a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 11 novembre 2007



Réforme para-publique - Tarifs du CEB : Introduction de l'APR envisagée
"Fraude" de Rs 49 millions à la Sécu - La CCID demande l'avis du SLO sur la marche à suivre
À Bell Village, hier matin - Virulente sortie du Premier ministre contre Week-End
Héritage spolié ? - La famille Lemière revendique huit îles des Chagos
Météo - Température de 32,2 °C enregistrée hier à Port-Louis
Au ministère de l'Industrie et du Commerce - Vieilles ferrailles: Controverses dans l'allocation des permis


Réforme para-publique

Tarifs du CEB : Introduction de l'APR envisagée

Le Central Electricity Board assiste avec impuissance l'évolution du cours mondial du baril de pétrole, qui tutoie la barre historique des 102 dollars américains. Mais il y a également la flambée du cours du charbon avec les effets conjugués de la majoration du fret. La tonne de charbon a enregistré une augmentation de prix de l'ordre de 39%, passant de 92 dollars à 128 dollars, selon le dernier exercice sous le contrôle du Coal Committee, qui s'est tenu, jeudi dernier. Tenant compte de la réalité des cours sur le marché mondial, le CEB prévoit que même avec la récente majoration des tarifs de l'ordre de 15%, des Operating Losses de l'ordre de Rs 700 millions seront enregistrés en 2007. La situation financière du CEB devrait connaître de nouvelles détériorations en 2008 avec un déficit de quelque Rs 1 milliard, soit sensiblement le même que celui enregistré en 2006, qui était de Rs 1,1 milliard. En trois ans, le CEB aura connu des pertes d'au moins de Rs 3 milliards.

Dans une tentative de renverser la vapeur et même si la Banque Mondiale s'est désistée à la dernière minute, le CEB a lancé des appels d'offres pour une étude en vue de revoir et moderniser ses structures des tarifs d'électricité tout en tenant compte des nouvelles réalités économiques et avec pour nécessité de couvrir ses "revenue requirements over the coming ten-year period". L'une des propositions dans le cadre de la révision des structures des tarifs demeure l'introduction d'un Automatic Price Review Mechanism (APRM) comme c'est le cas pour les prix de l'essence et du mazout.

L'une des neuf attributions (Terms of Reference) de cette Request for Consultancy est d'"examine the desirability of introducing an Automatic Price Review Mechanism (APRM) in a regulated environment, advise thereon in the light of international best practice and establish a transparent APR Mechanism, appropriate for the local context, through which the CEB may review its tariff rates over the next five years of operation in a regulated environment".

La tâche prioritaire de cette étude, dont les conclusions doivent être soumises au conseil d'administration du CEB au plus tard à la fin d'avril de l'année prochaine, est d'élaborer un Five-Year Tariff Outlook définissant les paramètres dans lesquels devront évoluer les tarifs d'électricité en vue d'assurer une viabilité financière à cet organisme para-public. "One of the main challenges for the CEB for the coming years will be to implement appropriate measures for reducing the deficit while at the same time ensuring security of supply and improving delivery of service to customers. In this context, consideration needs to be given to the advisibability of introducing an Automatic Price Review Mechanism", s'appesantit le document d'appel d'offres disponible sur le Website du CEB depuis le 31 octobre.

Dans le cadre de cette évaluation de la performance financière du CEB, sont prévus des Key Performance Indicators, dont entre autres la rationalisation de la structure des tarifs de 22 à huit, la mise en place de nouveaux barèmes pour les tarifs d'électricité et la nécessité de réduire les Technical and Non-Technical Losses. Les tarifs en vigueur sont présentés comme étant très complexes et désuets dans la conjoncture du développement.

"CEB's tariff structure has evolved on adhoc basis over time and currently comprises some 22 tariffs. It is regarded by stakeholders as being complex. Furthermore, it incorporates a high level of discrimination among commercial, residential, industrial and other sectors. Even within the industrial sector, there is significant discrimination in favour of some sectors. Consequently, large industrial enterprises benefit from highly subsidised tariffs", note encore le document officiel du CEB.

