f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 18 novembre 2007



  Affaire Air Mauritius — à la demande du DPP—Sir Harry Tirvengadum "convoqué" pour un examen médical lundi
  Trou-aux-Biches en alerte rouge—Dix cas de vols (Rs 1,5 million) recensés en une semaine
  L'affaire Nadine Dantier—De nouvelles démarches en vue de l'exhumation du corps
  Agression au sabre—Benjamin Rose: "Mo finn sorti loin"
  Paiements de pensions par la poste—La Sécu n'a aucun moyen de vérifier qui perçoit les prestations sociales
  Comparaissant en cour de Moka—Il s'évade, fait un accident et est repris 48h plus tard
  Bataille légale—Raja Pillay réclame Rs 10 millions à la MRA
  Droit du citoyen—Une plainte déposée à l'Onu contre l'État mauricien


Affaire Air Mauritius - à la demande du DPP

Sir Harry Tirvengadum "convoqué" pour un examen médical lundi

Nouveau rebondissement dans l'affaire Air Mauritius, eu égard à l'état de santé de sir Harry Tirvengadum. En effet, le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) a pris la décision de faire examiner demain, lundi, sir Harry - suspect n° 1 dans ce procès qui se déroule actuellement en cour intermédiaire - par un panel de médecins. Le but de cet examen médical est de déterminer si sir Harry est "fit to stand trial before court". Interrogé par Week-End hier à ce sujet, Me Yousuf Mohamed, leading counsel qui assure la défense du suspect, s'est élevé contre la décision du Parquet, ainsi que sa "façon de faire". Il affirme avoir conseillé à l'épouse de sir Harry, Lady Elahe Tirvengadum, de ne pas emmener son époux à cet examen médical. Et ce pour plusieurs raisons.

Lors de la dernière comparution de sir Harry Tirvengadum en cour le 24 octobre dernier - il s'y était présenté en état d'inconscience, transporté par deux ambulanciers sur une civière - le Full Bench de la cour intermédiaire, composé des magistrats Benjamin Marie Joseph, Nicolas Oshan-Bellepeau et Renuka Dabee, avait demandé au State Law Office (SLO), représenté par Me Gaytree Manna, Acting Assistant Parliamentary Counsel, de revoir sa position au sujet du suspect. La décision du DPP de faire examiner sir Harry par un panel de médecins fait suite à ce que la cour intermédiaire avait demandé. "Afin de prendre une décision, il fallait avoir d'autres avis médicaux. C'est ce que nous recherchons avec cet examen médical prévu pour lundi", a-t-on fait ressortir à Week-End dans les milieux concernés.

Or, la démarche du SLO est loin d'être perçue d'un bon œil par Me Yousuf Mohamed. Sollicité hier par Week-End pour un commentaire au sujet de la tenue de cet examen médical, le leading counsel assurant la défense de sir Harry Tirvengadum a été catégorique. Il affirme en avoir été informé verbalement, alors qu'il avait officiellement écrit au SLO il y a quelques jours au sujet de son client.

"J'ai reçu un message verbal de la police m'informant de la tenue de cet examen médical, qui devrait se dérouler sous la supervision de deux physicians et de deux psychiatres. Tout cela alors que j'ai écrit officiellement au DPP, il y a quelques jours, comme l'avaient fait comprendre les magistrats dans leur dernier ruling, pour demander que mon client soit examiné par des spécialistes ayant les mêmes qualifications que le Dr Lam Thuon Mine, neurologue. J'ai également dit, dans ma lettre, qu'il serait souhaitable que le neurologue désigné se déplace au domicile de mon client. Or, que constatons-nous ? Non seulement nous retournons vers les psy mais, en plus, on m'en informe verbalement. Je n'ai rien reçu de Mme Manna, ni du SLO, même pas un accusé de réception", s'est indigné Me Mohamed. Pour ces raisons, il a conseillé à l'épouse de sir Harry, de ne pas l'y emmener.

