Nouveau rebondissement dans l'affaire Air Mauritius, eu égard
à l'état de santé de sir Harry Tirvengadum.
En effet, le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP)
a pris la décision de faire examiner demain, lundi, sir
Harry - suspect n° 1 dans ce procès qui se déroule
actuellement en cour intermédiaire - par un panel de médecins.
Le but de cet examen médical est de déterminer si
sir Harry est "fit to stand trial before court".
Interrogé par Week-End hier à ce sujet, Me
Yousuf Mohamed, leading counsel qui assure la défense
du suspect, s'est élevé contre la décision
du Parquet, ainsi que sa "façon de faire".
Il affirme avoir conseillé à l'épouse de
sir Harry, Lady Elahe Tirvengadum, de ne pas emmener son époux
à cet examen médical. Et ce pour plusieurs raisons.
Lors de la dernière comparution de sir Harry Tirvengadum
en cour le 24 octobre dernier - il s'y était présenté
en état d'inconscience, transporté par deux ambulanciers
sur une civière - le Full Bench de la cour intermédiaire,
composé des magistrats Benjamin Marie Joseph, Nicolas Oshan-Bellepeau
et Renuka Dabee, avait demandé au State Law Office (SLO),
représenté par Me Gaytree Manna, Acting Assistant
Parliamentary Counsel, de revoir sa position au sujet du suspect.
La décision du DPP de faire examiner sir Harry par un panel
de médecins fait suite à ce que la cour intermédiaire
avait demandé. "Afin de prendre une décision,
il fallait avoir d'autres avis médicaux. C'est ce que nous
recherchons avec cet examen médical prévu pour lundi",
a-t-on fait ressortir à Week-End dans les
milieux concernés.
Or, la démarche du SLO est loin d'être perçue
d'un bon il par Me Yousuf Mohamed. Sollicité hier
par Week-End pour un commentaire au sujet de la tenue de
cet examen médical, le leading counsel assurant
la défense de sir Harry Tirvengadum a été
catégorique. Il affirme en avoir été informé
verbalement, alors qu'il avait officiellement écrit au
SLO il y a quelques jours au sujet de son client.
"J'ai reçu un message verbal de la police m'informant
de la tenue de cet examen médical, qui devrait se dérouler
sous la supervision de deux physicians et de deux psychiatres.
Tout cela alors que j'ai écrit officiellement au DPP, il
y a quelques jours, comme l'avaient fait comprendre les magistrats
dans leur dernier ruling, pour demander que mon client
soit examiné par des spécialistes ayant les mêmes
qualifications que le Dr Lam Thuon Mine, neurologue. J'ai également
dit, dans ma lettre, qu'il serait souhaitable que le neurologue
désigné se déplace au domicile de mon client.
Or, que constatons-nous ? Non seulement nous retournons vers les
psy mais, en plus, on m'en informe verbalement. Je n'ai rien reçu
de Mme Manna, ni du SLO, même pas un accusé de réception",
s'est indigné Me Mohamed. Pour ces raisons, il a conseillé
à l'épouse de sir Harry, de ne pas l'y emmener.
Me Mohamed a aussi fait ressortir que la cour est en présence
de rapports médicaux, dont celui du Dr Lam Thuon Mine,
qui fait état du fait que son client a développé
une lésion cérébrale et un début de
la maladie d'Alzheimer. De ce fait, dit-il, la logique même
aurait été qu'un médecin ayant l'équivalent
des qualifications du Dr Lam Thuon Mine fasse partie du panel
médical. Me Mohamed a également souligné
que son client s'est déjà fait examiner par un panel
de cinq médecins, dont un psychiatre, et ce à
la demande du SLO et que Me Manna avait, par la suite, objecté
qu'il contre-interroge ces médecins en cour. Me Mohamed
affirme qu'il soulèvera toute cette affaire lors de la
prochaine audience du procès, prévue ce jeudi. "Cela
devient une farce !", a martelé Me Mohamed en
guise de conclusion.