Outre la possibilité d'introduire un Automatic Price Review Mechanism pour permettre au CEB d'ajuster ses tarifs de manière régulière, cet organisme envisage l'option du Quaterly Billing de ses abonnés pour leur consommation d'énergie électrique. Avec l'adoption de la formule de Quaterly Billing, la lecture mensuelle des compteurs par le CEB sera abandonnée ouvrant la porte à des économies sur les opérations de Meter Reading. "A review of the tariff structure is also warranted in view of the Quaterly Billing which is envisaged to be introduced shortly. This will require, inter alia, a simplified tariff structure for the residential sector", souligne la direction générale du CEB.

De ce fait, les consultants auront à soumettre des propositions relatives aux "technical features of metering devices currently used, as well as metering/billing projects under consideration by the CEB (namely Prepaid Electricity, Automated Meter Reading, Quaterly Billing, Time-of-Use Metering". Mais l'accent est mis sur le "design of a modern tariff structure and setting of rates accordingly so that they are initially revenue neutral. The structure shall incorporate approved tariff subsidies for the socially vulnerable group and other relevant groups".

La décision d'avoir recours à une nouvelle structure des tarifs d'électricité s'inscrit dans la politique de réforme réitérée dans le budget 2007/08 avec un Re-Engineering des principaux corps para-étatiques, dont le CEB. "The year 2007 had been expected to be difficult with the combined increases in prices of fuel oil and coal, depreciation of the rupee vis-à-vis foreign currencies an increasing inflation and interest rates. Those difficulties are expected to persist and constitue the main constraints during 2008", concède le CEB dans la présentation de son projet de révision de la structure des tarifs d'électricité.

Ce projet de révision et de remplacement des structures de tarifs devra avoir laval du gouvernement avant son entrée en vigueur à partir de l'année financière 2008/09 si le calendrier établi est respecté.


230 000 T d'huile lourde 463 000 T de charbon

Pour satisfaire 78% des besoins en énergie électrique, le pays doit importer annuellement quelque 230 000 tonnes d'huile lourde pour les centrales thermiques et quelque 430 000 tonnes de charbon pour le compte des compagnies sucrières générant de l'énergie électrique. Avec la majoration des cuirs du pétrole et du charbon sur le marché mondial, le mot d'ordre du CEB demeure une utilisation optimale de la bagasse pour limiter les importations de matières premières. À ce stade, la bagasse peut satisfaire jusqu'à 22% des besoins en énergie électrique.

En 2006, sur une consommation de 2 091 GWh, la part des quatre centrales thermiques du CEB fonctionnant à l'huile lourde et des huit centrales hydroélectriques était d'un plus d'un millier de GWh. "The remaining 1,016 GWh of electricity were purchased by the CEB from Independent Power Producers, which used a combination of coal and bagasse as fuel in their thermal plants".

À noter que de 1992 à 2006, la consommation annuelle d'énergie électrique par ménage a augmenté de 57,7%. En une période de quinze ans, la consommation est passée de 1 175 kWh à 1 852 kWh par an, soit une indication du changement intervenu dans le niveau de vie à Maurice.

D'autre part, le CEB trouve que "government has recognised that the republic is neither ready for, not in need of, large-scale electricity reform. The preferred option is therefore to maintain CEB as vertically integrated company and to retain the CEB in governent owenership, as opposes to a separation and privatisatuon of its generation, transmission and distribution activities". La proclamation des Electricity Act et Utility Regulatory Authority Act, votés à l'Assemblée nationale en 2005, est prévue pour le premier semestre de l'année prochaine.


"Fraude" de Rs 49 millions à la Sécu

La CCID demande l'avis du SLO sur la marche à suivre

L'enquête menée par la Central Criminal Investigation Division (CCID) relativement à une fraude de Rs 49 millions au ministère de la Sécurité Sociale n'arrive pas à progresser. Selon les recoupements effectués par Week-End, les limiers engagés sur cette affaire demandent officiellement l'avis du State Law Office (SLO). Pour cause : il serait "techniquement impossible de remonter chaque cas douteux sur les dix dernières années", fait-on comprendre. La CCID suggère que le ministère de la Sécurité sociale entreprenne un audit complet et soumet ses conclusions aux enquêteurs. D'autre part, le président de la General Government Services Union (GGSU), Rashid Imrith, est monté au créneau, d'une part afin de réclamer une réunion d'urgence avec le ministre Sheila Bappoo et, d'autre part condamner les déclarations de cette dernière.

