s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 14 octobre 2007



Squatters de Karo Kalyptis, Belle Mare - "Minis bizin vinn gueté dan ki condition nou pé viv"
Approvisionnement en eau - CWA : programme de coupures à travers l'île
Interruption dans la fourniture d'eau - Premier signe de mécontentement à Écroignard
En mémoire de Manilal Doctor - Le PM: "J'ai du respect pour ceux qui prennent des risques"
Nouveau n° 1 de la MCIT - Le SP Kamatchi : "Pour que la population ait de nouveau confiance en sa police"
Portrait - Le nouveau DCP Chinapen: "Ma persévérance a été récompensée"
Solidarité des peuples - Veillée aux bougies pour une Birmanie libre
Paiement de la pension de vieillesse - Les dates qui fâchent…
Selon une étude de la MEF - La congestion routière coûte Rs 2 md par an
Pauvreté - Du pain rassis, des restes… pour survivre
Partenariat FNR/SAFIRE - Rs 5 M pour l'encadrement des enfants de rue
Manuels scolaires imposés (iii) - Le ministère de l'Éducation obligé de faire marche arrière
Chitrakoot GS - Les parents observent une trêve avant de manifester le 29 prochain
College Aleemiah - Révocation surprise du manager vendredi
Pour cause de réunion annulée - Ramjuttun rend publiques ses "PQ" à Rama Sithanen
Expertise étrangère - Jonathan Richmond bientôt embauché "transport consultant" au GM
Dans un message à l'occasion de l'Eid-Ul-Fitr - Le cardinal Jean-Louis Tauran appelle chrétiens et musulmans à œuvrer ensemble pour la paix
Brèves


Squatters de Karo Kalyptis, Belle Mare

"Minis bizin vinn gueté dan ki condition nou pé viv"

18h, Karo Kalyptis, Belle Mare. Une trentaine de personnes, dont plusieurs enfants, installés sous une tente vétuste, bavardent. Le sujet de la conversation : "Minis-la". Ce sont les squatters, expulsés de leur cabane construite sur le terrain de l'État par les autorités la semaine dernière. Neuf jours maintenant qu'ils sont sans abri. Ils attendent… Ils attendent que les autorités daignent avoir pitié d'eux. Ils espèrent "ki minis-la désann lor térin pou guété kouma nou mizer. Ki vrémem nou péna plas pou alé…"

Depuis neuf jours qu'ils dorment à la belle étoile, une soixantaine de personnes, avec environ quelque vingt-cinq enfants, dont des bébés, aucune visite des autorités. Aucune nouvelle, si ce n'est la détermination du ministre du Logement et des Terres, Asraf Dulull, d'éliminer le squatting. "Minis-la pé croir nou pé campé. Li croir nou pé kontan dormi lor ros. Li péna pitié pou zanfan. Li péna pitié pou dimoun pov", crient les squatters. L'un d'entre eux fait ressortir, ironiquement, : "Nou laport lotel gran ouver pou minis. Lotel pa cinq zétoil sa. Millier zétwal sa…"

Malgré les nombreuses démarches effectuées par certains durant la semaine, soutenus par quelques associations bénévoles, les squatters de Karo Kalyptis ne voient pas la lumière au bout du tunnel. Racontant leur quotidien de ces neuf derniers jours, ils font ressortir : "Pa facil sa. Dormi lor ros. Fer fré anba latante. Zanfan pé malad."

Si les premiers jours ils ont reçu de la nourriture de deux hôtels avoisinants, Le Palmar et l'hôtel Ambre, tous les soirs "sakenn mett enn costé, Rs 2, Rs 5, Rs 10, séki nou éna sakenn mété pou asté manzé". Au menu de vendredi soir : des pommes de terre et du riz. Depuis 16h, les femmes se sont adonnées à la tâche car, plus tard, il fera trop noir pour cuisiner. Il n'y a pas d'électricité à Karo Kalyptis. "Nou finn mett enn glob, pran inpé kouran are voisin. Mé boner bizin teigne. Pa kapav abizé", disent les squatters. La solidarité des voisins est saluée par les squatters. "Nou al baigné kot voisin. Zanfan kapav prop pou al lékol", font ressortir les femmes. D'autres s'attristent que parmi eux certains ont perdu leur emploi récemment. "Ena pa finn kapav al travay dan sa kalité sityasyon-la. Patron pa compran. Zot finn perdi plas travay. Kouma pou fer aster ?" se demandent-ils.

Pour ces squatters, quoique conscients qu'ils ont illégalement construit leur case sur le terrain de l'État, le ministre du Logement est "inhumain". "Nou pa ti kontan squatter nou. C'est parski nou péna ki nou finn mont lakaz lor sa terin abandoné-la. Si nou ti éna nou pa ti pou fer sa. Zordi lisyen éna lakaz. Nou, pé traite nou pir ki lisyen", disent-ils.

Selon eux, il y a 42 familles qui vivent sous cette tente délabrée. D'autres squatters ont trouvé refuge chez des proches. Ceux qui sont restés disent qu'ils ne bougeront pas tant que les autorités n'auront pas décidé de leur tendre la main. "Zot pé dir pou célébré zourné la povrété. Kot dimoun pov ? Nou nou pa pov ? Minis-la pa trouvé ? Li pa désann lor térin pou guété. Nou péna, sa mem nou là", expliquent-ils, s'insurgeant contre le fait que le gouvernement accorde son aide aux étrangers, mais "pas a bann pov maléré".

Les squatters indiquent qu'ils ne comprennent pas la définition de pauvres du gouvernement. Selon eux, si le ministre se dit "humain vis-à-vis de ceux qui payent mensuellement en vue d'obtenir une maison", "bé nou dan ki catégorie pov nou été ?" "Na péna kass pou payé tou lé mois. Pou manzé péna kas. Kot pou kapav pay gouvernma ?".

Aucun soutien des députés

19h. Deux hommes tentent tant bien que mal de tirer sur la tente pour que le vent n'entre pas trop. "Pa facil sa lavi la. Pa facil pou pass enn lanwit anba latante. Bizin mizer mem pou nou trouv nou dan sa kalité sityasyon-la !" "Ena zanfan pou kompoz CPE. Kouma pou aprann anba enn latante 50 dimounn ? Apré nou pensé lédikasyon pou aide nou sorti dan la mizer. Dan dé zour lexamen. Kouma sa bann zenfan-la pou kapav rési mem ?", se demandent les squatters.

Si aucun député de la circonscription ne leur a démontré un signe de compassion, dimanche dernier ils ont reçu la visite du Père Grégoire, qui leur a assuré son soutien. "Personn lotorité pa vinn guett nou. Ti dir pou fer lanket social lor nou. Dépi ler, personn pa finn vini", indiquent les squatters. "Zis kan élection, kan metting 1er-Mai ki zot vinn rod nou", soulignent-ils.

Durant de la semaine, d'autres associations bénévoles sont venues leur apporter leur soutien moral et quelques victuailles. Les membres de l'association Force de la victoire, dont le président est Esad Kisnareddy, multiplient les démarches pour que les squatters de Karo Kalyptis puissent rencontrer le ministre du Logement. Esad Kisnareddy indique qu'il a attendu la fin du Ramadan pour solliciter une rencontre avec le ministre Dulull. Demain, il accompagnera quelques squatters au bureau du ministre, dans l'espoir que ce dernier daigne les recevoir…


Asraf Dulull : "Je ne suis pas inhumain"

Au ministère du Logement, les mots qui reviennent sans cesse : "Zéro tolérance !". Le ministre l'a fait comprendre la semaine dernière, il ne s'inclinera pas devant le sort des squatters de Belle Mare. Et d'ajouter : "Contrairement à ce qu'on dit, je ne suis pas inhumain. Je suis humain envers ceux qui cotisent mensuellement pour obtenir une maison et ceux qui ont déjà enclenché des démarches pour obtenir un lopin de terre".

Ainsi, le ministère du Logement fait ressortir que suivant la rencontre de Asraf Dulull avec huit familles le 27 septembre dernier, une enquête sociale a été instituée en vue de déterminer leur situation et parallèlement déterminer la marche à suivre. La cellule de presse du ministre affirme qu'après la démolition des maisons des squatters une enquête a démarré et que les social facilitators se rendront sur place pour un constat et qu'à la lumière du rapport une décision sera prise.

Toutefois, au ministère de la Sécurité sociale, personne n'a pu nous indiquer si l'enquête sociale a bel et bien démarré et ce qu'il en ressort. Idem au niveau du Trust Fund for the Social Integration of the Vulnerable Groups. Contacté, le président, Mario Legrand, indique : "À ma connaissance nous n'avons reçu aucune demande à ce jour. Nous n'avons pas le droit d'intervenir sans l'appui des ministères. Si nous recevons une demande des autorités, nous ferons le nécessaire pour déterminer les personnes éligibles à recevoir l'aide de l'État".

Au ministère du Logement, on indique que le ministère "est décidé à faire évacuer les squatters installés dans tous les endroits où le gouvernement envisage des projets de développements prioritaires, principalement sur le littoral". Selon nos informations, une école primaire devrait être construite sur le terrain de Karo Kalyptis, au sein de la circonscription n°8, dont l'un des élus est le ministre de l'Éducation, Dharam Gokhool. Or, les squatters soutiennent que "dépi 30 ans zot dir zot pou ranz lekol." "Mé ziska zordi naryé pa finn ranzé. Zis kan trouv nou lor sa terrain-la, létan nou fini nettoy li, ki zot gagn envi ranzé".


Approvisionnement en eau

CWA : programme de coupures à travers l'île

L'été sera chaud, mais dur. Et le robinet coulera moins aussi. C'est ce que prévoit la Central Water Authority (CWA) qui, à l'entame de la nouvelle saison, a déjà mis en application son plan d'action concernant la fourniture d'eau à travers l'île. Depuis près de deux semaines, la CWA assure une fourniture d'eau de 13 heures par jour, répartie en deux tranches : entre 3h et 9h et de 15h à 22h. L'hiver n'ayant pas été très généreux en matière de pluviosité, les indicateurs au niveau des réserves d'eau affichent un déficit inquiétant. De plus, la consommation globale du pays a augmenté de 10 % en une année, alors que la capacité de nos réserves est restée inchangée.

