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Approvisionnement en eau
CWA : programme de coupures à travers l'île
L'été sera chaud, mais dur. Et le robinet coulera
moins aussi. C'est ce que prévoit la Central Water Authority
(CWA) qui, à l'entame de la nouvelle saison, a déjà
mis en application son plan d'action concernant la fourniture
d'eau à travers l'île. Depuis près de deux
semaines, la CWA assure une fourniture d'eau de 13 heures par
jour, répartie en deux tranches : entre 3h et 9h et de
15h à 22h. L'hiver n'ayant pas été très
généreux en matière de pluviosité,
les indicateurs au niveau des réserves d'eau affichent
un déficit inquiétant. De plus, la consommation
globale du pays a augmenté de 10 % en une année,
alors que la capacité de nos réserves est restée
inchangée.
Les projets de développement qui se multiplient à
travers l'île et l'augmentation du nombre d'abonnés
à la CWA - ménages ou commercial - ont considérablement
augmenté la demande en eau potable depuis le début
de l'année, alors que le renouvellement de nos réserves
en eau pendant l'hiver est loin de ce qui avait été
prévu. Les données disponibles en fin de semaine
indiquaient, en effet, que le niveau d'eau était en dessous
de la moyenne. La Water Resources Unit (WRU) confirme que les
reserves de surface et souterraines se sont considérablement
amenuisées, le niveau d'eau dans les réservoirs
se situant actuellement autour de 65 %. Une situation pour le
moins inquiétante dans la mesure où le stock disponible
à pareille période au cours des sept dernières
années n'a jamais été à un si bas
niveau.
La situation était presque la même l'année
dernière, sauf que le stock d'eau disponible était
supérieur par rapport aux données du jour. La situation
s'était aggravée avec une sécheresse qui
s'était prolongée jusqu'au mois de février,
la saison des grosses pluies se faisant longuement attendre.
En attendant les prévisions et analyses de la station météorologique
de Vacoas, qui devrait bientôt publier son "Seasonal
Outlook", sans compter les possibles effets de La
Nina, la CWA a déjà pris les devants en mettant
à exécution un plan de gestion stratégique
dès maintenant.
"D'après les données du jour, nous ne pouvons
prendre aucun risque. Le stock d'eau est encore plus bas comparativement
à l'année dernière. Et la situation risque
de s'aggraver vu que c'est maintenant que débute la période
sèche. Nous prévoyons un été dur avec
le déficit que nous accusons au début même
de la période sèche. Nous avons donc décidé
de mettre en application un programme de coupure pour assurer
une gestion efficace du stock disponible ", déclare
Harry Boolauck, directeur général de la CWA.
Depuis un peu plus d'une semaine, la fourniture d'eau fait l'objet
de coupures le matin et le soir. Les experts à la CWA font
comprendre que le réseau sera alimenté pendant 13
heures quotidiennement sur toute l'île. Les tranches horaires
sont 3h - 9h et 15h - 22h. Ce même programme pourrait être
modifié en fonction de l'évolution de la situation.
Et il n'est pas à écarter que d'ici le mois de décembre
la fourniture d'eau soit ramenée à huit heures par
jour si la situation se détériore.
D'ores et déjà, on peut dire que plusieurs parties
de l'île sont sérieusement affectées par un
manque d'eau ces derniers jours. Les habitants d'Ecroignard ont
manifesté, vendredi soir, contre l'absence de fourniture
d'eau pendant plus de 24 heures. Ceux de Vallée des Prêtres
éprouvent également des difficultés à
s'approvisionner en eau potable. "Le problème c'est
que ces régions se situent en hauteur. Le problème
c'est qu'à peine qu'on ouvre le réservoir pour alimenter
ces régions le réservoir est déjà
à sec", explique un technicien de la CWA, qui
ne manque pas de critiquer la direction du même organisme
: "Ce n'est pas la faute aux habitants ou aux techniciens.
C'est à la direction de la CWA de prendre ses responsabilités,
car son administration est un échec. Et la situation risque
de s'aggraver si le gouvernement ne s'intéresse pas à
ce qui se passe à la CWA. (voir plus loin)"
Le directeur général de la CWA insiste, toutefois,
sur le fait que tous les efforts seront entrepris pour subvenir
aux besoins des familles affectées et que d'autres mesures
ont déjà été prises à part
le nouveau programme de fourniture. Depuis le début de
cette semaine, la distribution globale a été réduite
à 10 %. Le volume d'eau puisé du réservoir
de Mare-aux-Vacoas, par exemple, a été réduit
à 102 000 mètres cubes contre 115 000 m3 habituellement.
"Parallèlement, nous avons augmenté la capacité
de traitement à la Nicolière par près de
35 %. Aujourd'hui, elle peut fournir jusqu'à 100 000 mètres
cubes d'eau par jour. À la CWA nous allons tout faire pour
gérer cette situation difficile et faire en sorte que personne
ne soit pénalisé", insiste-t-il.
Selon le syndicat UECWA: "La situation sera catastrophique
d'ici décembre"
"Nous pensons que la situation risque de devenir catastrophique
d'ici décembre. Cela fait des années que nous n'avons
pas fait face à un tel manque d'eau en octobre. Si nos
réserves ne se renouvellent pas, nous pensons qu'il sera
difficile pour nous de faire notre travail et de répondre
aux attentes des abonnés, car l'actuelle direction de la
CWA n'est pas à la hauteur. Son directeur général
n'est pas the right man in the right place." C'est
ce qu'a déclaré un porte-parole du syndicat de la
CWA, l'Union of Employees of CWA (UECWA), qui soutient qu'une
représentation officielle sera faite dans ce sens au Premier
ministre, Navin Ramgoolam, dès le début de cette
semaine.
Selon les principaux dirigeants de ce mouvement syndical, la nouvelle
direction de la CWA n'aurait pas les compétences requises
pour gérer les affaires du même organisme, critiquant
la façon d'administrer de l'actuel directeur général,
Harry Boolauck, et un ingénieur qui vient d'être
recruté. "Nous n'avons rien contre Harry Boolauck.
Il est un professionnel dans son domaine respectif, mais pas pour
gérer la CWA. He is not the right man in the right
place. Il nous faut un ingénieur de calibre pour prendre
en main la CWA. La frustration s'est installée parmi les
travailleurs. Ils ont coupé les heures supplémentaires
et en même temps ils ont employé un ingénieur
pour un salaire de Rs 350 000. Des responsables de division ont
menacé de partir pour cause de frustration. Sakenn
pé tire so koté. Si le Premier ministre pa intervenir,
sityasyon pou vine grave à la CWA. Avec mank delo ki nou
pé fer face, pa pou kapav cope avek piblik dan sa
sityasyon la ek, ki kapav debous lor ene kriz sosyal",
déclarent-ils.
Les techniciens concernés maintiennent que la suppression
des heures supplémentaires risque d'avoir des conséquences
graves sur la fourniture d'eau à travers le pays. "Par
exemple, il existe un projet de " valve operation "
mis en place pour contrôler la fourniture d'eau à
des heures spécifiques. C'est un poste clé. Mais
le problème, c'est que cela doit se faire en fin d'après-midi
et parfois le soir. Nous avons tenté de faire comprendre
cela à la direction, mais ils n'ont rien compris, préférant
annuler les heures supplémentaires", ajoutent-ils.
Interruption dans la fourniture d'eau
Premier signe de mécontentement à Écroignard
Après deux manifestations dans la rue, jeudi et vendredi
dernier, le calme est revenu à Écroignard, dans
l'est du pays. Quoique toujours révoltés de ne pas
être alimentés en eau toute la journée, les
habitants ont calmé leur colère après que
durant la journée de samedi, les camions citernes ont sillonné
la localité pour apporter de l'eau aux villageois. "Nou
pe gagn inpe delo depi la zourné ar camion. Sa depann nou.
Aster asoir ki dilo pou coulé. Nef ver", expliquent
les habitants. Vendredi soir, excédée d'être
des laissés pour compte et de n'avoir accès à
l'eau que trois heures par jour, une centaine de personnes est
descendue dans la rue pour manifester leur grief, criant "Donn
nou nou dilo. Donn nou lavi". Ils avaient obstrué
la route d'objets hétéroclites, dont des troncs
d'arbres et des briques, ainsi que des seaux d'eau
. sur
une distance de 200 mètres, empêchant les véhicules
de circuler. Dès les premières manifestations d'hostilité,
et avec la présence d'hommes, de femmes et d'enfants, au
milieu de la route, la police avait été mandée
sur les lieux. Toutefois vers 21h, le calme devait revenir, le
robinet commençant à couler, même à
petites gouttes
Leur manifestation a quelque part porté ses fruits, car
dès le lendemain, le Chairman de la Central Water
Authority (CWA), Harry Boolauck, leur a assuré que "d'ici
la fin du mois d'octobre, le problème sera résolu.
Les habitants d'Écroignard auront de l'eau 24h sur 24".
Harry Bauluck indique que la région d'Écroignard
est affectée par le manque d'eau depuis longtemps, mais
que des démarches ont été faites, depuis
deux ans, pour que cette région ainsi que les régions
avoisinantes puissent avoir une fourniture d'eau adéquate.
