a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 2 décembre 2007



  "Protection Money" - L'ICAC en quête de preuves contre la MCIT !
  Au nom de l'autonomie—Rodrigues fait de la résistance contre Sithanen et Bunwaree
  Après avoir été "compulsorily acquired" pour la somme de Rs 8,5 millions—Un terrain de 4 arpents à Solitude à la compagnie privée Padkam


"Protection Money"

L'ICAC en quête de preuves contre la MCIT !

L'affaire du magot allégué dans le locker d'un poste de police des Plaines-Wilhems a cédé la place aux allégations de Protection Money, de l'indistri laké ferblan et autres trafics d'Exhibits portées à l'encontre de la Major Crime Investigation Team (MCIT). Ces éléments sont remontés à la surface à la faveur de la déposition consignée par Harish Boodhoo et dont Week-End en avait fait état en primeur dimanche dernier. Avec la décision des autorités de dessaisir le Central CID de cette affaire délicate susceptible d'impliquer des membres de la force policière, l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) s'est mise en quête de preuves pour établir des Prima Facie Cases avant de transmettre tout dossier au Directeur des Poursuites Publiques (DPP) à des fins de poursuite au criminel. Mais les milieux avertis affirment que les pistes d'enquête s'offrant à l'ICAC pour faire la lumière sur des zones d'ombre trop longtemps entretenues ne manquent pas. Le plus important, et aussi le plus dur, reste de " Substantiate with Evidence ".

En fin de semaine écoulée, des sources officielles à l'ICAC soutenaient qu'il serait prématuré d'affirmer que des comptes bancaires ou autres casiers hypothécaires d'officiers de la MCIT auraient été épluchés déjà. "Sur la base des premiers éléments de la déposition consignée portant sur ces allégations de Protection Money, l'ICAC doit établir un plan de travail et constituer des dossiers de base pour les séances d'interrogatoires. Nous sommes encore au stade préliminaire", soutient-on dans les milieux proches de l'ICAC, qui met l'accent sur les dispositions du Prevention of Corruption Act pour le démarrage d'une enquête.

En effet, la section 46 du Prevention of Corruption Act prévoit que le Director of Corruption Investigation Division de l'ICAC est tenu à initier une enquête préliminaire et dispose d'un délai de sept jours pour soumettre un premier rapport à la direction générale de l'ICAC. Dans cette perspective, dès la réception du dosier initial du Central CID, mardi dernier, des responsables de l'ICAC ont eu une première séance de travail avec le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, au sujet du fonctionnement et des attributions de la MCIT et aussi de la Brigade des Jeux. Les noms des policiers affectés à ces escouades et leur temps de service sont également d'un intérêt particulier pour l'ICAC.

Après cette étape préliminaire, l'ICAC devra décider de la marche à suivre pour l'enquête sur le terrain. Mais cette institution ne devrait pas rencontrer de grosses difficultés pour trouver des repères si elle décide d'accorder priorité au terrain des paris sur les courses hippiques sous l'égide du Mauritius Turf Club. Sans porter préjudice à l'intégrité de cette enquête, il est un fait connu et accepté que le plus gros chiffre d'affaires en termes de Protection Money et de l'indistri laké ferblan est réalisé en marge de la saison hippique.

Ainsi, les limiers de l'ICAC devront redoubler d'efforts pour retrouver l'oiseau rare, qui viendrait déposer avec preuves à l'appui sur des pratiques et des tarifs en vigueur au Champ-de-Mars. Le plus gros handicap est que cette enquête démarre alors que la saison hippique prend fin. Des recoupements d'informations effectués par Week-End dans ce milieu indiquent les tarifs varient entre Rs 50 000 pour le Missionman et Rs 100 000 par bookmaker. Ces paiements sont exigés en deux occasions, soit en début et en clôture de saison.

"Avec un chiffre d'affaires déclaré d'au moins Rs 1 million par bookmaker connu de la place par journée et Rs 500 000 pour les autres catégories, le paiement d'une somme de Rs 100 000 à deux reprises en une année pour une protection occulte constitue plus qu'un investissement quand on sait les tracasseries et menaces dont on pourrait faire l'objet. Mais personne ne viendra de l'avant pour confirmer ces détails", indique une source qui a réclamé l'anonymat.

