a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 23 décembre 2007



  Approvisionnement - Farine : décision sur la hausse du prix reportée à janvier
  Projets de centrale à charbon et d'incinérateur - Les forces vives exaspérées :"Zour zot prozets démarré, nu pou descend lor terrain"
  Rénovation de bureau - ICAC: Des charges formelles contre le député Ajay Gunness
  Mohamed/Gokhool - Conflit sur fond de nomination à la TEC…
  Dans la journée de jeudi - Le braquage de Shibani a duré moins d'une minute
  Météo - Noël ensoleillée et forte chaleur à prévoir


Approvisionnement

Farine : décision sur la hausse du prix reportée à janvier

Les développements intervenus au cours de la semaine écoulée dans le dossier de l'approvisionnement du pays en farine en 2008 ont confirmé les détails publiés dans l'édition de Week-End de dimanche dernier, à savoir : l'octroi de 50 % des 94 000 tonnes à Les Moulins de la Concorde Ltée (LMLC) et la menace d'une révision à la hausse du prix de vente de la farine sur le marché local. Ces annonces confirment un renversement des décisions prises antérieurement par la State Trading Corporation (STC) avec l'octroi du contrat à la Jin Yuan Flour Co. Ltd. de la province du Henan en République populaire de Chine. La dernière réunion du conseil des ministres de cette année, jeudi, n'a pas permis au gouvernement de parvenir à un consensus sur le nouveau prix de vente de la farine. La décision a été reportée à l'une des premières séances du Cabinet au début 2008, selon des sources bien informées à l'hôtel du gouvernement. D'autre part, la mission officielle comprenant des dignitaires de la Jummah Mosque est rentrée de Chine alors que les résultats des analyses des échantillons de farine devront être connus en janvier prochain.

La direction de Les Moulins de La Concorde Ltée a accueilli avec soulagement le changement d'attitude du gouvernement par rapport à l'octroi du contrat de la fourniture de farine sur le marché. Ainsi, l'une des premières décisions entérinées par Les Moulins de La Concorde Ltée dans le sillage de l'octroi de la moitié du contrat de 94 000 tonnes de farine a été d'annuler la vente d'une cargaison de 25 000 tonnes de blé pour ne pas interrompre les opérations de la minoterie avec la production de farine et du son pour l'alimentation animale.

Mais le véritable casse-tête pour le gouvernement, en l'occurrence pour le ministre du Commerce, demeure le prix de vente de la farine à partir de janvier prochain à la réception des premières cargaisons du contrat 2008. Mais les délibérations du conseil des ministres de jeudi dernier n'ont pas permis d'élucider cette question d'importance nationale, car toute majoration du prix de vente de la farine débouchera sur des effets en cascade, notamment par rapport au prix du pain, des dholl-puri/faratas et autres plats de nouilles. L'effet sera d'attiser l'inflation alimentaire.

PNQ du 4 décembre

Devant la complexité des éléments de ce dossier et probablement pour ne pas gâcher l'ambiance des fêtes de fin d'année avec une augmentation de prix d'un produit alimentaire de première nécessité, le gouvernement a pris la décision de surseoir à toute décision. " Le dossier de farine est très complexe et n'est pas aussi Clear Cut qu'on le croit. Le ministre du Commerce reviendra avec de nouveaux éléments en vue d'arriver à une Informed Decision vu les ramifications d'une telle décision ", ont fait comprendre à Week-End des sources ministérielles autorisées en fin de semaine.

Ces milieux affirment que les débats ont été des plus animés avec les partisans d'une discipline budgétaire de fer faisant le point sur le rôle de la State Trading Corporation et la nécessité de maintenir à son plus bas niveau le montant de subsides. " Il ne faut pas oublier que les subsides sur les prix de vente au détail proviennent de la poche des contribuables et que dans le cadre de la réforme économique, Maurice ne peut se permettre de procéder à reculons au niveau des subventions ", aurait soutenu cette aile au sein du gouvernement.

Une autre tendance dans ce gouvernement, plus Politically-Minded et plus proche de la position adoptée par le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, met l'accent sur la portée sensible de la farine dans le régime alimentaire à Maurice. D'ailleurs, répondant à la Private Notice Question (PNQ) du leader de l'opposition, Paul Bérenger, le 4 décembre dernier, le ministre Jeetah avait soutenu avec force que " as a caring government, and in the particular circumstances, it would have been most inappropriate for the government to increase the retail price of flour. In itself, it is a clear indication of government's willingness to show its solidarity with the population ".