"Mais l'endroit est critique. Il y a des pavés
Ce n'est pas évident pour le contracteur d'effecteur les
travaux", explique Harry Bauluck. D'où le retard,
de 18 mois, selon lui, du contracteur. Il s'est également
engagé auprès de la ministre des Droits de la femme,
du développement de l'enfant et de la protection de la
famille, Indranee Seebun. Cette dernière, après
les allégations des habitants d'Écroignard, selon
lesquelles, cette députée de la région leur
aurait réclamé un vote lors des dernières
élections, contre la fourniture d'eau dans leur localité
a rapidement réagi. Contre ces propos qu'elle estime "calomnieux
et irréfléchis", la ministre s'interroge
"eski bann seki dir sa zot conscience trankil".
Toutefois, assure-t-elle, son principal souci "ce n'est
pas ma réputation, mais que le problème d'eau soit
réglé à Écroignard". Dans
cette optique, dit-elle, elle veillera à ce que le chairman
de la CWA honore son engagement.
En mémoire de Manilal Doctor
Le PM: "J'ai du respect pour ceux qui prennent des risques"
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a rendu dans la journée
d'hier un hommage appuyé à la mémoire de
Manilal Maganlal Doctor. C'était lors d'une célébration
teintée de simplicité au jardin de la Compagnie
pour marquer le centenaire de l'arrivée à Maurice
de cet homme de loi à la demande du Mahatma Gandhi en vue
de lutter contre les injustices commises à cette époque.
Il devait faire état de son respect pour ceux qui prennent
des risques dans la vie. Il a regretté l'absence de commitment
de la part de Maurice pour les causes justes en faisant état
de la maigre assistance qui s'était déplacée
devant la municipalité de Port-Louis, jeudi dernier, pour
manifester la désapprobation à la répression
sanglante de la junte militaire contre des moines bouddhistes
et des membres de la population civile en Birmanie. De son côté,
Krishna Bappoo, une des chevilles ouvrières encore vivante
du projet de la statue de Manilal Doctor au jardin de la Compagnie
a apporté un vibrant témoignage des difficultés
rencontrées à l'époque pour faire aboutir
ce projet.
"Zot bizin engaz zot. Nou éna ène choix.
La vie sé ène voyaz, soit ou ene passagé
soit ou prend ou desyination en main. Mo éna respé
pou bann dimunn ki prend risques. Ou bizin dibouté. Mo
éna respé pu dimun ki engaz zot san ki zot attan
nanyé en retur. Mé mo trouvé qui nou pas
assez Inolved", a soutenu le Premier ministre quand il
commentait la lutte entreprise par Manilall Doctor en faveur des
plus démunis de la société au début
de siècle dernier.
Pour mieux étayer ses dires en ce qui concerne le manque
d'engagement de la population, Navin Ramgoolam est revenu à
deux reprises sur les quelques rares personnes, soit une vingtaine
au total, devant la municipalité de Port-Louis pour manifester
contre la répression militaire en Birmanie, jeudi dernier.
"Je ne crois pas qu'il y a un autre pays que Maurice où
le Premier ministre a manifesté à côté
du leader de l'opposition et du lord-maire de la capitale contre
la répression et le déni de démocratie en
Birmanie. Nou ine attrape la buzi tu. Pas la buzi ruz ! (Rires
au sein de l'assistance.) Mwa mo dir ti éna zis vingt
dimunn. Nu bizin sanz sa mentalité-là. Si mo pé
dibuté-là ek mo pe koz ar ou zordi, Manilal Doctor
éna so par ladan. Il y a un dicton qui dit avec justesse
que If I'm standing here today, I'm standing on the shoulders
of giants", s'est-il appesanti.
Défendre la cause des plus vulnérables
Navin Ramgoolam a retracé les circonstances dans lesquelles
l'avocat Manilal Doctor avait été envoyé
à Maurice pour défendre la cause des plus vulnérables
à l'époque coloniale en lançant une flèche
du Parthe aux historiens. "Il y a très peu de vrais
historiens à Maurice. Nu bizin koné ki nanyen pa
arrive par limem dan la vi. Quand Gandhi était venu à
Maurice en 1901, il n'était pas encore auréolé
de sa réputation subséquente. Il était un
homme de loi. Quand il marchait dans les rues de Port-Louis, il
avait été remarqué par un des membres de
la communauté musulmane. Ce fut à la suite de cette
rencontre fortuite, que Gandhi fut invité à faire
des causeries au Taher Bagh au Champs-de-Mars. Il revenait d'Afrique
du Sud où il avait été témoin de l'exploitation
raciste des Noirs dans ce pays. Dois-je rappeler qu'il fut lui-même
expulsé d'un train en Afrique du Sud pour des raisons racistes.
Sur invitation du président Mandela, j'avais dévoilé
une plaque commémorative du passage de Gandhiji dans cette
gare sud-africaine", a-t-il poursuivi.
Le Premier ministre a fait état de la convergence de la
lutte menée par le Dr Edgar Laurent au sein de l'Action
Libérale et de Manilal Doctor pour obtenir l'institution
de cette Royal Commission. "Edgar Laurent menait un combat
pour la justice. À cette époque, la politique ne
divisait pas la population comme c'est le cas aujourd'hui sur
la base de castes, de communautés ou de races. Azordi,
nou pa pé konpran dan Maurice. Ena 100 ans de cela, Manilal
Doctor ine vini. Li ine fer la diférans et ou bizin désidé
si dan sa train ki appel lavi ou oulé ène simple
passager ou oulé fer ène zeffort", devait-il
conclure en rappelant la devise de Manilal Doctor, soit Liberty
of the Individuals, Fraternity of Men and Equality of Races.
Auparavant, Krishna Bappoo devait apporter un témoignage
vivant de l'initiative en vue de faire ériger la statue
de Manilal Doctor dans les années 50. Il est le dernier
survivant du petit groupe de promoteurs, qui comprenait Mootoocomaren
Sungeelee, un inspecteur des écoles, Pyneesamy Mootoo et
le Pandit Dhoorundhur. "Quand Gandhi était venu
à Maurice, Mootoocomaren Sungeelee l'avait rencontré.
Il avait logé chez Pyneesamy Mootoo. Suite à leur
demande pour un homme de loi susceptible de défendre la
cause des petits, Gandhi avait promis de dépêcher
à Maurice Manilal Doctor. Ils devaient prendre la décision
de perpétuer la mémoire de cet homme dont la contribution
au respect des droits de tout un chacun à l'époque
coloniale et à leur émancipation était des
plus marquantes". se souvient-il.
Une révélation
Krishna Bappoo devait avouer qu'il ne savait rien de la lutte
qu'avait menée Manilal Doctor. "Je n'étais
pas un partisan convaincu jusqu'au moment où j'avais eu
presque une révélation. On faisait le tour de Maurice
pour collecter des fonds en vue de financer la construction de
la statue Manilal Doctor. En face de moi, il y avait une femme
qui transportait de l'herbe sur sa tête. Quand elle avait
déposé sa botte d'herbe, je devais constater une
très vilaine et longue cicatrice sur son avant-bras. À
ma question au sujet de l'origine de cette blessure, elle devait
me répondre: Gran Missié-là ine bat moi.
Mo ine gagn ène coup fouet. Ce fut le déclic",
souligne celui qui se présente comme le dernier des Mohicans.
Durant son témoignage sur cette île Maurice des années
50, il devait énumérer les difficultés rencontrées
face au pouvoir colonial aussi bien que les quolibets et invectives
lancés à l'encontre des sympathisants de la cause
de Manilal Doctor.
Lors de la cérémonie de commémoration d'hier,
le Lord maire de la capitale, Reza Issack, et Vinay Ramkissoon,
fondateur de la Manilal Maganlal Doctor Foundation et d'autres
historiens seront adressés à l'assistance sur la
vie et le combat politique de Manilal Doctor.
Eid ul Fitr - Ramgoolam: "Fodé pa gourman dans
lavi !"
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, était le chief
guest des célébrations pour la fête Eid-ul-Fitr
organisées par le Quaidiry Sunnee Circle au Sir Abdool
Razack Mohamed Hall à Phnix dans la matinée
d'hier. Cet événement constitue une première
vu que jusqu'ici, le Premier ministre participait à la
cérémonie prévue à Port-Louis pour
marquer la fin du Ramadan. Le leader de l'opposition, Paul
Bérenger, l'ancien vice-président de la république,
Raouf Bundhun, et des membres du gouvernement, dont les ministres
Abu Kasenally, Asraf Dulull et Mahen Gowresso, étaient
également présents à cette occasion.
Dans son intervention, Navin Ramgoolam a mis en exergue les vertus
du Ramadan, notamment le sens du sacrifice et du partage.
"Ramadan, c'est ène période de sakrifis
et de carême qui rappelle ou sufrans lezot dimun ki pa gagn
assez pu manzé. Enan égalma zakaat. Fodé
pas pansé ki nu bizin nek akimil tu rises. Nu bizin kone
partazé. Fodé pa gourman dan lavi", a-t-il
fait ressortir.
