Faits et effets
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Oui, et alors…
Humeur
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Du sous-Bodha
Interrogations
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La bombe humaine
Carnet—Ingérence inacceptable
Faits et effets...
Oui, et alors
Le Premier ministre, qui ne rate surtout pas les plates-formes
socioculturelles pour déverser sa bile sur les uns et les
autres et, même ses ministres, a cru faire de l'esprit,
hier, en associant Week-End à "enn lagazet
militan". Nous savons parfaitement ce que Navin Ramgoolam
suggérait, mais il faudrait qu'il aille aussi voir ce que
militer veut dire et ce qu'être militant implique. Week-End
est un journal militant comme un autre titre qui militerait pour
la libre entreprise, pour un secteur privé encore plus
puissant, pour l'avancement d'une communauté et d'une cause.
Ou pour être même au service de lobbies financiers
et autres forces obscures.
Week-End existe depuis plus de 40 ans, bien avant que le
fils de Sir Seewoosagur Ramgoolam ne choisisse de quitter son
pays d'adoption, la Grande-Bretagne, pour venir s'installer ici
à la tête d'un des postes constitutionnels de la
République. Notre titre a toujours milité pour l'unité
nationale, la démocratie, l'intégrité, la
justice sociale, l'ouverture culturelle, l'égalité
des chances, un état impartial et l'environnement. Nous
n'avons, ici, aucune honte à être des militants des
causes justes, de celles qui font avancer l'humanité et
qui favorisent un monde plus juste. S'il croit viser un quelconque
parti qui a introduit à Maurice ce concept de militantisme,
qu'il regarde ailleurs. Parce qu'il y a aussi le Mouvement Socialiste
Militant de Pravind Jugnauth et une formation qui est membre de
son gouvernement de l'Alliance sociale, le Mouvement Militant
Socialiste Mauricien de Madan Dulloo. S'il n'y a aucun parti depuis
l'indépendance qui a estimé juste de se réclamer
du travaillisme, c'est qu'il y a certainement des raisons à
cela. Quoi qu'il en soit, les Premiers ministres passent, Week-End
reste. Ils peuvent toujours causer, c'est leur droit !
Nos lecteurs nous ont reprochés dans nos commentaires de
la semaine dernière sur les nouvelles menaces de lois plus
sévères contre la presse dans les cas de diffamation
et d'atteinte à la vie privée d'avoir omis d'évoquer
les cas de diffamation dans lesquels celui qui est censé
veiller à la rédaction du projet de loi est impliqué.
Ils nous ont prié de demander au Premier ministre de considérer
la possibilité de faire voter son prochain texte sur la
diffamation avec un effet rétroactif. Cela couvrirait les
procès perdus de diffamation de l'Attorney General contre
Jayen Cuttaree et peut-être les excuses présentées
à Veda Baloomoody et Sudhir Maudhoo pour ne citer que les
cas récents les plus connus. Lorsqu'on a un diffamateur
avéré dans ses rangs, on ne va pas faire la leçon
à la presse. Le Premier ministre devrait donc commencer
à balayer devant sa porte avant de venir faire la leçon
aux journalistes.
Cette semaine ayant été, par ailleurs, marquée
par la reprise des travaux parlementaires, il convient aussi de
souligner avec quelle désinvolture certains ministres traitent
des affaires de cette institution. Lorsqu'ils ne lisent pas de
longs textes écrits à leur intention, c'est l'approximation
et les réponses inexactes alors que les Standing Orders
prévoient qu'un ministre ignorant d'un dossier puisse se
prévaloir du "I need notice". Or, dès
qu'ils sont confrontés à des questions embarrassantes
et lorsque le Speaker les déclare recevables - ce qui n'a
pas été le cas pour la question supplémentaire
de Eric Guimbeau sur la proximité d'un des bénéficiaires
de la manne de Rs 22 millions payées pour l'acquisition
obligatoire de terres à Triolet avec un conseiller du Premier
ministre - certains balancent vraiment n'importe quoi en guise
de réponse.
