Faits et effets…—Une bande d'hypocrites
Humeur—What is acceptable ?
Interrogations —Out of the box
Coups de bec dans l'eau
Faits et effets...
Une bande d'hypocrites
Avant d'en venir à l'essentiel de nos propos, il faut peut-être
relever que le pays glisse vers une situation inédite et
dangereuse avec des institutions qui semblent ne plus avoir de
sens et de raison d'être. Prenons ce Conseil des ministres
que l'on nous a vanté comme important et sacré depuis
des lustres. Passons aussi la rumeur récente d'un walk-out
des délibérations de nul autre que le président
de séance lui-même et attardons-nous sur le fond.
Un Conseil des ministres, ça étudie, en principe,
minutieusement les mémoires qui lui sont soumis et qui
l'aident, d'ailleurs, à décider de la politique
nationale et, même, internationale.
Or, depuis quelque temps, on ne sait pas si c'est cette affaire
de confiance qui pose problème mais les décisions
du Conseil des ministres sont comme des palabres de coin de rue
qui sont constamment remises en question lorsqu'elles ne sont
pas carrément annulées. Il y a ce fameux MAAS, document
de réforme de l'industrie sucrière qui a été
approuvé par le ministre de l'Agriculture, visé
par celui des Finances et même, rapporte-t-on, par la commission
de démocratisation de Cader Sayed Hossen et de Nita Deerpalsing.
Il a été dûment approuvé le 21 avril
2006 et un Sugar Industry Efficiency Act voté à
la même époque avec ses VRS, ERS et autres clusters.
Tout allait pour le mieux jusqu'à ce que le gouvernement
se soit rendu compte qu'il n'obtenait rien. Et au lieu de dire
qu'il avait été un peu vite en besogne, le Premier
ministre remet en question les décisions de son Conseil
des ministres et il nomme son petit comité pour tout revoir.
Et, c'est d'abord, les terres qui sont en question et la production
de l'électricité par le privé ensuite. Ce
qui nous conduit à la situation du moment, exacerbée
par le fait que les organisations socioculturelles se soient invitées
dans le débat. Le contraire, de toute façon, aurait
été bien étonnant, le Premier ministre ayant
choisi exclusivement ce terrain-là pour débattre
de la question. Toujours est-il qu'une décision du conseil
des ministres est contestée 17 mois après.
C'est la même chose pour l'école de Chitrakoot. Le
Conseil des ministres a décidé de la fermeture,
nous a-t-on dit, sur la base d'un rapport de techniciens. Il a
fallu que les forces vives protestent, que Dinesh Ramjuttun, encore
conseiller du Premier ministre, se mettent de la partie pour que
la décision du Conseil des ministres soit remise en question.
Le rapport d'experts n'est pas rendu public parce que le Premier
ministre est venu dire que lui-même et ses collègues
ne l'avaient pas très bien cerné et qu'il comporte
des aspects discutables, ce qui relève, comme on le voit,
d'un grand souci de transparence. Mais toujours est-il que c'est
la position des forces vives et de Dinesh Ramjuttun qui a primé
et tant pis pour le Conseil des ministres et Dharam Gokhool qui,
désavoué au même titre qu'Arvin Boolell sur
le dossier sucre, Etienne Sinatambou, amputé de ses principaux
organismes et d'autres, reste quand même en place.
Il n'y a pas que le Conseil des ministres qui est ainsi dévalué.
L'Assemblée nationale était devenue un auguste bazar
depuis les incidents du 24 août dernier au cours desquels
Anil Baichoo fut agressé mais elle conforte sa position
depuis. On sait maintenant que l'on peut y débiter n'importe
quoi surtout lorsqu'on ne maîtrise pas son dossier. Il y
a eu le double cas d'Asraf Dulull et d'Arvin Boolell qui, au lieu
de venir platement s'excuser pour s'être trompés
et trompé la chambre se posent en donneur de leçons
et, par porte-parole interposés, en Speakers parallèles
du Parlement.
Tout cela était déjà assez triste. Voilà
que le pays vit au rythme de la querelle sucrière. Comme
nous l'avons déjà écrit, c'est normal que
l'industrie fasse un geste, comme cela a été le
cas dans le passé. Mais il faut encore savoir quel usage
sera fait des terres qui seront mises à la disposition
du gouvernement, des exemples récents n'étant pas
très rassurants sur l'utilisation judicieuse et profitable
au plus grand nombre des biens publics. Il n'y a qu'à voir
ce qui se passe à l'îlot Gabriel et aux petits planteurs
de Riche Terre et de Terre Rouge !