Les projets de développement qui se multiplient à travers l'île et l'augmentation du nombre d'abonnés à la CWA - ménages ou commercial - ont considérablement augmenté la demande en eau potable depuis le début de l'année, alors que le renouvellement de nos réserves en eau pendant l'hiver est loin de ce qui avait été prévu. Les données disponibles en fin de semaine indiquaient, en effet, que le niveau d'eau était en dessous de la moyenne. La Water Resources Unit (WRU) confirme que les reserves de surface et souterraines se sont considérablement amenuisées, le niveau d'eau dans les réservoirs se situant actuellement autour de 65 %. Une situation pour le moins inquiétante dans la mesure où le stock disponible à pareille période au cours des sept dernières années n'a jamais été à un si bas niveau.

La situation était presque la même l'année dernière, sauf que le stock d'eau disponible était supérieur par rapport aux données du jour. La situation s'était aggravée avec une sécheresse qui s'était prolongée jusqu'au mois de février, la saison des grosses pluies se faisant longuement attendre.

En attendant les prévisions et analyses de la station météorologique de Vacoas, qui devrait bientôt publier son "Seasonal Outlook", sans compter les possibles effets de La Nina, la CWA a déjà pris les devants en mettant à exécution un plan de gestion stratégique dès maintenant.

"D'après les données du jour, nous ne pouvons prendre aucun risque. Le stock d'eau est encore plus bas comparativement à l'année dernière. Et la situation risque de s'aggraver vu que c'est maintenant que débute la période sèche. Nous prévoyons un été dur avec le déficit que nous accusons au début même de la période sèche. Nous avons donc décidé de mettre en application un programme de coupure pour assurer une gestion efficace du stock disponible ", déclare Harry Boolauck, directeur général de la CWA.

Depuis un peu plus d'une semaine, la fourniture d'eau fait l'objet de coupures le matin et le soir. Les experts à la CWA font comprendre que le réseau sera alimenté pendant 13 heures quotidiennement sur toute l'île. Les tranches horaires sont 3h - 9h et 15h - 22h. Ce même programme pourrait être modifié en fonction de l'évolution de la situation. Et il n'est pas à écarter que d'ici le mois de décembre la fourniture d'eau soit ramenée à huit heures par jour si la situation se détériore.

D'ores et déjà, on peut dire que plusieurs parties de l'île sont sérieusement affectées par un manque d'eau ces derniers jours. Les habitants d'Ecroignard ont manifesté, vendredi soir, contre l'absence de fourniture d'eau pendant plus de 24 heures. Ceux de Vallée des Prêtres éprouvent également des difficultés à s'approvisionner en eau potable. "Le problème c'est que ces régions se situent en hauteur. Le problème c'est qu'à peine qu'on ouvre le réservoir pour alimenter ces régions le réservoir est déjà à sec", explique un technicien de la CWA, qui ne manque pas de critiquer la direction du même organisme : "Ce n'est pas la faute aux habitants ou aux techniciens. C'est à la direction de la CWA de prendre ses responsabilités, car son administration est un échec. Et la situation risque de s'aggraver si le gouvernement ne s'intéresse pas à ce qui se passe à la CWA. (voir plus loin)"

Le directeur général de la CWA insiste, toutefois, sur le fait que tous les efforts seront entrepris pour subvenir aux besoins des familles affectées et que d'autres mesures ont déjà été prises à part le nouveau programme de fourniture. Depuis le début de cette semaine, la distribution globale a été réduite à 10 %. Le volume d'eau puisé du réservoir de Mare-aux-Vacoas, par exemple, a été réduit à 102 000 mètres cubes contre 115 000 m3 habituellement. "Parallèlement, nous avons augmenté la capacité de traitement à la Nicolière par près de 35 %. Aujourd'hui, elle peut fournir jusqu'à 100 000 mètres cubes d'eau par jour. À la CWA nous allons tout faire pour gérer cette situation difficile et faire en sorte que personne ne soit pénalisé", insiste-t-il.


Selon le syndicat UECWA: "La situation sera catastrophique d'ici décembre"

"Nous pensons que la situation risque de devenir catastrophique d'ici décembre. Cela fait des années que nous n'avons pas fait face à un tel manque d'eau en octobre. Si nos réserves ne se renouvellent pas, nous pensons qu'il sera difficile pour nous de faire notre travail et de répondre aux attentes des abonnés, car l'actuelle direction de la CWA n'est pas à la hauteur. Son directeur général n'est pas the right man in the right place." C'est ce qu'a déclaré un porte-parole du syndicat de la CWA, l'Union of Employees of CWA (UECWA), qui soutient qu'une représentation officielle sera faite dans ce sens au Premier ministre, Navin Ramgoolam, dès le début de cette semaine.

Selon les principaux dirigeants de ce mouvement syndical, la nouvelle direction de la CWA n'aurait pas les compétences requises pour gérer les affaires du même organisme, critiquant la façon d'administrer de l'actuel directeur général, Harry Boolauck, et un ingénieur qui vient d'être recruté. "Nous n'avons rien contre Harry Boolauck. Il est un professionnel dans son domaine respectif, mais pas pour gérer la CWA. He is not the right man in the right place. Il nous faut un ingénieur de calibre pour prendre en main la CWA. La frustration s'est installée parmi les travailleurs. Ils ont coupé les heures supplémentaires et en même temps ils ont employé un ingénieur pour un salaire de Rs 350 000. Des responsables de division ont menacé de partir pour cause de frustration. Sakenn pé tire so koté. Si le Premier ministre pa intervenir, sityasyon pou vine grave à la CWA. Avec mank delo ki nou pé fer face, pa pou kapav cope avek piblik dan sa sityasyon la ek, ki kapav debous lor ene kriz sosyal", déclarent-ils.

Les techniciens concernés maintiennent que la suppression des heures supplémentaires risque d'avoir des conséquences graves sur la fourniture d'eau à travers le pays. "Par exemple, il existe un projet de " valve operation " mis en place pour contrôler la fourniture d'eau à des heures spécifiques. C'est un poste clé. Mais le problème, c'est que cela doit se faire en fin d'après-midi et parfois le soir. Nous avons tenté de faire comprendre cela à la direction, mais ils n'ont rien compris, préférant annuler les heures supplémentaires", ajoutent-ils.


Interruption dans la fourniture d'eau

Premier signe de mécontentement à Écroignard

Après deux manifestations dans la rue, jeudi et vendredi dernier, le calme est revenu à Écroignard, dans l'est du pays. Quoique toujours révoltés de ne pas être alimentés en eau toute la journée, les habitants ont calmé leur colère après que durant la journée de samedi, les camions citernes ont sillonné la localité pour apporter de l'eau aux villageois. "Nou pe gagn inpe delo depi la zourné ar camion. Sa depann nou. Aster asoir ki dilo pou coulé. Nef ver", expliquent les habitants. Vendredi soir, excédée d'être des laissés pour compte et de n'avoir accès à l'eau que trois heures par jour, une centaine de personnes est descendue dans la rue pour manifester leur grief, criant "Donn nou nou dilo. Donn nou lavi". Ils avaient obstrué la route d'objets hétéroclites, dont des troncs d'arbres et des briques, ainsi que des seaux d'eau…. sur une distance de 200 mètres, empêchant les véhicules de circuler. Dès les premières manifestations d'hostilité, et avec la présence d'hommes, de femmes et d'enfants, au milieu de la route, la police avait été mandée sur les lieux. Toutefois vers 21h, le calme devait revenir, le robinet commençant à couler, même à petites gouttes…

Leur manifestation a quelque part porté ses fruits, car dès le lendemain, le Chairman de la Central Water Authority (CWA), Harry Boolauck, leur a assuré que "d'ici la fin du mois d'octobre, le problème sera résolu. Les habitants d'Écroignard auront de l'eau 24h sur 24". Harry Bauluck indique que la région d'Écroignard est affectée par le manque d'eau depuis longtemps, mais que des démarches ont été faites, depuis deux ans, pour que cette région ainsi que les régions avoisinantes puissent avoir une fourniture d'eau adéquate. "Mais l'endroit est critique. Il y a des pavés… Ce n'est pas évident pour le contracteur d'effecteur les travaux", explique Harry Bauluck. D'où le retard, de 18 mois, selon lui, du contracteur. Il s'est également engagé auprès de la ministre des Droits de la femme, du développement de l'enfant et de la protection de la famille, Indranee Seebun. Cette dernière, après les allégations des habitants d'Écroignard, selon lesquelles, cette députée de la région leur aurait réclamé un vote lors des dernières élections, contre la fourniture d'eau dans leur localité a rapidement réagi. Contre ces propos qu'elle estime "calomnieux et irréfléchis", la ministre s'interroge "eski bann seki dir sa zot conscience trankil". Toutefois, assure-t-elle, son principal souci "ce n'est pas ma réputation, mais que le problème d'eau soit réglé à Écroignard". Dans cette optique, dit-elle, elle veillera à ce que le chairman de la CWA honore son engagement.


En mémoire de Manilal Doctor

Le PM: "J'ai du respect pour ceux qui prennent des risques"

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a rendu dans la journée d'hier un hommage appuyé à la mémoire de Manilal Maganlal Doctor. C'était lors d'une célébration teintée de simplicité au jardin de la Compagnie pour marquer le centenaire de l'arrivée à Maurice de cet homme de loi à la demande du Mahatma Gandhi en vue de lutter contre les injustices commises à cette époque. Il devait faire état de son respect pour ceux qui prennent des risques dans la vie. Il a regretté l'absence de commitment de la part de Maurice pour les causes justes en faisant état de la maigre assistance qui s'était déplacée devant la municipalité de Port-Louis, jeudi dernier, pour manifester la désapprobation à la répression sanglante de la junte militaire contre des moines bouddhistes et des membres de la population civile en Birmanie. De son côté, Krishna Bappoo, une des chevilles ouvrières encore vivante du projet de la statue de Manilal Doctor au jardin de la Compagnie a apporté un vibrant témoignage des difficultés rencontrées à l'époque pour faire aboutir ce projet.