Analyses des échantillons de farine

Avec la décision du gouvernement d'allouer le contrat de farine sur la base de 50/50 pour 2008, le pourcentage d'ajustement de prix à la hausse devrait être inférieur aux 73 % mis en avant par la STC en tenant en ligne de compte la cotation soumise par Les Moulins de La Concorde Ltée, avec le prix de pain-maison passant de Rs 2.15 à Rs 3 l'unité au minimum. Les officiels du ministère du Commerce et de la STC travaillent sur les nouveaux éléments qui feront partie du nouveau Cabinet Memo que devra piloter Rajesh Jeetah à la rentrée 2008.

Mais aucune des sources approchées par Week-End n'a voulu confirmer le pourcentage de majoration du nouveau prix de vente de la farine en vue d'éviter des spéculations et causer un éventuel déséquilibre dans la fourniture de farine sur le marché. Le fait demeure que le nouveau prix de la farine qui sera en vigueur l'année prochaine comportera inévitablement une composante de subventions en provenance de l'exercice de Cross-Subsidisation à la STC. Pour maintenir le prix de la farine à Rs 5.30 le demi-kilo, le montant des subsides est de Rs 400 millions annuellement.

Un autre point de litige avec l'approvisionnement de farine de la République populaire de Chine concerne la qualité. Le gouvernement a pris note, jeudi, du rapport de la mission qui s'est rendue dans la province de Henan en Chine pour un constat des conditions de la production de farine. Nassir Ramtoolah, représentant de la Jummah Mosque, faisait partie de cette délégation comprenant des officiels du ministère du Commerce et de la STC. Les résultats des analyses des échantillons de farine devront être connus en janvier de l'année prochaine.

Dans un communiqué émis par le ministère du Commerce vendredi, mention est faite qu'" après un constat de visu, la délégation est satisfaite des conditions dans lesquelles la farine est produite par ZJ Flour Industry, que la farine importée de Chine sera fabriquée d'après les spécifications requises ". Les services de SGS ont été sollicités pour le contrôle des cargaisons destinées à Maurice au moment de l'embarquement en Chine.

" Une clause additionnelle dans le contrat entre la STC et le fournisseur stipule clairement que les spécifications ne contiendront aucun additif d'origine animale ", rassure le ministère du Commerce, qui fait état de l'élaboration d'un protocole pour des analyses de la farine importée de Chine par un autre laboratoire indépendant. " Cette démarche viserait à confirmer sans l'ombre d'un doute l'authenticité du produit et que ce dernier soit en stricte conformité avec les convictions religieuses à Maurice ", s'évertue à rassurer le gouvernement dans la conjoncture.


Projets de centrale à charbon et d'incinérateur

Les forces vives exaspérées :"Zour zot prozets démarré,

nu pou descend lor terrain"

"Nou pou challenge autorités si bizin. Zour zot prozets démarré, nu pou mobilizé pou descend lor terrain." Ce message est celui des forces vives la région de Pointe-aux-Sables, Albion, Gros Cailloux, Bambous et autres Roches-Brunes. Visiblement exaspérés contre la façon de faire des autorités et des promoteurs du projet de centrale à charbon à Pointe aux Caves et d'un incinérateur de déchets à la Chaumière, ils ont soutenu lors d'une conférence de presse vendredi après-midi, que toute cette partie de la zone ouest de l'île est condamnée à devenir une "poubelle". "Tout cela est fait sans consultation. Du jour au lendemain, ils décident de venir planter des centrales thermiques au beau milieu des zones résidentielles. Et aujourd'hui, c'est nou la santé, nous l'environnement qui menacé", s'indignent-ils.

C'est la réunion, qui s'est tenue mardi dernier entre les promoteurs de la centrale de Pointe aux Caves et une partie des habitants de la région, qui a déclenché la colère des principaux représentants des forces vives d'Albion et de Pointe aux Sables. "C'est une réunion montée de toutes pièces", précise Jean-Michel Casse, porte-parole, de cette coalition de forces vives.

Il a produit une lettre du ministère de l'Environnement pour soutenir que les promoteurs avaient été sommés de rencontrer les habitants une nouvelle fois. "Le ministère lui-même a indiqué au promoteur de fournir des clarifications sur certains aspects qui nécessitent "clear and unambiguous explanations." Le promoteur a convoqué une réunion pour mercredi. Nous avons demandé un renvoi tout en lui demandant de répondre à nos questions par écrit. À notre grand étonnement, la réunion a eu lieu. Le plus grave, c'est que certains sont même venus avec des pancartes et ont empêché des personnes à poser des questions. Ils nous reprochent de bloquer le développement et l'emploi dans la région. Cela n'a aucun sens. Sinon, ils devraient commencer par aller dire aux autorités de restreindre l'importation de la main-d'œuvre étrangère dans les secteurs comme la construction ou le textile", déclare-t-il.