Dans le giron de la CCID, il ressort qu'au bout de deux semaines d'enquête assidue, durant laquelle plus d'une vingtaine de personnes, dont des haut cadres du ministère de la Sécurité sociale ont été interrogés, aucune fraude n'aura été décelée pour l'instant, si ce n'est des "overpayments" du ministère. Les limiers de la CCID butent également sur le fait qu'il est techniquement impossible pour eux de remonter le cas de chaque personne ayant perçu une prestation sociale de la part du ministère durant les dix dernières années. Dans cette optique, la CCID s'en remet à l'avis du SLO, tout en suggérant que le ministère de la Sécurité sociale entreprenne un audit complet et d'en soumettre les conclusions par la suite à la CCID.

"Dans le présent contexte, nous n'avons pas d'autre recours que de nous tourner vers le SLO. Nous ne pourrons interroger des milliers et des milliers de personnes afin de passer chaque cas au peigne fin. Nous recommandons, de ce fait, un full audit du ministère et qu'un rapport nous soit soumis en conséquence", a-t-on expliqué dans le giron de l'enquête policière.

Éligible

Cependant, un cas suspect aura été porté à la connaissance de la CCID cette semaine. Il s'agit d'une personne qui ne perçoit plus de pension d'invalide depuis 2005 alors qu'elle était entitled pour cette aide sociale. Lorsque celle-ci s'est rendue au ministère de la Sécurité sociale afin de s'enquérir de la raison de l'arrêt des paiements, on lui fit comprendre qu'elle était toujours éligible pour cette allocation et que des versements mensuels étaient effectués à son nom. Tout cela alors qu'elle n'a plus touché un sou du ministère depuis 2005.

La présente situation au ministère de la Sécurité sociale, de même que l'enquête policière y relative interpelle au plus haut point le président de la GGSU, Rashid Imrith. Ce dernier affirme avoir tenté d'obtenir une rencontre "urgente" avec le ministre de la Sécurité sociale, Sheila Bappoo, mais que cette dernière n'a pas jugé bon de le rencontrer jusqu'ici. Le président de la GGSU s'insurge contre les déclarations de Mme Bappoo au sujet de la "fraude" à la sécurité sociale, en soutenant que celles-ci sont "intempestives".

Pagaille

"La situation au ministère de la sécurité sociale est actuellement chaotique et il faut un remède de cheval pour guérir le ministère de ce mal qui le ronge. Nous condamnons sans réserve les déclarations intempestives du ministère, qui portent un préjudice immense aux fonctionnaires de ce ministère et qui ternissent l'image du gouvernement, de même que celui du Premier ministre, Navin Ramgoolam. Il y a un problème de gestion et c'est le management de la sécurité sociale et de la poste qui en sont responsables. La situation ne fait qu'empirer et le ministre ne daigne pas nous recevoir. Nous lançons un appel au Premier ministre afin que bon ordre soit mis dans toute cette pagaille et afin qu'il rappelle le ministre à l'ordre", a déclaré en substance le président de la GGSU à Week-End.

Rashid Imrith souligne également qu'il est indispensable pour le ministère de "design" un "Manual Procedure", un code de conduite en écrit pour les fonctionnaires en ce qu'il s'agit de l'application des règlements. "Actuellement, chaque fonctionnaire qui se joint au ministère de la Sécurité sociale apprend le travail sur le tas, par le biais du bouche à oreille. Un manuel contenant les procédures à être suivies par les fonctionnaires est indispensable. Nous réitérons notre demande de rencontre avec le ministre afin de discuter de tout cela", ajoute Rashid Imrith. Ce dernier souligne également qu'en dépit des déclarations "fracassantes" du ministre au sujet d'une "fraude" de Rs 49 millions au ministère, c'est le silence le plus total qui règne au sujet de l'enquête policière.

