Deux demandes formulées, hier, par le leader de l'opposition
et du MMM en faveur des 135 travailleurs de St-Félix et
leurs familles qui vivent le martyr et l'angoisse, que le gouvernement
regarde au-delà du paiement du boni de fin d'année
et des salaires de janvier 2008 et que la direction de St-Félix
s'engage à laisser ces familles vivre dans leurs maisons
en attendant l'application du blue print et la construction
de leurs propres résidences par Société Usinière
du Sud.
C'était lors d'une rencontre avec la presse hier que Paul
Bérenger a formulé ces deux demandes après
avoir exprimé ses inquiétudes sur la position du
SIT qui a objecté que ses fonds soient utilisés
pour le paiement des salaires et autres bonis des travailleurs.
Pour lui, le gouvernement a le devoir moral de "step in"
et de payer les salaires de ces travailleurs jusqu'à ce
que sa "guerre" avec la MSPA autour des 1 500/2 000
arpents "facile à régler", trouve une
issue.
Il avait auparavant souligné une situation qui affecte
non seulement le moral de ces 135 travailleurs et de leurs familles
mais aussi leur santé. Le leader de l'opposition a dit
tenir le gouvernement et industrie sucrière pour responsable
de cette situation étant donné que l'un lie leur
sort à l'issue de la "guerre" avec la MSPA et
que SUDS, elle, fait un lien avec la fermeture de Riche en Eau
et de Mon Désert Mon Trésor. "Nous condamnons
les deux protagonistes" a-t-il dit en imputant aussi
"une lourde responsabilité" à St-Félix
bien qu'il reconnaisse que la direction de cet établissement
se soit formellement engagée à donner des terres
aux travailleurs. Il est souhaitable que SUDS en fasse de même
et qu'il donne la garantie et que liquidation pas liquidation,
ces travailleurs obtiennent leur blue print, soit leur
compensation financière et leur lopin de terres.
Autre affaire évoquée, hier, celle des terrains
"compulsorily acquired" à Triolet pour
la construction d'une State Secondary School. Le leader de l'opposition
a observé qu "Asraf Dulull s'est, une fois de plus,
rendu coupable d'avoir induit le Parlement en erreur de deux manières
et il a du reconnaître ses torts depuis".
"L'affaire des terres de Triolet: de la puanteur et de
la pourriture ! "
Revenant sur les faits, il a dit que ce ministre a, premièrement,
voulu faire croire, le 6 novembre dernier, que les Rs 5 millions
avaient été payées en 2002, ce qui est faux
et, deuxièmement, que les Rs 5 millions par arpent de terres
agricoles ont été décidées par le
Tribunal "in its own deliberate judgment" ce
qui est aussi complètement faux.
La vérité, connue aujourd'hui, a rappelé
Paul Bérenger, c'est que le ministre Dulull "ine
oblizé fer enn statement pou plaide coupable"
et reconnaître que c'est lui qui a référé
cette affaire des trois propriétaires dont les terres agricoles
avaient été évaluées à Rs 450
000 l'arpent par les experts fonciers du ministère du Logement
au Board of Assessment et que cette instance a siégé
le 12 septembre 2006, le 14 novembre 2006 et le 20 décembre
2006 et le 6 février 2007.
Le leader de l'opposition a souligné qu'à toutes
ses séances, les assesseurs du gouvernement ont maintenu
leur position sur Rs 450 000 l'arpent et non Rs 5 millions qui
s'appliquent aux terres résidentielles. "Il est
clair que lorsque Dulull a vu que le Tribunal allait, le 7 février
2007, dans la direction de confirmer la position des Government
Valuers et quelle tournure cela prenait qu'il a fait son Permanent
Secretary écrire au Tribunal pour dire qu'il était
d'accord avec les Rs 5 millions et il a osé venir dire
que c'est in its own deliberate judgment !".
"Cette affaire, c'est de la puanteur et de la pourriture
et évidemment, comme tous les samedis dans l'Express,
il y a une interview de complaisance d'un ministre en difficulté
- Asraf Dulull hier, qui est tellement choquante que, même
l'intervieweur écrit qu'il s'est "défendu tant
bien que mal" - comme cela a été le cas, avant,
pour Rama Sithanen et Dharam Gokhool", a aussi dénoncé
Paul Bérenger.
