Journalisme
La leçon de F-O G !
Le 6 décembre dernier, le journaliste français du
journal Le Monde, Guillaume Dasquié, est mis en
examen. De quoi, les autorités françaises lui reproche-t-on
? C'est d'avoir publié dans son journal des documents dits
"non déclassifiés" provenant de la Direction
Générale de la Sécurité Extérieure
(DGSE) dont disposait l'agence de renseignements français
concernant les attentats du 11 septembre 2001 des Twin Towers
de New York..
Guillaume Pasquié est donc poursuivi sur la base des articles
413-9 et 413-11 du Code Pénal français, pour
"détention et divulgation au public renseignement
ou fichier ayant le caractère d'un secret de la Défense
nationale."
L'arrestation du journaliste a, bien entendu, soulevé une
vague de protestations de ses confrères de l'Hexagone,
mais aussi des associations de journalistes de par le monde, nommément
la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ)
et Reporters Sans Frontières, ou encore du syndicat national
français des journalistes qui a déploré "une
censure moderne qui se caractérise par la criminalisation
de l'enquête journalistique". De son côté,
la Fédération de la presse française a fait
valoir qu'il "ne peut exister de presse libre sans la
garantie du secret des sources". Réagissant à
son arrestation, Guillaume Dasquié déclarait:
"Je suis bouleversé par la procédure que j'ai
vécue. L'objet de la garde à vue était vraiment
de connaître mes sources. Ce sont les risques du métier,
mais j'ai été surpris des fortes incitations que
j'ai subies de la part des membres du parquet et de la DST pour
ne pas faire usage de l'article 109 du code pénal, sur
le secret des sources."
Résistant aux pressions du Parquet parisien "quant
aux risques d'un mandat de dépôt s'il ne dévoilait
pas ses sources", Guillaume Dasquié n'a pas fléchi.
Mais nous retiendrons dans cette polémique, la prise de
position de l'éditorialiste Frantz-Olivier Geisbert (F-O
G) qui, le 13 décembre dernier, dans l'hebdomadaire français,
Le Point, nous a fait la leçon sur cette problématique
pour qui obligerait, tout journaliste d'enquête, à
révéler ses sources. "Notre vocation première,
écrivait F-O G, est de déterrer par l'enquête,
stade suprême du journalisme, les informations que l'on
veut nous cacher. Point barre
Au mépris de l'article
109 du Code de procédure pénale, édictant
que'tout journaliste, entendu comme témoin sur les informations
recueillies dans l'exercice de son activité, est libre
de ne pas en révéler l'origine
'"
Plus loin, F-O G poursuit sa leçon:" Pour les journalistes,
c'est une question de principe, non négociable: s'ils doivent
balancer leurs sources à la justice ou à la police,
ils n'auront bientôt plus de sources, donc plus d'informations.
Autant changer de métier. "Et de nous rappeler que
le" principe du secret des sources, gravé dans le
marbre de la Convention européenne des droits de l'homme
sur la liberté d'expression
"
Le message est là
Clair et net ! Que les censeurs
qui opèrent, chez nous, à l'ombre de leur petitesse,
prennent bonne note
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 23 décembre 2007
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