Lors de la dernière audience, le mercredi 24 octobre dernier,
tout comme sa précédente comparution, le mardi 4
septembre, sir Harry Tirvengadum a assisté au procès
couché sur une civière. Ce jour-là, le Full
Bench de la cour intermédiaire avait demandé à
la poursuite de reconsidérer sa position vis-à-vis
de sir Harry. Le Full Bench avait également, ce jour-là,
rejeté la requête de Me Mohamed de se retirer du
procès. Dans sa motion, l'avocat avait insisté sur
le fait qu'il n'était plus en mesure de défendre
sir Harry parce que ce dernier n'était plus en état
de lui donner des directives.
Pour rappel, sir Harry Tirvengadum est poursuivi en cour intermédiaire
en sa capacité d'ancien n°1 d'Air Mauritius, de même
que Robert Rivalland et Derek Taylor, pour avoir comploté
une fraude de Rs 85 millions au préjudice de la compagnie
nationale d'aviation. Il leur est également reproché
d'avoir mis en place un mécanisme de paiement de commissions
spéciales à la compagnie Rogers, et ce à
partir d'une "caisse noire".
Sir Harry Tirvengadum est défendu par Me Mohamed, Senior
Counsel, et Me Ravin Chetty. Robert Rivalland est pour sa part
défendu par Me Guy Ollivry QC et Me Yanilla Moonshiram.
Me Yousouf Abbobaker, Senior Counsel, Me Maxime Sauzier et Me
Robin Ramburn paraissent pour Derek Taylor.
Trou-aux-Biches en alerte rouge
Dix cas de vols (Rs 1,5 million) recensés en une semaine
"Au voleur !" Depuis quelque temps, pratiquement
pas un jour ne s'écoule sans que ce cri ne sorte de la
bouche d'un touriste à Trou-aux-Biches. Cette région
du littoral nord, particulièrement prisée par les
touristes, est en état d'alerte rouge. En une semaine,
pas moins de dix cas de vols divers s'y sont produits ; neuf d'entre
eux touchent des touristes à Maurice. Lors de ces différents
vols, près de Rs 1,5 million en en espèces et plusieurs
objets de valeur ont été emportés. Les Casernes
centrales s'inquiètent de cette recrudescence de délits
de vol et estiment qu'il est "plus que jamais temps de
frapper un grand coup" dans la région, d'autant
plus qu'avec l'approche des fêtes de fin d'année,
le flux de touristes et la circulation d'argent risquent de décupler.
"Le touriste est devenu une proie de choix pour les voleurs
de tout poil car les devises et autres effets personnels en leur
possession ont de la valeur". Cela, les voleurs l'ont
parfaitement compris en ciblant les touristes dans la région
de Trou-aux-Biches. En l'espace d'une semaine, dix cas de vols,
dont neuf sur des touristes, ont été recensés
par la police. Le butin emporté durant ces vols avoisine
les Rs 1,5 million. La série noire a commencé le
samedi 10 novembre. Pas moins de cinq cas du genre ont été
rapportés lors de cette seule journée. Plus étonnant
encore : quatre des cinq cas sont survenus dans le seul quartier
de Mon Plaisir. Ce qui laisse supposer que c'est une seule et
même bande qui aura écumé la localité
ce jour-là.
10h40 : un touriste italien de 55 ans, qui séjourne dans
un bungalow à Mon Plaisir, consigne une déposition
à l'effet que son bungalow a été cambriolé.
Les voleurs ont fait main basse sur des documents personnels,
des cartes bancaires et une somme de Rs 23 997. Montant total
du butin emporté : Rs 27 000.
10h50 : un touriste autrichien de 52 ans consigne une déclaration
à l'effet qu'un/des voleurs a/ont emporté un appareil
vidéo et un téléphone cellulaire (le tout
valant 500 euros, soit Rs 22 000) de son bungalow à Mon
Plaisir.
11h05 : un touriste français de 57 ans, qui habite lui
aussi un bungalow à Mon Plaisir, rapporte un cas de vol
au poste de police. Un Ipod, un téléphone cellulaire
et une somme de 450 euros (valeur totale 950 euros, soit Rs 41
800), ont été volés d'un coffre qui a été
forcé.