"Zot bizin engaz zot. Nou éna ène choix. La vie sé ène voyaz, soit ou ene passagé soit ou prend ou desyination en main. Mo éna respé pou bann dimunn ki prend risques. Ou bizin dibouté. Mo éna respé pu dimun ki engaz zot san ki zot attan nanyé en retur. Mé mo trouvé qui nou pas assez Inolved", a soutenu le Premier ministre quand il commentait la lutte entreprise par Manilall Doctor en faveur des plus démunis de la société au début de siècle dernier.

Pour mieux étayer ses dires en ce qui concerne le manque d'engagement de la population, Navin Ramgoolam est revenu à deux reprises sur les quelques rares personnes, soit une vingtaine au total, devant la municipalité de Port-Louis pour manifester contre la répression militaire en Birmanie, jeudi dernier. "Je ne crois pas qu'il y a un autre pays que Maurice où le Premier ministre a manifesté à côté du leader de l'opposition et du lord-maire de la capitale contre la répression et le déni de démocratie en Birmanie. Nou ine attrape la buzi tu. Pas la buzi ruz ! (Rires au sein de l'assistance.) Mwa mo dir ti éna zis vingt dimunn. Nu bizin sanz sa mentalité-là. Si mo pé dibuté-là ek mo pe koz ar ou zordi, Manilal Doctor éna so par ladan. Il y a un dicton qui dit avec justesse que If I'm standing here today, I'm standing on the shoulders of giants", s'est-il appesanti.

Défendre la cause des plus vulnérables

Navin Ramgoolam a retracé les circonstances dans lesquelles l'avocat Manilal Doctor avait été envoyé à Maurice pour défendre la cause des plus vulnérables à l'époque coloniale en lançant une flèche du Parthe aux historiens. "Il y a très peu de vrais historiens à Maurice. Nu bizin koné ki nanyen pa arrive par limem dan la vi. Quand Gandhi était venu à Maurice en 1901, il n'était pas encore auréolé de sa réputation subséquente. Il était un homme de loi. Quand il marchait dans les rues de Port-Louis, il avait été remarqué par un des membres de la communauté musulmane. Ce fut à la suite de cette rencontre fortuite, que Gandhi fut invité à faire des causeries au Taher Bagh au Champs-de-Mars. Il revenait d'Afrique du Sud où il avait été témoin de l'exploitation raciste des Noirs dans ce pays. Dois-je rappeler qu'il fut lui-même expulsé d'un train en Afrique du Sud pour des raisons racistes. Sur invitation du président Mandela, j'avais dévoilé une plaque commémorative du passage de Gandhiji dans cette gare sud-africaine", a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre a fait état de la convergence de la lutte menée par le Dr Edgar Laurent au sein de l'Action Libérale et de Manilal Doctor pour obtenir l'institution de cette Royal Commission. "Edgar Laurent menait un combat pour la justice. À cette époque, la politique ne divisait pas la population comme c'est le cas aujourd'hui sur la base de castes, de communautés ou de races. Azordi, nou pa pé konpran dan Maurice. Ena 100 ans de cela, Manilal Doctor ine vini. Li ine fer la diférans et ou bizin désidé si dan sa train ki appel lavi ou oulé ène simple passager ou oulé fer ène zeffort", devait-il conclure en rappelant la devise de Manilal Doctor, soit Liberty of the Individuals, Fraternity of Men and Equality of Races.

Auparavant, Krishna Bappoo devait apporter un témoignage vivant de l'initiative en vue de faire ériger la statue de Manilal Doctor dans les années 50. Il est le dernier survivant du petit groupe de promoteurs, qui comprenait Mootoocomaren Sungeelee, un inspecteur des écoles, Pyneesamy Mootoo et le Pandit Dhoorundhur. "Quand Gandhi était venu à Maurice, Mootoocomaren Sungeelee l'avait rencontré. Il avait logé chez Pyneesamy Mootoo. Suite à leur demande pour un homme de loi susceptible de défendre la cause des petits, Gandhi avait promis de dépêcher à Maurice Manilal Doctor. Ils devaient prendre la décision de perpétuer la mémoire de cet homme dont la contribution au respect des droits de tout un chacun à l'époque coloniale et à leur émancipation était des plus marquantes". se souvient-il.

Une révélation

Krishna Bappoo devait avouer qu'il ne savait rien de la lutte qu'avait menée Manilal Doctor. "Je n'étais pas un partisan convaincu jusqu'au moment où j'avais eu presque une révélation. On faisait le tour de Maurice pour collecter des fonds en vue de financer la construction de la statue Manilal Doctor. En face de moi, il y avait une femme qui transportait de l'herbe sur sa tête. Quand elle avait déposé sa botte d'herbe, je devais constater une très vilaine et longue cicatrice sur son avant-bras. À ma question au sujet de l'origine de cette blessure, elle devait me répondre: Gran Missié-là ine bat moi. Mo ine gagn ène coup fouet. Ce fut le déclic", souligne celui qui se présente comme le dernier des Mohicans.

Durant son témoignage sur cette île Maurice des années 50, il devait énumérer les difficultés rencontrées face au pouvoir colonial aussi bien que les quolibets et invectives lancés à l'encontre des sympathisants de la cause de Manilal Doctor.

Lors de la cérémonie de commémoration d'hier, le Lord maire de la capitale, Reza Issack, et Vinay Ramkissoon, fondateur de la Manilal Maganlal Doctor Foundation et d'autres historiens seront adressés à l'assistance sur la vie et le combat politique de Manilal Doctor.


Eid ul Fitr - Ramgoolam: "Fodé pa gourman dans lavi !"

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, était le chief guest des célébrations pour la fête Eid-ul-Fitr organisées par le Quaidiry Sunnee Circle au Sir Abdool Razack Mohamed Hall à Phœnix dans la matinée d'hier. Cet événement constitue une première vu que jusqu'ici, le Premier ministre participait à la cérémonie prévue à Port-Louis pour marquer la fin du Ramadan. Le leader de l'opposition, Paul Bérenger, l'ancien vice-président de la république, Raouf Bundhun, et des membres du gouvernement, dont les ministres Abu Kasenally, Asraf Dulull et Mahen Gowresso, étaient également présents à cette occasion.

Dans son intervention, Navin Ramgoolam a mis en exergue les vertus du Ramadan, notamment le sens du sacrifice et du partage. "Ramadan, c'est ène période de sakrifis et de carême qui rappelle ou sufrans lezot dimun ki pa gagn assez pu manzé. Enan égalma zakaat. Fodé pas pansé ki nu bizin nek akimil tu rises. Nu bizin kone partazé. Fodé pa gourman dan lavi", a-t-il fait ressortir.

Le Premier ministre a plaidé en faveur d'une ouverture d'esprit et de la nécessité de lutter contre l'injustice, l'intolérance et l'autoritarisme tout en prônant un message de tolérance, de paix et de non-violence.

Le chef du gouvernement, qui s'est félicité de la coexistence des plus grandes religions à Maurice, a fait état de la souffrance et de l'injustice qui prévalent en Palestine, en Irak ou en Birmanie.

Auparavant, le leader de l'opposition, Paul Bérenger, a déclaré que "l'Islam est une source de richesse à être partagée et qu'il ne peut être question de haire, de violence, de racisme ou encore de communalisme". Il a soutenu que "par le biais du jeûne, nous sommes appelés à nous maîtriser. Nous rejoignons ce que Gandhi avait dit au sujet de l'importance du jeûne comme un outil pour développer le courage et la volonté de l'individu".

Paul Bérenger a demandé à l'assistance d'avoir une pensée spéciale pour les peuples qui souffrent à l'étranger comme en Birmanie, en Palestine, en Irak, en Afghnaistan, au Pakistan, au Bangladesh, au Soudan, en Somalie, aux Comores et aux Maldives. "Ces pays traversent des moments difficiles er parfois de souffrance extrême sans oublier le peuple sahraoui", a-t-il ajouté.

Le ministre Abu Kasenally et le maulana Khedoo se sont également adressés à la congrégation. Les responsables de cette société ont rendu hommage à Paul Bérenger pour avoir permis le lancement de ce projet de Sir Abdool Razack Mohamed Centre alors qu'il était au gouvernement et le présent Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour avoir soutenu leurs efforts.


Nouveau n° 1 de la MCIT

Le SP Kamatchi : "Pour que la population ait de nouveau confiance en sa police"

Le nouvel homme fort de la Major Crimes Investigation Team (MCIT), le surintendant (SP) Bala Kamatchi, est bien déterminé à faire tout ce qui est en son pouvoir pour que la population ait de nouveau confiance en la force policière. C'est ce qu'il a déclaré à Week-End jeudi. Même si le SP Kamatchi ne dispose que de deux mois avant de prendre sa retraite, il lance un avertissement sans frais aux criminels de tout acabit : "Vous n'aurez aucun répit !".

C'est avec une sérénité et un calme certain que le SP Kamatchi a accueilli sa nomination à la tête de la MCIT, suite au décès subit et inattendu de son prédécesseur, le surintendant Prem Raddhoa. "Beaucoup parlent de succession lourde à porter, mais dans mon cas, je suis serein. Je compte 41 ans d'expérience au sein de la force policière et je suis là pour servir, quel que soit le poste qui m'est confié", souligne le n° 1 de la MCIT.

