o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 28 octobre 2007



 
Faits et effets - Les sorties du dimanche
 
Humeur - Le développement de "lindristi kokin" municipal
 
Carnet - Indécent


Faits et effets...

Les sorties du dimanche
Josie Lebrasse


Les sorties du dimanche du Premier ministre seraient-elles devenues des rendez-vous de la "déconne" ? Après Union Park, le dimanche 10 septembre, où il nous avait entretenus du sari de l'épouse de Rajesh Jeetah et l'histoire de la vodka qui n'avait pas trouvé de verres du fils Sithanen et la toute dernière sortie de dimanche dernier devant les partisans du PTr, mais en présence aussi des diplomates en poste à Maurice, on est en droit de se poser la question. Parce que après ces meetings dominicaux, gracieusement relayés par les "fossoyeurs" de la Rue Pasteur, selon ce qu'en a dit l'honnête conseillère premierministérielle, Bettina Cadinouche, à notre confrère l'Express-Dimanche, il faut, paraît-il, toujours revenir sur les propos tenus pour des précisions et des explications.

À Réduit, dimanche dernier, on a eu droit au réflexe raciste de certains partisans de l'Alliance sociale qui ont lancé le mot "blanc" lorsque leur leader a allégué que si c'est Paul Bérenger qui devait mettre en chantier le projet du Mauritius Research Couunil de 2004 d'extraire de l'eau de mer pour l'embouteiller à des fins commerciales, il l'aurait "donné à ses amis". Ce malheureux troupeau est, en fait, victime de la campagne sectaire menée par Navin Ramgoolam et l'Alliance sociale. Il n'a, d'ailleurs, pas condamné ses propos et c'est contenté de dire qu'il y avait des bons et des méchants dans toutes les communautés ! Quelle trouvaille ! L'incident de Réduit, dimanche dernier, nous a fait penser à ce qui est arrivé à l'équipe de foot de deuxième division française, Bastia qui a récemment perdu un point parce ses supporters avaient lancé des commentaires racistes à l'égard d'un joueur noir. Mais le foot n'est pas la politique où tous les excès sont permis même ceux qui incitent à la haine raciale.

En guise d'explications, hier, nous avons eu droit à une longue déclaration sur l'industrie de la canne et des relations avec l'Union Européenne. Pas de questions donc sur les sujets de brûlante actualité du moment comme les excès des motards et autres policiers, dont se plaignent même, juge et député, les prisons, les scandales des bourses indiennes, la NHDC et ses nouveaux propriétaires de luxe, les manuels scolaires de James Burty David, Chitrakoot, les planteurs de Riche Terre et de Terre Rouge, la fièvre porcine qui décime le cheptel de nombreuses familles, la municipalité de Quatre-Bornes et ses étals qui se négocient à prix fort, du rond-point du Caudan, du radier de Macondé et même de cette MBC croque-mort. Non, rien de tout ça et même pas une petite question sur le dossier évoqué, l'industrie sucrière.

Et il y en avait des questions à poser sur ce qu'il a dit à Réduit et même hier. Après avoir été corrigé sur la centrale de Belle Vue dont l'accord de partenariat a été signé en 1998 par son gouvernement et réalisé qu'il y a des photos le montrant tout sourire, en présence de "banne missié-là", en train de procéder à l'inauguration de cette centrale, Navin Ramgoolam est passé à autre chose. Il parle des profits de cette unité de production d'énergie mais ne dit pas que, contrairement aux accords signés entre 2000 et 2005, dans le cas de Centrale Thermique du Sud et de la Centrale de Savannah, déposés à la bibliothèque de l'Assemblée nationale, pas d'appel d'offres et pas de transparence pour Belle Vue, Beau-Champ et Fuel, les documents y relatifs restent secrets un peu comme l'accord passé, en 1999, entre la CWA et la Lyonnaise des eaux et celui qui porte sur la fourniture des produits pétroliers gouvernés par la plus totale des opacités.

