o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 11 novembre 2007



Faits et effets - Oui, et alors…
Humeur - Du sous-Bodha
Interrogations - La bombe humaine
Carnet—Ingérence inacceptable


Faits et effets...

Oui, et alors…
Josie Lebrasse


Le Premier ministre, qui ne rate surtout pas les plates-formes socioculturelles pour déverser sa bile sur les uns et les autres et, même ses ministres, a cru faire de l'esprit, hier, en associant Week-End à "enn lagazet militan". Nous savons parfaitement ce que Navin Ramgoolam suggérait, mais il faudrait qu'il aille aussi voir ce que militer veut dire et ce qu'être militant implique. Week-End est un journal militant comme un autre titre qui militerait pour la libre entreprise, pour un secteur privé encore plus puissant, pour l'avancement d'une communauté et d'une cause. Ou pour être même au service de lobbies financiers et autres forces obscures.

Week-End existe depuis plus de 40 ans, bien avant que le fils de Sir Seewoosagur Ramgoolam ne choisisse de quitter son pays d'adoption, la Grande-Bretagne, pour venir s'installer ici à la tête d'un des postes constitutionnels de la République. Notre titre a toujours milité pour l'unité nationale, la démocratie, l'intégrité, la justice sociale, l'ouverture culturelle, l'égalité des chances, un état impartial et l'environnement. Nous n'avons, ici, aucune honte à être des militants des causes justes, de celles qui font avancer l'humanité et qui favorisent un monde plus juste. S'il croit viser un quelconque parti qui a introduit à Maurice ce concept de militantisme, qu'il regarde ailleurs. Parce qu'il y a aussi le Mouvement Socialiste Militant de Pravind Jugnauth et une formation qui est membre de son gouvernement de l'Alliance sociale, le Mouvement Militant Socialiste Mauricien de Madan Dulloo. S'il n'y a aucun parti depuis l'indépendance qui a estimé juste de se réclamer du travaillisme, c'est qu'il y a certainement des raisons à cela. Quoi qu'il en soit, les Premiers ministres passent, Week-End reste. Ils peuvent toujours causer, c'est leur droit !

Nos lecteurs nous ont reprochés dans nos commentaires de la semaine dernière sur les nouvelles menaces de lois plus sévères contre la presse dans les cas de diffamation et d'atteinte à la vie privée d'avoir omis d'évoquer les cas de diffamation dans lesquels celui qui est censé veiller à la rédaction du projet de loi est impliqué. Ils nous ont prié de demander au Premier ministre de considérer la possibilité de faire voter son prochain texte sur la diffamation avec un effet rétroactif. Cela couvrirait les procès perdus de diffamation de l'Attorney General contre Jayen Cuttaree et peut-être les excuses présentées à Veda Baloomoody et Sudhir Maudhoo pour ne citer que les cas récents les plus connus. Lorsqu'on a un diffamateur avéré dans ses rangs, on ne va pas faire la leçon à la presse. Le Premier ministre devrait donc commencer à balayer devant sa porte avant de venir faire la leçon aux journalistes.

Cette semaine ayant été, par ailleurs, marquée par la reprise des travaux parlementaires, il convient aussi de souligner avec quelle désinvolture certains ministres traitent des affaires de cette institution. Lorsqu'ils ne lisent pas de longs textes écrits à leur intention, c'est l'approximation et les réponses inexactes alors que les Standing Orders prévoient qu'un ministre ignorant d'un dossier puisse se prévaloir du "I need notice". Or, dès qu'ils sont confrontés à des questions embarrassantes et lorsque le Speaker les déclare recevables - ce qui n'a pas été le cas pour la question supplémentaire de Eric Guimbeau sur la proximité d'un des bénéficiaires de la manne de Rs 22 millions payées pour l'acquisition obligatoire de terres à Triolet avec un conseiller du Premier ministre - certains balancent vraiment n'importe quoi en guise de réponse.