Compensation immédiate aux éleveurs de porc
Le paiement d'une compensation aux éleveurs de porc par
tête d'animal abattu a aussi été l'objet d'une
réclamation appuyée du leader de l'opposition et
du MMM. Il y a 500 familles qui vivent dans l'angoisse alors que
le gouvernement est responsable de la situation de fait de son
manque de vigilance et son retard à réagir après
que la peste se soit déclarée, a souligné
Paul Bérenger.
Il faut une compensation immédiate comme recommandé
par l'expert Gaston Funès, lequel, a-t-il rappelé,
s'était aussi appesanti sur le risque que l'épidémie
ne devienne endémique et que l'élevage de porc ne
disparaisse à Maurice. Le gouvernement doit agir vite,
a-t-il dit.
Or, a fait ressortir Paul Bérenger, le ministre Boolell
est venu avancer deux "choses qui sont fausses", l'une,
catégorique, à l'effet que les éleveurs qui
ne sont pas affectés obtiennent de la nourriture pour leurs
animaux, ce qui n'est pas exact et, de l'autre, qu'il ait dit,
"avec arrogance" qu'il n'y avait pas de porcs envoyés
à Rodrigues, ce qui est aussi faux dans la mesure où
ses propres services ont confirmé l'envoi d'une vingtaine
de bêtes dans l'île. Arvin Boolell se doit de corriger
le tir au Parlement, a-t-il suggéré.
S'agissant du fonds de solidarité, Paul Bérenger
a souligné que cela avait déjà été
annoncé le 6 novembre au Parlement avec la contribution
de Rs 1 million du Cooperative Fund et un appel à
la générosité du public et qu'il y maintenant
une soi-disante décision du Conseil des ministres du vendredi
16.
L'agression de l'îlot Gabriel: "C'est ça
l'île Maurice de Ramgoolam et de Boolell !"
Il est, d'abord, revenu, comme le 6 novembre dernier au Parlement,
sur les clauses 11 et 14 du bail du 30 mars 2007 sur l'îlot
Gabriel qui lient Arvin Boolell au Blue Ocean Island Company Ltd.
Ces clauses prévoient, a-t-il rappelé, que le détenteur
du bail a, avec le feu vert d'Arvin Boolell, le pouvoir d'interdire
l'accès à l'îlot à n'importe quelle
partie de l'île y compris les Mauriciens et aussi celui
de fixer un "fee" à n'importe qui et là
aussi Mauriciens compris.
Paul Bérenger a rappelé qu'Arvin Boolell a refusé
de dire au Parlement si le promoteur exerce ses pouvoirs avec
son autorisation. Ce qui est encore plus révoltant pour
lui, ce sont les représailles dont sont l'objet opérateurs
de catamarans et autres plaisanciers, qui ont manifesté
pacifiquement contre cette occupation et ce qui est parfaitement
leur droit, a-t-il dit. Il a exprimé sa solidarité
avec Benjamin Rose agressé à la jambe et dont le
tendon a été sectionné à l'îlot
Gabriel par deux tapeurs engagés par un homme d'affaires.
"C'est ça l'île Maurice de Navin Ramgoolam
et d'Arvin Boolell, c'est ça l'île Maurice d'aujourd'hui,
du gouvernement dans nous la main, des tapeurs, des fézer
et des abus d'autorité", a dénoncé
le leader de l'opposition.
Autre sujet évoqué: l'absence de permis EIA pour
les projets de "fish farming" dans le nouveau
Fisheries and Marine Resource Bill voté mardi dernier
alors que tel était le cas sous l'ancienne loi et que sous
l'Environment Protection Act, il y a une liste de projets
qui sont obligatoirement régis par un EIA dont les jetées
et les barachois. "It's very fishy et surtout très
dangereux", a-t-il observé en disant "pouvoir
compter" sur Anil Baichoo pour qu'il amende la cédule
des activités couvertes par un EIA et qu'il inclue l'aquaculture.
"Dangereuse manipulation politique"
Également évoquée, hier, l'inflation après
les commentaires du Professeur Persaud à la Banque de Maurice
en fin de semaine à l'effet qu'elle doit rester sous contrôle
et rappel que tel n'est pas le cas avec le taux, un fait rare
dans le monde, qui est passé de 5% à 10,7% de 2005/2006
à 2006/2007 et que le chiffre d'augmentation enregistré
pour le seul mois d'octobre ait été de 1,4% et qu'il
y ait eu une nouvelle flambée ce mois-ci avec la hausse
des prix de l'huile et des boissons gazeuses et que d'autres augmentations,
celle de la farine, de l'électricité, de l'eau,
du ticket d'autobus et du ciment qui se profilent à l'horizon.
