MAILER JETTE L'ÉPONGE !
Avec la mort de "l'enfant terrible de la littérature
américaine", Norman Mailer, le rideau est tombé
sur le dernier des "papes" de la Beat Generation, qui
avait animé la vie culturelle américaine aux côtés
de l'écrivain Jack Kerouac et du philosophe Allan Ginsburg,
dans les années 1960.
Mailer a tout entrepris tout au long de sa carrière, bien
ancré à la gauche de la politique américaine.
Auteur prolifique, il a été, tour à tour,
écrivain, scénariste, journaliste, producteur, mais
Norman Mailer aura été un énorme provocateur
au même titre que l'immense écrivain Henry Miller
ou encore Gore Vidal.
Si nous évoquons la disparition de Norman Mailer, c'est
parce qu'il a influencé toute une génération,
celle issue de l'après-guerre (la seconde) tout comme celle
qui refusait, aux Etats-Unis et dans le monde, l'engagement américain
au Viet-nâm. Mais aussi parce qu'il a été
le témoin privilégié de cette tranche de
la vie politique américaine, qui s'étend de l'élection
de John F. Kennedy et des exploits immémoriaux, tels la
marche antiguerre à Washington, en 1968, ou encore le match
de boxe opposant Mahammud Ali à Floyd Patterson et les
premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune.
Avec Norman Mailer, nous avons vécu des pans entiers du
XXe siècle, au cours desquels il a esquissé, pour
notre bonheur, des portraits de nos icônes, notamment avec
son "Marilyn" - Monroe, bien évidemment - non
sans qu'il se soit aventuré sur des portraits aussi sulfureux
que le criminel Gary Gilmore, avec "Executioner's Song",
pour lequel il obtint le prix Pulitzer. Bien sûr, lorsqu'on
évoque l'uvre de Norman Mailer, il faille se référer
à son chef-d'uvre "The Naked and the Dead",
publié en 1948, alors qu'il était étudiant
à Paris, uvre portée à l'écran
et qui relate la guerre dans le Pacifique.
Mais, de toutes ses uvres portées à l'écran,
nous avons un penchant pour "Tough Guys Don't Dance"
(1984), un titre qui claque comme une énergie que peut
provoquer une gueule de bois. Le héros, Ryan O'Neal - Love
Story avec Ali McGraw, vous souvenez-vous ? - qui joue le
rôle de Tim Hadden, dit ceci : "I keep saying to
myself, death is a celebration..." Film noir par excellence,
"Tough Guys" raconte l'histoire de cinq meurtres et
de deux suicides. Une célébration qui se perpétue...
Dans l'énergie créatrice, de ce restaurant de fruits
de mer qui vend des langoustes, frais, d'un jour !
Avec ce film, Norman Mailer règle ses comptes avec sa vie
: il a été marié six fois, a eu neuf enfants,
poignardé sa deuxième femme, alcoolique et goûté
aux pires excès de la vie
Juif progressiste, d'un père Sud-Africain, mâle chauviniste,
(là, nous n'avons pas été d'accord avec lui),
Norman Mailer n'en demeure pas moins un écrivain de gauche,
respecté, sur l'échelle de la politique américaine
!
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 11 novembre 2007
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