Incertitude

Du côté des fonctionnaires de la Sécurité sociale, c'est l'incertitude et la crainte qui règnent en maîtres. Selon eux, les déclarations du ministre au sujet de "fraude" ont contribué à exacerber les critiques du public contre les fonctionnaires. "Pour nous, le ministre invente des problèmes là où il n'y en a pas et ignore totalement les vrais problèmes. À cause de ses déclarations, nous, fonctionnaires, notamment ceux d'entre nous qui travaillent dans les bureaux régionaux, courons le risque de se faire agresser par les membres du public. Les insultes et quolibets du public à notre égard sont déjà légion", souligne-t-on dans les milieux du ministère.

Ces fonctionnaires critiquent également les déclarations de Mme Bappoo concernant les invalides qui travaillent et qui perçoivent une pension d'invalidité. "De par cette déclaration, le ministre montre sa méconnaissance totale du Employment of Disabled Persons Act, qui stipule que chaque employeur qui a plus de 30 travailleurs doit donner du travail à 3% d'invalides. Ces personnes ont totalement le droit de travailler et de percevoir leur pension d'invalidité", ont ajouté ces fonctionnaires.


À Bell Village, hier matin

Virulente sortie du Premier ministre contre Week-End

Virulente sortie du Premier ministre, hier matin à Bell Village contre Week-End. Le Dr Navin Ramgoolam qui procédait au dévoilement d'un mémorial en l'honneur de Maha Rana Pratab a accusé notre hebdomadaire d'être "sélectif" dans ses critiques. Le chef du gouvernement devait, dans la foulée, appeler son auditoire à ne plus lire Week-End, "lagazet militan".

Navin Ramgoolam parlait en présence, notamment, des ministres Indira Seeburn et Burty David ainsi que du lord-maire p. i., Mahendra Gondeea et des dirigeants du Ghalot Rajput Maha Sabha. Citant l'exemple de Maha Rana Pratab, le Premier ministre a souligné que la vie de tous les héros est faite de sacrifices et de lutte contre l'adversité.

Il a, ainsi, pris pour autre exemple Manilall Doctor, envoyé par le Mahatma Gandhi en vue de défendre les intérêts des travailleurs de l'industrie sucrière. Le chef du gouvernement devait expliquer comment Manilall Doctor refusa d'enlever son turban quand il avait été appelé, pour la première fois, à représenter des travailleurs en Cour de Justice.

Poursuivant, le Dr Ramgoolam a aussi expliqué comment "des Hindous comme lui" avaient lancé à Manilall Doctor des œufs pourris. Parenthèse du chef du gouvernement, à ce stade de son intervention, pour se demander ce que Week-End aurait écrit de cette affaire si notre journal existait déjà à l'époque.

Selon le Premier ministre, la vérité, c'est que ceux qui avaient, alors, lancé les œufs pourris avaient été "payée pour cela". D'où son appel "à la vigilance". "Napa vann ou loner". Quant à lui, Navin Ramgoolam a souligné qu'il était une "personne de conviction" et qu'il ne "cédera jamais".

Accusant Week-End, "lagazet militan", de critiques "sélectifs", le Dr Ramgoolam a cité l'exemple de l'ancien ministre travailliste, Vishnu Bundhun, aussi présent à la cérémonie d'hier matin. Le Premier ministre a accusé notre hebdomadaire d'avoir, en substance, instruit le procès de ce dernier.

Le chef du gouvernement a appelé son auditoire à s'inspirer de l'exemple du "grand héros de l'Inde" que fut Maha Rana Pratab. Il s'est dit heureux que le projet vieux d'une dizaine d'années d'élever un mémorial en son honneur se soit enfin concrétisé sous son gouvernement. Répondant, par ailleurs, à une requête du président du Ghalot Rajput Maha Sabha, M. Rajeshwar Auliar, le Premier ministre a promis de régler le problème d'arrérages sur les subventions de l'État à la société.

De son côté, le lord-maire p. i., M. Mahendra Gondeea a promis l'aide de la mairie de Port-Louis au projet du Ghalot Rajput Maha Sabha de doter, à l'avenir, le mémorial d'une statue équestre de Maha Rana Pratab. Le héros du Rajasthan est, en effet, généralement représenté sur son fidèle cheval.


Héritage spolié ?

La famille Lemière revendique huit îles des Chagos

Un citoyen mauricien, Paul Lemière, a récemment découvert que pas moins de huit des soixante-cinq îles de l'archipel des Chagos avaient été concédées à vie à un de ses ancêtres par la reine Victoria.