Pour rester sur ce même dossier des terres agricoles évaluées à Rs 450 000 l'arpent par les experts gouvernementaux et qui ont grimpé à Rs 5 millions, Asraf Dulull a fini par dire que c'est une décision qui date de 2002, une manière de renvoyer la balle à l'ancien gouvernement. Il s'avère que son propos est tout sauf exact et qu'une lecture du dossier indique clairement que cette inflation galopante qui a gagné l'évaluation des terres agricoles date de février 2007. Admettons que le ministre du Logement ne connaisse pas précisément son dossier et qu'il a fait une erreur de bonne foi, il avait tout le loisir ce même mardi pour faire une déclaration, s'en tenir aux faits et s'excuser pour avoir induit la chambre en erreur en renvoyant ce dossier à 2002. Asraf Dulull prend son temps et ce n'est que pour mardi prochain qu'il annonce une déclaration dans ce sens.

Arvin Boolell, qui compte une vingtaine d'années au Parlement contrairement au néophyte Dulull, n'a été guère mieux. Tant sur le dossier des éleveurs de porc que sur celui de St Félix pris à l'ajournement par le leader de l'opposition, il a été imprécis, tatillon. Pire, il a dit à Robert Spéville qui l'interrogeait qu'il n'y a pas eu de porcs envoyés à Rodrigues depuis l'éclatement de la peste alors que ce n'est pas exact et que les documents cités par Paul Bérenger hier attestent du contraire à l'effet qu'il y a bien eu fin septembre dernier 22 porcs expédiés à Rodrigues. Il suffisait de dire qu'il n'avait pas le renseignement précis sur cette affaire et de venir avec une déclaration plus tard dans la matinée. Ç'aurait été faire preuve de respect vis-à-vis de l'institution.

Paul Bérenger effectuait, par ailleurs, ce mardi, son grand retour comme leader de l'opposition. Certains ont été déçus qu'il ait consacré sa PNQ au dossier des Chagos, à Tromelin et aux îles St Paul et Amsterdam. La PNQ est un outil essentiel de la vie parlementaire et un autre thème, en guise d'entame, aurait sans doute satisfait une opinion impatiente. Mais il faut dire à la décharge du leader de l'opposition que, contrairement à ceux qui ont occupé ce poste, qu'il ne s'arrête pas, lui, à la PNQ et qu'il rentre chez lui une fois la demi-heure épuisée. C'est lui qui a posé le problème des travailleurs de St Félix à l'ajournement des travaux et c'est lui qui est systématiquement intervenu sur les autres sujets d'actualité que sont les livres de James Burty David, les agresseurs de Anil Baichoo, la nouvelle formule de paiement de la pension et l'îlot Gabriel. On est passé dessus comme on n'a pas apprécié à sa juste mesure que Jayen Cuttaree ait révélé que les cadavres de Candos étaient transférés à Flacq, la chambre réfrigérée étant en panne. Mais tout n'est finalement qu'une question d'appréciation, n'est-ce pas…




