o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 18 novembre 2007



  Faits et effets…—Une bande d'hypocrites
  Humeur—What is acceptable ?
  Interrogations —Out of the box
  Coups de bec dans l'eau


Faits et effets...

Une bande d'hypocrites
Josie Lebrasse


Avant d'en venir à l'essentiel de nos propos, il faut peut-être relever que le pays glisse vers une situation inédite et dangereuse avec des institutions qui semblent ne plus avoir de sens et de raison d'être. Prenons ce Conseil des ministres que l'on nous a vanté comme important et sacré depuis des lustres. Passons aussi la rumeur récente d'un walk-out des délibérations de nul autre que le président de séance lui-même et attardons-nous sur le fond. Un Conseil des ministres, ça étudie, en principe, minutieusement les mémoires qui lui sont soumis et qui l'aident, d'ailleurs, à décider de la politique nationale et, même, internationale.

Or, depuis quelque temps, on ne sait pas si c'est cette affaire de confiance qui pose problème mais les décisions du Conseil des ministres sont comme des palabres de coin de rue qui sont constamment remises en question lorsqu'elles ne sont pas carrément annulées. Il y a ce fameux MAAS, document de réforme de l'industrie sucrière qui a été approuvé par le ministre de l'Agriculture, visé par celui des Finances et même, rapporte-t-on, par la commission de démocratisation de Cader Sayed Hossen et de Nita Deerpalsing. Il a été dûment approuvé le 21 avril 2006 et un Sugar Industry Efficiency Act voté à la même époque avec ses VRS, ERS et autres clusters.

Tout allait pour le mieux jusqu'à ce que le gouvernement se soit rendu compte qu'il n'obtenait rien. Et au lieu de dire qu'il avait été un peu vite en besogne, le Premier ministre remet en question les décisions de son Conseil des ministres et il nomme son petit comité pour tout revoir. Et, c'est d'abord, les terres qui sont en question et la production de l'électricité par le privé ensuite. Ce qui nous conduit à la situation du moment, exacerbée par le fait que les organisations socioculturelles se soient invitées dans le débat. Le contraire, de toute façon, aurait été bien étonnant, le Premier ministre ayant choisi exclusivement ce terrain-là pour débattre de la question. Toujours est-il qu'une décision du conseil des ministres est contestée 17 mois après.

C'est la même chose pour l'école de Chitrakoot. Le Conseil des ministres a décidé de la fermeture, nous a-t-on dit, sur la base d'un rapport de techniciens. Il a fallu que les forces vives protestent, que Dinesh Ramjuttun, encore conseiller du Premier ministre, se mettent de la partie pour que la décision du Conseil des ministres soit remise en question. Le rapport d'experts n'est pas rendu public parce que le Premier ministre est venu dire que lui-même et ses collègues ne l'avaient pas très bien cerné et qu'il comporte des aspects discutables, ce qui relève, comme on le voit, d'un grand souci de transparence. Mais toujours est-il que c'est la position des forces vives et de Dinesh Ramjuttun qui a primé et tant pis pour le Conseil des ministres et Dharam Gokhool qui, désavoué au même titre qu'Arvin Boolell sur le dossier sucre, Etienne Sinatambou, amputé de ses principaux organismes et d'autres, reste quand même en place.

Il n'y a pas que le Conseil des ministres qui est ainsi dévalué. L'Assemblée nationale était devenue un auguste bazar depuis les incidents du 24 août dernier au cours desquels Anil Baichoo fut agressé mais elle conforte sa position depuis. On sait maintenant que l'on peut y débiter n'importe quoi surtout lorsqu'on ne maîtrise pas son dossier. Il y a eu le double cas d'Asraf Dulull et d'Arvin Boolell qui, au lieu de venir platement s'excuser pour s'être trompés et trompé la chambre se posent en donneur de leçons et, par porte-parole interposés, en Speakers parallèles du Parlement.

Tout cela était déjà assez triste. Voilà que le pays vit au rythme de la querelle sucrière. Comme nous l'avons déjà écrit, c'est normal que l'industrie fasse un geste, comme cela a été le cas dans le passé. Mais il faut encore savoir quel usage sera fait des terres qui seront mises à la disposition du gouvernement, des exemples récents n'étant pas très rassurants sur l'utilisation judicieuse et profitable au plus grand nombre des biens publics. Il n'y a qu'à voir ce qui se passe à l'îlot Gabriel et aux petits planteurs de Riche Terre et de Terre Rouge !

