é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 18 novembre 2007



  Fonction publique—PRB : Rs 200 M pour chaque 1% de hausse des salaires
  Fers de construction—Gary Walton, managing director de MISCO : "La pénurie est terminée"
  Boissons gazeuses—Hausse moyenne de 10.4% des prix des produits de Phœnix Beverages
  Brèves


Fonction publique

PRB : Rs 200 M pour chaque 1% de hausse des salaires

À huit mois de l'entrée en vigueur des recommandations du Pay Research Bureau (PRB) pour les employés du service civil et de corps para-étatiques, les principaux paramètres financiers commencent à être établis. C'est du moins ce qu'avancent des milieux proches de cette institution au fur et à mesure que les échéances se précisent.

Techniquement, la direction générale du PRB se prépare à soumettre son rapport au gouvernement au mois de mai de l'année prochaine afin que les nouveaux barèmes salariaux soient mis en application à partir du 1er juillet de l'année prochaine et les nouvelles conditions de service à partir du 1er août prochain. Déjà, les dents commencent à grincer devant l'éventualité que la formule adoptée pour les conditions de service à la Mauritius Revenue Authority (MRA) soit étendue à l'ensemble de la fonction publique avec l'abolition des passage benefits ou encore des duty free concessions pour les voitures et le remboursement des congés et leur remplacement par une valeur monétaire mensuelle.

Avec les exercices de job evaluations bien avancés et la majorité des syndicats de la fonction publique et des corps para-étatiques déjà entendus formellement par le PRB, les indications sont que pour chaque 1% d'augmentation des salaires à partir du 1er juillet 2008, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, devra prévoir une somme supplémentaire de Rs 200 millions dans le budget. Cette indication émanerait officiellement du PRB. Ainsi, pour une moyenne d'augmentation de l'ordre de 10%, il faudra aller chercher dans la fourchette de Rs 1,9 à Rs 2 milliards annuellement.

À ce jour, le PRB ne dispose encore de directives précises quant à sa marge de manœuvre financière pour compléter les exercices de simulation. En effet, le calendrier de travail prévoit que le coût global du rapport du PRB ne sera connu qu'en février de l'année prochaine. À cette période, la direction générale du PRB aura des séances de travail avec le vice-Premier ministre et ministre des Finances au sujet de l'enveloppe financière qui devrait être allouée pour l'exercice de révision des salaires et conditions de service.

Avec ces indications, le PRB entamera la phase décisive de la rédaction de son rapport jusqu'à sa publication en mai de l'année prochaine. Les recommandations du PRB apporteront d'importantes modifications dans les salaires et conditions de service des fonctionnaires et des employés des corps para-étatiques. D'abord, il est plus que certain qu'une formule de pension contributive entrera en vigueur, comme c'est le cas pour les employés du secteur privé avec le National Pensions Fund.

Cette pension contributive dans le service civil et les corps para-étatiques sera à hauteur de 18% des salaires, avec une contribution de 6% pour les employés et les 12% restants pour le compte de l'employeur, soit le gouvernement. Le rapport du PRB fera également provision pour pousser l'âge de la retraite à 65 ans dans la fonction publique comme le vice-Premier ministre et ministre des Finances en a fait état dans son discours du budget.

Les autres changements envisagés, qui font tiquer les fonctionnaires, concernent la gamme des fringe benefits. Le fait que le PRB a déjà indiqué à une délégation syndicale en début d'année que les options étaient ouvertes quant à l'éventualité d'adopter la formule de la MRA, avec l'abolition des passage credits, des facilités hors-taxe et du remboursement des congés non pris, suscite des inquiétudes dans la fonction publique.

Une première retombée demeure le fait que le nombre de fonctionnaires, prenant avantage de leurs passage credits en cette période de fin d'année vu la possibilité que ces avantages soient abolis, a plus que décuplé. " C'est une véritable psychose à voir le nombre de fonctionnaires prenant d'assaut le passage benefits department du Trésor. Le personnel de ce département est débordé par les demandes élevées venant des fonctionnaires voulant partir à l'étranger et le traitement des dossiers en souffre ", a confirmé à Week-End Rashid Imrith, le vice-président de la Fédération des Syndicats du Service Civil.