11h45 : un chauffeur de 34 ans, habitant Morcellement St-André,
devait consigner une déposition - vers 9h, alors qu'il
conduisait le long de la route Royale de Trou-aux-Biches, une
voiture s'est subitement arrêtée devant son camion-taxi.
Quatre personnes sont descendues de la voiture pour s'enquérir
du prix d'une "course". En fait, trois des quatre hommes
l'ont empoigné, tandis que le quatrième faisait
main basse sur une somme de Rs 2 000. Deux autres personnes, qui
accompagnaient le chauffeur du camion-taxi, ont tenté de
s'interposer. Mais les bandits devaient endommager le pare-brise
du camion-taxi à l'aide de sabres, avant de prendre la
fuite.
16h : un Français de 65 ans, qui loge actuellement dans
une villa à Pointe-aux-Biches, a porté plainte à
la police pour vol. Un appareil photo numérique et une
caméra vidéo, d'une valeur de Rs 80 000, ont été
emportés durant son absence.
Deux jours plus tard, soit le lundi 12, la série noire
se poursuit avec trois autres cas. Dans chacun d'entre eux, les
victimes sont des touristes de passage chez nous.
11h20 : une touriste française de 61 ans se présente
au poste de police de la localité pour rapporter le vol
d'un téléphone cellulaire, d'une caméra digitale
et d'une somme de Rs 10 000. Montant total du butin emporté
: 650 euros, soit Rs 28 600. Le vol s'est produit dans le bungalow
qu'elle occupe, sis à Mon-Choisy.
12h45 : un allemand de 57 ans, qui séjourne actuellement
dans un bungalow à Mon-Choisy, a rapporté un cas
de vol dont il a été victime le même jour.
Les articles suivants ont été emportés :
un ordinateur portable, deux téléphones cellulaires,
des documents personnels, son portefeuille qui contenait la somme
de 150 euros et une voiture de location immatriculée 3811
AG 06, de la marque Chevrolet. Montant total du vol : 3000 euros,
soit environ Rs 132 000. Le Iron Rod Scheme a été
déclenché par les Casernes centrales. Le même
jour, aux alentours de 15h, la voiture volée a été
retrouvée abandonnée à Pamplemousses.
23h35 : un touriste français de 37 ans déclare à
la police que, le même soir, les articles suivants ont été
volés de son bungalow à Mon-Choisy : quatre paires
de lunettes, un caméscope, un permis de conduire, une caméra
digitale, un téléphone cellulaire, deux montres
dont une de plongée, des équipements et combinaisons
de plongée, des sommes de 800 euros et Rs 10 000 respectivement.
Le tout totalise 10 120 euros, soit Rs 445 280.
Le jeudi 15 novembre, un touriste français de 62 ans a
rapporté le vol d'un MP4 player et de 100 euros de son
bungalow, à Trou-aux-Biches. La valeur du butin : Rs 17
000.
Le lendemain, un touriste britannique, qui séjourne dans
un hôtel de la région, a, pour sa part, rapporté
le vol de sa montre, d'une valeur de Rs 650 000 (environ 10 000
livres). La montre se trouvait dans le coffre-fort de sa chambre
d'hôtel, mais le coffre avait été laissé
ouvert.
Les cas survenus cette semaine dans la région de Trou-aux-Biches
sont "préoccupants", affirme-t-on aux Casernes
Centrales ; ce sont les touristes qui sont principalement victimes
de ces vols en série. "Il y a de quoi être
inquiet. Trou-aux-Biches a vécu une semaine très
difficile. C'est cette région de l'île qui a connu
- et de loin - le plus grand nombre de cas de vols rapportés
à la police cette semaine, et ce sont les touristes qui
en ont fait, en majeure partie, les frais. En fonction des informations
dont nous disposons, il ne serait pas étonnant que la plupart
de ces vols ont été commis par une seule et même
bande". C'est en ces termes qu'un haut gradé des
Casernes centrales a commenté la situation.