Le Premier ministre a plaidé en faveur d'une ouverture
d'esprit et de la nécessité de lutter contre l'injustice,
l'intolérance et l'autoritarisme tout en prônant
un message de tolérance, de paix et de non-violence.
Le chef du gouvernement, qui s'est félicité de la
coexistence des plus grandes religions à Maurice, a fait
état de la souffrance et de l'injustice qui prévalent
en Palestine, en Irak ou en Birmanie.
Auparavant, le leader de l'opposition, Paul Bérenger, a
déclaré que "l'Islam est une source de richesse
à être partagée et qu'il ne peut être
question de haire, de violence, de racisme ou encore de communalisme".
Il a soutenu que "par le biais du jeûne, nous
sommes appelés à nous maîtriser. Nous rejoignons
ce que Gandhi avait dit au sujet de l'importance du jeûne
comme un outil pour développer le courage et la volonté
de l'individu".
Paul Bérenger a demandé à l'assistance d'avoir
une pensée spéciale pour les peuples qui souffrent
à l'étranger comme en Birmanie, en Palestine, en
Irak, en Afghnaistan, au Pakistan, au Bangladesh, au Soudan, en
Somalie, aux Comores et aux Maldives. "Ces pays traversent
des moments difficiles er parfois de souffrance extrême
sans oublier le peuple sahraoui", a-t-il ajouté.
Le ministre Abu Kasenally et le maulana Khedoo se sont également
adressés à la congrégation. Les responsables
de cette société ont rendu hommage à Paul
Bérenger pour avoir permis le lancement de ce projet de
Sir Abdool Razack Mohamed Centre alors qu'il était au gouvernement
et le présent Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour avoir
soutenu leurs efforts.
Nouveau n° 1 de la MCIT
Le SP Kamatchi : "Pour que la population ait de nouveau
confiance en sa police"
Le nouvel homme fort de la Major Crimes Investigation Team (MCIT),
le surintendant (SP) Bala Kamatchi, est bien déterminé
à faire tout ce qui est en son pouvoir pour que la population
ait de nouveau confiance en la force policière. C'est ce
qu'il a déclaré à Week-End jeudi.
Même si le SP Kamatchi ne dispose que de deux mois avant
de prendre sa retraite, il lance un avertissement sans frais aux
criminels de tout acabit : "Vous n'aurez aucun répit
!".
C'est avec une sérénité et un calme certain
que le SP Kamatchi a accueilli sa nomination à la tête
de la MCIT, suite au décès subit et inattendu de
son prédécesseur, le surintendant Prem Raddhoa.
"Beaucoup parlent de succession lourde à porter,
mais dans mon cas, je suis serein. Je compte 41 ans d'expérience
au sein de la force policière et je suis là pour
servir, quel que soit le poste qui m'est confié",
souligne le n° 1 de la MCIT.
Contrairement à ce que certains pensaient, le surintendant
Kamatchi n'a pas procédé à des mutations
au sein de la MCIT ; il a gardé la même équipe
qui travaillait sous les directives du défunt surintendant
Prem Raddhoa. "Je suis certain qu'avec le chef-inspecteur
Ranjit Jokhoo et les autres membres de la MCIT, nous allons faire
du bon travail. Vous, les criminels, n'aurez aucun répit
!", a-t-il souligné.
Le SP Kamatchi estime que son plus grand challenge sera
de redonner confiance à la population en sa police. "C'est
cela le plus important à mes yeux. Nous allons travailler
dur afin que la population puisse retrouver sa confiance en la
police. Mon prédécesseur, le surintendant Raddhoa,
avait ses méthodes et moi les miennes ; et elles n'ont
d'autre objectif que de mettre hors d'état de nuire un
maximum de criminels", ajoute-t-il.
Tout en se disant "conscient" du fait que la
MCIT est, jusqu'à présent, perçue, pour beaucoup,
comme une unité aux méthodes peu orthodoxes, fonctionnant
comme une sorte d'État dans un État, le SP Kamatchi
rappelle que cette unité est placée sous les directives
du commissaire de Police, Mahen Gopalsingh et du Deputy Commissioner
of Police (DCP) Crime, Tangavel Seerunghen. Il insiste
également sur le fait que ses méthodes à
lui sont conformes aux Judges'Rule, indiquant qu'il est
né un 10 décembre, date commémorant la Déclaration
universelle des Droits de l'homme. "À cet effet,
je donne l'assurance que je continuerai à veiller personnellement
à ce que les droits constitutionnels de tout accusé
soient respectés à la lettre", a-t-il souligné.
Parallèlement, notre interlocuteur a fait également
comprendre qu'il ne laissera personne dénigrer la MCIT,
dont la tâche ne relève pas d'une partie de plaisir.
"Nous avons pour mission d'élucider tous types
de cas qui relèvent des major crimes, pas seulement
des cas d'homicide", a-t-il expliqué.
High Profile Cases
Interrogé au sujet des Undetected Cases qui sont
encore sujets à enquête par la MCIT, à savoir
le viol et le meurtre de Nadine Dantier, la disparition du petit
Akmez Aumeer, et un certain nombre de High Profile Cases,
le SP Kamatchi souligne que, pour lui, il n'existe pas de Undetected
Cases. "Il s'agit plutôt de cas qui n'ont pas encore
été résolus, et rien ne sera laissé
au hasard", a-t-il affirmé. Le SP Kamatchi, tout
en se disant également conscient du fait qu'il ne lui reste
pas beaucoup de temps avant de prendre sa retraite, déclare
qu'il continuera, néanmoins, à donner le meilleur
de lui-même à sa nouvelle affectation.
En 41 ans de carrière, le SP Kamatchi a travaillé
dans pratiquement toutes les régions de l'île, notamment
au niveau de la Criminal Investigation Division (CID) central,
de la Northern Division CID, de l'Anti-Drug and Smuggling Unit
(ADSU). Il s'est également occupé de nombre de dossiers
importants. L'on se souvient, notamment, du meurtre de Vanessa
Lagesse, de l'agression mortelle du ressortissant indien Mujeeb
Mir et de l'importation frauduleuse de chaussures en provenance
du sud-est asiatique.
Par ailleurs, outre la nomination du SP Kamatchi à la tête
de la MCIT, le Commissaire de police a procédé à
une redistribution des cartes en ce qu'il s'agit de l'Anti-Piracy
Unit (APU), de la Brigade des Jeux (BJ) et de la CID de Curepipe.
Ces unités, qui fonctionnaient toutes sous la férule
du SP Raddhoa, ont été détachées de
la MCIT. L'APU et la BJ ont maintenant pour nouvel homme fort
le surintendant Suchidanand Lollbeehary, tandis que le nouveau
responsable de la CID de Curepipe est le chef inspecteur Taleb
Sullyman, qui quitte son poste de responsable de la Crime Prevention
Unit (CPU) pour ses nouvelles fonctions.
Portrait
Le nouveau DCP Chinapen: "Ma persévérance
a été récompensée"
Noël Chinapen, responsable de la Trafic Branch de la police
vient d'être promu au rang de Deputy commissionner of Police
(DCP). Il rejoint ainsi sept autres de ses collègues, à
savoir les DCP D. Ramparsad, Tangavel Seerunghen, Jean Bruneau,
Mario Nobin, R. Servansingh, R. Sooroojbally et le commandant
de la Special Mobile Force (SMF), Dooshiant Reesaul. Dès
son entrée au sein de la force policière, 40 ans
de cela, il aura brillé, en étant désigné
best all round recruit.
"J'aurais dû normalement être déjà
parti en congé préretraite. Mais le commissaire
de Police, Mahen Gopalsingh, m'a demandé de rester encore
un peu. Quelques jours après, j'ai été promu
DCP. Ma persévérance a été récompensée",
lance, de prime abord, le nouveau DCP. Ce dernier se souviendra
toujours de son entrée au sein de la force policière
il y a quarante ans de cela. "Ce métier me donne
l'occasion de me servir de mon intelligence et de mes capacités
sportives. Un esprit sain dans un corps sain: telle était
ma devise. Je suis sorti premier à l'examen des recrues
et ai été désigné best all round
recruit", dit-il.
Cette consécration aura été une source de
motivation à se surpasser. Que ce soit à Beau-Bassin,
à la Special supporting Unit (SSU) ou à Port-Louis,
les régions où il fit ses premiers pas dans la police,
Noël Chinapen aura, selon lui, donné le meilleur de
lui-même. Tant et si bien qu'il devint également
Physical Training instructor à la
Police Training School. En 1977, lorsqu'il prend part aux examens
de sergent, Noël Chinapen s'y classe premier. Son ascension
au sein de la police sera constante, à cause de ses performances.
En 1980, il réussit brillamment aux examens pour le rang
d'inspecteur et devient assistant cadet à la Special
Mobile Force (SMF) à l'âge de 32 ans. Dans la foulée,
il se voit également nommé commandant de peloton,
toujours au sein de cette unité. Entre 1985 et 1986, il
suit des cours à la fameuse école des officiers
de Melun, qui est le principal réservoir des officiers
de la gendarmerie française et y réussit son stage
d'officier. Parmi ses compagnons de classe, se trouve l'actuel
président des Comores.