Me Mohamed a aussi fait ressortir que la cour est en présence de rapports médicaux, dont celui du Dr Lam Thuon Mine, qui fait état du fait que son client a développé une lésion cérébrale et un début de la maladie d'Alzheimer. De ce fait, dit-il, la logique même aurait été qu'un médecin ayant l'équivalent des qualifications du Dr Lam Thuon Mine fasse partie du panel médical. Me Mohamed a également souligné que son client s'est déjà fait examiner par un panel de cinq médecins, dont un psychiatre, et ce à la demande du SLO et que Me Manna avait, par la suite, objecté qu'il contre-interroge ces médecins en cour. Me Mohamed affirme qu'il soulèvera toute cette affaire lors de la prochaine audience du procès, prévue ce jeudi. "Cela devient une farce !", a martelé Me Mohamed en guise de conclusion.

Lors de la dernière audience, le mercredi 24 octobre dernier, tout comme sa précédente comparution, le mardi 4 septembre, sir Harry Tirvengadum a assisté au procès couché sur une civière. Ce jour-là, le Full Bench de la cour intermédiaire avait demandé à la poursuite de reconsidérer sa position vis-à-vis de sir Harry. Le Full Bench avait également, ce jour-là, rejeté la requête de Me Mohamed de se retirer du procès. Dans sa motion, l'avocat avait insisté sur le fait qu'il n'était plus en mesure de défendre sir Harry parce que ce dernier n'était plus en état de lui donner des directives.

Pour rappel, sir Harry Tirvengadum est poursuivi en cour intermédiaire en sa capacité d'ancien n°1 d'Air Mauritius, de même que Robert Rivalland et Derek Taylor, pour avoir comploté une fraude de Rs 85 millions au préjudice de la compagnie nationale d'aviation. Il leur est également reproché d'avoir mis en place un mécanisme de paiement de commissions spéciales à la compagnie Rogers, et ce à partir d'une "caisse noire".

Sir Harry Tirvengadum est défendu par Me Mohamed, Senior Counsel, et Me Ravin Chetty. Robert Rivalland est pour sa part défendu par Me Guy Ollivry QC et Me Yanilla Moonshiram. Me Yousouf Abbobaker, Senior Counsel, Me Maxime Sauzier et Me Robin Ramburn paraissent pour Derek Taylor.


Trou-aux-Biches en alerte rouge

Dix cas de vols (Rs 1,5 million) recensés en une semaine

"Au voleur !" Depuis quelque temps, pratiquement pas un jour ne s'écoule sans que ce cri ne sorte de la bouche d'un touriste à Trou-aux-Biches. Cette région du littoral nord, particulièrement prisée par les touristes, est en état d'alerte rouge. En une semaine, pas moins de dix cas de vols divers s'y sont produits ; neuf d'entre eux touchent des touristes à Maurice. Lors de ces différents vols, près de Rs 1,5 million en en espèces et plusieurs objets de valeur ont été emportés. Les Casernes centrales s'inquiètent de cette recrudescence de délits de vol et estiment qu'il est "plus que jamais temps de frapper un grand coup" dans la région, d'autant plus qu'avec l'approche des fêtes de fin d'année, le flux de touristes et la circulation d'argent risquent de décupler.

"Le touriste est devenu une proie de choix pour les voleurs de tout poil car les devises et autres effets personnels en leur possession ont de la valeur". Cela, les voleurs l'ont parfaitement compris en ciblant les touristes dans la région de Trou-aux-Biches. En l'espace d'une semaine, dix cas de vols, dont neuf sur des touristes, ont été recensés par la police. Le butin emporté durant ces vols avoisine les Rs 1,5 million. La série noire a commencé le samedi 10 novembre. Pas moins de cinq cas du genre ont été rapportés lors de cette seule journée. Plus étonnant encore : quatre des cinq cas sont survenus dans le seul quartier de Mon Plaisir. Ce qui laisse supposer que c'est une seule et même bande qui aura écumé la localité ce jour-là.

