i n t e r v i e w WEEK-END --- dimanche 11 novembre 2007



Nita Deerpalsingh :

"Ce que le PM demande au secteur sucrier est juste"

L'interview, très animée, de Nita Deerpalsingh, vice-présidente de la Commission pour la démocratisation de l'économie, a eu lieu jeudi dernier. Avant la soumission des nouvelles propositions du secteur sucrier au gouvernement pour débloquer le dossier sucre. L'essentiel de cette interview a été consacré à la nouvelle position du gouvernement sur la Multi-Annual Adaptation Strategy (MAAS) qu'il avait pourtant ratifié et soumis à l'Union européenne en 2006.

Vishnu Lutchmeenaraidoo disait dimanche dernier dans Week-End que c'est la Commission pour la Démocratisation qui dirige le gouvernement de l'Alliance Sociale en suivant sa ligne politico-économique sur le dossier sucre. Nita Deerpalsingh, vous prenez ça pour un compliment ou pour une boutade ?

Une boutade dans la mesure où la commission est une émanation du gouvernement et que nous ne faisons que recommander la mise en application du programme sur lequel il a été élu en 2005. C'est le gouvernement qui dirige le pays, pas la commission.

Quelle est votre analyse de la situation économique actuelle de l'île Maurice ?

Je crois que tout le monde - même le MMM d'une certaine manière - s'accorde à reconnaître qu'il y a des signes de reprise économique, mais ce n'est pas suffisant. Il ne faut pas se voiler la face : il y a toujours un problème de pouvoir d'achat découlant de l'importante inflation que nous avons subi pendant l'année écoulée. Mais selon les statistiques j'ai l'impression que l'inflation commence à se stabiliser…

… ce n'est pas l'impression qu'ont les Mauriciens quand ils vont faire leurs courses. Surtout quand en cette veille de Divali le lait, indispensable pour la fabrication des gâteaux traditionnels, est non seulement cher, mais rare sur les rayons des boutiques…

J'ai posé la question au ministre Jeetah l'autre jour et il m'a répondu qu'une cargaison de plusieurs tonnes de lait était arrivée. La question est de savoir où elle se trouve : est-ce que les commerçants ne mettent pas toute la cargaison sur les rayons ou est-ce que les Mauriciens font du stockage ? On enquête sur les deux possibilités. Nous avons passé des moments difficiles, mais il ne faut pas occulter les signes de la reprise économique au niveau des indicateurs macroéconomiques. Cela dit, je reconnais que ces signes ne sont pas encore assez visibles dans le quotidien des Mauriciens, mais ça va arriver.

Du lait nous allons passer au dossier sucre qui est de toute brûlante actualité. Le gouvernement est en train de remettre en question certaines clauses du MAAS, rapport qu'il a non seulement ratifié, mais soumis il y a un an à l'Union européenne pour demander son financement. Est-ce que cela signifie que le gouvernement ne lit pas les plans ou les rapports qu'il ratifie ?

Il y a une chose très importante à dire dessus. Quand le Chief Executive Officer d'une entreprise découvre, quelques mois après la ratification par son board d'un plan stratégique, des informations qui remettent en question ce plan stratégique, ne fait-il rien ?!

On pourrait penser que c'est un mauvais CEO qui a pris une décision qu'il a fait ratifier par son board alors qu'il n'avait pas suffisamment étudié le dossier et ses implications ! Les techniciens et conseillers de ce CEO n'étudient-ils pas les rapports et n'analysent-ils pas les conséquences des décisions ?

Ce sont justement les techniciens qui n'ont pas, à l'origine, cerné toutes les dimensions du dossier. Un CEO ne peut pas ignorer de nouvelles informations qui viennent donner une nouvelle dimension à un document stratégique engageant l'avenir de son entreprise : il serait totalement irresponsable…

… peut-on dans ce monde globalisé signer des accords, ratifier des plans pour après les remettre en question en disant : "Je ne savais pas ce que je faisais en ratifiant, on m'a donné de mauvaises informations" ?