Tout en insistant sur le fait que les touristes doivent faire
preuve de plus de vigilance concernant leurs effets personnels,
notre interlocuteur souligne cependant le fait que les voleurs
ne reculent, ces jours-ci, devant rien et sont armés pour
la plupart. "La police doit mettre les bouchées
doubles afin de mettre ces voleurs hors d'état de nuire.
Nous invitons également les habitants de la région
à signaler à la police tout mouvement suspect, notamment
les allées et venues de personnes qui n'habitent pas la
région. S'il est vrai que l'occasion fait le larron, il
n'en demeure pas moins que ces voleurs doivent d'abord repérer
les bungalows à cambrioler avant de passer à l'action",
ajoute le haut gradé de la police.
L'affaire Nadine Dantier
De nouvelles démarches en vue de l'exhumation du corps
Le bureau de l'Attorney General, le State Law Office (SLO) et
la police ont accordé leurs violons, cette semaine, en
vue d'une demande formelle pour l'exhumation du corps de Nadine
Dantier. Cette demande, qui interviendra sous forme d'affidavit
déposé en Cour suprême, n'a pas encore été
officiellement effectuée. Mais tout porte à croire
que cette fois, toutes les parties en présence sont d'accord
à l'effet que l'exhumation pourrait contribuer à
lever le voile sur les circonstances de la mort de Nadine Dantier.
Plus de quatre ans se sont écoulés depuis le jeudi
26 juin 2003, jour où le corps sans vie de Nadine Dantier,
âgée de 20 ans, avait été découvert
dans un terrain en friche, à l'avenue des Dauphins, non
loin du domicile familial. Depuis ce jour, l'enquête policière
n'a pu établir qui est/sont celui/ceux qui ont violé
et tué Nadine Dantier. Une première demande d'exhumation
faite par la famille de Nadine Dantier avait été
rejetée en cour de Moka, suite aux objections formulées
alors en ce sens par la police et le State Law Office (SLO).
Dans leur demande antérieure d'exhumation, qui avait été
rejetée, la famille Dantier avait fait ressortir que "We
have reasons to believe that the items placed by Bruno (NDLR:
Bruno Tadebois) inside the coffin, more particularly the letter
of about 4 pages may contain material facts that may bring to
light information surrounding the murder of Nadine Dantier".
Bruno Tadebois avait, pour sa part, avancé que ce qu'il
avait placé dans le cercueil était une prière
et un mot d'amour dédié à celle qu'il aimait.
Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et le temps
qui s'est écoulé n'aura pas permis aux enquêteurs
de la MCIT d'élucider ce meurtre crapuleux. Durant cette
semaine, selon les recoupements de Week-End, d'importantes
discussions ont eu lieu entre le bureau de l'Attorney General,
Rama Valayden, le SLO et les enquêteurs de la Major Crimes
Investigation Team (MCIT) afin de dégager une stratégie
commune.
Ainsi, selon nos renseignements, il n'existe plus aucun obstacle
entre les différentes parties concernées relativement
à la demande d'exhumation du corps. Ainsi, dans les jours
à venir, le chef inspecteur Ranjit Jokhoo, n° 2 de
la MCIT, est appelé à se rendre en Cour suprême
et à jurer un affidavit visant à réclamer
officiellement l'exhumation du corps, selon le souhait exprimé
par la famille Dantier.
Du côté des proches de Nadine Dantier, l'on souligne
que la famille est toujours favorable à l'exhumation du
corps. "S'il y a des chances que l'exhumation nous permette
d'en savoir davantage sur ce qui s'est passé, nous sommes
plus que jamais disposés à saisir cette chance.
Nous voulons savoir la vérité", a-t-on
fait ressortir, dans l'entourage de la défunte. Cette recherche
de la vérité a été clairement expliquée
au ministre de la Justice, Rama Valayden, qui est en contact régulier
avec la famille.