Paul Lemière, actuellement conseiller municipal de l'Alliance sociale à Beau-Bassin/Rose-Hill, examine sérieusement la possibilité d'intenter un procès au gouvernement de Londres devant une cour de justice britannique appropriée pour revendiquer ses droits d'héritier de la concession. Il a déjà retenu les services d'un constitutionnaliste australien et celui-ci sera épaulé par l'étude de Me. Rex Stephen.

L'objectif du procès, affirme M. Lemière, sera d'obtenir l'interprétation que la cour de justice éventuellement saisie donnera au sens de "concession à vie". Et en cas d'un jugement positif, le citoyen mauricien compte réclamer la restitution de son patrimoine familial ou, à défaut, des compensations.

En adoptant un Ordre en Conseil - dicté par la reine Elizabeth II à l'instigation du Commonwealth and Foreign Office - dans le dos de son ancienne colonie de l'île Maurice le 8 novembre 1965, la Chambre des communes permit à la Grande-Bretagne d'exciser l'archipel des Chagos de notre territoire national. Déjà, d'un point de vue de droit international et du droit des peuples à s'auto-déterminer sans que leur intégrité territoriale ne soit démembrée, la démarche anglaise fait toujours débat. La découverte de Paul Lemière viendra, estime-t-on, compliquer davantage les problèmes de la couronne britannique dans le dossier des Chagos.

L'incroyable histoire des Lemière ne fait que commencer, mais elle ne paraît pas dépourvue de pertinence vu l'impressionnante documentation que la famille a réunie. Les liens de la famille de Paul Lemière dans cette affaire débutent avec Hyppolite, leur ancêtre du côté de son père. Hyppolite Lemière, maire de Port Louis au début du dernier siècle et prospère homme d'affaires, démontra tellement d'intérêt aux Chagos qu'il se vit octroyer au moins huit des soixante-cinq que compte cet archipel par cinq arrêtés de la reine Victoria elle-même, le 11 octobre 1865. Ces îles sont respectivement l'Ile-aux- Vaches, Trois Frères, l'île Danger, les îles Boddam, Anglaise, La Passe, le Diable et l'Aigle. Hyppolite Lemière ne les obtint pas seul toutefois, mais en compagnie de deux partenaires, MM. Henry Plasson et Auguste Louys.

Cinq documents officiels publiés par le gouverneur britannique de l'époque, sir Henry Barkly, sur ordre de la reine Victoria, certifient la concession de ces îles aux trois partenaires. Les documents sont enregistrés et authentifiés par les officiers britanniques en charge de la colonie de Maurice, dont le Secrétaire colonial. Ces documents sont gardés, comme cela se doit, dans les livres du Registrar General. Paul Lemière s'être assuré que ces concessions figurent toujours dans le casier hypothécaire de feu son ancêtre.

Les cinq documents officiels débutent tous par la phraséologie suivante, mais il faut toutefois noter que les noms des îles changent là où il faut :

"Know all Men by these presents, that, by Virtue of the Power and Authority in me vested by The Queen, I do hereby grant from this day forth and for ever unto Henry Plasson, Auguste Louys and Hyppolyte Lemière, their Heirs ans Assigns, all the Portion of Land, consisting (ndlr : le nom de l'île est mentionné), situated in the Chagos Archipelago, Dependecies of Mauritius, in the following proportion, viz :-

ONE half of the said Island to the said Henry Plasson, One third of the said Island to the said Auguste Louys and One sixth of the said Island to the said Hyppolite Lemière Auguste Louys, and Hyppolite Lemière".

Paul Lemière et sa famille ont mis très longtemps pour faire prévaloir leur droit à l'héritage des biens de Hyppolite, soit plus de 140 ans. Ce retard ne pourrait-t-il pas être utilisé par les Britanniques pour invoquer une quelconque prescription ? À cette question, M. Lemière observe qu'une des dix conditions attachées à l'octroi de la concession à Hyppolite Lemière pourrait également alors se retourner contre le gouvernement britannique. Cette condition particulière se lit comme suit :

"3. THAT the Government shall be at liberty at any time to resume the property and possession of such portions of land to be granted, not however exceeding 2 acres in extent, as may be required for the erection of a school, church or chapel, Police station, Prison, Court House, or other Public Buildings or works, without any compensation or indemnity to the proprietors or holders of the ground thus taken, beyond the then actual value of any crop, plantation, or building, thereupon". M. Lemière interprète cette condition comme voulant dire que le gouvernement de Londres ne pouvait pas reprendre plus de deux arpents des terres concédées à son ancêtre.