Le débat est délibérément porté
sur le registre communal bien qu'il soit placé dans une
enveloppe idéologique pour tromper la population. À
entendre certaines vociférations, on aurait pu penser revenir
effectivement à la lutte des classes. Mais quelle farce,
quelle imposture. On peut parler de l'oligarchie le matin et se
retrouver à sa table, le même soir, pour déguster
de la langouste et boire du bon cru.
On peut pourfendre l'oligarchie et prendre sa petite contribution
de campagne sans regarder la couleur de l'argent comme on peut
allégrement ignorer la question de savoir qui sont ceux
qui s'occupent des cannes de ces honorables membres du PTr qui,
comme tout le monde sait, n'ont finalement qu'un seul travail
à faire, celui de percevoir les revenus de leur récolte.
Un traditionnel et vrai "early harvest" selon les connaisseurs.
On peut critiquer les IRS et se bousculer pour être aux
premières loges à la pose de la première
de Anahita.
C'est aussi comme dénoncer le deal Illovo et inaugurer
quand même les bureaux de ses amis travaillistes à
Ébène, de donner des terres à Rs 100 l'arpent
l'an à Appollo et contempler activement une nouvelle ville
à Highlands. Si le gouvernement critique le deal Illovo,
le moins qu'il puisse faire, c'est de rester très loin
de ces terres et les donner à des familles de squatters.
Cela aurait donné du crédit aux grandes envolées
idéologiques de ses membres. Il ne le fait pas, c'est pourquoi
il n'est pas exagéré de dire que nous avons bel
et bien affaire à une bande d'hypocrites.
Humeur
What is acceptable ?
Jacques d'Unienville, l'interviewé de Week-End cette
semaine, a raison. Il serait temps que Navin Ramgoolam dise aux
Mauriciens qu'elles sont les conditions acceptables pour qu'il
autorise la mise en place de la réforme sucrière
que son gouvernement a ratifié et que lui-même et
ses ministres de l'Agriculture et des Finances sont allés
défendre dans des forums internationaux. Parce que dans
cette polémique économique, qu'il a dès le
départ transformé en enjeu communal - souvenez-vous
du mot "colonialiste" accolé au nom de Jacques
de Navacelle - il met l'accent sur ce qui lui semble inacceptable,
jamais sur ce qu'il serait en mesure d'accepter. Encore qu'il
faut quand même souligner qu'il a toujours gardé
un flou artistique sur ce qu'il aurait pu accepter. Au départ
de la polémique, il décrète que le secteur
sucrier - bannla - est le principal bénéficiaire
de la réforme et qu'il faut qu'il partage. Ouvrons une
parenthèse pour dire qu'à ce moment-là le
fait qu'il ait plusieurs fois déclaré qu'il était
le papa de ladite réforme et qu'elle était inévitable
ne l'a absolument pas gêné. Campant sur les positions
qu'il venait tout juste de découvrir, Navin Ramgoolam a
alors exigé que bannla lui fassent des propositions
"justes et équitables" pour partager les
fruits de la réforme. Lesquels fruits ne peuvent être
cueillis que si la réforme est mise en application au lieu
d'être bloquée par la volonté premier-ministérielle.
C'est une énorme contradiction qui échappe à
la logique ramgoolamienne. Donc, Ramgoolam veut des terres, des
shares et des participations aux profits astronomiques
que font les centrales thermiques. Profits faits grâce aux
exemptions et autres conditions exceptionnelles accordées
par son propre gouvernement, mais c'est un autre détail
auquel il ne s'arrête pas. Il est à noter que cette
réclamation pour le partage des fruits de la réforme
dont l'arbre n'a jamais été mis en terre est verbale.
C'est lors de cérémonies où Navin Ramgoolam,
le rassembleur et l'anti-communalisme déclaré, se
gargarise de "nou bann" que ces réclamations
de partage sont faites.