Agression au sabre
Benjamin Rose: "Mo finn sorti loin"
Benjamin Rose a eu le tendon du pied gauche sectionné.
Il a subi une intervention chirurgicale mardi dernier. Ceci à
l'issu de l'agression dont il a été victime, le
matin même alors qu'il se trouvait sur le parking situé
à proximité du bâtiment Reef Construction.
"Ala kado ki linn avoy toi" , lui auraient dit
ses agresseurs avant de prendre la fuite. Drôle de cadeau
et cela, alors que ce n'est pas son anniversaire. Benjamin Rose
est encore sous le choc. S'il est rentré chez lui en fin
de semaine après quelques jours en clinique, il se dit
traumatisé. Chaque jour, il revit son agression. Ce qui
pendant des mois n'étaient que des menaces s'est traduit
en acte mardi dernier. C'est grâce à sa rapidité
qu'il a pu sauver sas peau: "Si mo pa ti réazir
vite, mo ti poun perdi lavi. Mo finn sorti loin", dit-il.
Il est revenu hier sur sa déclaration à l'effet
qu'il pouvait identifier ses agresseurs. Aujourd'hui, conscient
que sa vie est en danger, il craint également pour celle
de sa famille. Il dit ne plus pouvoir identifier ses assaillants.
Pourquoi a-t-il été agressé ? Est-ce parce
qu'il serait l'un des porte-parole du front commun qui milite
contre l'accès restrictif à un îlot.
Comme tous les jours, mardi dernier, aux alentours de 8h, Benjamin
Rose, opérateur de catamaran du Nord, gare son véhicule
dans une aire de stationnement, non loin du bâtiment Reef
Construction, Pereybère. À cette heure, le lieu
est calme. Personne dans les alentours. Il se dirige vers le coffre
de sa voiture pour sortir son matériel de travail, en vue
d'organiser sa journée avec les touristes sur l'île
Plate. Tout à coup, dit-il, "mo senti en coup dan
mo lipie". Lorsqu'il se retourne, il fait face à
deux individus qui l'assènent de coups à la tête
et au bras. "Mo finn réagir, mé zot ti pe
bat mwa", dit-il. "Ala kado ki linn avoy toi",
lui disent ses agresseurs. En l'espace de quelques secondes,
entre les coups qu'il reçoit, il entend tomber un objet
tranchant. "Mo ti pensé zot pe bat mwa are matrak,
mé letan mo tann zouti la tombé, monn compran enn
couto sa !", indique-t-il. Sachant que ses agresseurs
étaient prêts à tout, il tente de s'enfuir.
Quelques mètres plus loin, il saisit de deux pierres en
vue de se défendre. "Letan zot trouv mwa trap sa
de gro ros la, zot pa finn approssé", raconte-t-il.
Les deux hommes auraient alors reculé avant de prendre
la fuite. En regardant son pied, Benjamin Rose constate qu'il
saigne abondamment. "Mo lipie couma dir enn labouss inn
ouver. Disan pe coulé couma larivière",
explique-t-il. Il réussit à faire pression sur sa
blessure, et avec l'aide de son portable, téléphone
à un ami qui se trouvait non loin de la plage. Ce dernier
et quelques amis de la région ont accouru et l'ont transporté
d'urgence dans une clinique du Nord où il a reçu
les premiers soins avant d'être transféré
dans un autre centre médical pour subir une intervention
chirurgicale. Benjamin Rose a eu le tendon au pied gauche sectionné
et porte des blessures à la jambe, au mollet et à
la tête. "Mo finn réazir très vite.
C'est pourquoi mo encor en vi. Sinon, monn fini. Zot ti vini pou
samem", dit Benjamin Rose.