On peut remettre en cause des contrats déjà signés dans les grands pays et je vous en donnerai des exemples. La MAAS est tellement stratégique et importante pour l'avenir du pays que ce serait de l'irresponsabilité de ne pas tenir compte des nouvelles données.

Mais est-ce que ce n'est pas aussi irresponsable de ratifier un plan aussi important sans en avoir cerné tous les contours et mesuré les conséquences ?

La MAAS est basée sur un autre rapport, celui de Wendel Mills, commandité par la Mauritius Sugar Authority (MSA) sous l'ancien régime en 2004 et soumis en 2005. À partir de ce document, les techniciens de la MSA ont préparé la MAAS qui, pour l'essentiel, je dirais à 90%, vient du rapport que je viens de citer. Je pense que ces techniciens se sont tellement impliqués dans ce document qu'ils ont cru que c'était le bon plan et ils l'ont poussé de l'avant.

Comment se fait-il que ce soit plus d'un an après avoir ratifié la MAAS que le gouvernement mauricien se rend compte de ses lacunes et les dénonce ?

En ce qui me concerne, je n'ai reçu une copie du document, qui était prêt en avril 2006, qu'en novembre de la même année en tant que membre de l'assemblée paritaire ACP/CEE. Le gouvernement avait accepté le contenu du plan sur la base des données qui lui avaient été fournies à l'époque. Après sa présentation des syndicats et d'autres personnes, dont moi-même, ont commencé à mettre le doigt sur les lacunes du MAAS. Ce plan concerne tous les Mauriciens et leur avenir, plus particulièrement sur la question énergétique qui nous engage pour de longues années et on ne peut pas l'accepter les yeux fermés.

Expliquez-nous pourquoi c'est maintenant que le Premier ministre décrète que si les lacunes du MAAS ne sont pas corrigées, son gouvernement présentera un autre plan.

Le Premier ministre n'a pas remis en cause la réforme et dit qu'on va mettre la MAAS à la poubelle. Il a dit que si la réforme n'est pas juste et équitable, il faudra revoir ou refaire le plan. Mais s'il y a bonne volonté pour un partage juste et équitable, la réforme ira de l'avant.

Pouvons-nous nous payer le luxe de ne pas mettre en pratique la réforme du secteur sucrier ?

Elle sera mise en application si elle est juste et équitable. La seule chose qui bloque l'application de cette réforme, c'est le refus de partager équitablement les fruits qui vont en découler.

Expliquez-nous ce que le gouvernement et vous entendez par "un partage équitable des fruits de la réforme."

La MAAS va créer plusieurs secteurs dans la nouvelle industrie de la canne : le milling, les raffineries, l'énergie, l'éthanol. Les fruits de la réforme, qui seront conséquents, ne peuvent exister qu'avec le soutien de la population. Le gouvernement dit au secteur sucrier, qui sera le principal bénéficiaire de la réforme, de partager un petit bout de ses profits.

Soyons concrets, Nita Deerpalsing. Quel est le "petit bout de profit" que le gouvernement est en train de réclamer au secteur sucrier ?

Le Premier ministre a été clair. Le petit bout est en fait un package de trois items : les terres, l'ouverture de l'actionnariat des nouvelles raffineries aux petits planteurs, les artisans etc. et l'ouverture de l'actionnariat dans la production d'énergie en revoyant peut-être les contrats passés. En parlant de révision de contrat, je vous cite le cas de la ville de Lyon, qui est actuellement en train de remettre en question un contrat sur la fourniture d'eau signé en 1986 et qu'elle estime mal ficelé. Pour en revenir à Maurice, j'ai entendu dire que la MSPA va soumettre des propositions au gouvernement ces jours-ci. Si ces propositions vont dans la bonne direction et manifestent de la volonté de partager équitablement les fruits de la réforme pour la population, il n'y aura pas de blocage et la réforme sera appliquée.