Le débat est délibérément porté sur le registre communal bien qu'il soit placé dans une enveloppe idéologique pour tromper la population. À entendre certaines vociférations, on aurait pu penser revenir effectivement à la lutte des classes. Mais quelle farce, quelle imposture. On peut parler de l'oligarchie le matin et se retrouver à sa table, le même soir, pour déguster de la langouste et boire du bon cru.

On peut pourfendre l'oligarchie et prendre sa petite contribution de campagne sans regarder la couleur de l'argent comme on peut allégrement ignorer la question de savoir qui sont ceux qui s'occupent des cannes de ces honorables membres du PTr qui, comme tout le monde sait, n'ont finalement qu'un seul travail à faire, celui de percevoir les revenus de leur récolte. Un traditionnel et vrai "early harvest" selon les connaisseurs. On peut critiquer les IRS et se bousculer pour être aux premières loges à la pose de la première de Anahita.

C'est aussi comme dénoncer le deal Illovo et inaugurer quand même les bureaux de ses amis travaillistes à Ébène, de donner des terres à Rs 100 l'arpent l'an à Appollo et contempler activement une nouvelle ville à Highlands. Si le gouvernement critique le deal Illovo, le moins qu'il puisse faire, c'est de rester très loin de ces terres et les donner à des familles de squatters. Cela aurait donné du crédit aux grandes envolées idéologiques de ses membres. Il ne le fait pas, c'est pourquoi il n'est pas exagéré de dire que nous avons bel et bien affaire à une bande d'hypocrites.




Humeur

What is acceptable ?
Jean-Claude Antoine


Jacques d'Unienville, l'interviewé de Week-End cette semaine, a raison. Il serait temps que Navin Ramgoolam dise aux Mauriciens qu'elles sont les conditions acceptables pour qu'il autorise la mise en place de la réforme sucrière que son gouvernement a ratifié et que lui-même et ses ministres de l'Agriculture et des Finances sont allés défendre dans des forums internationaux. Parce que dans cette polémique économique, qu'il a dès le départ transformé en enjeu communal - souvenez-vous du mot "colonialiste" accolé au nom de Jacques de Navacelle - il met l'accent sur ce qui lui semble inacceptable, jamais sur ce qu'il serait en mesure d'accepter. Encore qu'il faut quand même souligner qu'il a toujours gardé un flou artistique sur ce qu'il aurait pu accepter. Au départ de la polémique, il décrète que le secteur sucrier - bannla - est le principal bénéficiaire de la réforme et qu'il faut qu'il partage. Ouvrons une parenthèse pour dire qu'à ce moment-là le fait qu'il ait plusieurs fois déclaré qu'il était le papa de ladite réforme et qu'elle était inévitable ne l'a absolument pas gêné. Campant sur les positions qu'il venait tout juste de découvrir, Navin Ramgoolam a alors exigé que bannla lui fassent des propositions "justes et équitables" pour partager les fruits de la réforme. Lesquels fruits ne peuvent être cueillis que si la réforme est mise en application au lieu d'être bloquée par la volonté premier-ministérielle. C'est une énorme contradiction qui échappe à la logique ramgoolamienne. Donc, Ramgoolam veut des terres, des shares et des participations aux profits astronomiques que font les centrales thermiques. Profits faits grâce aux exemptions et autres conditions exceptionnelles accordées par son propre gouvernement, mais c'est un autre détail auquel il ne s'arrête pas. Il est à noter que cette réclamation pour le partage des fruits de la réforme dont l'arbre n'a jamais été mis en terre est verbale. C'est lors de cérémonies où Navin Ramgoolam, le rassembleur et l'anti-communalisme déclaré, se gargarise de "nou bann" que ces réclamations de partage sont faites.