Une agression perpétrée, selon lui, en raison de
ses convictions eu égard de l'îlot Gabriel dont l'accès
est devenu payant. Benjamin Rose est en effet l'un des porte-parole
du front commun qui milite contre l'accès restrictif de
l'îlot. Au départ, Benjamin Rose devait déclarer
que ses agresseurs étaient deux videurs de boîte
de nuit, envoyés par un homme d'affaires de la région,
partenaire de Jayraj Woochit, détenteur du bail pour l'îlot
Gabriel. Les éléments de la Criminal Investigation
Division de Grand Baie ont interpellé deux videurs de boîte
de nuit dans le cadre de l'enquête sur l'agression de Benjamin
Rose. Ils ont été longuement interrogés et
ont nié toute implication dans l'affaire. Toutefois, Benjamin
Rose s'est rétracté dans sa déposition. Il
se dit "bien inquiet" par rapport à sa
santé, mais aussi à sa vie et celle de sa famille.
Il ne se sent pas en sécurité. "Si en plein
lizour zot inn attak mwa. Ki zot kapav fer encor ?",
se demande-t-il. C'est pourquoi il n'est pas disposé à
procéder à l'identification de ses agresseurs. Il
a décidé de se retirer des mouvements pour lesquels
il militait, dont celui de "Pas touss Îlot Gabriel".
Dans le passé déjà, il aurait reçu
plusieurs menaces au téléphone. Il avait consigné
une déposition au poste de police de la localité
à cet effet. "Zot inn dir mwa si mo pa ferm mo
laguel mo pou gagn bocou problem. Mo bann lezot kamouad oussi
finn gagn menaces et finn agresser. Mo pa pou kapav continué",
explique-t-il. Il trouve désolant que ce sont des tapeurs
qui font leur loi. "Moris pe viv dan enn system mafia.
C'est regrettab, pou nou mauriciens, pou nou bann tourists",
dit-il. Il rappelle que le domaine public n'appartient à
personne, et qu'il n'y aurait pas dû y avoir de polémique
sur l'accès à l'Îlot Gabriel.
Paiements de pensions par la poste
La Sécu n'a aucun moyen de vérifier qui perçoit
les prestations sociales
Une controverse en chasse une autre. Alors que toute la question
de "fraude" de Rs 49 millions à la Sécurité
sociale continue de faire des vagues, une autre controverse, à
savoir l'incapacité du ministère à vérifier
à qui les différents bureaux de poste paient les
prestations sociales, a fait surface. Depuis avril, soit depuis
l'introduction du mode de paiement de pensions par la poste, le
ministère ne reçoit des Returns de la poste
uniquement au sujet de ceux qui n'ont pas touché leur argent.
Toute la question a été abordée mardi au
NPF Building lors d'une rencontre entre la ministre Sheila Bapoo
et la General Government Services'Union (GGSU). Le ministre
Bapoo a pris la décision de convoquer une réunion
urgente à ce sujet le mercredi 28, entre son secrétaire
permanent et la GGSU.
Lors de cette réunion, qui a vu la participation de Mme
Bappoo, de son Acting Permanent Secretary, Mme Soobrun et de l'Acting
commissioner, M. Mauree, pour le ministère, de Rashid Imrith,
président de la GGSU et du secrétaire du syndicat,
Mlle Boopa Brizmohun, entre autres, le syndicat a soulevé
un point capital à l'effet que, depuis le mois d'avril,
soit depuis que les paiements des différentes pensions
sont effectués par les bureaux de poste, le ministère
n'a plus aucun moyen de vérifier qui sont les récipiendaires
de cet argent.
"Nous avons soulevé l'exemple suivant: 100 personnes
sont supposées toucher leur pension; dix d'entre elles
ne vont pas toucher leur argent. Que se passe-t-il alors ? Depuis
avril, la poste, qui est devenue le Paying Agent, n'envoie
au ministère que les Returns pour ces dix personnes
qui n'ont pas touché leur argent et non pas pour les 90
autres. De ce fait, le ministère n'a aucun moyen de vérifier
à qui la poste a payé quoi. C'est entre avril et
maintenant que les risques de fraude sont des plus réels",
a déclaré Rashid Imrith à Week-End.