Du coup, selon les forces vives de la région, le problème reste entier. Lors d'une première réunion en juin dernier, le promoteur, représenté par Gibbs Mauritius, n'avait pas été en mesure de répondre aux questions des habitants, notamment en ce qui concerne leurs préoccupations par rapport à l'environnement marin, la qualité de l'air et les risques de pollution entre autres.

Les représentants de Pointe aux Sables se disent encore plus inquiets parce que leurs maisons et appartements d'un complexe se situent à 400 mètres seulement du site de Pointe aux caves. "Que se passera-t-il dans cinq ans lorsque le problème s'aggravera et que notre santé sera de plus en plus menacée. Les autorités nous proposeront un programme de relogement comme ces pauvres gens de Mare Chicose ? Nous avons des questions à poser aux promoteurs aussi bien qu'aux autorités. Par exemple, où passeront les lignes de haute tension ? Sur nos maisons ?", s'interroge un habitant de la région, qui ne manque pas de signaler comme exemple le cas d'un enfant qui à été victime des émissions de l'usine de la CMT à Pointe aux Sables. "Zot pé bafoué l'histoire de cette partie ouest de l'île. Zot pé menace nou la santé. Zot pé considère tou sa l'andrwa là comme en poubelle. Zot pé zet nou dans ene poubelle. D'ailleurs promoteur fine montré ki li pénan aucune considération pou nous. Dan so EIA, le complexe Kensington, qui se situe à 400 mètres du site, n'est même pas mentionné !", ajoute Marc Sewraz, président des forces vives de Pointe aux Sables.

"Ki sana pou acheté ene lakaz ou ene laterre dan Mare Chicose azordi ?"

Khemraz Ortoo, ex-président du district council de Rivière-Noire, et habitant de gros cailloux, s'insurge également contre la façon de faire des autorités. Hormis le projet de CT Power, il cite également celui de Gamma-Covanta, qui opérera un incinérateur de déclets à la Chaumière. "Que voulons-nous ? Les autorités doivent d'abord se le demander. Notre intérêt est de préserver la santé de nos enfants et notre environnement, et d'éviter qu'ils soient exposés à toutes sortes de risques. Nou l'interet c'est la sécurité d'abord. Nou pou challenge autorités si bizin. Zour zot prozets démarré, nu pou mobilizé pou descend lor terrain", lance-t-il, tout en exprimant ses craintes par rapport à l'impact que ces deux projets auront sur la valeur immobilière dans la région: "Si dire ou acheté ene lakaz Mare Chicose, où pou acheté ? Non ! Ki sana pou acheté ene lakaz ou ene laterre dan Mare Chicose azordi ? Bé samem ki pou arive nous à Gros Cailloux, Bambous, Pointes aux Sables, Albion, Roches-Brunes, Saint Martin et Canot avek sa bann prozet là !"

Jean-Michel Casse, qui fait également partie de la Plate-forme anti pollution (PAP), mouvement social militant contre le projet d'incinérateur à La Chaumière, dénonce de son côté la façon de faire du gouvernement. "Minister l'environnement pé traite nou kouma boule ping pong", regrette-t-il au sujet du rapport que les consultants Danois ont préparé pour le compte du ministère et le Board of Investment (BOI).

"D'abord, nous avons demandé à rencontrer le consultant. Le ministre Baichoo avait donné l'assurance que nous rencontrerions le consultant. Mais cela n'a jamais été le cas. M. Jadoo du BOI n'a jamais répondu à nos appels. Le drame, c'est que le consultant a répondu uniquement aux questions que le ministère et le BOI leur a données. Nos questions n'ont pas été répondues. Ce sont les journaux qui nous ont donné raison concernant nos inquiétudes par rapport à la pollution de la nappe aquifère par exemple. Même les députés ne disent pas la vérité à la radio. Ils disent que l'incinérateur est aux normes européennes, mais aucun député n'a pensé dire que le tri des déchets à la source est une norme européenne. Tout cela n'est pas abordé dans le rapport, d'après nos informations. Pourquoi ?", s'interroge-t-il.