Navin Ramgoolam s'est bien gardé, hier, d'attaquer le MAAS, un document qui semble faire tourner la tête autant que le stupéfiant du même vocable qui est utilisé dans le jargon mauricien. Et pour cause, c'est son gouvernement qui en a décidé des termes et qui l'a approuvé au Conseil des ministres du 21 avril 2006. Bientôt deux ans. Les attentes angoissées, désespérées, vaines jusqu'ici d'une retraite paisible et digne, avec compensation adéquate et lopin de terres des travailleurs de St Félix sont de la même durée, deux années qui sont, pour eux, très longues. Nous espérons seulement qu'il n'y a aucun malheureux travailleur au chômage technique depuis deux ans qui ne décédera pas en attendant l'issue des tergiversations de Navin Ramgoolam et que ses garanties se matérialisent et soient rétroactives. Continueront-ils à être l'otage des négociations entre l'État et les sucriers alors qu'ils n'ont rien à y voir, eux ? C'est là la véritable question et le "test" pour ceux qui se gargarisent de "partage".

Ce qui bloque au niveau des négociations État/sucriers, ce sont les terres. Des terres oui, l'État en a besoin mais là aussi une question se pose, pour faire quoi ? Pour donner à Rs 100 l'arpent l'année aux proches des ministres, pour permettre aux agents de les renégocier avec des étrangers pour Rs 150 millions, pour découvrir que les employés du secrétaire général, Deva Virahsawmy, sont devenus de grands promoteurs hôteliers au point de ravir un bail à St Félix à des hommes d'affaires réunionnais et pour en extraire 500 arpents pour le seul projet de Tian Li. Les terres de l'État, on les donne aux petits copains et lorsqu'il n'y en a plus, on va les chercher ailleurs.

Que les sucriers doivent offrir des terres comme ils l'ont toujours fait, soit, les collectivités locales ayant été de grandes bénéficiaires jusqu'ici, mais il faut que ce soit pour des projets utiles. Nous suggérons qu'ils commencent dans l'est. Qu'ils se tournent vers une ONG sérieuse pour une étude des besoins des familles de squatters qui dorment à la belle étoile depuis plus d'un mois et qu'ils leur allouent non seulement des terres mais qu'ils approchent les entreprises de construction pour leur construire un petit toit. Ce serait un beau geste social et une manière de montrer que l'industrie sucrière est sensible à la grande misère de certains de nos compatriotes.




Humeur

Le développement de "lindristi kokin" municipal
Jean-Claude Antoine


Les semaines se suivent et se ressemblent à Maurice en ce qu'il s'agit de découvertes d'affaires de fraude et de corruption plus élaborées les unes que les autres. Ce secteur semble avoir connu un développement fulgurant au cours des dernières années. Une progression qui risque de faire Maurice grimper plusieurs marches sur l'indice de perception du degré de corruption de Transparency International. L'île Maurice avait découvert avec ahurissement, la semaine dernière, que des hauts cadres de corps para étatiques et de la fonction publique avaient détourné les règles de bases de la NHDC. Ils avaient mis au point un système pour acheter des appartements réservés (i) à des non propriétaires et (ii) détenteurs de comptes PEL pour les offrir à leurs proches dont des... mineurs.

Cette semaine, c'est toujours du secteur para public, plus précisément celui des administrations régionales - dont le ministre responsable vient d'être mêlé a une histoire de manuels scolaires imposés - qu'est venu le scandale. Une conseillère municipale de Quatre-Bornes a été prise la main dans le sac à Wolmar en train de récolter une somme de plus de Rs 250 000, représentant la location d'étals de la foire de la ville des fleurs. Une location tout à fait particulière puisque les sommes récoltées ne vont pas dans les caisses municipales, mais dans les poches de certains élus. Arrêtée en flagrant délit et interrogée pendant des heures, la conseillère du PMXD - c'est un détail politique important que certains semblent vouloir occulter -, a fini par cracher le morceau. Grâce à ces révélations, un autre conseiller municipal, le président du Public Health Commitee de la ville, et deux entremetteurs ont été arrêtés en attendant que d'autres cadres et conseillers municipaux les rejoignent en cellule. Comme les cadres de la NHDC l'avaient fait pour les appartements, ces élus de l'Alliance sociale et leurs complices cadres municipaux ont mis au point un système pour détourner le fonctionnement de l'attribution des étals de la foire de Quatre-Bornes.