Lorsqu'il revient à Maurice, il est promu commandant d'escadron
à la SMF et se voit confier la charge de trois peletons.
Il effectue, en 1988, un stage débouchant sur un diplôme
d'état-major en France, et se voit confier, un an plus
tard, deux escadrons à l'aéroport, en compagnie
d'un autre actuel DCP, Tangavel Seerunghen. En 1992, Noël
Chinapen est promu assistant surintendant de Police (ASP) et se
retrouve comme Training/Operations Officer à la
SMF.
Puis, il demande et obtient sa mutation à la police régulière.
Il est alors le seul ASP à se retrouver comme responsable
d'une division (Lower Savanne). Après les émeutes
de Camp Chapelon en 1994, il est appelé à réformer
le système de maintien de l'ordre. Trois ans plus tard,
il est nommé responsable de la Rapid Intervention Brigade
(RIB), qui deviendra, par la suite, l'Emergency Response Service
(ERS). En janvier 1999, il est promu surintendant de police et
est de nouveau placé à la tête de la Southern
Division. En août 2000, il prend les rênes de
la Central Division. Trois mois après cette mutation,
il est de nouveau promu, cette fois au rang d'Assistant Commissionner
of Police (ACP), suite au départ de l'ACP Anadachee
et se retrouve à la tête de la Trafic Branch.
Il y restera jusqu'en septembre 2002, avant être confié
la division de Port-Louis Nord. Il y travaillera pendant cinq
ans, avant de revenir à la Trafic Branch et sa promotion
au rang de DCP.
Jetant un regard sur son parcours, le DCP Chinapen souligne que
"Ma persévérance a été récompensée.
Le plus important, c'est de donner le meilleur de soi-même,
quelle que soit la mission que l'on se voit confier",
a-t-il souligné, en guise de conclusion.
Solidarité des peuples
Veillée aux bougies pour une Birmanie libre
L'île Maurice aura beau être un petit pays sur la
scène internationale et aura beau essayé d'être
"l'ennemi de personne et l'ami de tout le monde"
(philosophie chère à Sir Seewoosagur), mais une
dictature qui massacre un peuple ne la laisse pas de marbre.
Foin donc de diplomatie ! C'est dans l'unité parfaite de
son gouvernement, de ses partis politiques d'opposition parlementaire
et extra-parlementaire, de la Macoss (organisation parlant au
nom de toutes ses organisations gouvernementales) que notre pays
a tenu à manifester, mercredi soir, contre la junte militaire
qui dirige la Birmanie dans la répression et dans le sang.
Ils étaient environ une centaine de manifestants, dont
de nombreux jeunes militants fiers d'être "Droit-de-l'hommistes",
jeudi soir, sur l'Esplanade des Droits de l'homme de la municipalité
de Port- Louis, aux côtés du Premier ministre Navin
Ramgoolam, le leader de l'opposition, M. Paul Bérenger,
du Lord maire Reza Essack et du représentant du MSM, M.
Nando Bodha, de Rajnee Lallah (Parti Lalit), de Manda Boolell
(président de la Macoss) et des artistes dont Menwar, Henry
et Favory, à avoir répondu à l'appel de la
branche locale d'Amnesty International pour une veillée
aux bougies contre la répression du peuple birman par ses
dictateurs.
La dictature, qui a fait des milliers de morts chez ses opposants
en Birmanie depuis plus de cinquante ans maintenant, a sévi
encore ces dernières semaines. Cette fois on parle de plus
de 300 morts chez des jeunes, des travailleurs et des bonzes et
des centaines d'arrestations de gens qui manifestaient pacifiquement
dans les rues de Rangoon pour protester contre la cherté
de la vie et pour réclamer la libération du leader
de l'opposition birmane, le Prix Nobel de la paix, Aung San Suu
kyi.
Au cours de son intervention, le Premier ministre a expliqué
que sa présence à cette veillée "était
pour condamner sans réserves, avec tout le monde, la répression
du peuple birman par sa junte militaire". Le Premier
ministre a lancé un appel à certains pays importants
pour qu'ils utilisent leurs droits de veto aux Nations unies quand
cette instance prend des sanctions pour faire plier la junte birmane
afin qu'elle change d'attitude envers le peuple. Maurice avait
déjà dénoncé la Birmanie en 1996 au
point où, ne pouvant écouter les critiques mauriciennes,
les diplomates birmans avaient fait un walk-out lorsque
Navin Ramgoolam avait pris la parole à la tribune des Nations
unies. Et ensuite lorsque l'ancien chef juge, Rajsoomer Lallah,
a fait un rapport défavorable à l'ONU sur la situation
des droits de l'homme en Birmanie, les autorités de ce
pays l'ont interdit d'y mettre les pieds. Toujours selon le Premier
ministre, l'île Maurice a choisi de ne plus acheter de riz
de la Birmanie et a décidé également de ne
pas permettre les dictateurs de ce pays de séjourner "ici
même pas en transit". Il faut, a dit Navin Ramgoolam,
"que la dirigeante de l'opposition birmane, Aung San Suu
Kyi, vainqueur d'élections démocratiques en 1988,
soit libérée et que son peuple puisse vivre libre
dans la paix".
Le leader de l'opposition, M. Paul Bérenger a abondé
dans le même sens tout en regrettant la déchéance
dans laquelle les militaires birmans ont plongé leur pays.
"L'Inde et la Birmanie furent des pays phares dans la
région et furent les premiers à réclamer
et à obtenir leur indépendance et leur liberté
après la Seconde Guerre mondiale", a fait remarquer
M. Paul Bérenger. Il a trouvé "encourageant
que les pays du Sud, les membres de l'Association des nations
du sud-est asiatique, y compris l'Indonésie, qui ne protestaient
pas dans le passé contre la dictature birmane, ont également
commencé maintenant à élever la voix et que
le Comité des Droits de l'homme des Nations unies s'est
entendu pour condamner la junte militaire". Toutefois,
selon M. Bérenger, le monde a les yeux tournés vers
l'Inde et la Chine (deux pays qui soutiennent encore les militaires)
et qui peuvent jouer un rôle décisif pour faire triompher
la démocratie à Rangoon.
M. Nando Bodha, pour le Mouvement socialiste mauricien et Rajnee
Lallah (Parti Lalit) ont également plaidé pour la
libération du peuple birman. En fait, toute l'île
Maurice le réclame aussi. Pour M. Kavi Pyneeandee, président
de la branche locale d'Amnesty International, "avec la
présence du Premier ministre, des ministres, du leader
de l'opposition, de nombreux parlementaires des deux gros blocs
politiques et du MSM, de membres de tous les autres partis extra-parlementaires,
de militants, d'artistes et de jeunes étudiants, la veillée
a été une grande victoire pour les Droits de l'homme".
Les militaires birmans savent que ceux qu'ils répriment
ne sont désormais pas seuls, mais que le monde entier se
fait l'écho de leur revendication pour une Birmanie libre.
Paiement de la pension de vieillesse
Les dates qui fâchent
La mise en place d'un nouveau système pour payer les pensions
de vieillesse provoque l'exaspération des pensionnaires.
Outre les changements dans les dates, incluant des retards dans
les paiements d'autres factures (car les paiements de la pension
se font entre le 5 et le 20 octobre, en fonction de la lettre
de l'alphabet par lequel le nom de famille commence), les pensionnaires
doivent faire face à ce qui est considéré
comme un manque d'organisation
Les longues files d'attente
excèdent plus d'un d'autant que certains, après
avoir attendu plusieurs heures, une fois leur tour arrivée,
se retrouvent devant un guichet clos, l'heure de fermeture étant
arrivée
Ces deux derniers mois, les pensionnaires voient rouge. Ils doivent
longuement attendre pour toucher la petite pension que l'État
leur accorde. Cela, suivant le nouveau système mis en place
au sein des bureaux de poste, aujourd'hui mandataire de ce paiement,
soit pour quelque 100 000 pensionnaires. "Zordi au lieu
mo fer commission le 5, bizin atann le 15 pou touss pension pou
kapav paye laboutik", indique une pensionnaire. Pour
cause, son alphabet c'est la lettre P. Et encore raconte-t-elle,
c'est un calvaire d'avoir à attendre des heures avant de
toucher sa pension. "Avan ti pli facil. Ou alé
ek ou carnet chek tous les mois", dit-elle. Selon nos
informations, c'est la pagaille généralisée
au sein des bureaux de poste. Les changements de date posent problème
à plus d'un. Mais face à cette situation, les autorités
estiment qu'il y a toute une éducation à faire.
"Le réel problème", soutient le
chief executive de Mauritius Post Ltd (MPL), Giandev Moteea, "c'est
que les pensionnaires ne sont pas encore habitués avec
le calendrier établi pour le paiement". Selon
lui, les longues attentes sont dues non seulement aux habitudes
des personnes âgées qui viennent très tôt
récupérer leur dû, mais également à
une plus longue procédure manuelle par rapport à
la paperasserie. "Auparavant, les pensionnaires disposaient
de deux heures, maintenant ils disposent de toute la journée.
C'est ce qui n'est pas encore entré dans les habitudes.