Pour répondre à Navin Ramgoolam sur la question
des terres, le secteur privé a, contrairement au Premier
ministre, utilisé une lettre de celui qui est officiellement
responsable du ministère de l'Agriculture. Arvin Boolell
avait fixé à 1 500 arpents le nombre de terres requises
pour le partage des fruits à venir. Bon prince, le secteur
sucrier est allé jusqu'à 2 000 arpents en demandant
que les premiers 1 500 soient dévolus à des projets
sociaux et que les sociétés étatiques qui
vont également bénéficier des fruits à
venir de la réforme participent à l'offrande des
500 arpents restants. Plus royaliste que le roi, Navin Ramgoolam
a une fois de plus déclaré que cette proposition
était inacceptable et qu'il en attendait une autre "juste
et équitable". Le tout déclaré,
comme d'habitude, au cours d'une autre réunion où
l'utilisation du terme "nou bann" fut chaudement
applaudie. La question est une fois de plus posé : si déclarer
inacceptable le fait que quand on exige 1 500 arpents on en obtient
2 000, what is acceptable ? Et si on juge tout inacceptable
sans jamais mettre des paramètres précis au terme,
le petit jeu peut durer longtemps, au-delà des deadlines
que le pays a pris l'engagement de respecter pour obtenir les
fruits de la réforme de l'Union européenne. La revendication
ramgoolalienne vient de franchir une nouvelle étape : un
front réunissant 26 associations socioculturelles et religieuses
a été constitué pour appuyer la demande du
Premier ministre qui n'a jamais été rendue publique.
Le seul hic de taille de la constitution de ce mouvement réside
dans la déclaration de son président. Il a affirmé
lors d'une conférence de presse que c'est "à
la demande du Premier ministre" que le front allait démarrer
une campagne de sensibilisation devant se terminer par une manifestation
monstre devant les bureaux de la MSPA. Est-ce acceptable que le
Premier ministre d'un pays demande à des organisations
socioculturelles d'organiser une campagne de sensibilisation à
travers le pays contre le secteur sucrier pour obtenir une proposition
"juste et équitable" qu'il n'a jamais définie
?
Érick Brelu-Brelu, ex-rédacteur en chef de La
Vie Catholique, a mis fin à ses jours la semaine dernière.
Toute la presse en a parlé, sauf un torchon qui se prend
pour un journal, donne des leçons d'éthique à
tout un chacun. Où des embusqués, cachés
dans l'anonymat, fouillent dans les poubelles et les latrines,
attaquent, insultent, menacent et diffament en toute impunité.
Dans son avant-dernière édition, ce torchon avait
consacré un texte diffamatoire à Érick Brelu-Brelu,
l'invitant a "lev so paké allé" du poste
de rédacteur en chef de La Vie Catholique. L'auteur
de cette vomissure et celui qui en a autorisé la publication
devraient crier victoire après ce qui s'est passé
jeudi de la semaine dernière. Ne pas dénoncer cette
ignominie aurait été une forme de complicité
avec les embusqués. Ça, c'est inacceptable !
Interrogations
Out of the box
Catégoriser les gens derrière une unique étiquette
- religion, ethnie, sexe - alimente les conflits. Promouvoir la
paix implique donc la volonté de dynamiter les classifications
simplistes. C'est le constat, édifiant à plus d'un
titre, qui émane d'un rapport qui vient d'être remis,
le 9 novembre dernier, à la Commission du Commonwealth.
Et comme Maurice fait partie du Commonwealth, ce rapport mérite
de nous intéresser non seulement pour ce qu'il représente
au niveau global, mais aussi par rapport à un contexte
actuel très particulier.
Ce rapport remis au Commonwealth est signé par l'économiste
indien Amartya Sen, le philosophe américano-ghanéen
Kwame Anthony Appiah, la femme politique sino-canadienne Adrienne
Clarkson et le politicien nord-irlandais lord John Alderdice.
Avec sept autres personnalités, ils ont essayé,
pendant deux ans, de comprendre pourquoi tant de groupes d'individus
s'affrontent à travers le monde, et de déterminer
comment on pouvait tenter d'y remédier.
Le résultat, c'est donc une réflexion exigeante
sur "les dangers qu'il y a à enfermer les individus
dans des boîtes hermétiques, et sur le cynisme dont
font preuve des chefs de guerre tribaux ou ethniques ou des fanatiques
nationalistes ou religieux, essayant en permanence de caser les
gens dans des catégories simplistes et sclérosées
parce que c'est dans leur intérêt et que cela entretient
les conflits".