10h40 : un touriste italien de 55 ans, qui séjourne dans un bungalow à Mon Plaisir, consigne une déposition à l'effet que son bungalow a été cambriolé. Les voleurs ont fait main basse sur des documents personnels, des cartes bancaires et une somme de Rs 23 997. Montant total du butin emporté : Rs 27 000.

10h50 : un touriste autrichien de 52 ans consigne une déclaration à l'effet qu'un/des voleurs a/ont emporté un appareil vidéo et un téléphone cellulaire (le tout valant 500 euros, soit Rs 22 000) de son bungalow à Mon Plaisir.

11h05 : un touriste français de 57 ans, qui habite lui aussi un bungalow à Mon Plaisir, rapporte un cas de vol au poste de police. Un Ipod, un téléphone cellulaire et une somme de 450 euros (valeur totale 950 euros, soit Rs 41 800), ont été volés d'un coffre qui a été forcé.

11h45 : un chauffeur de 34 ans, habitant Morcellement St-André, devait consigner une déposition - vers 9h, alors qu'il conduisait le long de la route Royale de Trou-aux-Biches, une voiture s'est subitement arrêtée devant son camion-taxi. Quatre personnes sont descendues de la voiture pour s'enquérir du prix d'une "course". En fait, trois des quatre hommes l'ont empoigné, tandis que le quatrième faisait main basse sur une somme de Rs 2 000. Deux autres personnes, qui accompagnaient le chauffeur du camion-taxi, ont tenté de s'interposer. Mais les bandits devaient endommager le pare-brise du camion-taxi à l'aide de sabres, avant de prendre la fuite.

16h : un Français de 65 ans, qui loge actuellement dans une villa à Pointe-aux-Biches, a porté plainte à la police pour vol. Un appareil photo numérique et une caméra vidéo, d'une valeur de Rs 80 000, ont été emportés durant son absence.

Deux jours plus tard, soit le lundi 12, la série noire se poursuit avec trois autres cas. Dans chacun d'entre eux, les victimes sont des touristes de passage chez nous.

11h20 : une touriste française de 61 ans se présente au poste de police de la localité pour rapporter le vol d'un téléphone cellulaire, d'une caméra digitale et d'une somme de Rs 10 000. Montant total du butin emporté : 650 euros, soit Rs 28 600. Le vol s'est produit dans le bungalow qu'elle occupe, sis à Mon-Choisy.

12h45 : un allemand de 57 ans, qui séjourne actuellement dans un bungalow à Mon-Choisy, a rapporté un cas de vol dont il a été victime le même jour. Les articles suivants ont été emportés : un ordinateur portable, deux téléphones cellulaires, des documents personnels, son portefeuille qui contenait la somme de 150 euros et une voiture de location immatriculée 3811 AG 06, de la marque Chevrolet. Montant total du vol : 3000 euros, soit environ Rs 132 000. Le Iron Rod Scheme a été déclenché par les Casernes centrales. Le même jour, aux alentours de 15h, la voiture volée a été retrouvée abandonnée à Pamplemousses.

23h35 : un touriste français de 37 ans déclare à la police que, le même soir, les articles suivants ont été volés de son bungalow à Mon-Choisy : quatre paires de lunettes, un caméscope, un permis de conduire, une caméra digitale, un téléphone cellulaire, deux montres dont une de plongée, des équipements et combinaisons de plongée, des sommes de 800 euros et Rs 10 000 respectivement. Le tout totalise 10 120 euros, soit Rs 445 280.

Le jeudi 15 novembre, un touriste français de 62 ans a rapporté le vol d'un MP4 player et de 100 euros de son bungalow, à Trou-aux-Biches. La valeur du butin : Rs 17 000.

Le lendemain, un touriste britannique, qui séjourne dans un hôtel de la région, a, pour sa part, rapporté le vol de sa montre, d'une valeur de Rs 650 000 (environ 10 000 livres). La montre se trouvait dans le coffre-fort de sa chambre d'hôtel, mais le coffre avait été laissé ouvert.