Les vieilles personnes continuent à venir très tôt,
et doivent alors faire la queue", indique le chief executive
de la MPL. Il explique que contrairement à l'ancien système,
qui préconisait des order books sur l'année,
de septembre à août, en plus des pay clerks
qui se rendaient à des jours spécifiques dans des
village hall, ou centre sociaux pour que les bénéficiaires
touchent leur pension, le présent système nécessite
un contrôle rigoureux. "Cela prend plus de temps
de vérification. Nous avons optimisé nos ressources,
et la sécurité, mais nous avons des paramètres
établis par le ministère de la Sécurité
sociale, à respecter", indique Giandev Moteea.
Selon lui, il est important de sensibiliser la population par
rapport au nouveau système mis en place afin d'éviter
les congestionnements. Pour parer aux problèmes de dates,
notamment les jours fériés et les dimanches, les
autorités ont aménagé un nouveau calendrier
qui sera prochainement communiqué aux pensionnaires. En
tenant compte des dimanches et des jours fériés.
Par ailleurs, rappelle-t-il, le système sera prochainement
amélioré, suivant sont informatisation. La MPL et
le ministère de la Sécurité sociale travaillent
actuellement sur cette option.
Selon une étude de la MEF
La congestion routière coûte Rs 2 md par an
"Traffic congestion causes loss in productivity, pollution
and frustration. Cost of traffic congestion in Mauritius is estimated
at 1.2 billion Rs (excluding vehicle operating costs) annually."
C'était une des conclusions du rapport de Halcrow Fox portant
sur une étude conduite en 2005 sur le mode alternatif de
transport à Maurice. Cinq ans plus tard, le constat est
encore plus grave en l'absence de mesures et de projets susceptibles
d'éradiquer le phénomène de congestion routière
à Port-Louis.
Dans un rapport rendu public cette semaine, la Mauritius Employers
Federation (MEF) estime que les embouteillages coûtent au
pays aujourd'hui Rs 2 milliards annuellement. L'étude de
la MEF indique également que 88,2% des opérateurs
sont insatisfaits de la manière dont les gouvernements
successifs ont traité la question d'embouteille jusqu'ici.
L'étude de la MEF indique que le problème d'embouteillage
a un impact négatif sur la compétitivité
et la production des entreprises. Les facteurs engendrés
sont, entre autres choses, retard au travail, l'absentéisme,
baisse dans la qualité du service, retard dans la livraison
ou encore coût élevé des opérations,
sans compter le stress. L'étude révèle également
que 97% des entreprises se disent pénalisées et
76,8 % sont confrontés à des surcoûts, particulièrement
ceux engagés dans le secteur de la distribution. Les entreprises
sondées se disent majoritairement en faveur de l'amélioration
du transport public, de l'extension du réseau routier,
de la décentralisation des activités et de la mise
en place d'un mode de transport alternatif. Bref, elles sont 94%
à penser que la situation ne fait que s'empirer.
Les opérateurs du privé estiment que des solutions
concrètes doivent être trouvées pour régler
le problème d'embouteillage. À part le mode alternatif
de transport, métro léger ou Bus Way, ils sont d'avis
qu'un système de péage aux entrées de la
capitale, l'introduction d'un système de flexitime,
d'un car pooling system, la construction de la Port-Louis
Ring Road ou la Dream Bridge sont des mesures susceptibles d'enrayer
le problème. Ils se disent également favorables
au projet de Terre Rouge-Verdun-Ebene Road Link Road comme un
moyen de décongestionner Port-Louis.
Pauvreté
Du pain rassis, des restes
pour survivre
Trouver à manger pour nourrir leurs enfants est le combat
que livrent Mantee et Marie-Noëlle, au quotidien. Sans argent,
le plus souvent, et vivant dans la précarité, les
deux femmes se nourrissent peu, pour ne pas priver leurs enfants,
scolarisés, de maigre repas. Le matin, les tasses restent
vides. Pas de lait avant de partir pour l'école. De l'eau
sucrée, du pain rassis, des restes
constituent les
principaux aliments de ces familles. D'ailleurs, tout comme tant
d'autres qui affrontent la pauvreté. À trois jours
de la journée consacrée au refus de la misère,
Mantee et Marie-Noëlle confient leurs souffrances de mères
face à leurs enfants mal nourris. Mais, dignes, elles préfèrent
rester dans l'ombre
"La dernière fois que j'ai acheté du lait
pour mes garçons remonte à
Attan enn kout
mo maziné kan sa." Marie-Noëlle, 45 ans,
commence alors à réfléchir à haute
voix. "Lot fwa la mo ti gaynn in pé are Mary, apré
non avan sa mo ti rési gaynn ankor in pé ar légliz.
Bé dernyé fwa mo ti rési asté dilé
pou mo zenfan, fer dé mwa." Depuis, il n'y a plus
de lait chez Marie-Noëlle, veuve élevant seule ses
trois fils âgés de 16 à 10 ans. Tous sont
scolarisés. Comme c'est souvent le cas, Brandon, en Std
V dans une école de Port-Louis, rentre chez lui, à
Chebel, presque en fin d'après-midi. Il ne va pas se ruer
vers la cuisine pour chercher de quoi se mettre sous la dent.
Il n'y a rien à manger et encore moins à boire.
Brandon, le benjamin, devra attendre l'heure du dîner. Faute
de moyen, Marie-Noëlle n'a pu faire une séparation
entre sa cuisine et la chambre qu'elle partage avec ses enfants.
L'odeur du charbon utilisé en cuisine et imprégnant
les deux pièces, est étouffante.
"Pou zordi mo'nn kapav débriyé",
confie Marie-Noëlle. Sur la table du coin qui sert de cuisine,
une assiette légèrement recouverte laisse apparaître
quelques minuscules tranches de poisson frit. "Enn madam
lot koté in'nn don'nn mwa dé tilapia. Mo'nn gaynn
ousi enn sasé délwil", explique la mère
de famille. La veille, au dîner, comme ses trois garçons,
elle s'est contentée d'un morceau de pain et de koutia.
"Démin tanto mo pa pou gaynn tro problem. Mo éna
dé dizef", dit-elle, soulagée. Ce jour-là,
comme presque tous les jours d'ailleurs, Marie-Noëlle n'avait
pas déjeuné. "Pa ti éna nanyé
pou manzé. Kan éna, mo garde pou mo bann zenfan
",
dit-elle avant de craquer. Les yeux larmoyants et cernés
de cette femme de forte corpulence, mettent alors davantage en
exergue ses souffrances de mère. Son bras droit, enflé
par la maladie l'empêche de faire des efforts physiques.
Malgré ce handicap, Marie-Noëlle, qui n'arrive plus
à trouver du travail comme femme de ménage, commence
à désespérer.
Derrière la maison, un foyer pour cuire, à côté
des toilettes obstruées
Mantee est une amie de Marie-Noëlle. La misère, leur
point en commun les a rapprochées. Mantee, 44 ans, habite
à Beau-Bassin entre des murs en béton et en tôle
qui lui servent de maison. Si la première pièce,
un salon semble plutôt "normale", il est cependant
difficile de qualifier les deux autres. Un petit coin aménagé
en chambre pour les adultes et les enfants. Les lits sont séparés
par une corde sur laquelle des vêtements sales sont suspendus.
À côté, la cuisine respectivement. Il est
difficile d'imaginer le quotidien de la famille de Mantee dans
un désordre indescriptible ! Des vêtements entassés
non loin de la lampe utilisée pour préparer les
repas, représentent un danger permanent. Tout comme les
vieilles poutres en bois, n'y tenant plus. Derrière la
maison, Mantee a monté un petit foyer pour cuire ses repas
quand il n'y a plus de pétrole pour alimenter la lampe.
Et tout près du foyer, les toilettes obstruées laissent
échapper une odeur fétide.
Mantee a deux filles, Deena 14 et Nathalie, 5 ans à sa
charge. Lorsque nous la rencontrons, elle s'apprêtait à
couper des haricots pour le dîner. C'est son amie Patricia
qui dit-elle, lui a donné les légumes un peu plus
tôt. Mantee confie que ce jour-là, elle avait l'esprit
un peu plus tranquille. Car elle savait ce qu'elle allait donner
à manger à ses filles. "Zordi ti éna
fet dan kolez. Miss inn amen minn frir pou tou bann zenfan. Ti
ekstra bon", raconte Deena en interrompant sa mère.
L'adolescente qui ne tient pas en place, parle beaucoup. Deena
semble perturbée. "Elle est épileptique",
explique alors sa mère. Et cette dernière de demander
à sa fille : "To pa ti kapave amenn in pé
minn ? Mo'nn dir twa amené, nou ti kapave gaynné
pou manzé zordi."