Paul Bérenger n'a pas manqué de rappeler que cette
spirale inflationniste trouve sa source dans l'abolition des subsides
et la dépréciation de la roupie. A l'heure des questions,
il a rendu Rajesh Jeetah "la catastrophe et l'expert en pénurie"
responsable de l'échec de certains dossiers de consommation.
Interrogé sur le mouvement des associations socioculturelles
autour du dossier de l'industrie sucrière, Paul Bérenger
a dit qu'il y a beaucoup de manipulations politiques et qu'elles
sont dangereuses et que c'est clair que c'est Navin Ramgoolam
qui est derrière tout cela avec son "hidden agenda
communal". "Pé zoué ek l'émotion
et pé provok réactions communales". "Le
Premier ministre s'en fout de la survie des petits planteurs,
des laboureurs et des artisans, le pé fer politik",
a déploré le leader de l'opposition et du MMM.
Le MSM A Bel-Air, vendredi
Pravind Jugnauth : "La demande de 2000 arpents aux sucriers
est raisonnable"
La demande faite par l'État aux sucriers de céder
2000 arpents de terre pour des projets d'infrastructure sociale
n'est pas déraisonnable mais il ne faut pas en faire un
sujet de nature communale a soutenu Pravind Jugnauth, leader du
MSM, vendredi à Bel-Air. Sur le plan politique, M. Jugnauth
- qui affirme que son parti est "solidement dans l'Opposition"
- prévoit "beaucoup d'événements et
même des bouleversements" sur l'échiquier en
2008.
Sur ce dossier brûlant de la réforme sucrière,
Pravind Jugnauth soutient que le MSM a été "le
seul parti" qui, dès le départ, a dénoncé
le "jackpot" que représente, selon lui, la Multi
Annual Adaptation Strategy (MAAS) pour l'industrie sucrière.
Il en veut pour preuve les "dénonciations" de
ce plan à l'Assemblée nationale par les députés
du MSM.
La remise en question, aujourd'hui, de la MAAS par le Premier
ministre, Navin Ramgoolam, vient "donner raison au MSM",
estime Pravind Jugnauth. "C'est moi qui, en tant que ministre
de l'Agriculture, ai entrepris avec courage la réforme
de l'industrie sucrière dans l'intérêt du
pays", affirme-t-il. Une réforme alors initiée
"en douceur, sans le moindre problème".
En revanche, explique M. Jugnauth, aujourd'hui, le patronat sucrier
se montre "arrogant" alors que le gouvernement veut,
lui, "faire accroire qu'il travaille dans l'intérêt
du peuple". "On veut faire de cette affaire une
question communale", soutient le leader du MSM qui constate
que dans la "bataille des éléphants" en
cours, ce sont les travailleurs de Saint-Félix qui, "comme
l'herbe sous leurs pieds" paient les pots cassés.
D'où son appel, d'abord, à l'industrie sucrière
pour qu'elle contribue aux projets d'infrastructure sociale en
cédant les 2000 arpents réclamés par l'État.
Une demande que Pravind Jugnauth estime pas du tout "déraisonnable".
Au gouvernement, d'autre part, le leader du MSM demande à
ce que cette question transcende les considérations politiques,
partisanes et communales.
"Si, déclare M. Jugnauth, l'on se met à
garder le juste équilibre, tous en sortiront gagnants".
D'autre part, le leader du MSM se dit "révolté"
de la décision initiale annoncée par le ministre
de l'Agro-industrie, Arvin Boolell, d'utiliser l'argent du Sugar
Investment Trust (SIT) pour payer les travailleurs de Saint-Félix.
Précédemment, Pravind Jugnauth a laissé entendre
que le récent Household Survey, publié par
le Bureau central des statistiques (BCS), vient confirmer qu'à
mi-mandat du gouvernement de l'Alliance sociale, les pauvres,
mais aussi la classe moyenne, se sont davantage appauvris alors
que les riches se sont, eux, enrichis.
Il a évoqué le cas des éleveurs de porc récemment
confrontés à l'épidémie de peste porcine
de même que celui des petits vachers qui ne pourront plus,
bientôt, écouler leurs produits à prix garanti
auprès de l'Agricultural Marketing Board (AMB). Dénonciation
aussi de l'"hypocrisie", dit-il, du ministre des Finances,
Rama Sithanen, au sujet du ciblage de la pension de vieillesse.