Pour répondre à Navin Ramgoolam sur la question des terres, le secteur privé a, contrairement au Premier ministre, utilisé une lettre de celui qui est officiellement responsable du ministère de l'Agriculture. Arvin Boolell avait fixé à 1 500 arpents le nombre de terres requises pour le partage des fruits à venir. Bon prince, le secteur sucrier est allé jusqu'à 2 000 arpents en demandant que les premiers 1 500 soient dévolus à des projets sociaux et que les sociétés étatiques qui vont également bénéficier des fruits à venir de la réforme participent à l'offrande des 500 arpents restants. Plus royaliste que le roi, Navin Ramgoolam a une fois de plus déclaré que cette proposition était inacceptable et qu'il en attendait une autre "juste et équitable". Le tout déclaré, comme d'habitude, au cours d'une autre réunion où l'utilisation du terme "nou bann" fut chaudement applaudie. La question est une fois de plus posé : si déclarer inacceptable le fait que quand on exige 1 500 arpents on en obtient 2 000, what is acceptable ? Et si on juge tout inacceptable sans jamais mettre des paramètres précis au terme, le petit jeu peut durer longtemps, au-delà des deadlines que le pays a pris l'engagement de respecter pour obtenir les fruits de la réforme de l'Union européenne. La revendication ramgoolalienne vient de franchir une nouvelle étape : un front réunissant 26 associations socioculturelles et religieuses a été constitué pour appuyer la demande du Premier ministre qui n'a jamais été rendue publique. Le seul hic de taille de la constitution de ce mouvement réside dans la déclaration de son président. Il a affirmé lors d'une conférence de presse que c'est "à la demande du Premier ministre" que le front allait démarrer une campagne de sensibilisation devant se terminer par une manifestation monstre devant les bureaux de la MSPA. Est-ce acceptable que le Premier ministre d'un pays demande à des organisations socioculturelles d'organiser une campagne de sensibilisation à travers le pays contre le secteur sucrier pour obtenir une proposition "juste et équitable" qu'il n'a jamais définie ?

Érick Brelu-Brelu, ex-rédacteur en chef de La Vie Catholique, a mis fin à ses jours la semaine dernière. Toute la presse en a parlé, sauf un torchon qui se prend pour un journal, donne des leçons d'éthique à tout un chacun. Où des embusqués, cachés dans l'anonymat, fouillent dans les poubelles et les latrines, attaquent, insultent, menacent et diffament en toute impunité. Dans son avant-dernière édition, ce torchon avait consacré un texte diffamatoire à Érick Brelu-Brelu, l'invitant a "lev so paké allé" du poste de rédacteur en chef de La Vie Catholique. L'auteur de cette vomissure et celui qui en a autorisé la publication devraient crier victoire après ce qui s'est passé jeudi de la semaine dernière. Ne pas dénoncer cette ignominie aurait été une forme de complicité avec les embusqués. Ça, c'est inacceptable !




Interrogations

Out of the box
Shenaz Patel


Catégoriser les gens derrière une unique étiquette - religion, ethnie, sexe - alimente les conflits. Promouvoir la paix implique donc la volonté de dynamiter les classifications simplistes. C'est le constat, édifiant à plus d'un titre, qui émane d'un rapport qui vient d'être remis, le 9 novembre dernier, à la Commission du Commonwealth. Et comme Maurice fait partie du Commonwealth, ce rapport mérite de nous intéresser non seulement pour ce qu'il représente au niveau global, mais aussi par rapport à un contexte actuel très particulier.

Ce rapport remis au Commonwealth est signé par l'économiste indien Amartya Sen, le philosophe américano-ghanéen Kwame Anthony Appiah, la femme politique sino-canadienne Adrienne Clarkson et le politicien nord-irlandais lord John Alderdice. Avec sept autres personnalités, ils ont essayé, pendant deux ans, de comprendre pourquoi tant de groupes d'individus s'affrontent à travers le monde, et de déterminer comment on pouvait tenter d'y remédier.

Le résultat, c'est donc une réflexion exigeante sur "les dangers qu'il y a à enfermer les individus dans des boîtes hermétiques, et sur le cynisme dont font preuve des chefs de guerre tribaux ou ethniques ou des fanatiques nationalistes ou religieux, essayant en permanence de caser les gens dans des catégories simplistes et sclérosées parce que c'est dans leur intérêt et que cela entretient les conflits".