"Mo ekstra kontan diber pistas"
Trouver de la nourriture tous les jours pour ses enfants est quasiment
un combat pour Mantee. Diabétique, elle a été
récemment admise à l'hôpital. Mantee suit
aussi un traitement psychiatrique. Son mari, le père de
sa benjamine, est au chômage. "Quand il lui arrive
de trouver du travail, l'argent sert à acheter à
manger", dit Mantee. Il y a trois mois, la pension d'invalidité
de Mantee a été interrompue. Avec l'argent, qu'elle
percevait soit Rs 2 200, elle payait la maternelle de Nathalie
et faisait bouillir la marmite. Depuis, elle ne paye plus la maternelle
et plus que jamais, Mantee doit compter sur la compassion de son
voisinage pour nourrir ses enfants. Ces derniers, n'ont pas bu
de lait depuis une éternité ! Deena, anémique,
ne mange pas à sa faim, comme les autres d'ailleurs. Avant
le départ des enfants pour l'école, un peu d'eau
sucrée fait office de petit-déjeuner. Lorsque Mantee
leur trouve du pain pour leur déjeuner de midi, elle fait
de son mieux, dit-elle, pour le fourrer. "Mo met enn dizef
avek in pé pomdéter rapé." Mais,
il y a aussi des matins où la turbulente Natahlie et Deena,
quittent la maison sans pain. "Mo bann kamarad donn mwa
dipin", dit l'adolescente avant de confier : "mo
ekstra kontan diber pistas"
La jeune fille qui
est en prévocationnel ne sait ni lire ni écrire.
"Mo ékrir zis a, b, c, d
", dit-elle.
Les filles ne bénéficiant pas du school feeding
programme, ne ramène pas de pain de l'école.
Mantee doit alors se rabattre sur des pains rassis que lui donnent
certaines personnes. Et quand il n'y a rien à manger et
qu'aucune aide ne s'est manifestée, c'est auprès
des commerçants de poulet frais, que la mère de
famille récupère des morceaux de peau mis de côté.
Après la friture, la matière grasse est réutilisée.
"Et dire qu'autrefois je travaillais. J'ai beaucoup travaillé
dans ma vie. Mo ti'nn mem attas mo zenfan lor sez parski pa ti
éna personn pou vey li pou mo kapav al travay
",
dit Mantee. Sa fragilité relève des conséquences
dramatiques de sa précédente vie conjugale.
"Manzé mo pa manzé, dilé mo pa bwar.
Ki aprann ou lé mo appran
"
Marie-Noëlle fait partie des bénéficiaires
du concept low cost housing. En décembre dernier,
c'est à Chebel qu'elle s'installe dans une deux pièces
avec ses trois fils. "Mon mari s'est suicidé, il
y a dix ans. Li ti somer. So latet ti pé tro fatigé."
Puisant dans son compte de Plan, Epargne et Logement, Marie-Noëlle
s'acquitte des frais de la maison et paye une mensualité
de Rs 1 585 jusqu'à mai dernier. L'argent faisant défaut,
elle ne peut plus payer ses factures d'électricité
et d'eau. Se tournant vers Brandon, elle lui demande, "létan
to'nn rantré la, to'nn trouv enn misié ek kravat
déor ?" La réponse attendue est négative.
Marie-Noëlle, rassurée explique qu'elle vit dans l'angoisse.
"Mo koné mo dwa. nimport ki momen kapav vinn tir
mwa dan lakaz ek koup lalimyer ek délo". Durant
la journée, Marie-Noëlle s'enferme chez elle et dort
pour, dit-elle, oublier ses dettes et sa faim. Lorsque les quelques
roupies qu'elle parvient à réunir ou qui lui sont
données, le lui permettent, Marie-Noëlle peut acheter
du pain le matin pour le déjeuner des garçons à
l'école. "Mo met sé ki mo gayné dan
zot dipin. Pli souvent mo asté in pé gato piman",
confie encore Marie-Noëlle. "Ils ne mangent pas à
leur faim", confie la mère rencontrée.
"Lot fwa la mo pé dir ar mo gran garson ki li bizin
apran byen. Li dir moi : ou lé mo aprann, manzé
mo pa manzé, dilé mo pa bwar. Ki aprann ou lé
mo appran
Ça me rend triste. Je sais que mes garçons
manquent de tout."
L'éducation : une priorité malgré tout
Malgré l'absence d'argent et les difficultés académiques
de leurs enfants, Mantee et Marie-Noëlle ne manquent pas
de les envoyer à l'école. "Mo kontan pou
zot lir. Mem si mo péna nanié pou donn zot, mem
si met zis délo dan zot boutey, mo avay zot lékol",
dit Mantee. "J'ai arrêté l'école en
sixième. Je veux donner la chance à mes fils de
trouver un travail et de s'en sortir", dit de son côté,
Marie-Noëlle. Aussi depuis que le sort les a rapprochées,
il existe une solidarité entre les deux femmes qui les
aide à s'en sortir dans les moments les plus difficiles.
"Nous avons une amie, Patricia, qui est pauvre, aussi.
Toutes les trois nous sommes soudées. Nous partageons ce
que nous avons. Kan Patricia éna délwil an plis,
li vinn kit kot mwa", explique Marie-Noëlle. Chaque
vendredi matin, c'est chez Mary Jolicoeur, travailleuse sociale,
qu'une dizaine de femmes en difficulté, dont celles rencontrées
se réunissent pour partager leur problème et s'écouter.
C'est au fil de ces rencontres qu'une idée a germé.
Celle d'encourager l'autosuffisance par l'agriculture ou la vente
d'achards.
Partenariat FNR/SAFIRE
Rs 5 M pour l'encadrement des enfants de rue
La hausse dans le nombre d'enfants de rue à Maurice inquiète.
Outre les organisations non gouvernementales, certaines firmes
privées s'intéressent à cette préoccupation.
Dans cette optique, la Fondation Nouveau Regard (FNR) du groupe
Ciel s'est engagée dans un partenariat la semaine dernière
avec l'association SAFIRE (Service d'Accompagnement et de Formation,
d'Intégration et de Réhabilitation de l'Enfant).
L'objectif : offrir, pour les deux prochaines années, un
service d'encadrement et d'accompagnement beaucoup plus structuré
pour les enfants de rue en vue de leur réinsertion dans
la société. La semaine dernière, les partenaires
ont animé une conférence de presse pour exposer
les grands axes de ce projet. Une somme de Rs 3,5 millions sera
déboursée par la FNR afin de soutenir le travail
de SAFIRE, dont le budget total nécessaire pour l'ensemble
du projet s'élève à Rs 5 M pour les deux
ans.
Six régions au niveau national ont été identifiées
par SAFIRE, dont quatre, notamment le Sud, l'Est, le Centre et
Port-Louis, seront prises en charge financièrement par
la FNR. Les deux autres régions, l'Ouest et le Nord, seront
sous la responsabilité de la Fondation Médine Horizon
et de la Fondation Espoir et Développement (FED) respectivement
- qui financeront le projet à hauteur de Rs 1,5 M. Ce soutien
permettra à SAFIRE d'élargir son champ d'action
établi sur quatre axes. Le premier axe concerne la poursuite
des actions engagées sur le terrain par SAFIRE, et le deuxième
se rapporte au démarrage d'un projet expérimental
de développement de quartier. Par la suite, les promoteurs
de ce projet visent la création d'un lieu de rupture pour
les enfants et la sensibilisation de l'opinion publique. Si les
résultats sont concluants, les promoteurs envisagent d'étendre
leur soutien à plus long terme. Notons que cette collaboration
entre les deux organismes vise, à plus grande échelle,
à éviter que le problème d'enfants de rue
ne prenne de l'amplitude à Maurice.
Manuels scolaires imposés (iii)
Le ministère de l'Éducation obligé de
faire marche arrière
Dans un communiqué, le troisième dans cette affaire
des manuels scolaires imposés, le ministère de l'Éducation
a été obligé de faire marche arrière.
Ce troisième communiqué annule le contenu du premier
qui avait été justifié par le second, mais
ne répond pas à la question de fond de cette vilaine
affaire de falsification: qui a décidé d'imposer
les manuels des époux David aux dépens de ceux des
époux Couronne ?
C'est la multiplication et la virulence des protestations qui
ont poussé le ministère de l'Éducation à
annuler la liste des manuels scolaires qui avaient été
divisés en deux: les livres recommandés et les références.
Le ministère a été obligé de faire
marche arrière et de se déjuger au lieu de faire
preuve de flexibilité comme certains l'ont écrit.
Après la protestation des auteurs et des enseignants, les
membres du panel, derrière qui le ministère s'était
réfugié dans un premier temps, se sont manifestés.
Tout d'abord, pour faire savoir que leur choix n'avait pas été
respecté et que la liste de leurs recommandations avait
été falsifiée. Ensuite, pour protester contre
cette falsification en démissionnant du panel. Ces révélations
sur les manipulations des listes effectués au ministère
de l'Éducation ont rendu ridicule la déclaration
de James-Burty David en disait qu'il ne s'agissait pas d'un "problème
politique mais d'un problème pédagogique."