Les cas survenus cette semaine dans la région de Trou-aux-Biches sont "préoccupants", affirme-t-on aux Casernes Centrales ; ce sont les touristes qui sont principalement victimes de ces vols en série. "Il y a de quoi être inquiet. Trou-aux-Biches a vécu une semaine très difficile. C'est cette région de l'île qui a connu - et de loin - le plus grand nombre de cas de vols rapportés à la police cette semaine, et ce sont les touristes qui en ont fait, en majeure partie, les frais. En fonction des informations dont nous disposons, il ne serait pas étonnant que la plupart de ces vols ont été commis par une seule et même bande". C'est en ces termes qu'un haut gradé des Casernes centrales a commenté la situation.

Tout en insistant sur le fait que les touristes doivent faire preuve de plus de vigilance concernant leurs effets personnels, notre interlocuteur souligne cependant le fait que les voleurs ne reculent, ces jours-ci, devant rien et sont armés pour la plupart. "La police doit mettre les bouchées doubles afin de mettre ces voleurs hors d'état de nuire. Nous invitons également les habitants de la région à signaler à la police tout mouvement suspect, notamment les allées et venues de personnes qui n'habitent pas la région. S'il est vrai que l'occasion fait le larron, il n'en demeure pas moins que ces voleurs doivent d'abord repérer les bungalows à cambrioler avant de passer à l'action", ajoute le haut gradé de la police.


L'affaire Nadine Dantier

De nouvelles démarches en vue de l'exhumation du corps

Le bureau de l'Attorney General, le State Law Office (SLO) et la police ont accordé leurs violons, cette semaine, en vue d'une demande formelle pour l'exhumation du corps de Nadine Dantier. Cette demande, qui interviendra sous forme d'affidavit déposé en Cour suprême, n'a pas encore été officiellement effectuée. Mais tout porte à croire que cette fois, toutes les parties en présence sont d'accord à l'effet que l'exhumation pourrait contribuer à lever le voile sur les circonstances de la mort de Nadine Dantier.

Plus de quatre ans se sont écoulés depuis le jeudi 26 juin 2003, jour où le corps sans vie de Nadine Dantier, âgée de 20 ans, avait été découvert dans un terrain en friche, à l'avenue des Dauphins, non loin du domicile familial. Depuis ce jour, l'enquête policière n'a pu établir qui est/sont celui/ceux qui ont violé et tué Nadine Dantier. Une première demande d'exhumation faite par la famille de Nadine Dantier avait été rejetée en cour de Moka, suite aux objections formulées alors en ce sens par la police et le State Law Office (SLO). Dans leur demande antérieure d'exhumation, qui avait été rejetée, la famille Dantier avait fait ressortir que "We have reasons to believe that the items placed by Bruno (NDLR: Bruno Tadebois) inside the coffin, more particularly the letter of about 4 pages may contain material facts that may bring to light information surrounding the murder of Nadine Dantier". Bruno Tadebois avait, pour sa part, avancé que ce qu'il avait placé dans le cercueil était une prière et un mot d'amour dédié à celle qu'il aimait.

Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et le temps qui s'est écoulé n'aura pas permis aux enquêteurs de la MCIT d'élucider ce meurtre crapuleux. Durant cette semaine, selon les recoupements de Week-End, d'importantes discussions ont eu lieu entre le bureau de l'Attorney General, Rama Valayden, le SLO et les enquêteurs de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) afin de dégager une stratégie commune.

Ainsi, selon nos renseignements, il n'existe plus aucun obstacle entre les différentes parties concernées relativement à la demande d'exhumation du corps. Ainsi, dans les jours à venir, le chef inspecteur Ranjit Jokhoo, n° 2 de la MCIT, est appelé à se rendre en Cour suprême et à jurer un affidavit visant à réclamer officiellement l'exhumation du corps, selon le souhait exprimé par la famille Dantier.