Mais attention, les paiements ne s'arrêtent pas là. "Quand il y a des bazars aux courses, avec des extrêmes outsiders coiffant les super-favoris au but, les bookmakers, qui sont dans le coup doivent verser un pourcentage à Bann Missié-là", poursuit l'interlocuteur de Week-End, qui fait preuve d'une parfaite maîtrise des dessous du Champ-de-Mars.

À la question : "Comment sont identifiés les bookmakers, qui sont dans le coup du bazar ?", il esquisse un sourire et répond : "Le Champ-de-mars est grand, mais dans ce cercle de bookmakers et de Missionmen, tout se sait en un clin d'œil. Si le bookmaker fait le récalcitrant en terme de paiements, il sera très vite rattrapé. Les exemples en cours de saison peuvent attester ce fait." Il avouera que le montant exigé ou réclamé variera dépendant du Betting Coup réalisé.

La clé de l'enquête de l'ICAC pour faire la lumière sur les pratiques de Protection Money en marge de la saison hippique demeure au niveau de la communauté des Missionmen, une vingtaine au moins. "Ces Missionmen, qui sont des hommes à tout faire, procèdent à la collecte de l'argent auprès des bookmakers à être remis sous forme de Protection Money et agissent également en tant qu'intermédiaires entre les parieurs à crédits et les bookmakers", avance-t-il.

En face de ces allégations de Protection Money contre des membres de la MCIT, le véritable pari de l'ICAC en cette fin de saison est de trouver les appâts nécessaires pour attirer ces Missionmen en vue de les transformer en témoins à charge. Une tâche, qui ne s'avère pas de tout repos quand on se rappelle du vain dénouement de l'affaire du jockey Taylor en 2005 et de la série d'interrogatoires dans les locaux de l'ICAC.


Dans un affidavit - Marc Legall : "Ma mésaventure entre les mains du SP Raddhoa"

En attendant que des témoins se présentent au QG de l'Independent Commission Agaisnt Corruption (ICAC) dans le cadre des allégations de Protection Money et de trafic d'influence contre des membres de la Major Crime Investigation Team (MCIT), un homme d'affaires français, Marc Legall, a déjà juré un affidavit par les soins de ses conseils légaux, Mes Jean-Claude Bibi et Tevarajen Ponambalum (avoué), pour révéler des détails au sujet de sa mésaventure entre les mains de l'ancien surintendant Prem Raddhoa, responsable de la MCIT.L'affaire remonte à mars 2006 et depuis, ce ressortissant a été déclaré Persona Non Grata à Maurice et n'est autorisé à retourner à Maurice que pour les besoins de son procès en réclamations de Rs 4,4 millions, logé en Cour suprême contre son ancienne compagne, Peggy Maw Chabaud.

Marc Legall se rappelle en détail les événements du vendredi 3 mars 2006, date de son arrestation. "Il était environ 7 heures du matin et j'étais chez moi à Calodine. Je m'étais retrouvé en face des hommes se présentant comme des policiers en civil. Ils avaient débarqué chez moi sans s'annoncer. Ils m'ont demandé de les suivre au bureau du surintendant Raddhoa à la MCIT de Curepipe. Nous y sommes arrivés. J'ai dû attendre. Vers les 10 heures, j'ai vu mon ancienne compagne, avec qui je m'étais séparé depuis le mois de janvier, arriver au bureau de la MCIT. Il était accompagné de son homme de loi. À ce moment précis, le surintendant Raddhoa a commencé à m'intimider et à me menacer pour que j'accepte un compromis en vue de résoudre le cas. Il devait ajouter que si je n'étais pas d'accord, j'allais être mis en détention policière. L'homme de loi de mon ancienne compagne devait également se joindre aux menaces tout en miroitant la promesse que toutes les charges allaient être abandonnées en retour de ma coopération", soutient l'homme d'affaires français dans l'affidavit déposé en Cour suprême.