Cette déclaration était ridicule puisqu'il est
établi que c'était justement en prenant en ligne
de compte l'aspect pédagogique des manuels que le panel
avait fait son choix initial falsifié au ministère
de l'Éducation. Un choix d'ailleurs plébiscité
par les enseignants et les managers des collèges privés
qui avaient fait savoir qu'ils étaient prêts à
financer l'achat des manuels déclassés qui sont
"adaptés pour le programme scolaire et ayant le
niveau pédagogique requis" au lieu de ceux imposés
par le ministère. Le troisième communiqué
en 15 points du ministère essaye de justifier l'injustifiable
en disant n'importe quoi. Par exemple, que le rôle du panel
est de faire des propositions et que le ministère a le
droit d'exercer "its right to moderate the proposals of
the panels." On peut se demander à quoi sert-il
de constituer un panel, de lui demander de constituer une liste
pour que le ministère vienne exercer ses droits "to
moderate the proposals of the panel ? "L'obligation du
ministère d'annuler sa décision et de suivre les
propositions du panel prouve que son exercice de modération
n'était finalement qu'une opération pour faire la
promotion d'un manuel aux dépens d'autres. Le long communiqué
du ministère ne répond pas à la question
fondamentale que pose cette affaire: qui au ministère de
l'Éducation a donné les ordres pour que la liste
du panel soit falsifiée ?
Espérons que l'enquête que l'ICAC va ouvrir sur cette
affaire établira les responsabilités des uns et
des autres au sein de ce ministère qui n'hésite
pas à écrire dans son communiqué que "the
2007 standardization exercise is in conformity with the the on-going
reform programme for quality education for all."
Linley Couronne saisit l'ICAC
Coauteur des deux manuels déclassés à l'origine,
puis reclassés cette semaine par le ministère de
l'Éducation, Linley Couronne a décidé de
porter l'affaire devant l'ICAC. Dans une courte déclaration,
il nous explique les raisons de son action:
"Je vis dans le monde réel, pas celui d'Alice au
pays des merveilles où des listes sont établies,
modifiées, interdites pour être rétablies
(sous la pression de la presse).
J'ai donc de fortes présomptions de trafic d'influence
dans cette Affaire. Par conséquent, je compte saisir l'ICAC
dès lundi puisque je ne suis convaincu ni du communiqué
obscur du ministère de l'Éducation ni de l'explication
abracadabrantesque du ministre Gookhool qui ne convainc que lui-même."
Chitrakoot GS
Les parents observent une trêve avant de manifester le
29 prochain
Même si l'on entrevoit des signes de flexibilité,
du côté du ministère de l'Education, les parents
d'élèves de la Chitrakoot GS, eux campent
sur leur position. Ils ne veulent toujours pas entendre parler
de fermeture - quelle soit temporaire ou pas -, de l'école.
En fin de semaine, ils ont annoncé une manifestation dans
le Jardin de la Compagnie, le 29 prochain à partir de midi.
Invitant "tous ceux qui en ont marre des différentes
injustices imposées par le gouvernement", associations
socioculturelles et partis politiques, à se joindre
au mouvement, ils ont par la voix de leur porte-parole, Jean-Michel
de Senneville, expliqué qu'ils "garderont le silence
pendant le carême et les examens du CPE". Cependant,
les parents d'élèves se disent prêts à
rencontrer le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et réclament
même une table ronde. Si la manifestation du 29 n'apporte
pas de résultats, d'autres mesures sont envisagées.
Il est question de recours légal. "Entre-temps,
nous déplorons l'intervention des syndicalistes de la GPTU
qui font pression sur les enseignants pour que ceux-ci acceptent
d'être transférés à l'école
de Vallée des Prêtres", lancent les parents,
furieux. De leurs côtés, le président, Sunil
Jhugroo et le conseiller technique, Ashik Junglee, de la General
Purpose Teachers'Union (GPTU) se disent en effet, "en
faveur de la fermeture de l'école." Ashik Junglee
de préciser, "s'il y va de la sécurité
des enseignants, de nos membres, il est légitime qu'ils
soient transférés". Le syndicat est aussi
d'avis qu'une contre-expertise serait souhaitable.
College Aleemiah
Révocation surprise du manager vendredi
Après une courte période de calme, le collège
Aleemiah revient à la une de l'actualité. Son nouveau
manager, Vijay Kumar Ramchurn, a été subitement
révoqué vendredi provoquant le mécontentement
des parents d'élèves et des enseignants de cette
institution scolaire de Phnix.
Après plus d'une année de discussions, de manifestations,
de grèves, de pétitions et de réunions, la
situation était redevenue à la normale au collège
Aleemiah, il y a environ trois mois. C'est la suspension inattendue
d'un enseignant qui a ajouté, aux autres griefs des élèves
et des enseignants de l'établissement, portés contre
la direction, qui avait été à l'origine de
l'affaire. Après le retour au calme, un appel d'offres
avait été lancé pour le poste de manager
et Vijay Kumar Ramchurn, qui a une longue carrière dans
l'enseignement secondaire privé, avait été
recruté. Au cours des trois mois ayant suivi son recrutement,
le nouveau manager s'est fait apprécier aussi bien des
élèves et de leurs parents que des enseignants,
pour ses efforts. C'est donc avec surprise qu'ils ont appris la
décision du board de révoquer le manager vendredi.
C'est après les heures de classes que le manager a reçu
la lettre l'informant qu'il était révoqué
sur-le-champ. La raison invoquée pour justifier la révocation
est contenue dans une phrase: "The executive board (
)
is not satisfied with the way you have handled your duties",
sans aucune autre précision. M. Ramchurn a fait savoir
qu'il compte traîner la direction du collège en cours
de justice pour cette révocation qu'il estime totalement
injustifiée. Cette mesure surprise risque de ramener le
collège Aleemiah dans la zone des turbulences. En effet,
des enseignants, des membres de la PTA et des élèves
comptent manifester leur mécontentement au board de l'établissement
lundi prochain.
Pour cause de réunion annulée
Ramjuttun rend publiques ses "PQ" à Rama Sithanen
Dinesh Ramjuttun, le remuant conseiller spécial du Premier
ministre, n'est pas rentré dans les rangs après
son long tête-à-tête avec Navin Ramgoolam.
Pour faire suite à l'information selon laquelle la réunion
qu'il devait avoir avec le ministre des Finances en présence
du PM a été annulée, il a décidé
de rendre publiques les questions ("PQ") qu'il comptait
poser au Grand argentier. Des questions qui ressemblent plus à
de la provocation qu'à une demande d'informations.
Il avait été convenu que le Dr Ramjuttun et Rama
Sithanen devaient se rencontrer en présence du Dr Ramgoolam
pour régler, dans le dialogue, tous leurs différends.
C'est tout au moins ce qu'avait annoncé Dinesh Ramjuttun
à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre, lundi
dernier. Pour sa part, Rama Sithanen avait déclaré
ne pas être au courant de la rencontre avant de faire savoir
qu'elle ne pourrait avoir lieu, dans la mesure où il avait
finalement décidé de maintenir le déplacement
à l'étranger qu'il avait annulé. Jeudi, le
Dr Ramjuttun devait être informé de l'annulation
de la réunion avec le ministre des Finances et du fait
que ce dernier devait envoyer au conseiller spécial un
technicien pour répondre à ses questions. Insatisfait
de la tournure des événements - "c'est un
politicien que je veux rencontrer pour parler des mesures négatives
des mesures budgétaires, pas un technicien" -
Dinesh Ramjuttun a décidé de réagir. À
sa manière. Hier, il a rendu publiques les questions qu'il
comptait poser à Rama Sithanen lors de la réunion
qui vient d'être annulée ; en quelque sorte les "PQ"
du conseiller spécial du Premier ministre au Grand argentier.
Ces onze questions concernent toutes des mesures économiques
prises par le ministre des Finances, en commençant par
une demande sur les pertes de recettes encourues par le gouvernement
avec la réduction à 15% de la Corporate Tax. Le
conseiller spécial veut également savoir si le niveau
de l'épargne est tombé à 16 %, atteignant
ainsi le niveau le plus bas depuis l'Indépendance ; et
si le ministre est en train de contracter des emprunts à
long terme en devises étrangères. Le conseiller
spécial du Premier ministre demande également au
ministre des Finances s'il est conscient que sa politique d'abolir
les déductions sur les secured loans a causé
"lots of suffering" aux emprunteurs. Il termine
en posant les deux questions suivantes concernant une récente
déclaration du ministre des Finances ;
- Why are you not publishing the list of economic criminals
which you have referred to publicly in Le Mauricien of 11 October
2007 "
- "Name the Ministers in your Government who are supporting
or lobbying for the bandits, mafia and intellectual terrorist
which you have been referring to publicly recently."
On ne sait pas encore si le Grand argentier repondra à
ces "PQ" du conseiller spécial.
Expertise étrangère
Jonathan Richmond bientôt embauché "transport
consultant" au GM
L'expert britannique Jonathan Richmond, qui avait soumis un projet
contenant 18 mesures pour régler le problème de
congestion routière à Maurice, pourrait prendre
de l'emploi à plein temps au sein du gouvernement comme
transport consultant. Récemment de passage
pour épauler les techniciens mauriciens pour la mise en
place d'une Land Transport Authority (LTA) à Maurice, le
consultant britannique serait actuellement le mieux coté
pour cumuler ces responsabilités, et ce avec l'appui d'un
haut responsable du ministère des Finances. Au niveau du
ministère des Infrastructures publiques et du Transport,
on indique que le gouvernement souhaiterait avoir un consultant
à plein temps pour le conseiller sur tout ce qui a trait
au transport, principalement sur la congestion routière,
un mode de transport alternatif et le transport gratuit.