Il faut savoir que cette municipalité avait décidé, l'année dernière, d'ouvrir la foire deux jours supplémentaires, les mardi et vendredi. Elle avait également décidé que les étals seraient attribués aux habitants de la ville à travers un exercice d'appel d'offres. Selon certains renseignements, plus de 500 applications avaient été reçues pour les 250 étals disponibles. Face à cette grosse demande, un sous-comité municipal avait été nommé pour étudier chaque cas et faire des recommandations au Public Health Commitee à qui revient la responsabilité d'attribuer les étals. À partir de là, un autre comité, parallèle et illicite, a été institué pour mettre au point le trafic. La liste des noms des candidats a été utilisée pour permettre à des "démarcheurs" d'aller les contacter personnellement pour leur proposer de faire activer les démarches. Contre paiement de ce service, évidemment. Arrangeants, les "démarcheurs" acceptaient que le paiement se fasse par instalments, comme dans les magasins spécialisés dans le hire purchase, mais sans contrats, ni reçus. C'est en allant récupérer les "mensualités" sur la plage de Wolmar que la conseillère s'est fait pincer par la police. Selon des sources bien informées, d'autres arrestations et d'autres révélations sur le trafic sont attendues dans les jours qui viennent à la municipalité de Quatre-Bornes.

Mais ce n'est pas seulement la municipalité de Quatre-Bornes qui est éclaboussée par la découverte d'affaires peu reluisantes. Pratiquement toutes les municipalités et conseils de districts contrôlés par l'Alliance sociale semblent avoir été atteints par cette curieuse politique de proximité qui pousse les élus à mettre au point des systèmes pour profiter des biens de la collectivité. À Rose-Hill, on a eu les conseillers "manzé boire" et l'affaire d'attribution des étals à la foire Da Patten. À Port-Louis, les dénonciations du lord-maire sur le fonctionnement du garage municipal. À Curepipe, la rénovation du kiosque du jardin SSR. Sans compter la disparition de millions d'excédents dans certaines caisses de conseils de districts ou de manière générale les voyages outremer des édiles.

"Ou kapav ampes lindistri kokin dévelopé ou ?" demandait autrefois sir Seewoosagur Ramgoolam quand on lui parlait des ravages de la corruption. Dans le cadre de sa politique de "put our people first", avec ses nominations et ses élus, son fils, Navin, est en train de transformer cette "industrie" en pilier de l'économie parallèle dans le secteur des administrations régionales.




Carnet

Indécent
Patrick Jean-Louis


On pourrait comprendre si le Comité National Olympique Mauricien (CNOM) se sentait gêné de prendre la décision d'initier une enquête sur un de ces membres. Toutefois, ce serait probablement une occasion en or de démontrer la rupture entre l'ancienne et la nouvelle méthode du CNOM puisque le président de la Fédération mauricienne Triathlon ne peut indéniablement pas s'en sortir à bon compte après sa décision de " pénaliser " de façon délibérée la triathlète confirmée qu'est Ambre de Falbaire au profit de la nageuse et néophyte en triathlon, Christelle Louis.

En dépit du fait qu'une telle décision peut, a priori, gêner, il n'empêche que CNOM doit s'intéresser, d'un peu plus près, non seulement à ce cas flagrant d'injustice, mais à toutes les " manigances " au sein de la FMTri, comme elle s'est sentie interpellée par le déroulement des élections au sein de la fédération d'haltérophilie.

Par contre, le ministère de la Jeunesse et des Sports ne peut pratiquer la politique de l'autruche, petit jeu désormais courant au 3e étage de l'Emmanuel Anquetil Building, et encore moins se sentir gêné pour enquêter dans cette affaire.