30 millions m3 de gaz émis dans un rayon de 2km

Quatre membres de la PAP ont ainsi fait appel contre la décision du ministère de l'Environnement d'accorder un permis d'Environment Impact Assessment (EIA) au promoteur, Covanta-Gamma Energy. Dans la foulée, ils ont réclamé que le gouvernement, par le biais du BOI, rende public les deux rapports de Ramboll, le premier portant sur le volet environnemental et le second sur l'aspect financier du projet. "En tant que citoyen de ce pays, nous sommes en droit de savoir ce que contiennent ces deux rapports. Sa deux rapports là fine financé par fonds publik, ek piblik en drwa koné. Nu réitère nu l'appel au gouvernement pou rane sa deux rapports là piblik !", soutient-il.

Jean-Michel Casse a également proposé au gouvernement, dans le cadre de sa politique énergétique, de réfléchir à des alternatives plus propres. "Nou tous conscients bann problèmes énergétiques. Bann sucriers fine donne latere. Permet nous fer ene suggestion. Ki fer nou pas essaye ene prozet pilote énergie durabl kouma l'énergie éolienne ?", a-t-il suggéré.

Le Dr Allan Samsoon, également présent lors de cette conférence de presse, a également commenté les risques liés à ces deux projets qui d'autant plus seront mis en opération à proximité des zones résidentielles. "Aveck sa deux prozets là laisse mo dire où ki sa l'endroit pou vine zone plus pollué Maurice dans kelke temps bann autorités persisté dans sa direksyon là. Par zour, pou éna 30 millions mètres cubes de gaz ki pou emet dans ene rayon de 2 kilomètres ! Qui sana kapav vine donne nou l'assurance ki péna auken danger ?, a-t-il fait ressortir.


Rénovation de bureau

ICAC: Des charges formelles contre le député Ajay Gunness

L'Independent Commission Against Corruption (ICAC) a logé en fin de semaine des charges formelles devant la Cour intermédiaire contre le Whip de l'opposition, Ajay Gunness, et l'ancien General Manager de la Development Works Corporation (DWC), Dhaneswar Soobrah, dans le cadre de l'enquête au sujet de l'octroi du contrat pour la rénovation du bureau de l'ancien ministre de l'Infrastructure publique sous le gouvernement MSM/MMM. Cette démarche fait suite au feu vert du Directeur des Poursuites publiques (DPP), qui était en présence depuis le 1er octobre dernier des conclusions de l'enquête de l'ICAC visant à incriminer ces deux personnalités. Ajay Gunness et Dhaneshwar Soobrah devront se présenter devant le Bench de la Cour intermédiaire le 15 janvier prochain pour répondre de ces accusations formelles sous le Prevention of Corruption Act (POCA).

En effet, selon les documents logés en Cour intermédiaire par l'ICAC, le Whip du MMM et l'ancien patron de la DWC sont traduits en justice sous la charge de Public Officer using office for gratification in breach of section 7 (1) du POCA. Cette clause de la loi stipule que " subject to subsection (3), any public official who makes use of his office or position for a gratification for himself or another person shall commit an offence and shall, on conviction, be liable to penal servitude for a term not exceeding 10 years ".

Le délit reproché à Ajay Gunness remonte au début de 2005 quand il avait été nommé en tant que ministre de l'Infrastructure publique et concerne des travaux pour la rénovation de son bureau au New Government Centre. Il est accusé d'avoir donné des instructions pour que le contrat des travaux de rénovation soit alloué à la compagnie Archinter Services Limited. Il est également allégué que les travaux au bureau du ministre avaient démarré avant même l'allocation du contrat, une pratique contraire aux procédures établies.

Des fonctionnaires, interrogés par l'ICAC dans le cadre de cette affaire, ont soutenu que des pressions auraient été exercées sur eux pour que les directives de l'ancien ministre soient suivies à la lettre. La chronologie des événements indique qu'en date du 23 février 2005, le ministère de l'Infrastructure publique avait approché la DWC pour une cotation des travaux à être entrepris pour la rénovation de ce bureau ministériel.

La DWC devait soumettre une cotation pour un montant de Rs 3 millions en date du 16 mars. Après négociations avec les architectes du ministère le montant fut ramené à Rs 2,3 millions et le contrat alloué à la DWC en date du 29 mars. Or les travaux de démolition devaient démarrer depuis le 22 mars alors que la DWC avait sous-traité ces travaux à la compagnie Archinter Services Limited.

Cette affaire de travaux de contrat du bureau de l'ancien ministre Gunness a connu des hauts et des bas. Initialement, ce dossier fut soulevé à l'Assemblée nationale par l'ancien leader de l'opposition, Navin Ramgoolam. L'ancien Premier ministre, Paul Bérenger, devait repousser les accusations de l'opposition. Avec l'avènement de l'Alliance sociale à la tête du gouvernement en juillet 2005, ce dossier fut réactivé au sein du comité ministériel, comprenant entre autres les ministres David et Valayden, dont la principale attribution était de faire un suivi des scandales sous le précédent gouvernement.