Humeur

Du sous-Bodha
Jean-Claude Antoine


Que n'a-t-on pas dit sur la performance de Nando Bodha comme leader de l'opposition, poste qui lui était revenu à la faveur du divorce entre le MSM et le MMM ! Tout d'abord, qu'il n'en avait pas l'étoffe et à peine le tussor et, pour rester dans le vestimentaire, qu'il était entré dans un costume trop grand pour lui. Sans compter qu'on trouvait - avait raison - qu'il avait un lourd handicap du fait que tout leader de l'opposition qu'il était officiellement, il devait quand même obtenir le feu vert de son leader de parti avant de choisir ses questions parlementaires. En somme, pourrait-on dire pour résumer, il manquait à Nando Bodha quelques bonnes années d'expérience et de pratique pour faire un bon leader de l'opposition comme le modèle des modèles de ce poste: Paul Bérenger. Effectivement, le leader du MMM a eu plus ses heures de gloire comme leader de l'opposition que comme premier ministre. Il a occupé le poste pendant de longues années - même si parfois c'était un autre qui en portait officiellement le titre - et a eu le temps d'en maîtriser toutes les possibilités et ficelles. Certaines de ses questions parlementaires ont embarrassé les gouvernements, fait bouillir de colère les premiers ministres et trembler certains ministres ne maîtrisant pas suffisamment leurs dossiers et les standing orders. Certaines de ses questions ont même révélé des scandales et provoqué de profondes crises politiques. C'est ce qui a établi sa réputation de leader de l'opposition redoutable. Donc, quand Nando Bodha a eu ce poste grâce à un revirement politique, il a été jugé à l'aune de Bérenger et a beaucoup souffert de la comparaison, qui ne pouvait qu'être à son désavantage. Personne ne l'a épargné. Même pas le gouvernement qui n'a pas hésité une seconde à jouer sur cette comparaison pour le déstabiliser.

Il a été suivi plus tard dans cette voie par le MMM, surtout à partir du moment où ses relations avec le MSM se sont détériorées. Ces attaques mauves se sont amplifiées quand le leader des oranges a commencé à réclamer le poste de Premier ministre dans le gouvernement MSM/MMM à venir aux dépens de Paul Bérenger et au nom "de la réalité électorale du pays". C'est à Bodha en tant que leader de l'opposition que le MMM a fait payer les déclarations - et parfois les insultes - de Pravind Jugnauth. Le refrain mauve était: "Ah ! quelle différence cela ferait au Parlement si Bérenger récupérait la place que Bodha lui a prise." La perception étant plus forte que la réalité, les progrès de Nando Bodha ont été occultés par la campagne du MMM magnifiant son chef dans le rôle de leader de l'opposition. La machine à propagande du MMM étant ce qu'elle est, chaque question de Nando Bodha ne fut pas analysée par rapport à sa pertinence ou son impact négatif sur le gouvernement - ce que réussirent celles sur la fermeture de Desbro, les bourses indiennes ou l'université des Jeetah. Ses questions furent analysées en fonction de ce que Bérenger aurait fait, dit, pensé ou renchéri à la place comme leader de l'opposition. SA place. Et puis, le PMSD, fatigué d'attendre le prix de son passage au gouvernement a fini par claquer la porte. Enfermé dans sa logique de la "réalité électorale", le leader du MSM fit tout ce qu'il pouvait pour que son secrétaire général conserve le poste de leader de l'opposition. Il avait oublié qu'en politique rien ne s'oublie et que tout se paye, surtout les déclarations arrogantes faites quand on se croit en position de force. Maurice Allet, lui, fit ravaler une déclaration faite en 2005 sur le PMSD en offrant à Paul Bérenger les deux voix qui lui permettaient de retrouver SON poste de leader de l'opposition.

Bérenger ayant récupéré SA place, on allait voir ce qu'on n'avait pas vu depuis un an au Parlement. Le gouvernement, son Premier ministre et ses ministres allaient recommencer à trembler et la PNQ devenir l'événement le plus important de la semaine. C'est en tout cas, la marchandise qui a été vendue par la machine du MMM. Le retour de Zoro fut même célébré par un meeting au bar Chacha où chaque orateur raconta le festival qui allait se dérouler le lendemain au Parlement. Mais la bande-annonce était bien meilleure que le film. On nous avait vendu l'image d'un leader de l'opposition qui allait mettre verbalement le feu au Parlement, bouffer - toujours verbalement - du Premier ministre et faire oublier le terne passage de son suppléant. On a eu droit, à la place, à un professeur venu faire un cours sur l'histoire des îles éparses de l'océan Indien et appelant le premier ministre "my good friend". Un leader lisse et poli à des années lumières de l'image de combattant parlementaire impitoyable que l'on nous avait vendue. On s'attendait à du sur-Bérenger, on n'a eu droit qu'a du sous-Bodha.