La décision d'Alain St-Louis n'est nullement un fait du hasard et les autorités compétentes doivent se sentir concernées à plus d'un titre. Car cette décision est haineuse. Si Ambre de Falbaire a été sacrifiée sans aucun état d'âme de la part du président de la FMTri, c'est bien parce que cette sportive de 15 ans est une passionnée et avec le soutien de ses parents, ne s'est jamais laissée marcher sur les pieds.

Il est presque certain que c'est aussi parce qu'elle n'a pas voulu entrer dans une " arnaque " proposée par le directeur technique de la FMTri, Pascal Auger, à travers une charte interdisant à tout triathlète de pratiquer un autre sport qu'elle se trouve aujourd'hui mise à l'écart pour ce stage. Pourtant, le fait de ne pas s'entraîner sous la férule du DTN n'a pas empêché Ambre de Falbaire d'être médaillée d'argent à ces championnats d'Afrique. Déjà, à l'époque, la démarche du président de la FMTri, ne cadrait pas avec ce que l'on appelle l'esprit sportif.

Personne aujourd'hui ne peut rester insensible devant l'évincement de cette triathlète confirmée, non seulement sur le plan national mais aussi dans la région. Pour la bonne et simple raison qu'une telle action est indécente. Surtout venant d'une personne élue au sein du CNOM. La logique veut qu'il soit un des gardiens de l'esprit olympique et la Charte Olympique. Plus indécent encore, le choix d'Alain St-Louis de raconter des histoires pour justifier son choix tant d'" éliminer " Ambre de Falbaire pour " sélectionner " Christelle Louis.

Aussi, on ne comprend pas le silence de Gérard Louis, le père de la nageuse, face à cette injustice envers une sportive. Lui qui a toujours fait entendra sa voix, à juste titre du reste, à chaque fois que sa fille a été victime des méthodes de sélection de la fédération de natation. Son silence veut dire qu'il a déjà accepté le " cadeau " de son nouveau copain Alain St-Louis - pour qui Gérard Louis s'est aussi transformé en dirigeant de club de natation. Un silence qui est à la fois coupable et intrigant.

Cette injustice ne peut rester impunie, car elle n'est pas la première. Nous ne détenons pas encore la liste de toutes les " victimes " de la méthode St-Louis, mais la liste est assez longue pour dire que tout ne tourne pas rond au sein de cette fédération. On retrouve, pêle-mêle, sur la liste des " exclusions " sous le règne d'Alain St-Louis, des noms comme ceux de Charles Cartier, Rajen Rungassamy, Kevin Hill, Jennifer Henrisson, Henri Leclézio, André Leclézio, entre autres. Il y a aussi sur cette liste, la mise à mort des clubs comme le FYSC en 2005 - duquel étaient membres Jennifer Henrisson et Henri Leclézio - le Ollier Power Sports Club ou encore le refus systématique d'affiliation à des clubs désirant faire partie de la fédération.

Des méthodes qui nous font penser aux despotes qui ont ruiné le continent africain durant leur règne. Faut-il être " le fils ou la fille " d'un tel pour avoir les faveurs du président de la FMTri ? Ou pire. Faut-il courber l'échine devant le sieur St-Louis et surtout ni penser ni dire le contraire de ce qu'il pense pour espérer une affiliation auprès de cette fédération ?

Là encore, ce n'est ni une garantie et encore moins une certitude si on prend en considération une autre démarche d'Alain St-Louis autour des demandes " d'invitations " pour les Jeux Olympiques de Beijing en 2008. Alors qu'il avait la possibilité de formuler une demande pour quatre triathlètes, il n'a fait une demande que pour sa fille, Fabienne, arguant au Labourdonnais Court que les autres ne sont pas des " olympiens ". Y compris un certain Michou Bhageea, multiple champion de Maurice, qui n'a jamais rien obtenu de la méthode St-Louis.

Il est temps que le ministère de la Jeunesse et des Sports assume ses responsabilités et réclame une enquête du Registrar ou d'une instance indépendante pour tirer faire la lumière sur cette " façon de faire " de la FMTri. N'oublions surtout pas que si cette dernière existe, c'est bien grâce au financement de l'État. Donc l'argent du public…






o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 28 octobre 2007