Sur la base des conclusions préliminaires de ce comité ministériel, l'ICAC devait procéder à la réouverture de cette enquête débouchant sur l'arrestation et l'inculpation provisoire de Dhaneshwar Soobrah le 30 novembre 2006. Il avait eu à fournir une caution de Rs 100 000 et une reconnaissance de Rs 800 000 pour retrouver la liberté provisoire.

De son côté, le député Gunness, qui avait été convoqué au QG de l'ICAC le 1er décembre 2006, devait contester son inculpation provisoire avec une injonction présentée devant la Cour suprême. Le juge Bushan Domah devait donner gain de cause au Whip de l'opposition. Malgré les démarches engagées en Cour suprême, la MCIT sous la supervision de l'ancien surintendant Prem Radhoa, devait tenter d'appréhender le député en escaladant le mur d'enceinte de sa résidence à Floréal. Le juge Domah a dû émettre un ordre formel pour que cette arrestation soit abandonnée.


Le PTr réclame la démission de Gunness en tant que Whip

Le parti Travailliste, par la voix de son secrétaire général, Deva Virahsawmy, et de son directeur de communications, James Burty David, réclame la démission du député Ajay Gunnes en tant que Whip de l'opposition suite à la décision de l'Independent Commission Against Corruption de loger des charges formelles contre lui sous le Prevention of Corruption Act. C'est ce qui ressort d'un communiqué officiel émis hier.

" Ajay Gunness doit avoir la décence de démissionner comme Whip de l'opposition et prendre congé comme député en attendant le jugement de la Cour, car des accusations formelles ont maintenant été logées contre lui par la Commission Anti-Corruption ", écrivent les deux responsables du Parti Travailliste.

Deva Virahsawmy et James Burty David soulignent que le député de la majorité Yatin Varma avait assumé ses responsabilités en démissionnant de la présidence de la Commission parlementaire de l'ICAC alors qu'il faisait l'objet d'une enquête. " Rappelons aussi que Roshan Seetohul a pris la décision de se retirer comme maire de Quatre-Bornes. C'est une leçon politique que donne le Parti Travailliste à ses adversaires. Le MMM a applaudi quand l'ICAC a initié une enquête sur l'allocation des étals à Quatre-Bornes. Nous souhaitons qu'il respecte cette même institution et la laisse opérer en toute sérénité ", a conclu le parti Travailliste.

Étals de la foire-Inculpé par l'ICAC, le maire de Quatre-Bornes démissionne

L'enquête ouverte par l'Independent Commission Aganst Corruption (ICAC) au sujet de l'allocation des étals à la foire de Quatre-Bornes a débouché au cours de la semaine écoulée sur l'inculpation provisoire de l'actuel maire, Roshan Seetohul, et de trois autres membres du conseil municipal, le Senior Counsellor, Vijay Kumar Beeharry, Kumar Chady et Chetanand Pursun. Les trois premiers nommés ont été inculpés de conflits d'intérêt lors de l'exercice d'allocation des étals et ont dû fournir des cautions de Rs 25 000 chacun et une reconnaissance de dettes de l'ordre de Rs 200 000 pour retrouver la liberté provisoire après leur comparution en Cour de Rose-Hill.

À la suite de son inculpation provisoire et après consultations avec le ministre des Administrations régionales, James Burty David, le maire de Quatre-Bornes a pris la décision de se retirer à la tête de la municipalité le temps de l'enquête. Roshan Seetohul a fait part de l'intention de ses conseils légaux d'engager des procédures établies pour réclamer que cette inculpation provisoire soit rayée dans les meilleurs délais. Il réclame aussi que l'ICAC fasse diligence dans cette affaire et souhaite bénéficier d'un Early Trial.

Roshan Seetohul conteste les accusations provisoires de conflits d'intérêt lors de l'octroi des étals. L'ICAC l'accuse de n'avoir pas déclaré ses intérêts vu que le nom de son épouse figure sur la liste des bénéficiaires des étals. Dans sa version des faits, l'ancien maire de Quatre-Bornes affirme qu'initialement son épouse avait soumis une demande pour l'obtention d'un étal à la foire de Quatre-Bornes. Mais après consultations entre conjoints, la décision fut prise à l'effet qu'elle allait abandonner cette idée.