Pour rester sur ce même dossier des terres agricoles évaluées
à Rs 450 000 l'arpent par les experts gouvernementaux et
qui ont grimpé à Rs 5 millions, Asraf Dulull a fini
par dire que c'est une décision qui date de 2002, une manière
de renvoyer la balle à l'ancien gouvernement. Il s'avère
que son propos est tout sauf exact et qu'une lecture du dossier
indique clairement que cette inflation galopante qui a gagné
l'évaluation des terres agricoles date de février
2007. Admettons que le ministre du Logement ne connaisse pas précisément
son dossier et qu'il a fait une erreur de bonne foi, il avait
tout le loisir ce même mardi pour faire une déclaration,
s'en tenir aux faits et s'excuser pour avoir induit la chambre
en erreur en renvoyant ce dossier à 2002. Asraf Dulull
prend son temps et ce n'est que pour mardi prochain qu'il annonce
une déclaration dans ce sens.
Arvin Boolell, qui compte une vingtaine d'années au Parlement
contrairement au néophyte Dulull, n'a été
guère mieux. Tant sur le dossier des éleveurs de
porc que sur celui de St Félix pris à l'ajournement
par le leader de l'opposition, il a été imprécis,
tatillon. Pire, il a dit à Robert Spéville qui l'interrogeait
qu'il n'y a pas eu de porcs envoyés à Rodrigues
depuis l'éclatement de la peste alors que ce n'est pas
exact et que les documents cités par Paul Bérenger
hier attestent du contraire à l'effet qu'il y a bien eu
fin septembre dernier 22 porcs expédiés à
Rodrigues. Il suffisait de dire qu'il n'avait pas le renseignement
précis sur cette affaire et de venir avec une déclaration
plus tard dans la matinée. Ç'aurait été
faire preuve de respect vis-à-vis de l'institution.
Paul Bérenger effectuait, par ailleurs, ce mardi, son grand
retour comme leader de l'opposition. Certains ont été
déçus qu'il ait consacré sa PNQ au dossier
des Chagos, à Tromelin et aux îles St Paul et Amsterdam.
La PNQ est un outil essentiel de la vie parlementaire et un autre
thème, en guise d'entame, aurait sans doute satisfait une
opinion impatiente. Mais il faut dire à la décharge
du leader de l'opposition que, contrairement à ceux qui
ont occupé ce poste, qu'il ne s'arrête pas, lui,
à la PNQ et qu'il rentre chez lui une fois la demi-heure
épuisée. C'est lui qui a posé le problème
des travailleurs de St Félix à l'ajournement des
travaux et c'est lui qui est systématiquement intervenu
sur les autres sujets d'actualité que sont les livres de
James Burty David, les agresseurs de Anil Baichoo, la nouvelle
formule de paiement de la pension et l'îlot Gabriel. On
est passé dessus comme on n'a pas apprécié
à sa juste mesure que Jayen Cuttaree ait révélé
que les cadavres de Candos étaient transférés
à Flacq, la chambre réfrigérée étant
en panne. Mais tout n'est finalement qu'une question d'appréciation,
n'est-ce pas
Humeur
Du sous-Bodha
Que n'a-t-on pas dit sur la performance de Nando Bodha comme leader
de l'opposition, poste qui lui était revenu à la
faveur du divorce entre le MSM et le MMM ! Tout d'abord, qu'il
n'en avait pas l'étoffe et à peine le tussor et,
pour rester dans le vestimentaire, qu'il était entré
dans un costume trop grand pour lui. Sans compter qu'on trouvait
- avait raison - qu'il avait un lourd handicap du fait que tout
leader de l'opposition qu'il était officiellement, il devait
quand même obtenir le feu vert de son leader de parti avant
de choisir ses questions parlementaires. En somme, pourrait-on
dire pour résumer, il manquait à Nando Bodha quelques
bonnes années d'expérience et de pratique pour faire
un bon leader de l'opposition comme le modèle des modèles
de ce poste: Paul Bérenger. Effectivement, le leader du
MMM a eu plus ses heures de gloire comme leader de l'opposition
que comme premier ministre. Il a occupé le poste pendant
de longues années - même si parfois c'était
un autre qui en portait officiellement le titre - et a eu le temps
d'en maîtriser toutes les possibilités et ficelles.
