurice Allet qui rappelle la place qu'occupait Rodrigues dans l'estime de sir Gaëtan Duval appelle les "deux partenaires de l'Alliance sociale qui revendiquent l'héritage de sir Gaëtan" d'intervenir auprès du chef du gouvernement. "Autrement, dit-il, ils savent ce qui leur reste à faire".

Sur le même sujet de l'allocation aux pêcheurs Rodriguais et sur celui du problème des éleveurs de porcs, M. Allet s'interroge s'il y aurait "deux catégories de citoyens". Pour lui, le gouvernement ne s'intéresse qu'à "so bann".

Le PMSD assure, par ailleurs, son leader, soutiendra toute motion visant à modifier la constitution pour le changement d'appellation de la communauté "population générale" comme réclamé par la Fédération des Créoles Mauriciens (FCM).

Eric Guimbeau, leader adjoint du PMSD constate, lui aussi, une année 2007 "triste et sombre", entre autres, pour les squatters de Karo Kalyptis "en cette veille de Noël". Il rend particulièrement le ministre des Terres responsable de leur triste sort. Pour M. Allet, le Premier ministre a "failli" dans sa tâche de consolider l'unité nationale.

Il en veut pour preuve la tournure du bras de fer sur le dossier sucre qui, dit-il, aura été "un mauvais signal adressé au reste du monde".


Les 25 ans de politique de Rajesh Bhagwan

Célébrations populaires jeudi dernier au Plaza

Célébrations populaires, jeudi dernier, à la salle des fêtes du Plaza pour marquer le quart de siècle de politique active de Rajesh Bhagwan. Celui qui est connu comme le "bulldozer" a reçu plus de 600 personnes qu'il a côtoyées - ministres, maires, députés - durant ces 25 ans pour une fête digne de l'événement. Une fois les discours d'usage prononcés, "la faya" était de mise, les militants et, les militantes surtout, ne pouvant résister à la musique entraînante de Sandra Mayotte et de Gérard Louis.

Après les quelques mots d'introduction du président du comité régional de Beau-Bassin/Petite-Rivière, Franco Quirin, Rama Poonoosamy a dressé un portrait, qui se voulait fidèle, du personnage qu'est Rajesh Bhagwan tandis que le leader du MMM, Paul Bérenger, plein de reconnaissance, a étendu ses hommages aux familles de ceux qui s'engagent "non pa pou rempli nou poche", mais dans un vrai combat politique et qui sont les premières à consentir des sacrifices et qui paient chèrement pour les coups reçus.

Le premier député du No 20 a, pour sa part, assuré qu'il se battra corps et âme pour que son leader redevienne Premier ministre et, ce, malgré les problèmes de santé qu'il a récemment connus.

C'est au conseil municipal de Beau-Bassin/Rose- Hill que Rajesh Bhagwan a fait ses premières armes politiques en décembre 82, avant de s'embarquer dans une carrière de député en 83. Il célébrera, d'ailleurs, ses 25 ans de députation continue l'année prochaine après avoir été reconduit à toutes les élections qui se sont tenues depuis, 87, 91, 95, 2000 et 2005.

Toute la famille de Rajesh Bhagwan était présente à ses célébrations. Les deux filles de Rajesh Bhagwan, l'aînée, Rina, médecin et la cadette, Sheetul, dentiste, toutes deux exerçant en Grande-Bretagne, ont fait le déplacement pour l'occasion. La toute dernière, Bhavna qui vient de terminer ses études, se destine à une carrière d'avocat.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 23 décembre 2007