Contrairement à ce que certains pensaient, le surintendant Kamatchi n'a pas procédé à des mutations au sein de la MCIT ; il a gardé la même équipe qui travaillait sous les directives du défunt surintendant Prem Raddhoa. "Je suis certain qu'avec le chef-inspecteur Ranjit Jokhoo et les autres membres de la MCIT, nous allons faire du bon travail. Vous, les criminels, n'aurez aucun répit !", a-t-il souligné.

Le SP Kamatchi estime que son plus grand challenge sera de redonner confiance à la population en sa police. "C'est cela le plus important à mes yeux. Nous allons travailler dur afin que la population puisse retrouver sa confiance en la police. Mon prédécesseur, le surintendant Raddhoa, avait ses méthodes et moi les miennes ; et elles n'ont d'autre objectif que de mettre hors d'état de nuire un maximum de criminels", ajoute-t-il.

Tout en se disant "conscient" du fait que la MCIT est, jusqu'à présent, perçue, pour beaucoup, comme une unité aux méthodes peu orthodoxes, fonctionnant comme une sorte d'État dans un État, le SP Kamatchi rappelle que cette unité est placée sous les directives du commissaire de Police, Mahen Gopalsingh et du Deputy Commissioner of Police (DCP) Crime, Tangavel Seerunghen. Il insiste également sur le fait que ses méthodes à lui sont conformes aux Judges'Rule, indiquant qu'il est né un 10 décembre, date commémorant la Déclaration universelle des Droits de l'homme. "À cet effet, je donne l'assurance que je continuerai à veiller personnellement à ce que les droits constitutionnels de tout accusé soient respectés à la lettre", a-t-il souligné. Parallèlement, notre interlocuteur a fait également comprendre qu'il ne laissera personne dénigrer la MCIT, dont la tâche ne relève pas d'une partie de plaisir. "Nous avons pour mission d'élucider tous types de cas qui relèvent des major crimes, pas seulement des cas d'homicide", a-t-il expliqué.

High Profile Cases

Interrogé au sujet des Undetected Cases qui sont encore sujets à enquête par la MCIT, à savoir le viol et le meurtre de Nadine Dantier, la disparition du petit Akmez Aumeer, et un certain nombre de High Profile Cases, le SP Kamatchi souligne que, pour lui, il n'existe pas de Undetected Cases. "Il s'agit plutôt de cas qui n'ont pas encore été résolus, et rien ne sera laissé au hasard", a-t-il affirmé. Le SP Kamatchi, tout en se disant également conscient du fait qu'il ne lui reste pas beaucoup de temps avant de prendre sa retraite, déclare qu'il continuera, néanmoins, à donner le meilleur de lui-même à sa nouvelle affectation.

En 41 ans de carrière, le SP Kamatchi a travaillé dans pratiquement toutes les régions de l'île, notamment au niveau de la Criminal Investigation Division (CID) central, de la Northern Division CID, de l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU). Il s'est également occupé de nombre de dossiers importants. L'on se souvient, notamment, du meurtre de Vanessa Lagesse, de l'agression mortelle du ressortissant indien Mujeeb Mir et de l'importation frauduleuse de chaussures en provenance du sud-est asiatique.

Par ailleurs, outre la nomination du SP Kamatchi à la tête de la MCIT, le Commissaire de police a procédé à une redistribution des cartes en ce qu'il s'agit de l'Anti-Piracy Unit (APU), de la Brigade des Jeux (BJ) et de la CID de Curepipe. Ces unités, qui fonctionnaient toutes sous la férule du SP Raddhoa, ont été détachées de la MCIT. L'APU et la BJ ont maintenant pour nouvel homme fort le surintendant Suchidanand Lollbeehary, tandis que le nouveau responsable de la CID de Curepipe est le chef inspecteur Taleb Sullyman, qui quitte son poste de responsable de la Crime Prevention Unit (CPU) pour ses nouvelles fonctions.


Portrait

Le nouveau DCP Chinapen: "Ma persévérance a été récompensée"

Noël Chinapen, responsable de la Trafic Branch de la police vient d'être promu au rang de Deputy commissionner of Police (DCP). Il rejoint ainsi sept autres de ses collègues, à savoir les DCP D. Ramparsad, Tangavel Seerunghen, Jean Bruneau, Mario Nobin, R. Servansingh, R. Sooroojbally et le commandant de la Special Mobile Force (SMF), Dooshiant Reesaul. Dès son entrée au sein de la force policière, 40 ans de cela, il aura brillé, en étant désigné best all round recruit.

"J'aurais dû normalement être déjà parti en congé préretraite. Mais le commissaire de Police, Mahen Gopalsingh, m'a demandé de rester encore un peu. Quelques jours après, j'ai été promu DCP. Ma persévérance a été récompensée", lance, de prime abord, le nouveau DCP. Ce dernier se souviendra toujours de son entrée au sein de la force policière il y a quarante ans de cela. "Ce métier me donne l'occasion de me servir de mon intelligence et de mes capacités sportives. Un esprit sain dans un corps sain: telle était ma devise. Je suis sorti premier à l'examen des recrues et ai été désigné best all round recruit", dit-il.

Cette consécration aura été une source de motivation à se surpasser. Que ce soit à Beau-Bassin, à la Special supporting Unit (SSU) ou à Port-Louis, les régions où il fit ses premiers pas dans la police, Noël Chinapen aura, selon lui, donné le meilleur de lui-même. Tant et si bien qu'il devint également Physical Training instructor à la

Police Training School. En 1977, lorsqu'il prend part aux examens de sergent, Noël Chinapen s'y classe premier. Son ascension au sein de la police sera constante, à cause de ses performances. En 1980, il réussit brillamment aux examens pour le rang d'inspecteur et devient assistant cadet à la Special Mobile Force (SMF) à l'âge de 32 ans. Dans la foulée, il se voit également nommé commandant de peloton, toujours au sein de cette unité. Entre 1985 et 1986, il suit des cours à la fameuse école des officiers de Melun, qui est le principal réservoir des officiers de la gendarmerie française et y réussit son stage d'officier. Parmi ses compagnons de classe, se trouve l'actuel président des Comores.

Lorsqu'il revient à Maurice, il est promu commandant d'escadron à la SMF et se voit confier la charge de trois peletons. Il effectue, en 1988, un stage débouchant sur un diplôme d'état-major en France, et se voit confier, un an plus tard, deux escadrons à l'aéroport, en compagnie d'un autre actuel DCP, Tangavel Seerunghen. En 1992, Noël Chinapen est promu assistant surintendant de Police (ASP) et se retrouve comme Training/Operations Officer à la SMF.

Puis, il demande et obtient sa mutation à la police régulière. Il est alors le seul ASP à se retrouver comme responsable d'une division (Lower Savanne). Après les émeutes de Camp Chapelon en 1994, il est appelé à réformer le système de maintien de l'ordre. Trois ans plus tard, il est nommé responsable de la Rapid Intervention Brigade (RIB), qui deviendra, par la suite, l'Emergency Response Service (ERS). En janvier 1999, il est promu surintendant de police et est de nouveau placé à la tête de la Southern Division. En août 2000, il prend les rênes de la Central Division. Trois mois après cette mutation, il est de nouveau promu, cette fois au rang d'Assistant Commissionner of Police (ACP), suite au départ de l'ACP Anadachee et se retrouve à la tête de la Trafic Branch. Il y restera jusqu'en septembre 2002, avant être confié la division de Port-Louis Nord. Il y travaillera pendant cinq ans, avant de revenir à la Trafic Branch et sa promotion au rang de DCP.

Jetant un regard sur son parcours, le DCP Chinapen souligne que "Ma persévérance a été récompensée. Le plus important, c'est de donner le meilleur de soi-même, quelle que soit la mission que l'on se voit confier", a-t-il souligné, en guise de conclusion.


Solidarité des peuples

Veillée aux bougies pour une Birmanie libre

L'île Maurice aura beau être un petit pays sur la scène internationale et aura beau essayé d'être "l'ennemi de personne et l'ami de tout le monde" (philosophie chère à Sir Seewoosagur), mais une dictature qui massacre un peuple ne la laisse pas de marbre.

Foin donc de diplomatie ! C'est dans l'unité parfaite de son gouvernement, de ses partis politiques d'opposition parlementaire et extra-parlementaire, de la Macoss (organisation parlant au nom de toutes ses organisations gouvernementales) que notre pays a tenu à manifester, mercredi soir, contre la junte militaire qui dirige la Birmanie dans la répression et dans le sang.

Ils étaient environ une centaine de manifestants, dont de nombreux jeunes militants fiers d'être "Droit-de-l'hommistes", jeudi soir, sur l'Esplanade des Droits de l'homme de la municipalité de Port- Louis, aux côtés du Premier ministre Navin Ramgoolam, le leader de l'opposition, M. Paul Bérenger, du Lord maire Reza Essack et du représentant du MSM, M. Nando Bodha, de Rajnee Lallah (Parti Lalit), de Manda Boolell (président de la Macoss) et des artistes dont Menwar, Henry et Favory, à avoir répondu à l'appel de la branche locale d'Amnesty International pour une veillée aux bougies contre la répression du peuple birman par ses dictateurs.

La dictature, qui a fait des milliers de morts chez ses opposants en Birmanie depuis plus de cinquante ans maintenant, a sévi encore ces dernières semaines. Cette fois on parle de plus de 300 morts chez des jeunes, des travailleurs et des bonzes et des centaines d'arrestations de gens qui manifestaient pacifiquement dans les rues de Rangoon pour protester contre la cherté de la vie et pour réclamer la libération du leader de l'opposition birmane, le Prix Nobel de la paix, Aung San Suu kyi.