Paul Lemière compte aussi faire ressortir que tout le démembrement des Chagos du territoire national mauricien fut entrepris dans un tel grand secret par la Grande-Bretagne, sur recommandation des États-Unis, en raison de son aspect militaire, qu'aucun des héritiers de Hyppolite Lemière n'aurait pu être au courant de se qui se tramait réellement et donc de faire respecter son droit d'héritage.


Météo

Température de 32,2 °C enregistrée hier à Port-Louis

Le retour de la chaleur d'été a été fortement ressenti hier avec une température variant entre 27 et 31°C. Mais hier, à Port-Louis, le mercure a grimpé, atteignant 32,2°. Une hausse moyenne de 1°C a été enregistrée à travers l'île entre vendredi et samedi.

Selon la station météorologique de Vacoas, la chaleur incommodante, couplée d'un taux d'humidité légèrement élevé prévalant actuellement devrait persister tout le long de cette semaine. "Cela est principalement dû un courant d'air venant de l'est avec une tendance est nord-est. Cette masse d'air provient de la zone équatoriale. Donc, la forte chaleur devrait perdurer cette semaine", explique M. Veerassamy, prévisionniste à la station de Vacoas. Ce changement dans la température, déjà assez élevée en début de semaine, a été enregistré entre vendredi et samedi. La moyenne enregistrée à Port-Louis était de 31°, alors que dans les autres régions de l'île elle variait entre 27 et 29°. Mais depuis hier, la température tourne autour de 30-31° sur le littoral, se situe autour de 27° sur les terrains élevés et 29° dans les autres régions de l'île.

Cependant, la ligne d'instabilité qui a traversé le pays dans la nuit d'hier à aujourd'hui (dimanche) pourrait occasionner des ondées passagères dans la matinée ou dans l'après-midi, la probabilité étant toutefois plus forte dans l'est de l'île. Cette situation ne laisse rien augurer de bon quant à la situation au niveau de nos réserves en eau. Le Water Resources Monitoring Committee se réunira demain, lundi, pour passer en revue la situation et le programme de coupure mis en application par la Central Water Authority (CWA).

Depuis ces deux dernières semaines, on ne peut dire que la situation s'est améliorée au niveau des réservoirs. Le taux de remplissage en moyenne se situe autour des 60%, alors que les réserves souterraines sont actuellement en dessous de la moyenne. "Nous allons très probablement maintenir le même programme de coupure, c'est-à-dire une fourniture moyenne de 12 heures par jour à travers l'île. Jeudi, nous avons ouvert le robinet un peu plus à cause de Divali. Mais à partir de cette semaine les coupures seront maintenues en vue de gérer le plus efficacement possible le stock dont nous disposons et que, je précise, continue à baisser", déclare le directeur général de la CWA, Harry Bauluck.

Par ailleurs, la fourniture d'eau a été rétablie dans certains villages de l'est privés d'eau vendredi matin à cause d'un "main trunk" endommagé au niveau du Treatment Plant de Piton du Milieu. Hier matin, deux pompes étaient également en panne au niveau du bore-hole de Bel Air. La fourniture d'eau aurait été rétablie à la mi-journée.


Au ministère de l'Industrie et du Commerce

Vieilles ferrailles: Controverses dans l'allocation des permis

"Certains opérateurs et exportateurs auraient obtenu des permis du ministère du Commerce, alors qu'ils ne répondent pas aux critères établis dans la nouvelle loi sur les vieilles ferrailles, la Consumer Protection (Scrap Metal) Regulations 2007", avions-nous souligné dans notre édition du 21 octobre, à la suite des dénonciations formulées par des opérateurs dans le secteur des vieilles ferrailles. Il se confirme, en effet, selon les informations du jour, que certains permis ont été validés et délivrés pour la mise en opération de scrapyards par le ministère de l'Industrie et du Commerce alors que des objections avaient été formulées par les autorités concernées à cause de la nature dangereuse de telles activités touchant à la santé publique et à l'environnement.