Une lettre en bonne et due forme aurait été envoyée à la municipalité de Quatre-Bornes. Mais les instances n'ont pas fait grand cas de cette démarche et ont maintenu le nom de l'épouse de Roshan Seetohul sur la liste. Lors de la réunion pour l'approbation de la liste des bénéficiaires, l'ancien maire Seetohul n'a pas jugé nécessaire de se retirer car il était sous l'impression que le nom de son épouse avait été éliminé.

De son côté, le conseiller municipal Chetanand Pursun, qui avait été déjà inculpé provisoirement de trafic d'influence avec la conseillère Bimla Ramloll au début de cette affaire, a dû fournir une nouvelle caution de Rs 3 000 pour retrouver la liberté provisoire au cours de la semaine écoulée. Il a été inculpé provisoirement de conflits d'intérêts au terme de la section 13 du Prevention of Corruption Act pour avoir pris part à une décision du Public Health Committee de la municipalité pour l'octroi d'un des étals à sa soeur.

Depuis le 24 octobre avec l'arrestation de la conseillère Bimla Ramloll d'appartenance PMXD par une escouade de l'Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) à Wolmar en possession d'une importante somme d'argent, soit Rs 259 000, représentant des montants recueillis auprès d'éventuels bénéficiaires d'étals, la municipalité de Quatre-Bornes est ébranlée par une véritable crise avec des demandes de démissions des conseillers inculpés par l'ICAC.


Mohamed/Gokhool

Conflit sur fond de nomination à la TEC…

Une fois de plus, une décision du ministre de l'Éducation, Dharam Gokhool, est à l'origine d'un conflit au sein du gouvernement. La nomination du secrétaire de la Tertiary Education Commission (TEC) oppose le backbencher Shakeel Mohamed au ministre de l'Éducation. Ce dernier, à qui revient le droit d'approuver le choix après recommandation du conseil d'administration de la TEC, a refusé d'avaliser la candidature d'un jeune homme, en l'occurrence le neveu du ministre des Utilités publiques, Abu Kasenally, le fils de son frère Kurshid Kasenally, pour le poste de secrétaire de l'instance régulatrice. Dans un premier temps, le ministre de l'Éducation a évoqué une erreur administrative lors du lancement de l'appel d'offres et dans un deuxième temps il parle de procédures qui n'auraient pas été suivies. "Which is which ?", demande Shakeel Mohamed, relevant une l'injustice criarde envers une personne, désignée par un board, apte à remplir le poste de secrétaire.

Après le "limogeage", en août dernier, d'Anil Chiniah, secrétaire par intérim à la TEC, le poste était resté vacant. Le board d'administration décide d'enclencher les procédures de recrutement par un appel à candidatures. Des cinquante-neuf personnes qui y répondent, après une première élimination, 35 candidats sont appelés pour l'interview. Quatre candidats sont retenus pour une deuxième interview, et c'est le proche du ministre Kasenally qui est jugé le plus apte à remplir ce poste par le comité de désignation. Comité sur lequel siège le secrétaire permanent du ministère de l'Éducation, M.R. Ragen, dont un des proches a également postulé pour ce job.

Comme le prévoit la section 9 du TEC Act, le nom du candidat potentiel est envoyé au ministre de l'Éducation pour aval. Toutefois, ce dernier rejette cette nomination "sans aucune justification" selon certaines sources. Interrogé sur ce refus lors de la dernière session parlementaire, Dharam Gokhool a déclaré à Joe Lesjongard, député du MSM, que "the recommandation was not approuved as criteria laid down for the post had not been met." "The Commission has therefore requested to carry out a fresh selection exercise".

Lundi dernier, lors de la réunion parlementaire travailliste, Dharam Gokhool et Shakeel Mohamed ont échangé des propos houleux sur le sujet. Le ministre aurait expliqué qu'il n'est pas satisfait des procédures. "Il y a un board qui évalue les candidats. Ce board comprend un représentant du ministère de l'Éducation, acting as if le ministre lui-même a été présent. Pourquoi ces lacunes ? Ou comme, le dit Dharam Gokhool, ces procédures qui n'ont pas été suivies n'ont pas été signifiées dès le départ ? Pourquoi a-t-il fallu que le nom de cette personne arrive au ministre pour accuser un refus, alors que les procédures ont été entamées depuis août dernier ?", s'interroge le député de Rivière des Anguilles/Souillac.

"Où est la méritocratie ?"