Certaines de ses questions parlementaires ont embarrassé
les gouvernements, fait bouillir de colère les premiers
ministres et trembler certains ministres ne maîtrisant pas
suffisamment leurs dossiers et les standing orders. Certaines
de ses questions ont même révélé des
scandales et provoqué de profondes crises politiques. C'est
ce qui a établi sa réputation de leader de l'opposition
redoutable. Donc, quand Nando Bodha a eu ce poste grâce
à un revirement politique, il a été jugé
à l'aune de Bérenger et a beaucoup souffert de la
comparaison, qui ne pouvait qu'être à son désavantage.
Personne ne l'a épargné. Même pas le gouvernement
qui n'a pas hésité une seconde à jouer sur
cette comparaison pour le déstabiliser.
Il a été suivi plus tard dans cette voie par le
MMM, surtout à partir du moment où ses relations
avec le MSM se sont détériorées. Ces attaques
mauves se sont amplifiées quand le leader des oranges a
commencé à réclamer le poste de Premier ministre
dans le gouvernement MSM/MMM à venir aux dépens
de Paul Bérenger et au nom "de la réalité
électorale du pays". C'est à Bodha en tant
que leader de l'opposition que le MMM a fait payer les déclarations
- et parfois les insultes - de Pravind Jugnauth. Le refrain mauve
était: "Ah ! quelle différence cela ferait
au Parlement si Bérenger récupérait la place
que Bodha lui a prise." La perception étant plus
forte que la réalité, les progrès de Nando
Bodha ont été occultés par la campagne du
MMM magnifiant son chef dans le rôle de leader de l'opposition.
La machine à propagande du MMM étant ce qu'elle
est, chaque question de Nando Bodha ne fut pas analysée
par rapport à sa pertinence ou son impact négatif
sur le gouvernement - ce que réussirent celles sur la fermeture
de Desbro, les bourses indiennes ou l'université des Jeetah.
Ses questions furent analysées en fonction de ce que Bérenger
aurait fait, dit, pensé ou renchéri à la
place comme leader de l'opposition. SA place. Et puis, le PMSD,
fatigué d'attendre le prix de son passage au gouvernement
a fini par claquer la porte. Enfermé dans sa logique de
la "réalité électorale", le leader
du MSM fit tout ce qu'il pouvait pour que son secrétaire
général conserve le poste de leader de l'opposition.
Il avait oublié qu'en politique rien ne s'oublie et que
tout se paye, surtout les déclarations arrogantes faites
quand on se croit en position de force. Maurice Allet, lui, fit
ravaler une déclaration faite en 2005 sur le PMSD en offrant
à Paul Bérenger les deux voix qui lui permettaient
de retrouver SON poste de leader de l'opposition.
Bérenger ayant récupéré SA place,
on allait voir ce qu'on n'avait pas vu depuis un an au Parlement.
Le gouvernement, son Premier ministre et ses ministres allaient
recommencer à trembler et la PNQ devenir l'événement
le plus important de la semaine. C'est en tout cas, la marchandise
qui a été vendue par la machine du MMM. Le retour
de Zoro fut même célébré par un meeting
au bar Chacha où chaque orateur raconta le festival qui
allait se dérouler le lendemain au Parlement. Mais la bande-annonce
était bien meilleure que le film. On nous avait vendu l'image
d'un leader de l'opposition qui allait mettre verbalement le feu
au Parlement, bouffer - toujours verbalement - du Premier ministre
et faire oublier le terne passage de son suppléant. On
a eu droit, à la place, à un professeur venu faire
un cours sur l'histoire des îles éparses de l'océan
Indien et appelant le premier ministre "my good friend".