Est-ce que sur ce dossier qui concerne l'avenir de tous les Mauriciens le gouvernement n'est-il pas en train de faire de la politique politicienne ?

Pas du tout. Je pense objectivement que le Premier ministre a fait analyser le document par son conseiller économique britannique…

… pratiquement un an après avoir ratifié le plan en conseil des ministres et l'avoir soumis à l'Union européenne…

Il vaut mieux tard que jamais. Qu'est ce qui est plus important : s'apercevoir qu'un plan engageant l'avenir du pays contient des lacunes et les corriger ou respecter aveuglement le plan ?

La question qui revient est pourquoi ces analyses du plan n'ont-elles pas été faites avant sa ratification ?

C'est une question valable à laquelle je n'ai pas de réponse. Je pense que quand on est très impliqué dans la préparation d'un document on peut finir par faire siennes ses conclusions en refusant d'autres dimensions et d'autres perspectives.

Est-ce qu'en brandissant la menace d'un nouveau plan le Premier ministre ne met-il pas en quelque sorte le couteau sous la gorge des sucriers ?

Pas du tout. Il est en train de veiller que les fruits de la réforme soient partagés avec l'ensemble de la population pour le bien de l'avenir du pays. Il est en train de s'assurer que le petit partage ait lieu. Ce qu'il fait est dans l'intérêt de chaque citoyen mauricien.

Vous affirmez qu'avec la réforme le secteur sucrier va faire des profits astronomiques. Quels sont ces profits astronomiques dont vous parlez et quels en sont les montants ?

Déjà, dans la MAAS, les projections pour le retour sur investissements, après les coûts dans le cluster énergétique, sont de 23 %. Ce niveau de profit, qui n'existe que dans le secteur des produits de grand luxe au niveau mondial, est offert au secteur sucrier grâce à la réforme.

Au risque de le répéter, ces prévisions figurent dans le document de la MAAS qui date d'avril 2006. Pourquoi le gouvernement a-t-il pris plus d'une année pour s'en rendre compte et le dénoncer ? Personne au gouvernement n'a-t-il été choqué, comme vous l'êtes aujourd'hui, des profits astronomiques qu'allait faire le secteur sucrier avec la réforme ?

Moi, j'ai été choquée par ces prévisions quand j'ai eu le rapport et je l'ai dit haut et fort.

Admettons que le secteur sucrier fasse des propositions qui satisfassent le gouvernement, qu'un accord soit signé et que la mise en application de la réforme commence enfin. Mais eu égard à ce qui vient de se passer, on pourrait redouter que l'année prochaine le gouvernement découvre une clause du nouvel accord qu'il aura signé avec le secteur sucrier qui ne lui convienne plus et le dénonce en disant : j'ai mal lu le texte..

… je pense que vous êtes en train de faire un faux procès au gouvernement. Je le répète la MAAS n'a pas été ventilée comme elle aurait dû l'avoir été. Vous avez raison de dire que toute cette discussion, tout ce débat autour de la MAAS aurait dû avoir eu lieu en avril 2006 quand le plan a été présenté. Il aurait fallu avoir un dialogue social élargi sur ce plan dans le pays. La responsabilité de cette ventilation aurait dû incomber à la Mauritius Sugar Authority qui …

… prépare le plan et le soumet au gouvernement qui l'endosse en le ratifiant. Est-ce que le gouvernement et ses ministres ne sont-ils pas aussi - pour ne pas dire surtout - responsables de cette non communication du contenu de la MAAS que la MSA ?

Non. Les ministres n'entrent pas dans les détails d'un plan…

… Mais les ministres ont des techniciens au sein de leurs cabinets qui sont censés lire et analyser les documents. À bien vous entendre sur la question de la non communication de la MAAS, le gouvernement était dirigé par la MSA en avril 2005 !!!

Je dis qu'il y a eu faute professionnelle à la MSA.