Pourquoi Marc Legal s'est-il retrouvé en position vulnérable ce vendredi 3 mars 2006 ? Depuis septembre 2002, il était le Managing Director de Blue Rainbow Mauritius Ltd opérant un club de plongée à l'hôtel Calodyne-Sur-Mer. En avril 2004, il devait rencontrer Peggy Maw Chaubard, qui prit la décision de déserter le toit conjugal pour venir vivre avec lui.

En juillet 2005, suite à des problèmes financiers en raison de la perte d'un des bateaux, Marc Legall devait bénéficier d'un apport financier de Rs 2 959 000 en liquide de sa compagne. Il devait signer une reconnaissance de dettes pour un montant de Rs 3 millions. En janvier 2006, les relations entre les deux devaient connaître une nette détérioration culminant avec la séparation. En février 2006, Peggy Maw Chabard devait exiger un chèque de Rs 3 millions comme garantie avec l'engagement que le chèque allait être négocié que quand le compte de Marc Legall allait être alimenté en fonds en provenance d'Espagne.

Jalouse du fait que Marc Legall entretenait des relations avec une autre femme, l'ancienne compagne devait présenter le chèque sans provision à la banque. C'est à ce moment que devait entrer en scène le surintendant Raddhoa avec la séance du 3 mars 2006. Ce jour-là, le ressortissant français, pris de frayeur, devait accéder à l'exigence de l'autre partie pour céder ses avoirs dans la compagnie à Peggy Maw Chabaud.

"Yet after he signed the agreement in presence of several police officers, Marc Legall was detained by the police and was made to appear before the District Court of Curepipe and then released on bail. In November 2006, Marc Legal appeared again in Court and was told that the case against him had been struck out", souligne l'avoué Ponambalum dans des documents déposés en Cour suprême. Marc Legall, qui a été interdit de séjour pour des raisons obscures, tente depuis le 10 août 2006 d'obtenir réparations avec un procès en réclamations d'un montant de Rs 4,4 millions contre son ancienne compagne.

A l'Assemblée nationale, mardi dernier, à l'heure de la Private Noice Question (PNQ), Paul Bérenger avait fait état d'"an indistri laké ferblanc which had been going on for quite a while where the MCIT would approach people with somebody else and agree on a price to install ène laké ferblan with that person. There have been numerous cases in Curepipe and elsewhere". Le cas du ressortissant français Marc Legall constitue un cas de "pas de fumée sans feu". À l'ICAC de faire le nécessaire au terme de la loi…


Le CP Gopalsingh :"Les procédures suivront leur cours en cas de Prima Facie"

Le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, a fait publier un communiqué en fin de semaine pour confirmer que l'enquête sur les allégations de Protection Money a été soumise à l'ICAC. "In the event of the ICAC establishing a Prima Facie Case against any officer of the MCIT, that officer will be dealt with according the law", devait-il donner comme garantie tout en rejetant toute demande pour le disbanding de la MCIT dans la conjoncture.


La police se retrouve avec un autre magot de Rs 3 M

Une autre affaire de magot a été évoquée en cours de semaine dans l'enceinte des Casernes centrales. Ainsi, la décision a été prise de retourner à la Mauritius Commercial Bank la somme de Rs 3 millions récupérées du butin de Rs 51 millions suite au braquage dans le Main Vault de cette banque en février 2004. La responsabilité de transporter cette somme des Casernes centrales à la MCB avait été confiée au CI Clency Meeterjoye du Central CID. Les Rs 3 millions furent découvertes dissimulées sous le pont d'Ebène alors que les Rs 48 millions demeurent jusqu'ici introuvables.


Les demandes de Boodhoo aux enquêteurs de l'ICAC

Harish Boodhoo a demandé aux limiers de l'ICAC de ne pas négliger les épouses et conjointes des membres de la Major Crime Investigation Team dans leur Audit Trail que ce soit au niveau des comptes bancaires ou des propriétés immobilières, maisons ou campements. Il demande également que l'exercice doit également se porter sur des transferts de devises à l'étranger. Il maintient que des membres de ce département de la police vivent "beyond their legal means".