" Nous allons contester toute décision formelle du PRB visant à imposer la formule de la MRA dans la fonction publique avec l'abolition de ces fringe benefits et leur inclusion dans les salaires. Les fonctionnaires sortiront perdants de cet exercice. Prenons le simple exemple du travelling payé aux fonctionnaires, qui est un exempt income pour les besoins de l'income tax. Mais quand les allocations de travelling seront intégrées au pay packet mensuel, les fonctionnaires ne pourront plus bénéficier de cet avantage. Tout comme l'inclusion d'une allocation mensuelle en guise de remplacement des duty free concessions pèsera lourd lors du calcul de l'income tax. Les fonctionnaires devront rester vigilants car avec le prochain rapport du PRB, le ministre des Finances tentera de jouer à pile je gagne, face tu perds au niveau de l'impôt ", a soutenu Rashid Imrith, qui rappelle que les syndicats de la fonction publique veillent au grain. Une campagne de mobilisation des fonctionnaires sera déclenchée au moment propice pour dire non à l'adoption de la formule de la MRA dans le rapport du PRB.

En ce qui concerne le programme de travail du PRB, l'étape des consultations avec les chefs de département dans le service civil a été entamée. Ainsi, vendredi, le secrétaire financier, Ali Mansoor, et le supervising officer au ministère de la Fonction publique, P. Jhugroo, ont été entendus par le PRB. Le principal dossier était la réorganisation au ministère des Finances et du développement économique.

Ce projet au ministère des Finances fait l'objet de controverses car des objections ont été formulées contre les conditions de la fusion du Management Audit Bureau ou encore l'intégration du personnel professionnel de l'ancien ministère du Plan au sein de l'organigramme des Finances. Très peu de détails ont transpiré quant à la séance de travail de vendredi. Les consultations du PRB au niveau des chefs de département devront se poursuivre jusqu'à la fin de l'année.


Fers de construction

Gary Walton, managing director de MISCO : "La pénurie est terminée"

Pour la première fois depuis le rachat des actifs de Debro - et de la polémique sur les fers de construction -, Gary Walton, le représentant de la firme sud-africaine Murray and Roberts à Maurice, accepte de répondre aux questions d'un journaliste. En refusant toutefois d'être photographié. Gary Walton est actuellement le directeur de la Mauritius Iron Steel Company Limited (MISCO), la compagnie sud-africaine qui a repris les actifs de Desbro. La rencontre s'est déroulée mercredi dernier au siège de MISCO en présence de Jay Danjee, expert comptable et partenaire mauricien de l'entreprise sud-africaine implantée à Maurice.

Au mois de mars après 40 ans d'existence et une longue polémique, Desbro, n°1 local de la fabrication et de la distribution des fers de construction, mettait la clef sous le paillasson. Murray and Roberts, société sud-africaine représentée à Maurice à travers MISCO, annonçait son intention de reprendre les actifs de Desbro. Se poursuivait un feuilleton qui avait commencé en 2006, quand le ministère du Commerce avait rejeté une demande d'augmentation des prix des fers provoquant une pénurie du produit puis, subséquemment, une hausse des prix et la fermeture de Desbro. Sept mois plus tard, Murray and Roberts a repris les actifs de Desbro à travers MISCO et après une période de vérification et de modernisation des équipements vient de recommencer la production de fers de construction. À la question souvent posée lors de la polémique de l'intérêt que peut susciter pour une grosse compagnie sud-africaine pour un petit marché comme celui de Maurice, Gary Walton répond : "Nous sommes présents à Maurice et dans l'océan Indien depuis des années dans le cadre d'une opération commerciale. Murray and Roberts, qui a une expertise incontestée dans la fabrication des fers de construction, est en développement et cherche de nouveaux marchés pour écouler ses produits. Maurice peut être une base pour nos opérations dans la région océan Indien. Le marché mauricien de la construction est beaucoup plus important qu'on ne le pense surtout avec les développements des IRS, de l'industrie hôtelière, des morcellements, des blocs d'appartements et des maisons individuelles. Nous l'avons dit dès le départ : notre intention n'était pas de faire un coup et de nous en aller, mais de nous installer dans la durée, d'investir à Maurice et de fournir des fers de construction de qualité internationale à des prix raisonnables - et compétitifs - en quantité suffisante et nous sommes en train de le commencer à le faire." Depuis la reprise des actifs de Desbro, le nouveau propriétaire s'est livré à un état des lieux techniques avant de recommencer à transformer les billets en barres de fer aux dimensions réglementaires et a recruté du personnel. "Nous avons remis en état les bâtiments et les équipements que nous avons rachetés, y avons ajouté du neuf et du moderne, fait venir des experts pour former nos employés selon une nouvelle méthode de travail de plus en plus basée sur l'automatisation. Nous allons rapidement développer l'entreprise selon les normes sud-africaines." Depuis son entrée en opération, MISCO, qui ne travaille qu'avec un shift par semaine, produit 32 tonnes par jour et dispose d'une cargaison de fers importés de Chine qui sera mis sur le marché dès l'obtention des certificats de qualité.