Le ministre de l'Education, Dharam Gokhool, n'a pas non plus été
épargné sur le dossier de l'école Chitrakoot
après la "claque magistrale" reçue, selon
M. Jugnauth. Et d'affirmer que son parti et lui-même veulent
"purifier la politique". C'est ainsi qu'il a réitéré
qu'il n'est pas question pour le MSM de se rapprocher des "roder
bout" bien qu'il aurait pu se réjouir que ces derniers
critiquent aussi le gouvernement.
"Il y a une alternative à ce gouvernement pourvu
que l'on soit sincère", déclare Pravind
Jugnauth qui prévoit "beaucoup d'événements"
et même "des bouleversements" sur l'échiquier
politique en 2008.
Lors de ce meeting présidé par Prakash Maunthrooa,
d'autres orateurs sont intervenus dont le président du
MSM, Joe Lesjongard, Prem Koonjoo de même que Jim Seetaram
et Djamil Fakim, les deux candidats malheureux du MSM lors des
dernières législatives au n°10.
Demande de 2 000 arpents de terre aux sucriers
Ashock Jugnauth, leader de l'UN : "Une ruse alors que
le terrain glisse sous les pieds du PM"
La demande d'obtention de 2 000 arpents de terre de Navin Ramgoolam
aux sucriers n'est qu'"une ruse visant à duper
la population au moment où le Premier ministre sent glisser
le terrain sous ses pieds", estime Ashock Jugnauth, leader
de l'Union nationale.
À un congrès de l'aile féminine de son parti
hier après-midi à Saint Pierre, M. Jugnauth a rappelé
que le ministre des Finances, Rama Sithanen, est allé aujourd'hui
soumettre en personne la Multi-Annual Adaptation Strategy (MAAS)
remise en question par le gouvernement à l'Union européenne
(UE).
"Mem si pran 20 000 arpents, ou, ou pou touzour dan bez
!", devait-il affirmer à son auditoire féminin
après avoir souligné l'"énorme contribution"
des femmes dans le développement de l'industrie sucrière.
Pour Ashock Jugnauth, en effet, les femmes ont joué un
rôle décisif pour le progrès économique
du pays, non seulement dans l'industrie sucrière, mais
aussi dans un secteur comme le textile.
Pour lui, la législation sur les pensions est dépassée.
Il faut, dit-il, que des femmes licenciées, notamment,
soient assurées d'obtenir des revenus de subsistance en
cas de fermeture d'entreprises. Il cite à ce propos le
présent cas de la sucrerie Saint Félix. "Si
le Premier ministre n'a lui-même pas confiance dans ses
ministres, quelle confiance les femmes peuvent-elles avoir en
mesdames Seeburn et Bappoo, les deux seules femmes ministres ?",
s'est par ailleurs demandé M. Jugnauth.
Une longue partie de son intervention a aussi été
consacrée à la situation à la Santé.
Ashock Jugnauth, qui s'est notamment félicité d'avoir
construit trois nouveaux hôpitaux durant son mandat comme
ministre de la Santé, a accusé son successeur, Satish
Faugoo, d'agir "comme un taureau dans un magasin de porcelaine"
en venant, dit-il, "détruire tout ce qui avait
été accompli".
Alors que, soutient-il, le ministre Rashid Beebeejaun lui avait
assuré que l'hôpital Jeetoo allait être reconstruit
"en six mois", rien n'a été fait
à ce jour. Ashock Jugnauth a d'autre part promis d'user
de son influence pour convaincre le prof Kalangoss - chirurgien
cardiaque qu'il avait dans le temps fait venir pour opérer
des enfants malades - de revenir pour de nouvelles sessions d'intervention
sur de jeunes patients.
Au début du congrès, Shamira Maleck, présidente
de l'aile féminine de l'UN, a fait le procès de
la ministre Indranee Seebun, ministre de la Femme et de la Protection
des consommateurs, qu'elle a en substance accusé d'être
insensible aux problèmes des femmes.
La flambée des prix, la violence domestique, l'insécurité,
la dégradation des murs ainsi que les promesses non
tenues ont été au nombre des sujets abordés
par les autres intervenantes, à savoir Christine Kom, Vishwanee
Boodonee et Hermenne Félicité et Arvin Dookhun,
président de l'aile jeune de l'UN.
