Faits et effets…—Effets d'annonce
Humeur—Putting our people first in NHDC's appartments
Faits et effets...
Effets d'annonce
"Asraf Dulull admet le cover up". C'est
le titre d'un article publié le 7 octobre déjà
dans Week-End et qui disait ceci : "Vraiment étonnante
la réaction du ministre des Terres et du Logement après
la révélation du leader de l'Union nationale sur
les ventes irrégulières des maisons de la NHDC de
Choisy. Asraf Dulull a reconnu avoir été mis en
présence de tels faits, rappelant qu'ils se sont produits
avant son arrivée au Logement mais qu'il a choisi de ne
pas donner suite à cette affaire "pour ne pas
éclabousser l'institution qu'est la NHDC". On croyait
ce gouvernement friand de squelettes dans le placard de l'ancien
gouvernement. À en croire le ministre du Logement, il a
préféré un cover up de l'ancienne
direction de la NHDC. Cherchez l'erreur
"
Cette première réaction du ministre était
tout bonnement scandaleuse. Ce souci d'Asraf Dulull à préserver
la réputation de la NHDC est bizarre, suspect même.
Parce que le gouvernement auquel il appartient est censé
avoir un "comité scandale", spécialiste
dans le déterrement de squelettes, qui n'a pas hésité
à fouiller dans divers dossiers et dans des secteurs autrement
plus sensibles et exposés comme les technologies de l'information
et de la communication que le bras constructeur du logement social
de l'État. Autant que l'on sache, l'alliance dite sociale
ne s'est pas embarrassée de précautions lorsqu'il
s'est agi de salir BPML et ses initiateurs originaux, dont la
partie indienne, et il y a même eu un Fact Finding Committee
et une enquête policière ensuite dont on attend toujours
les conclusions. Tout ce que l'on sait de ce dossier c'est qu'il
est contesté devant les tribunaux et ce que l'ancien directeur
de BPML, Chand Bhadain, a écrit au Premier ministre pour
dénoncer les responsables de cet organisme au plus haut
niveau est pire que ce qu'avait concocté le trio Balgobin/Busgeeth/Dumazel
dans leur rapport bâclé et approximatif.
Il y aurait ainsi la seule réputation de la NHDC à
défendre ? C'est vrai qu'Asraf Dulull et le gouvernement
auquel il appartient sont des spécialistes des effets d'annonce
sans lendemain. A été annoncé, après
le conseil des ministres, vendredi, une enquête sur les
irrégularités à la NHDC. Or, il y a aussi
eu ce même genre d'annonce tonitruante dans un passé
très récent. Voyons ce que le conseil des ministres
annonçait, en grande pompe, un certain 27 janvier 2006
: "Cabinet has taken note of a major problem of cavity
detected on a site at New Grove where NHDC Ltd had, in 2004, constructed
146 Firinga Type housing units despite contradictory reports on
soil tests, and certain reservations and proposals made regarding
geophysical investigations in the Environment Impact Assessment
Report. Cabinet has further taken note of the expenditure that
Government would have to disburse in connection with the geophysical
survey, and remedial measures, if possible, in addition to concerns
for the future security of potential residents of the housing
units. In the light of the alarming situation, Cabinet has agreed
to the setting up of a Fact Finding Committee under the chairmanship
of a Barrister to inter alia establish whether there had been
any negligence in the implementation of the project, situate responsibilities
and determine any financial liability".
Ça aussi, c'était la NHDC mais, à l'époque,
sa réputation n'avait apparemment pas pesé lourd
dans la balance et un dossier la concernant avait été
jusqu'au conseil des ministres. Mais il semble qu'il y ait eu,
ici aussi, un autre cover up - décidément ! - puisque,
près de deux ans après, pas de Fact Finding Committee
et pas de conclusions connues à cette affaire qui n'a finalement
duré que le temps du blabla politicien et du règlement
de comptes post-électoral. Après l'affaire des Rs
50 millions de Bel Air Sugar Estate, on aurait pensé que
le ministre du Logement se serait montré plus prudent lorsqu'il
ouvre sa bouche mais il semble bien parti pour décrocher
la palme du "koz n'importe".
