S'il est quelqu'un à Rodrigues qui se déclare
"très inquiet" de la tournure que prennent
les relations entre le conseil régional de la petite île
et le gouvernement mauricien ces derniers jours, c'est bien le
syndicaliste Alain Tolbize.
Président de la Rodrigues Government Empoyees Association
(affiliée à la Federation of Civil Service and other
Unions) et la Rodrigues Workers Federation, M. Tolbize prévient
que "si le gouvernement ne ravise pas sa position, il
va se passer des choses graves à Rodrigues et on va vers
l'éclatement de la République !" "Nos
deux peuples s'entendent très bien entre eux. Ce sont des
politiciens qui provoquent l'affrontement et la façon de
faire du ministre Sithanen dans son dernier budget va finir par
pousser les Rodriguais à réclamer l'indépendance".
"Est-ce cela que l'on veut ?" se demande le syndicaliste.
M. Tolbize déclare être conscient "que des
courants séparatistes ont toujours existé à
Rodrigues mais que, par leurs agissements, certains politiciens
à Port-Louis, dont le ministre des Finances, Rama Sithanen,
semblent vouloir tout faire pour les pousser dans cette voie tandis
qu'il aurait dû prévaloir dans une république
le principe de citoyens aux droits égaux".
Alain Tolbize rappelle d'abord que dès 1993, soit une année
après la proclamation de la République de Maurice,
en sentant que les Rodriguais étaient toujours considérés
comme des "citoyens de deuxième grade",
la Rodrigues Government Employees Association avait intenté
un procès à l'État mauricien en Cour suprême
pour réclamer l'égalité entre les citoyens
et entre les fonctionnaires des deux îles. Selon M. Tolbize,
la Cour suprême avait décrété que tout
en étant soumis à un traitement différent,
les Rodriguais ne pouvaient pas prétendre être victimes
de discrimination. Déjà, soutient Alain Tolbize,
"nous n'avions pas compris la gymnastique de la Cour suprême
car son jugement était, à notre avis, digne d'une
puissance coloniale." "Mais, ensuite, avec l'avènement
de l'autonomie nous nous étions dit que le temps allait
arranger les choses. Force est de constater qu'au contraire elles
ont empiré."
Éleveurs de porcs/pêcheurs rodriguais : quelle
différence ?
Alain Tolbize avoue que la Rodrigues Employees Association a eu
beaucoup de désaccords avec l'administration du chef commissaire
Johnson Roussety et du Mouvement Républicain. "Toutefois,
souligne-t-il, "dans le conflit qui oppose l'administration
rodrigaise à Port-Louis au sujet du paiement d'allocations
de mauvais temps aux pêcheurs, Johnson Roussety a raison".
"Il y a plus de 1 700 familles rodriguaises victimes du
mauvais temps qui n'ont pas un sou et ne savent que faire pour
la Noël et il faut leur venir en aide". "Peut-on
dire à ces familles quelle est la différence entre
leur situation et celle des éleveurs de porcs que le gouvernement
s'est vu contraint de soutenir après la peste porcine ?",
s'interroge Alain Tolbize.
Le syndicaliste reproche au ministre Sithanen d'avoir eu une attitude
provocante à l'égard de Rodrigues dès son
premier budget en 2006. À l'époque, soutient-il,
"Sithanen avait commis l'impair de ne pas mentionner le
nom de Rodrigues, mais il s'était trouvé une porte
de sortie en prétextant qu'il n'avait fait que respecter
l'autonomie de Rodrigues." "Cette fois-ci, il
prétend vouloir dicter au conseil régional de Rodrigues
comment disposer du budget qui lui a été alloué".
Selon Alain Tolbize, "ce genre d'attitude va finir par
dégoûter les Rodriguais de Maurice, mais à
la longue elle incitera également les Chagossiens à
réfléchir sur ce qui pourrait être leur sort
au sein de la République".