Du côté des proches de Nadine Dantier, l'on souligne que la famille est toujours favorable à l'exhumation du corps. "S'il y a des chances que l'exhumation nous permette d'en savoir davantage sur ce qui s'est passé, nous sommes plus que jamais disposés à saisir cette chance. Nous voulons savoir la vérité", a-t-on fait ressortir, dans l'entourage de la défunte. Cette recherche de la vérité a été clairement expliquée au ministre de la Justice, Rama Valayden, qui est en contact régulier avec la famille.


Agression au sabre

Benjamin Rose: "Mo finn sorti loin"

Benjamin Rose a eu le tendon du pied gauche sectionné. Il a subi une intervention chirurgicale mardi dernier. Ceci à l'issu de l'agression dont il a été victime, le matin même alors qu'il se trouvait sur le parking situé à proximité du bâtiment Reef Construction. "Ala kado ki linn avoy toi" , lui auraient dit ses agresseurs avant de prendre la fuite. Drôle de cadeau et cela, alors que ce n'est pas son anniversaire. Benjamin Rose est encore sous le choc. S'il est rentré chez lui en fin de semaine après quelques jours en clinique, il se dit traumatisé. Chaque jour, il revit son agression. Ce qui pendant des mois n'étaient que des menaces s'est traduit en acte mardi dernier. C'est grâce à sa rapidité qu'il a pu sauver sas peau: "Si mo pa ti réazir vite, mo ti poun perdi lavi. Mo finn sorti loin", dit-il. Il est revenu hier sur sa déclaration à l'effet qu'il pouvait identifier ses agresseurs. Aujourd'hui, conscient que sa vie est en danger, il craint également pour celle de sa famille. Il dit ne plus pouvoir identifier ses assaillants. Pourquoi a-t-il été agressé ? Est-ce parce qu'il serait l'un des porte-parole du front commun qui milite contre l'accès restrictif à un îlot.

Comme tous les jours, mardi dernier, aux alentours de 8h, Benjamin Rose, opérateur de catamaran du Nord, gare son véhicule dans une aire de stationnement, non loin du bâtiment Reef Construction, Pereybère. À cette heure, le lieu est calme. Personne dans les alentours. Il se dirige vers le coffre de sa voiture pour sortir son matériel de travail, en vue d'organiser sa journée avec les touristes sur l'île Plate. Tout à coup, dit-il, "mo senti en coup dan mo lipie". Lorsqu'il se retourne, il fait face à deux individus qui l'assènent de coups à la tête et au bras. "Mo finn réagir, mé zot ti pe bat mwa", dit-il. "Ala kado ki linn avoy toi", lui disent ses agresseurs. En l'espace de quelques secondes, entre les coups qu'il reçoit, il entend tomber un objet tranchant. "Mo ti pensé zot pe bat mwa are matrak, mé letan mo tann zouti la tombé, monn compran enn couto sa !", indique-t-il. Sachant que ses agresseurs étaient prêts à tout, il tente de s'enfuir. Quelques mètres plus loin, il saisit de deux pierres en vue de se défendre. "Letan zot trouv mwa trap sa de gro ros la, zot pa finn approssé", raconte-t-il. Les deux hommes auraient alors reculé avant de prendre la fuite. En regardant son pied, Benjamin Rose constate qu'il saigne abondamment. "Mo lipie couma dir enn labouss inn ouver. Disan pe coulé couma larivière", explique-t-il. Il réussit à faire pression sur sa blessure, et avec l'aide de son portable, téléphone à un ami qui se trouvait non loin de la plage. Ce dernier et quelques amis de la région ont accouru et l'ont transporté d'urgence dans une clinique du Nord où il a reçu les premiers soins avant d'être transféré dans un autre centre médical pour subir une intervention chirurgicale. Benjamin Rose a eu le tendon au pied gauche sectionné et porte des blessures à la jambe, au mollet et à la tête. "Mo finn réazir très vite. C'est pourquoi mo encor en vi. Sinon, monn fini. Zot ti vini pou samem", dit Benjamin Rose.