Que stipulent les nouveaux règlements ? Les principaux critères édictés dans la nouvelle loi impliquent la participation de différentes autorités avant qu'un permis ne soit délivré. Il s'agit, des collectivités locales, le ministère de la Santé, le ministère du Travail, le Fire services ou encore la Mauritius Revenue Autority. À part la MRA, ces différentes divisions au sein du gouvernement de doivent d'effectuer des sites visits avant de donner leur "views" concernant des critères tels que: si le site est à l'intérieur ou en dehors d'un "buffer zone" de 200 mètres; s'il représente un danger ou une nuisance à l'environnement, la santé ou dans le voisinage dans lequel il se trouve. Plusieurs demandes de permis ont été rejetées pour ces mêmes raisons, le site indiqué par les "applicants" n'étant pas conforme aux paramètres établis dans la loi.

Or, il semblerait que des demandeurs de permis auraient bénéficié de certains passe-droits, allègue-t-on, à cause de leurs accointances avec des hommes politiques ou des hauts fonctionnaires du gouvernement. Une entreprise dont le site est situé à Chebel, Beau-Bassin, à côté d'un lieu de culte est citée en exemple. Selon nos sources, le ministère de la santé aurait objecté à la mise en opération d'un scrapyard dans cette localité vu qu'il est une potentielle source de nuisance environnementale. Le permis aurait malgré tout été octroyé contre un frais variant entre Rs 50 000 et Rs 75 000 comme stipulé dans la loi.

Même schéma dans un cas de "bad neighbour development." Un site situé à la route Bassin, Palma, alors que les inspecteurs de la municipalité de Quatre-Bornes avaient émis un avis défavorable compte tenu du fait que la zone résidentielle la plus proche se situe dans un rayon de 200 mètres par rapport au site - dont une maison en construction située à 25 mètres du site ! Un des inspecteurs contacté à la municipalité de Quatre-Bornes n'a pas voulu confirmer l'information, se contentant d'avancer: "Nous avons fait notre travail, c'est au ministère de l'Industrie et du Commerce d'assumer ses responsabilités."

Dans le nord de l'île, un opérateur de scrapyards aurait obtenu son permis, malgré le fait que le site se trouve à quelques mètres d'un bore-hole exploité par une entreprise embouteillant l'eau de table. Dans un autre cas, une entreprise aurait également obtenu son permis, alors que l'opérateur est un ressortissant indien détenant un peu moins de 50% des parts de l'entreprise. Or, les nouveaux règlements stipulent que le Chef de cabinet du ministère de l'Industrie "may grant an application where he is satisfied that the applicant is a citizen of Mauritius and is 18 years of age". Cette clause dans la nouvelle loi avait interdit les opérateurs indiens, qui étaient plus d'une dizaine, de poursuivre leurs activités d'exportation de vieilles ferrailles.

D'autre part, il revient également que des opérateurs auraient été mis au parfum concernant des cas où les recommandations des autorités n'auraient pas été prises en compte. Des plaintes dans ce sens auraient été formulées au ministère de l'Industrie et du Commerce.

Pour rappel, le gouvernement a promulgué de nouveaux règlements sous la Consumer Protection (Scrap Metal) Regulations 2007 dans le but de mettre un terme au vol des biens privés ou publics et le désordre qui prévalaient dans la collecte et l'exportation des vieilles ferrailles. À titre d'indication, entre juillet 2005 à ce jour, le nombre de vols se chiffrait officiellement à 477, représentant un montant de Rs 9,6 millions. De nouveaux critères et des frais avaient ainsi été définis pour réglementer l'octroi de permis aux différentes catégories d'opérateur: convoyeurs: Rs 10 000, commerçants: Rs 25 000 et exportateurs: Rs 50 000. La validité du permis est d'une année, alors que les collecteurs de vieilles ferrailles sont exemptés de frais, la nouvelle loi stipulant que ce sont les trois types d'opérateurs qui sont chargés d'enregistrer ceux qui collectent les vieilles ferrailles pour eux.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 11 novembre 2007