Le déjeuner sans facture dans un restaurant de l'Est

L'ICAC pourrait être amenée à enquêter sur des déjeuners réguliers, pour ne pas dire mensuels, des membres de la MCIT dans un non moins célèbre restaurant situé à l'Est. Les mauvaises langues prétendent que lors de ces déjeuners réunissant presque tous les membres de la MCIT, le propriétaire ne faisait jamais les comptes et ne présentait jamais de facture à l'organisateur des repas. Une formule de "Protection Money".


Au nom de l'autonomie

Rodrigues fait de la résistance contre Sithanen et Bunwaree

Les relations entre Maurice et Rodrigues traversent une passe difficile et délicate sur deux fronts particuliers. L'impression venant de Port-Mathurin, que ce soit du côté de l'Executive Council de l'Assemblée régionale ou encore des milieux syndicaux, est que l'hôtel du gouvernement ne tient pas en ligne de compte les spécificités de Rodrigues avec l'avènement de l'autonomie. La récente série de Queries émanant du ministère des Finances au sujet des initiatives prises au nom de l'Assemblée régionale provoque des irritations. Pour leur part, les représentants d'une dizaine d'organisations syndicales sous la bannière de la Rodrigues Trade Union Common Platform ont effectué un walk-out cette semaine lors d'une séance de travail convoquée par le ministère du Travail. Cela étant, pour montrer leur désapprobation devant l'attitude cavalière adoptée par ce ministère à leur égard au niveau des consultations sur les Draft Employment Rights Bill et Employment Relations Bill.

L'énervement contre la manière de faire du ministère des Finances est à son comble à Port-Mathurin avec une succession de lettres réclamant des précisions sur des récentes décisions de l'Executive Council de Rodrigues, notamment en ce qui concerne la mise sur pied de RodClean, compagnie incorporée sous le Rodrigues Regional Assembly Act en vue d'assurer la collecte des ordures et de Discovery Rodrigues, entité dont la principale attribution est de s'engager dans la gestion de l'Ile-aux-Cocos, de Cavernes Patates ou encore l'Office du Tourisme de Rodrigues.

" Au ministère des Finances à Port-Louis, on semble faire abstraction du fait qu'avec l'autonomie, Rodrigues dispose d'une marge de manœuvre pour la gestion des affaires publiques et le tout dans la transparence. Le Rodrigues Regional Assembly Act prévoit des dispositions pour une Proper Discharge of the Functions of the Executive Council. Le ministère nous inonde de demandes d'informations sur nos projets et oublie que sous l'administration de l'OPR avait été instituée une compagnie, la Rodrigues Trade and Marketing Co. Ltd. Cette démarche de Port-Louis ressemble à de la provocation ", indiquent des sources officielles à Port-Mathurin.

Le chef commissaire Johnson Roussety n'a pas voulu faire de commentaires publics et officiels sur l'état des relations entre le Conseil Exécutif et le ministère des Finances. La dernière initiative de Rodrigues, qui est passée à la loupe à l'hôtel du gouvernement, concerne la mise sur pied de la compagnie RodClean pour la collecte des ordures et déchets ménagers à travers l'île. Selon la version du conseil exécutif de Rodrigues, avec le Contracting Out de cet exercice, un budget annuel de Rs 12 millions s'avère nécessaire. Avec le projet de Rodclean, l'administration prévoit des économies de l'ordre de Rs 4 millions.

Un autre dossier de discorde entre Port-Louis et Port-Mathurin, concerne la formule d'allocations de mauvais temps aux pêcheurs. Le ministère de la Pêche a écrit officiellement au Conseil Exécutif pour réclamer que le projet visant à diviser le lagon de Rodrigues en quatre zones soit adopté pour le paiement de la Bad Weather Allowance. Le chef commissaire de Rodrigues fera le déplacement à Maurice cette semaine pour des séances de travail avec le ministre Arvin Boolell en vue de faire valoir le point de vue de l'Assemblée Régionale de Rodrigues.