Un leader lisse et poli à des années lumières
de l'image de combattant parlementaire impitoyable que l'on nous
avait vendue. On s'attendait à du sur-Bérenger,
on n'a eu droit qu'a du sous-Bodha.
Interrogations
La bombe humaine
Nous détenions déjà d'alarmants records mondiaux
en termes de prévalence du diabète et de maladies
cardio-vasculaires. Nous voilà donc en passe d'atteindre
aussi des records au niveau de la prévalence du VIH/SIDA.
Et sans doute nous revient-il de mesurer à quel point l'attitude
qui consiste à dire que la situation est alarmante, est
aujourd'hui dépassée et totalement inadéquate.
Combien de temps peut-on rester assis à regarder tictaquer
une bombe ? Selon les derniers chiffres rendus publics la semaine
dernière par le ministère de la Santé lors
du colloque régional sur le VIH/Sida à Moroni, aux
Comores, la prévalence du sida à Maurice a atteint
1,8%. Un chiffre qui se révèle dans toute sa gravité
quand on prend en compte que la moyenne européenne se monte
à 0,5%, et la moyenne mondiale à 1%. Dire que Maurice
ne peut plus être classée parmi les pays à
faible prévalence apparaît alors comme un understatement.
Ce qui est aussi pertinent, c'est la vitesse à laquelle
cette prévalence a augmenté localement pour passer
à ces 1,8% finalement annoncés. Certes, il y a toujours
eu une grande hypocrisie officielle au sujet du Sida à
Maurice. Depuis des années, l'ONG PILS menée par
Nicolas Ritter n'a cessé de tirer la sonnette d'alarme
en affirmant que les chiffres officiels étaient nettement
sous-estimés et largement inférieurs à ce
qu'indiquait la réalité du terrain. On pourrait
donc dire que cela fait un moment déjà que la maladie
progresse chez nous à une vitesse bien supérieure
à celle des indicateurs officiels, pour atteindre aujourd'hui
ces 1,8% qui amènent PILS à dire qu'elle est, pour
une fois, d'accord avec les chiffres du ministère.
C'est dire si l'heure n'est plus aux atermoiements.
Il convient sans doute, en premier lieu, de prendre en compte
à quel point notre sens surdéveloppé du tabou
est en train de nous mener droit à la tombe. Depuis que
s'est officiellement déclaré le premier cas dans
les années 80, celui de cette femme âgée dont
l'hospitalisation à Poudre d'Or suscita des réactions
d'agressivité et de rejet largement liés à
l'ignorance, on peut penser que nous avons parcouru un certain
chemin. Pas autant, cependant, qu'on aurait pu le souhaiter. Comme
en témoigne le cas de la jeune Malini, morte l'an dernier
dans la souffrance d'avoir été rejetée par
son entourage et la localité où elle vivait suite
à l'annonce de sa séropositivité. Le problème
n'est d'ailleurs pas seulement mauricien. Et l'on peut rester
songeur en voyant comment, venant de partout, les nouvelles du
décès de certaines personnes atteintes par le cancer
sont encore annoncées comme survenus "des suites d'une
longue maladie
" De par les conditions initiales d'apparition
du Sida, entre méconnaissance et parfum de scandale entourant
les vecteurs de transmission chez les homosexuels et les toxicomanes,
ceux qui en sont porteurs restent encore, hélas, assez
largement confrontés au mieux à l'incompréhension,
au pire à l'opprobre. Une situation exacerbée dès
lors qu'elle prévaut dans un petit pays comme le nôtre,
agissant comme une insoutenable caisse de résonance, la
plus petite rumeur enflant jusqu'à devenir incontournable
et assourdissante, la moindre petite tache grossissant jusqu'à
obnubiler tous les regards et les esprits. Souvent, dit Nicolas
Ritter, les personnes atteintes préfèrent la mort
physique à la mort sociale. La phrase est insoutenable,
comme la réalité qu'elle recouvre. Mais elle devrait
aussi nous amener à prendre en compte qu'au-delà
de la mort physique et individuelle, c'est aussi à notre
mort en tant que corps social que cette réalité
risque de nous conduire. Car la prévalence de 1,8% aujourd'hui
annoncée s'accompagne aussi d'une situation où les
conditions sont malheureusement réunies pour qu'elle augmente
encore.