Ça va se savoir
Deux recrues politiques sèment la pagaille
La Mauritius Duty Free Paradise a, lundi dernier, organisé
sa fête de fin d'année au Domaine Anna. Rien de particulier
à cela si ce n'est que la version 2007 a été
entachée d'incidents. Deux recrues politiques, parrainées
par deux ministres, ont créé du désordre
à cette soirée. La direction veut passer l'éponge
sur ces incidents compte tenu de la protection dont bénéficient
ces recrues mais le Domaine Anna, même s'il ne veut pas
avoir d'ennuis et rapporter le cas à la police entend être
dédommagé parce que les instruments de musique de
l'orchestre du domaine qui jouait ce soir-là ont été
endommagés.
White Christmas Oblige
Ils sont nombreux à s'interroger sur les raisons pour lesquelles
le Premier ministre a choisi d'organiser la dernière réunion
du Conseil des ministres de 2007 le jour de l'Eid Ul Adha au lieu
de la réunion traditionnelle du vendredi. En fait, Navin
Ramgoolam voulait tout simplement prendre l'avion le jeudi soir
même pour Londres pour son incontournable "white Christmas".
Comme l'ont fait remarquer ceux qui célébraient
le jour du sacrifice d'Abraham, il aurait bien pu partir jeudi
s'il le voulait et laisser son adjoint présider le Conseil
des ministres le lendemain. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'il
y a des logiques qui dépassent l'entendement
Commission mixte Inde/Maurice
L'exploration pétrolière dans la ZEE évoquée
En marge de la 10e session de la commission mixte Inde/MaUrice,
le dossier de l'exploration pétrolière dans la Zone
Économique Exclusive (ZEE) est revenue au premier plan
dans la coopération bilatérale. Ce dossier a été
relancé par le ministre des Affaires étrangères
de l'Inde, Pranab Mukherjee, qui avait fait le déplacement
à Maurice à cette occasion au cours de la semaine
écoulée. Maurice et l'Inde ont eu l'occasion de
passer en revue l'état de la coopération dans les
domaines scientifique, économique et culturel, entre autres.
Le chef de la diplomatie indienne a reconnu l'importance qu'attache
Maurice au partenariat avec l'Inde en vue d'encadrer le développement
économique soutenu et au Comprehensive Economic Cooperation
and Partnership Agreement (CECPA). Il a ajouté qu'un
accord devra être signé entre les deux gouvernements
très bientôt et que les négociations sont
On Target.
Le ministre Muhkherjee a également eu des entretiens avec
le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Il s'est réjoui que
le Premier ministre ait accepté d'être l'invité
d'honneur du sixième Pravasi Bharatiya Divas, qui se déroulera
à New Delhi, les 8 et 9 janvier de l'année prochaine.
Cette manifestation organisée annuellement par le gouvernement
indien dans différentes régions de l'Inde vise à
apporter l'expertise et la connaissance des membres de la diaspora
indienne en Inde et de les intégrer dans le processus de
développement de la Grande Péninsule. "Ce
sera l'occasion pour le chef du gouvernement mauricien d'avoir
des discussions sur des questions d'intérêt mutuel
avec les autorités indiennes", a précisé
le ministre indien des Affaires étrangères.
Le ministre des Affaires étrangères de l'Inde a
également été reçu à la State
House par le président de la République, sir
Anerood Jugnauth. Il s'est rendu sur le site de l'Aapravasi Ghat
où, accompagné par le haut commissaire de l'Inde
à Maurice, Bondal Jaishankar, et son homologue mauricien,
Madun Dulloo, il a été reçu par le ministre
des Arts et de la Culture, Mahen Gowressoo et l'Officer in Charge
de l'Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF), Raju Mohit. Il a eu l'occasion
de découvrir les panneaux explicitant les différentes
étapes de l'immigration indienne à Maurice.
Pravind Jugnauth face à la presse :
"Le MSM, seul parti assuré de former le prochain
gouvernement"
"Aujourd'hui un joker, le MSM est le seul parti assuré
de former le prochain gouvernement", a estimé,
face à la presse, mercredi, Pravind Jugnauth, leader de
ce parti lors d'un tour d'horizon. Si le MSM garde la porte ouverte
pour une nouvelle alliance éventuelle avec le MMM, il ne
compte, néanmoins, pas négocier sur un point : que
son leader, Pravind Jugnauth, soit le Premier ministre désigné
de cette alliance pour l'intégralité du mandat de
cinq ans.