Interrogations

La bombe humaine
Shenaz Patel


Nous détenions déjà d'alarmants records mondiaux en termes de prévalence du diabète et de maladies cardio-vasculaires. Nous voilà donc en passe d'atteindre aussi des records au niveau de la prévalence du VIH/SIDA. Et sans doute nous revient-il de mesurer à quel point l'attitude qui consiste à dire que la situation est alarmante, est aujourd'hui dépassée et totalement inadéquate.

Combien de temps peut-on rester assis à regarder tictaquer une bombe ? Selon les derniers chiffres rendus publics la semaine dernière par le ministère de la Santé lors du colloque régional sur le VIH/Sida à Moroni, aux Comores, la prévalence du sida à Maurice a atteint 1,8%. Un chiffre qui se révèle dans toute sa gravité quand on prend en compte que la moyenne européenne se monte à 0,5%, et la moyenne mondiale à 1%. Dire que Maurice ne peut plus être classée parmi les pays à faible prévalence apparaît alors comme un understatement.

Ce qui est aussi pertinent, c'est la vitesse à laquelle cette prévalence a augmenté localement pour passer à ces 1,8% finalement annoncés. Certes, il y a toujours eu une grande hypocrisie officielle au sujet du Sida à Maurice. Depuis des années, l'ONG PILS menée par Nicolas Ritter n'a cessé de tirer la sonnette d'alarme en affirmant que les chiffres officiels étaient nettement sous-estimés et largement inférieurs à ce qu'indiquait la réalité du terrain. On pourrait donc dire que cela fait un moment déjà que la maladie progresse chez nous à une vitesse bien supérieure à celle des indicateurs officiels, pour atteindre aujourd'hui ces 1,8% qui amènent PILS à dire qu'elle est, pour une fois, d'accord avec les chiffres du ministère.

C'est dire si l'heure n'est plus aux atermoiements.

Il convient sans doute, en premier lieu, de prendre en compte à quel point notre sens surdéveloppé du tabou est en train de nous mener droit à la tombe. Depuis que s'est officiellement déclaré le premier cas dans les années 80, celui de cette femme âgée dont l'hospitalisation à Poudre d'Or suscita des réactions d'agressivité et de rejet largement liés à l'ignorance, on peut penser que nous avons parcouru un certain chemin. Pas autant, cependant, qu'on aurait pu le souhaiter. Comme en témoigne le cas de la jeune Malini, morte l'an dernier dans la souffrance d'avoir été rejetée par son entourage et la localité où elle vivait suite à l'annonce de sa séropositivité. Le problème n'est d'ailleurs pas seulement mauricien. Et l'on peut rester songeur en voyant comment, venant de partout, les nouvelles du décès de certaines personnes atteintes par le cancer sont encore annoncées comme survenus "des suites d'une longue maladie…" De par les conditions initiales d'apparition du Sida, entre méconnaissance et parfum de scandale entourant les vecteurs de transmission chez les homosexuels et les toxicomanes, ceux qui en sont porteurs restent encore, hélas, assez largement confrontés au mieux à l'incompréhension, au pire à l'opprobre. Une situation exacerbée dès lors qu'elle prévaut dans un petit pays comme le nôtre, agissant comme une insoutenable caisse de résonance, la plus petite rumeur enflant jusqu'à devenir incontournable et assourdissante, la moindre petite tache grossissant jusqu'à obnubiler tous les regards et les esprits. Souvent, dit Nicolas Ritter, les personnes atteintes préfèrent la mort physique à la mort sociale. La phrase est insoutenable, comme la réalité qu'elle recouvre. Mais elle devrait aussi nous amener à prendre en compte qu'au-delà de la mort physique et individuelle, c'est aussi à notre mort en tant que corps social que cette réalité risque de nous conduire. Car la prévalence de 1,8% aujourd'hui annoncée s'accompagne aussi d'une situation où les conditions sont malheureusement réunies pour qu'elle augmente encore.