Si Asraf Dulull est revenu sur sa préoccupation de préserver
la réputation de la NHDC, c'est que les révélations
d'Ashok Jugnauth se sont avérées fondées
et qu'elles ont été étalées au grand
jour dans la presse. S'il n'y avait pas eu de dénonciations
publiques, le ministre aurait continué à protéger
la réputation de l'organisme para public qui est sous sa
responsabilité et les profiteurs de la NHDC et ceux qui
ont abusé de leurs positions auraient probablement concocté
d'autres projets dont ils auraient été encore et
toujours les premiers bénéficiaires.
Au-delà du scandale de la NHDC et alors que certains membres
du gouvernement se gargarisent de lutte contre la pauvreté
et qu'ils étalent comme un exploit le fait d'avoir obtenu,
au titre de la NRPT, une somme de Rs 100 millions - sur un budget
total de Rs 51 milliards - pour financer six bazars régionaux,
il est permis de se demander ce à quoi se résume
la politique nationale du logement, si tant est qu'il y en ait
une. Le ministère du Logement a été réduit
à celui d'une entité dont la principale mission
est de rentabiliser les terres de l'État et, là
encore, lorsqu'on sait que de grosses compagnies avec des projets
dépassant le milliard ne paient que Rs 100 l'arpent par
an, il y a de quoi s'interroger. Pas un seul logement social construit
en deux ans alors que le problème de squatting n'a pas
été réglé.
Où sont passés les projets arrêtés
avant les élections de 2005 et dont le financement avait
été assuré comme celui des Firinga pieds
dans l'eau de Case Noyale. Ce n'est certainement pas sous ce gouvernement
que l'on verrait sortir de terre des projets comme celui, public,
du Dockers Village ou encore celui, privé, réalisé
à Tamarin à l'intention de familles nécessiteuses.
Asraf Dulull avait remis les clés de maison qu'il n'avait
pas construites à Terre Rouge à la fin de 2005.
Il risque d'entrer dans la triste catégorie de ceux qui
bulldozent seulement, comme en 1998 à Camp Chapelon et
aujourd'hui à Belle Mare et qui n'érigent jamais
rien.
Humeur
Putting our people first in NHDC's appartments
C'est Ashock Jugnauth qui, le premier, a levé le lièvre
National Housing Development Corporation (NHDC). C'est sans doute
pour cette raison que le MSM n'a pas abordé le sujet lors
de sa dernière conférence de presse. Comme quoi,
pour certains les rancurs politiques - et familiale - passent
avant tout. Le leader de l'Union nationale avait révélé
l'existence d'une fraude massive à la NHDC. Cet organisme
a été créé pour régler en partie
le problème du logement en proposant aux Mauriciens de
la classe moyenne de participer à un Plan épargne
logement (PEL), donnant accès aux appartements construits
par la NHDC en vente-location. Selon les règlements, les
appartements ne peuvent être vendus qu'aux souscripteurs
ayant amassé une certaine somme sur leurs comptes. Ces
appartements, très prisés, représentent l'unique
opportunité pour des centaines de Mauriciens de devenir
un jour propriétaires. C'est ce concept qui a été
détourné. Les employés de la NHDC ont été
recrutés et formés pour aider les épargnants
des comptes PEL éligibles à remplir les formalités
pour occuper un logement dont ils ne deviendront propriétaires
qu'après de longues années de paiement de traites
mensuelles comprenant intérêts et capital. Le scandale
révélé par Ashock Jugnauth a permis de découvrir
l'existence d'un trafic. Au lieu de servir les détenteurs
de comptes PEL, des hauts cadres de la NHDC se sont servis du
système, en le détournant, pour acquérir
au nom de leurs enfants ou de leurs parents des appartements.