Pour M. Jugnauth, 2007 aura surtout été, l'année
de "l'accentuation de l'appauvrissement de la population"
avec, d'un côté, des augmentations de prix "sans
précédent" affectant surtout les "ti-dimounn"
et, de l'autre, des "mesures criminelles" telles la
National Residential Property Tax (NRPT) venues "écorcher"
la classe moyenne.
Le leader du MSM soutient que, sur le plan du Law and Order,
jamais, dans l'ère post-indépendante, le pays n'aura
vécu pareille situation "d'insécurité",
notamment confirmée, selon lui, par l'image "en déclin"
concernant l'ordre et la sécurité aux yeux des touristes.
Par rapport à la corruption, Pravind Jugnauth est d'avis
que la population "perd confiance" dans les institutions
et qu'il n'existe pas de volonté de lutter contre ce fléau.
Au chapitre de l'économie, il évoque surtout la
projection d'un taux d'inflation de 9.5 % pour l'année
2007 contre 8.7 % pour 2006. Alors que M. Jugnauth rappelle que
l'inflation a été de l'ordre de 10.7 % en 2006/07,
il avance que ce taux avoisinera les 12 % en 2007/08.
S'il concède que la conjoncture internationale y est, en
partie, pour quelque chose, le leader du MSM invoque que le VPM
et ministre des Finances, Rama Sithanen est particulièrement
responsable d'une telle dégradation du taux d'inflation.
Il cite l'imposition sur les intérêts bancaires qui,
affirme M. Jugnauth, a occasionné une perte de confiance
dans la roupie et l'exode de capitaux de même que l'enlèvement
des subventions sur le riz et la farine.
Le leader du MSM n'est, manifestement, pas particulièrement
impressionné par la projection d'un taux de croissance
de 5.8 % pour cette année. Et d'estimer, à cet effet,
qu'il faut tout aussi s'assurer que les fruits de cette croissance
atteignent la majorité des Mauriciens. Chose qui, selon
lui, en substance, est loin d'être le cas.
Par rapport à la réforme sucrière, M. Jugnauth
rappelle que le MSM, dès le départ, avait combattu
le plan initial avalisé par le Cabinet. Le Premier ministre,
dit-il, devait par la suite "se réveiller" pour
renégocier l'accord avec les sucriers. Une renégociation
qui, explique le leader du MSM, a tenu le pays "en haleine".
"
sur un volcan"
Tout compte fait, même s'il y a eu un avancement, notamment,
en matière de cessation de terres et d'actionnariat, l'accord
final "est encore déséquilibré".
Il trouve que, "dans l'empressement", l'on vient aujourd'hui
"contraindre" des travailleurs d'accepter des terres
mises à leur disposition, qui ne seraient pas toujours
les meilleures. Ce qui fait dire à M. Jugnauth que l'on
aurait pu "faire bien mieux" en termes d'accord final.
Avec l'année 2007 qui tire à sa fin, le leader du
MSM dit noter qu'au plan social, pour une majorité de Mauriciens,
le pays "est sur un volcan". Pravind Jugnauth
considère que cela se confirme par la "nervosité
dans le pays". "Une simple étincelle,
dit-il, est susceptible de mettre le feu aux poudres".
À l'heure des précisions, il devait dire ses appréhensions
que le pays ne revive "d'autres moments sombres comme
en 1999". L'explication à cela viendrait, d'après
lui, "de la frustration causée par le non respect
des promesses faites au moment du vote".
Pour 2008, M. Jugnauth prévoit des "événements
politiques majeurs". Au nombre de ceux-là, la
probabilité d'une élection partielle dans la circonscription
n° 8, dans lequel cas le MSM désignera son candidat
"en temps et lieu", et le 25e anniversaire de ce parti.
Si Paul Bérenger tient à cur l'intérêt
de la population, dit-il, il sait ce qu'il doit faire. Pour le
leader du MSM, le leader du MMM a encore la possibilité
de "redonner espoir aux Mauriciens et aux militants".
