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Proposition du leader de l'opposition
Un Select Committee sur le scandale de la NHDC
Le leader de l'opposition et du MMM a proposé l'institution
d'une Select Committee de l'Assemblée nationale pour se
pencher sur le scandale de la National Housing Development Company
(NHDC). C'était hier, lors d'une conférence de presse
au cours de laquelle il a aussi réclamé une commission
d'enquête sur l'affaire des manuels scolaires de James Burty
David.
Paul Bérenger s'est élevé contre le fait
que Asraf Dulull "ait osé insinuer que c'est l'ancien
gouvernement qui est responsable de ce qui s'est passé
avec les appartements de Mon Choisy". "C'est
totalement faux et li pou payé pou çà !".
Il a trouvé éloquent que si Ashok Jugnauth, ministre
jusqu'à 2005, n'avait pas soulevé la question, le
ministre n'aurait rien fait et aurait étouffé l'affaire
comme il l'a admis lui-même.
Le leader de l'opposition a aussi dit que, selon ses renseignements,
toutes ces maisons ont été vendues après
les élections de 2005 et "parmi bénéficiaires
bann dimoun proches de Dulull li mem". Bérenger
a dit qu'il est évident que personne ne croit le ministre
du Logement, d'autant que, sur ce dernier scandale, il a dit avoir
étouffé l'affaire pour ne pas ternir l'image de
la NHDC. Ce qui est, a estimé Paul Bérenger, en
lui-même "un aveu de culpabilité".
"Nou péna oken confiance dans l'ICAC ki une fois
de plus, comme dans de nombreux cas, pé alle touffe l'affaire",
a-t-il observé avant d'ajouter que la meilleure chose à
faire est d'instituer un Select Committee du Parlement présidé
par quelqu'un de la majorité pour faire toute la lumière
sur ce scandale et établir qu'il date de la période
post-électorale de 2005.
Interrogé par Radio Plus sur le cas allégué
de deux secrétaires confidentielles d'anciens ministres
qui auraient bénéficié d'appartements de
la NHDC, le leader du MMM a répondu : "Mo péna
sa renseignement-là et si zot ti qualifié, so what
?" Pour lui, c'est le ministre du Logement qui brouille
les pistes et il a répété qu'il ne perd rien
pour attendre après avoir tenté d'étouffer
l'affaire. "Si Ashok Jugnauth pa ti soulève lièvre-là,
li ti pou manz lièvre-la kri !" a ironisé
Paul Bérenger.
Quant au scandale des manuels scolaires, le leader de l'opposition
a dit qu'il ne pensait pas que "James Burty David et l'Alliance
sociale pouvaient tomber aussi bas et manipuler ainsi les choses
pour que les manuels du ministre soient rendus obligatoires et
qu'il y ait aussi eu chantage à la Sécurité
sociale et que les enfants défavorisés des écoles
qui n'utiliseraient pas ce manuel qui n'a pas le niveau requis
ne recevront pas d'aide sociale."
"C'est une démarche infecte digne de James Burty
David", a commenté le leader de l'opposition qui,
après avoir souligné que le ministère de
l'Éducation a dû reculer, estime qu'il y a lieu de
faire toute la lumière sur ce scandale. Il a réclamé
une commission d'enquête présidée par un ancien
juge de la Cour suprême pour situer les responsabilités
dans cette affaire et blâmer ceux qui doivent l'être.
Épidémie de fièvre porcine : la responsabilité
du GM engagée
Autre thème évoqué hier, l'épidémie
de fièvre africaine qui frappe les porcs. Pour le leader
de l'opposition et du MMM, il n'y a pas de doute que le gouvernement
porte une lourde responsabilité pour ne pas avoir réagi
tout de suite après avoir été informé
des cas découverts dans les pays avoisinants. Il a cité
le cas de cette dame, une commerçante qui a publiquement
dit qu'elle ne s'approvisionne pas de viande de porc sur le marché
local depuis un mois en raison de la présence du symptôme
de la fièvre porcine africaine. Cela, dit-il, vient démontrer
"la négligence et l'incompétence de Arvin
Boolell pour n'être pas intervenu à temps".
La responsabilité du gouvernement est engagée, a-t-il
ajouté.
Paul Bérenger a aussi souligné que, dans un premier
temps, le ministre de l'Agro-Industrie avait dit que sur la base
des observations des techniciens c'est la totalité des
17 000 porcs du pays qui devraient être abattus. Mais le
ministre a changé de langage ensuite pour dire que seuls
ceux qui présentent les symptômes seront éliminés,
après que la question de compensation eut été
mise sur la table.
Le gouvernement, a déclaré Bérenger, doit
dire oui au principe d'une compensation parce que ce sont des
personnes défavorisées de St Martin, de Roche Bois
et de Bassin Requin qui sont en train de tout perdre et qui sont
dans l'angoisse et discuter ensuite de ses modalités. "Il
faut agir vite, faire comme pour les petits planteurs lorsqu'ils
sont victimes de cyclones, il y a eu trop de temps perdu déjà
et veiller aussi que le cheptel de Rodrigues soit aussi protégé
d'urgence".