Jonathan Richmond est celui qui avait proposé au gouvernement
de créer la Land Transport Authority en vue de regrouper
les différentes entités s'occupant du transport
et des infrastructures routières dans le pays, notamment
la National Transport Authority, la Traffic Management and Road
Safety Unit et la Road Rransport Authority. Dans ses recommandations
au gouvernement l'année dernière, il avait également
proposé l'introduction d'un système de péage
à Port-Louis aux heures de pointe et le développement
d'une Open Busway sur l'ancienne voie ferrée. L'expert
britannique avait proposé un tarif de Rs 100 pour les véhicules
privés et Rs 200 pour les "freight véhicules"
pour entrer dans la capitale, alors que pour le système
de Busway il avait indiqué que c'était le projet
le plus approprié et le moins coûteux comme mode
de transport alternatif pour le pays.
Dans un message à l'occasion de l'Eid-Ul-Fitr
Le cardinal Jean-Louis Tauran appelle chrétiens et musulmans
à uvrer ensemble pour la paix
Dans un message aux musulmans à l'occasion de la fête
Eid-Ul-Fitr, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du
Conseil pontifical pour le Dialogue inter-religieux appelle chrétiens
et musulmans à travailler ensemble "à travers
des rencontres et des échanges" et "dans l'estime
mutuelle" en vue de la paix et d'un avenir meilleur pour
tous les hommes.
Dans ce message pour la fin du Ramadan intitulé "Chrétiens
et musulmans : appelés à promouvoir une culture
de paix", le cardinal Tauran souligne que dans la présente
période "troublée", les membres des religions
ont "par-dessus tout le devoir d'oeuvrer, en tant que
serviteur du Tout-Puissant, en faveur de la paix" qui,
explique-t-il, "passe par le respect des convictions personnelles
et communautaires de chacun ainsi que la liberté de la
pratique religieuse".
Pour le président du Conseil pontifical pour le Dialogue
inter-religieux, "nul ne peut être exclu de la communauté
nationale en raison de sa race, de sa religion ni d'aucune autre
caractéristique personnelle". le cardinal Tauran
appelle chrétiens et musulmans à poursuivre et à
intensifier le dialogue "dans sa dimension éducatrice
et culturelle" en vue de la mobilisation de "toutes
les forces au service de l'Homme et de l'Humanité"
afin que les jeunes générations "ne se constituent
pas en bloc culturels ou religieux les uns contre les autres"
mais en "authentiques frères et surs en Humanité".
Brèves
Employment Relations & Rights Bill: La Plateforme syndicale
rejette en bloc les deux projets de loi
Dans son mémoire sur l'Employment Relations Bill
et l'Employment Rights Bill adressé, jeudi, au ministre
du Travail et des Relations industrielles, la Plate-forme syndicale
- qui regroupe l'ensemble des fédérations syndicales
du pays - rejette en bloc ces deux projets de loi proposés
en remplacement de l'Industrial Relations Act (IRA) et
du Labour Act. Pour le mouvement syndical, s'ils sont adoptés,
ces deux projets de législations industrielles constitueraient
"l'une des plus sérieuses attaques contre les droits
des travailleurs et les conditions de vie depuis l'Indépendance".
Malgré l'arrivée de 10 000 vaccins: Panique chez
les éleveurs de porcs
Selon les autorités sanitaires, une cargaison de 10 000
doses de vaccins, suffisantes pour contrecarrer la fièvre
qui affecte les porcs du pays, a été reçue,
hier matin. Mais, loin de rassurer la communauté des éleveurs
devant la propagation rapide de cette fièvre, les mesures
prises par les autorités sanitaires pour se débarrasser
des bêtes mortes de la maladie ont causé des remous,
hier matin, dans les élevages de St. Martin et Bassin Carré.
Effectivement, c'est en plein dans ces élevages, pourtant
moyennement affectés par la maladie, que les autorités
ont choisi de faire enterrer les bêtes mortes des éleveurs
de Roche-Bois et des fermes de Belle-Mare .
STC v/s importateurs de grains secs: La guerre des "gros
pois"
Le torchon brûle entre les importateurs de grains secs et
la State Trading Corporation (STC). Après avoir mis sur
le marché les "dholl petit pois" de la marque
Red Orchid, la STC compte maintenant proposer aux consommateurs
une nouvelle marque de "gros pois" à un prix
défiant toute concurrence. Soit un demi-kilo de gros pois
coûtant presque la moitié du prix des marques actuellement
disponibles sur le marché (entre Rs 36 et Rs 38). Une démarche
qui est loin de plaire aux importateurs qui, en fin de semaine,
ont commencé à mener campagne contre le produit
proposé par la STC.
"Si la STC croit qu'elle va nous devancer, elle se trompe
grossièrement. Nous avons déjà fait l'expérience
de ce produit qu'il veut utiliser pour leurrer le peuple. C'est
n'est pas du gros pois, c'est du gros haricot blanc importé
de Chine, qui n'a rien à voir en termes de qualité
et de goût par rapport au vrai pois du Cap, originaire de
Madagascar. Les consommateurs tireront leurs conclusions comme
cela a été le cas pour le lait Amul", déclare
un importateur.
Ils sont trois à quatre compagnies à importer des
grains secs dans le pays, dont le pois du Cap de Madagascar. Ces
derniers avaient annoncé que le prix du gros pois devrait
être révisé à la baisse dans les jours
à venir, cela en raison de la nouvelle récolte qualifiée
de "très bonne" dans la Grande île.
Mais tout laisse croire que la STC les a pris à contre-pied
en proposant son gros pois à moins de Rs 20 cette semaine.
Qui dit mieux ?
Reconnaissance internationale
Quatre scientifiques mauriciens ont contribué au prix
Nobel de la paix
Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi
dernier à l'ancien vice-président américain
Al Gore pour son inlassable militantisme en faveur de l'environnement,
lequel lui a permis de décrocher également l'Oscar
du meilleur documentaire l'année dernière avec son
film La vérité qui dérange. Mais le
jury a aussi décidé que le prix sera partagé
avec le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution
du climat) en récompense aux efforts de cet organisme à
accroître les connaissances sur le changement climatique.
Nous retrouvons sur le panel de l'ONU sur le climat, qui est composé
de 2 500 experts, quatre Mauriciens. Ils sont Suresh Boodhoo,
l'actuel directeur par intérim de la station de météorologique
nationale, son prédécesseur, Soobiraj Sok Appadu,
l'ancien océanographe de la station Sachoda Raghoonaden
et Subash Chookowa, ancien haut cadre retraité qui siégeait
encore récemment à l'Office de météorologie
mondiale (OMM). "Nous sommes particulièrement honorés
d'avoir pu persuader ce difficile jury du Nobel de la justesse
de nos travaux", a déclaré à Week-End
Suresh Boodhoo.
Le Giec a été créé en 1988 par l'OMM
et le Programme pour l'environnement des Nations unies, à
la demande du Groupe des sept pays les plus industrialisés
(G7 devenu G8 depuis). Opérant en trois gros groupes de
travail, chacun, composé d'un millier de chercheurs, a
soumis des rapports depuis 1990. Ils étaient chargés
respectivement des aspects scientifiques du changement climatique,
des conséquences prévisibles du phénomène,
de leurs impacts économiques et sanitaires et de leurs
possibilités de s'y adapter et de les atténuer.
Jusqu'en juillet 2005, Suresh Boodhoo a officié comme président
du groupe de recherches en climatologie du panel. Sok Appadu a
lui beaucoup contribué à la compréhension
des catastrophes naturelles tandis que Sachoda Raghoonaden a étudié
les phénomènes liés à la mer.
Pravind Jugnauth, leader du MSM :
"Sithanen utilise la MRA comme une gestapo fiscale "
Le leader du Mouvement socialiste militant (MSM), Pravind Jugnauth,
accuse le VPM et ministre des Finances, Rama Sithanen, d'utiliser
la Mauritius Revenue Authority (MRA) "comme une gestapo
fiscale" pour "traquer le peuple" alors
que, dit-il, il existe des instruments légaux et institutionnels
pour combattre l'évasion fiscale. "Une politique
économique alternative est possible", estime,
par ailleurs, M. Jugnauth sans qu'il faille, selon lui, augmenter
la TVA ni l'étendre aux produits essentiels.
Journée du refus de la misère: Trois régions
mobilisées ce mercredi
Afin de sensibiliser sur la pauvreté et ses implications,
Art of Living Mauritius et la United Nations Millenium Campaign,
organisent trois activités dans le cadre de la campagne
Stand up and Speak Out against Poverty, ce mercredi dans
différentes régions.
Ces activités, qui s'inscrivent dans le contexte de la
Journée du refus de la misère, visent aussi à
interpeller sur les Objectifs du millénaire pour le développement.
Un rallye est prévu à midi, à Réduit,
de l'université de Maurice à la State House, où
le Président de la République, sir Anerood Jugnauth,
lira le UN Millenium Pledge. Le public est attendu à
la municipalité de Port-Louis, à la même heure.
Tandis qu'à Curepipe, la mairie accueillera dès
19h un spectacle culturel.
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