En vue de l'aboutissement d'une nouvelle alliance MSM/MMM, il
convient, déclare Pravind Jugnauth, de discuter programme
et répartition des responsabilités. Mais, précise-t-il,
du côté du MSM, pas question de compromis sur une
condition fondamentale : que lui, Pravind Jugnauth, soit le Premier
ministre désigné d'une telle alliance électorale
pour un "full mandate".
Quant aux spéculations concernant le rôle éventuel
de sir Anerood Jugnauth à l'avenir, le leader du MSM dit
qu'il ne peut parler en son nom. Néanmoins, Pravind Jugnauth
se dit convaincu qu'au terme de son mandat présidentiel,
sir Anerood "en tant que citoyen, jouera un rôle
important pour le pays". Le leader du MSM s'en tient
au fait que, techniquement, le mandat du président de la
République arrive à terme en septembre 2008. Dans
l'éventualité d'une offre gouvernementale pour la
reconduction de ce mandat, il n'est pas dit, affirme Pravind Jugnauth,
que le président "acceptera nécessairement
le poste".
D'autre part, si le leader du MSM laisse entendre qu'il n'y a
aucune ligne de communication avec le leader du MMM, Paul Bérenger,
"depuis longtemps", avec le leader du PTr, Navin Ramgoolam,
"il n'y a jamais eu de ligne de communication".
Il existe, soutient Pravind Jugnauth, beaucoup de divergences
entre le MSM et le PTr, notamment, en matière d'administration
du pays.
Pour M. Jugnauth, aujourd'hui "un joker", le MSM est
"le seul parti assuré de former le prochain gouvernement".
Nous sommes, dit-il, capables de diriger le pays autrement avec
le peuple et nous y travaillerons en 2008.
Société
Harish Boodhoo inspire le PM et replonge dans le combat public
Harish Boodhoo, qui, vers le milieu de cette année, avait
prétendu qu'il "se retirait de la vie publique",
n'aura, finalement, pas longtemps résister à l'envie
de replonger dans le combat. Profitant que le Premier ministre
ait annoncé, mercredi dernier, à l'exécutif
du Parti travailliste, son intention de faire nommer une commission
présidée par un juge pour examiner les cas des personnes
qui ont été expropriées de leurs terres,
Boodhoo a remis à la presse une lettre, datée du
17 de ce mois, dans laquelle il affirme avoir parlé à
Navin Ramgoolam au téléphone avant de lui faire
parvenir une correspondance pour l'inciter à faire vite
avec cette "Land Commission".
Dans sa correspondance, Harish Boodhoo rappelle au Premier ministre
que le Protection of Borrowers Act, voté le 24 janvier
avec pour but de protéger les victimes de la vente à
la barre (Sale by levy) contre des abus n'a eu aucun effet sur
les cas précédents son entrée en vigueur.
"Seuls les cas à venir seront concernés
par la loi avec pour résultats que certains avoués,
notaires et autres arpenteurs qui ont profité du système
sont devenus encore plus arrogants et plus exigeants qu'avant.
Les banques qui traitent avec eux continuent à percevoir
des charges de 10% qui leur sont ensuite versées",
fait remarquer Boodhoo..
Harish Boodhoo exige maintenant l'institution d'un Fact - Finding
Committee avec un Senior Magistrate (Boodhoo suggère M.
Denis Vellien) assisté de quelques assesseurs aguerris
aux affaires bancaires afin de revoir les cas 400 d'abus qui avaient
été confiés à la Commission Victor
Glover et à la Police et qui n'ont connu aucun dénouement
à ce jour. Selon Harish Boodhoo, ce doit être à
ce Fact Finding Committee de décider, également,
qui, parmi les victimes de la vente à la barre doit réellement
bénéficier du budget d'assistance de Rs 100 millions
consacrées par l'État pour leur permettre d'acquérir
un nouveau logement. Selon Harish Boodhoo, la liste dressée
par le gouvernement des personnes susceptibles de bénéficier
de ce budget d'assistance est "horrible" et contient
de nombre de resquilleurs.