Par ailleurs, le mouvement syndical s'est mis de la partie au cours de la semaine en effectuant un walk-out lors d'une séance de travail sous l'égide du ministère du Travail et des Relations industrielles. Les représentants des différents syndicats de Rodrigues voulaient la garantie d'un délai jusqu'au 20 décembre en vue de soumettre leurs commentaires sur les Draft Employment Rights Bill et Employment Relations Bill.

" Zot kwar Rodrigues ankor kuma lontan. Zot blyé nu dan konsiltasyon. Zot nek rod fer ène sinéma et pa donne nu okenn garanti si nu pwen de vu pu étidié. Li pa possib. Muvman syndikal à Rodrig bizin trété parey kuma dan Moris ", a fait comprendre à Week-End Alain Tolbize, président de la Rodrigues Government Employees Association.

" Avant de participer à la séance de travail avec des représentants du ministère du Travail, nous avions voulu obtenir des garanties que l'exercice ne soit pas une farce et nous avions exigé une garantie formelle pour un délai jusqu'au 20 décembre en vue de soumettre nos commentaires sur ces deux textes de loi. En l'absence de cette garantie, nous avons préféré nous retirer pour faire appel directement au ministre du Travail. Nous nous tenons prêts à nous joindre au mouvement de grève décrété pour le 11 décembre par la plate-forme syndicale à Maurice ", a-t-il ajouté.

Dans la lettre adressée au ministre Bunwaree, les syndicats de Rodrigues ont soumis deux résolutions, soit le délai jusqu'au 20 décembre pour les commentaires sur les textes de loi et le déplacement d'une équipe de techniciens " to have serious discussions with the trade unions representatives on the Draft Employment Rights Bill and Employment Relations Bill and comments made by the International Labour Organisation ". Ils rappellent au ministre que " delegates expressed their dissatisfaction to the fact that though workers organisation in Mauritius have received copy of comments made by the International Labour Organisation (ILO) since 30th October 2007 and have already met the officials of the Ministry on this issue, but we till now have not yet received any copy of the comments ".

Les représentants des syndicats de Rodrigues ont également écrit des lettres adressées aux parlementaires représentant Rodrigues à l'Assemblée nationale leur enjoignant de ne pas soutenir les Draft Employment Rights Bill et Employment Relations Bill dans leur forme actuelle.


Après avoir été "compulsorily acquired" pour la somme de Rs 8,5 millions

Un terrain de 4 arpents à Solitude à la compagnie privée Padkam

Voilà un autre dossier qui risque de faire grand bruit. Celui d'un terrain de 4 arpents 22 à Solitude "compulsorily acquired" pour la somme de Rs 8,5 millions en 2002 pour un complexe omnisports et qui a finalement été octroyé à Padkam Investment Holding, laquelle compagnie, enregistrée le 17 août 2006, a pour directeurs deux agents travaillistes, Dharamvirsingh Padaruth, de 9 ème mille Triolet et Naraindranath Oogur de d'Epinay. Ce sont des agents rouges dont un a été vu en compagnie de ceux qui, le 24 janvier 1997, avaient perturbé un meeting que tenait le MSM à Triolet. Ce fameux rassemblement où un activiste travailliste était monté sur l'estrade avec un cutter alors que sir Anerood Jugnauth prenait la parole.

C'est Eric Guimbeau qui a porté l'affaire devant l'Assemblée Nationale mardi dernier. Dans sa réponse initiale, le ministre du Logement et des Terres avait indiqué que c'est le 22 décembre 1999 que ce terrain, sous culture de la canne, avait été acheté de la compagnie Harel Frères. Le prix du terrain, évalué le 15 mars 2000 par le Chief Government Valuer, avait été fixé à Rs 4,5 millions et une offre dans ce sens fut faite au propriétaire le 17 août 2000 mas le propriétaire protesta le 12 septembre et l'affaire fut referrée à un Board of Assessment qui, le 17 avril 2002, décida d'une somme de Rs 8,5 millions. Asraf Dulull a dit que le terrain avait été alloué au ministère de la Jeunesse et des Sports le 14 janvier 2000 mais il le retourna au Logement le 4 juin 2004.