Et il n'y a pas faute professionnelle d'un gouvernement qui accepte de ratifier un document qui engage l'avenir du pays sans l'avoir "bien lu" ?

Non, le gouvernement s'appuie sur les techniciens capables ou qu'il croit capables…

… Vous êtes en train d'instruire une motion de blâme contre la MSA…

… je l'ai déjà dit : la MAAS, qui découle d'un rapport commandité par l'ancien régime, a été pilotée par le secteur sucrier à travers la MSA. Et je ne blâme pas le secteur sucrier qui a monté une opération pour augmenter ses profits. Les agences du gouvernement ont la responsabilité d'agir comme garde-fous pour protéger les intérêts du pays. Pour moi, la MSA n'a pas fait son travail, a lamentablement failli dans sa tâche et je le dis publiquement depuis des mois.

Ce n'est pas facile de faire de la MSA le bouc émissaire…

Pour moi les choses sont claires : la MSA a fauté dans ce dossier.

Faut-il fermer cette agence gouvernementale qui a, selon vous, fauté ?

Oui, et je l'ai déjà dit. La MSA a été mise sur pied justement pour faire la balance des informations que la MSPA détenait et auxquelles le gouvernement et le peuple n'avaient pas accès. C'est la raison d'être de la MSA. Si aujourd'hui la MSA et la MSPA ont les mêmes objectifs, il vaut mieux fermer la MSA. Cela fera économiser Rs 90 millions au pays.

Et que faites-vous de la responsabilité du ministre de l'Agriculture, le ministre de tutelle de la MSA dans ce que vous appelez une faillite ?

Je crois que le ministre a été mislead par la MSA.

On résume les débats, Nita Deerpalsing : ce que le gouvernement réclame est juste - même s'il a pris un an pour s'en apercevoir - et si les sucriers acceptent, la question est réglée et la réforme peut enfin être mise en application…

C'est exact et j'espère que les propositions du secteur sucrier iront dans ce sens. Ce qui est important c'est que le gouvernement puisse réaliser ses objectifs, plébiscités en 2005, de démocratiser l'économie au profit de l'ensemble de la population.

C'est pour démocratiser l'économie que le gouvernement demande aux petits planteurs de Riche Terre de céder la place et leurs terres à Tianli ?

Vous reprenez un propos démagogique de l'opposition. Les petits planteurs de Riche Terre ne sont pas expulsés vers le vide. Ils ont droit à une compensation et il existe une volonté du gouvernement de les reloger. Le programme qui a été plébiscité en 2005 dit qu'il faut relancer l'économie. Pour ce, faire il faut faire venir à Maurice des investisseurs étrangers comme Tianli.

Nous allons élargir le débat sur d'autres sujets d'actualité. C'est étonnant que le député de Quatre-Bornes que vous êtes n'a eu rien à dire sur l'affaire des étals de la foire de Quatre-Bornes qui a conduit deux élus municipaux de l'Alliance sociale en prison.

Je n'ai pas fait de commentaire parce qu'on ne me l'a pas demandé. Je condamne sans ambages les abus que les élus ont pu faire avec les informations qu'ils détiennent de par leurs fonctions. Cela étant, nous vivons dans un pays où la présomption d'innocence existe. Le jour où les coupables seront désignés, ils devront payer. Mais je tiens à dire que nous avons dans ce pays un problème de mœurs et d'éthique - qui ne date pas de juillet 2005 - qu'il faut régler. Il faut aussi souligner qu'aujourd'hui, contrairement à hier, les enquêtes se font. Comme me le disait un agent de l'Alliance sociale, si cette affaire avait eu lieu avant juillet 2005 elle aurait été étouffée…

Vous êtes en train de dire que le gouvernement de l'Alliance sociale combat plus la corruption que celui du MSM/MMM ?

Je dis que les enquêtes se font sans être étouffées et c'est bien. On se souvient du démantèlement rapide de l'ECO sous l'ancien régime. Je ne sais pas si l'ICAC est totalement efficace, mais les enquêtes sont faites.