Suite au point soulevé par la GGSU lors de la rencontre
avec le ministre Bapoo, cette dernière a demandé
à son P.S, Mme Soobrun de tenir une réunion "urgente"
avec la GGSU. Cette réunion a été fixée
pour le mercredi 28. Le président de la GGSU dit attendre
beaucoup de cette réunion, car, dit-il, si la présente
situation perdure, la Sécurité sociale n'a absolument
aucun moyen de contrôler les paiements effectués
par la poste.
Le lendemain de la publication de l'article de Week-End
selon lequel la GGSU n'arrivait pas à obtenir de rencontre
avec le ministre Bapoo (voir notre livraison de dimanche dernier),
la GGSU devait être convoquée au NPF Building pour
rencontrer la ministre. Au menu de cette rencontre, la "fraude"
de Rs 49 millions à la sécurité sociale.
La GGSU a soulevé, comme autres points, le fait que "la
maladresse" des déclarations du ministre ont causé
un "préjudice immense" au personnel de
la sécurité sociale.
La GGSU s'est dite également "choquée"
du fait que Mme Bapoo, qui est à son poste depuis deux
ans, a appris qu'il n'y a pas de "manual procedure"
qui régit le travail des fonctionnaires de son ministère
par voie de presse. "Le ministre ne sait pas qu'il n'y
a pas de Manual Procedure; son P.S non plus. Par contre, le commissaire
a dit qu'il en existe un, mais que ni le ministre, ni le P.S n'a
jamais vu. Cette situation est choquante et confuse",
ajoute le président de la GGSU. Le syndicat a également
lancé un appel au ministre afin de "rétablir
les faits" au plus vite: il n'y a pas de fraude, mais des
Overpayments effectués par la Sécu. "Pour
nous, il n'y a que deux possibilités: soit le ministre
a été induit en erreur par ses officiers, soit ses
fonctionnaires ne connaissent pas du tout leur dossier",
a soutenu Rashid Imrith.
D'autre part, un autre syndicat, à savoir la Government
Servants'Association (GSA) est montée au créneau
cette semaine afin de réclamer une rencontre urgente avec
le ministre. Dans une lettre adressée à Mme Bappoo
vendredi, la GSA, par l'entremise de son secrétaire général,
Poonit Ramjug, a soutenu qu'un "manque de dialogue"
sur toute la question de pensions et de "fraude"
a terni l'image du ministère de la sécurité
sociale.
"All the press articles convey the impression that the
Rs 49 millions have landed in the pockets of the officers of the
ministry. As expected, the Central Criminal Investigation Division
(CCID) has not been able to establish any fraud. The fact
is that, as elaborated above, it is not a fraud as such and if
the discrepancy so interpreted, at least the officers are not
the culprits. Such amounts have been overpaid by officers (
)",
souligne Poonit Ramjaug. Ce dernier ajoute également
que les déclarations ministérielles rapportées
par la presse "have caused enormous prejudice to the officers
and at the same time adversely affected the image of the ministry",
d'où la nécessité de rencontrer le ministre.
Comparaissant en cour de Moka
Il s'évade, fait un accident et est repris 48h plus
tard
Un détenu, Ahmad Joonid Moohamadally, 22 ans, s'est évadé
alors qu'il était en cour de Moka mardi. Durant son évasion,
il s'est heurté contre une voiture alors qu'il était
pourchassé par deux policiers. Il devait finalement être
repris jeudi.
C'est aux alentours de 11h10 mardi que le détenu a faussé
compagnie au policier qui l'avait accompagné aux toilettes,
sis à l'arrière de la cour de District de Moka.
Après que ses menottes lui ont été enlevées
par un policier affecté au poste de police de St-Pierre,
le détenu devait violemment pousser la porte des toilettes
en direction du constable en question et prendre ses jambes à
son cou. Deux policiers devaient alors s'élancer à
sa poursuite. Moohamadally prit la direction de Camp Samy Road
et devait heurter contre un véhicule immatriculé
57 JU 06. Il se releva néanmoins et disparu dans des fourrés.
Deux jours plus tard, le détenu devait être surpris
rodant dans les parages du supermarché Winners'. Il devait
être conséquemment arrêté. Il a été
traduit en cour de Moka, cette fois pour le délit de "effecting
escape from legal custody". Il a été maintenu
en détention policière.
