é d i t o r i a l WEEK-END --- dimanche 23 décembre 2007

Journalisme
La leçon de F-O G !

Gérard Cateaux


Le 6 décembre dernier, le journaliste français du journal Le Monde, Guillaume Dasquié, est mis en examen. De quoi, les autorités françaises lui reproche-t-on ? C'est d'avoir publié dans son journal des documents dits "non déclassifiés" provenant de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) dont disposait l'agence de renseignements français concernant les attentats du 11 septembre 2001 des Twin Towers de New York..

Guillaume Pasquié est donc poursuivi sur la base des articles 413-9 et 413-11 du Code Pénal français, pour "détention et divulgation au public renseignement ou fichier ayant le caractère d'un secret de la Défense nationale."

L'arrestation du journaliste a, bien entendu, soulevé une vague de protestations de ses confrères de l'Hexagone, mais aussi des associations de journalistes de par le monde, nommément la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) et Reporters Sans Frontières, ou encore du syndicat national français des journalistes qui a déploré "une censure moderne qui se caractérise par la criminalisation de l'enquête journalistique". De son côté, la Fédération de la presse française a fait valoir qu'il "ne peut exister de presse libre sans la garantie du secret des sources". Réagissant à son arrestation, Guillaume Dasquié déclarait: "Je suis bouleversé par la procédure que j'ai vécue. L'objet de la garde à vue était vraiment de connaître mes sources. Ce sont les risques du métier, mais j'ai été surpris des fortes incitations que j'ai subies de la part des membres du parquet et de la DST pour ne pas faire usage de l'article 109 du code pénal, sur le secret des sources."

Résistant aux pressions du Parquet parisien "quant aux risques d'un mandat de dépôt s'il ne dévoilait pas ses sources", Guillaume Dasquié n'a pas fléchi.

Mais nous retiendrons dans cette polémique, la prise de position de l'éditorialiste Frantz-Olivier Geisbert (F-O G) qui, le 13 décembre dernier, dans l'hebdomadaire français, Le Point, nous a fait la leçon sur cette problématique pour qui obligerait, tout journaliste d'enquête, à révéler ses sources. "Notre vocation première, écrivait F-O G, est de déterrer par l'enquête, stade suprême du journalisme, les informations que l'on veut nous cacher. Point barre… Au mépris de l'article 109 du Code de procédure pénale, édictant que'tout journaliste, entendu comme témoin sur les informations recueillies dans l'exercice de son activité, est libre de ne pas en révéler l'origine…'"

Plus loin, F-O G poursuit sa leçon:" Pour les journalistes, c'est une question de principe, non négociable: s'ils doivent balancer leurs sources à la justice ou à la police, ils n'auront bientôt plus de sources, donc plus d'informations. Autant changer de métier. "Et de nous rappeler que le" principe du secret des sources, gravé dans le marbre de la Convention européenne des droits de l'homme sur la liberté d'expression… "

Le message est là… Clair et net ! Que les censeurs qui opèrent, chez nous, à l'ombre de leur petitesse, prennent bonne note…



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