Au cours de son intervention, le Premier ministre a expliqué que sa présence à cette veillée "était pour condamner sans réserves, avec tout le monde, la répression du peuple birman par sa junte militaire". Le Premier ministre a lancé un appel à certains pays importants pour qu'ils utilisent leurs droits de veto aux Nations unies quand cette instance prend des sanctions pour faire plier la junte birmane afin qu'elle change d'attitude envers le peuple. Maurice avait déjà dénoncé la Birmanie en 1996 au point où, ne pouvant écouter les critiques mauriciennes, les diplomates birmans avaient fait un walk-out lorsque Navin Ramgoolam avait pris la parole à la tribune des Nations unies. Et ensuite lorsque l'ancien chef juge, Rajsoomer Lallah, a fait un rapport défavorable à l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Birmanie, les autorités de ce pays l'ont interdit d'y mettre les pieds. Toujours selon le Premier ministre, l'île Maurice a choisi de ne plus acheter de riz de la Birmanie et a décidé également de ne pas permettre les dictateurs de ce pays de séjourner "ici même pas en transit". Il faut, a dit Navin Ramgoolam, "que la dirigeante de l'opposition birmane, Aung San Suu Kyi, vainqueur d'élections démocratiques en 1988, soit libérée et que son peuple puisse vivre libre dans la paix".

Le leader de l'opposition, M. Paul Bérenger a abondé dans le même sens tout en regrettant la déchéance dans laquelle les militaires birmans ont plongé leur pays. "L'Inde et la Birmanie furent des pays phares dans la région et furent les premiers à réclamer et à obtenir leur indépendance et leur liberté après la Seconde Guerre mondiale", a fait remarquer M. Paul Bérenger. Il a trouvé "encourageant que les pays du Sud, les membres de l'Association des nations du sud-est asiatique, y compris l'Indonésie, qui ne protestaient pas dans le passé contre la dictature birmane, ont également commencé maintenant à élever la voix et que le Comité des Droits de l'homme des Nations unies s'est entendu pour condamner la junte militaire". Toutefois, selon M. Bérenger, le monde a les yeux tournés vers l'Inde et la Chine (deux pays qui soutiennent encore les militaires) et qui peuvent jouer un rôle décisif pour faire triompher la démocratie à Rangoon.

M. Nando Bodha, pour le Mouvement socialiste mauricien et Rajnee Lallah (Parti Lalit) ont également plaidé pour la libération du peuple birman. En fait, toute l'île Maurice le réclame aussi. Pour M. Kavi Pyneeandee, président de la branche locale d'Amnesty International, "avec la présence du Premier ministre, des ministres, du leader de l'opposition, de nombreux parlementaires des deux gros blocs politiques et du MSM, de membres de tous les autres partis extra-parlementaires, de militants, d'artistes et de jeunes étudiants, la veillée a été une grande victoire pour les Droits de l'homme". Les militaires birmans savent que ceux qu'ils répriment ne sont désormais pas seuls, mais que le monde entier se fait l'écho de leur revendication pour une Birmanie libre.


Paiement de la pension de vieillesse

Les dates qui fâchent…

La mise en place d'un nouveau système pour payer les pensions de vieillesse provoque l'exaspération des pensionnaires. Outre les changements dans les dates, incluant des retards dans les paiements d'autres factures (car les paiements de la pension se font entre le 5 et le 20 octobre, en fonction de la lettre de l'alphabet par lequel le nom de famille commence), les pensionnaires doivent faire face à ce qui est considéré comme un manque d'organisation… Les longues files d'attente excèdent plus d'un d'autant que certains, après avoir attendu plusieurs heures, une fois leur tour arrivée, se retrouvent devant un guichet clos, l'heure de fermeture étant arrivée…

Ces deux derniers mois, les pensionnaires voient rouge. Ils doivent longuement attendre pour toucher la petite pension que l'État leur accorde. Cela, suivant le nouveau système mis en place au sein des bureaux de poste, aujourd'hui mandataire de ce paiement, soit pour quelque 100 000 pensionnaires. "Zordi au lieu mo fer commission le 5, bizin atann le 15 pou touss pension pou kapav paye laboutik", indique une pensionnaire. Pour cause, son alphabet c'est la lettre P. Et encore raconte-t-elle, c'est un calvaire d'avoir à attendre des heures avant de toucher sa pension. "Avan ti pli facil. Ou alé ek ou carnet chek tous les mois", dit-elle. Selon nos informations, c'est la pagaille généralisée au sein des bureaux de poste. Les changements de date posent problème à plus d'un. Mais face à cette situation, les autorités estiment qu'il y a toute une éducation à faire. "Le réel problème", soutient le chief executive de Mauritius Post Ltd (MPL), Giandev Moteea, "c'est que les pensionnaires ne sont pas encore habitués avec le calendrier établi pour le paiement". Selon lui, les longues attentes sont dues non seulement aux habitudes des personnes âgées qui viennent très tôt récupérer leur dû, mais également à une plus longue procédure manuelle par rapport à la paperasserie. "Auparavant, les pensionnaires disposaient de deux heures, maintenant ils disposent de toute la journée. C'est ce qui n'est pas encore entré dans les habitudes. Les vieilles personnes continuent à venir très tôt, et doivent alors faire la queue", indique le chief executive de la MPL. Il explique que contrairement à l'ancien système, qui préconisait des order books sur l'année, de septembre à août, en plus des pay clerks qui se rendaient à des jours spécifiques dans des village hall, ou centre sociaux pour que les bénéficiaires touchent leur pension, le présent système nécessite un contrôle rigoureux. "Cela prend plus de temps de vérification. Nous avons optimisé nos ressources, et la sécurité, mais nous avons des paramètres établis par le ministère de la Sécurité sociale, à respecter", indique Giandev Moteea. Selon lui, il est important de sensibiliser la population par rapport au nouveau système mis en place afin d'éviter les congestionnements. Pour parer aux problèmes de dates, notamment les jours fériés et les dimanches, les autorités ont aménagé un nouveau calendrier qui sera prochainement communiqué aux pensionnaires. En tenant compte des dimanches et des jours fériés. Par ailleurs, rappelle-t-il, le système sera prochainement amélioré, suivant sont informatisation. La MPL et le ministère de la Sécurité sociale travaillent actuellement sur cette option.


Selon une étude de la MEF

La congestion routière coûte Rs 2 md par an

"Traffic congestion causes loss in productivity, pollution and frustration. Cost of traffic congestion in Mauritius is estimated at 1.2 billion Rs (excluding vehicle operating costs) annually." C'était une des conclusions du rapport de Halcrow Fox portant sur une étude conduite en 2005 sur le mode alternatif de transport à Maurice. Cinq ans plus tard, le constat est encore plus grave en l'absence de mesures et de projets susceptibles d'éradiquer le phénomène de congestion routière à Port-Louis.

Dans un rapport rendu public cette semaine, la Mauritius Employers Federation (MEF) estime que les embouteillages coûtent au pays aujourd'hui Rs 2 milliards annuellement. L'étude de la MEF indique également que 88,2% des opérateurs sont insatisfaits de la manière dont les gouvernements successifs ont traité la question d'embouteille jusqu'ici.

L'étude de la MEF indique que le problème d'embouteillage a un impact négatif sur la compétitivité et la production des entreprises. Les facteurs engendrés sont, entre autres choses, retard au travail, l'absentéisme, baisse dans la qualité du service, retard dans la livraison ou encore coût élevé des opérations, sans compter le stress. L'étude révèle également que 97% des entreprises se disent pénalisées et 76,8 % sont confrontés à des surcoûts, particulièrement ceux engagés dans le secteur de la distribution. Les entreprises sondées se disent majoritairement en faveur de l'amélioration du transport public, de l'extension du réseau routier, de la décentralisation des activités et de la mise en place d'un mode de transport alternatif. Bref, elles sont 94% à penser que la situation ne fait que s'empirer.

Les opérateurs du privé estiment que des solutions concrètes doivent être trouvées pour régler le problème d'embouteillage. À part le mode alternatif de transport, métro léger ou Bus Way, ils sont d'avis qu'un système de péage aux entrées de la capitale, l'introduction d'un système de flexitime, d'un car pooling system, la construction de la Port-Louis Ring Road ou la Dream Bridge sont des mesures susceptibles d'enrayer le problème. Ils se disent également favorables au projet de Terre Rouge-Verdun-Ebene Road Link Road comme un moyen de décongestionner Port-Louis.


Pauvreté

Du pain rassis, des restes… pour survivre

Trouver à manger pour nourrir leurs enfants est le combat que livrent Mantee et Marie-Noëlle, au quotidien. Sans argent, le plus souvent, et vivant dans la précarité, les deux femmes se nourrissent peu, pour ne pas priver leurs enfants, scolarisés, de maigre repas. Le matin, les tasses restent vides. Pas de lait avant de partir pour l'école. De l'eau sucrée, du pain rassis, des restes… constituent les principaux aliments de ces familles. D'ailleurs, tout comme tant d'autres qui affrontent la pauvreté. À trois jours de la journée consacrée au refus de la misère, Mantee et Marie-Noëlle confient leurs souffrances de mères face à leurs enfants mal nourris. Mais, dignes, elles préfèrent rester dans l'ombre…

"La dernière fois que j'ai acheté du lait pour mes garçons remonte à… Attan enn kout mo maziné kan sa." Marie-Noëlle, 45 ans, commence alors à réfléchir à haute voix. "Lot fwa la mo ti gaynn in pé are Mary, apré… non avan sa mo ti rési gaynn ankor in pé ar légliz. Bé dernyé fwa mo ti rési asté dilé pou mo zenfan, fer dé mwa." Depuis, il n'y a plus de lait chez Marie-Noëlle, veuve élevant seule ses trois fils âgés de 16 à 10 ans. Tous sont scolarisés. Comme c'est souvent le cas, Brandon, en Std V dans une école de Port-Louis, rentre chez lui, à Chebel, presque en fin d'après-midi. Il ne va pas se ruer vers la cuisine pour chercher de quoi se mettre sous la dent. Il n'y a rien à manger et encore moins à boire. Brandon, le benjamin, devra attendre l'heure du dîner. Faute de moyen, Marie-Noëlle n'a pu faire une séparation entre sa cuisine et la chambre qu'elle partage avec ses enfants. L'odeur du charbon utilisé en cuisine et imprégnant les deux pièces, est étouffante.