"Nous vendons au prix du marché, mais allons faire en sorte qu'il soit le plus bas possible."

Comment expliquer que MISCO puisse faire ce que Desbro disait ne plus pouvoir dans les mêmes conditions économiques ? "Je répondrai à cette question en disant que nous avons un système de management et une manière de faire fonctionner une entreprise qui donne des résultats. Nous bénéficions aussi de l'expertise sud-africaine et également du fait que nous achetons nos matières premières en Afrique du Sud de Murray and Roberts et qu'il existe de ce fait une économie d'échelle entre les différents départements de la compagnie." MISCO ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. D'ici décembre, il compte augmenter sa cadence de production, multiplier les shifts afin de doubler, et en cas de demande du marché de tripler ou de quadrupler sa production. Et qu'en est-il des prix pratiqués par MISCO ? "Il faut préciser que nous vendons nos produits à tous depuis les grosses entreprises de construction jusqu'aux particuliers en passant par les petits contacteurs. Nous vendons au prix du marché, mais allons faire en sorte qu'il soit le plus bas possible." Et quid de la crainte qu'avec les 75% des parts de marché que détenait Desbro améliorés par MISCO l'entreprise sud-africaine avale tous ses concurrents ? "Premièrement, l'entrée de nos produits sur le marché va mettre fin à la pénurie des fers de construction. Nous allons répondre à la demande du marché et n'avons pas l'intention d'étouffer la concurrence. Nous avons la capacité et allons répondre à la demande. Mais il y a de la place pour d'autres." C'est à la fin de la rencontre que Gary Walton acceptera de répondre enfin à une question sur la polémique politique ayant entouré la fermeture de Desbro et les rumeurs selon lesquelles le ministre du Commerce roulait pour Murray and Roberts. "Nous avons été silencieux peut-être parce qu'on n'était pas intéressé à avoir notre point de vue, mais aussi pour ne pas participer au débat qui avait pris un tour politique qui ne nous concernait pas. Dans toute cette polémique, on a fait un mauvais procès au ministre Jeetah. J'aimerais souligner que plusieurs ministres - dont M. Jeetah, mais aussi MM. Sithanen, Duval et Bunwaree - et des représentants du BOI sont venus plusieurs fois en Afrique du Sud pour inviter les hommes d'affaires sud-africains à venir investir à Maurice en proposant des conditions avantageuses. C'est après avoir étudié ces propositions, qui coïncidaient avec notre stratégie, que Murray and Roberts a décidé de s'implanter à Maurice."


Jay Danjee : "Je ne suis pas un anti-patriote"

Dans la polémique qui avait entouré le rachat de Desbro par Murray Robert, l'argument selon lequel cette opération allait permettre à une compagnie étrangère de racheter une entreprise locale avait été souvent utilisé. Dans ce contexte, l'expert comptable, Jay Danjee, qui travaille pour Murray and Robert et est le partenaire minoritaire mauricien dans MISCO avait été traité d'anti-patriote. Il réagit aujourd'hui à cette accusation. "Je ne suis pas un anti-patriote, je ne suis qu'un homme d'affaires qui a été engagé pour mettre en place une compagnie locale selon les dispositions de la loi. J'ai agi dans le cadre de la politique du gouvernement mauricien du Foreign Direct Investment encourageant les hommes d'affaires étrangers à investir en devises étrangères à Maurice. Des dizaines de comptables effectuent cette opération tous les jours. Si Jay Danjee n'avait pas effectué l'opération pour le compte de Murray and Roberts, un autre comptable l'aurait fait."