Il y a d'une part la méconnaissance dont reste entouré
le Sida, qui l'aidera certainement à continuer à
se propager. Il y a aussi l'explosive situation d'une toxicomanie
qui ne cesse, elle aussi, de croître à vitesse exponentielle,
et qui ne peut qu'avoir une influence directe sur la propagation
du Sida. Tant il est vrai que nous avons beaucoup trop tardé
à mettre en place les programmes d'échange de seringues
et de traitement à base de méthadone pourtant réclamés
à cor et à cris par les travailleurs sociaux depuis
un bon moment déjà.
Grâce aux efforts de quelques personnes, une certaine conscience
est aujourd'hui en marche. Et l'on ne peut que se réjouir
de la présence grandissante de personnalités dans
ce combat. Entre la venue chez nous de la princesse Stéphanie
de Monaco, très active depuis quelques années dans
le combat contre le Sida et la récente campagne des Zarbiens
montrant diverses personnalités locales, dont l'ex-président
de la République Cassam Uteem, il y a l'expression d'une
volonté forte de changer les mentalités et de faire
reculer les conditions d'expansion de la maladie. Mais il en faut
beaucoup plus. Et ce plus, c'est du plus haut niveau des instances
de pouvoir et de décision qu'il doit émaner. D'où
l'importance de voir les autorités venir de l'avant de
façon résolue pour faire de ce combat une priorité
à l'agenda national.
L'accroissement de la prévalence du Sida est une bombe
humaine, économique, sociale. Et quand une bombe explose,
nous aurons beau prétendre être des passants pas
concernés, nous serons tous touchés. C'est dire
si le tic-tac devrait nous empêcher de nous endormir
Carnet
Ingérence inacceptable
S'il fallait une nouvelle preuve que le slogan utilisé
par l'Alliance Sociale " Putting People First "
durant la campagne électorale de juillet 2005, s'est transformé
en " Putting Our People First ", il suffit de
voir ce qui se passe au sein de la natation mauricienne. Comment,
en effet, qualifier ce qui se passe au sein de cette discipline
? Il est clair que Sylvio Tang est en train de faire du clientélisme
politique à la place de la promotion du sport. De la même
façon qu'il l'a fait en ne bougeant pas d'un iota - pourtant
ce ne sont pas les raisons qui manquent - quand la MFA a nommé
Ashok Chundunsing comme entraîneur du Club M. Un jour, cependant,
il devra rendre des comptes au sport de notre République.
Toutefois, ce qui se passe au sein de la natation mauricienne
est encore plus grave que le choix d'un entraîneur qui est
le conseiller politique d'un ministre de son Parti et que tout
le monde considère comme un " militant actif "
chez les Rouges. Nous voyons ce qu'il y a de plus mauvais dans
la gestion sportive, voire la gestion tout court : l'ingérence.
Et l'ingérence qu'importe la forme, est inacceptable, surtout
de la part d'un ministre qui dit constamment qu'il est un fervent
défenseur de l'autonomie des fédérations.
Depuis septembre 2006, la Fédération mauricienne
de Natation (FMN) est immobile en raison de la décision
de cinq membres : Aline Kong, Georges Wong, Medgée St-Louis,
Sydney Sénézan et Bruno Bhugon de jouer au chat
et à la souris à l'heure des réunions de
l'exécutif. Tantôt, ils ne viennent carrément
pas aux réunions, tantôt ils sont présents
à la piscine de Beau-Bassin, mais pour des raisons autres
que les intérêts de la natation et n'assistent pas
aux réunions. Conséquence directe de ces actes :
aucune décision n'a pu être prise jusqu'au 3 mai
2007, lorsque ces mêmes personnes décident de soumettre
leur démission collective de la FMN.