"Pou zordi mo'nn kapav débriyé", confie Marie-Noëlle. Sur la table du coin qui sert de cuisine, une assiette légèrement recouverte laisse apparaître quelques minuscules tranches de poisson frit. "Enn madam lot koté in'nn don'nn mwa dé tilapia. Mo'nn gaynn ousi enn sasé délwil", explique la mère de famille. La veille, au dîner, comme ses trois garçons, elle s'est contentée d'un morceau de pain et de koutia. "Démin tanto mo pa pou gaynn tro problem. Mo éna dé dizef", dit-elle, soulagée. Ce jour-là, comme presque tous les jours d'ailleurs, Marie-Noëlle n'avait pas déjeuné. "Pa ti éna nanyé pou manzé. Kan éna, mo garde pou mo bann zenfan…", dit-elle avant de craquer. Les yeux larmoyants et cernés de cette femme de forte corpulence, mettent alors davantage en exergue ses souffrances de mère. Son bras droit, enflé par la maladie l'empêche de faire des efforts physiques. Malgré ce handicap, Marie-Noëlle, qui n'arrive plus à trouver du travail comme femme de ménage, commence à désespérer.

Derrière la maison, un foyer pour cuire, à côté des toilettes obstruées

Mantee est une amie de Marie-Noëlle. La misère, leur point en commun les a rapprochées. Mantee, 44 ans, habite à Beau-Bassin entre des murs en béton et en tôle qui lui servent de maison. Si la première pièce, un salon semble plutôt "normale", il est cependant difficile de qualifier les deux autres. Un petit coin aménagé en chambre pour les adultes et les enfants. Les lits sont séparés par une corde sur laquelle des vêtements sales sont suspendus. À côté, la cuisine respectivement. Il est difficile d'imaginer le quotidien de la famille de Mantee dans un désordre indescriptible ! Des vêtements entassés non loin de la lampe utilisée pour préparer les repas, représentent un danger permanent. Tout comme les vieilles poutres en bois, n'y tenant plus. Derrière la maison, Mantee a monté un petit foyer pour cuire ses repas quand il n'y a plus de pétrole pour alimenter la lampe. Et tout près du foyer, les toilettes obstruées laissent échapper une odeur fétide.

Mantee a deux filles, Deena 14 et Nathalie, 5 ans à sa charge. Lorsque nous la rencontrons, elle s'apprêtait à couper des haricots pour le dîner. C'est son amie Patricia qui dit-elle, lui a donné les légumes un peu plus tôt. Mantee confie que ce jour-là, elle avait l'esprit un peu plus tranquille. Car elle savait ce qu'elle allait donner à manger à ses filles. "Zordi ti éna fet dan kolez. Miss inn amen minn frir pou tou bann zenfan. Ti ekstra bon", raconte Deena en interrompant sa mère. L'adolescente qui ne tient pas en place, parle beaucoup. Deena semble perturbée. "Elle est épileptique", explique alors sa mère. Et cette dernière de demander à sa fille : "To pa ti kapave amenn in pé minn ? Mo'nn dir twa amené, nou ti kapave gaynné pou manzé zordi."

"Mo ekstra kontan diber pistas"

Trouver de la nourriture tous les jours pour ses enfants est quasiment un combat pour Mantee. Diabétique, elle a été récemment admise à l'hôpital. Mantee suit aussi un traitement psychiatrique. Son mari, le père de sa benjamine, est au chômage. "Quand il lui arrive de trouver du travail, l'argent sert à acheter à manger", dit Mantee. Il y a trois mois, la pension d'invalidité de Mantee a été interrompue. Avec l'argent, qu'elle percevait soit Rs 2 200, elle payait la maternelle de Nathalie et faisait bouillir la marmite. Depuis, elle ne paye plus la maternelle et plus que jamais, Mantee doit compter sur la compassion de son voisinage pour nourrir ses enfants. Ces derniers, n'ont pas bu de lait depuis une éternité ! Deena, anémique, ne mange pas à sa faim, comme les autres d'ailleurs. Avant le départ des enfants pour l'école, un peu d'eau sucrée fait office de petit-déjeuner. Lorsque Mantee leur trouve du pain pour leur déjeuner de midi, elle fait de son mieux, dit-elle, pour le fourrer. "Mo met enn dizef avek in pé pomdéter rapé." Mais, il y a aussi des matins où la turbulente Natahlie et Deena, quittent la maison sans pain. "Mo bann kamarad donn mwa dipin", dit l'adolescente avant de confier : "mo ekstra kontan diber pistas" … La jeune fille qui est en prévocationnel ne sait ni lire ni écrire. "Mo ékrir zis a, b, c, d…", dit-elle. Les filles ne bénéficiant pas du school feeding programme, ne ramène pas de pain de l'école. Mantee doit alors se rabattre sur des pains rassis que lui donnent certaines personnes. Et quand il n'y a rien à manger et qu'aucune aide ne s'est manifestée, c'est auprès des commerçants de poulet frais, que la mère de famille récupère des morceaux de peau mis de côté. Après la friture, la matière grasse est réutilisée. "Et dire qu'autrefois je travaillais. J'ai beaucoup travaillé dans ma vie. Mo ti'nn mem attas mo zenfan lor sez parski pa ti éna personn pou vey li pou mo kapav al travay…", dit Mantee. Sa fragilité relève des conséquences dramatiques de sa précédente vie conjugale.

"Manzé mo pa manzé, dilé mo pa bwar. Ki aprann ou lé mo appran…"

Marie-Noëlle fait partie des bénéficiaires du concept low cost housing. En décembre dernier, c'est à Chebel qu'elle s'installe dans une deux pièces avec ses trois fils. "Mon mari s'est suicidé, il y a dix ans. Li ti somer. So latet ti pé tro fatigé." Puisant dans son compte de Plan, Epargne et Logement, Marie-Noëlle s'acquitte des frais de la maison et paye une mensualité de Rs 1 585 jusqu'à mai dernier. L'argent faisant défaut, elle ne peut plus payer ses factures d'électricité et d'eau. Se tournant vers Brandon, elle lui demande, "létan to'nn rantré la, to'nn trouv enn misié ek kravat déor ?" La réponse attendue est négative. Marie-Noëlle, rassurée explique qu'elle vit dans l'angoisse. "Mo koné mo dwa. nimport ki momen kapav vinn tir mwa dan lakaz ek koup lalimyer ek délo". Durant la journée, Marie-Noëlle s'enferme chez elle et dort pour, dit-elle, oublier ses dettes et sa faim. Lorsque les quelques roupies qu'elle parvient à réunir ou qui lui sont données, le lui permettent, Marie-Noëlle peut acheter du pain le matin pour le déjeuner des garçons à l'école. "Mo met sé ki mo gayné dan zot dipin. Pli souvent mo asté in pé gato piman", confie encore Marie-Noëlle. "Ils ne mangent pas à leur faim", confie la mère rencontrée. "Lot fwa la mo pé dir ar mo gran garson ki li bizin apran byen. Li dir moi : ou lé mo aprann, manzé mo pa manzé, dilé mo pa bwar. Ki aprann ou lé mo appran… Ça me rend triste. Je sais que mes garçons manquent de tout."


L'éducation : une priorité malgré tout

Malgré l'absence d'argent et les difficultés académiques de leurs enfants, Mantee et Marie-Noëlle ne manquent pas de les envoyer à l'école. "Mo kontan pou zot lir. Mem si mo péna nanié pou donn zot, mem si met zis délo dan zot boutey, mo avay zot lékol", dit Mantee. "J'ai arrêté l'école en sixième. Je veux donner la chance à mes fils de trouver un travail et de s'en sortir", dit de son côté, Marie-Noëlle. Aussi depuis que le sort les a rapprochées, il existe une solidarité entre les deux femmes qui les aide à s'en sortir dans les moments les plus difficiles. "Nous avons une amie, Patricia, qui est pauvre, aussi. Toutes les trois nous sommes soudées. Nous partageons ce que nous avons. Kan Patricia éna délwil an plis, li vinn kit kot mwa", explique Marie-Noëlle. Chaque vendredi matin, c'est chez Mary Jolicoeur, travailleuse sociale, qu'une dizaine de femmes en difficulté, dont celles rencontrées se réunissent pour partager leur problème et s'écouter. C'est au fil de ces rencontres qu'une idée a germé. Celle d'encourager l'autosuffisance par l'agriculture ou la vente d'achards.


Partenariat FNR/SAFIRE

Rs 5 M pour l'encadrement des enfants de rue

La hausse dans le nombre d'enfants de rue à Maurice inquiète. Outre les organisations non gouvernementales, certaines firmes privées s'intéressent à cette préoccupation. Dans cette optique, la Fondation Nouveau Regard (FNR) du groupe Ciel s'est engagée dans un partenariat la semaine dernière avec l'association SAFIRE (Service d'Accompagnement et de Formation, d'Intégration et de Réhabilitation de l'Enfant). L'objectif : offrir, pour les deux prochaines années, un service d'encadrement et d'accompagnement beaucoup plus structuré pour les enfants de rue en vue de leur réinsertion dans la société. La semaine dernière, les partenaires ont animé une conférence de presse pour exposer les grands axes de ce projet. Une somme de Rs 3,5 millions sera déboursée par la FNR afin de soutenir le travail de SAFIRE, dont le budget total nécessaire pour l'ensemble du projet s'élève à Rs 5 M pour les deux ans.

Six régions au niveau national ont été identifiées par SAFIRE, dont quatre, notamment le Sud, l'Est, le Centre et Port-Louis, seront prises en charge financièrement par la FNR. Les deux autres régions, l'Ouest et le Nord, seront sous la responsabilité de la Fondation Médine Horizon et de la Fondation Espoir et Développement (FED) respectivement - qui financeront le projet à hauteur de Rs 1,5 M. Ce soutien permettra à SAFIRE d'élargir son champ d'action établi sur quatre axes. Le premier axe concerne la poursuite des actions engagées sur le terrain par SAFIRE, et le deuxième se rapporte au démarrage d'un projet expérimental de développement de quartier. Par la suite, les promoteurs de ce projet visent la création d'un lieu de rupture pour les enfants et la sensibilisation de l'opinion publique. Si les résultats sont concluants, les promoteurs envisagent d'étendre leur soutien à plus long terme. Notons que cette collaboration entre les deux organismes vise, à plus grande échelle, à éviter que le problème d'enfants de rue ne prenne de l'amplitude à Maurice.