Boissons gazeuses

Hausse moyenne de 10.4% des prix des produits de Phœnix Beverages

Les prix des boissons gazeuses non alcoolisées de Phœnix Beverages Ltd ont connu, en moyenne, une majoration de10.4% depuis lundi dernier, 12 novembre. L'entreprise explique cette augmentation par la hausse des prix des matières premières ainsi que des coûts d'emballage.

Les produits suivants sont concernés: Coca-Cola, Fanta, Sprite, Perona, Schweppes et Malta Guinness. À titre indicatif, les nouveaux prix recommandés pour Coca, Fanta et Sprite en logements PET (bouteilles en plastique non-consignées) sont Rs 33.00 (contre Rs 31.15 précédemment) pour les logements de deux litres; Rs 27.00 (au lieu de Rs 26.15) pour les logements de 1.5 litres et Rs 15.50 (contre Rs 13.65) pour les logements de 500 ml.

Pour ce qui concerne les produits vendus en bouteilles en verre consignées, les nouveaux prix sont: Perona (650 ml): Rs 18.50 (contre Rs 16.50); Perona (330 ml): Rs 10.00 (contre Rs 9.00). Coca, Fanta et Sprite (300 ml) se vendent, désormais, à Rs 8.00 (contre Rs 6.00) alors que Malta Guinness (logement en verre de 300 ml) se vend, désormais, à Rs 12.00 (contre Rs 10.00).

Dans un communiqué émis pour évoquer ces changements de prix, Phœnix Beverages Ltd se dit "concernée" par le fait que certains détaillants ne respectent pas les prix recommandés. La compagnie invite, en conséquence, les associations de consommateurs, la Consumer Protection Unit du ministère de la Protection des consommateurs ainsi que la Shop Owners Association (SOA) à une table ronde pour "une discussion franche" sur la question visant à dégager un consensus "dans l'intérêt de tous, surtout, celui des consommateurs".


Brèves

Hôtellerie: Nouvelle récompense pour le Touessrok

Le Touessrok remporte le Best Resort Hotel in the World Award de British Airways Holidays, un des Tours opérateurs, leaders du Royaume-Uni. Cette récompense a été remise à M. Arnaud Martin, directeur Marketing du groupe Sun Resorts lors d'un dîner de gala qui s'est tenu mardi 13 novembre dernier Tower à Londres.

"Il s'agit d'une vraie reconnaissance de l'excellente campagne de communication et de branding menée ces derniers huit mois en Europe et dans le monde depuis notre séparation du groupe One & Only. Cette récompense est une indication que la nouvelle identité du Touessrok a été bien acceptée par les professionnels et le consommateur. Je tiens à saluer les efforts menés par nos différents bureaux de vente et surtout par l'équipe aux commandes du Touessrok", a affirmé Arnaud Martin. Le Touessrok a remporté bon nombre de prix et récompenses internationales ces dernières années. La plus récente étant la 2007 Indian Ocean Leading Golf Resort décernée par le World Travel Awards en novembre dernier.

Les villas de Beau Rivage inaugurées

Le vice-Premier ministre et ministre du Tourisme a procédé la semaine dernière à l'inauguration des villas de Beau Rivage. Ces douze villas de luxe qui appartiennent au groupe Naïade se trouvent dans l'enceinte du cinq étoiles le Beau Rivage, à Belle Mare. Ces villas, qui font face à la mer et bénéficiant d'une piscine privée chauffée, d'un service de restauration exclusive et d'un majordome, se répartissent en trois catégories et ont nécessité un investissement de Rs 312 millions. Par ailleurs, Naïade inaugurera le mois prochain Le Tamassa, son nouveau 5 étoiles mauricien construit à Bel Ombre et l'année prochaine le Diva Ressort et Spa, situé aux Maldives.



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