Harish Boodhoo recommande au Premier ministre de ne pas mettre
de l'argent entre les mains des victimes de la Sale by levy car
elles vont tout dilapider, mais plutôt de construire pour
elles des maisons sur les terres de l'État en sollicitant,
si besoin est, l'aide du secteur privé. Le Fact Finding
Committee doit aussi être doté de pouvoirs pour
référer directement des cas d'abus par des professionnels
aux autorités légales.
Harish Boodhoo a aussi plaidé auprès du Premier
ministre en faveur d'une commission d'enquête pour régler
une fois pour toutes des problèmes découlant de
prescriptions illégales, de problèmes de bornage
et d'administration de biens immobiliers par le Waqaf Board. Selon
lui, dans le cas de ce Board, il a reçu des dons immobiliers
de la part de certaines personnes, mais il se trouve que maintenant
des descendants de ces personnes veulent récupérer
ces biens parce qu'elles sont elles-mêmes complètement
dépourvues.
Pour Harish Boodhoo, la commission d'enquête doit pouvoir
fouiller dans tous les registres et documents légaux, y
compris ceux de la Cour suprême, pour y retracter tout manquement
pouvant éventuellement permettre la restitution de biens
immobiliers à leurs véritables propriétaires.
En passant, Harish Boodhoo a épinglé la Cour suprême,
laquelle s'était lourdement trompée dans l'affaire
Tackun durant vingt-cinq ans. Harish Boodhoo rappelle que le couple
Tackun (deux vieilles personnes âgées de plus de
75 ans) avait perdu sa maison, sise à Floréal, à
travers une prescription en 1980. En trois occasions, ce couple
a été débouté dans des procès
en Cour suprême jusqu'à ce que lui, Boodhoo, n'arrive
à prouver que celui qui avait prescrit la maison était
un faussaire et que ces deux témoins avaient menti dans
leurs affidavits
Lors de son intervention devant le comité exécutif
du Parti travailliste mercredi dernier, le Premier ministre a
semblé faire référence à ce cas authentique
du couple Tackun, mais sans en entrer dans les détails,
lorsqu'il a annoncé sa commission sur les prescriptions.
Harish Boodhoo a aussi confié au Premier ministre qu'il
est convaincu qu'avec cette commission, "de gros propriétaires
de terrains, y compris dans l'industrie sucrière, seront
dans l'incapacité de faire preuves de propriété.
Harish Boodhoo a demandé au Premier ministre d'"offrir
un cadeau de Nouvel An aux Mauriciens en allant de l'avant avec
cette commission".
"Vu le plus cher" du PMSD pour 2008
"Unification de l'opposition pour préparer l'alternance"
Le "vu le plus cher" que formule le PMSD pour
l'année 2008, c'est l'unification des partis de l'opposition
en vue de "préparer, au plus vite, l'alternance".
Pour Maurice Allet, leader de ce parti, la répartition
des postes au sein de cette éventuelle alliance de l'opposition
doit être un sujet d'importance secondaire.
C'est "sans regret" que le PMSD dit avoir rejoint les
rangs de l'opposition après avoir, "avec honnêteté
et sincérité", tenté l'expérience
du pouvoir. Malgré des propositions de maroquin et de mairat,
assure M. Allet, son parti a, finalement, choisi de "lev
pake ale" après que "rien n'ait été
fait" en direction de sa circonscription et de l'électorat
du PMSD.
"Nous sommes, dit-il, heureux d'être retourné
dans l'opposition et d'avoir permis à Paul Bérenger
de retrouver le poste de leader de l'opposition car il y avait
une mauvaise perception à l'effet que c'était le
PMSD qui était responsable que ce poste lui ait, à
un certain moment, échappé".
Pour Maurice Allet, l'année 2007 aura été
"très difficile" pour la population soumise au
stress des pertes d'emplois et des pénuries, notamment.
Commentant le rapport au sein du gouvernement, il trouve que "les
loups se déchirent entre eux".
M. Allet dénonce les "scandales inacceptables"
dans les municipalités, notamment, à Quatre-Bornes,
conséquence, selon lui, de la "culture des petits
copains" du PTr.