Manuels scolaires imposés (iii)

Le ministère de l'Éducation obligé de faire marche arrière

Dans un communiqué, le troisième dans cette affaire des manuels scolaires imposés, le ministère de l'Éducation a été obligé de faire marche arrière. Ce troisième communiqué annule le contenu du premier qui avait été justifié par le second, mais ne répond pas à la question de fond de cette vilaine affaire de falsification: qui a décidé d'imposer les manuels des époux David aux dépens de ceux des époux Couronne ?

C'est la multiplication et la virulence des protestations qui ont poussé le ministère de l'Éducation à annuler la liste des manuels scolaires qui avaient été divisés en deux: les livres recommandés et les références. Le ministère a été obligé de faire marche arrière et de se déjuger au lieu de faire preuve de flexibilité comme certains l'ont écrit. Après la protestation des auteurs et des enseignants, les membres du panel, derrière qui le ministère s'était réfugié dans un premier temps, se sont manifestés. Tout d'abord, pour faire savoir que leur choix n'avait pas été respecté et que la liste de leurs recommandations avait été falsifiée. Ensuite, pour protester contre cette falsification en démissionnant du panel. Ces révélations sur les manipulations des listes effectués au ministère de l'Éducation ont rendu ridicule la déclaration de James-Burty David en disait qu'il ne s'agissait pas d'un "problème politique mais d'un problème pédagogique." Cette déclaration était ridicule puisqu'il est établi que c'était justement en prenant en ligne de compte l'aspect pédagogique des manuels que le panel avait fait son choix initial falsifié au ministère de l'Éducation. Un choix d'ailleurs plébiscité par les enseignants et les managers des collèges privés qui avaient fait savoir qu'ils étaient prêts à financer l'achat des manuels déclassés qui sont "adaptés pour le programme scolaire et ayant le niveau pédagogique requis" au lieu de ceux imposés par le ministère. Le troisième communiqué en 15 points du ministère essaye de justifier l'injustifiable en disant n'importe quoi. Par exemple, que le rôle du panel est de faire des propositions et que le ministère a le droit d'exercer "its right to moderate the proposals of the panels." On peut se demander à quoi sert-il de constituer un panel, de lui demander de constituer une liste pour que le ministère vienne exercer ses droits "to moderate the proposals of the panel ? "L'obligation du ministère d'annuler sa décision et de suivre les propositions du panel prouve que son exercice de modération n'était finalement qu'une opération pour faire la promotion d'un manuel aux dépens d'autres. Le long communiqué du ministère ne répond pas à la question fondamentale que pose cette affaire: qui au ministère de l'Éducation a donné les ordres pour que la liste du panel soit falsifiée ?

Espérons que l'enquête que l'ICAC va ouvrir sur cette affaire établira les responsabilités des uns et des autres au sein de ce ministère qui n'hésite pas à écrire dans son communiqué que "the 2007 standardization exercise is in conformity with the the on-going reform programme for quality education for all."


Linley Couronne saisit l'ICAC

Coauteur des deux manuels déclassés à l'origine, puis reclassés cette semaine par le ministère de l'Éducation, Linley Couronne a décidé de porter l'affaire devant l'ICAC. Dans une courte déclaration, il nous explique les raisons de son action:

"Je vis dans le monde réel, pas celui d'Alice au pays des merveilles où des listes sont établies, modifiées, interdites pour être rétablies (sous la pression de la presse).

J'ai donc de fortes présomptions de trafic d'influence dans cette Affaire. Par conséquent, je compte saisir l'ICAC dès lundi puisque je ne suis convaincu ni du communiqué obscur du ministère de l'Éducation ni de l'explication abracadabrantesque du ministre Gookhool qui ne convainc que lui-même."


Chitrakoot GS

Les parents observent une trêve avant de manifester le 29 prochain

Même si l'on entrevoit des signes de flexibilité, du côté du ministère de l'Education, les parents d'élèves de la Chitrakoot GS, eux campent sur leur position. Ils ne veulent toujours pas entendre parler de fermeture - quelle soit temporaire ou pas -, de l'école. En fin de semaine, ils ont annoncé une manifestation dans le Jardin de la Compagnie, le 29 prochain à partir de midi. Invitant "tous ceux qui en ont marre des différentes injustices imposées par le gouvernement", associations socioculturelles et partis politiques, à se joindre au mouvement, ils ont par la voix de leur porte-parole, Jean-Michel de Senneville, expliqué qu'ils "garderont le silence pendant le carême et les examens du CPE". Cependant, les parents d'élèves se disent prêts à rencontrer le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et réclament même une table ronde. Si la manifestation du 29 n'apporte pas de résultats, d'autres mesures sont envisagées. Il est question de recours légal. "Entre-temps, nous déplorons l'intervention des syndicalistes de la GPTU qui font pression sur les enseignants pour que ceux-ci acceptent d'être transférés à l'école de Vallée des Prêtres", lancent les parents, furieux. De leurs côtés, le président, Sunil Jhugroo et le conseiller technique, Ashik Junglee, de la General Purpose Teachers'Union (GPTU) se disent en effet, "en faveur de la fermeture de l'école." Ashik Junglee de préciser, "s'il y va de la sécurité des enseignants, de nos membres, il est légitime qu'ils soient transférés". Le syndicat est aussi d'avis qu'une contre-expertise serait souhaitable.


College Aleemiah

Révocation surprise du manager vendredi

Après une courte période de calme, le collège Aleemiah revient à la une de l'actualité. Son nouveau manager, Vijay Kumar Ramchurn, a été subitement révoqué vendredi provoquant le mécontentement des parents d'élèves et des enseignants de cette institution scolaire de Phœnix.

Après plus d'une année de discussions, de manifestations, de grèves, de pétitions et de réunions, la situation était redevenue à la normale au collège Aleemiah, il y a environ trois mois. C'est la suspension inattendue d'un enseignant qui a ajouté, aux autres griefs des élèves et des enseignants de l'établissement, portés contre la direction, qui avait été à l'origine de l'affaire. Après le retour au calme, un appel d'offres avait été lancé pour le poste de manager et Vijay Kumar Ramchurn, qui a une longue carrière dans l'enseignement secondaire privé, avait été recruté. Au cours des trois mois ayant suivi son recrutement, le nouveau manager s'est fait apprécier aussi bien des élèves et de leurs parents que des enseignants, pour ses efforts. C'est donc avec surprise qu'ils ont appris la décision du board de révoquer le manager vendredi. C'est après les heures de classes que le manager a reçu la lettre l'informant qu'il était révoqué sur-le-champ. La raison invoquée pour justifier la révocation est contenue dans une phrase: "The executive board (…) is not satisfied with the way you have handled your duties", sans aucune autre précision. M. Ramchurn a fait savoir qu'il compte traîner la direction du collège en cours de justice pour cette révocation qu'il estime totalement injustifiée. Cette mesure surprise risque de ramener le collège Aleemiah dans la zone des turbulences. En effet, des enseignants, des membres de la PTA et des élèves comptent manifester leur mécontentement au board de l'établissement lundi prochain.


Pour cause de réunion annulée

Ramjuttun rend publiques ses "PQ" à Rama Sithanen

Dinesh Ramjuttun, le remuant conseiller spécial du Premier ministre, n'est pas rentré dans les rangs après son long tête-à-tête avec Navin Ramgoolam. Pour faire suite à l'information selon laquelle la réunion qu'il devait avoir avec le ministre des Finances en présence du PM a été annulée, il a décidé de rendre publiques les questions ("PQ") qu'il comptait poser au Grand argentier. Des questions qui ressemblent plus à de la provocation qu'à une demande d'informations.

Il avait été convenu que le Dr Ramjuttun et Rama Sithanen devaient se rencontrer en présence du Dr Ramgoolam pour régler, dans le dialogue, tous leurs différends. C'est tout au moins ce qu'avait annoncé Dinesh Ramjuttun à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre, lundi dernier. Pour sa part, Rama Sithanen avait déclaré ne pas être au courant de la rencontre avant de faire savoir qu'elle ne pourrait avoir lieu, dans la mesure où il avait finalement décidé de maintenir le déplacement à l'étranger qu'il avait annulé. Jeudi, le Dr Ramjuttun devait être informé de l'annulation de la réunion avec le ministre des Finances et du fait que ce dernier devait envoyer au conseiller spécial un technicien pour répondre à ses questions. Insatisfait de la tournure des événements - "c'est un politicien que je veux rencontrer pour parler des mesures négatives des mesures budgétaires, pas un technicien" - Dinesh Ramjuttun a décidé de réagir. À sa manière. Hier, il a rendu publiques les questions qu'il comptait poser à Rama Sithanen lors de la réunion qui vient d'être annulée ; en quelque sorte les "PQ" du conseiller spécial du Premier ministre au Grand argentier. Ces onze questions concernent toutes des mesures économiques prises par le ministre des Finances, en commençant par une demande sur les pertes de recettes encourues par le gouvernement avec la réduction à 15% de la Corporate Tax. Le conseiller spécial veut également savoir si le niveau de l'épargne est tombé à 16 %, atteignant ainsi le niveau le plus bas depuis l'Indépendance ; et si le ministre est en train de contracter des emprunts à long terme en devises étrangères. Le conseiller spécial du Premier ministre demande également au ministre des Finances s'il est conscient que sa politique d'abolir les déductions sur les secured loans a causé "lots of suffering" aux emprunteurs. Il termine en posant les deux questions suivantes concernant une récente déclaration du ministre des Finances ;

- Why are you not publishing the list of economic criminals which you have referred to publicly in Le Mauricien of 11 October 2007 "

- "Name the Ministers in your Government who are supporting or lobbying for the bandits, mafia and intellectual terrorist which you have been referring to publicly recently."