Il y a d'une part la méconnaissance dont reste entouré le Sida, qui l'aidera certainement à continuer à se propager. Il y a aussi l'explosive situation d'une toxicomanie qui ne cesse, elle aussi, de croître à vitesse exponentielle, et qui ne peut qu'avoir une influence directe sur la propagation du Sida. Tant il est vrai que nous avons beaucoup trop tardé à mettre en place les programmes d'échange de seringues et de traitement à base de méthadone pourtant réclamés à cor et à cris par les travailleurs sociaux depuis un bon moment déjà.

Grâce aux efforts de quelques personnes, une certaine conscience est aujourd'hui en marche. Et l'on ne peut que se réjouir de la présence grandissante de personnalités dans ce combat. Entre la venue chez nous de la princesse Stéphanie de Monaco, très active depuis quelques années dans le combat contre le Sida et la récente campagne des Zarbiens montrant diverses personnalités locales, dont l'ex-président de la République Cassam Uteem, il y a l'expression d'une volonté forte de changer les mentalités et de faire reculer les conditions d'expansion de la maladie. Mais il en faut beaucoup plus. Et ce plus, c'est du plus haut niveau des instances de pouvoir et de décision qu'il doit émaner. D'où l'importance de voir les autorités venir de l'avant de façon résolue pour faire de ce combat une priorité à l'agenda national.

L'accroissement de la prévalence du Sida est une bombe humaine, économique, sociale. Et quand une bombe explose, nous aurons beau prétendre être des passants pas concernés, nous serons tous touchés. C'est dire si le tic-tac devrait nous empêcher de nous endormir…




Carnet

Ingérence inacceptable
Patrick Jean-Louis


S'il fallait une nouvelle preuve que le slogan utilisé par l'Alliance Sociale " Putting People First " durant la campagne électorale de juillet 2005, s'est transformé en " Putting Our People First ", il suffit de voir ce qui se passe au sein de la natation mauricienne. Comment, en effet, qualifier ce qui se passe au sein de cette discipline ? Il est clair que Sylvio Tang est en train de faire du clientélisme politique à la place de la promotion du sport. De la même façon qu'il l'a fait en ne bougeant pas d'un iota - pourtant ce ne sont pas les raisons qui manquent - quand la MFA a nommé Ashok Chundunsing comme entraîneur du Club M. Un jour, cependant, il devra rendre des comptes au sport de notre République.

Toutefois, ce qui se passe au sein de la natation mauricienne est encore plus grave que le choix d'un entraîneur qui est le conseiller politique d'un ministre de son Parti et que tout le monde considère comme un " militant actif " chez les Rouges. Nous voyons ce qu'il y a de plus mauvais dans la gestion sportive, voire la gestion tout court : l'ingérence. Et l'ingérence qu'importe la forme, est inacceptable, surtout de la part d'un ministre qui dit constamment qu'il est un fervent défenseur de l'autonomie des fédérations.

Depuis septembre 2006, la Fédération mauricienne de Natation (FMN) est immobile en raison de la décision de cinq membres : Aline Kong, Georges Wong, Medgée St-Louis, Sydney Sénézan et Bruno Bhugon de jouer au chat et à la souris à l'heure des réunions de l'exécutif. Tantôt, ils ne viennent carrément pas aux réunions, tantôt ils sont présents à la piscine de Beau-Bassin, mais pour des raisons autres que les intérêts de la natation et n'assistent pas aux réunions. Conséquence directe de ces actes : aucune décision n'a pu être prise jusqu'au 3 mai 2007, lorsque ces mêmes personnes décident de soumettre leur démission collective de la FMN.