Lors d'une conférence de presse la semaine dernière, le ministre de l'Éducation est revenu sur ce litige, commentant les propos de son collègue Shakeel Mohamed en avançant qu'avant de faire de très grandes déclarations il faudrait vérifier le bien-fondé de ces informations. Pour le ministre, les propos du député rouge relèvent d'une certaine dose d'arrogance, accompagnée par l'ignorance, maintenant qu'il ne personnalise pas cette affaire et encore moins une clique.

Piqué au vif, Shakeel Mohamed réagit en disant : "Si je suis ignorant, que le ministre vienne expliquer dans la transparence ces procédures qui n'ont pas été suivies et pourquoi. Si en disant la vérité je fais preuve d'arrogance, je continuerai car on refuse de répondre aux questions du peuple". Le backbencher crie haut et fort que cela ne le dérange pas de se faire taper sur les doigts pour avoir élevé la voix contre un ministre. Pour lui : "Je suis un élu du peuple et il est de mon devoir de poser des questions et d'obtenir les réponses". La justice doit primer, dit-il, surtout dans un cadre où les autorités demandent aux jeunes diplômés de rester à Maurice et servir leur pays. Assurant que le candidat choisi par le board dispose des qualifications nécessaires pour remplir le poste de secrétaire de la TEC, Shakeel Mohamed s'interroge sur la place de la méritocratie, se demandant si le refus du ministre Gokhool relève du fait que le candidat potentiel en question soit le fils du frère d'Abu Kasenally, Kurshid Kasenally, dont la proximité avec le MMM est de notoriété publique.

C'est maintenant à Navin Ramgoolam de trancher et de trouver une solution. Le député de Rivière des Anguilles/Souillac indique qu'il a déposé une lettre, avec plusieurs documents relatifs à la nomination du secrétaire de la TEC, en ce sens au bureau du Premier ministre, lui demandant d'intervenir et à clarifier la situation. Par ailleurs, selon nos informations, le board qui s'est réuni une nouvelle fois vendredi dernier se serait élevé contre les déclarations de Dharam Gokhool selon lesquelles les procédures pour la nomination du secrétaire de la TEC n'ont pas été respectées.


Dans la journée de jeudi

Le braquage de Shibani a duré moins d'une minute

57 secondes. C'est dans ce laps de temps éclair que Rs 100 000 ont été emportées durant le braquage de Shibani Finance Foreign Exchange à Quatre-Bornes. C'est ce qui ressort de l'examen des enregistrements video filmés par les caméras de surveillance, qui se trouvent à l'intérieur de l'établissement. Les enquêteurs ont passé ces enregistrements au crible afin de pouvoir retracer les auteurs du braquage durant lequel le vigile Daniel Beeharry a été blessé par balles. Par ailleurs, un premier suspect, Jérôme Larosé, 27 ans, videur dans une boîte de nuit, a été arrêté vendredi. À hier, les enquêteurs, emmenés par l'inspecteur Roland Dabeesing, de la CID de Rose-Hill, travaillaient toujours d'arrache-pied afin de procéder à l'arrestation des auteurs de ce hold-up sanglant.

Il était aux alentours de 12h55 jeudi quand quatre individus armés de revolver et de barres de fer ont fait irruption à l'intérieur des locaux de Shibani Finance Foreign Exchange, sis au complexe George Town, route St-Jean, Quatre-Bornes. Le vigile Daniel Beeharry devait recevoir une sommation on ne peut plus précise quant aux intentions des bandits. Tout en ayant le revolver sur la tempe, il entendit une voix dire : "Pas viré ! Pas guété !" L'un des bandits, qui avait en sa possession le revolver, fit feu trois fois en direction du panneau vitré du comptoir, blessant du même coup Daniel Beeharry. Une balle tirée à bout portant lui perfora un doigt de la main gauche avant de se nicher dans la jambe droite. Celui qui fit feu enjamba le comptoir et fit main basse sur une somme d'environ Rs 100 000, en monnaie locale. Les bandits s'enfuirent ensuite à moto. Toute la scène, enregistrée par les caméras de surveillance se trouvant à l'intérieur du bureau de change, n'a duré que 57 secondes.

C'est peu après le braquage que les choses se sont corsées pour au moins deux des auteurs. Leur moto, qui portait une double immatriculation - H 563 à l'avant et H 95 à l'arrière - aurait été impliquée dans un accident de la route à la hauteur de l'avenue Osman, Quatre-Bornes, et a été abandonnée sur place par les bandits. Des escouades de l'ADSU sont sur la piste du principal suspect, soit celui qui avait abandonné la motocyclette à double plaque. Son signalement est connu des limiers de la police. Nos recoupements indiquent que les enquêteurs ont déjà retracé le fait qu'après avoir délaissé la motocyclette accidentée il se serait dirigé vers l'avenue Victoria pour s'embarquer dans un taxi-train en vue de se rendre à Stanley. L'arrestation de ce suspect est considérée comme étant imminente.