À l'heure des questions, il a même suggéré
que, tout en ne mettant pas en doute la compétence des
techniciens mauriciens, le gouvernement aurait dû avoir
fait appel à l'expertise étrangère dont celle
de l'Organisation mondiale de la santé pour l'aider dans
ce dossier. Paul Bérenger a, dans un commentaire général
et sur la situation des éleveurs, constaté que personne
ne fait confiance aux dirigeants du gouvernement.
Venant ensuite au projet Tian Li, le leader de l'opposition a
estimé "vraiment criminel et inhumain"
que l'on ait choisi de bulldozer les terrains des petits planteurs
dimanche dernier. Tout en affirmant ne pas être contre ce
projet, il a dit qu'il est néanmoins nécessaire
de savoir ce qui se fera exactement sur ces terres et comment
compenser adéquatement les petits planteurs de cannes et
de légumes qui seront déplacés.
Planteurs de Riche Terre : suivre l'exemple indien
Il a rappelé avoir formulé une proposition depuis
le début de cette affaire, la mise sur pied d'un Trust
Fund avec la participation de Tian Li et du gouvernement, pour
venir en aide à ces petits planteurs, pour s'occuper de
leur donner des terres plus rapprochées de leur centre
d'activités que celles de Côte d'Or offertes par
Arvin Boolell et sortir du Nord pour aller à l'Est.
Paul Bérenger a invité le gouvernement à
s'inspirer de ce qui se passe en Inde et a cité la dépêche
de Reuters du 11/12 octobre qui fait état d'un "new
set of rules" lorsqu'il s'agit de déplacement
de populations agricoles et paysannes pour des besoins industriels,
après les vifs affrontements de ces derniers mois, et qui
prévoient des mesures de protection à leur intention,
divers bénéfices et formation professionnelle, entre
autres. Il n'est aps trop tard pour le gouvernement mauricien
de suivre cet exemple, a dit le leader de l'opposition.
Lois du travail : appui total aux syndicats et au BIT
S'agissant des deux lois qui sont censées remplacer l'IRA
et le Labour Act, il a dit que c'est cette semaine que le Bureau
international du travail (BIT) a soumis ses commentaires sur l'ébauche
des deux nouveaux textes et que le représentant de cette
organisation basée à Madagascar s'est exprimé
en faveur de débats tripartites sur la question. Paul Bérenger
a dit l'appui total de son parti à la demande du BIT et
des syndicats qui ont réclamé un délai pour
jusqu'à la fin de l'année avant que ces textes,
qu'ils rejettent, ne soient proposés au parlement.
Pension : "Pé rode fer lékonomi lor lédo
3e âge"
Le leader de l'opposition a aussi exprimé sa solidarité
totale avec les personnes du troisième âge qui "pé
passe par enn martyr pou gagne zot pension parski Rama Sithanen
ek gouvernement pé rode fer lekonomi lor lédo troisième
âge". Il a dit que ce système centralisé
fait pour des économies de chandelle est source d'inconvénients
pour les personnes âgées avec de longues files d'attente
souvent sous le soleil et beaucoup de retard pour le paiement,
soit deux semaines après la fin du mois. Ce nouveau système
a pour conséquence que ces vieux doivent se déplacer
à plusieurs reprises alors qu'ils s'exposent aussi à
des risques additionnels d'agression. Le MMM, a-t-il dit, demande
à Sheila Bappoo et au gouvernement de revoir d'urgence
cette situation et d'arrêter de faire souffrir les personnes
du 3e âge.
Fouilles corporelles : "Ti bizin fini sispane les trois
officiers"
Abordant le problème de fouilles corporelles survenues
dans une entreprise de la Cybercité, le leader de l'opposition
a déclaré qu'il est clair que quelque chose d'inacceptable
est arrivée. "Ti bizin fini sispane les trois officiers
de police concernés et fer enn full inquiry de préférence
pas par la police li mem de facon ki envoye enn signal fort à
tou dimoun dans la police et en dehors".
Paul Bérenger a, pour terminer, eu un mot sur le Pakistan
et a dit condamner l'attentat perpétré lors du retour
de Benazir Bhutto. Il a salué le courage de cette dernière
et souhaité bonne chance au Pakistan qui sera appelé
à vivre des moments très délicats d'ici à
fin mars de l'année prochaine.
Atteinte à la liberté d'expression ?
La VoH accusée d'intimidation sur la personne de Salim
Muthy
La Voice of Hindu (VoH), animée principalement par Krit
Manohur, s'est de nouveau retrouvée sur la sellette cette
semaine avec encore une accusation d'intimidation et d'atteinte
à la liberté d'expression portée publiquement
contre elle. Cette fois, c'est Salim Muthy, le meneur du mouvement
Justice contre la vente à la barre (Sale by Levy) qui a
accusé la VoH d'avoir menacé de créer du
désordre lors d'une manifestation des victimes de la Sale
by Levy, mercredi dernier. Craignant pour la sécurité
des manifestants, M. Muthy a préféré annuler
la manifestation.