Une agression perpétrée, selon lui, en raison de ses convictions eu égard de l'îlot Gabriel dont l'accès est devenu payant. Benjamin Rose est en effet l'un des porte-parole du front commun qui milite contre l'accès restrictif de l'îlot. Au départ, Benjamin Rose devait déclarer que ses agresseurs étaient deux videurs de boîte de nuit, envoyés par un homme d'affaires de la région, partenaire de Jayraj Woochit, détenteur du bail pour l'îlot Gabriel. Les éléments de la Criminal Investigation Division de Grand Baie ont interpellé deux videurs de boîte de nuit dans le cadre de l'enquête sur l'agression de Benjamin Rose. Ils ont été longuement interrogés et ont nié toute implication dans l'affaire. Toutefois, Benjamin Rose s'est rétracté dans sa déposition. Il se dit "bien inquiet" par rapport à sa santé, mais aussi à sa vie et celle de sa famille. Il ne se sent pas en sécurité. "Si en plein lizour zot inn attak mwa. Ki zot kapav fer encor ?", se demande-t-il. C'est pourquoi il n'est pas disposé à procéder à l'identification de ses agresseurs. Il a décidé de se retirer des mouvements pour lesquels il militait, dont celui de "Pas touss Îlot Gabriel". Dans le passé déjà, il aurait reçu plusieurs menaces au téléphone. Il avait consigné une déposition au poste de police de la localité à cet effet. "Zot inn dir mwa si mo pa ferm mo laguel mo pou gagn bocou problem. Mo bann lezot kamouad oussi finn gagn menaces et finn agresser. Mo pa pou kapav continué", explique-t-il. Il trouve désolant que ce sont des tapeurs qui font leur loi. "Moris pe viv dan enn system mafia. C'est regrettab, pou nou mauriciens, pou nou bann tourists", dit-il. Il rappelle que le domaine public n'appartient à personne, et qu'il n'y aurait pas dû y avoir de polémique sur l'accès à l'Îlot Gabriel.


Paiements de pensions par la poste

La Sécu n'a aucun moyen de vérifier qui perçoit les prestations sociales

Une controverse en chasse une autre. Alors que toute la question de "fraude" de Rs 49 millions à la Sécurité sociale continue de faire des vagues, une autre controverse, à savoir l'incapacité du ministère à vérifier à qui les différents bureaux de poste paient les prestations sociales, a fait surface. Depuis avril, soit depuis l'introduction du mode de paiement de pensions par la poste, le ministère ne reçoit des Returns de la poste uniquement au sujet de ceux qui n'ont pas touché leur argent. Toute la question a été abordée mardi au NPF Building lors d'une rencontre entre la ministre Sheila Bapoo et la General Government Services'Union (GGSU). Le ministre Bapoo a pris la décision de convoquer une réunion urgente à ce sujet le mercredi 28, entre son secrétaire permanent et la GGSU.

Lors de cette réunion, qui a vu la participation de Mme Bappoo, de son Acting Permanent Secretary, Mme Soobrun et de l'Acting commissioner, M. Mauree, pour le ministère, de Rashid Imrith, président de la GGSU et du secrétaire du syndicat, Mlle Boopa Brizmohun, entre autres, le syndicat a soulevé un point capital à l'effet que, depuis le mois d'avril, soit depuis que les paiements des différentes pensions sont effectués par les bureaux de poste, le ministère n'a plus aucun moyen de vérifier qui sont les récipiendaires de cet argent.

"Nous avons soulevé l'exemple suivant: 100 personnes sont supposées toucher leur pension; dix d'entre elles ne vont pas toucher leur argent. Que se passe-t-il alors ? Depuis avril, la poste, qui est devenue le Paying Agent, n'envoie au ministère que les Returns pour ces dix personnes qui n'ont pas touché leur argent et non pas pour les 90 autres. De ce fait, le ministère n'a aucun moyen de vérifier à qui la poste a payé quoi. C'est entre avril et maintenant que les risques de fraude sont des plus réels", a déclaré Rashid Imrith à Week-End. Suite au point soulevé par la GGSU lors de la rencontre avec le ministre Bapoo, cette dernière a demandé à son P.S, Mme Soobrun de tenir une réunion "urgente" avec la GGSU. Cette réunion a été fixée pour le mercredi 28. Le président de la GGSU dit attendre beaucoup de cette réunion, car, dit-il, si la présente situation perdure, la Sécurité sociale n'a absolument aucun moyen de contrôler les paiements effectués par la poste.