L'auteur de la question devait aussitôt demander au ministre s'il y a eu une demande d'un groupe privé pour l'utilisation de ce terrain, ce à quoi il a répondu avoir reçu une demande "from a private investment holding company", le 17 mars pour la création d'un village des entrepreneurs.

À la question de Eric Guimbeau qui voulait savoir s'il s'agit de la compagnie Padkam, Asraf Dulull a indiqué que la requête est de Padkam Investment Holding Ltd. Lorsque le député lui a demandé si" it is in order to acquire land from taxpayer's money and to give it to private bodies ", le ministre a répondu que ce terrain initialement destiné à l'aménagement d'un complexe sportif a été retourné au Logement et que" up to now, the land is still remaining idle until the request was made and it is being considered ".

Et le jugement de la Cour Suprême

Le leader de l'opposition s'est alors mis de la partie pour demander que" being given that there has been a famous case in the past by the Supreme Court That land, compulsorily acquired in the public interest, cannot go to any private company or individual, can I know whether Government has any other public project for that piece of land ? ". Asraf Dulull, pris de court, devait répondre" I need notice of this question "avant d'ajouter que si un terrain acquis dans un dessein et qu'il y a changement d'objectif ensuite, il faut retourner au propriétaire orginal et que" we have consulted the original owner before considering the new request ".

Quant à Rajesh Bhagwan qui a voulu savoir si une" letter of reservation "a déjà été octroyée à Padkam Investment Holding, le ministre a dit qu'une lettre a été adressée à cette compagnie lui disant que sa requête" is being considered ". Le premier député de Beau Bassin/Petite Rivière a alors demandé que copie de cette lettre soit déposée sur la table de l'Assemblée et a ajouté que cette compagnie "proche du pouvoir" est en train de "negotiate with people to sell this State Land", une déclaration qualifiée de "mere allegation" de la part du député MMM.

Nouvelle intervention de Paul Bérenger pour dire que "I can hardly believe my ears. The Minister says that his Ministry has sent a letter to a private entrepreneur, telling him that is request is being considered. It's élémentaire, that is unconstitutional, even that letter. Can I appeal that this letter be withdrawn forthwith ?". Pris de court encore une fois, Asraf Dulull se contentera de dire "I will look into the matter. At this stage, we are at the level of considering and we have followed all the procedures".

À Eric Guimbeau qui réclamait que tous les documents y relatifs soient déposés sur la table du Parlement, le ministre du Logement a répondu "we will table the request from the company… should there need to table the documents, we will do so". Mais renseignements pris auprès du secrétariat vendredi, la lettre de demande de Padkam n'avait pas encore été déposée. Le ministre restera évasif à la demande de Rajesh Bhagwan pour que la lettre du ministère à Padkam soit déposée.

À une question de Ashok Jugnauth, le ministre des Terres et du Logement dira que le propriétaire original a fait savoir qu'il n'avait aucune objection que le terrain soit "used for any other purpose". Le prenant au mot, Joe Lesjongard, ancien ministre du Logement demandera que la lettre dans ce sens de l'ancien propriétaire soit aussi déposée, ce à quoi Asraf Dulull s'est engagé en ces termes "I will table the letter". Mais comme pour le "request from the company" pas de lettre déposée à vendredi après midi au secrétariat de l'Assemblée Nationale.

A Eric Guimbeau qui insistait pour que tous les documents relatifs à cette affaire soient rendus publics dans un souci de transparence, le ministre, repris en cela par le Speaker a dit "I'll look into it". Pas de réponse non plus à la question de Sam Lauthan qui voulait savoir si le ministre avait recherché l'aval du State Law Office avant d'adresser la lettre à Padkam. Encore une affaire de terres après celle de Triolet où des propriétaires ont été dédommagés à Rs 5 millions l'arpent alors que les évaluateurs du gouvernement avaient finalement recommandé… Rs 4 millions



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 2 décembre 2007