On ne sait pas encore si le Grand argentier repondra à ces "PQ" du conseiller spécial.


Expertise étrangère

Jonathan Richmond bientôt embauché "transport consultant" au GM

L'expert britannique Jonathan Richmond, qui avait soumis un projet contenant 18 mesures pour régler le problème de congestion routière à Maurice, pourrait prendre de l'emploi à plein temps au sein du gouvernement comme transport consultant. Récemment de passage pour épauler les techniciens mauriciens pour la mise en place d'une Land Transport Authority (LTA) à Maurice, le consultant britannique serait actuellement le mieux coté pour cumuler ces responsabilités, et ce avec l'appui d'un haut responsable du ministère des Finances. Au niveau du ministère des Infrastructures publiques et du Transport, on indique que le gouvernement souhaiterait avoir un consultant à plein temps pour le conseiller sur tout ce qui a trait au transport, principalement sur la congestion routière, un mode de transport alternatif et le transport gratuit.

Jonathan Richmond est celui qui avait proposé au gouvernement de créer la Land Transport Authority en vue de regrouper les différentes entités s'occupant du transport et des infrastructures routières dans le pays, notamment la National Transport Authority, la Traffic Management and Road Safety Unit et la Road Rransport Authority. Dans ses recommandations au gouvernement l'année dernière, il avait également proposé l'introduction d'un système de péage à Port-Louis aux heures de pointe et le développement d'une Open Busway sur l'ancienne voie ferrée. L'expert britannique avait proposé un tarif de Rs 100 pour les véhicules privés et Rs 200 pour les "freight véhicules" pour entrer dans la capitale, alors que pour le système de Busway il avait indiqué que c'était le projet le plus approprié et le moins coûteux comme mode de transport alternatif pour le pays.


Dans un message à l'occasion de l'Eid-Ul-Fitr

Le cardinal Jean-Louis Tauran appelle chrétiens et musulmans à œuvrer ensemble pour la paix

Dans un message aux musulmans à l'occasion de la fête Eid-Ul-Fitr, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le Dialogue inter-religieux appelle chrétiens et musulmans à travailler ensemble "à travers des rencontres et des échanges" et "dans l'estime mutuelle" en vue de la paix et d'un avenir meilleur pour tous les hommes.

Dans ce message pour la fin du Ramadan intitulé "Chrétiens et musulmans : appelés à promouvoir une culture de paix", le cardinal Tauran souligne que dans la présente période "troublée", les membres des religions ont "par-dessus tout le devoir d'oeuvrer, en tant que serviteur du Tout-Puissant, en faveur de la paix" qui, explique-t-il, "passe par le respect des convictions personnelles et communautaires de chacun ainsi que la liberté de la pratique religieuse".

Pour le président du Conseil pontifical pour le Dialogue inter-religieux, "nul ne peut être exclu de la communauté nationale en raison de sa race, de sa religion ni d'aucune autre caractéristique personnelle". le cardinal Tauran appelle chrétiens et musulmans à poursuivre et à intensifier le dialogue "dans sa dimension éducatrice et culturelle" en vue de la mobilisation de "toutes les forces au service de l'Homme et de l'Humanité" afin que les jeunes générations "ne se constituent pas en bloc culturels ou religieux les uns contre les autres" mais en "authentiques frères et sœurs en Humanité".


Brèves

Employment Relations & Rights Bill: La Plateforme syndicale rejette en bloc les deux projets de loi

Dans son mémoire sur l'Employment Relations Bill et l'Employment Rights Bill adressé, jeudi, au ministre du Travail et des Relations industrielles, la Plate-forme syndicale - qui regroupe l'ensemble des fédérations syndicales du pays - rejette en bloc ces deux projets de loi proposés en remplacement de l'Industrial Relations Act (IRA) et du Labour Act. Pour le mouvement syndical, s'ils sont adoptés, ces deux projets de législations industrielles constitueraient "l'une des plus sérieuses attaques contre les droits des travailleurs et les conditions de vie depuis l'Indépendance".

Malgré l'arrivée de 10 000 vaccins: Panique chez les éleveurs de porcs

Selon les autorités sanitaires, une cargaison de 10 000 doses de vaccins, suffisantes pour contrecarrer la fièvre qui affecte les porcs du pays, a été reçue, hier matin. Mais, loin de rassurer la communauté des éleveurs devant la propagation rapide de cette fièvre, les mesures prises par les autorités sanitaires pour se débarrasser des bêtes mortes de la maladie ont causé des remous, hier matin, dans les élevages de St. Martin et Bassin Carré. Effectivement, c'est en plein dans ces élevages, pourtant moyennement affectés par la maladie, que les autorités ont choisi de faire enterrer les bêtes mortes des éleveurs de Roche-Bois et des fermes de Belle-Mare .

STC v/s importateurs de grains secs: La guerre des "gros pois"

Le torchon brûle entre les importateurs de grains secs et la State Trading Corporation (STC). Après avoir mis sur le marché les "dholl petit pois" de la marque Red Orchid, la STC compte maintenant proposer aux consommateurs une nouvelle marque de "gros pois" à un prix défiant toute concurrence. Soit un demi-kilo de gros pois coûtant presque la moitié du prix des marques actuellement disponibles sur le marché (entre Rs 36 et Rs 38). Une démarche qui est loin de plaire aux importateurs qui, en fin de semaine, ont commencé à mener campagne contre le produit proposé par la STC.

"Si la STC croit qu'elle va nous devancer, elle se trompe grossièrement. Nous avons déjà fait l'expérience de ce produit qu'il veut utiliser pour leurrer le peuple. C'est n'est pas du gros pois, c'est du gros haricot blanc importé de Chine, qui n'a rien à voir en termes de qualité et de goût par rapport au vrai pois du Cap, originaire de Madagascar. Les consommateurs tireront leurs conclusions comme cela a été le cas pour le lait Amul", déclare un importateur.

Ils sont trois à quatre compagnies à importer des grains secs dans le pays, dont le pois du Cap de Madagascar. Ces derniers avaient annoncé que le prix du gros pois devrait être révisé à la baisse dans les jours à venir, cela en raison de la nouvelle récolte qualifiée de "très bonne" dans la Grande île. Mais tout laisse croire que la STC les a pris à contre-pied en proposant son gros pois à moins de Rs 20 cette semaine. Qui dit mieux ?

Reconnaissance internationale

Quatre scientifiques mauriciens ont contribué au prix Nobel de la paix

Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi dernier à l'ancien vice-président américain Al Gore pour son inlassable militantisme en faveur de l'environnement, lequel lui a permis de décrocher également l'Oscar du meilleur documentaire l'année dernière avec son film La vérité qui dérange. Mais le jury a aussi décidé que le prix sera partagé avec le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) en récompense aux efforts de cet organisme à accroître les connaissances sur le changement climatique.

Nous retrouvons sur le panel de l'ONU sur le climat, qui est composé de 2 500 experts, quatre Mauriciens. Ils sont Suresh Boodhoo, l'actuel directeur par intérim de la station de météorologique nationale, son prédécesseur, Soobiraj Sok Appadu, l'ancien océanographe de la station Sachoda Raghoonaden et Subash Chookowa, ancien haut cadre retraité qui siégeait encore récemment à l'Office de météorologie

mondiale (OMM). "Nous sommes particulièrement honorés d'avoir pu persuader ce difficile jury du Nobel de la justesse de nos travaux", a déclaré à Week-End Suresh Boodhoo.

Le Giec a été créé en 1988 par l'OMM et le Programme pour l'environnement des Nations unies, à la demande du Groupe des sept pays les plus industrialisés (G7 devenu G8 depuis). Opérant en trois gros groupes de travail, chacun, composé d'un millier de chercheurs, a soumis des rapports depuis 1990. Ils étaient chargés respectivement des aspects scientifiques du changement climatique, des conséquences prévisibles du phénomène, de leurs impacts économiques et sanitaires et de leurs possibilités de s'y adapter et de les atténuer.

Jusqu'en juillet 2005, Suresh Boodhoo a officié comme président du groupe de recherches en climatologie du panel. Sok Appadu a lui beaucoup contribué à la compréhension des catastrophes naturelles tandis que Sachoda Raghoonaden a étudié les phénomènes liés à la mer.

Pravind Jugnauth, leader du MSM :

"Sithanen utilise la MRA comme une gestapo fiscale "

Le leader du Mouvement socialiste militant (MSM), Pravind Jugnauth, accuse le VPM et ministre des Finances, Rama Sithanen, d'utiliser la Mauritius Revenue Authority (MRA) "comme une gestapo fiscale" pour "traquer le peuple" alors que, dit-il, il existe des instruments légaux et institutionnels pour combattre l'évasion fiscale. "Une politique économique alternative est possible", estime, par ailleurs, M. Jugnauth sans qu'il faille, selon lui, augmenter la TVA ni l'étendre aux produits essentiels.

Journée du refus de la misère: Trois régions mobilisées ce mercredi

Afin de sensibiliser sur la pauvreté et ses implications, Art of Living Mauritius et la United Nations Millenium Campaign, organisent trois activités dans le cadre de la campagne Stand up and Speak Out against Poverty, ce mercredi dans différentes régions.

Ces activités, qui s'inscrivent dans le contexte de la Journée du refus de la misère, visent aussi à interpeller sur les Objectifs du millénaire pour le développement. Un rallye est prévu à midi, à Réduit, de l'université de Maurice à la State House, où le Président de la République, sir Anerood Jugnauth, lira le UN Millenium Pledge. Le public est attendu à la municipalité de Port-Louis, à la même heure. Tandis qu'à Curepipe, la mairie accueillera dès 19h un spectacle culturel.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 14 octobre 2007