Le lendemain de la publication de l'article de Week-End selon lequel la GGSU n'arrivait pas à obtenir de rencontre avec le ministre Bapoo (voir notre livraison de dimanche dernier), la GGSU devait être convoquée au NPF Building pour rencontrer la ministre. Au menu de cette rencontre, la "fraude" de Rs 49 millions à la sécurité sociale. La GGSU a soulevé, comme autres points, le fait que "la maladresse" des déclarations du ministre ont causé un "préjudice immense" au personnel de la sécurité sociale.

La GGSU s'est dite également "choquée" du fait que Mme Bapoo, qui est à son poste depuis deux ans, a appris qu'il n'y a pas de "manual procedure" qui régit le travail des fonctionnaires de son ministère par voie de presse. "Le ministre ne sait pas qu'il n'y a pas de Manual Procedure; son P.S non plus. Par contre, le commissaire a dit qu'il en existe un, mais que ni le ministre, ni le P.S n'a jamais vu. Cette situation est choquante et confuse", ajoute le président de la GGSU. Le syndicat a également lancé un appel au ministre afin de "rétablir les faits" au plus vite: il n'y a pas de fraude, mais des Overpayments effectués par la Sécu. "Pour nous, il n'y a que deux possibilités: soit le ministre a été induit en erreur par ses officiers, soit ses fonctionnaires ne connaissent pas du tout leur dossier", a soutenu Rashid Imrith.

D'autre part, un autre syndicat, à savoir la Government Servants'Association (GSA) est montée au créneau cette semaine afin de réclamer une rencontre urgente avec le ministre. Dans une lettre adressée à Mme Bappoo vendredi, la GSA, par l'entremise de son secrétaire général, Poonit Ramjug, a soutenu qu'un "manque de dialogue" sur toute la question de pensions et de "fraude" a terni l'image du ministère de la sécurité sociale.

"All the press articles convey the impression that the Rs 49 millions have landed in the pockets of the officers of the ministry. As expected, the Central Criminal Investigation Division (CCID) has not been able to establish any fraud. The fact is that, as elaborated above, it is not a fraud as such and if the discrepancy so interpreted, at least the officers are not the culprits. Such amounts have been overpaid by officers (…)", souligne Poonit Ramjaug. Ce dernier ajoute également que les déclarations ministérielles rapportées par la presse "have caused enormous prejudice to the officers and at the same time adversely affected the image of the ministry", d'où la nécessité de rencontrer le ministre.


Comparaissant en cour de Moka

Il s'évade, fait un accident et est repris 48h plus tard

Un détenu, Ahmad Joonid Moohamadally, 22 ans, s'est évadé alors qu'il était en cour de Moka mardi. Durant son évasion, il s'est heurté contre une voiture alors qu'il était pourchassé par deux policiers. Il devait finalement être repris jeudi.

C'est aux alentours de 11h10 mardi que le détenu a faussé compagnie au policier qui l'avait accompagné aux toilettes, sis à l'arrière de la cour de District de Moka. Après que ses menottes lui ont été enlevées par un policier affecté au poste de police de St-Pierre, le détenu devait violemment pousser la porte des toilettes en direction du constable en question et prendre ses jambes à son cou. Deux policiers devaient alors s'élancer à sa poursuite. Moohamadally prit la direction de Camp Samy Road et devait heurter contre un véhicule immatriculé 57 JU 06. Il se releva néanmoins et disparu dans des fourrés.