Il prévoit des bouleversements bientôt à Beau-Bassin/Rose-Hill
et réclame de nouvelles municipales. Par rapport à
la situation à Rodrigues, sans, dit-il, prendre partie
pour l'un ou pour l'autre, le leader du PMSD est d'avis que le
Premier ministre, en sa qualité de ministre responsable
de Rodrigues, aurait dû recevoir les dirigeants de l'Assemblée
régionale pour entendre leur point de vue.
Maurice Allet qui rappelle la place qu'occupait Rodrigues dans
l'estime de sir Gaëtan Duval appelle les "deux partenaires
de l'Alliance sociale qui revendiquent l'héritage de sir
Gaëtan" d'intervenir auprès du chef du gouvernement.
"Autrement, dit-il, ils savent ce qui leur reste à
faire".
Sur le même sujet de l'allocation aux pêcheurs Rodriguais
et sur celui du problème des éleveurs de porcs,
M. Allet s'interroge s'il y aurait "deux catégories
de citoyens". Pour lui, le gouvernement ne s'intéresse
qu'à "so bann".
Le PMSD assure, par ailleurs, son leader, soutiendra toute motion
visant à modifier la constitution pour le changement d'appellation
de la communauté "population générale"
comme réclamé par la Fédération des
Créoles Mauriciens (FCM).
Eric Guimbeau, leader adjoint du PMSD constate, lui aussi, une
année 2007 "triste et sombre", entre autres,
pour les squatters de Karo Kalyptis "en cette veille de
Noël". Il rend particulièrement le ministre
des Terres responsable de leur triste sort. Pour M. Allet, le
Premier ministre a "failli" dans sa tâche de consolider
l'unité nationale.
Il en veut pour preuve la tournure du bras de fer sur le dossier
sucre qui, dit-il, aura été "un mauvais
signal adressé au reste du monde".
Les 25 ans de politique de Rajesh Bhagwan
Célébrations populaires jeudi dernier au Plaza
Célébrations populaires, jeudi dernier, à
la salle des fêtes du Plaza pour marquer le quart de siècle
de politique active de Rajesh Bhagwan. Celui qui est connu comme
le "bulldozer" a reçu plus de 600 personnes qu'il
a côtoyées - ministres, maires, députés
- durant ces 25 ans pour une fête digne de l'événement.
Une fois les discours d'usage prononcés, "la faya"
était de mise, les militants et, les militantes surtout,
ne pouvant résister à la musique entraînante
de Sandra Mayotte et de Gérard Louis.
Après les quelques mots d'introduction du président
du comité régional de Beau-Bassin/Petite-Rivière,
Franco Quirin, Rama Poonoosamy a dressé un portrait, qui
se voulait fidèle, du personnage qu'est Rajesh Bhagwan
tandis que le leader du MMM, Paul Bérenger, plein de reconnaissance,
a étendu ses hommages aux familles de ceux qui s'engagent
"non pa pou rempli nou poche", mais dans un vrai combat
politique et qui sont les premières à consentir
des sacrifices et qui paient chèrement pour les coups reçus.
Le premier député du No 20 a, pour sa part, assuré
qu'il se battra corps et âme pour que son leader redevienne
Premier ministre et, ce, malgré les problèmes de
santé qu'il a récemment connus.
C'est au conseil municipal de Beau-Bassin/Rose- Hill que Rajesh
Bhagwan a fait ses premières armes politiques en décembre
82, avant de s'embarquer dans une carrière de député
en 83. Il célébrera, d'ailleurs, ses 25 ans de députation
continue l'année prochaine après avoir été
reconduit à toutes les élections qui se sont tenues
depuis, 87, 91, 95, 2000 et 2005.
Toute la famille de Rajesh Bhagwan était présente
à ses célébrations. Les deux filles de Rajesh
Bhagwan, l'aînée, Rina, médecin et la cadette,
Sheetul, dentiste, toutes deux exerçant en Grande-Bretagne,
ont fait le déplacement pour l'occasion. La toute dernière,
Bhavna qui vient de terminer ses études, se destine à
une carrière d'avocat.