À hier, les enquêteurs cuisinaient Jérôme Larosé, suspect appréhendé vendredi, afin de savoir comment sa moto a pu être retrouvée abandonnée à l'avenue Osman, à la hauteur des locaux du Central Electricity Board (CEB) par les auteurs du hold-up. Selon les recoupements effectués par Week-End, il ressort que le suspect a fourni une première version des faits loin d'être crédible aux enquêteurs. Il aurait fait ressortir que sa moto avait été volée, aux alentours de 11h45 jeudi, dans les parages du marché central. Chose étrange pour les enquêteurs : c'est plus de trois heures après le "vol" de sa moto que le suspect a rapporté le cas à la police.

Des suites de la fusillade, c'est un ami proche de Daniel Beeharry, qui travaille à une centaine de mètres de Shibani Finances, qui est venu porter secours aux blessés immédiatement après la fusillade. Visiblement sous le choc, il devait déclarer à Week-End jeudi, sur les lieux du braquage, qu'il était très bouleversé par ce qui s'était passé. "Ti vers 1h par là létan sa finn arriver. Mo ti pé koz ar li zis avant. Après sa, mone mars en direction bazar pou al asté cigaret. Mo tann bow ! Mo trouv dimoun pé galoupé. Mo dégazé mo alle guété. Létan mo rant andan kot Shibani, mo trouv Daniel en bas, en long, pé saigné. So lot koleg oussi ti blessé. Daniel ti conscient mé li pas ti pé kapav kozé. Mo finn gagyn enn bel sok", a-t-il déclaré en substance.

Les témoignages des employés de magasins et de bueaux sis aux alentours sont catégoriques au sujet des coups de feu. L'un d'entre fait également ressortir avoir aperçu des invidus s'enfuyant à moto et entendre des gens qui s'écriaient : "Zot mem sa ! Zot mem sa !" dans la confusion la plus générale.

"Létan mo finn tann sa gro tapaz-la, mo fine galoupé pou alle guété. Ti éna enn bel panik. Dimoun ti pé galoupé, ti pe krié, ti éna de policiers oussi parmi bann dimoun ki ti pe galoup dan tou direction. Mo trouv enn motocyclette pé ale mari vite. Ti éna enn zom avec long sévé lor la. Ti éna 4 motocyclettes en tou ki ti pé roulé. Mo pa koné lakel ki finn fer sa, mé dimoun ti pé dir : sa bann lor motocyclette lamem ki finn fer sa", a-t-il déclaré en substance.

Dans le giron de l'enquête policière, l'on se dit "confiant" de résoudre ce cas de hold-up "très bientôt". Quant au suspect Jérôme Larosé, qui a été maintenu en détention policière durant le week-end, il doit comparaître en cour de Rose-Hill demain, lundi.


Météo

Noël ensoleillée et forte chaleur à prévoir

Le temps sera définitivement plus clément pour le réveillon de Noël et pendant la journée et la soirée du 25 décembre. Le temps nuageux avec des pluies localisées durant ces quatre derniers jours devrait en effet faire la place à un ciel plus clair à partir de demain lundi. La chaleur inconfortable et humide persistera toutefois, avec quelques ondées passagères sur le plateau central et le sud de l'île.

C'est ce que prévoit la station météorologique de Vacoas pour ces trois prochains jours. Aujourd'hui, dimanche, la masse nuageuse occasionnée par une ligne d'instabilité dans la région devrait survoler l'île jusqu'au plus tard lundi matin. Selon les prévisions pour lundi et mardi, une éclaircie en général sera observée sur toute l'île à partir de lundi. Des ondées localisées ne sont toutefois pas à écarter sur le plateau central, alors qu'au sud et sud ouest de l'île, le ciel devrait être temporairement nuageux dans l'après-midi du 24 et 25 décembre.

"En général, nous devrions connaître une fête de Noël ensoleillée, sauf peut-être dans l'après-midi, où le ciel risque d'être nuageux dans l'ouest et le sud ouest de l'île. Pour la soirée du 24 décembre, aucune perturbation n'est à prévoir si ce n'est que la chaleur humide persistera", déclare les prévisionnistes de la station de Vacoas. La température devrait varier entre 27 et 33 degrés sur l'île entre lundi et mardi.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 23 décembre 2007