Interrogé par Week-End, le leader de la VoH a nié
que son organisation a eu quoi que ce soit à faire avec
Salim Muthy et dit même le "féliciter pour
son combat". "M. Muthy doit savoir que la VoH
a également des membres qui souffrent du système
de vente à la barre et que son combat est aussi le nôtre",
a soutenu Krit Manohur.
Selon Salim Muthy, c'est mardi soir, soit la veille de la manifestation,
entre 21h30 et 21h45, que deux hommes, qu'il dit ne pas connaître
personnellement, sont venus frapper à sa porte, à
la rue Washerwomen, à Port-Louis. L'un d'entre eux, plutôt
maigre et portant un fichu sur la tête, lui aurait dit :
"To mem Salim Muthy là ? To pé fer enn manifestation
démain. Nou VoH. Boss finn dir twa pas nésesser
to fer sa. Ena dimal ladan !"
Toujours selon M. Muthy, en parlant, l'individu lui aurait touché
l'épaule. "Je lui ai dit : To cause ek la bouss
to pas toussé. To pas honté enn bann vié
dimoun malades qui pour manifester demain to pé menace
zot sékirité ?". L'homme aurait répliqué
: "Mo finn donn twa enn warning. Asterla to gueté
ki to pou fer aster, mé éna dimal ladan...".
Puis, selon M. Muthy, les deux hommes ont regagné leur
voiture qui était garée quelques mètres plus
loin. Le meneur du mouvement contre la Sale by Levy affirme "ne
pas avoir bien noté l'immatriculation de la voiture, ni
non - plus sa marque, mais celle-ci pourrait être une Nissan
March ou une Toyota".
Le leader de la VoH nie avec force. "Nous ne connaissons
pas M. Salim Muthy. Mais nous tenons à le féliciter
pour le travail qu'il abat. Il faut qu'il sache que nos membres
également souffrent du système de la vente à
la barre. Mo res bête kifer tout sa létan-là
li pé dirr nou finn ménas li é li pas pran
contact are nou. Je l'invite à retracer et à
dénoncer ces personnes qui l'ont intimidé. Il aura
tout notre support ainsi que celui de la police. Mo finn déza
averti commissaire dé polis ki nou pas pou permette personne
itilise nou nom pou intimide personn. D'ailleurs, combat missié
Muthy nou d'accord are li", a conclu Krit Manohur.
Ce nouvel incident dans lequel la VoH se retrouve pointée
du doigt a amené beaucoup parmi les manifestants à
s'interroger si l'on a réellement affaire à une
organisation socioculturelle uvrant pacifiquement pour la
défense des intérêts d'une communauté
qu'elle prétend représenter ou bien si elle s'est
donnée pour rôle d'intimider d'honnêtes citoyens
dont le droit de contester est garanti par la Constitution. Cette
question hante tous les esprits libres de ce pays depuis l'arrivée
même de la VoH sur la scène mauricienne, soit presqu'en
même temps que le défunt Escadron de la Mort.
Les manifestants contre le système de vente à la
barre, pour la plupart des personnes âgées usées
par la maladie et le souci d'avoir perdu leurs biens immobiliers,
accompagnés de jeunes enfants, s'étaient déjà
réunis au centre social Marie Reine de la Paix, à
Port-Louis, bien déterminés à marcher vers
l'hôtel du gouvernement afin de protester contre le retard
mis par les autorités à soulager leurs souffrances
malgré le vote dans le budget national d'un fonds de soutien
de Rs 100 millions. Ils devaient toutefois être refroidis
dans leur ardeur après le récit de M. Muthy. Nombre
d'entre eux sont rentrés chez eux avec la peur au ventre.
Malgré les négations répétées
de Krit Manohur et même si dans l'éventualité
qu'une enquête policière (qui s'impose d'ailleurs)
il s'avérait que la VoH n'a rien à faire avec les
menaces de désordres à la manifestation des victimes
de la vente à la barre, le doute subsisterait, malheureusement,
au détriment de son organisation. Il y a eu, effectivement,
trop d'allégations récurrentes de la même
nature à son encontre.
Des plaintes pas toujours rapportées à la police
ont été formulées par des chefs d'entreprises
publiques et privées sans compter des démonstrations
intempestives sur le campus de l'université de Maurice
et des avertissements récents de représailles "violentes"
contre les manifestants qui contestaient l'octroi d'un bail à
Jayraj Woochit sur l'îlot Gabriel dans les conditions que
l'on connaît. Dans ce dernier cas, Jack Bizlall avait eu
à monter au créneau pour dénoncer la VoH,
"particulièrement son utilisation de l'appellation
hindoue pour terroriser les gens alors que", selon Bizlall,
"il ne se trouve au sein de la communauté hindoue
personne qui approuve ses méthodes".
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