Les auteurs du rapport font ainsi ressortir qu'au lieu d'interpeller des entités, pour inciter chacun des deux "camps" à avoir une meilleure opinion de l'autre, il serait plus sage de leur rappeler qu'ils possèdent beaucoup d'autres identités : ils sont aussi parents, partisans de telle ou telle idéologie politique ou économique, pratiquants d'une langue, amateurs de tel type de cuisine, passionnés de sport, fans de musique, etc. Dans ce cadre, le minimum, poursuivent les auteurs, serait que les autorités qui cherchent à maintenir la paix entre les communautés ne renforcent pas le pouvoir des individus à l'origine des dissensions.

Que d'échos pouvons-nous trouver, localement, aux constats et remarques contenus dans ce rapport ! Certes, notre contexte actuel n'en est pas un de guerre physique. Mais nous ne nous retrouvons pas moins au cœur d'un conflit qui s'intensifie sur des bases très dangereuses. Et qui pourrait avoir des suites dévastatrices pour notre pays dans son ensemble.

La " guerre " qui se joue actuellement entre les sucriers et l'Etat est en train de prendre des proportions qui dépassent de très loin la seule question du sucre. Il est ici question d'une volonté politique déclarée d'inverser, en tout cas, de changer un rapport de force économique, pour ne pas dire une domination économique installée depuis l'époque de la colonisation, à la faveur de l'esclavage et de l'engagisme. Ces trois réalités ont intrinsèquement façonné notre société, avec des retombées, favorables pour les uns, négatives pour les autres, qui perdurent encore aujourd'hui. Personne ne peut nier que les descendants de colons ont bénéficié et continuent de profiter de la propriété des terres que leur a permis le système de la colonisation, propriété foncière qui a été refusée aux descendants d'esclaves africains mais consentie, dans une mesure malgré tout non négligeable, aux descendants d'engagés d'origine majoritairement indienne. Il ne s'agit pas de remuer une histoire révolue. Il s'agit de prendre en compte les conséquences réelles qu'a eues et que continue d'avoir cette histoire sur notre présent. Il s'agit de prendre en compte que la " réparation " nécessaire n'a pas eu lieu, et que cela donne lieu à un débalancement, voire à des situations d'injustice, qui ne nous permettront pas de nous construire plus avant, dans le respect mutuel et la sérénité, si nous ne nous y confrontons pas dans une volonté de les résoudre.

Maintenant, il faut voir comment on introduit et règle cette problématique dans un souci d'éviter qu'elle n'ait, au final, des conséquences plus désastreuses que la situation de départ. Et c'est là que la situation actuelle pose question. On peut choisir d'y voir, d'un côté, des " Blancs " uniquement soucieux de continuer à profiter d'avantages et de privilèges iniques, acquis et exercés au détriment du reste de la population. On peut choisir d'y voir un gouvernement qui n'hésite pas, à travers le " nou bann " savamment distillé, à tirer le combat sur le terrain ethnique. Mais ce serait, d'un côté comme de l'autre, enfermer l'un et l'autre dans une seule identité, en niant tout ce que nous avons de commun, toutes nos identités partagées, tout ce que nous avons construit, malgré tout, les uns avec les autres, et tout ce que nous pouvons encore espérer bâtir pour peu que nous sachions voir au-delà de nos seuls petits intérêts personnels. Sortir des boîtes où a voulu nous enfermer l'histoire, des boîtes que nous construisons nous-mêmes aujourd'hui, pour réaffirmer la volonté de trouver des solutions et une nouvelle façon de construire ensemble.