Deux jours plus tard, le détenu devait être surpris rodant dans les parages du supermarché Winners'. Il devait être conséquemment arrêté. Il a été traduit en cour de Moka, cette fois pour le délit de "effecting escape from legal custody". Il a été maintenu en détention policière.


Bataille légale

Raja Pillay réclame Rs 10 millions à la MRA

Raja Pillay, ancien directeur des Casinos de Maurice et de la Corporation Nationale de Transport (CNT), réclame une somme de Rs 10 millions à la Mauritius Revenue Authority (MRA), par le biais d'une plainte logée en Cour suprême. La MRA avait procédé à la saisie des biens de Raja Pillay, tout en affirmant que ce dernier devait à l'État la somme de Rs 2.1 millions d'impôts, de 2001 à 2006.

Dans la plainte rédigée par l'avoué K. Gungabissoon et déposée jeudi en Cour suprême, le plaignant estime à Rs 10 millions le préjudice et le "harcèlement" de la MRA à son encontre. Selon la teneur de la plainte, c'est au début du mois de juillet que la MRA fait savoir à Raja Pillay qu'il doit la somme de Rs 2 175 541 (excluant les amendes et autres intérêts), à l'État. Raja Pillay a contesté le assessment du MRA en écrit. Les protestations officielles de Rajah Pillay ne devaient pas être prises en considération. Le MRA devait alors procéder à "burden inscriptions of privilege on all the immovable properties" de ce dernier, par voie de lettre, le 11 juillet.

Le plaignant devait protester de nouveau en écrit, mais la MRA devait émettre un "Distress Warrant" à l'encontre de Rajah Pillay. Ce dernier affirme avoir également produit un affidavit afin de contester une vente à la barre, pour d'aider une famille dans le besoin à récupérer un héritage familial. Mais la MRA fit la sourde oreille et la propriété en question fut vendue à une tierce personne.

Rajah Pillay conteste également le fait que la MRA a logé une Objection to Departure à son encontre, l'empêchant, en conséquence, de se rendre en Inde, notamment pour y suivre un traitement médical au Apollo Hospital.

L'affaire sera appelée devant la Cour suprême le 27 mars prochain.


Droit du citoyen

Une plainte déposée à l'Onu contre l'État mauricien

Neuf membres du mouvement Rézistans ek Alternativ ont fait déposer, vendredi dernier, une plainte devant le comité des Droits de l'homme de l'Organisation des nations unies (Onu) pour solliciter une déclaration de ce comité contre la violation par l'Etat mauricien de leur droit d'être candidats à une élection sans qu'ils aient obligatoirement à décliner leur appartenance à une communauté.

La plainte a été déposée par les soins de Me. Rex Stephen et Me. Nilen D. Vencadasmy du cabinet Astor Law Professionals au nom de MM. Devianand Narrain, Georges Legallant, Jean-François Chevathyan, Ian Harvey Jacob, Denis Marchant, Roddy Muneean, Ashok Subron et mesdames Paveetree Dholah et Dany Sylvie Marie.

La démarche des membres de Rézistans s'insère dans le combat mené par le mouvement depuis juin 2005 pour que soit bannie toute référence communale et religieuse dans le système électoral d'une île Maurice qui est officiellement démocratique.

Il faut rappeler que les membres précités de Rézistans avaient à cet effet, en premier lieu, obtenu un jugement encourageant de la part la Cour suprême lorsque le juge Eddy Balancy avait statué, 10 juin 2005, que l'empêchement fait à une personne voulant se porter candidate à une élection est "répugnant à la section b 1 de la Constitution". Par la suite, ce jugement a été renversé par le Full Bench de la Cour suprême et les pétitionnaires se sont même vu refuser le droit de faire appel au conseil privé de la Reine.

Selon les pétitionnaires, la loi électorale telle que l'Etat mauricien insiste à l'appliquer à ses citoyens est une restriction à la liberté et ne se conforme pas aux articles 25 et 26 de l'International Covenant on Civil and Political Rights dont Maurice est un signataire depuis 1973.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 18 novembre 2007