Que pensez-vous de la déclaration de Navin Ramgoolam selon laquelle il n'a pas confiance dans ses ministres ?

Je ne suis pas là pour interpréter les propos du premier ministre. Surtout quand je ne les ai pas entendus de mes propres oreilles.

Que pensez-vous de votre colistier Rama Sithanen ?

Je pense qu'il a une vision des choses et subi pas mal de tensions et de pressions ces temps derniers, parfois même de personnes à l'intérieur du gouvernement. J'ai beaucoup d'empathie pour Rama parce que le poste de ministre des Finances n'est pas populaire…

… il a été suggéré que vous convoitiez ce poste..

… Ah non ! Pas du tout ! Je ne voudrais pas être dans les souliers du ministre des Finances, qui doit tout prendre sur ses épaules.

Avez-vous de l'empathie pour Paul Bérenger ? Que pensez-vous de son retour au poste de leader de l'opposition ?

Aucun commentaire…

… ça, c'est nouveau. En général, il ne faut pas vous pousser pour vous faire faire des commentaires sur Paul Bérenger. Seriez-vous contaminée par la nouvelle mode de "my dear friend" que l'on entend ces jours-ci ?

Je ne fais des commentaires que quand il y a lieu d'en faire. Personnellement, j'ai trouvé la PNQ de Bérenger assez moche, mais je n'ai pas grand-chose à dire sur son retour comme chef de l'opposition. Je précise que j'attaque les propos de Bérenger et sa démagogie, pas sa personne.

L'opposition qualifie la manière dont le gouvernement mène la question sucrière comme une campagne communale du gouvernement pour associer Paul Bérenger à ses cousins barons sucriers. Votre réaction ?

Mais c'est une fixation, c'est pas possible. C'est totalement ridicule. Qu'est-ce que qu'il y a de communal quand le gouvernement demande aux sucriers de partager avec les Mauriciens les profits de la réforme ? C'est de la fixation fictionnelle !

Que pensez-vous de la démarche de la toute nouvelle Fédération des Créoles de Maurice, présidée par Jocelyn Grégoire et dont la première manifestation a été suivie par beaucoup de députés ?

Je suis partagée, en général, par la multiplication des groupes de revendication qui s'alignent avec des communautés. C'est une bonne chose que les gens s'organisent pour revendiquer leurs droits aussi longtemps que cette revendication n'est pas détournée. Mais il ne faut pas que cela dérape et soit récupérée par les politiciens, sinon la cause est perdue. Et pour moi, la cause est plus importante que les politiciens.

Avez-vous le sentiment que le communalisme est en progression dans le pays ?

-- Oui, malheureusement. Cette augmentation est provoquée par plusieurs facteurs, dont les politiciens qui en rajoutent des couches - dont Bérenger qui possède un MSC : Master in Scientific Communalism. Mais il y a aussi le détournement des causes récupérées qui provoquent des dérapages qui peuvent avoir un effet boule de neige. Le communalisme augmente mais en même temps j'ai l'espoir dans les jeunes qui sont très métissés dans leurs pensées. En espérant qu'ils ne seront pas récupérés par le système.

L'Alliance sociale est à mi-mandat. Est-ce que votre incursion en politique vous donne-t-elle envie de continuer dans cette voie ?

Oui, aussi longtemps que le projet de société pour lequel je me bats sera l'objectif du combat. Aussi longtemps que cette philosophie sera vivante au sein du PTr, je serai la.

Et finalement, what next pour la Commission pour la démocratisation de l'économie dont vous êtes la vice-présidente ?

Nous allons continuer à faire des papiers et à les soumettre au PM qui doit décider s'il doit leur donner une suite à travers ses ministres. Nous allons continuer à proposer des axes de réflexion et d'action.



i n t e r v i e w WEEK-END --- dimanche 11 novembre 2007