Selon la mythologie hellénique, Pandore fut dotée par les dieux de tous les dons, mais favorisa l'entrée du mal sur la terre pour avoir laissé ouvrir le vase où Zeus avait enfermé les misères et les maux. Au fond de la boîte de Pandore, il ne resta plus en conséquence aux humains que l'espérance en guise de consolation. À charge de savoir si nous saurons, nous, ouvrir la boîte pour en résoudre les maux et les misères…




Coups de bec dans l'eau


J R


Ainsi, c'est à quelques encablures même de l'endroit où s'était produite la fusillade de 1943, à Belle Vue, où périt Anjalay Coopen et trois autres laboureurs de l'industrie sucrière - à quelques gaulettes même, pour faire un peu plus historique, plus rural et plus terre à terre ! - qu'une journaliste du Mauricien, Aurélie Tourail et son collègue photographe, Michaël Bonomally, auraient pu, cette semaine, prendre une balle perdue ! Et, ce, en pleine période d'entre-chasse. De surcroit un mardi, jour de semaine où la chasse tant aux liévres qu'aux journalistes n'est ni souhaitée ni permise. Après l'affreux drame de St Pierre, l'année dernière, on serait tenté de comprendre, sans pour autant l'excuser, qu'un membre de la famille Bhugheeloo ait eu la gâchette facile, le métier de taxidermiste étant intimement lié au canon lisse et autres armes à feu, initialement destinées aux sangliers et autres cervidés. Mais de là à croire que la recette d'un bon Denim griffé Tee Sun Ltd, débarrassé de ses effluents nocifs un peu moins présentables, se garde à la carabine ... On n'est plus à l'époque des cavernes mais de bonnes caves à vin. Pour évacuer les vapeurs nocives du textile - en ignorant celles de certains de ses pontes un peu trop musclés - il doit exister d'autres moyens. L'incinération tout court, par exemple !

Bel effort de la MBCTV pour avoir réuni une palette d'invités pour son dossier sucre et énergétique. Un historien au ton juste, des syndicalistes bien dans leur rôle, une députée de la majorité, militant sur le front même de ce dossier brûlant depuis quelques temps et le président du CEB, désABUsé mais bien armé, survolté même des fois, avec ses chiffres secrets qu'il trimbale d'émission en émission et qu'il menace de publier. ( En passant: nous sommes preneurs, au kilowatt cm/col). S'il manquait, là, la MSPA, qui s'était abstenue d'y participer pour des raisons, dit-elle, compréhensibles, il manquait certainement au présentateur le tact nécessaire pour faire de cette émission ce qu'elle était censée être : une d'information et non un réquisitoire aveugle contre tous les barons sucriers qu'on semblait vouloir empiler les uns sur les autres dans le même sac. Quand un syndicaliste vient annoncer que " Taler Patrick pou vinn en détaill avec banne chiffres " ou que Nita Deerpalsing vient s'étonner que le transport de la canne et du sucre se faisait par voie ferroviaire à Maurice jusqu'aux années 50, on ne peut rester, comme disait Navin lui même, au soir d'une défaite électorale, un peu perplexe… Au fait, quand est-ce que les cheminots Mauriciens - il en reste sans doute autant que nos clinquants anciens combattants - seront-ils compensés pour être restés sur le carreau après le démantèlement du réseau de nos chemins de fer. Ces vaillants artisans, eux aussi touchaient un peu au charbon, à la vapeur omniprésente des chaudières, à la canne qu'ils transportaient au moulin et au sucre qu'ils déversaient sans arrêt au Grenier, dernière étape avant l'embarquement. Vite, un syndicat des ex-cheminots pour réclamer une partie de la commission payée à certains notables de l'époque, qui avaient réussi, là, il faut le dire, un véritable double tour de force. Ou de magie : vendre, en moins de deux, tout un réseau de Chemins de fer, locomotives, wagons, rails, panneaux indicateurs, madriers, etc. Personne ne sait trop où a atterri tout cette grosse ferraille. En Afrique du Sud disent certains, en Rhodésie du Sud, en Israël disent d'autres. Personne, non plus, n'a dévoilé le tout petit pêché mignon, qu'il soit d'Israël ou d'ailleurs, commis dans le sillage de cette transaction douteuse : " L'incontournable petit dithé touché par les uns et les autres ". La machine à laver de l'ICAC étant sans doute d'un modèle trop récent pour s'y pencher, une petite incursion dans les livres de comptes, au N° 7, Square Guy Rozemont, Port Louis, pourrait peut-être nous remettre sur l'ancienne voie ferrée… Et permettre de ferrer, qui sait, un gros poisson. Mort ou vif ! Les bourgeois d'hier valent tout aussi bien ceux d'aujourd'hui…





o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 18 novembre 2007