Bataille légale
Raja Pillay réclame Rs 10 millions à la MRA
Raja Pillay, ancien directeur des Casinos de Maurice et de la
Corporation Nationale de Transport (CNT), réclame une somme
de Rs 10 millions à la Mauritius Revenue Authority (MRA),
par le biais d'une plainte logée en Cour suprême.
La MRA avait procédé à la saisie des biens
de Raja Pillay, tout en affirmant que ce dernier devait à
l'État la somme de Rs 2.1 millions d'impôts, de 2001
à 2006.
Dans la plainte rédigée par l'avoué K. Gungabissoon
et déposée jeudi en Cour suprême, le plaignant
estime à Rs 10 millions le préjudice et le "harcèlement"
de la MRA à son encontre. Selon la teneur de la plainte,
c'est au début du mois de juillet que la MRA fait savoir
à Raja Pillay qu'il doit la somme de Rs 2 175 541 (excluant
les amendes et autres intérêts), à l'État.
Raja Pillay a contesté le assessment du MRA en écrit.
Les protestations officielles de Rajah Pillay ne devaient pas
être prises en considération. Le MRA devait alors
procéder à "burden inscriptions of privilege
on all the immovable properties" de ce dernier, par voie
de lettre, le 11 juillet.
Le plaignant devait protester de nouveau en écrit, mais
la MRA devait émettre un "Distress Warrant"
à l'encontre de Rajah Pillay. Ce dernier affirme avoir
également produit un affidavit afin de contester une vente
à la barre, pour d'aider une famille dans le besoin à
récupérer un héritage familial. Mais la MRA
fit la sourde oreille et la propriété en question
fut vendue à une tierce personne.
Rajah Pillay conteste également le fait que la MRA a logé
une Objection to Departure à son encontre, l'empêchant,
en conséquence, de se rendre en Inde, notamment pour y
suivre un traitement médical au Apollo Hospital.
L'affaire sera appelée devant la Cour suprême le
27 mars prochain.
Droit du citoyen
Une plainte déposée à l'Onu contre l'État
mauricien
Neuf membres du mouvement Rézistans ek Alternativ ont fait
déposer, vendredi dernier, une plainte devant le comité
des Droits de l'homme de l'Organisation des nations unies (Onu)
pour solliciter une déclaration de ce comité contre
la violation par l'Etat mauricien de leur droit d'être candidats
à une élection sans qu'ils aient obligatoirement
à décliner leur appartenance à une communauté.
La plainte a été déposée par les soins
de Me. Rex Stephen et Me. Nilen D. Vencadasmy du cabinet Astor
Law Professionals au nom de MM. Devianand Narrain, Georges Legallant,
Jean-François Chevathyan, Ian Harvey Jacob, Denis Marchant,
Roddy Muneean, Ashok Subron et mesdames Paveetree Dholah et Dany
Sylvie Marie.
La démarche des membres de Rézistans s'insère
dans le combat mené par le mouvement depuis juin 2005 pour
que soit bannie toute référence communale et religieuse
dans le système électoral d'une île Maurice
qui est officiellement démocratique.
Il faut rappeler que les membres précités de Rézistans
avaient à cet effet, en premier lieu, obtenu un jugement
encourageant de la part la Cour suprême lorsque le juge
Eddy Balancy avait statué, 10 juin 2005, que l'empêchement
fait à une personne voulant se porter candidate à
une élection est "répugnant à la section
b 1 de la Constitution". Par la suite, ce jugement a été
renversé par le Full Bench de la Cour suprême et
les pétitionnaires se sont même vu refuser le droit
de faire appel au conseil privé de la Reine.
Selon les pétitionnaires, la loi électorale telle
que l'Etat mauricien insiste à l'appliquer à ses
citoyens est une restriction à la liberté et ne
se conforme pas aux articles 25 et 26 de l'International Covenant
on Civil and Political Rights dont Maurice est un signataire depuis
1973.