Les révélations sont effarantes quant à l'ampleur
du trafic et le niveau hiérarchique de ceux qui en ont
bénéficié. L'Assistant General Manager de
la NHDC, c'est-à-dire le n°2 de la corporation, a
fait l'acquisition de deux appartements jumelés au nom
de ses deux filles. Cinq autres hauts cadres ont acheté
chacun un appartement au nom de leurs enfants, dont quatre mineurs.
Deux autres cadres ont acheté des appartements à
leur nom. Plusieurs appartements ont été alloués
à des membres d'une même famille. Sur 96 acquéreurs
des appartements de Mont Choisy... 34 sont des mineurs.
Comment des mineurs ont-ils contribué à un plan
épargne logement, condition sine qua none pour pouvoir
bénéficier d'un logement ? Mais il y a mieux, si
l'on ose dire. Deux de ces appartements ont été
achetés par les enfants du directeur de la Development
Bank of Mauritius, cadre supérieur d'une institution bancaire
qui doit bénéficier d'emprunt à un taux préférentiel
sans concurrence. Un cadre supérieur dont le montant du
salaire mensuel doit l'exclure d'office d'un compte PEL. En dépit
de tous ces facteurs, il a pu acheter deux appartements de la
NHDC ! Si cela est possible, à quoi servent donc les employés
de la corporation chargés de veiller au respect des règlements
et qui, disent les clients normaux, les appliquent avec sévérité.
À quoi servent donc les sous-chefs et chefs chargés
de vérifier que les employés sous leurs ordres font
bien leur travail ? À quoi servent donc les membres des
comités chargés d'étudier chaque dossier
à la loupe avant l'attribution des appartements ? Où
étaient donc ceux payés pour faire rédiger
les actes légaux de propriété qui doivent
comprendre les noms et dates de naissance des propriétaires
? Et les auditeurs payés pour repasser sur toutes les opérations
avant de certifier qu'elles ont été faites dans
le respect des lois ? Est-ce que tous ces employés étaient
aveugles pour ne pas remarquer que les appartements étaient
accordés à des mineurs ou à des membres d'une
même famille ou des personnes ne pouvant détenir
un compte PEL ? Comment cette fraude massive n'a-t-elle été
découverte que plus de deux ans après avoir été
commise, puisqu'elles auraient été perpétrées
en 2005 ? Faut-il comprendre que de 2005 à 2007 il n'y
a eu aucun contrôle et aucun audit des livres et des opérations
de la NHDC ?
Il aura fallu attendre pas moins de deux semaines après
la conférence de presse d'Ashock Jugnauth pour que la direction
de la NHDC découvre l'ampleur de la fraude et prenne des
mesures disciplinaires. Huit cadres dont l'Assistant General Manager
ont été suspendus et trois membres du conseil d'administration
priés de se retirer. On peut légitimement se demander
comment on peut suspendre l'Assistant General Manager et pas son
supérieur hiérarchique chargé de contrôler
son travail ? On peut également s'interroger sur le fait
que seuls trois membres du conseil d'administration ont été
priés de se retirer mais que les autres membres et le président
restent en fonction alors que les fraudes ont eu lieu alors qu'ils
étaient TOUS en fonction. Mais il y a mieux dans le dossier
de ce détournement des économies des souscripteurs
du PEL par des gens plus riches qu'eux. C'est la déclaration
faite à la télévision par Asraf Dulull, ministre
du Logement, sur ce dossier. "Mo ti au courant sa zafer-la.
Mais mo napa finn donne suite parski mo napa ti envi terni la
réputation NHDC." Le ministre du Logement, qui
pratique un politique de zéro tolérance vis-à-vis
des squatters, ne donne pas suite à une opération
de détournement de plus de trente appartements d'une compagnie
tombant sous son contrôle "pour ne pas ternir la
réputation de la NHDC" !!!
S'agirait-il d'une autre déclinaison de la désormais
fameuse politique de l'Alliance sociale qui pourrait se lire ainsi
: "Putting our people first in the NHDC's appartments"
?
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 21 octobre 2007
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