Les auteurs du rapport font ainsi ressortir qu'au lieu d'interpeller
des entités, pour inciter chacun des deux "camps"
à avoir une meilleure opinion de l'autre, il serait plus
sage de leur rappeler qu'ils possèdent beaucoup d'autres
identités : ils sont aussi parents, partisans de telle
ou telle idéologie politique ou économique, pratiquants
d'une langue, amateurs de tel type de cuisine, passionnés
de sport, fans de musique, etc. Dans ce cadre, le minimum, poursuivent
les auteurs, serait que les autorités qui cherchent à
maintenir la paix entre les communautés ne renforcent pas
le pouvoir des individus à l'origine des dissensions.
Que d'échos pouvons-nous trouver, localement, aux constats
et remarques contenus dans ce rapport ! Certes, notre contexte
actuel n'en est pas un de guerre physique. Mais nous ne nous retrouvons
pas moins au cur d'un conflit qui s'intensifie sur des bases
très dangereuses. Et qui pourrait avoir des suites dévastatrices
pour notre pays dans son ensemble.
La " guerre " qui se joue actuellement entre les sucriers
et l'Etat est en train de prendre des proportions qui dépassent
de très loin la seule question du sucre. Il est ici question
d'une volonté politique déclarée d'inverser,
en tout cas, de changer un rapport de force économique,
pour ne pas dire une domination économique installée
depuis l'époque de la colonisation, à la faveur
de l'esclavage et de l'engagisme. Ces trois réalités
ont intrinsèquement façonné notre société,
avec des retombées, favorables pour les uns, négatives
pour les autres, qui perdurent encore aujourd'hui. Personne ne
peut nier que les descendants de colons ont bénéficié
et continuent de profiter de la propriété des terres
que leur a permis le système de la colonisation, propriété
foncière qui a été refusée aux descendants
d'esclaves africains mais consentie, dans une mesure malgré
tout non négligeable, aux descendants d'engagés
d'origine majoritairement indienne. Il ne s'agit pas de remuer
une histoire révolue. Il s'agit de prendre en compte les
conséquences réelles qu'a eues et que continue d'avoir
cette histoire sur notre présent. Il s'agit de prendre
en compte que la " réparation " nécessaire
n'a pas eu lieu, et que cela donne lieu à un débalancement,
voire à des situations d'injustice, qui ne nous permettront
pas de nous construire plus avant, dans le respect mutuel et la
sérénité, si nous ne nous y confrontons pas
dans une volonté de les résoudre.
Maintenant, il faut voir comment on introduit et règle
cette problématique dans un souci d'éviter qu'elle
n'ait, au final, des conséquences plus désastreuses
que la situation de départ. Et c'est là que la situation
actuelle pose question. On peut choisir d'y voir, d'un côté,
des " Blancs " uniquement soucieux de continuer à
profiter d'avantages et de privilèges iniques, acquis et
exercés au détriment du reste de la population.
On peut choisir d'y voir un gouvernement qui n'hésite pas,
à travers le " nou bann " savamment distillé,
à tirer le combat sur le terrain ethnique. Mais ce serait,
d'un côté comme de l'autre, enfermer l'un et l'autre
dans une seule identité, en niant tout ce que nous avons
de commun, toutes nos identités partagées, tout
ce que nous avons construit, malgré tout, les uns avec
les autres, et tout ce que nous pouvons encore espérer
bâtir pour peu que nous sachions voir au-delà de
nos seuls petits intérêts personnels. Sortir des
boîtes où a voulu nous enfermer l'histoire, des boîtes
que nous construisons nous-mêmes aujourd'hui, pour réaffirmer
la volonté de trouver des solutions et une nouvelle façon
de construire ensemble.