Il va sans dire qu'aujourd'hui, les soupçons de plan "
machiavélique " dont tout le monde parlait à
l'époque, se confirment quand on constate l'utilisation
" abusive " du ad-hoc committee mis en place
par Sylvio Tang pour " soi-disant " mettre de
l'ordre au sein de la FMN. Il serait bon de faire ressortir que
le ad-hoc committee, présidé par Michel Kwon, a
été établi à une vitesse aussi vertigineuse
qu'inattendue alors que cinq membres, à savoir Georges
Étiennette, Richard Meeterjoye, Francis Wai Choon, Doreen
Tiborcz et Shyam Banarsee n'ont toujours pas démissionné
comme membres de l'exécutif de cette fédération.
Comment ne pas penser que ce dossier traîne un parfum de
coup fourré quand on sait que les mêmes faits qui
se sont produits le 7 juin - élections renvoyées
en raison d'une demande d'affiliation collective de 13 clubs -
se sont reproduits mercredi dernier (7 novembre), soit 48 heures
après la date prévue pour le dépôt
de candidatures pour ces élections. Deux actions, mais
une même démarche du ad-hoc committee : faire passer
l'affiliation de ces 13 clubs.
Pourtant, dans ses recommandations, le président de la
Fédération Internationale de Natation, Mustapha
Larfaoui a été clair. Seuls les clubs faisant partie
d'une " Sports Region ", à savoir Curepipe,
Quatre-Bornes, BBRH, Port-Louis et Pamplemousses, doivent être
considérés pour participer aux élections
de la FMN. Or, par l'entremise du ad-hoc committee, Sylvio Tang
est en train de détourner l'esprit dans lequel Sam Ramsamy
a fait son rapport au président de la FINA.
Si on s'en tient aux propos de Patrice Leclair, mercredi dernier,
à l'auteur de ces lignes, le ad-hoc committee a renvoyé
aux calendes grecques l'organisation des élections de la
FMN pour voir s'il existe des preuves que les 13 clubs en question
ont fait une demande d'affiliation auprès d'un de ces cinq
comités régionaux. Comme excuse bidon, le ad-hoc
committee n'a pas trouvé mieux :
(i) à décembre 2006, jamais aucune information n'a
filtré sur la création d'autant de clubs de natation.
(ii) de janvier à juin 2007, toujours aucune information
concernant ces 13 clubs qui font de la natation ;
(iii) ces demandes d'affiliations ont été annoncées
par Michel Kwon le 7 juin lors de la rencontre ad-hoc committee/représentants
de clubs
(iv) ces demandes, comme précisé par Michel Kwon,
sont arrivées directement devant le ad-hoc commitee. Ce
qui veut dire ces demandes ne sont pas passées par un des
cinq comités régionaux de la FMN.
C'est un peu trop facile de dire aujourd'hui à ces 13 clubs
de venir avec des " preuves crédibles "
pour qu'ils puissent s'affilier à la FMN. Désormais,
rien ne peut nous empêcher de douter de la crédibilité
de ces " preuves " qui ont attendu 10 mois, et
surtout deux mois après le passage à Maurice de
Sam Ramsamy pour apparaître.
L'objectif de Sylvio Tang avec ce petit jeu de massacre est simple
: installer à tout prix certains de ses proches à
la direction de la FMN. Même si ces mêmes personnes
ont toujours trouvé des excuses pour ne pas travailler
pour la cause de la natation, même à l'époque
où tout allait bien dans le meilleur des mondes.
Un jour, chacun va devoir assumer ses responsabilités devant
le mouvement sportif de ce pays. Notre responsabilité à
nous c'est de dénoncer l'ingérence inacceptable
du ministre Tang dans l'organisation des élections de la
FMN. Pendant les 14 mois lors desquels, la natation mauricienne
était cliniquement morte, il n'a pas bougé le petit
doigt pour lui donner une nouvelle chance. Et subitement, le ministre
trouve " qu'il ne faut pas que les nageurs soient pénalisés.
"
Nous allons finir par croire que l'intérêt que Sylvio
Tang pour un dossier dépend finalement de très peu
de chose
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 11 novembre 2007
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