Danen Beemadoo, président de l'aile jeune du MMM :
"Recréer chez les jeunes de l'intérêt
pour la politique"
Recréer chez les jeunes de l'intérêt pour
la politique au moyen de sessions de formation en vue de susciter
leur curiosité et leur réflexion : tel est le but
que s'est fixé le nouvel exécutif de l'aile jeune
du Mouvement militant mauricien (MMM) constitué le 27 octobre
dernier et qui est, désormais, présidé par
Danen Beemadoo.
Selon M. Beemadoo, il convient de faire comprendre aux jeunes
que c'est la politique qui définit le modèle de
société que choisit d'adopter tout pays. Aussi,
explique-t-il, alors que la jeunesse mauricienne perd confiance,
selon lui, dans les institutions, la Jeunesse Militante s'emploiera,
en substance, à lui redonner confiance en la politique.
Depuis les élections générales de juillet
2005, indique Danen Beemadoo, la Jeunesse Militante est devenue
"un maillon important du MMM". Il juge la présente
situation "très alarmante" pour la jeunesse et
rappelle le déclassement du pays dans l'indice de perception
de la corruption au niveau de Transparency International ; la
montée de la violence dans des écoles ; le renvoi
des éducateurs de rues et les nouvelles dispositions concernant
le financement des ONG.
"Le gouvernement se sert du pays comme d'un laboratoire
pour des expériences", affirme encore Danen Beemadoo
qui évoque le dossier des derniers Jeux des îles
de l'océan Indien ainsi que la fin de la retransmission
sur la MBC des matches de foot de la Premier League anglaise "très
prisés des jeunes". Aussi, à ce sujet, la Jeunesse
Militante suggère que les Collectivités locales
s'abonnent à des chaînes satellitaires en vue de
la retransmission de ces matches dans les Centres communautaires.
Notons que parmi les douze autres membres du nouvel exécutif
de la Jeunesse Militante, l'on compte Joyce Cherylle Rayapen (secrétaire),
Yusuf-Ali Maghoo (trésorier) et Perside Sandian (représente
au Comité central).
À un congrès à Plaine Magnien vendredi
Rajesh Bhagwan : "Ramgoolam ek Dulthummun pa proprieter
kominoté hindoue !"
Le secrétaire général du MMM, Rajesh Bhagwan,
a vivement dénoncé, à un congrès de
son parti à Plaine Magnien vendredi, la tournure communale
que le Premier ministre et certaines organisations socioculturelles
veulent donner au litige entre le gouvernement et l'industrie
sucrière.
"Navin Ramgoolam ek Dulthummun, zot pa proprieter kominoté
hindoue !", a lancé, excédé, l'orateur
qui a estimé que le porte-parole des organisations socioculturelles
"li pa vaut narien, li vaut zis so lékor ek télévision
!". Vishnu Lutchmeenaraidoo a lui aussi évoqué
le même thème du "nou bann" et que ceux
qui se disent "calipa sont plutôt des courpa
qui sont en train de mettre le pays sur un volcan communal après
l'avoir déjà mis sur un volcan social".
Le leader du MMM, Paul Bérenger, est revenu sur les 10
600 arpents obtenus, dont 7 000 qui sont devenus la propriété
du Sugar Investment Trust entre 2000 et 2005, et a dit que la
démocratisation économique à la Navin Ramgoolam
c'est la baisse de la taxe sur les compagnies de 30% à
15% "pou permet tablisman fer meyer profit",
c'est l'accroissement de l'inégalité salariale,
c'est "bel kado ki fine donne Belle Vue en 98 contrairement
à bann contrats CTDS et Savannah".
C'est dans le même registre qu'il a estimé que "Navin
Ramgoolam ti bizin dernier dimoune ki koz démocratisation,
li péna pider ni l'amour propre". Bérenger
a une nouvelle fois demandé "kisannla planté
et kraz cannes Ramgoolam dans le Sud ?".
Sur les relations au sein du gouvernement après que le
Premier ministre eut dit qu'il n'avait confiance dans aucun de
ses ministres, Paul Bérenger a affirmé que "si
la plupart sont des bouffons et qu'ils n'ont pas bronché,
éna trois ou quatre ki éna dignité et ki
fine senti zot blessé par sa !". D'où sa
prévision qu'il y aura d'autres défections dans
l'Alliance sociale après celles du PMSD et de Dinesh Ramjuttun.