Il va sans dire qu'aujourd'hui, les soupçons de plan " machiavélique " dont tout le monde parlait à l'époque, se confirment quand on constate l'utilisation " abusive " du ad-hoc committee mis en place par Sylvio Tang pour " soi-disant " mettre de l'ordre au sein de la FMN. Il serait bon de faire ressortir que le ad-hoc committee, présidé par Michel Kwon, a été établi à une vitesse aussi vertigineuse qu'inattendue alors que cinq membres, à savoir Georges Étiennette, Richard Meeterjoye, Francis Wai Choon, Doreen Tiborcz et Shyam Banarsee n'ont toujours pas démissionné comme membres de l'exécutif de cette fédération.

Comment ne pas penser que ce dossier traîne un parfum de coup fourré quand on sait que les mêmes faits qui se sont produits le 7 juin - élections renvoyées en raison d'une demande d'affiliation collective de 13 clubs - se sont reproduits mercredi dernier (7 novembre), soit 48 heures après la date prévue pour le dépôt de candidatures pour ces élections. Deux actions, mais une même démarche du ad-hoc committee : faire passer l'affiliation de ces 13 clubs.

Pourtant, dans ses recommandations, le président de la Fédération Internationale de Natation, Mustapha Larfaoui a été clair. Seuls les clubs faisant partie d'une " Sports Region ", à savoir Curepipe, Quatre-Bornes, BBRH, Port-Louis et Pamplemousses, doivent être considérés pour participer aux élections de la FMN. Or, par l'entremise du ad-hoc committee, Sylvio Tang est en train de détourner l'esprit dans lequel Sam Ramsamy a fait son rapport au président de la FINA.

Si on s'en tient aux propos de Patrice Leclair, mercredi dernier, à l'auteur de ces lignes, le ad-hoc committee a renvoyé aux calendes grecques l'organisation des élections de la FMN pour voir s'il existe des preuves que les 13 clubs en question ont fait une demande d'affiliation auprès d'un de ces cinq comités régionaux. Comme excuse bidon, le ad-hoc committee n'a pas trouvé mieux :

(i) à décembre 2006, jamais aucune information n'a filtré sur la création d'autant de clubs de natation.

(ii) de janvier à juin 2007, toujours aucune information concernant ces 13 clubs qui font de la natation ;

(iii) ces demandes d'affiliations ont été annoncées par Michel Kwon le 7 juin lors de la rencontre ad-hoc committee/représentants de clubs

(iv) ces demandes, comme précisé par Michel Kwon, sont arrivées directement devant le ad-hoc commitee. Ce qui veut dire ces demandes ne sont pas passées par un des cinq comités régionaux de la FMN.

C'est un peu trop facile de dire aujourd'hui à ces 13 clubs de venir avec des " preuves crédibles " pour qu'ils puissent s'affilier à la FMN. Désormais, rien ne peut nous empêcher de douter de la crédibilité de ces " preuves " qui ont attendu 10 mois, et surtout deux mois après le passage à Maurice de Sam Ramsamy pour apparaître.

L'objectif de Sylvio Tang avec ce petit jeu de massacre est simple : installer à tout prix certains de ses proches à la direction de la FMN. Même si ces mêmes personnes ont toujours trouvé des excuses pour ne pas travailler pour la cause de la natation, même à l'époque où tout allait bien dans le meilleur des mondes.

Un jour, chacun va devoir assumer ses responsabilités devant le mouvement sportif de ce pays. Notre responsabilité à nous c'est de dénoncer l'ingérence inacceptable du ministre Tang dans l'organisation des élections de la FMN. Pendant les 14 mois lors desquels, la natation mauricienne était cliniquement morte, il n'a pas bougé le petit doigt pour lui donner une nouvelle chance. Et subitement, le ministre trouve " qu'il ne faut pas que les nageurs soient pénalisés. "

Nous allons finir par croire que l'intérêt que Sylvio Tang pour un dossier dépend finalement de très peu de chose…






o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 11 novembre 2007