Selon la mythologie hellénique, Pandore fut dotée
par les dieux de tous les dons, mais favorisa l'entrée
du mal sur la terre pour avoir laissé ouvrir le vase où
Zeus avait enfermé les misères et les maux. Au fond
de la boîte de Pandore, il ne resta plus en conséquence
aux humains que l'espérance en guise de consolation. À
charge de savoir si nous saurons, nous, ouvrir la boîte
pour en résoudre les maux et les misères
Coups de bec dans l'eau
Ainsi, c'est à quelques encablures même de l'endroit
où s'était produite la fusillade de 1943, à
Belle Vue, où périt Anjalay Coopen et trois autres
laboureurs de l'industrie sucrière - à quelques
gaulettes même, pour faire un peu plus historique, plus
rural et plus terre à terre ! - qu'une journaliste du Mauricien,
Aurélie Tourail et son collègue photographe, Michaël
Bonomally, auraient pu, cette semaine, prendre une balle perdue
! Et, ce, en pleine période d'entre-chasse. De surcroit
un mardi, jour de semaine où la chasse tant aux liévres
qu'aux journalistes n'est ni souhaitée ni permise. Après
l'affreux drame de St Pierre, l'année dernière,
on serait tenté de comprendre, sans pour autant l'excuser,
qu'un membre de la famille Bhugheeloo ait eu la gâchette
facile, le métier de taxidermiste étant intimement
lié au canon lisse et autres armes à feu, initialement
destinées aux sangliers et autres cervidés. Mais
de là à croire que la recette d'un bon Denim griffé
Tee Sun Ltd, débarrassé de ses effluents nocifs
un peu moins présentables, se garde à la carabine
... On n'est plus à l'époque des cavernes mais de
bonnes caves à vin. Pour évacuer les vapeurs nocives
du textile - en ignorant celles de certains de ses pontes un peu
trop musclés - il doit exister d'autres moyens. L'incinération
tout court, par exemple !
Bel effort de la MBCTV pour avoir réuni une palette d'invités
pour son dossier sucre et énergétique. Un historien
au ton juste, des syndicalistes bien dans leur rôle, une
députée de la majorité, militant sur le front
même de ce dossier brûlant depuis quelques temps et
le président du CEB, désABUsé mais bien
armé, survolté même des fois, avec ses chiffres
secrets qu'il trimbale d'émission en émission et
qu'il menace de publier. ( En passant: nous sommes preneurs, au
kilowatt cm/col). S'il manquait, là, la MSPA, qui s'était
abstenue d'y participer pour des raisons, dit-elle, compréhensibles,
il manquait certainement au présentateur le tact nécessaire
pour faire de cette émission ce qu'elle était censée
être : une d'information et non un réquisitoire aveugle
contre tous les barons sucriers qu'on semblait vouloir empiler
les uns sur les autres dans le même sac. Quand un syndicaliste
vient annoncer que " Taler Patrick pou vinn en détaill
avec banne chiffres " ou que Nita Deerpalsing vient s'étonner
que le transport de la canne et du sucre se faisait par voie
ferroviaire à Maurice jusqu'aux années 50, on ne
peut rester, comme disait Navin lui même, au soir d'une
défaite électorale, un peu perplexe
Au fait,
quand est-ce que les cheminots Mauriciens - il en reste sans doute
autant que nos clinquants anciens combattants - seront-ils compensés
pour être restés sur le carreau après le démantèlement
du réseau de nos chemins de fer. Ces vaillants artisans,
eux aussi touchaient un peu au charbon, à la vapeur omniprésente
des chaudières, à la canne qu'ils transportaient
au moulin et au sucre qu'ils déversaient sans arrêt
au Grenier, dernière étape avant l'embarquement.
Vite, un syndicat des ex-cheminots pour réclamer une partie
de la commission payée à certains notables de l'époque,
qui avaient réussi, là, il faut le dire, un véritable
double tour de force. Ou de magie : vendre, en moins de deux,
tout un réseau de Chemins de fer, locomotives, wagons,
rails, panneaux indicateurs, madriers, etc. Personne ne sait trop
où a atterri tout cette grosse ferraille. En Afrique du
Sud disent certains, en Rhodésie du Sud, en Israël
disent d'autres. Personne, non plus, n'a dévoilé
le tout petit pêché mignon, qu'il soit d'Israël
ou d'ailleurs, commis dans le sillage de cette transaction douteuse
: " L'incontournable petit dithé touché par
les uns et les autres ". La machine à laver de l'ICAC
étant sans doute d'un modèle trop récent
pour s'y pencher, une petite incursion dans les livres de comptes,
au N° 7, Square Guy Rozemont, Port Louis, pourrait peut-être
nous remettre sur l'ancienne voie ferrée
Et permettre
de ferrer, qui sait, un gros poisson. Mort ou vif ! Les bourgeois
d'hier valent tout aussi bien ceux d'aujourd'hui
|
o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 18 novembre 2007
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