Comme Navin Ramgoolam, dit-il, verse dans le communalisme et qu'il
attaque la presse à chaque fois qu'il est en difficulté,
le leader du MMM a une nouvelle fois fait part de sa détermination
de combattre tout projet visant la liberté de la presse
devant la Cour Suprême et le Privy Council si besoin est,
a déclaré Paul Bérenger.
Il y a eu d'autres intervenants à ce congrès, présidé
par Soodesh Roopun, comme le jeune Reza Uteem qui a impressionné
par ses arguments et son sens de l'humour alors qu'il faisait
le parallèle entre "nous ki éna leker é
zot éna zis zot ti la clé pour ouvert Aston Martin",
Kavi Ramano qui a évoqué le scandale des étals
de Quatre-Bornes, Sam Lauthan, Seilendra Gokhool, Eddy Boissézon
et Tony Apollon.
À l'Assemblée nationale, mardi dernier
Pêche en eaux troubles
Séance plutôt calme ce mardi en l'absence de questions
pour cause de considération du budget supplémentaire
de Rs 1 milliard pour l'exercice financier 2006/2007. Même
si les piques n'ont pas manqué de part et d'autre après
la déclaration du ministre du Logement Asraf Dulull, corrigeant
ce qu'il avait débité comme inexactitudes sur le
dossier controversé des terres réquisitionnées
à Triolet pour les travaux d'extension du SSS Triolet (voir
détail plus loin), et pendant les débats sur le
Fisheries and Marine Resources Bill - d'autant qu'un amendement
de Sunil Dowarkasing, soutenu par l'ensemble de l'opposition,
propose que les projets de "fish farming" soient
obligatoirement soumis à un Environment Impact Assessment.
Longue conversation entre le Premier ministre et son ministre
Etienne Sinatambou avant le début des travaux, ce qui n'a
pas échappé aux députés de l'opposition
qui ont ironisé sur ses récents déboires,
dont la mise sous tutelle du ministère des Finances de
la State Informatics Ltd, qui était jusqu'ici placée
sous les Technologies de l'Information. Rajesh Bhagwan lui a dit
"ala enn mouchoir pou toi" mais le ministre,
bien qu'affichant une mine grave, a rétorqué "guette
sa grand sourire-là, ki to per ?". Pendant ce
temps, Anil Baichoo avait un aparté avec le leader de l'opposition
sur certaines dispositions du Environment Protection Act.
Après la déclaration d'Asraf Dulull, nullement accompagnée
d'applaudissements frénétiques de ses collègues
et même pas ceux de James Burty David, ce sont des cris
de "shame !" qui ont été entendus
des bancs de l'opposition, son leader ajoutant même à
l'adresse de Navin Ramgoolam que "mo konpran to pa fer
confiance to banne ministres !" ; ce qui a passablement
amusé le Premier ministre. L'examen en comité du
budget supplémentaire a été monopolisé
par le leader de l'opposition à qui l'on pourrait difficilement
reprocher de ne pas avoir fait son "home work" vu
qu'il a reclamé des éclaircissements sur les dépenses
supplémentaires de pratiquement tous les ministères.
Celles effectuées pour assurer les repas à l'Assemblée
nationale ont été l'occasion pour l'opposition de
donner quelques coups de griffe à la majorité avec
une référence à l'envahissement jadis de
ses invités à la salle à manger jusqu'à
agresser un ministre. Ajoutant son grain de sel, Rajesh Bhagwan
a soutenu "aster-là manzé resté,
ti éna ki ti pé mette napolitaine dans poche, pé
allé !", ce qui a eu le mérite de dérider
l'hémicycle tout entier.
Fait inédit et qui a été plus tard souligné
par Paul Bérenger, c'est qu'il a échu au seul ministre
des Finances de justifier les dépenses supplémentaires
de tous les ministères, de celles du bureau du Premier
ministre à celui de la Jeunesse et des Sports, en "intensive
care unit", selon Rajesh Bhagwan, après la débâcle
aux derniers Jeux des îles de l'océan Indien.
Un des rares intervenants de la majorité lors de cet item
a été Suren Dayal, qui a semblé sonner la
charge contre le ministre des Affaires Étrangères
Madan Dulloo, dont les services diplomatiques à l'étranger
seraient trop dépensiers à des postes budgétaires
comme les factures téléphoniques. Au moment où
il entamait la formule "I request the minister of Finance"
et qu'il a marqué un temps d'arrêt, Paul Bérenger
a profité pour ajouter "to resign".
Rama Sithanen a bien pris cette blague et a répondu à
son collègue Dayal que certaines dépenses sont nécessaires
et qu'elles augmentent également en raison du taux de change.
Il n'a, par contre, pas été en mesure de donner
le chiffre exact de ce que coûte au pays la représentation
mauricienne désormais permanente auprès de l'Unesco
à Paris. Les autres questions des députés
de l'opposition ont porté sur d'autres sujets comme les
frais d'examen et le transport gratuit.
C'est après le déjeuner que le ministre de l'Agriculture
a présenté son Fisheries and Marine Resources Bill,
texte qui vient renforcer la réglementation du secteur
avec plus de contrôle sur la pêche, illégale
notamment, à un moment, dit-il, où il enregistre
d'importants développements et que son potentiel de croissance
et de création d'emplois est favorisé.
Le leader de l'opposition a déploré que certaines
clauses du texte ne soient que le retour par la porte de derrière
du très litigieux Aquatic Business Activities Bill
alors même que rien n'indique qu'il ne s'agira que de projets
à petite échelle. Paul Bérenger a aussi dit
ses craintes que de tels projets n'aillent "aux petits
copains et aux gros requins" et que cela ne nuise à
notre écosystème.
Il n'a pas manqué de relever que le ministre a vaillamment
défendu le "seafood hub" et le Chantier
Naval de l'océan Indien, projets mis en place sous le précédent
gouvernement et qui furent décriés au même
titre que les IRS et Illovo. Interrompu par les remarques habituelles
de James Burty David, il a rappelé que c'est sur ces mêmes
terres que le ministre Rama Sithanen se propose de "put
his brand new town ! ", ce qui a contribué à
rabattre instantanément quelques caquets.
Plusieurs intervenants sur ce texte, Rama Valayden qui, comme
certains autres, a lu son discours et qui n'a fait l'objet d'aucun
rappel à l'ordre malgré les dispositions de la section
9 du Rule of Debates des Standing Orders de l'Assemblée
nationale ; Alan Ganoo qui a estimé que "the bill
might have missed its target" ; Sunil Dowarkasing qui
a insisté pour que les projets d'aquaculture potentiellement
polluants soient obligatoirement soumis à un permis EIA
; Anil Baichoo qui a profité pour faire le point sur les
travaux entrepris dans le parc marin de Balaclava ; Sheila Grenade
qui a accusé le gouvernement de ne rien faire pour les
pêcheurs et Nicolas Von Mally qui a formulé des demandes
pour que Rodrigues soit mieux équipé afin de protéger
ses pêcheurs et son lagon.
Intervention très suivie, ensuite, d'Anand Rucktooa qui
a parlé du "berri rouge", qui serait un "poisson
qui n'aurait qu'un seul sexe". Il a fait le procès
de la Tourism Authority, qui appliquerait des conditions contraignantes
pour ceux qui pêchent pour le plaisir. Et Joe Lesjongard
d'observer pour sa part que le "gouvernement est à
côté de la plaque" et de déplorer
que les projets d'aquaculture ne soient pas, dans ce texte, assortis
de l'obligation d'avoir un permis EIA.
Jean Claude Barbier s'est, lui aussi, élevé contre
le "manque d'attention des autorités pour la communauté
des pêcheurs et leurs familles vivant dans une situation
précaire" alors que le dernier orateur, de la
majorité, Cader Sayed Hossen a fait un vibrant plaidoyer
en faveur de l'aquaculture, seul moyen d'assurer l'approvisionnement
en produits de la mer pour la consommation.
Après le résumé des débats par Arvin
Boolell, qui a dit qu'il allait prêter une oreille attentive
aux suggestions constructives de l'opposition, il y a eu l'examen
en comité du texte et des débats sur l'amendement
du député Sunil Dowarkasing soutenu par Paul Bérenger
qui a dit que cette activité n'est, par ailleurs, pas prévue
dans la liste de celles qui doivent impérativement obtenir
un permis EIA avant de démarrer leurs activités
; à moins que ce ne soit délibérément
fait pour favoriser du "fishy business", a-t-il
soutenu, sarcastique, mais le ministre s'en est tenu à
sa position antérieure.
Mardi prochain: Débats sur le Competition Bill